130,5 – Internet

– Considéré là comme distinct des facilités de messagerie, fort utiles mais dont certains abusent.

– Comme toutes choses, deux faces, le meilleur et le pire. D’une part accéder à des connaissances, échapper en partie à l’opacité que fait régner le puissant monde politico-médiatique et à la chape de plomb qu’il impose, contraindre le corps médical à enfin expliquer un minimum à des patients un peu informés sur ce qui les concerne sans qu’ils prétendent cependant tout savoir, permettre à des gens moins cultivés de s’exprimer (rompre la hantise de la feuille blanche). D’autre part monde virtuel, isolement, autisme et narcissisme (Don Quichotte, Emma Bovary…  se seraient enthousiasmés pour un tel outil de rêverie). Tout est possible dans le cybermonde, dans l’imaginaire, mais pas dans la réalité. Egalement immense caisse de résonnance et fabuleux outil d’endoctrinement, à l’échelle planétaire. « Quoi de plus efficace, pour manipuler une génération entière, que d’influer sur la manière dont elle se construit en orientant sa manière de jouer ? En encourageant au maximum le virtuel et les jeux solitaires, on apprend aux enfants la passivité, l’individualisme le détachement du réel. En orientant leurs jeux, on peut chercher aussi à orienter leur vie. » (Juliette Levivier) – On forme une génération de laquais crédules.

– Généralisation de l’autisme, vautrés sur leurs tablettes.  Enorme gâchis de temps (au détriment d’une culture vraie). Diffusion de ragots. Mise de la pornographie à la portée de toutes les bourses (si je puis dire). Facilité de recrutement pour assouvir toute perversion… Déluges de courriels sans intérêt (les photos de vacances de la cousine diffusées à sa gigantesque liste de distribution). 

– Il peut se révéler mentalement déstructurant. En effet, on peut, et donc veut, aller directement à l’information précise, sans se préoccuper de son contexte (sans parler de sa véracité), et surtout sans un minimum d’effort et de réflexion préalable. Jadis, on disait : Je l’ai lu dans le journal ou entendu à la TV, on dit : vu dans internet. Il entraîne l’absence de méthode de recherche, donc il fabriquera peut-être des têtes pleines (hypothèse optimiste), certainement pas des têtes bien faites. L’immédiateté du dire, de l’expression, qu’implique l’outil ne garantit pas sa pertinence.

– Pourquoi se prendre la tête à apprendre quelque chose puisque il y a tout dans Internet ?

– Rien à dire sur Facebook,Twitter ou autres réseaux dits sociaux (qui se substituent à la vie réellement vécue d’autrefois et détruisent les relations sociales) par méconnaissance volontaire des monceaux d’ineptie écrits sur leurs prétendus vertus et donc ignorance de leurs charmes certains, si ce n’est qu’il paraît que le premier donne lieu à de passionnantes rivalités quant au nombre d’amis et que le second permet de faire sans cesse parler de soi en disant n’importe quoi en temps réel. Le royaume de l’hystérie.

– Ces réseaux, égouts planétaires, royaumes de la persécution vitrines d’exposition de notre hypocrite pourriture, facilitent ainsi les lamentables polémiques typiquement françaises sur de micro-sujets qui révèlent l’imbécillité de leurs auteurs et participants. Enorme Tam-Tam (terme précédant celui de buzz) permettant à chacun de participer au vacarme, de se faire valoir et d’énoncer impunément ses absurdités ou ses saletés préférées. Quand les média jouissent en avançant la phrase stupide selon laquelle le web, ou la toile, s’enflamme, c’est signe que la machine à décerveler et à occulter toutes les questions importantes fonctionne à plein régime. – « La promiscuité démocratique diffuse l’envie comme on le vérifie aujourd’hui avec la banalisation du lynchage médiatique sur les réseaux sociaux, où chacun exprime ses sentiments et ses frustrations à volo. » (Paul-François Paoli)« Nous vivons dans un monde où les réseaux sociaux encouragent ce qu’il y a de pire chez l’être humain … Ces bouilloires de haine et de ‘fake news’. » (Luc Ferry) – « Les médias sociaux ont redonné vie à la foule lyncheuse. » (Mathieu Bock-Côté) –   « La tyrannie ne s’exerce désormais plus d’en haut mais se rapproche du despotisme horizontal que Tocqueville voyait poindre en son temps. » (?) – Le domaine préféré de la horde haineuse des lâches, ou le buzz assassin.

