105,3 – Stabilité, Tradition

– « Tradition … ce qui fait d’abord une civilisation. » (Jean d’Ormesson) – On voit ce qui peut nous rester de civilisation.

– Dénominations de pratiques pernicieuses contraires au noble idéal de la flexibilité universelle et perpétuelle.

– La meilleure politique (entendre celle qui permet de conquérir, puis de conserver, le pouvoir) répand le maximum d’instabilité. Quand les peuples sont empêtrés dans de continuels problèmes quotidiens, ils ne songent ni à réfléchir, ni à contester (embrouillez-les donc).  De plus, la stabilité, le frein au changement, réduit le gaspillage donc diminue la sacro-sainte croissance, sans compter qu’elle restreint fortement les discrètes commissions peut-être susceptibles d’être versées par les nouveaux fournisseurs aux décideurs. Que d’horreurs !

– « Même quand ils ne le savent pas, les individus et les peuples ont un besoin vital de racines, de traditions et de civilisations propres, c’est-à-dire de continuités apaisantes, de rites, d’ordre intériorisé, et de spiritualité … Ces vérités … ont souvent été effacées … par les effets conjugués de l’universalisme chrétien et de celui des Lumières (alliés objectifs), transposés dans le cosmopolitisme des sociétés marchandes. » (Dominique Venner)

– Le joli nom philosophique sous lequel se cachent les démolisseurs de tout sens et de toute tradition est : déconstruction, déconstructionniste

-« On ne sait vraiment pas où l’on va si l’on ne sait pas d’où on vient. » (?)

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« ‘Je suis conservatrice, c’est-à-dire que je veux conserver l’avenir’ … Le contraire d’un idéologue du progrès, autrement dit du progressiste, qui voit dans toute évolution, quelle qu’elle soit, un bienfait. Mais aussi le contraire d’un réactionnaire borné qui idéaliserait le passé de façon systématique. Pragmatique, attaché à la réalité, il estime que ce qui est issu du passé n’est pas forcément bon … mais que ce qui a traversé les siècles mérite qu’on s’y arrête … Il ne viendrait plus à l’idée de personne de nier l’impérieuse nécessité de conserver et d’entretenir la nature. Il en va de même pour notre patrimoine historique, culturel, spirituel, intellectuel. Il faut le protéger, le préserver, le sauver, le conserver … Le conservateur s’inscrit dans un corps, dans une famille, dans une nation, dans une tradition. Il sait que ces repères sont autant de limites bienfaisantes, non des contraintes insupportables … Il les respecte : elles lui rappellent sa dimension d’être fini, elles l’aident à se protéger contre lui-même. » (Charles-Henri d’Andigné – sur le conservatisme – citant Chantal Delsol) – « Conserver, n’est pas figer. Conserver un patrimoine, c’est l’entretenir pour qu’il vive, l’entretenir, le soigner, le réparer, et parfois le détruire et le remplacer partiellement … Etymologiquement, c’est ‘servare’, soit préserver, garder, assurer le salut … Ni une croyance, ni une doctrine, une disposition … C’est préférer le familier à l’inconnu, l’éprouvé à l’inédit, le fait au mystère, le réel au possible, le limité à l’illimité, le proche au distant, le convenable au parfait. » (Laetitia Strauch-Bonart )

« Avec la tradition qui choisit et nomme, qui transmet et conserve, qui indique où les trésors se trouvent et quelle est leur valeur … il n’y a plus aucune conscience pour hériter et questionner, méditer et se souvenir …  Nous avons perdu notre solide fil conducteur dans les vastes domaines du passé … mais aussi la chaîne qui liait chacune des générations successives. » (Hannah Arendt)

« Sans tradition, il n’y a pas de transmission de l’expérience d’où peuvent être tirés des critères de jugement. » (Hannah Arendt)

« Le conservatisme, pris au sens de conservation, est l’essence même de l’éducation. » (Hannah Arendt)

« Chaque époque se choisit un passé, en puisant dans le trésor collectif, chaque existence nouvelle transfigure l’héritage qu’elle a reçu, en lui donnant un autre avenir et en lui rendant une autre signification. » (Raymond Aron) – Ce n’est plus vrai dans notre société qui ne veut plus, et n’a plus, de passé ; excepté quelques imprécations superficielles d’une ignorance crasse pour servir des fins sordides.

« La tradition n’est pas le passé … Elle est au-delà du temps. Elle ne se rapporte pas à ce qui est ’ancien’, mais à ce qui est ‘permanent’ … Elle n’est pas le contraire de la novation, mais le cadre dans lequel doivent s’effectuer les novations pour être significatives et durables … Elle renvoie à la continuité qui permet à la discontinuité des événements de notre passé de ne pas apparaître comme  des actes gratuits, des créations ‘ex nihilo’ ou des positions dépourvues de sens … Sans conservation de l’acquis, aucune acquisition n’est durable … Equilibre entre la permanence et le changement, entre l’invariance et le mouvement … Il ne s’agit pas de retourner au passé, mais de se rattacher à lui … Une tradition qui n’est pas sans cesse réactualisée est une tradition morte et qui a mérité de mourir. » (Alain de Benoist)

« L’homme, appelé sans cesse à s’appuyer sur la totalité de son passé pour peser d’autant plus sur l’avenir… » (Henri Bergson)

« Tradition ! grognent les vieux. Evolution ! chantent les jeunes. » (Georges Bernanos)

« C’est à la destruction permanente qu’on donne le nom de changement … Renouvellement perpétuel au moyen d’une destruction perpétuelle … En termes économiques, l’idéologie du changement s’appelle ‘croissance’ … L’impératif peine à dissimuler les raisons de son succès : tout faire pour conjurer une grande lassitude, une immense panne de désir qui frappe la société dans son ensemble. Désir morbide qui s’exténue dans le spectacle de la destruction … Dans une telle logique, l’adaptation … est absolument nécessaire … L’homme à bout de souffle est incapable de conserver quoi que ce soit … La conservation nécessite autrement plus de courage que le changement perpétuel. » (Harold Bernat)

« On ne peut aimer que ce dont on croit l’existence durable. » (Baudouin de Bodinat)

« Sans traditions stables, pas de civilisation ; sans la lente élimination de ces traditions, pas de progrès … La difficulté est de trouver un juste équilibre entre la stabilité et la variabilité. » (Gustave Le Bon) – Mais nous avons renoncé à tout équilibre, comme à la civilisation (détruite), comme au progrès (qui va se dévorer lui-même).

« Certaines puissances émergentes font aujourd’hui clairement savoir qu’elles entendent s’ouvrir à la modernité tout en conservant leurs traditions …. Alors que les Européens, entre autres, ont tendance à s’en détourner, obsédés qu’ils sont par la crainte de démériter de l’universel. » (Françoise Bonardel) – Minable Occident qui, lui, se renie.

« Pour Zemmour le ‘tryptique soixante-huitard’, Dérision, Déconstruction, Destruction aurait sapé les fondements de toutes les structures traditionnelles : famille, nation, travail, Etat, école … L’heure venue, le Marché s’emparera sans mal de ces hommes déracinés et déculturés pour en faire de simples consommateurs. » (Laetitia Strauch-Bonart – citant Eric Zemmour)

« Notre époque … dans son exaltation, elle coupe tous les liens avec les sanctuaires de la tradition ; dans sa violence elle nous projette vers l’avenir … Malgré nos efforts d’utiliser le monde du passé dans l’élaboration du présent, nous ne pouvons plus éviter le procès qu’on nous fait et où l’on exige de nous de nous soumettre intégralement à l’actuel. Nous sommes sommés de trahir la mémoire, de regarder sans point de vue, de renoncer à l’héritage du passé, et de découvrir des territoires encore jamais rêvés. » (Pierre Boulez – cité par Thomas Molnar)

« C’est depuis le lieu profond des racines que se forme le mouvement ascendant qui va  s’étendre et se métamorphoser en l’embranchement multiple de l’arbre végétal comme de l’arbre humain. » (Henri Bosco)

« La tradition est à la fois un poids écrasant et un don qui nous livre tout ce qui a de la valeur. » (Rémi Brague)

« La négation de l’origine et le refus de l’avenir, ou la négligence envers ces deux dimensions du temps forment un système étroitement cohérent. » (Rémi Brague) – C’est notre médiocre état d’esprit actuel.

