045,3 – Amour pour une personne

– La moindre affaire d’un temps. Ni fusion ni absorption, l’idéal serait d’aider l’autre à être plus lui-même.

– Rappelons-nous qu’on nous en voudra souvent plus d’un espoir déçu qu’on ne nous saura gré d’une faveur accordée. C’est injuste mais c’est comme cela.

– Des questions à se poser : En présence de l’autre, nous sentons nous à l’abri d’accès de nervosité et d’autoritarisme domestique ? Sommes-nous souvent sur le qui-vive, en état d’inquiétude, d’insécurité ? L’autre nous tranquillise-t-il ou nous déstabilise-t-il souvent ? Sommes-nous  libre de nous exprimer, de demander, de réclamer, de contester, de refuser ? Pouvons-nous émettre une remarque anodine sans déclencher l’apocalypse nucléaire ? Montre-t-il qu’il considère, sans pour autant forcément les endosser, nos besoins, nos manies même… ?

– Aime-t-on, aime-t-il, aime-t-elle, l’autre dans tous ses aspects, ou aime-t-on, aime-t-il, aime-t-elle, son propre état amoureux ? La distinction est fondamentale pour l’avenir. N’hésitons pas à employer le terme honni de discrimination à effectuer. « Aimer pour aimer, sans aimer vraiment quelqu’un, se mentir à soi-même. » (extrapolé de Jean-Luc Marion) – Grand péril pour un tel amour, ou plutôt dans une telle simulation.

– Que les toutes jeunes filles se méfient de l’abondance et de la bonne tournure des discours juvéniles des philosophes en herbe de terrasse de café. Ces attitudes, en plus de révéler une certaine suffisance narcissique, cachent souvent l’absence d’intérêt pour l’autre, de désir et d’esprit d’entreprise, enfin même, de virilité (le rôle du séducteur qui perd courage au bord du lit) :  « Amants de plume ne sont pas amants de peau. » (adage) – « Je n’aimais pas encore, et j’aimais à aimer. » (saint Augustin) –  « Il est parfois difficile de distinguer l’adoration de l’être aimé de l’adoration de soi. » (Zygmunt Bauman) – « Certains aiment surtout leur amour, c’est-à-dire leur propre sentiment, ils aiment leur amour plus que l’objet de leur amour. Ils aiment aimer en quelque sorte. Ils s’exaltent … L’autre a peu d’importance dans cette affaire, il n’est qu’un point de fixation, une sorte de paratonnerre attirant le coup de foudre. » (Olivier Bardolle) – « Par les lettres, par la présence, nous avons épuisé tout le pur de la joie à laquelle notre amour peut prétendre. » (André Gide ) « Les plus belles missives produisent le plus souvent les entrevues les plus froides. » (baron d’Hermenches) – « Fénelon recommandait à l’amant d’aimer non point ‘pour aimer’, mais ‘pour l’aimé’ … L’amour qui revient sur soi en refermant le cercle est un morne raté de l’amour … Aussi suspect qu’un amant bavard : celui qui parle trop s’aime lui-même et aime l’amour en croyant aimer son aimée. » (Vladimir Jankélévitch) –  « Amoureux de son image au point de s’identifier à elle … Narcisse ne vivait plus en tant qu’être conscient, à partir de son soi-même … mais à partir d’une image représentée de lui-même. Par là sa propre vie lui devint un spectacle qu’il contemplait. » (Hermann von Keyserling) – « Belle, mais fausse flamme de la sensualité, quand c’est l’esprit qui prend feu. » (Karl Kraus) – « Qu’il soit clair, qu’être amoureux est un fait personnel qui ne regarde pas l’objet aimé. » (Cesare Pavese) –  « Être amoureux est un état ; aimer est un acte. » (Denis de Rougemont) – « L’être aimé, la vitre à travers laquelle chacun adore l’image idéale de lui-même … J’adore en toi l’image idéale de moi-même … Et la déception grandit à mesure que l’expérience substitue dans mon esprit le reflet de mon moi empirique à celui de mon moi transcendantal … L’être aimé n’est pas aimé pour lui-même, mais comme un miroir qui nous renvoie, embellie et sécurisante, notre propre image. » (Gustave Thibon) – Attention jeunes filles.