-« Les réseaux sociaux ont réussi ce que n’avaient jamais imaginé dans leurs rêves les plus fous les polices politiques de tous les régimes ; des gens qui se fichent eux-mêmes. La réussite est totale, c’est l’humanité elle-même qui devient une police politique autogérée. » (Jérôme Leroy

-« Les réseaux sociaux donnent le droit de parler à des légions d’imbéciles qui, jusque-là, ne parlaient qu’au bar après un verre de vin, sans causer de dommages à la collectivité. On les faisait taire aussitôt, alors que désormais ils ont le même droit à la parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles. » Umberto Eco)

– « Pourquoi avons-nous laissé le monde se transformer en foire aux vanités, en compétition de ‘j’aime’ (like), en course à la mythomanie, en affrontement de corbeaux ?… Instagram ‘loft-story’ géant pour Narcisses frustrés, Facebook, entreprise de crétinisation et Twitter, un recueil d’éructations aussi laides que banales … Frénésie de prétention creuse … Ce monde virtuel qui semble avoir été créé pour permettre à tous les haineux du monde  de se donner la main » (Frédéric Beigbeder)

 – Cependant, malgré qu’il s’agisse de gigantesques machines à développer le nombril et des instruments de destruction des relations sociales (Bernard Stiegler) il semble qu’ils peuvent permettre de temps en temps de contourner les silences, les mensonges systématiques, la dictature enfin, des laquais qui tiennent les média. Donc dans un pays comme la France, et d’autres certainement (la Chine étant le meilleur exemple), Internet est à peu près le seul média qui sauvegarde quelque liberté d’expression. Ce pourquoi d’ailleurs le pouvoir, en France, impose la censure par le moyen de sanctions judiciaires invraisemblables.

– Il devrait permettre une moindre fréquentation de la télévision, des J. T. serviles, de la télé-réalité, des débats bidons, des émissions de pure propagande et surtout de s’affranchir de l’arrogance de présentateurs, animateurs, et présentatrices, animatrices parfois cupides, incultes, vulgaires, sectaires et asservis. N’ignorant pas cependant que ces réseaux, dits sociaux, servent aussi au gouvernement américain pour fomenter ses coups tordus (Ukraine…) – « Les réseaux sociaux (la démocratisation du faux) sont de redoutables moyens de diffusion de la rumeur, du scepticisme de masse et des délires. » (François-Bernard Huyghe) – Ils sont aussi aisément manipulables par des professionnels – « Un brouhaha appelé ‘parole libérée’ dans lequel n’importe qui peut dire n’importe quoi, mais où, au concours de décibels, les mauvais affects, les idées simples et les bobards l’emportent toujours sur la pensée. » (Elisabeth Lévy -sur les réseaux sociaux et leurs clameurs)

– Conseil stratégique aux dénonciateurs (trices) pullulant sur Twitter : ne dénoncez vos victimes que quand vous n’en avez rien ou plus rien à en attendre et si cela peut vous valoir une juste célébrité de moralisateur (trice) dénonciateur (trice) au titre de la défense de la morale publique.

– « Anything, anyone, anywhere, anytime – n’importe quoi, n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. » (?) – Perte des repères les plus basiques : spatiaux, temporels, d’importance relative des choses, de nature d’interlocuteur ou de qualité des sources ; perte du sens du réel. Envahissement de l’émotion, soit de la servile imbécillité manipulée, sinon fabriquée  (diffusion de rumeurs par des organisations subversives, que des masses d’imbéciles s’empressent de relayer).

– « La solitude interactive. » (Dominique Wolton) – « Vivre ensemble sans autrui. » (Jean-Pierre Lebrun) – « Seuls ensemble, de plus en plus de technologies, de moins en moins de relations humaines. » (Sherry Turkle) – « Imagine-t-on le désert humain qu’il a fallu créer pour rendre désirable l’existence sur les réseaux sociaux ? » (C. N. I.)

– « D’un côté le réseau virtuel (pour les classes populaires), de l’autre le véritable réseau des classes supérieures repose sur l’entre-soi. » (Christophe Guilluy)

-« Prévalence du papillonnage sur la concentration. » (Roland Gori) 

Les rubriques 130,3, Moyens de communication – 130,4 Téléphone – et 130,5 internet sont, si je puis dire, à interconnecter.

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« Internet contient certes tout, donc il suffit de développer la faculté d’y chercher, de questionner, de critiquer, de synthétiser, de former des têtes bien faites. Certes oui. Mais sans un riche bagage de connaissances, il n’est pas de pensée critique, créatrice, les faits sont nécessaires mais insuffisants. » (Normand Baillargeon)

« Quelles que soient ses promesses, Internet apparaît avant tout comme un centre commercial électronique. » (Benjamin Barber) – Et ce sera forcément de plus en plus le cas. L’invasion de la pub. entre autres.

« L’altérité a été confisquée par la machine. » (Jean Baudrillard)

« Des écrans dans les écoles dés le plus jeune âge. Sans discernement ni retenue, cela pourrait entraîner une régression dramatique dans leur capacité d’appréhender le réel, de se servir de leurs mains, de développer une intelligence réaliste. L’écran captive et peut enfermer dans la solitude … A force de vouloir ouvrir l’homme au monde entier, on le réduit, on le confine dans l’étroitesse de lui-même et dans l’esclavage du virtuel. » (Père Luc de Bellescize) – Encore un grincheux qui n’a pas compris qu’il fallait avancer, n’importe où, n’importe quand, n’importe comment, vers n’importe quoi, pour suivre n’importe qui, que l’essentiel était de brasser du vent.   