 « Des gens qui ne regardent jamais en arrière vers leurs ancêtres ne regarderont jamais en avant vers leur postérité. » (Edmund Burke) – « Non seulement la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants. » (Alexis de Tocqueville)

« Cet accord de la terre et du pied. » (Albert Camus)

« Je ne conçois pas une nouvelle création historique pouvant s’opposer efficacement et lucidement à cet informe bazar dans lequel nous vivons, si elle n’instaure pas un nouvel et fécond rapport à la tradition … Cela ne signifie pas restauration des valeurs traditionnelles comme telles … mais une attitude critique qui peut reconnaître des valeurs qui ont été perdues. Je ne vois pas, par exemple, comment on peut éviter de re-valider l’idée de responsabilité ou, oserais-je dire, la valeur de la lecture très attentive d’un texte, qui sont en train de disparaître. » (Cornelius Castoriadis) – Ecrit en 1989, depuis remplacer : qui sont en train de disparaître par disparues.

« Plus la tradition perd son emprise, et plus la vie quotidienne se recompose en termes d’interactions dialectiques du local et du mondial, plus les individus sont forcés de négocier des choix de vie parmi toute une série d’options … Le projet de vie réfléchi devenant un élément crucial de la structuration de l’identité personnelle. » (Manuel Castells – Le pouvoir de l’identité) – Et un facteur de stress supplémentaire !

 « Nous sommes des héritiers sans testament. » (René Char) – car privés de tradition, de transmission.

« Nous sommes comme des nains assis sur les épaules de géants … Si nous voyons plus de choses que les Anciens, c’est parce qu’ils nous exhaussent de leur taille gigantesque. » (Bernard de Chartres –approx.)

« La tradition n’est que la démocratie prolongée à travers le temps. C’est la confiance faite à un chœur de voix humaines ordinaires plutôt qu’à quelque récit isolé ou arbitraire. La tradition étend le droit du suffrage au passé. C’est le vote recueilli de la plus obscure de toutes les classes, celle de nos ancêtres. C’est la démocratie des morts. La tradition refuse de se soumettre à la petite oligarchie arrogante de ceux qui n’ont fait que de naître et déambulent à la surface de la terre. Les démocrates n’admettent pas que des hommes soient disqualifiés du fait des circonstances fortuites de la naissance ; la tradition n’admet pas qu’ils le soient du fait de leur mort … La démocratie nous demande de ne pas négliger l’opinion de quelqu’un de bien, même si c’est notre valet ; la tradition nous demande de ne pas négliger l’opinion de quelqu’un de bien, même si c’est notre père … Mais la petite et arrogante oligarchie des vivants a eu raison de la tradition … Je n’arrive pas à séparer les deux idées de démocratie et de tradition ; il me semble évident qu’il s’agit d’une seule et même idée. » (Chesterton)

« Les morts ont validé ce qui valait la peine d’être transmis. » (Chesterton)

 « Parce que les enfants débordent de vitalité, parce qu’ils sont libres et indépendants d’esprit, ils veulent que les choses se répètent et ne changent pas. Ils disent toujours : ‘Fais-le encore’. Les adultes ne sont pas assez forts pour exulter dans la monotonie. » (Chesterton)

« Il n’y a pas de tradition de progrès ; mais toute la race humaine a une tradition de Chute. » (Chesterton) – Il va falloir devoir bien vite s’en souvenir.

« Dans le monde tout ce qui est stable doit sa cohésion à l’amitié quand tout ce qui branle est imputable à  son éclatement, à la discorde. » (Cicéron) – On le voit bien dans notre chaos où ne subsiste, grâce aux média notamment, que l’envie, la prétention boursouflée, la revendication, la vengeance…   

« C’est vers la source qu’après avoir trempé ses lèvres dans le torrent l’homme ne cesse de relever la tête. » (Paul Claudel) 

« Mes lecteurs savent que la grande crise politique et morale des sociétés actuelles tient, en dernière analyse, à l’anarchie intellectuelle. Notre mal le plus grave consiste, en effet, dans cette profonde divergence qui existe maintenant dans tous les esprits relativement à toutes les maximes fondamentales dont la fixité est la première condition d’un véritable ordre social. » (Auguste Comte)

« Un monde humain est un monde durable. On ne l’aime que si on y sent la trace de son père et une promesse pour son fils. » (Matthieu Bock-Côté)

« A la suite de Michel Foucault, la sociologie progressiste résumera : tout est un construit social, car le monde humain ne serait constitué que d’une série de conventions arbitraires traduisant symboliquement des mécanismes de pouvoir … Tout est construit, tout peut être déconstruit et reconstruit à souhait (les institutions, l’école, la famille, tous les rapports sociaux…)  Parce que le monde sociohistorique est conventionnel, il est donc tout artificiel … La domination est partout, on fera la révolution partout et tout le temps … La furie de la déconstruction est une furie nihiliste … fantasme de toute puissance démiurgique pour remettre le monde à zéro … La fureur nihiliste qui anime la passion de la déconstruction est tendue vers une quête religieuse de l’homme originel, de l’homme d’avant la  chute» (Mathieu Bock-Côté) – La réforme, maître mot, mais bien au-delà, la destruction permanente, la table continuellement arasée.

« Le conservatisme présenté comme une pathologie, comme l’expression d’une fragilité psychologique de populations tentées par le repli sur soi … hantées par la ‘peur de l’autre’  … attribution caractérisée par ses innombrables phobies… » (Mathieu Bock-Côté)

« Il n’est tout simplement plus permis de témoigner d’un quelconque attachement pour une étape antérieure, puisqu’elle entrerait dans la catégorie du passé prédiversitaire. » (Mathieu Bock-Côté)

« Face à l’abîme de la liberté humaine, la tradition apporte secours et protection. » (Vincent Coussedière)

« Chaque niveau du vivant ne peut se construire qu’à partir du précurseur, où chaque étage de la construction diffère du précédent et s’appuie pourtant sur lui. » (Boris Cyrulnik)

« L’ordre structurant et préétabli qui nous précède, nous excède et nous succède, est aussi l’élément qui nous permet d’être et d’agir ensemble … Nul ne rassemble au présent de l’indicatif. Seul l’irréel fédère. Rêve, dieu, âge d’or ou société sans classes. D’où la force agglomérante des légendes et l’effet cristallisateur des mythologies. » (Régis Debray)

« J. F. Kennedy a greffé sa ‘nouvelle frontière’ sur les alluvions épiques du western de haute volée, la ‘frontière’ de l’Ouest, fondement de l’histoire de son pays, incarnée par les saloons, Clint Eastwood et John Ford. Cette plongée dans le plus vieil imaginaire collectif des Etats-Unis leur a donné un coup de jeune et la lune en prime. Gandhi abandonne la chemise et le pantalon, prend un bâton et un rouet, monte dans le train en troisième classe, et c’en est fini du British empire. L’archéo a eu raison du néo. Comme demain, pour déplorer que cela soit, le taliban aura eu raison du ‘robocop’ occidental. Certes, toutes les traditions réinventées n’ont pas débouché sur des résurrections nationales ou sur des renaissances culturelles… » (Régis Debray) – Mais ce n’est pas en crachant, tels les gauchistes et les Bobos médiatiques de service, sur les traditions et l’histoire de son pays qu’on rassure et relance un peuple auquel il faut impérativement son roman national. 

« L’Union européenne n’a pas trouvé son ‘il était une fois’, aussi tourne-t-elle en eau de boudin, comme notre pays a perdu ses légendes et ses fresques, aussi le voit-on décrocher. » (Régis Debray – sur l’indispensable ciment d’une communauté) – L’échec ou la dislocation, voilà ce qui attend qui rejette et méprise le passé.