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« L’homme poursuit la femme jusqu’à ce qu’elle l’attrape. » (Marcel Achard)

« L’erreur que fait chacun de nous lorsqu’il tombe amoureux, celle d’imputer l’expérience extraordinaire qu’il est en train de vivre avec les qualités de l’être aimé. » (Francesco Alberoni)

« C’est quand on serre une femme de trop près qu’elle trouve qu’on va trop loin. » (Alphonse Allais)

« Tandis que nous aimons la femme dans ses exemplaires divers, les femmes n’aiment que l’individu-homme, l’être unique et particulier. A l’amour-goût, elles répondent le plus souvent par l’amour-passion, et à l’amitié simple par l’enthousiasme impétueux. » (Henri-Frédéric Amiel)

« Je sais de quelles petitesses meurent les plus grandes amours. » (Jean Anouilh)

« On sait rarement pourquoi on aime ; on croit toujours savoir pourquoi on n’aime plus. » (Marcelle Auclair)

« Vous croyez aimer cette personne compliquée, ce sont les complications que vous aimez. » (Marcelle Auclair)

« Réfléchir n’a jamais empêché d’aimer, mais aimer empêche de réfléchir. » (Marcelle Auclair)

« Certains aiment surtout leur amour, c’est-à-dire leur propre sentiment, ils aiment leur amour plus que l’objet de leur amour. Ils aiment aimer en quelque sorte, ils s’exaltent … L’autre a peu d’importance en cette affaire, il n’est qu’un point de fixation, une sorte de paratonnerre attirant le coup de foudre. » (Olivier Bardolle) – Méfiez-vous fillettes, des écrivailleurs et des discoureurs, des philosophes et des poètes. Considérez les mains au moins autant que la langue.

« L’avantage de l’amour au premier regard c’est qu’il retarde le deuxième regard. » (Natalie Clifford-Barney)

« « L’amour à l’amitié : Ôte-toi de là que je m’y mette ; mets-toi là que je m’en aille. » (Anne Barratin)

« C’est un crime où on ne peut se passer d’un complice. » (Baudelaire)

« Le vert paradis des amours enfantines. » (Baudelaire)

« En amour les jeunes paient pour ce qu’ils font, les vieux pour ce qu’ils ne font pas. » (Beaumarchais)

« Au fond, tout amour authentique est une atteinte à la liberté moderne. Aimer, c’est s’attacher, c’est … se mettre sous la dépendance d’autrui. La modernité tardive en prend acte. » (Philippe Bénéton)

« Les hommes souvent veulent aimer et ne sauraient y réussir, ils cherchent leur défaite sans pouvoir la rencontrer et, si j’ose ainsi parler, ils sont contraints de demeurer libres. » (La Bruyère)

« ‘Autrefois je fus aimé d’une nonne à Venise…’ Connaissez-vous, dans les siècles des siècles,  plus troublante phrase ? Nous disons aujourd’hui : ‘A New-York, j’ai rencontré une call-girl…’ » (Jean Cau)

« En amour tout est vrai, tout est faux ; et c’est la seule chose sur laquelle on ne puisse pas dire une absurdité. » (Chamfort)

« Otez l’amour-propre de l’amour, il en reste peu de chose … C’est par l’amour-propre que l’amour nous séduit ; comment résister à un sentiment qui embellit à nos yeux ce que nous avons, nous rend ce que nous avons perdu et nous donne ce que nous n’avons pas. » (Chamfort) 

« Toute femme prenant un amant tient plus de compte de la manière dont les autres femmes voient cet homme, que de la manière dont elle le voit elle-même. » (Chamfort – d’après une confidence féminine)

« Le regard mort d’une femme qui aimait et qui n’aime plus. » (Jean Cocteau)

« Dès qu’il existe un secret entre deux cœurs qui s’aiment, dès que l’un d’eux a pu se résoudre à cacher à l’autre une seule idée, le charme est rompu, le bonheur est détruit. L’emportement, l’injustice, la distraction même, se réparent, mais la dissimulation jette dans l’amour un élément étranger qui le dénature et le flétrit à ses propres yeux … Déjà, il y avait en moi une pensée que j’étais réduit à cacher … Nous nous attaquions donc tour à tour par des phrases indirectes, pour reculer ensuite dans des protestations générales et de vagues justifications, et pour regagner le silence. Car nous savions si bien mutuellement ce que nous allions nous dire que nous nous taisions pour ne pas l’entendre … Nous reproduisions sous diverses formes des idées générales, qui n’étaient que des attaques particulières. » (Benjamin Constant – Adolphe) – Hélas, bien observé.

