135,2 – Solidarité

– S’exerce avec les Patagons, les Papous, les Paraguayens… Superflue avec les voisins, les collègues, et les compatriotes en général, qui manquent d’exotisme émoustillant.

– Un organisme dit sécurité sociale est chargé de l’exercer (entre autres mille dispositifs ingénieux). Sa généreuse compétence s’exerce largement et bien au-delà des résidents habituels. Cette extension a été largement reconnue dans les termes par l’appellation de sa nouvelle branche, couverture maladie universelle – on ne saurait mieux dire jusqu’où s’étend notre bon cœur ; le système solaire, la galaxie, l’univers connu et au-delà ?

– Ne s’exerce plus que sous la forme de charité-rock. En groupe. En hystérie. En stipendiant des acteurs et autres ‘artistes’ cupides.

« Le terme ‘solidarité’ en a supplanté beaucoup d’autres, divers selon les contextes : généreux, fraternel, charitable, altruiste, compatissant, etc. Quelqu’un meurt et tout le monde exprime  à la famille sa ‘solidarité’, une équipe de foot gagne et l’on salue la ‘solidarité ‘ des joueurs, après un tremblement de terre … Le terme a été réduit à une connotation, c’est solidaire, donc c’est bien. » (Ingrid Riocreux)

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« Ce sont les religions de masse qui ont nourri cet étrange rejeton anthropocentrique qu’est l’hypocrite utopie de la ‘fraternité’ universelle … Cette sécularisation de la charité qui la falsifie et l’aliène en la diffusant par pur grégarisme. » (Raymond Abellio)

« La solidarité n’existe pas, il n’existe qu’une coalition d’égoïsmes. Chacun reste avec les autres pour se sauver soi-même. » (Francesco Alberoni)

« Les générations sont solidaires à travers le temps et à travers les sottises. » (Jacques Bainville)

« La bonne conscience occidentale, sûre de sa supériorité et rongée par le doute de sa culpabilité … ne s’implique pas trop … pas plus qu’elle ne cherche à comprendre les causes de tant de malheurs et de catastrophes … On envoie un petit chèque de solidarité sur le moment parce que l’on est sensible quand même, et surtout sacrément émotif, on se montre ainsi exemplaire, et puis on n’en parle plus. Il s’agit là d’une sorte de sincérité molle, bovine, spectatrice, qui a bien trop peur d’être confrontée à son inconséquence pour prendre le risque d’une réflexion sérieuse. » (Olivier Bardolle – sur l’avalanche quotidienne des images de catastrophes aux quatre coins du monde)

« Une gauche caviar planétaire s’est ainsi, pendant plusieurs décennies, enivrée de bonnes paroles où il fut constamment question de solidarité, de partage, de soutien … tout en vivant dans le confort, et parfois le luxe, le plus débridé … Le bon peuple s’est aperçu que ceux qui prêchaient la solidarité étaient en réalité des escrocs du verbe. » (Olivier Bardolle) – En France, le peuple s’en est aperçu, mais les escrocs restent, s’appuyant hélas sur la bêtise de parties bien identifiées de la population, la bourgeoisie, dans sa composante féminine notamment, les Bobos…

« Le Sidathon, le Téléthon et autres Thanatons, expiation et rachat de la mauvaise conscience collective, orchestration pornographique de l’union sacrée. » (Jean Baudrillard)

« Ceux qui font bronzer leur bonne conscience au soleil de la solidarité … la souffrance universelle sanctifiée par le caviar et le champagne. » (Jean Baudrillard – sur les humanitaires et les partisans bruyants des Droits de l’homme)

« On a longtemps dénoncé l’exploitation capitaliste et économique de la misère de ‘l’autre monde’. Or il faut en dénoncer aujourd’hui l’exploitation morale et sentimentale ; le cannibalisme caritatif étant pire que la violence oppressive … Retraitement humanitaire de la misère et affichage de notre condescendance charitable … Cette matière première spirituelle qu’est la misère des peuples laquelle sert à l’alimentation psychologique des pays riches et à l’alimentation médiatique de notre vie quotidienne … Tutelle vampirique, ingérence humanitaire … Phase ultime du colonialisme … Nous sommes les consommateurs du spectacle toujours délectable de la misère et de la catastrophe, et du spectacle émouvant de nos propres efforts pour la réduire ; nous veillons à reproduire la misère comme gisement symbolique, comme combustible indispensable à l’équilibre morale et sentimental de l’Occident … Pour notre décharge, on peut dire que cette misère, c’est nous qui l’avons produite pour une large part, et , qu’alors qu’il est bien normal que nous en profitions … Nous avons besoin de cette drogue qui nous sert d’aphrodisiaque et d’hallucinogène, dont les pays pauvres sont les meilleurs fournisseurs, comme des autres drogues d’ailleurs. » (Jean Baudrillard)