« Pas de branches à l’horizontale, sans un tronc à la verticale. » (Régis Debray)

« Notre rôle … est au moins de ne pas détruire la scène sur laquelle vont vivre les vivants, et plutôt de l’améliorer. » (Chantal Delsol) – Donc la mettre à l’abri de la fureur socialiste.

« Les sociétés postmodernes ne supportant pas de se trouver en face d’opposants à l’émancipation officielle, aux réformes sociétales d’émancipation, traitent ceux-là comme des criminels, porteurs d’un passé qui doit disparaître, injuriant l’avenir glorieux et faisant obstacle à la rédemption présente  … discours d’injure les reléguant dans les ténèbres de l’obscurantisme. » (Chantal Delsol)

« Il faut penser la trace avant l’étant. » (Jacques Derrida) – Et à plus forte raison avant l’avenir.

« Il faut conserver ce qui vaut, réformer ce qu’il faut. » (Benjamin Disraeli)

« Une tradition ce n’est jamais qu’un progrès qui a réussi. » (Maurice Druon)

« ‘Notre héritage n’est précédé d’aucun testament’. L’indétermination actuelle, la nécessité de la prise en charge personnelle là où régnaient des règles comportementales fixes, mode d’existence de masse, tendance de fond des sociétés démocratiques avancées. » (Alain Ehrenberg – citant René Char)

« Retourner aux origines voulait dire se rénover, boire à la source de l’éternelle jeunesse, confirmer la stabilité spirituelle contre la temporalité. » (Julius Evola)

« Le facteur d’ordre, de forme ou cosmos que la Tradition incarne et réalise face au chaos et au devenir. A travers le ‘dharma’ le monde traditionnel, comme du reste, chaque chose et chaque être se soutient, par les digues élevées contre la mer de la pure contingence et de la temporalité, les vivants participent à la stabilité. » (Julius Evola – Révolte contre le monde moderne – à propos du dharma indien) – Il n’est pas question des multiples traditions locales et temporelles, des us et coutumes, mais de l’unique Tradition qui fait de l’homme un être métaphysique au-delà de son côté physique. De nos jours !!!   – « La Tradition est l’ensemble des connaissances portant sur l’être et ses manifestations dans le monde, telles qu’elles nous ont été léguées par toutes les générations antérieures. Elle porte non pas sur ce qui a été donné une fois dans le temps et dans un espace déterminés, mais sur ce qui est toujours, en Orient aussi bien qu’en Occident. » (Julien Freund)

« La civilisation consiste à garder longtemps une seule chose. » (Saint-Exupéry)

« Nous avons désappris à hériter. » (Alain Finkielkraut) – Notre orgueil de barbares ne nous permet plus de recevoir que le fric.

« La sagesse conservatrice fait crédit aux morts, c’est-à-dire à la raison cachée dans les coutumes, dans les institutions et dans les idées reçues. » (Alain Finkielkraut)

« La valeur des institutions est fixée par leur ancienneté et non plus par leur degré de proximité à un modèle idéal. Les coutumes sont légitimes parce qu’elles sont séculaires. Plus un ordre est ancestral, plus il mérite d’être préservé. Si telle opinion commune a traversé les siècles, c’est qu’elle est vraie ; nul argument rationnel ne peut valoir contre cette patine de l’âge, contre cette consécration par le temps. » (Alain Finkielkraut – décrivant) – C’était la sagesse. Fini.

« La ‘désimplication’ va de pair avec la ‘désaffiliation’. L’apolitisme est la rançon du déracinement. L’homme sans nombril est un droit-de-l’hommiste déchaîné mais un citoyen détestable. L’arrachement aux héritages ne se monnaye nullement en attachement au bien commun …  L’homme qui n’est rien qu’un homme n’est plus un homme. » (Alain Finkielkraut) – On comprend pourquoi le pouvoir s’efforce de briser tous les héritages traditionnels : obtenir des sauvages, donc de parfaits idiots politiques.

« Nous ne produisons du neuf qu’à partir de ce que nous avons reçu. Oublier ou excommunier notre passé, ce n’est pas nous ouvrir à la dimension de l’avenir : c’est nous soumettre, sans résistance, à la force des choses. Si rien ne se perpétue, aucun commencement n’est possible. Et si tout se mélange, non plus. » (Alain Finkielkraut) – Voilà pourquoi nous tournons en rond, sans issue.

« A Descartes, les traditionnalistes répondent : je pense donc je suis de quelque part ; par l’exercice de la réflexion, je n’affirme pas ma souveraineté, je trahis mon identité. » (Alain Finkielkraut) – Soit mes sources, mon environnement, ma civilisation, mon être en, avec et par…

« Les hommes émancipés de la tradition tombent sous la coupe de l’opinion ; le vide laissé par le pouvoir manifeste de la communauté est rempli par l’anonymat du pouvoir social. Ce qui veut dire encore une fois que, loin d’avoir desserré son emprise, le ‘nous’ s’est métamorphosé : devenu le ‘on’, il est désormais omniprésent, écrasant, inéluctable. »(Alain Finkielkraut – commentant La tache de Philip Roth)

« A l’école de Cicéron on n’apprend pas à être Cicéron mais à être soi-même. » (les maîtres de la Renaissance) – Ce qui veut dire qu’on « n’accède pas à l’émancipation en suivant simplement la ‘flèche’ du temps, mais en faisant un ‘détour’ par les signes d’humanité  déposés dans les œuvres de culture. » (Alain Finkielkraut – commentant cette phrase) – Ne pas exclure le passé ou l’indispensable conservation du monde pour être à même de le continuer.

« ‘Voici telles institutions, cette armée, cette Eglise avec toutes leurs tares. Pourtant elles existent : Si peu de choses existent ! Et parce qu’elles existent, elles sont vénérables’ … Aimer ce qui existe parce que cela existe … Comprendre ce qu’il y a de précieux, d’inestimable dans le seul fait de leur longévité. » (Alain Finkielkraut – citant Daniel Halévy, revenant plus tard sur la virulence de son dreyfusisme)

« Le conservatisme n’est plus une opinion ou une disposition, c’est une pathologie. L’ordre autrefois s’opposait au mouvement, il n’y a plus, désormais, que des partis du mouvement. » (Alain Finkielkraut)

«  Sans l’hypothèse d’une âme collective, d’une continuité de la vie psychique de l’homme, qui permet de ne pas tenir compte des interruptions des actes psychiques résultant de la disparition des existences individuelles, la psychologie collective, la psychologie des peuples ne saurait exister. Si les processus psychiques d’une génération ne se transmettaient pas à une autre, ne se continuaient pas dans une autre, chacune serait obligée de recommencer  son apprentissage de la vie, ce qui exclurait tout progrès et tout développement. » (Sigmund Freud – Totem et Tabou) – En détruisant tout, les déconstructeurs (comme les révolutionnaires) qui règnent dans le milieu médiatique et le showbiz espèrent bien, après avoir fait ainsi table rase, pouvoir tout régenter dans le sens de leurs sordides intérêts grâce à l’abrutissement général obtenu sur peu de générations.

« Une société de tradition est une société qui place en son cœur l’impératif de sa reproduction biologique et culturelle. D’où la place centrale accordée dans ce cadre à la parenté et à la famille … Le rouage où se conjuguent la procréation biologique des nouveaux venus, et leur constitution en êtres culturels appropriés à la société. » (Marcel Gauchet)

« Une société sans tradition, de la nouveauté pure, serait sans doute proprement invivable. Ce fantasme ne nous est, il est vrai, pas tout à fait étranger aujourd’hui. » (Marcel Gauchet) – A défaut de traditions, on se rabat sur l’Histoire et le culte des monuments historiques, froideur impersonnelle, rites sans investissement personnel.