« L’amour et la raison sont ennemis jurés. » (Pierre Corneille – La nourrice)

« X parle d’amour comme toutes les néo-féministes d’aujourd’hui, en nettoyeuse, armée d’un balai-brosse et d’un seau d’eau de javel. » (Didier Desrimais)

« En amour il n’y a que la conquête et la rupture qui soient intéressantes, le reste est du remplissage. » (Maurice Donnay)

« Amour, amour, quand tu nous tiens – On peut bien dire : Adieu prudence. » (La Fontaine – Le lion amoureux)

« Ne faites pas de l’amour une entrave. » (Khalil Gibran)

« Les femmes pardonnent parfois à celui qui brusque l’occasion, jamais à celui qui la manque. » (Emile de Girardin)

« Il aime les femmes distantes, mais de près. » (Jean Giraudoux)

« Un seul être vous manque et tout est repeuplé. » (Jean Giraudoux)

« Il n’y a d’amour heureux qu’articulé à plus grand que lui. » (Emmanuel Godo)

« Comme si l’amour avait quelque chose à voir avec l’intelligence ! Nous aimons chez une jeune femme toute autre chose que l’intelligence … la beauté, la jeunesse, le piquant, l’abandon, son caractère, ses défauts, ses caprices et Dieu sait quoi encore … mais nous n’aimons pas son intelligence. Nous l’estimons, cette intelligence, si elle est brillante, et par là une jeune fille peut gagner infiniment à nos yeux. L’intelligence peut aussi être bonne à nous retenir quand nous aimons déjà. Mais l’intelligence ne sera pas capable de nous enflammer, d’éveiller en nous une passion. » (Goethe)

« A moins de s’y être préparé par une dévotion à l’Être infini, nul n’est capable de cette dévotion infinie à un être fini, qui est la définition de l’amour. » (Nicolas Grimaldi – s’inspirant des Lettres d’une religieuse portugaise)

« Aimer c’est très différent (d’être amoureux, ce qui est souvent une position narcissique de satisfaction de son propre moi). Aimer, ce n’est pas ressentir, ce n’est pas désirer, même sincèrement, aimer c’est vouloir, c’est choisir. » (Père Grosjean)

« On n’est jamais trompé par celles qu’on voudrait. » (Sacha Guitry)

« En amour, la beauté, pour un homme, au mieux cela fait gagner quinze jours. » (Sacha Guitry)  – Du temps où on prenait son temps et où on comptait large.

« V. avait connu trop de discothèques et d’amants ; un tel mode de vie appauvrit l’être humain, lui infligeant des dommages parfois graves et toujours irréversibles. L’amour ne peut s’épanouir que dans des conditions mentales spéciales, rarement réunies, en tous points opposés à la liberté de mœurs qui caractérise l’époque moderne. L’amour comme innocence et comme capacité d’illusion, comme aptitude à résumer l’ensemble de l‘autre sexe à un seul être aimé,  résiste rarement à une année de vagabondage sexuel, jamais à deux. » (Michel Houellebecq – Extension du domaine de la lutte)

« J’aurais pu rendre une femme heureuse … Tout était clair … dès le début ; mais nous n’en avons pas tenu compte. Avons-nous cédé à des illusions de liberté individuelle, de vie ouverte, d’infini des possibles ? Cela se peut, ces idées étaient dans l’esprit du temps ; nous ne les avons pas formalisées, nous n’en avions pas le goût ; nous nous sommes contentés de nous y conformer, de nous laisser détruire par elles ; et puis, très longuement, d’en souffrir. » (Michel Houellebecq)

« Son regard est plein d’amour, mais aussi d’indulgence et de tristesse parce qu’elle a déjà probablement compris que je vais la trahir, et que l’histoire va se terminer … Sur le quai …  mise à pleurer, pas vraiment à pleurer, quelques larmes ont coulé, elle me regardait … jusqu’au départ du train son regard ne m’a pas quitté une seule seconde … d’autres larmes se sont mises à couler, et je n’ai pas bougé, je n’ai pas sauté sur le quai, j’ai attendu que les portes se referment … Pour cela je mérite… » (Michel Houellebecq) – Infinie tristesse.