« Imbéciles, ne voyez-vous pas que la civilisation des machines exige de vous une discipline chaque jour plus stricte ? Elle l’exige au nom du progrès … Comprenez donc que la civilisation des machines est elle-même une machine, dont tous les mouvements doivent être de plus en plus synchronisés. » (Georges Bernanos – La France contre les robots) – Cela s’applique tellement bien à la fameuse dématérialisation dont les laquais n’aspirent qu’à devenir esclaves et nous saturent les oreilles, sans rien savoir de son coût en ressources métalliques rares et dont l’extraction est terriblement coûteuse, y inclus dans le domaine environnemental, qui sont  nocives dans les décharges, de ses exigences en matière énergétiques et  de refroidissement, etc. 

« Google nous impose les réponses qui sont statistiquement les plus attendues ou bien celles dictées par les fournisseurs d’accès qui ont payé pour être référencés en priorité … Cédant à la simplicité du procédé, l’internaute prend vite pour argent comptant les premières réponses issues de la classification algorithmique … Il devient l’otage d’un format d’information qu’il n’a pas choisi. » (Jean-Michel Besnier)

« Internet change notre esprit … de sorte qu’il nous rend inapte à la profondeur. ‘Je ne peux plus lire ‘Guerre et Paix’. J’ai perdu la capacité de le faire. Même un blog de plus de trois ou quatre paragraphes est trop long pour que je l’absorbe. Je l’effleure à peine’ (Nicholas Carr, citant un internaute). Trop long, trop compliqué, trop exigeant. L’exercice de lecture profonde ne survit pas au zapping et l’idiotie menace donc … Nous ne faisons que décoder de l’information, comme n’importe quel animal. » (Jean-Michel Besnier)

« La recherche de la qualité, de l’exactitude, de la rigueur intellectuelle pèse peu face aux valeurs qui animent le web : gratuité, immédiateté, profusion et interactivité … Un label de sérieux n’importe pas dans cet univers … Le respect de l’intégrité de l’œuvre ? … Texte ‘enrichi’, ‘augmenté’, rendu ‘dynamique’ … Textes, hyperliens, sons, vidéos, images se mêlent’» (Cédric Biagini)   

« Indifférent à tout ce qui ne se rapporte pas au soi présent, dans cette calme luminosité de l’écran où disparaît le contexte, la conscience périphérique du lieu et des cohabitants, du temps qu’il fait dehors, que ce soit le jour ou la nuit … Délicieuse atonie. » (Baudouin de Bodinat – Au fond de la couche gazeuse)

« Internet devrait dans l’avenir confirmer le rôle qu’il exerce déjà de contournement et d’affaiblissement des différents types de lobbys politique, moraux, économiques ou culturels. » (Raymond Boudon) – On peut faire confiance à l’oligarchie pour faire interdire tout ce qui menacerait son hégémonie, sous, bien sûr, de beaux prétextes  à l’usage des imbéciles.

« L’information aujourd’hui disponible sur Internet, fragmentant le monde, accélère la décomposition d’un monde commun … Chacun pouvant à présent ignorer le monde des autres en ne traitant que les messages pertinents dans sa bulle … En proposant à ses navigateurs des archipels inédits de mémoires, de savoirs et  de collectifs … C’est moins le déluge ou l’encombrement qu’il faut craindre … qu’une privatisation dommageable ou une restriction des individus aux seules curiosités touchant leurs propres mondes … La tornade ou l’essoreuse numérique appelée ‘Internet’, en hachant menu et en éparpillant l’information, précipite la fin d’une époque qui vit la lente construction du journal de papier avec ses titres, ses colonnes, ses rubriques hiérarchisant les genres … le ruissellement universel des ‘news’, info. en kit à monter soi-même … L’invasion dans le désordre des ‘petits faits’ vrais, d’un ‘universel reportage’ (Mallarmé) sans suivi, ni principes, ni opinion, ni style … Le sens n’étant plus préemballé, les parcours de lecture ni construits ni fléchés, c’est à chacun d’édifier et de remembrer le ‘Lego’ des infos., d’éditer une version originale de son quotidien … Une part croissante de l’information sera bientôt produite à partir des données ou des éléments envoyés par les destinataires eux-mêmes sous forme de photos, d’éditos ou de vidéos. » (Daniel Bougnoux) –  Tout à fait vrai. Mais vu ce que sont devenus les média et le niveau d’inculture et surtout de servilité des laquais qu’ils emploient, ce ne peut pas être pire.

« La page imprimée est un bouclier contre la distraction Elle nous entraînait à contrôler notre attention. L’écran a l’effet inverse. Il nous bombarde de distractions et décourage l’attention requise pour la lecture profonde et d’autres pensées contemplatives. À cause du smartphone, nous vivons presque tous dans un état quasi permanent de distraction» (Nicholas Carr – Internet rend-il bête ?)