« Au rebours de l’obéissance inconditionnelle au passé fondateur et de la dépendance envers la tradition, l’historicité des modernes projette l’humanité en avant dans l’invention de l’avenir. » (Marcel Gauchet) – Ce qui marchait très bien tant que celui-ci était rose.

« Le véritable changement ne peut prendre racine qu’à une condition : il faut qu’il jaillisse de cette cohérence que seule la tradition nous offre. La tradition ne peut être défiée avec succès que de l’intérieur. » (René Girard)

« L’héritage que tu tiens de tes pères, il te faut le reconquérir. » (Goethe) 

« Comme Hannah Arendt l’a souligné, c’est précisément parce que nous vivons dans un monde qui n’est plus structuré par une tradition qui s’imposerait d’elle-même qu’il nous est possible d’entretenir un rapport plus libre, plus lucide à cette tradition. » (Jean-Pierre Le Goff) – Ce qui implique donc de ne pas cracher dessus.

« La tradition fait suivre à chaque génération le chemin de la découverte, mais en lui épargnant le temps d’avoir à le chercher. Elle lui fait apprendre le droit emploi d’un procédé, mais sans qu’elle ait eu  à se corriger de mille usages inadaptés ou incertains. Tout se passe donc alors comme si tout le passé se contractait dans le présent et faisait corps avec lui, et comme si  chaque génération n’accédait à sa modernité qu’en ayant parcouru en résumé l’histoire de l’humanité toute entière . » (Nicolas Grimaldi)

« L’esprit anti-traditionnel, qui est proprement l’esprit moderne. » (René Guénon)

« C’est dans le Christianisme seul, disons plus précisément encore dans le Catholicisme, que se trouvent, en Occident, les restes d’esprit traditionnel qui subsistent encore. » (René Guénon) – Auteur, par ailleurs, peu porté sur le christianisme en général.

« C’est l’introduction du ‘libre examen’ (notion clé du protestantisme) qui s’oppose absolument à une telle hypothèse (celle de garder la doctrine traditionnelle catholique) puisqu’elle permet toutes les fantaisies individuelles … Refus d’admission d’une autorité supérieure à l’individu, négation des principes qui est l’essence même de l’individualisme … Etats frappants d’anarchie et de dissolution … Partant du ‘rationalisme’ on devait tomber au ‘sentimentalisme’. » (René Guénon – La crise du monde moderne) – L’auteur faisant remonter l’apparition du monde moderne à la Réforme et à la Renaissance.

« L’illusion de sécurité qui régnait au temps où le matérialisme avait atteint son maximum d’influence s’est en grande partie dissipée … si bien qu’aujourd’hui l’impression dominante est celle d’instabilité … D’où nous nous acheminons de la ‘solidification’ du monde  vers sa ‘dissolution’ … De la période du  matérialisme à celle du psychisme inférieur, à celle d’une ‘spiritualité à rebours’. » (René Guénon)

« L’action antitraditionnelle devait nécessairement viser à la fois à changer  la mentalité générale et à détruire toutes les institutions traditionnelles en Occident … Si l’on songe à l’incompréhension totale dont les XVII° et XVIII° siècles ont fait preuve à l’égard du moyen âge … Il fallait tout d’abord réduire l’individu en quelque sorte à lui-même (ce fut l’œuvre du rationalisme qui dénie à l’être la possession et l’usage de toute faculté d’ordre transcendant) … Il fallait ensuite tourner entièrement l’attention de l’individu vers les choses extérieures et sensibles afin de l’enfermer … dans le seul monde corporel, considéré désormais comme la seule réalité (préparant ainsi la voie au matérialisme) … L’homme ‘mécanisait’ toutes choses, et finalement en arrivait à se ’mécaniser’ lui-même … Après avoir fermé le monde corporel aussi complètement que possible, il fallait, tout en ne permettant aucune communication avec les domaines supérieurs, le rouvrir par le bas, afin d’y faire pénétrer les forces dissolvantes et destructrices du domaine inférieur. » (René Guénon)

« C’est la tradition qui cimentait autrefois la collectivité et constituait le lien social. La modernité lui a substitué trois ingrédients : l’Etat moderne, le consumérisme et la culture médiatique, dont nous vérifions aujourd’hui la fondamentale insuffisance. » (Jean-Claude Guillebaud)

« Plus l’individu moderne est autonome, libéré des traditions et affranchi des disciplines collectives, plus il éprouve la nécessité de trouver sa place dans une histoire. » (Jean-Claude Guillebaud) – Le succès actuel des recherches généalogiques.

« Il n’y a pas de frondaison sans racines. » (Fabrice Hadjadj)

« La culture repose sur la transmission privilégiée de la tradition, alors qu’en démocratie la tradition ne se voit reconnaître aucune autorité particulière. » (Jean-Louis Harouel)

« Aussi paradoxal que cela puisse paraître il est sans doute vrai qu’une société libre qui réussit est toujours dans une large mesure une société attachée à ses traditions. » (Friedrich Von Hayek) – Alors, nous sommes dans de beaux draps !

« Le processus de sélection qui a permis aux coutumes et à la morale de se former a pu prendre en compte plus de données factuelles que les individus n’auraient été capables d’en percevoir ; ce qui fait que la tradition est, sous certains angles, supérieure, ou plus ‘sage’ que la raison humaine. » (Friedrich von Hayek)

« Pour remplir leurs fonctions, les règles doivent être appliquée sur une longue période. » (Friedrich von Hayek – Le mirage de la justice sociale)

« La tradition n’est pas quelque chose de constant, mais le résultat d’un processus de sélection guidé, non par la raison, mais par le succès …Pour moi, ce sont des traditions morales favorables plutôt que des projets raisonnés, qui ont rendu le progrès possible dans le passé et qui feront de même dans l’avenir. » (Friedrich von Hayek) – Donc empêchement, ou frein, au chaos.

« L’abîme libératoire de la tradition. » (Martin Heidegger)

« Ce sont essentiellement les êtres primitifs et les jeunes qui font l’histoire du monde … Cependant, pour que l’histoire conserve quelques périodes isolées de paix, pour qu’elle demeure supportable, il est nécessaire de ralentir le cours des événements, de préserver le passé. Ce rôle de contre-pouvoir revient, lui, aux hommes cultivés et aux personnes âgées. » (Hermann Hesse) 

« Jeunes et vieux peuvent se lier d’amitié, mais ils parlent deux langages différents … Ce sont principalement les êtres primitifs et les jeunes qui font l’histoire du monde … Cependant, pour que l‘histoire conserve quelques périodes isolées de paix, pour qu’elle demeure supportable, il est nécessaire de ralentir le cours des événements, de préserver le passé. Ce rôle de contre-pouvoir revient, lui, aux hommes cultivés et aux personnes âgées. » (Hermann Hesse)

« L’homme moyen d’aujourd’hui a trouvé la mode comme substitut à ces traditions perdues. Saison après saison, elle lui dicte les règles indispensables pour être toujours sociable, elle lui fournit les expressions en vogue, les formules, les danses et les mélodies qu’il faut connaître … Il manque à notre existence des normes coutumières, un consensus sacré, non écrit et traditionnellement transmis par les générations antérieures sur ce qui est considéré comme convenable et décent dans le cadre des rapports humains. » (Hermann Hesse) – Ce qu’on appelait jadis les usages a disparu, reste le chaos vulgaire

« Qu’est-ce qu’un fleuve sans sa source, qu’est-ce qu’un peuple sans son passé ? » (Victor Hugo)

« Le développement historique peut subir une interruption due à l’oubli, à la disparition du legs traditionnel … Aussitôt la pratique journalière de la tradition se dénoue, la morale acquise cesse d’opérer, tout s’effrite, plus rien n’est vraiment sûr. L’humanité qui a subi cette désintégration n’est plus qu’une masse maniable, un entassement de vies sans valeur historique, qui, individuellement, dans l’inquiétude ou la crainte visibles ou cachées, persistent dans la durée par leurs seules forces vitales … Bref, nous sommes des hommes moins par notre hérédité que par notre tradition … Il y a dans l’histoire une tendance à se séparer de la tradition et de ses valeurs substantielles pour s’échapper vers la pensée pure, comme si quelque chose pouvait naître dans l’abstraction absolue de la raison : ce sont les lumières, le savoir purement rationnel qui, se corrompant eux-mêmes, cessent d’éclairer nos esprits et les conduisent au néant. » (Karl Jaspers)

