500,4 – Frontières

– Enfin abolies. N’existent plus dans le grand village global devenu solidaire. Tout le monde peut aller là où l’herbe paraît plus verte (les allocs les plus grasses) ; risques d’encombrements localisés. « La fin des frontières, c’est la fin du ‘nous’. » (?)

– La muraille de Chine, le limes romain, protecteurs de civilisation, dépassés. Nous sommes devenus assez forts pour nous ouvrir à tous les vents. Rigolade générale, avant les pleurs. Effectivement d’ailleurs, que protègerions–nous, notre néant ?

– N’existant plus, on ne voit pas pourquoi tant d’organisations persistent à marquer leur absence dans leur dénomination, tels les reporters, les médecins, les avocats, les ophtalmologistes sans frontières (oui, ces derniers existent aussi) et d’innombrables  autres honorables corporations ; volonté de rendre hommage au passé ? Ce n’est plus guère à la mode. De plus l’initiative est déplacée car tout passé est évidemment obscur, moyenâgeux dirait un journaliste, lui aussi sans frontières.

-L’idéologie de l’ouverture imposée par le gang mondialiste empêche évidemment de lutter efficacement contre les crises les plus graves, soit de fermer les frontières en cas de pandémie par exemple. Le gang n’a rien à f….. des vies humaines pourvu qu’il conserve leur efficacité à ses obsessions intéressées.

– L’image de Georg Simmel du pont qui relie et de la porte qui isole, s’applique très bien aux pays frontaliers.

 ——————————————————————————————————————————-

« La frontière permet de se définir soi-même, et de savoir qui est son voisin … de le considérer. Elle permet également d’avoir un espace qui n’est pas uniformisé. Sinon on arrête de voyager, de se rencontrer et d’échanger. » (Gérald Andrieu)

« ‘La berge est la chance du fleuve’. Sans elle le fleuve ne va pas plus loin et devient marécage. » (Thomas d’Ansembourg – citant ?)

« Une frontière n’est pas un barrage ; c’est un passage. » (Marc Augé)

« L’un des drames de l’Europe est qu’elle ne sait pas se donner des frontières physiques, car elle est incapable de se donner des frontières mentales. Elle ne sait pas définir un ‘eux’ et un ‘nous’. Cette frontière entre eux et nous n’est pas forcément hostile, ni imperméable ; mais pour être amicale et poreuse il faut qu’elle existe. » (Elie Barnavi) – Plus exactement, les mondialistes lâches qui la représentent ne le veulent pas plus qu’ils ne le peuvent.

« En géographie politique, ligne imaginaire entre deux nations, séparant les droits imaginaires de l’une des droits imaginaires de l’autre. » (Ambrose Bierce)

« Il y a des bornes qu’il ne faut pas franchir, dit-on. – On est informé qu’à une certaine distance, pas énorme, il y a une frontière qui ne pardonne pas … Il faut de bons yeux pour la discerner … elle a l’inconvénient d’être instable … Quelque fois, c’est le bourgeois lui-même qui dépasse les bornes, sans le savoir, et alors il succombe sans honneur dans le traquenard qu’il a lui-même tendu aux poètes… » (Léon Bloy – Exégèse des lieux communs – 1, XXXV)

« Volonté déterminée d’effacer toutes les frontières. Celle, fondamentale, de la dualité des sexes. Celle, traditionnelle, qui sépare l’homme de l’animal. Celle, sacrée, qui pour les humains trace la ligne entre vivant et mort …  Ce sont ces frontières qui font que l’humanité existe comme telle  …Si le genre n’est pas lié au sexe, pourquoi ne pas en changer tous les matins ? Si le corps est à la disposition de notre conscience, pourquoi ne pas le modifier à l’infini ? S’il n’y a pas de différence entre animaux et humains, pourquoi ne pas faire des expériences scientifiques sur les comateux plutôt que sur les animaux ? Pourquoi ne pas avoir de relations sexuelles ‘mutuellement satisfaisantes’  avec son chien ? S’il est des vies dignes d’être vécues et d’autres qui ne le sont pas, pourquoi ne pas liquider les infirmes, y compris les enfants ‘défectueux’ ? (‘l’avortement post-natal’), pourquoi ne pas nationaliser les organes des humains quasi-morts au profit d’humains plus prometteurs… Ce sont là des thèmes ultra-classiques de la réflexion ‘morale’ anglo-saxonne contemporaine … Pourquoi faire l’ange quand on peut refaire la bête ? … ‘L’humanité occidentale, fatiguée, est désormais au bout du rouleau … organisant elle-même les conditions de son propre remplacement’ (Michel Houellebecq) … Elimination de la différence sexuelle, animalisation de l’homme, effacement de la mort, refus de l’idéal … monde informe sans limites ni frontières … Slavoj Zizek a bien vu que ce mépris de la sexualité , de la chair et du corps pouvait être rattaché à l’antique courant gnostique …  se débarrasser de ce corps encombrant soit par l’ascèse, soit par la débauche en l’épuisant, au moins le transformer par le tatouage. » (Jean-François Braunstein – La philosophie devenue folle)