« La page imprimée est un bouclier contre la distraction … Elle nous entraînait à contrôler notre attention. L’écran a l’effet inverse. Il nous bombarde de distractions et décourage l’attention requise pour la lecture profonde et d’autres pensées contemplatives. À cause du smartphone, nous vivons presque tous dans un état quasi permanent de distraction» (Nicholas Carr – Internet rend-il bête ?)

« La tendance du web à changer tous les média en média sociaux (la groupitude)… » (Nicholas Carr)

« Chaque  utilisateur de réseau social (facebook, twitter …) est incité à manifester son opinion de manière illimitée, sans modération quantitative, sans mesure qualitative … Cette inflation de la parole publique l’a mécaniquement dépréciée et frappée du sceau de la vanité la plus absolue … L’expression numérique n’a plus aucune incidence sur la réalité et lui est comme étrangère, parallèle, investissant un espace inexistant dont le centre est partout et la circonférence inexistant  … Si chacun a voix au chapitre les mots se substituent désormais à l’action … Internet agirait à la manière d’un trou noir … Ainsi la parole numérique devient-elle la phase terminale de la grande érosion culturelle. Performative, elle enfle et produit par son pullulement même une rapide transformation civilisationnelle, prenant la place de tout, la seule valeur sur Internet étant le nombre de partages, de ‘likes’ et de commentaires … Improductive, elle est aliénante et virale. » (Thomas Clavel)

« Connexion ne vaut pas connivence. » (Régis Debray)

« Les réseaux sociaux, ces urnes funéraires de la pensée. » (Luc Dellisse)

« Entre ‘avoir accès’ au savoir et le ‘comprendre’ puis le ‘digérer’, il y a une différence énorme. Les thuriféraires du numérique laissent à penser qu’on peut apprendre sans efforts et qu’il n’y a rien à mémoriser, puisque tout est sur Google. C’est faux. L’effort est nécessaire pour assimiler le savoir et la mémoire structure le réel. » (Michel Desmurget)

« Le problème de ‘facebook’ est le suivant : une idée postée a de la valeur parce qu’elle est choisie par d’autres. C’est le règne implacable du ‘j’aime parce que tu aimes’, et je suis d’autant plus aimable que cinquante personnes m’aiment et me suivent. Il s’agit donc du renforcement du sujet par le groupe. Et si vous perdez un ami vous en perdez aussi cinquante d’un coup comme dans les cours de récréation, mais de façon beaucoup plus directe, invasive et brutale. La perfidie du réseau rend l’individu beaucoup plus manipulable, performant et identifié …  le plus malin trichera jusqu’au bout dans ce jeu de poker menteur. » (Anne Dufourmantelle)

« Twitter promeut la sottise par le vacarme. » (Raphaël Enthoven)

« Internet est un théâtre dont chaque figurant peut enfin, sans redouter le ridicule, se donner le rôle principal. Sur Internet, le nombril est nombreux.. Internet, le média de l’amour-propre, met l‘infini à la portée des paons. » (Raphaël Enthoven)

« La jungle du Web, mal maîtrisée, appréhendée sans la possession parfaite des fondamentaux, est dangereuse, déstabilisante… » (Eric de Ficquelmont) – Ils sont où les fondamentaux ?

« ‘Où je veux, quand je veux, si je veux…’ Telle est la devise jubilatoire des navigateurs du virtuel. Et telle sera très bientôt leur réalité. Mais qu’en sera-t-il alors du reste, de ce qui résiste, de ce qui désarçonne ? Qu’en est-il de l’extériorité ? Qu’en est-il du non moi ? Que devient le monde si le monde est mon monde ? »  (Alain Finkielkraut)

« Le rendez-vous de beaucoup de chercheurs, mais aussi de tous les cinglés, de tous les voyeurs et de tous les ragots. » (Alain Finkielkraut)

« Fin de la rumination, de la rêverie et de la stupeur. Le virtuel, en effet, c’est un réel flexible, malléable, transparent, dépouillé de son altérité ; c’est la mainmise de l’image sur les territoires du songe et de l’imagination ; c’est le renvoi dans la préhistoire humaine de la patience et de la longueur de temps. » (Alain Finkielkraut)

« Nettoyés de la glèbe et de la glu de l’être, ils vivent sur la Toile en état d’apesanteur. Ici et ailleurs en même temps, désancrés et désaffiliés, ils se jouent des frontières, ils circulent entre les genres, ils naviguent, ils vagabondent, ils sont cosmopolites, légers … »  (Alain Finkielkraut) – Et même si légers, au point d’en être transparents, inexistants.

« Alors c’en sera peut-être fini du droit de s’effacer ou d’exister sans laisser de traces. Nous aurons conquis tous les droits et perdu le droit à la discrétion. » (Alain Finkielkraut) – Tout sera gardé.