« La terre appartient aux vivants, pas aux morts … Chaque génération détient l’usufruit de la terre pendant le temps de sa persistance. Si elle cesse d’exister, l’usufruit est transmis librement et sans entraves à la génération suivante … Mettez l’accent sur ce que vous êtes. N’imitez jamais. » (Thomas Jefferson) – Il s’agissait évidemment pour le Nouveau Monde de « se détacher de la puissance coloniale européenne … d’établir une discontinuité historique par la mise entre parenthèses ou la neutralisation de l’origine … La sur-nation autodidacte s’apprêtait à prendre la place du Vieux Monde … L’isolationnisme de la doctrine Monroe vise la vieille Europe tenue pour incurablement décadente … Comme l’avait prévu Hegel, l’histoire cessait d’être l’institutrice de la vie. » (Peter Sloterdijk – commentant et qui cite aussi la déclaration des droits de l’homme de 1793 « Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures. » ) – Même la notion de melting pot ressort de cette exigence de rupture avec la transmission et même avec la tradition.

« Quelle image peut-on se former d’une époque si on ne connaît aucune époque précédente qui ait amené celle-là. ? » – D’où la barbarie actuelle. (Joseph Joubert)

« Lorsqu’on a oublié les traditions qui sont à l’origine des codes la communauté ne tient plus que par la superstition et la tyrannie de la mode. » (Pascal Jouxtel)

« Les traditions ne sont pas plus un épiphénomène de la vie sociale que l’inconscient individuel n’est un épiphénomène de la conscience. Elles correspondent à des besoins vitaux de la psyché … L’inconscient des peuples ‘récapitule’ le passé. Si ce passé est nié, déformé, oublié, il se ‘venge’. Une névrose sociale s’empare des peuples oublieux de leur héritage. » (Carl Jung) – Peut-être est-ce l’objectif de nos Jean-foutre ; des névrosés sont plus faciles à berner.

« La paix est au centre du mouvement, dans l’axe de la roue. » (Ernst Jünger)

« Si c’était notre destin d’annihiler la variété culturelle du monde au nom d’une civilisation ‘planétaire’, ce destin ne pourrait probablement s’accomplir qu’au prix d’une telle rupture de continuité dans les traditions, que non seulement chaque civilisation particulière, mais la civilisation humaine tout entière seraient en péril mortel … S’imaginer que nos petits-enfants combineront toutes les traditions contradictoires dans un ensemble harmonieux, qu’il seront en même temps panthéistes, théistes et athées, libéraux et totalitaires, enthousiastes de la violence et ennemi de la violence, c’est s’imaginer qu’ils vivront dans un monde qui non seulement dépasse notre imagination et nos dons prophétiques, mais dans lequel il n’y aura plus aucune tradition viable, ce qui veut dire qu’ils seront des barbares, au sens le plus fort du terme. » (Leszek Kolakowski) – Je ne sais si c’est notre destin, mais il s’agit bien de l’objectif de l’oligarchie américaine, s’appuyant sur les stupides Bobos du monde entier, afin d’arriver à l’entière silicolonisation (Silicon valley) du monde.

« On peut cesser d’être anglais, chrétien, mais on ne devient pas pour autant un arabe. » (colonel Lawrence) – Plus facile de laisser tomber sa peau que d’en revêtir une autre.

« La perte de la référence … Du fait de la perte du repère de la tradition, c’est d’abord à un relativisme généralisé que nous avons affaire, et puisque tout se vaut, plus moyen de donner sa valeur régulatrice à la différence des places ; c’est donc à un moment de chaos, en tout cas de turbulence généralisée que l’on assiste, chacun essayant de reconstituer une échelle de valeurs à partir de ses propres repères, mais comme ceux-ci se retrouvent différents de ceux du voisin, l’entreprise apparaît, si ce n’est vaine, en tout cas très problématique. » (Jean-Pierre Lebrun)

« L’humanité est talonnée par la nécessité de se fonder pour vivre » (Pierre Legendre) – Mais nous sommes devenus tellement malins que tout cela est bien inutile.

« ‘La colombe légère, qui, dans son libre vol, fend l’air dont elle sent la résistance, pourrait s’imaginer qu’elle volerait bien mieux encore dans le vide’. Sauf que dans le vide, nous dit Kant,, elle ne volerait pas du tout … ‘Faute de point d’appui, on se condamne à ne faire aucun chemin’, conclut le philosophe. » (Bérénice Levet)

« Alors que les sociétés de tradition encadrant strictement les désirs et les aspirations ont réussi à limiter l’ampleur de la déception, les sociétés hypermodernes apparaissent comme des sociétés ‘d’inflation déceptive’ … Plus les exigences du mieux-être et du mieux-vivre s’élèvent, et plus s’ouvrent les boulevards de la déconvenue. » (Gilles Lipovetsky)

« Le dépassement de l’être n’est possible … que pour celui qui est parti d’une position assurée et a réalisé en premier lieu sa nature propre. » (Jean-Paul Lippi)

 « Il serait erroné de croire que seul ce que nous pouvons comprendre rationnellement ou prouver scientifiquement constitue le capital essentiel du savoir humain … Celui qui dénie toute valeur à la sagesse et toute signification à la tradition, tombe forcément dans l’erreur inverse aussi grave, de croire que la science est capable de faire surgir du néant, par des voies rationnelles, une civilisation complète avec tout ce qu’elle comporte. » (Konrad Lorenz)

« Avec l’accélération de l’évolution culturelle, l’écart qui sépare une génération de la précédente devient, lui aussi, de plus en plus grand. Or, pour qu’une tradition puisse se transmettre convenablement d’une génération à la suivante, il faut que la génération nouvelle soit en mesure de s’identifier avec l’ancienne. Cette identification dépend de l’intensité des liens personnels entre les représentants de l’une et l’autre génération, mais aussi de l’ampleur de la modification que la civilisation considérée subit en l’espace d’une génération. » (Konrad Lorenz)

« Pour que le fleuve de la Tradition parvienne jusqu’à nous, il faut perpétuellement désensabler son lit. » (cardinal Henri de Lubac)

« C’est se flatter que de croire qu’en reniant le progrès de son siècle on s’assure l’héritage de tous les trésors des siècles anciens. » (cardinal Henri de Lubac)

« Pour échapper aux vieilleries qui se donnent pour la tradition, nécessité de remonter au plus lointain passé – qui se révèlera le plus proche présent. » (cardinal Henri de Lubac)

« Si je ne comprends plus telle institution, tel symbole, c’est peut-être que cette institution, ce symbole ont vieilli. C’est peut-être aussi que je suis moi-même par trop barbare et neuf. Il faut alors deux efforts convergents pour opérer la rencontre. » (cardinal Henri de Lubac)

« S’il était toujours tendu vers ‘ce qui vient’, il savait en même temps et il disait que ‘ce qui vient  ne peut naître que de la fidélité à ce qui est’. » (cardinal Henri de Lubac – sur et citant Teilhard de Chardin)   

« La tradition ne consiste pas dans la vénération des cendres mais dans la transmission du feu. » (Gustav Mahler)

« L’héritage ne se transmet pas, il se conquiert. » (André Malraux)

 « Nous aimons le nouveau, mais à une condition, c’est que ce nouveau continue véritablement l’ancien et s’ajoute sans la détruire à la substance acquise. Discerner, pour l’accueillir et l’assumer, tout ce que le nouveau apporte de valeurs humaines authentiques mais ne jamais accepter ce qui, dans la nouveauté, voudrait rejeter l’acquis de l’ancien.  » (Jacques Maritain)

« Doué d’un pouvoir de connaître illimité, mais qui doit cependant avancer pas à pas, l’homme ne peut progresser dans sa propre vie, intellectuellement et moralement, que s’il est aidé par l’expérience collective que les générations précédentes ont accumulée et conservée. » (Jacques Maritain)

« Qui éduquera les éducateurs ? » (Karl Marx – Thèses sur Feuerbach)

« Les peuples sans racines sont inaptes à la résistance : il faut un point d’appui pour résister, et le slogan ‘Du passé faisons table rase’ prépare les hommes à la pire servitude, celle qui découle du consentement et non de la contrainte. » (Danièle Masson – interprétant Gustave Thibon) – C’est bien pour atteindre cet objectif que les dominants démolissent tout.