« D’abord, la ‘survalorisation’ des individus libérés des contraintes imposées par un réseau dense de liens sociaux. Une seconde rupture suivit de près : la fragilité, la vulnérabilité sans précédent de ces individus dépouillés de la protection jadis offerte très naturellement … Perspective séduisante bientôt suivie par la peur de l’inadéquation …. Les peurs modernes naquirent au cours de la première fournée de dérégulation/individualisation, lorsque furent relâchés ou brisés les liens de parenté et de voisinage resserrés par les nœuds de la communauté ou de la corporation … Substitution d’équivalents artificiels tels que associations, syndicats … La solidarité allait succéder à l’appartenance comme principal bouclier … La seconde dérégulation ne s’effectuât pas par choix mais sous la pression de forces planétaires incontrôlables, et sans déboucher sur de nouvelles formes sociétales de gestion de la peur et de l’incertitude… la concurrence remplaçait la solidarité. » (Zygmunt Bauman)

« L’envie de solidarité peut être de l’envie tout court. » (Cyril Bennasar)

« Assisté : individu qui compte sur la générosité publique pour obtenir un soutien que vous-même n’êtes pas en position d’obtenir. » (Ambrose Bierce)

« On ne peut rien contre les bons sentiments. Ils paralysent les forces vives comme la glu colle les pattes des mouches trop aventureuses. Allez donc dire leur fait aux dames patronnesses, aux confits en dévotion, aux maniaques de l’altruisme, aux professionnels de la charité ! Tous ces gens-là pataugent dans le miel de la solidarité humaine. Ils sont inattaquables jusqu’au moment où on découvre que leur charité a commencé par eux-mêmes. » (Philippe Bouvard)

« Le Téléthon, mis en scène d’une générosité hystérique, mélange d’obscénité et d‘efficacité, de farce et de foi résume toutes nos ambivalences envers les victimes. Nous les plaignons sincèrement, mais nous avons besoin d’elle pour nous aimer et nous racheter à travers leurs épreuves … Fusion de deux morales, l’utilitariste et la ludique. Être bon devient à la fois profitable et amusant … Marathon et kermesse … S’époumoner, s’enthousiasmer bruyamment … les standards sont saturés, les records s’affichent sur des écrans géants … Les présentateurs sautillant, trépignant, hurlant … Débauche d’exploits inutiles (et souvent grotesques) : trente heures d’affilés de tennis, de rock, etc., le plus grand saucisson du monde, etc. … On se croyait du côté des Evangiles, on se retrouve dans le livre des records. » (Pascal Bruckner)

« Un excès de générosité est suspect : une solidarité qui se solidarise en général et n’est même pas capable de dire le nom de ceux à qui elle porte secours, cette solidarité-là est  du vacarme de salon. Elle meurt de sa pureté, elle meurt de tout choisir, elle n’est plus qu’une appellation grandiose. Dans la case Victime figurent tour à tour les Cambodgiens, les Palestiniens, les Libanais, c’est un rite conçu à l’avance pour des figurants variés. » (Pascal Bruckner – Le sanglot de l’homme blanc) – Aujourd’hui les migrants, d’où et pour quelle motivation qu’ils viennent.

« Les solidarités naturelles qui jouaient sur la base de la gratuité, ressource inépuisable, ne fonctionnent plus. Elles sont devenues des prestations. Le marché les a récupérées. » (Patrick Buisson)

« Autrefois c’était pour faire tomber la pluie que les tribus africaines jouaient du tambour et que les dieux d’en haut ‘finissaient par entendre’. » (Jean Clair – à propos de nos manifestations imbéciles d’indignation, exigence, réclamation … Rassemblements, concerts, défilés, œuvres dites d’art, etc. pour exiger qu’au bout du monde on se plie à nos sommations et ultimatums, à nos trépignements)