« Le premier symptôme de l’amour vrai chez un jeune homme, c’est la timidité, chez une jeune fille, c’est la hardiesse. » (Victor Hugo)

« Les femmes se prennent comme les lapins, par les oreilles. » (Victor Hugo ) – Mais se gardent autrement.

« Aussi suspect qu’un amant bavard : celui qui parle trop s’aime lui-même et aime l’amour en croyant aimer son aimée. » (Vladimir Jankélévitch)

« Fénelon recommandait à l’amant d’aimer non point ‘pour aimer’, mais ‘pour l’aimé’ … L’amour qui revient sur soi en refermant le cercle est un morne raté de l’amour. » (Vladimir Jankélévitch)

« Il est impossible d’aimer deux fois la même personne. »(Joseph Joubert)

« L’amour, en tant que pur mode d’émotion, n’a rien de divin,. L’amour humain est essentiellement égoïste. C’est un phénomène purement empirique qui, suivant la façon dont il est manié et pratiqué, compris, dirigé et inspiré, nous élève ou nous abaisse. Par sa nature, il est essentiellement injuste, partial, exclusif, accapareur… » (Hermann von Keyserling) – Tout à fait discutable.

« S’introduire comme un rêve dans l’esprit d’une jeune fille est un art, en sortir est un chef-d’œuvre. » (Kierkegaard)

« La femme la plus écervelée aime au service d’une idée, quand l’homme aime au service d’un besoin. » (Karl Kraus)

« Les amours sont comme les empires ; que disparaisse l’idée sur laquelle ils sont bâtis, ils périssent avec elle. » (Milan Kundera)

« Aimer, c’est essentiellement vouloir être aimé. » (Jacques Lacan)

« Brûler de rencontrer la femme idéale, c’est de l’impatience-fiction. » (Grégoire Lacroix)

« Jack tombe amoureux de l’image que Jill se fait de Jack. » (Ronald Laing)

« La femme dit ‘je t’aime’ ; l’homme dit ‘aime-moi. » (Augusta Amiel-Lapeyre)

« Je n’ai jamais pu voir les épaules d’une jeune femme sans songer à fonder une famille. » (Valéry Larbaud)

« En amour les commencements sont les plus charmants. Il ne faut pas s’étonner qu’on trouve du plaisir à recommencer souvent. » (prince de Ligne)

 « Même si l’idéal amoureux se donne comme ‘égal et partagé’, c’est l’asymétrie des investissements, des rêves et des aspiration des deux genres qui structure depuis des siècles la réalité sociale et vécue du phénomène … L’asymétrie sexuelle des rôles affectifs est toujours ce qui nous régit. » (Gilles Lipovetsky)

« Rien ne serait plus inexact que d’assimiler la permanence inégalitaire des rôles séductifs à une forme résiduelle et moribonde… La forte adhésion des femmes à cet ordre dissymétrique : ce ne sont pas les hommes qui tiennent à sa conservation. » (Gilles Lipovetsky)

« Les questions amoureuses sont abordées avec réticence par les hommes, avec prédilection par les femmes : à l’inhibition des uns répond l’expansivité des autres. Quelles que soient l’avancée de la culture psychologique et la dépréciation des valeurs machistes, la différenciation classique … n’a rien perdu, sur ce plan, de sa pertinence : les hommes continuent de se définir principalement par l’orientation instrumentale, les femmes par la fonction expressive. » (Gilles Lipovetsky)

« L’engagement amoureux présente cette vertu, précieuse entre toutes, d’enrichir la vie subjective d’un horizon de sens dont nos sociétés désenchantées se trouvent tendanciellement dépossédées … Lestant l’existence d’une dimension d’idéal et de sens… » (Gilles Lipovetsky)

« Il n’y a aucune dépréciation des ‘je t’aime’ ; tout au plus s’énoncent-ils après et non plus avant l’échange sexuel. » (Gilles Lipovetsky)

« Rien de plus desséchant, leur explique-t-il ‘qu’une affection fermée sur elle-même’ ; elle étouffe ‘le corps et l’esprit’. L’union peut, à cause de la plénitude qu’elle apporte, prendre les apparences d’un terme. Vous ne serez heureux … que si vos deux vies se rencontrent et se propagent, aventureusement penchées vers l’avenir, ‘dans la passion d’un plus grand que vous’. » (cardinal Henri de Lubac – citant Teilhard de Chardin) – Au moins l’union suppose-t-elle un but commun, un peu élevé si possible.