 « Les hommes ont besoin d’un centre distinct de sa périphérie, d’une permanence qui donne son poids au fugitif, et d’une configuration de l’existence qui se relie à la connexion du tout … La déconstruction a fêté un bal des adieux à tout ce à quoi l’homme s’était identifié dans son histoire. L’adieu à l’âme ; l’adieu au corps ; l’adieu au sujet ; l’adieu à l’œuvre ; l’adieu au monde ; l’adieu au sens ; l’adieu à Dieu, enfin, qui sonne le glas des meurtriers. L’adieu à ce qui faisait la substance de l’humanité … l’adieu à la condition humaine … A la lumière de l’être, il faut préférer la nuit du néant … Rien ne semble résister au travail de la taupe qui a sapé les principes sur lesquels reposait la civilisation. Descartes rappelait que la ruine des fondements signe en même temps la ruine de l’édifice … Le monde cassé de Kafka ou la terre dévastée de Kundera n’offrent plus à l’humanité de foyer qui est le sien. » (Jean-François Mattéi – contre les déconstructeurs, les Blanchot, Derrida, Deleuze, Guattari, Foucault, Judith Butler… et leurs ignares disciples, gauchistes démolisseurs de tout)

« Nous dépendons de nos prédécesseurs. Ce qui pense en nous, avant nous, c’est le langage humain, qui est, non notre œuvre personnelle, mais l’œuvre de l’humanité, c’est aussi la raison humaine, qui nous a précédés, qui nous entoure et nous devance; c’est la civilisation humaine, dans laquelle un apport personnel, si puissant qu’il soit, n’est jamais qu’une molécule d’une énergie infime dans la goutte d’eau ajoutée par nos contemporains au courant de ce vaste fleuve. » (Charles Maurras – reprenant Auguste Comte) – L’actuel serait encore moins pire si nos minables contemporains n’ajoutaient rien.

« Différence entre une libération authentique (qui accroît, par définition, notre puissance de vivre humainement) et une simple libéralisation des mœurs, qui, selon la formule de C. Lasch, n’autorise les individus à s’émanciper de la Tradition que pour les soumettre aussitôt à la tyrannie de la mode. » (Jean-Claude Michéa)

« La tradition, c’est ma mère, et la liberté, c’est moi. » (Jules Michelet)

« Il est dans la nature de l’homme qu’une fois surpris et ébranlé dans ses attentes, par les changements sauvagement imposés, il ne revienne pas à l’état d’équilibre mais se trouve désormais en état de vacillation. L’instabilité s’installe … l’axe se brise … le périmètre disparaît, le centre est partout. La mesure et les proportions se dissolvent, les certitudes tombent en poussière. » (Thomas Molnar) – Tout politicien sait que promettre le changement et le poursuivre sert à fabriquer des hommes déboussolés et soumis,  les meilleurs laquais.

« Le précédent n’est pas la tradition, il est la routine. C’est le symbole même de la loi du moindre effort, la solution idéale des paresseux et des sclérosés, des pusillanimes et des passéistes. » (Paul Morand)

« Le Français n’a pas le sens de l’intérêt général, ni celui de la tradition, c’est-à-dire de l’intérêt général projeté dans le temps. » (Paul Morand)

« Considérer qu’on peut améliorer certaines idées ou certaines façons de vivre héritées de nos ancêtres n’implique pas qu’il faille transmettre à la nouvelle génération une société chaotique, divisée, méconnaissable.  » (Douglas Murray)

« N’importe quelle coutume vaut mieux que l’absence de coutume. » (Nietzsche – Aurore)

« Les traditions, comme les femmes, sont faites à la fois pour être respectées et bousculées. » (Jean d’Ormesson)

« L’homme n’est jamais un premier homme ; il ne peut commencer à vivre qu’à un certain niveau de passé accumulé. Voilà son seul trésor, son privilège, son signe … C’est la mémoire des erreurs qui nous permet de ne pas commettre toujours les mêmes … Nietzsche définit l’homme supérieur comme l’être ‘à la plus longue mémoire’ … Rompre la continuité avec le passé, vouloir commencer de nouveau, c’est aspirer à descendre et plagier l’orang-outang (qui, semble-t-il, ne diffère pas de l’homme par ce que, rigoureusement parlant, nous nommons intelligence, mais plutôt parce qu’il a bien moins de mémoire que nous) … La continuité est un droit de l’homme, elle est un hommage à tout ce qui le distingue de la bête. » (José Ortega y Gasset)

« Pour les intellectuels ‘d’avant-garde’, l’idée qu’il y avait dans le monde de leurs pères des choses dignes d’être défendues (Quand on sait à quel point chez les intellectuels bourgeois le ressentiment œdipien peut être un des fondements de leur engagement révolutionnaire) revenait à remettre en question l’un des tabous majeurs sur lesquels s’édifiait leur identité personnelle. » (George Orwell) –  Leur fureur devant tout ce qui relève du passé.  Ne s’applique pas qu’aux intellectuels mais à tous les destructeurs.

« Une république qui ne se reconnaît pas de passé signe, au moins provisoirement, la défaite du sexe féminin. Loin de diminuer, elle aggrave au contraire la contrainte qui pèse sur les femmes. » (Mona Ozouf) – Effectivement, il est évident que certaines vociférations féministes sur le tout changer vont jouer durement contre les filles des enragées.

« Le traditionalisme de la société moderne pourrait se caractériser comme la tradition du nouveau. » (Perrot, Rist et Sabelli)

« La nouveauté qui perdure, c’est celle qui a repris tous les fils de la tradition et les a tissés en un motif que la tradition ne pouvait tisser. » (Fernando Pessoa) 

« Dans cette société fortement individualiste, il appartient … au sujet seul de se forger un statut et un rôle … devenir lui-même l’auteur de ses propres valeurs et le juge de leur application … Solitude prométhéenne… Lorsque la tradition est oubliée ou méprisée … l’homme est d’autant plus disposé à s’ériger en juge impitoyable (sur ses actes, comme même sur ses mouvements les plus secrets et fugitifs). » (Evelyne Pewzner)

« Je ne cherche pas, je trouve. » (Picasso –cité par Michel Maffesoli) – qui ajoute : « formule hautaine, certes, mais humble également en ce qu’elle rappelle que l’on ne crée pas, l’on ne pense pas, l’on n’organise pas ‘ex nihilo’, mais uniquement à partir de ce qui est. »

« Il a vu que les habitudes ne sont pas une simple répétition des manières de vivre, mais le degré de fidélité que nous portons à notre passé et à notre existence … Car il n’y a pas d’habitudes si l’être n’a pas le sentiment de pouvoir les appliquer au-delà du présent : l’idée de l’avenir est un élément de l’habitude non moins nécessaire que le passé … On ne peut aimer que ce dont on croit l’existence durable. » (Georges Poulet – résumant Benjamin Constant qui s’effrayait des réformateurs systématiques dans l’application de leur dogme d’uniformité. Ils donnaient aux habitudes le nom de malveillance)« Les habitudes forment une partie essentielle du bonheur. » (Benjamin Constant) – Derrière le réformateur se cache trop souvent un démolisseur.