« Ces réseaux … dans la solidarité ou la rivalité, qui forment le véritable organigramme de la France, celui que l’on ne rend jamais public, mais qui explique mieux que les discours et documents officiels nombre de décisions … ‘N’étant ni juif pratiquant, ni franc-maçon, ni provincial (corse, corrézien…), ni prolétaire, ni grand–bourgeois, n’appartenant ni à l’inspection des Finances ni à aucun grand corps je cumule dans le micocosme tous les handicaps’ (persifle Alain Boublil, directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy). » (Sophie Coignard, Marie-Thérèse Guichard – Les bonnes fréquentations ; têtes de chapitre : Arriver – S’entraider – Se fréquenter – Faire carrière – S’enrichir – Monopoliser – Conspirer – Se protéger – Militer – Devenir président) – Révélateur de la puissance des réseaux, au moins pour les gogos qui se satisfont de la contemplation des vitrines alléchantes sans idée d’aller voir dans les cuisines où s’élaborent les mets.

« Cette notion épatante qu’on appelle la solidarité. Cela permet de jouir de ce que l’on possède tout en gardant la conscience tranquille… » (Christian Combaz)

« La solidarité singeait la charité tout en la dépouillant de l’essentiel, le rapport direct à la personne aidée … Notre système social, si généreux, ne réconforte personne. Il instaure des droits que l’on envoie à la figure d’un guichetier … Il n’inspire guère de reconnaissance à ceux qui en bénéficient, et n’induit aucune démarche volontaire chez ceux qui l’alimentent. » (Christian Combaz – Gens de Campagnol)

« Ce que recherche la démocratie, en tout cas en France, c’est moins la solidarité comme mode d’existence que l’égalité comme résultat. » (Chantal Delsol) – La solidarité comme mode d’existence étant échanges, établissement et maintien de liens, relation, partage, atmosphère…

« Le bénéficiaire de la générosité disparaît derrière le spectacle de la générosité : à force de donner (et de le faire savoir) on ne sait plus à qui on donne … En donnant (publiquement) à autrui, on donne d’abord de soi-même (et à soi-même) l’image flatteuse de celui qui donne. On fait à soi-même le cadeau de donner … Il suffit pour donner vraiment de donner sans compter. Or c’est exactement, par définition, ce que le ‘Téléthon’ ne fait pas. Dans un tel système, la personne du destinataire passe après l’ego du donateur. » (Raphaël Enthoven)

« Le sans-papiers a pris la place du prolétaire comme agent de l’universel, le prolétaire, présumé ignare et xénophobe, étant devenu lui, la figure d’un particularisme égoïste et de toute façons dépassé. Ce qui permet à ses détracteurs de jouir d’une image avantageuse de leur supériorité morale. » (Marcel Gauchet)

« Doutant de la spontanéité du sentiment de solidarité chez les citoyens, l’Etat prend lui-même en charge une solidarité imposée et organisée (Impôt de solidarité, contribution…). Ce qui évidemment n’est plus une solidarité … Ce terme apparaît comme indispensable dans tout discours parce qu’il en remplace un autre devenu innommable pour toutes sortes de raisons : le terme de fraternité … que plus personne n’oserait invoquer. » (Christian Godin)

« Le lobby des droits humains sape sans le vouloir la solidarité nationale sur laquelle s’appuie encore la plupart des droits. » (David Goodhart)

« Un homme ne peut embrasser qu’un terrain limité … Que ses intérêts gravitent autour de ses propres besoins ou qu’il s’intéresse au bien-être des êtres humains qu’il connaît, il ne peut se soucier que d’une fraction infinitésimale des besoins de l’humanité. C’est là le fait fondamental sur lequel repose la philosophie de l’individualisme. Elle ne part pas du principe que l’homme est égoïste, elle part simplement du fait des limites de notre pouvoir d’imagination. » (Friedrich A. Hayek)

« Ce règne de la guerre de tous contre tous qu’on appelle mondialisation ou globalisation des marchés, mais qui est bien plutôt le stade suprême de l’omnimarchandisation du monde, détruit les solidarités fondatrices du lien social à quelque échelle que ce soit. Ce ferment destructeur est aussi au cœur de la construction européenne. » (Serge Latouche)