« On observe aisément que la valeur psychique du besoin d’amour diminue lorsque la  satisfaction est facile à obtenir. Pour s’épanouir la libido a besoin d’obstacles … ‘Toute jouissance trouve sa source dans la distantiation’ (Freud). » (Revue française de psychanalyse – citée par Herbert Marcuse) – « Les conséquences défavorables de la facilité d’accès à la satisfaction ont certainement été un des plus puissants arguments en faveur de la morale répressive … Bien que ce refus instinctuel ait servi l’œuvre de la domination, il peut aussi jouer un rôle opposé, si l’instinct refuse de s’épuiser dans la satisfaction immédiate, c’est qu’il est capable de construire et d’utiliser des barrières  pour rendre plus intense l’aboutissement, d’érotiser des relations non-libidineuses. » (Herbert Marcuse)

« De toutes les façons de faire cesser l’amour la plus sûre est de le satisfaire. » (Marivaux)

« A Paris, ma chère enfant, les cœurs, on ne se les donne pas, on se les prête, on ne fait que des essais. » (Marivaux – L’école des mères)

« Il arrive aussi que l’être aimé gagne à perdre les embellissements dont tu l’avais surchargé. Les fausses couleurs enlevées des mérites apparaissent, humbles mais réels qui te retiennent plus fortement que n’avait pu faire un charme d’illusion  … A force de t’avoir aimé pour ce que tu n’étais pas, j’ai appris à te chérir pour ce que tu es … Tu n’a plus besoin d’être une autre pour que je t’aime. » (François Mauriac)

« L’amour de l’amour tue l’amour … Aimer l’amour, c’est s’aimer soi. » (Charles Maurras) 

« La grande litanie des femmes, la plainte élevée contre l’autre sexe à qui elles reprochent de ne pas croire à la fusion des cœurs, de ne pas s’illusionner, de ne pas être sentimental, ou bien de l’être trop, et finissant, les unes les autres, par lancer à la figure des hommes qu’ils étaient incapables d’aimer, qu’ils n’avaient pas ce courage, qu’ils ignoraient ce que c’est qu’une femme, qu’elles mouraient de cette ignorance-là. » (Richard Millet) – Hélas, trop vrai.

« L’amour est une histoire à dormir couché. » (Paul Morand)

« Tu voudrais bien d’une affection qui fut toute aisance, mais ce n’est pas de ce monde. » (Emmanuel Mounier)

« Une femme pardonne tout, excepté qu’on ne veuille pas d’elle. » (Alfred de Musset)

« Toi dont la voix est douce, et douce la parole,

« Chanteur mystérieux, reviendras-tu me voir. » (Alfred de Musset – A quoi rêvent les jeunes filles)

« Les femmes cependant demandent autre chose.

« Bien plus, sans les aimer, du moment que l’on ose,

« On leur plaît. la faiblesse est si chère à leur cœur

« Qu’il leur faut un combat pour avoir un vainqueur. » (Alfred de Musset – A quoi rêvent les jeunes filles) – Musset, affreux mâle blanc hétérosexuel, écrivait dans l’ignorance du contrat et du consentement mutuel.

« Les êtres humains cherchent plus que la liberté sexuelle. Ils espèrent mieux qu’une satisfaction facile … Ils aiment en fait se ‘donner du mal’ pour leurs relations, y consacrer du temps, des efforts, de l’imagination … je parie même que le but principal du sexe n’est pas le sexe … Il consiste autant à offrir une preuve tangible d’estime et d‘affection qu’à se procurer des spasmes de plaisir … qu’on trouve facilement lorsqu’on les cherche, mais que nous sommes rares à désirer quand ils sont trop facilement accessibles. Nous nous évadons, pour la plupart, bien plus loin que là où la simple recherche du plaisir physique nous mène … Où trouve-t-on des relations symétriques ? (si on suivait la notion du fameux ‘différentiel de pouvoir’ des ‘inspecteurs du harcèlement sexuel’ des universités américaines, il faudrait interdire les relations entre étudiants et non-étudiants entre bons et mauvais étudiants, entre riches et pauvres) … Une des forces stupéfiantes de l’amour et du sexe est justement qu’ils peuvent se jouer des barrières sociales, professionnelles et linguistiques, désarmer la différence, balayer l’histoire, passer outre les différences de pouvoir … L’amour surgit sous toutes ses formes, de toutes les couleurs, dans tous les contextes, et la tentative de le réguler et d’en prouver la non-dangerosité finit par tout paralyser, lui et nous … Le résultat (de la traque actuelle) est que nous sommes dirigés vers d’innombrables services de rencontre et clubs pour célibataires où nous dépensons des sommes considérables pour rencontrer des gens normaux dans  des contextes anormaux et hautement stressants, ou nous rejoignons des associations qui ressemblent à des marchés aux bestiaux. »» (Cristina Nehring – Considérations éparses sur l’amour, contre l’obsession du harcèlement, facteur de destruction de toute vraie relation – L’amour à l’américaine)    