« Immense cloaque où les sphincters de la liberté déposent, jusqu’au moindre borborygme, tous les discours qui les traversent. » (Alain Finkielkraut)

« Un article est jugé sur son nombre de clics. La civilisation progresse. » (Thierry Fremeaux)

« L’affect le plus fondamental qui émerge sur Internet, c’est tout bêtement la haine … Elle est toujours bien là et l’espace numérique la révèle. » (Marcel Gauchet) – « L’anonymat libère l’insulte. » (Raphaël Enthoven)

« Les trois piliers de Facebook, narcissisme, voyeurisme, exhibitionnisme. » (Adrien Goetz)

« ‘L’ermite de masse’ (Gunther Anders), l’individu qui compose la masse des consommateurs médiatiques isolés … Aujourd’hui, l’individu membre de la foule médiatique jouit d’un sentiment de puissance décuplé par le nombre et par la possibilité interactive qu’il a de lyncher ou de lécher symboliquement quelqu’un en appuyant sur un bouton. Le tout sans risque et anonymement comme dans une foule. » (Gilles-William Goldnadel)

« Bien avant la naissance d’Internet, Orwell pointait l’esprit de gramophone’. Ce conformisme… » (Gilles-William Goldnadel)

« Internet facilite, ou facilitera, l’accès à toutes les informations, à tous les livres, à tous les musées du monde. Mais il n’en donnera jamais la clé véritable, c’est-à-dire la capacité de transformer des informations en culture. » (Jean-Claude Guillebaud)

« La cyberbéatitude » (Jean-Claude Guillebaud) – Trouvaille linguistique antérieure aux Ipad et autres tablettes mobiles, du temps où ladite béatitude était encore heureusement limitée au domicile.

« Les communications se faisaient de point à point et non pas en réseau … Aujourd’hui la quantité de données numérisées est à la fois immense, instantanée et universelle ; l’effet de cette instantanéité est sociétal et dépasse de loin les seuls effets économiques. » (François Heisbourg) – C’est une facteur important à l’appui de la tendance à la globalisation.

« Usines à ‘like’ au Bangladesh ou aux Philippines. » (François -Bernard Huyghe)

« Le village global est réellement devenu un patelin où règnent la diffamation, la rumeur voire la chasse aux sorcières. » (François-Bernard Huyghe)

« Internet comme drogue du moi. ‘Mieux que soi’, ‘plus que soi’, ‘autrement que soi’ : c’est bien là le but recherché par les ‘manipulateurs de soi’ sur internet. Les ‘soi virtuels’ auxquels ils se donnent les sortent d’eux-mêmes pour les plonger dans un univers gratifiant ou tranquillisant. » (Francis Jauréguiberry – sur certains intervenants de groupes de discussion, de héros de jeux virtuels…)

« La culture  à un clic n’est la culture de rien ni de personne. » (Hervé Juvin) – Elle suppose un coût d’acquisition.

« Ce n’est pas que chacun s’ouvre sur le monde, c’est que le lieu du commun a disparu. » (Hervé Juvin)

« Internet offre beaucoup à qui sait ce qu’il cherche, comme il est tout aussi capable de compléter l’abrutissement de ceux qui naviguent sans boussole. » (Laurent Laplante)

« Internet participe désormais pleinement de la mécanique terroriste … outil d’endoctrinement d’une efficacité inédite … moyen d’exportation partout de leur sale guerre … gigantesque caisse de résonnance à l’échelle mondiale … Grâce aux réseaux sociaux le Mal s’amplifie de façon exponentielle. »  (Alexandra Laignel-Lavastine)

« Le récit ne se déroule plus, il se disloque, il se picore. » (Alexandra Laignel-Lavastine)

« Si l’internet est une ‘fenêtre sur le monde’, alors c’est une fenêtre qui protège des grands vents du réel, une fenêtre autour de laquelle construire de nouveaux murs qui entraîneront une isolation radicale. » (Bertrand Leclair)

« Réunissant les trois attributs du divin : ubiquité, instantanéité, immédiateté. » (Bertand Leclair – suivant Paul Virilio – sur internet)

« Les réseaux sociaux sont aujourd’hui le principal instrument du contrôle social, donc les premiers responsables de la défaite de la pensée … Qu’on nous laisse nous débrouiller avec les mensonges privés. A tout prendre, ils sont moins dangereux qu’une vérité officielle. » (Elisabeth Lévy)

« Un brouhaha appelé ‘parole libérée’ dans lequel n’importe qui peut dire n’importe quoi, mais où, au concours de décibels, les mauvais affects, les idées simples et les bobards l’emportent toujours sur la pensée. » (Elisabeth Lévy -sur les réseaux sociaux et leurs clameurs)

« Il participe d’une expansion de la conscience. » (Pierre Lévy) – Pas moins !

« Il est raisonnable de penser que la multiplication des machines informationnelles affecte et affectera la circulation des connaissances autant que l’a fait le développement des moyens de circulation des hommes d’abord (transports), des sons et des images ensuite (média) … On peut s’attendre alors à une forte mise en extériorité du savoir par rapport au ‘sachant’ … Le ‘savoir’ sera produit pour être vendu, et il sera valorisé pour être consommé … Il cesse d’être à lui-même sa propre fin, il perd sa ‘valeur d’usage’. « (Jean-François Lyotard) – Ecrit avant l’apparition d’Internet.

