285,3 – Mépris

– Personne ne le pratiquant, comment se fait-il que tant prétendent le subir ?

– La classe politico-médiatique, le milieu dit artistique, la ‘jet set’, tous unis se distinguent par la violence de leur mépris pour le peuple. Le meilleur exemple en est sans doute la figure du Beauf à travers laquelle ils donnent libre cours à leur haine du populaire.

– « L’expression méprisante de ‘Français de souche’ que la gauche idéologique et une partie de la droite ont avalisé pour réduire l’originel au végétal. » (Paul-François Paoli) – Notamment pour éviter à tout prix celle de ‘Français d’origine’ jugée trop convenable pour qualifier des gens qu’on déteste.

– Le panneau élégamment baptisé Mur des cons sur lequel un syndicat de magistrats affichait dans des locaux judiciaires les photos de politiques et encore pire celles de certains parents plaignants dont les enfants avaient été victimes de prédateurs, témoigne du degré de mépris et de pourriture morale auxquels sont parvenus (et parvenues) les représentants de nos élites, nos magistrats, nos juges. Même pas l’embryon d’une excuse, l’arrogance gauchiste.

– Plus généralement si on comprend bien la thèse de Pascal Bruckner dans Le Sanglot de l’homme blanc, l’Occidental est passé du mépris des autres au mépris de soi. Ce qui ne vaut guère mieux.

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« L’autorité ne peut se maintenir qu’autant que l’institution ou la personne dont elle émane sont respectées. Le mépris est ainsi le plus grand ennemi de l’autorité, et le rire est pour elle la menace la plus redoutable. » (Hannah Arendt) – Parler d’autorité, notamment à l’école, alors que règne l’ironie méchante et la dérision haineuse de la plupart de nos prétendus humoristes ne constitue qu’un mensonge de plus de nos politiques.

« Quelqu’un va me mépriser ? Ce sera son affaire. » (Marc-Aurèle)

« Le mépris ne tombe bien que d’une cime. C’est même la hauteur d’où il tombe qui en fait vraiment le mépris. » (Jules Barbey d’Aurevilly) 

 « Le mépris relève de l’éthique de l’honneur, tandis que la haine se rattache à la morale du bien et du mal absolus. » (Alain de Benoist – reprenant Jacques Julliard qui aurait affirmé que la haine est plutôt de gauche, tandis que le mépris est plutôt de droite)

« Le malheur, ma fille, ce n’est pas d’être méprisée ; c’est de se mépriser soi-même. » (Georges Bernanos – Sous le soleil de Satan)

« Il est très difficile de se mépriser sans offenser Dieu en nous … Le mépris de vous-même vous conduirait tout droit au désespoir. » (Georges Bernanos – Dialogues des carmélites)

« Il ne faut pas permettre à l’homme de se mépriser tout entier, de peur que, croyant avec les impies que notre vie n’est qu’un jeu où règne le hasard, il ne marche sans règle et sans conduite au gré de ses aveugles désirs. » (Bossuet)

« Personne, en société hyperdémocratique, ne pouvant accepter sans péril d’être convaincu de mépriser quoi que ce soit ni qui que ce puisse être, sauf bien sûr, rituellement, les forces dûment répertoriées du mal. » (Renaud Camus) – Le relativisme s’oppose à cette liberté élémentaire, sauf pour les cibles officiellement désignées (nauséabondes, rances, moisies, racistes bien sûr, phobes en quoi que ce soit…)

 « Mépris qui infecte littéralement la tête de nos contemporains. Un mépris qui n’est pas orgueil mais envie aigre, basse, jalouse et crocheteuse. Ils méprisent le chef devenu ‘patron’ … Mépriser celui que l’on sert, voilà où nous en sommes de laideur. Décadence est son autre nom … Vos valets sont tristes de servir de pareils maîtres et ils envient vos richesses. Votre argent. Entre eux et vous, il n’y a plus que cela. » (Jean Cau)

.« C’est l’avant-dernier des hommes ! – Pourquoi l’avant-dernier ? – Pour ne décourager personne, car il y a presse. » (Chamfort – d’un misanthrope) 

« Il y a des temps où il faut être économe de son mépris étant donné le grand nombre de nécessiteux. » (Chateaubriand)