« La décadence morale qui se fonde sur la perte totale de la tradition, sur la perte de cette évidence interne que les us et coutumes avaient autrefois apportée à l’homme. Plus rien ne va de soi ; tout est possible; rien n’est impossible. Il n’y a plus de valeur porteuse ; aucune norme n’est inviolable. Ne comptent plus que le moi et l’instant … Il ne reste que le cynisme à l’état pur. » (cardinal Joseph Ratzinger)

« Ennemie de toute autorité comme de toute ‘hauteur’, tenant pour illégitime tout ce qui prétend fixer le mouvement de l’existence et assigner des bornes au désir, comment cette génération aurait-elle accepté de transférer la moindre part d’elle-même à ce qui ne serait pas, à ce qui ne serait plus entièrement elle-même ? » (François Ricard – sur la rupture de tradition des années soixante…) – D’ailleurs comment transférer le vide ?

« Qu’on juge du danger d’émouvoir une fois les masses énormes qui composent la nation française … Quand tous ces avantages du nouveau plan seraient incontestables, quel homme de bon sens oserait entreprendre d’abolir les vieilles coutumes, de changer les vieilles maximes et de donner une autre forme à l’Etat que celle où l’a successivement amené une durée de 1.300 ans ? … Je ne dis pas qu’ils faillent laisser les choses dans l’état où elles sont ; mais je dis qu’il n’y faut toucher qu’avec une circonspection extrême. » (J. J. Rousseau – Considérations sur le gouvernement de Pologne)

« Abandonner les traditions polies par les ans pour l’idéologie, c’est comme vendre de vieux meubles de famille splendides pour acheter aux Nouvelles Galeries des meubles ‘modernes’ qui seront démodés dans dix ans. » (Raymond Ruyer)

« La meilleure nourriture psychique déversée est fossile, comme le charbon ou le pétrole … Que deviendraient les émissions de radio si on ne pouvait utiliser la musique ancienne (mais de l’horrible rap) … La nourriture psychique saine est à base de traditions et d’habitudes, mais de traditions vivantes et non fossilisées. » (Raymond Ruyer) 

« Une société en voie de désymbolisation est d’abord une société sans tradition ni transmission … Les sociétés sans pères n’ont pas d’histoire. » (Michel Schneider) – Elles n’ont pas d’avenir non plus.

« Bien que le trésor de la raison individuelle soit faible, L’accumulation de la raison collective, sociale, est telle que nous ne pouvons la questionner ou la rejeter qu’à nos risques et périls. La raison se manifeste précisément là où nous ne raisonnons pas, là où nous ne pouvons raisonner  … C’est cela le sens des traditions … Exemple simple ; les bonnes manières, savoir se tenir à table, s’exprimer, se retenir… » (Roger Scruton – s’inspirant d’Edmund Burke)

« Le conservatisme est la philosophie de l’amour. L’amour de ce qui existe, de ce que nous possédons et avons hérité. Lorsqu’on aime vraiment on accepte les imperfections de l’objet aimé. » (Roger Scruton)

« Le conservatisme garde la conviction que le Bien est plus facilement détruit que créé. » (Roger Scruton) – C’est bien pourquoi les déconstructeurs, démolisseurs, saboteurs sociaux, haïssent le conservatisme.

« Hayek souligne que le droit écrit et la loi souveraine sont apparues sur le tard dans la société humaine, et que chacun d’eux ouvre la voie à des abus qui, dans la ‘Common Law’, se corrigent habituellement d’eux-mêmes …La Common Law a pour objectif de rendre la justice dans les affaires individuelles, pas d’entreprendre quelque réforme de fond des manières, de la morale et des coutumes de la communauté dans son ensemble, présence silencieuse et  vigilante … D’ailleurs, la distinction entre droit et loi a été tacitement reconnue dans de nombreuses langues européennes (Diritto / Legge – Recht / Gesetz) … Le droit existe préalablement à la décision judiciaire, et cette croyance  limite les ambitions du juge …Il ne cherche pas à imposer un plan ou une morale indépendante de la justice naturelle (c’est bien pourquoi les révolutions socialistes commencent par l’abrogation de la règle de droit)  On ne peut se servir de la Common Law pour modifier la nature de la société, pour redistribuer des biens normalement acquis, pour enfreindre des accords de droit commun, pour contrarier des attentes de longue date et des rapports de confiance naturels (alors qu’on peut faire et détruire n’importe quoi par la loi, voir les mesures dites ‘sociétales’) … Le savoir qui nous est nécessaire dans les circonstances imprévisibles de la vie n’est pas le fruit de l’expérience d’une seule personne (ni d’un groupuscule représentant l’inculte et soumise majorité parlementaire de la semaine) … Ce savoir nous a été laissé en héritage par les coutumes, les institutions et les modes de pensée qui se sont formés de génération en génération, à travers les essais et les erreurs. » (Roger Scruton) – Texte un peu confus. Distinction d’un droit, d’une morale si on veut, naturel, évident et de la loi si souvent arbitraire qui ne manifeste, si souvent également,  que le délire de petits personnages se prenant pour des dieux.

« La stabilité était autrefois socialement et culturellement valorisée … Ce qui est maintenant décisif, c’est la flexibilité, la capacité d’adaptation et de changement … La culture moderne du risque a ceci de singulier que le fait de ne pas changer est perçu comme un signe d’échec, que la stabilité passe presque pour un état de mort vivant. La destination importe moins que le départ en soi … Rester au port, c’est être largué … Qui demeure passif, meurt. » (Richard Sennett – dans le domaine du travail) – Mais seulement dans ce domaine ?

« A partir du XVIII° siècle, le mythe analytique devient agressif à l’égard des formes dominantes de la pensée synthétique, je veux parler des systèmes religieux … On découvre quelles sont les cibles du mythe analytique militant (de l’Encyclopédie) … Ainsi se met en marche une expérimentation existentielle totale qui égratigne toujours les hommes des temps modernes, parce que l’on se retrouve d’un seul coup face à la dramatique absence de tout patrimoine de convictions utilisables, d’opinions, de dogmes. L’analyse fait de l’inconfort un principe ; désormais, il faut mettre le cap sur l’innovation permanente … nous vivons de nouveau dans un horizon mythologique, et pas dans des traditions, parce qu’avoir une tradition signifierait que l’on aurait hérité un monde complet. Or, nous héritons très peu de chose… » (Peter Sloterdijk)

« C’est la victoire de la mode sur les mœurs et les coutumes. Les coutumes éternelles sont nécessairement les perdantes dans un monde d’imitation simultané. » (Peter Sloterdijk – sur la dictature du jeunisme)

« En matière culturelle, trois facteurs de changement de mimétisme : – L’abandon de ses propres traditions sur la base du rattachement à une civilisation supérieure (œcuménisme) – La participation forcée à une hybridation venue d’en haut (impérialisme) – La sécession d’une culture partielle, qui rompt avec la culture directrice sous prétexte de retour aux vrais sources (Réforme et Renaissance). » (Peter Sloterdijk) – Le premier facteur ressemble fort à notre lamentable conversion à la soi-disant culture américaine. Dans son recensement l’auteur oublie une quatrième possibilité, aussi actuelle, l’abandon de toute culture pour le retour à la sauvagerie.

« Pour faire disparaître un peuple, il suffit de détruire ses racines. » (Alexandre Soljénitsyne) – Ce à quoi s’emploie vaillamment le groupe politico-médiatique dirigeant.

« Créer une tradition, c’est évacuer le hasard. Une tradition produit une haute moyenne humaine sur laquelle l’avenir peut faire fond, produit non un César, mais un Sénat, non un Napoléon, mais un corps incomparable d’officiers. Une tradition robuste attire de tous les côtés les talents et obtient de grands succès à partir des médiocrement doués. » (Oswald Spengler) – C’est pourquoi les minables qui veulent tout mettre au niveau de leur bassesse s’évertuent toujours à détruire toutes les traditions, de mettre tout le monde au caniveau. 