« Nous ne situons plus un événement dans son éloignement ou sa proximité relative … Tout est disponible, immédiatement présent, mais à force de présence, il n’y a plus qu’un présent qui se dévore lui-même, qui empêche l’identification de choses, d’êtres, d’affects, de situations, de souvenirs, de projets… La ‘mobilisation infinie’ de Peter Sloterdijk … notre temps est celui de la mobilisation planétaire et de la révolution permanente. » (Yves Michaud)

« La façon dont le refoulement de la socialité primaire (où prédominent les relations de face-à-face) conduit un nombre croissant d’individus à rechercher dans un univers virtuel la possibilité d’une ‘second life’, dont le prix est la disparition du sujet réel au profit de son avatar. » (Jean-Claude Michéa)

« La façon dont ses panégyristes s’égosillent à nous convaincre qu’il fourmille de merveilles et de bienfaits à n’en plus pouvoir … Les utilisateurs du téléphone, de la pilule, de la roue… étaient des individus pouvant encore se définir par d’autres traits que par leur asservissement absolu à une quelconque invention … Le non-être contemporain est ‘relevé’ par internet qui fait de lui un internaute. Il est normal qu’il en ressente une perpétuelle gratitude et qu’il se prosterne sans cesse devant l’abracadabra technologique dont il tire désormais une grande part de sa légitimité à exister … Sans compter qu’il peut aussi continuer sur le ‘réseau’, mais avec une ampleur sans précédent, à faire ce qu’il aime le plus : dénoncer, persécuter, se plaindre, stigmatiser des ‘dérives verbales’ impunies, réclamer de nouvelles lois scélérates, bref s’exprimer ! … Amplification, accélération d’une propagande exigeant l’effacement de toutes les frontières : géographiques, mais aussi entre les sexes, entre les générations, entre les espèces. Toutes les souverainetés particulières devant disparaître. » (Philippe Muray)

« Les réseaux sociaux ont la propension de se transformer en exutoire de la vindicte populaire, mais il en sort rarement une élévation du niveau de conscience de la société. » (Céline Pina) – En clair, ils servent de voie facile de défoulement pour la bêtise et trop souvent pour la haine.

« Les réseaux sociaux ont représenté un formidable espoir, celui de l’ouverture au monde, de l’accès à la connaissance… Le rêve tourne au cauchemar… Ces réseaux et leur anonymat, permettent un défoulement, un déferlement de haine et de violence verbale et détruisent les barrières, les règles de vie en commun … Tous les bas instincts ressortent sans contrainte … Tribunaux de l’instant, où l’on peut lyncher gratis n’importe qui, n’importe quand, n’importe comment. » (Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint) – Enfin des facilités pour la délation, sport favori des français.

« L’internet des objets connectera tous et tout dans un réseau mondial intégré. Pour alimenter en ‘big data’ son système nerveux planétaire, on fixe déjà des milliards de capteurs sur les ressources naturelles, les chaînes de production, le réseau électrique … dans les logements, les magasins, les véhicules et même les êtres humains. » (Jeremy Rifkin) – « Rêve totalitaire d’un monde intégralement connecté. » (Jean-Claude Michéa) – Voir le délire médiatique autour des objets connectés.

« Quand la réception d’informations prend une part trop grande des heures de veille, il ne reste rien pour la réflexion et l’assimilation. Il y aura manque d’expérience directe et affective, famine dans l’abondance, désensibilisation. » (Raymond Ruyer)

« L’harmonie universelle grâce à un monde devenu plat et lisse (soit dépourvu de structure hiérarchique). » (Eric Sadin – le rêve pervers vendu par les instigateurs-bénéficiaires des réseaux sociaux)

« Chaque facebooker pouvant grâce aux ‘likes’ recevoir sa dose régulière de dopamine. » (Eric Sadin) – Surtout rien de narcissique !

« Il n’est d’ailleurs pas un de ces soi-disant ennemis de l’unification du monde, jusqu’aux plus gauchistes, qui ne s’enthousiasme des possibilités de télédémocratie offertes par les ‘réseaux’. » (Jaime Semprun) – Certes oui, mais plus c.. qu’un gauchiste !

« Monde de sensations rapides et violentes, où l’on est seul, et où l’on éprouve un sentiment de toute-puissance : par là, et par l’accoutumance qu’il crée, il se rattache à la drogue. » (Jaime Semprun –  sur le monde fictif qu’organisent les technologies du virtuel)

« Rigoureusement institutionnalisée, la technologie ruine la communication. » (Richard Sennett – L’inflation des courriels, en entreprise notamment)

« La toile donne à ceux qui la fréquentent l’impression de pouvoir ‘prendre la parole’, de ‘se faire entendre’, d’avoir ‘voix au chapitre’, en somme d’exister ou même de compter. » (Raffaele Simone) 