« Il n’est plus de nobles causes sans stars … Les stars ont remplacé les prédicateurs, les ‘shows’ les psalmodies vertueuses … La détresse elle-même est devenue occasion ‘d’entertainment’ … Pleins feux sur le spectacle des variétés et des déshérités, du rire et des larmes, même la morale doit être une fête … Performance, exploit des montants recueillis, exploit de la mobilisation générale, ‘Olympiade de la bienfaisance’, ‘Marathon du cœur’ … ‘Tout ce que j’ai fait est de transformer la famine en événement à la mode’ (Bob Geldof, le premier disque de rock au service du tiers monde) … Spectacularisation des valeurs, gadgétisation se l’engagement éthique. La solidarité n’a rien d’ethnocentrique, elle est ‘épidermique’… Larmes aux yeux, théâtralité du Bien … Non plus une morale de l’obligation, mais une morale sentimentalo-médiatique … ‘La morale de la pitié universelle’ (Nietzsche). » (Gilles Lipovetsky – considérations éparses sur la solidarité) – Dégoût !

 « Lorsque tous les pigeons ont été plumés, il reste toujours aux escrocs du cœur à se rabattre sur la jobardise incarnée : l’Etat et ses affidés. D’autant que les élus et les fonctionnaires ce n’est pas leur pognon qu’ils dilapident ainsi. » (François Marchand)

« L’assistance ne fonctionne pas entre l’Esquimau et le provençal qui ne se sont jamais vus, mais bien de porte à porte, de clocher à clocher, entre gens qui se connaissent et s’estiment. » (Charles Maurras) – C’est l’évidence, comme telle refusée, condamnée, par le gang internationaliste.

« De l’Etat-guichet on passe maintenant, soin oblige, à l’Etat-dispensaire. » (Yves Michaud)

« On a rétréci le mot ‘solidarité’, si grand quand il signifie la solidarité des prétendus ‘contraires’, à signifier ‘entr’aide’. » (Henry de Montherlant)

« En s’emparant par l’impôt de tous les revenus supplémentaires disponibles, le collectivisme tue dans l’œuf la libéralité et, faisant injure en cela à la nature humaine, il enlaidit l’être humain. » (Philippe Nemo) – On peut même se demander si tel n’est pas l’objectif à demi-consciemment poursuivi au-delà de l’asservissement.

« La solidarité est un sentiment anti-individualiste. L’homme qui agit sous l’empire de la solidarité compte pour peu de chose l’individu en tant que tel. Les sentiments solidaristes sont des sentiments anonymes, impersonnels, abstraits, c’est-à-dire que ce ne sont pas des sentiments … Triomphe du poncif, du banal, de l’officiel de la froideur et du faux … La solidarité trouve son expression la plus abstraite dans l’amour de l’humanité : l’humanisme … Principe qui fait prendre l’individu en suspicion et en haine à ces grandes collectivités qui s’érigent en autorités morales supérieures : la société, l’Etat… » (Georges Palante)

« La solidarité est au fond un égoïsme à plusieurs … On sait assez les effets déprimants exercés sur l’intelligence et la volonté des individus par ces formes de solidarité : la camaraderie, l’esprit de corps, l’esprit de coterie, l’esprit de chapelle, etc. On sait comment ces associations diminuent le sentiment de la responsabilité personnelle et renforcent celui de l’impunité et de la cruauté collectives … Les rancunes de classe et de corps sont cent fois plus aveugles, plus tenaces et plus implacables que les rancunes individuelles … L’esprit de solidarité se défie de toute individualité qui tranche un peu sur la teinte grise des moyennes … Le vrai fond de l’esprit de solidarité est l’esprit grégaire … L’individualiste Descartes répugnait à toute promesse par laquelle on retranche quelque chose de sa liberté, c’est-à-dire en définitive à tout gage donné à la solidarité ambiante … la solidarité purement économique peut être utile à l’ouvrier, en le défendant contre la contrainte économique, et les contraintes exercées par le patronat … Toutefois il y a ici un danger à éviter, c’est que la solidarité économique ne se transforme en contrainte et contrôle moral. Le pas est vite franchi. » (Georges Palante – considérations éparses sur la solidarité)

« Ne pas confondre ‘solidarité’ et ‘mobilisation-sous-prétexte-de-solidarité’. » (Louis Pauwels)

« Les femmes sont souvent les premières à véhiculer sur elles-mêmes les pires lieux communs, les clichés les plus rétrogrades. Et l’on ne peut pas dire qu’elles soient toujours entre elles les plus prévenantes. Au point que l’on serait tenté de poser cette question : la prétendue solidarité féminine, dont on nous rebat si souvent les oreilles, ne serait-elle qu’un fantasme masculin ? » (Natacha Polony) – Les voir à l’œuvre en politique, dans les média, dans tous les lieux de pouvoir.