« Cupidon est avant tout un petit régisseur de théâtre. » (Nietzsche)  

« Le même mot amour signifie deux choses différentes pour l’homme et pour la femme… La femme se donne, l’homme s’augmente. » (Nietzsche) – Le gai savoir)

« L’amour met en lumière les qualités supérieures et cachées de celui qui aime, ce qui est rare en lui, exceptionnel. C’est pourquoi il leurre aisément sur ce qui est ordinaire en lui. » (Nietzsche)

« Si l’amour est une chose difficile, voire impossible à vivre dans le réel, c’est une aventure formidable dans la fiction et l’illusion qu’elle appelle d’ailleurs pour être et persévérer dans son être. Il n’y a pas de plus grand amour que l’amour rêvé. » (Michel Onfray – des méfaits de l’imagination)

« Don Juan est tout entier du côté du temps qui passe ; le grand amour tout entier du côté du temps qui dure. » (Jean d’Ormesson)

« Qui se sait aimé est habité (plus de silence) et accompagné (plus de solitude). L’amour dispense du tourment de s’interroger sur soi et fait sortir de soi : ‘Tirez-moi de moi-même.’ » (Mona Ozouf – sur et citant madame de Staël)

« La cause en est un ‘je ne sais quoi’ (Corneille) et les effets en sont effroyables. Ce ‘je ne sais quoi’, si peu de chose qu’on ne peut le reconnaître, remue toute la terre, les princes, les armes, le monde entier. » (Blaise Pascal)

« On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités. Qu’on ne se moque donc pas de ceux qui se font honorer pour des charges ou des offices, car on n’aime personne que pour des qualités empruntées. » (Blaise Pascal)

« Qu’il soit clair, qu’être amoureux est un fait personnel qui ne regarde pas l’objet aimé. » (Cesare Pavese)

« L’amour est l’élément dans l’homme qui s’oppose le plus fermement à l’assimilation au système technocratique. » (Josef Pieper)

« L’amour exclusif pour une personne est toujours l’amour d’autre chose. » (Marcel Proust)

« Les jeunes gens auprès des femmes sont des riches honteux, et les vieillards des pauvres effrontés. » (Rivarol)

« Si on juge de l’amour par la plupart de ses effets, il ressemble plus à la haine qu’à l’amitié. » (La Rochefoucauld)

« Le plaisir de l’amour est d’aimer, et l’on est plus heureux par la passion que l’on a que par celle que l’on donne. » (La Rochefoucauld)

« Il y a des gens si remplis d’eux-mêmes, que, lorsqu’ils sont amoureux, ils trouvent moyen d’être occupés de leur passion sans l’être de la personne qu’ils aiment. » (La Rochefoucauld) – On les reconnaît à leurs interminables discours (les philosophes de terrasses de café, les épistoliers acharnés) – « Il est parfois difficile de distinguer l’adoration de l’être aimé de l’adoration de soi. » (Zygmunt Bauman) – « Les plus belles missives produisent le plus souvent les entrevues les plus froides. » (baron d’Hermenches) –  « Amants de plume ne sont pas amants de peau. » (?) – « Le ventre d’une femme n’est pas fait pour remuer les imparfaits du subjonctif. » (Dominique de Roux) – « De fins observateurs  prétendent avoir remarqué que l’exaltation poétique en amour augmente dans la même mesure que l’élément terrestre herculéen décroît ; D’après eux, les femmes seraient, par tradition, beaucoup plus avancées dans cette connaissance que plus d’un ne le croit et seraient en mesure de distinguer soigneusement un amant de plume d’un amant de peau. » (Georg Christoph Lichtenberg) – « Par les lettres, par la présence, nous avons épuisé tout le pur de la joie à laquelle notre amour peut prétendre. Un peu moins orgueilleux, notre amour eût été facile. » (André Gide – La porte étroite)