 « Internet a effacé la frontière entre producteurs et consommateurs d’information. Si bien que chaque tribu virtuelle crée et répand de fausses nouvelles. » (Jeremy Stubbs)

« A peine la nouvelle déité …  a-t-elle commencé à se répandre comme un lierre, qu’on nous annonçait déjà que ce serait fatal, qu’on y passerait tous et de toutes façon, que cela n’appartiendrait à personne (contrevérité), qu’aucune loi ne pourrait en encadrer les développements ni l’usage … Cette mise au pas qui s’intitule modernité. Quelque chose s’impose unilatéralement, et aussitôt on dit qu’on n’y peut rien. » (François Taillandier – sur la grotesque expression fracture numérique, l’horreur de transformer l’école en atelier d’informatique)

« La révolution de l’information réelle est également celle de la désinformation virtuelle … Avec la globalisation en temps réel des télécommunications dont Internet est le modèle sauvage, la révolution de l’information se révèle aussi celle d’une délation systématique qui engendre un phénomène panique de rumeurs, de soupçons, qui s’apprête à ruiner les bases déontologiques de la vérité. » (Paul Virilio)

« A quoi ça sert d’être connecté à la terre entière si on n’a rien à se dire ? » (Wolinski)

« Le développement de la télévision satellitaire et d’internet permit aux gardiens du temple islamique de diriger à distance les esprits de leurs ouailles et d’entreprendre un fantastique travail d’endoctrinement religieux et d’édification d’une Oumma mondialisée, globalisée. » (Eric Zemmour)

« Tout est accessible, rien n’est maîtrisé. » (?)

« Avec un peu de patience vous découvrirez qu’on peut utiliser l’immense puissance du web pour perdre son temps avec une efficacité que vous n’auriez  jamais osé imaginer. » (?)

« Incline à la dispersion, puis de la dispersion à la passivité, et de la passivité à l’hébétude ; diminue l’attention ; coupe de la réalité et du monde sensible ; fait perdre les repères ; appauvrit la mémoire ; génère une ‘culture’ de masse en dissonance avec les critères de civilisation. » (? – sur l’écran comparé à l’écrit)

Ci-dessous, extraits (remaniés) du livre de Nicholas Carr, Internet rend-t-il bête ?

« ‘Les effets de la technologie ne se produisent pas au niveau des opinions ou des concepts … Ils altèrent peu à peu et sans la moindre résistance les schémas de perception’ (Marshall McLuhan) … Ce que ne voient ni les enthousiastes ni les sceptiques (les gogos béats), c’est que le contenu d’un média  a moins d’importance que le média lui-même pour son influence sur notre façon de penser et d‘agir … Fenêtre sur le monde, il façonne ce que nous voyons et notre façon de voir … L’attitude hébétée du crétin technologique est de dire que ce qui compte c’est la façon dont on s’en sert … Ma concentration se met à dériver au bout d’une page ou deux. Je deviens nerveux, je perds le fil … Plus on utilise la toile plus on doit lutter pour garder son attention sur de longs récits … La pensée a adopté un rythme de ‘staccato’ reflétant la façon dont on parcourt rapidement en ligne de courts extraits issus de nombreuses sources … Nous avons rejeté la tradition intellectuelle de la concentration intense et solitaire, l’éthique que le  livre nous a transmis. Nous avons pris le parti du jongleur … En ouvrant de multiples robinets … ‘Être partout, c’est être nulle part’ (Sénèque) … Plus l’esprit est nourri, plus il a faim. ‘Je voulais être connecté’ … L’esprit linéaire (celui de la lecture attentive) est marginalisé par un nouvel esprit qui aspire à recevoir et à diffuser par brefs à-coups une information décousue et souvent redondante … Le lecteur picore plus qu’il ne lit, le survol n’est plus une méthode pour identifier les informations à approfondir, mais devient une fin en soi … Du point de vue de l’auteur, aucune publication n’est définitivement achevée … Le Net est différent de la majorité des média, il est à double sens, il permet d’émettre des messages et d’en recevoir … Plus nous échangeons des messages, moins nous composons de phrases et de paragraphes … ‘J’ai pratiquement renoncé à faire l’effort de me rappeler quoi que ce soit, car je peux immédiatement retrouver l’information en ligne.’ (Clive Thompson) … La mémorisation est une ‘perte de temps’ (un autre olibrius) …  Pour qu’un souvenir persiste, l’information doit être traitée entièrement et en profondeur. Cela se fait par l’attention qu’on lui prête et par l’association que l’on établit avec des connaissances déjà bien installées dans la mémoire … Vidés du répertoire intérieur de notre riche héritage culturel … ‘Nous façonnons nos outils, et, ensuite, c’est eux qui nous façonnent’ (John Culkin), ‘Ils finissent par engourdir la partie de notre corps qu’ils amplifient’ (McLuhan) … Les moteurs de recherche ont tendance à amplifier la popularité, renforçant un consensus sur telle information, sur l’opinion qui prévaut, plus de citations renvoyant à moins d’articles … Le fait de feuilleter des ouvrages papier  a probablement facilité des comparaisons plus étendues et amené des chercheurs à étudier le passé. » 