« Le mépris de classe est aussi odieux que le mépris de race. Pourtant en Europe le premier est un sport national, tandis que le second est un crime … Dans cette société soi-disant démocratique et morale, le mépris est élevé au rang de vertu … des personnages scéniques et emblématiques ont été inventés qui déploient avec sérieux la détestation du peuple, et dont le succès montre bien l’ampleur de ce mépris partout où l’on pense (Monbeauf de Jean Cabut, La famille Deschiens…)  » (Chantal Delsol)

« On n’aime à se mépriser soi-même qu’après avoir longtemps méprisé les autres. » (Louis Dumur)

« Ces deux sources intarissables de la persécution : l’amour de l’humanité et le mépris des gens. » (Alain Finkielkraut)

« Ce sont les gens éduqués, ceux qui dirigent au nom du savoir, qui tiennent ces propos ressentis par ceux auxquels ils s’adressent comme une insulte. Le langage des élites en France, pénétré par une culture aristocratique, est en effet volontiers méprisant. Il y a dans ce pays une culture du mépris social très ancrée. » (Marcel Gauchet)

« Le sentiment gnostique de mépris à l’égard des gens ordinaires s’est retrouvé très fort au Moyen Âge chez les frères du Libre-Esprit … Toute une fraction de la bourgeoisie, les fameux Bobos, acquise au progressisme sociétal, au dogme immigrationniste, à l’idée d’obsolescence des appartenances nationales, donc de ce fait relevant de la gauche, c’est elle aujourd’hui qui joue le petit jeu ancien du mépris de l’élite à l’esprit subtil qu’elle s’imagine l’être, envers l’esprit réputé grossier de la bourgeoisie traditionnelle et des classes populaires autochtones, reléguées dans la catégories des cons … Les frères ‘éclairés’ de la franc-maçonnerie qui, sous prétexte de conduire l’humanité vers la lumière d’un avenir radieux, travaillent patiemment et de manière occulte à la destruction progressive du monde occidental. » (Jean-Louis Harouel – Droite, gauche, ce n’est pas fini – analysant la vieille tradition du mépris gnostique à l’égard des êtres qualifiés d’inférieurs, les hyliques) – Y-a-t-il encore un bouffon pour croire à un avenir radieux ? Deux correctifs : la destruction du monde ne sera pas que celle du monde occidental et les frères francs-maçons s’ils sont très efficaces dans leur tâche de destruction, dédaignent de pratiquer eux-mêmes l’insulte du peuple qui plaît tant dans la nouvelle élite, l’insulte des Beaufs, des Dupont-la-joie, etc.

« Nous avons le pouvoir de manifester notre mépris envers des personnes présentes en nous comportant avec elles comme si elles n’étaient réellement pas là, dans le même espace … ‘Regarder à travers’ quelqu’un … Se comporter en témoignant clairement que l’autre n’est pas vu, ceci de façon intentionnelle et non pas accidentelle. » (Axel Honneth)

« Historiquement réalisé : méprisable parce que incapable de mépriser. » (Roland Jaccard – le dernier des hommes nietzschéen)

« Je méprise cet homme par synthèse, ne me questionnez donc pas par analyse. » (Joseph Joubert)

« On est moins ennemi de ceux qui nous haïssent que de ceux qui nous méprisent. » (Joseph Joubert)

« Que le mot ‘populiste’ soit devenu une injure marque assez le degré d’exclusion et de mépris dans lequel les classes dirigeantes tiennent le peuple … Le populisme du peuple n’est que la réplique à l’élitisme des élites. Ce n’est pas un effet de classe, c’est un effet de structure. » (Jacques Julliard)

« Le mépris est souvent l’arme de celui qui se sent impuissant ou bien l’arme de l’orgueilleux … Nous la choisissons pour ne pas dire ouvertement ce que nous avons à dire. Nous nous taisons par crainte, par découragement, par orgueil, ou par paresse. Parce qu’il faut du courage, de l’humilité et de l’énergie pour dialoguer. » (Sophie Lutz)

« Ce référendum n’est pas la victoire d’un peuple sur les élites, mais celle de gens peu formés sur des gens éduqués. » (Alain Minc) – « C’est la dictature des populismes et de l’égoïsme des nations. » (Jacques Attali) – Sur le Brexit, par deux grands pratiquants du mépris du peuple.