« La tradition c’est le choix des expériences les meilleures. » (André Comte-Sponville)

« L’irrespect barbare pour toute forme d’héritage : tel est le principe du fanatisme moderne, qui se manifeste sans réserve par la passion hypermoderne de la rupture éradicatrice et de la destruction rédemptrice. » (Pierre-André Taguieff)

« Les révolutions les plus profondes aspirent à se traditionnaliser ; et, réciproquement, à la source des traditions les plus routinières, nous trouvons un état révolutionnaire d’où elle procèdent. » (Gabriel Tarde)

« Comment savoir où l’on doit aller quand on ne sait plus d’où l’on vient ? » (Gustave Thibon)

« C’est un grand mal de juger dépassé ce qui est irremplaçable. » (Gustave Thibon)

« Jadis, une grande stabilité dans le temps allait avec une grande diversité dans l’espace. Tandis que, maintenant nous avons le contraire : mobilité dans le temps et uniformité dans l’espace. La mode est la même partout … et elle y passe tout aussi vite. » (Gustave Thibon)

« Le vrai traditionaliste n’est pas conservateur dans ce sens qu’il sait dans la tradition distinguer les éléments caducs des éléments essentiels, qu’il veille à ne pas sacrifier l’esprit à la lettre et qu’il s’adapte à son époque, non pour s’y soumettre servilement mais pour en adopter les bienfaits, en luttant contre ses déviations et ses abus. » (Gustave Thibon)

« Le meilleur moyen d’apprendre aux hommes à violer les droits individuels des vivants est de ne tenir aucun compte de la volonté des morts. » (Alexis de Tocqueville)

« Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres. » (Alexis de Tocqueville)

« Il faut commencer par maîtriser sa propre tradition : il n’est de voies qui conduisent à l’universel que celles qui passent par un particulier. » (Tzvetan Todorov)

« Il faut savoir ce qui est inutile pour connaître ce qui est utile … Ce qui est utile à l’homme c’est un endroit où poser ses pieds. » (Tchouang Tseu)

« Nul ne peut construire … sans s’appuyer sur des données déjà là, donc sur un passé et des traditions structurantes. Nul n’est dans une situation de départ sans précédents, ou alors on est dans l’illusion de la table rase. » (Paul Valadier)

« La véritable tradition n’est pas de refaire ce que les autres ont fait mais de retrouver l’esprit qui a fait les choses et qui en ferait de tout autres en d’autres temps. » (Paul Valéry)

« C’est le plus grand triomphe de l’homme … sur les choses que d’avoir su transporter jusqu’au lendemain les effets et les fruits du labeur de la veille … L’humanité ne s’est totalement élevé que sur le tas qui dure. » (Paul Valéry) – Les déconstructeurs visent à anéantir l’humanité, c’est aussi simple que cela.

« La tradition n’est pas une addition composite. La tradition est la source des énergies fondatrices. Elle est l’origine. Et l’origine précède le commencement. » (Dominique Venner) – Sans origine reconnue il n’y a qu’errance, confusion, dispersion, et, au bout, dépression.

« Civilisation, culture, tradition, sont des notions voisines au point d’être interchangeables dans le langage courant. La culture est première dans l’ordre chronologique de la fondation. Elle se rapporte à la permanence des mentalités profondes. Elle est créatrice de sens. La civilisation est une culture qui a reçu une forme historique, créatrice d’un ensemble de qualités propres dans l’ordre matériel, intellectuel, artistique et moral. La tradition est l’âme d’une culture et d’une civilisation … Le contraire de la tradition n’est pas la ‘modernité’, notion confuse et limitée, mais lae nihilisme. Disparition du sacré dans la nature, la vie, l’amour, le travail, l’action. Autrement dit la disparition du sens qui hiérarchise les valeurs de vie, en plaçant ce qui est supérieur au-dessus de ce qui est inférieur. » (Dominique Venner) – C’est bien pourquoi, extirper la tradition, c’est tuer et la civilisation et la culture.

« Les hommes font leur histoire, mais ne peuvent savoir ce que cette histoire sera, ce que l’avenir en fera, il faut donc éviter de changer. Agir, c’est créer un désordre dangereux … Car nos options politiques qui se veulent les plus raisonnées ou qui sont les plus raisonnables ont des racines instinctuelles ou, si l’on préfère, caractérielles. » (Paul Veyne – début du propos prêté à…) – Surtout aujourd’hui où l’intérêt dissimulé derrière l’émotion emporte tout et déborde tout sens.

« L’argument de Raymond Aron était qu’à tous les coups ce que les individus gagnent à l’ordre tranquille du troupeau l’emporte sur ce qu’ils perdent en frustrations personnelles ; » (Paul Veyne) – C’est bien évident. Mais les dominants détestent l’ordre qui permettrait de percevoir leur corruption.

« De par sa durée la collectivité  pénètre déjà dans l’avenir ; de par la même durée elle a ses racines dans le passé. » (Simone Weil)

« Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d’avenir. Participation naturelle, c’est-à-dire amenée automatiquement par le lieu, la naissance, la profession, l’entourage. Chaque être humain a besoin d’avoir de multiples racines. Il a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle par l’intermédiaire des milieux dont il fait naturellement partie. » (Simone Weil) – La modernité a jeté tout cela. Aussi les humains fonctionnent-ils aux antidépresseurs avant de s’égorger entre eux.

 « L’honneur : si le respect est identique pour tous et immuable, l’honneur a rapport à un être humain considéré, non pas simplement comme tel, mais dans son entourage social … Il est satisfait si la collectivité dont il est membre lui offre une part à une tradition de grandeur enfermée dans son passé et publiquement reconnue au dehors. » (Simone Weil – L’enracinement) – Privé de tradition, privé d’honneur. La fabrique des laquais.

« Le village, la ville, la province, la contrée, la région, toutes les unités géographiques plus petites que la nation ont presque cessé de compter. Celles qui englobent plusieurs nations aussi. Quand on disait, par exemple, il y a quelques siècles, ‘la chrétienté’, cela avait une tout autre résonnance affective qu’aujourd’hui l’Europe. » (Simone Weil) – Ecrit en 1943, depuis même la nation, aux poubelles, comme le reste.

« L’opposition entre avenir et passé est absurde. L’avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien. C’est nous qui, pour le construire, devons tout lui donner … mais pour donner, il faut posséder. Et nous ne possédons d’autre sève, d’autre vie que les trésors hérités du passé et digérés, recréés, assimilés par nous. Il n’y a pas de besoin plus vital que le passé. » (Simone Weil)

« La vraie révolution consiste dans le retour à un ordre éternel momentanément perturbé. » (Simone Weil)

« Qu’y-a-t-il même de mal à être en avance sur son époque ? La trahison se confond, peu ou prou, de nos jours, avec l’air du temps … Elle est maintenant pour celui qui se cramponne au passé, tourne le dos aux impératifs de ‘l’aggiornamento. … la place du traître se trouve aujourd’hui occupée par le nostalgique de l’Etat-national à l’ancienne … Avec quel mépris (mêlé de quelles injures) les médias parlent de lui. » (Eric Werner – Le système de trahison)

« La continuité est un droit de l’homme. » (Dupont White – cité par jacques Ellul) – Certes, mais il y a les bons droits (ceux qui consistent à tout détruite jusqu’à la fin) et les mauvais droits (ceux qui consisteraient à sauver le peu qui est à sauver).

« Un arbre sans racines est une chose bien chancelante. » (Stefan Zweig)

« Qui est bien, qu’il s’y tienne. » (proverbe)

« Une tradition commence la première fois. » (proverbe) 

« Cours, adolescent (ou, camarade), le vieux monde est derrière toi ! »  (slogan) – Aussi prétentieux que déraisonnable et si souvent néfaste ; mieux vaudrait s’arrêter et se retourner un temps, un bref moment, avant de repartir.

« Ce sont les arbres aux profondes racines qui montent le plus haut. » (?) – Ne nous étonnons donc pas de rester si petits.

« Privé de racines, privé d’horizon. » (?)

« La fixité est le démon des postmodernes. » (?)


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