Malgré s’il ne concerne pas directement internet, mais plutôt le numérique en général, ci-dessous extraits de l’ouvrage remarquable d’Eric Sadin, La silicolonisation du monde , l’irrésistible expansion du libéralisme numérique. Le danger du technolibertarisme ne peut être comparé qu’à son opposé dans les buts et les méthodes, Daech, deux pathologies. Pour ne pas alourdir inconsidérément, je n’ai pas repris les précises précisions techniques qu’on peut résumer sous les vocables apparemment innocents de robotisation, de transhumanisme, d’intelligence artificielle (le Surmoi du XXI° siècle), de réalité et d’humanité augmentée (le Créateur ayant été plutôt léger sur ce point)… et me suis contenté de citer quelques phrases générales sachant qu’elles s’appuient sur des faits parfaitement concrets et dont les média et nos élites, béats d’admiration comme toujours, nous dissimulent la perversité intrinsèque avec la soumission habituelle de la classe politico-médiatique.

« Artillerie continuelle d’exercices de futurologie euphorisante qui précèdent les faits, nécessaires à la légitimation des initiatives, contribuant notamment à marginaliser tout contre-discours sceptique … Telle une créature ingrate, cette civilisation … veut abattre celle qui l’a générée, sous prétexte de la revitaliser et de la perfectionner et soutenue par le manque de courage ou de conviction des êtres dans les valeurs spécifiques de la civilisation qui va être dévorée.  ‘Un homme ça s’empêche'(Albert Camus).  Ce sont les civilisations qui doivent s’empêcher au risque de sombrer dans le chaos. » – Doutons qu’aujourd’hui notre civilisation telle qu’asservie par de prétendues élites stupides, serviles, cupides et lâches en soit capable.

« Dessaisissement de l’autonomie de notre jugement par le fait que le ressort majeur de ce modèle économique dépend de la neutralisation de la libre décision et de la spontanéité humaines … C’est un modèle civilisationnel qui s’instaure … Marchandisation intégrale de la vie, ‘industrie de la vie’, interprétation industrielle des conduites, émergence de l’économie des comportements, éradication du sensible de façon à embrigader l’expérience humaine au sein de dispositifs … Le dit ‘esprit de la Silicon Valley’ débordant de partout, sur tout les continents (à Paris la halle Freyssinet, l’école 42) … ‘Vouloir faire du monde un endroit meilleur’, ‘augmenter la vie’, ‘construire un futur positif’, ‘faire bouger les lignes’, ‘libérer les forces vives de la jeunesse’… (nul besoin d’être un marxiste invétéré ou un sceptique confirmé pour percevoir que ce discours n’est qu’un écran de fumée) …  Bien sûr, sans s’embarrasser d’aucun scrupule, sans tolérer la moindre limite, y compris celles que représentent les Etats, et surtout l’impôt … Désintermédiation (autonomie complète et indépendance de toute institution) et génération de petits tyrans enivrés de leur pouvoir … Ce ‘monde meilleur’, le slogan obsédant du grand patron multimilliardaire (Bill Gates, Mark Zuckerberg… dont les intérêts matériels ne sauraient échapper qu’au Gogo médiatisé) au codeur de base … les grand-messes  si proches des schémas des Eglises évangélistes … ‘Weltanschauung’(vision du monde et de ce qu’on y est) associant les technologies, le monde et le bien (le bon vieux totalitarisme à l’état pur, mais célébré par tous les dits progressistes puisque relançant l’idéal du progrès, et par-dessus le marché sous couverture ‘égalitaire’ alléguée), paix, prospérité, accomplissement, compassion, harmonie : quasi-millénarisme … Pouvoir de suggestion et autonomie décisionnelle de l’IA palliant nos déficiences (l’ère débutante mais prometteuse des assistants virtuels) et neutralisant toute subjectivité … Dépossession et génération d’un sentiment d’inutilité (voiture autonome) … La ‘robotique sociale’ et la renonciation par la société à remplir certaines tâches fondamentales (soins et accompagnement des vieillards…) … La limite, ‘l’aller trop loin’, c’est l’extension en cours de capteurs intégrés à nos corps, à nos environnements domestiques, professionnels, urbains et, à terme, à la quasi-totalité des surfaces du monde … ‘Un homme qui s’en remet à autrui pour décider de son destin n’est qu’une épave bonne pour la casse’ (Ayn Rand) … La limite, conscience que nombre de choses nous excèdent et que le réel ne peut s’ajuster à tout instant à notre volonté, son rejet c’est l’hubris annonciateur et déclencheur de catastrophes … Le principe de l’illimité, tout peut être fait, sans aucune restriction technique ou morale. » – Cependant, il ne conviendrait pas de jeter le bébé (la robotique chirurgicale) avec l’eau du bain (l’ubérisation et la connectique de tout).

 « Quand l’homme abandonne le sensible, son âme devient comme démente. » (Nicolas de Cues)

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