« On ne fréquente pas des gens méprisables, si on les méprise autant qu’on le doit. » (Henry de Montherlant)

« On peut le mépris dans la mesure où on peut l’estime. » (Henry de Montherlant)

« J’aime les grands méprisants. L’homme doit être dépassé. Les grands méprisants sont aussi les grands vénérants. » (Nietzsche)

« Proche est le temps du plus méprisable des hommes, celui qui n’est même plus capable de se mépriser lui-même. » (Nietzsche) – Prophétie réalisée en un siècle, qui dit mieux ?

« A l’arrière-plan de toute leur vanité personnelle, les femmes gardent toujours leur mépris impersonnel pour ‘la femme’. » (Nietzsche)

« Qui se méprise s’estime en tant que contempteur. » (Nietzsche)

« Cette forme durable de la fatigue qu’on appelle le mépris. » (Roger Nimier)

« Savoir mépriser est une grande force et une grande supériorité, tout comme savoir admirer. D’ailleurs les deux vont de pair. » (Georges Palante)

« Ce ne sont pas les disparités sociales qui causent les révolutions, ce sont les humiliations et le mépris. » (Paul-François Paoli)

« La décadence développe des goûts dépravés et d’étranges jouissances … on éprouve une âpre volupté à s’avilir soi-même, à se dégrader, à bafouer la classe à laquelle on appartient, à tourner en dérision tout ce qui jusqu’alors avait été cru respectable. Les Romains de la décadence se ravalaient au niveau des histrions. » (Vilfredo Pareto) – Mais eux, contrairement à nos amuseurs, ne disposaient pas de la Télé pour tout pourrir.

« Ne montre pas ton mépris, c’est déjà trop qu’on le devine. » (Charles Régismanset)

« Il n’y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d’être méprisés. » (La Rochefoucauld)

« Le silence est l’expression la plus parfaite du mépris. » (G. B. Shaw)

« L’indifférence est un refus de valorisation éventuellement très positif. » (Georg Simmel) – Surtout vis-à-vis d’une personne qui la ressent très douloureusement.

« Nous ne méprisons les choses qui nous manquent que parce qu’elles nous manquent ; elles changeraient de valeur si nous les possédions. » (baron de Stassart)

« C’est qu’il se sera beaucoup observé. » (Talleyrand à propos du mépris que Fouché disait vouer à la nature humaine – cité par Lucien Jerphagnon)

« Qui méprise son prochain manque de sens, l’homme sage garde le silence. » (Ancien Testament – Livre des Proverbes)

« Le sentiment que doivent nous inspirer les hommes est une sorte de mépris bienveillant. » (Edmond Thiaudière)

« Le mépris est une vengeance à la portée de tout le monde. C’est la seule avisée. Elle nous soulage toujours sans jamais nous compromettre. » (Edmond Thiaudière)

« Un homme agit bassement. Avant de le juger, il s’agit de savoir ce qui, en lui, se trouve au niveau de cette bassesse. Si ce sont les entrailles seulement, rien n’est perdu. Si c’est le cœur, le cas est plus grave. Si c’est la tête, tout est consommé ! » (Gustave Thibon)

« Estime et mépris. – mépriser quelqu’un, c’est encore l’estimer, c’est-à-dire le supposer libre et capable, s’il voulait agir autrement, de mériter notre estime. A la base du mépris, il y a une déception, donc un minimum d’attente et de confiance : il faut espérer pour être déçu, il faut attribuer quelque  réalité à celui qui nous déçoit. On ne méprise pas le néant … Je suis témoin en ce moment de beaucoup d’actes qui ne méritent même pas le mépris : je sais trop bien que ceux qui les commettent n’existent pas. Mais ce sentiment que j’éprouve est plus pénible encore que le mépris : c’est la mortelle impression du vide dont la nature a horreur !. » (Gustave Thibon)

« Nous n’avons pas assez d’amour-propre pour dédaigner le mépris d’autrui. » (Vauvenargues)

« Il faut savoir ne pas donner de l’intérêt à ce qui n’en vaut pas la peine. L’indifférence à soi est, à cet égard, salutaire. L’indifférence au monde l’est aussi, quand celle-ci s’adresse au bruit que le monde fait pour se faire remarquer. Certaines choses se traitent avec le mépris … vivifiante distance. » (Bertrand Vergely) 

« Il ne vaut pas l’eau qu’il boit. » (proverbe)

« Le mépris efface l’offense plus vite que la vengeance. » (proverbe)

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