« L’escroquerie caritative au ‘Téléthon’ et des prochains résultats expérimentaux prometteurs qui n’arrivent jamais, dans le traitement des… Ce que depuis dix ans ils promettaient pour dans dix mois est désormais repoussé à dix ans, et ce qu’ils annonçaient pour dans trois ans l’est à la fin du siècle. » (René Riesel) – Mais le Gogo, toujours prêt, ne se souvient de rien.

« La sempiternelle troupe de pétitionnaires, staliniens décomposés en tête, renforcée de quelques autres comiques, seconds rôles de cinéma, fantaisistes, députés verts, chanteurs de variétés et évêques ’in partibus’ … L’engeance citoyenniste. » (René Riesel)

« A un premier mouvement d’expansion de la sociabilité et de la générosité face à l’adversité, répondit un second mouvement de rétractation, un retour à l’isolement domestique, au fur et à mesure que l’adversité devenait désastre. » (Marshall Sahlins – étudiant les sociétés primitives et les périodes de famine ou de désastres) – Mais on peut généraliser à toutes les sociétés, à tous les types de catastrophe et à toutes les périodes de tension subséquente. La solidarité s’effondre vite.

« Les ‘droits-libertés’, droits limitant le pouvoir de l’Etat, garantissant les citoyens contre le pouvoir de l’Etat, droit à la liberté de pensée, à la liberté d’expression … et les ‘droits-créances’, droits renforçant le pouvoir de l’Etat, assurant les conditions réelles de l’exercice des droits libertés, droit au travail, à l’instruction, au repos, à la santé, à l’enfant … De la citoyenneté formelle à la citoyenneté réelle … A partir du moment où l’Etat intervient pour corriger les conditions sociales d’existence, il ne peut que multiplier les catégories ‘d’ayants droits’. » (Dominique Schnapper) – Et ainsi faire éclater la société et anéantir toute solidarité.

« La soumission sous sa forme catholique … tendait à une solidarité explicite … ‘nous sommes tous les sujets de Dieu’ et pouvait donc exprimer librement la sollicitude. Les formes de solidarité plus démocratiques sont en général plus hésitantes, moins spontanées, parasitées par des questions d’inégalité. La solidarité avec les pauvres, quand on ne l’est pas, risque de tourner à la condescendance … Ceux qui coopéraient au nom d’une religion partagée disposaient d’un moyen de combler cette séparation ambiguë entre soi et l’autre : en se mettant au service d’une puissance supérieure … L’expérience de la sollicitude étant plus facile dans les organisations hiérarchiques que dans les structures démocratiques… » (Richard Sennett – qui connaissait d’expérience d’enfance ce dont il parlait)

« Profiter du système est devenu un mode de vie. » (Bertrand Soubelet)

« Une société où chacun traite l’autre de tricheur est incapable de pratiquer la solidarité. » (Ezra Suleiman – sur la France)

« Je n’en peux plus d’Emmanuelle Béart. Depuis son coup d’éclat médiatique, nombre de comédiens et de comédiennes dont je m’occupe me supplient de leur trouver une cause … Ils n’ont aucune opinion sur quoi que ce soit, ce qui les intéresse c’est de passer le plus souvent possible à la télévision … Je passe mon temps à appeler des associations, à chercher. » (Une attachée de presse de comédiens – citée par Pierre-André Taguieff)

« Le multiculturalisme, érigé en politique revient à emprisonner les individus dans leurs groupes d’appartenance respectifs, définis par des origines communes, et réserve en conséquence la solidarité aux membres de chaque communauté : il n’y a de solidarité qu’intra-communautaire. » (Pierre-André Taguieff)

« Il n’y a pas de solidarité des riches envers les pauvres s’il n’y a pas de sentiment commun d’appartenance, soudé par l’Histoire, les mœurs, les traditions. » Eric Zemmour) – C’est bien pourquoi on parle tant de ‘solidarité’ dans notre société où on fait tout pour en détruire les conditions.

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