« Quand nous sommes las d’aimer, nous sommes bien aise qu’on nous devienne infidèle, pour nous dégager de notre fidélité. » (La Rochefoucauld)

« Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux s’ils n’avaient entendu parler de l’amour. » (La Rochefoucauld)

« Ceux qui ont en amour et prudence et cervelle,

« Poursuivans les beautez, ne peuvent aimer bien.

« Le vray amant est fol, et ne peut estre sien,

« S’il est vray que l’amour une fureur s’appelle. » ( Ronsard)

« Le sentiment d’être aimé, l’état amoureux, entraîne automatiquement un sentiment d’être tout court, de se trouver soudain doté d’une identité personnelle, non pas don de soi à l’autre mais retrouvaille d’un soi à la faveur de l’autre (au détriment ?), nanti d’un soi propre, d’une identité personnelle. Si on m’aime, c’est que je suis … ‘L’amour est la joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure’ (Spinoza) … La perte de l’objet aimé, ou possédé, entraîne automatiquement le naufrage d’une identité qu’on considérait comme un bien personnel alors qu’il n’était qu’un bien d’emprunt, tributaire de l’amour de l’autre. » (Clément Rosset – Loin de moi)

« L’amour n’est que le piège tendu par l’espèce pour se perpétuer. » (résumé d’une idée de Schopenhauer) – Stratégie de l’espèce. 

« Question de lexique : en règle générale, pour les hommes, amour veut dire sexe, pour les femmes, sexe veut dire amour. Les femmes acceptent le sexe comme chemin de l’amour et les hommes l’amour comme moyen d’aboutir au sexe. » (Michel Schneider)

« Qu’à l’instinct d’accouplement, qui ne sert que la reproduction de la vie, se soit adjoint l’amour, qui ne s’inquiète pas d’elle, voilà une immense délivrance par rapport à la vie. » (Georg Simmel)

« En vertu de l’amour, l’homme trouve la voie qui mène de l’ensemble du sexe féminin à une seule femme, et la femme la voie qui conduit au principe masculin à travers un seul homme. D’un côté il y a condensation, de l’autre amplification. » (Georg Simmel)

« A quel point … l’amour de l’homme et de la femme se distinguent, rien ne le montre plus clairement, voire peut-être plus crûment, que les sentiments et les appréciations totalement opposés que nous associons d’un côté à l’amour de la jeune fille pour l’homme beaucoup plus âgé, de l’autre à celui du jeune homme pour la femme bien plus vieille. » (Georg Simmel)

« L’œuvre qui t’est confiée n’est pas l’autre, c’est toi. » (Christiane Singer)

« Si tout commence au soleil de l’attrait, et Dieu sait qu’il doit briller : gare à la chaleur qui monte en soufflé le gâteau … C’est ici que la beauté offre un désavantage à celui qui la possède et qui s’en sert, et à celui qui la regarde et qui s’y perd. Que de trappes s’entrouvrent au reflet du visage ! … L’intelligence voudrait que le temps soit offert à l’éveil des sens et que les yeux se ferment pour regarder dedans, dedans l’autre et dedans soi, si les âmes s’enchantent, preuves à l’appui, pensée unique, vision commune, soutien assuré. Idéal avisé … bien trop sage pour trouver jour au premier jour. Si le départ est dans le feu, grand bien lui fait …  mais la route est subtile et le voyage harassant … Mieux vaut penser deux fois si l’on veut ne faire qu’un … L’amour n’a rien à voir avec le verbe étalé qui cache dans les discours des plus forts mille faiblesses en croûte d’orgueil … Attention ! Ici, toute erreur de jugement peut conduire à la mort … Bonnes pensées, gentillesse, amabilité, bonté, dévouement, générosité, grandeur d’âme … le tout prêt à sortir en pure gratuité. Là, vous détenez l’aimé en son passeport le plus précieux. Impossible de se tromper … A la frontière du choix, quel que soit le charme de la photo, vérifiez les papiers officiels de l’âme, et ne laissez passer ni le distant, ni le blasé, ni l’égotiste, surtout pas l’insensible. A cœur sec, vie ratée. Si l’être ne vibre pas à l’unisson du drame humain, reculez d’un pas, rangez votre élan, l’amour n’est pas en lui, malgré ses simagrées. » (Père Zanotti-Sorkine) – Peu de quadragénaires et au-delà démentiront le Père Sorkine. Combien de catastrophes seraient évitées.

« L’amour n’est qu’une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure ; la haine qu’une tristesse qu’accompagne l’ide d’une cause extérieure. » (Spinoza)

« La fidélité n’est pas quelque chose d’optionnel en amour : si je n’aime ma femme que tant qu’elle m’est agréable, je ne l’aime pas elle, mais l’effet qu’elle a sur moi … Si je ne vis pas la promesse d’aimer ma femme jusqu’en ce jour où ses défauts me paraissent supérieurs à la somme de ses qualités, c’est non pas à elle, mais à la sensation agréable qu’elle me procurait, que j’étais attaché …  En aimant ma femme en ses défauts, par-delà la déception, je l’aime enfin comme un autre que moi. Je l’atteins enfin dans ce qu’elle a d’irréductible à moi. » (Martin Steffens) – La barre est placée haut !

« Dans le véritable amour, ce sont les âmes qui enveloppent les corps. » (Stendhal – cité par François Cheng)

« Les crises de l’amour viennent de ce que nous attendons de l’aimé une réponse infinie et parfaite au niveau même de nos limites et de notre imperfection. » (Gustave Thibon)

« L’amour commence par l’éblouissement une âme qui n’attendait rien, et se clôt par la déception d’un moi qui exige tout. » (Gustave Thibon) 

« L’être aimé, la vitre à travers laquelle chacun adore l’image idéale de lui-même … J’adore en toi l’image idéale de moi-même … Et la déception grandit à mesure que l’expérience substitue dans mon esprit le reflet de mon moi empirique à celui de mon moi transcendantal … L’être aimé n’est pas aimé pour lui-même, mais comme un miroir qui nous renvoie, embellie et sécurisante, notre propre image. » (Gustave Thibon)

« Pour l’homme, aimer, c’est préférer ; pour la femme, aimer, c’est ne pas comparer. » (Gustave Thibon)

« Hegel a écrit que la force d’une pensée ne réside pas dans le fait d’avoir une idée, mais de la tenir … tenir une pensée signifie que l’on y tient … C’est un signe d’amour … Idée qui en vient à passer avant la pensée de nous-même … Ce n’est pas l’amour qui est créateur de fidélité. C’est la fidélité qui est créatrice d’amour … Pour dire ‘je  t’aime’, il faut commencer par dire ‘je t’aimerai’ … La fidélité est un art du temps. Elle sait le traverser en y conservant la force d’une identité de sentiment … La fidélité, foi en actes … La vie n’est plus abandonnée à elle-même, mais voulue … Se lasse-t-on de répéter le geste de vivre quand on vit, le geste d’aimer quand on aime ? » (Bertrand Vergely)

« Le sentiment en dehors de toute donnée naturelle devenant la norme et au nom du droit de s’aimer pour tous, rien ne va pouvoir s’opposer formellement à ce qu’on lève désormais l’interdit de l’inceste. » (Bertrand Vergely) – Encore de belles avancées égalitaires et progressistes en perspective ! D’ailleurs si papa aime fifille ! Si Martin aime son âne et Martine son cheval…

« Amour apprend les ânes à danser. » (proverbe)

« Amour de monsieur, eau dans un panier. » (proverbe)

« L’amour donne l’esprit aux femmes et le retire aux hommes. » (proverbe)

« L’amour pénètre dans un homme par les yeux, et dans la femme par les oreilles. » (proverbe)

« Dieu a inventé le concubinage, Satan le mariage. » (?)

« Faites-vous rare, on vous aimera. » (?)

« On s’éprend bien plus d’un quelque chose contenu en soi que de l’autre. » (?)

« A quoi reconnaît-on qu’on est amoureux ? Quand on commence à agir contre son intérêt. » (?)

« L’homme aime peu et souvent ; la femme aime beaucoup et rarement. » (?)

« L’amour c’est un manque qui vous remplit. » (?)

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