« S’il y a des limites c’est aussi pour qu’elles puissent être dépassées, mises en question, subverties. Mais il ne s’agit en aucun cas de les effacer. Une frontière permet de vivre en paix de tel ou tel côté, mais aussi de rêver à ce qu’il y a de l’autre côté … S’il n’y a plus de limites, il n’y a plus de transgression, plus de courage … L’homme n’a pas d’essence prédéterminée. Il se définit dans la lutte contre les limites qui lui sont imposées par la nature. » (Jean-François Braunstein)

« L’esprit des frontières, ces zones d’échanges et de tensions, où une culture s’esquisse, où une autre s’estompe. » (Pascal Bruckner)

«Toute frontière n’est pas archaïque qui assure à un peuple la préservation de son intégrité, de son trésor culturel et linguistique. Contrairement à un cliché trop répandu, ce n’est pas la sacralisation des frontières mais au contraire leur incertitude qui a été le vrai malheur des peuples. » (Pascal Bruckner)

« Tout ou partie du malheur de l’Europe vient non de l’excès mais de l’absence de frontières, surtout dans ses parties centrales et orientales … Tracer une frontière c’est enterrer un combat … Les bords s’apaisent … La frontière n’est pas seulement limite ou obstacle … elle instaure un lien durable entre ceux qu’elle abrite … Le véritable progrès c’est de déplacer les barrières, non de les abolir. Il faut être domicilié pour s’ouvrir sur l’extérieur … Il faut de la distance pour communiquer, trop de proximité brouille la vue. » (Pascal Bruckner)

« Les privilégiés ne comptent pas sur l’Etat pour construire des frontières. Ils n’ont besoin de personne pour se les acheter … Frontières spatiales et sécuritaires, frontières scolaires et sociales… » (Patrick Buisson)

« Il faut un ‘dehors’ pour qu’existe un ‘entre nous’ ; des frontières pour que se dessine un pays intérieur ; des ‘autres’ pour qu’un ‘nous’ prenne corps. » (Père Michel de Certeau)

« Ils sont bornés par manque de clôture. » (René Char)

« Plus de frontières, plus d’ailleurs … donc plus de liberté, ni d’illusions. » (Emil Cioran)

« Les civilisations ont fondé leur existence sur la construction d’enceintes opaques et sur l’imposition d’un secret replié sur le silence et la vie domestique (on fondait une ville en traçant un sillon de charrue, le sillon tracé par Romulus, puis en montant les murs de son enceinte, les maisons aveugles côté rue, les sanctuaires étaient clos…) … Le monde moderne, énervé par sa passion de la transparence et de la visibilité … Domination de l’informe. Retour au chaos des origines. Plus de ligne, plus de frontière, plus de borne … Sans frontière, pas de pensée,  pas de passion et pas de poésie … L’idiotisme fondu dans la globalisation … Les haies du bocage, aujourd’hui rasées, qui protégeaient du vent comme des regards et que peuplaient les oiseaux … Araser les murs et construire sans définir un lieu fait partie du grand débraillé contemporain qui défait toutes les coutures. » (Jean Clair – Les derniers jours)

« La clef qui délivre. Ce n’est point celle qui ouvre, mais celle-là qui ferme. » (Paul Claudel)

« Une idée bête enchante l’Occident : ‘humanité, qui va mal, ira mieux sans frontières’. » (Régis Debray)

« Le fort est fluide. Le faible n’a pour lui que son bercail … le prédateur déteste le rempart ; la proie aime bien … La frontière est le bouclier des humbles. » (Régis Debray) – « C’est pourquoi l’Internationale du Capital, la seule qui fonctionne, en exige l’abolition. » (Alain de Benoist)

« Ce sont les dépossédés qui ont intérêt à la démarcation franche et nette. Leur seul actif est leur territoire et la frontière, leur principale source de revenus … Les riches vont où ils veulent, à tire-d’aile ; les pauvres vont où ils peuvent, en ramant … Le prédateur déteste le rempart, la proie aime bien » (Régis Debray)

« Sur un fleuve intranquille, il y a encore plus embêtant qu’une écluse, et c’est l’absence d’écluse. » (Régis Debray)

« Tout ce qui a pignon sur rue … reporters, médecins, footballeurs, banquiers, clowns, ‘coaches’, avocats d’affaires et vétérinaires, arbore l’étiquette ‘sans frontières’ … Douaniers ‘sans frontières’, c’est pour demain. » (Régis Debray)

« L’indécence de l’époque ne vient pas d’un excès, mais d’un déficit de frontières ; entre affaires publique et intérêts privés, entre citoyen et individu, entre l’être et le paraître, entre l’info. et la pub, entre l’Etat et les lobbies, entre la chambre et le bureau… » (Régis Debray)

« -Là où il y a du sacré, il y  a une enceinte. Et là où la clôture s’efface (ligne, seuil ou dénivelé) le sacré disparaît … La démocratie de proximité entend combler les distances. Là où régnait l’opacité, il y aura transparence … Plus de talus, plus d’écrans, plus de haies ; on arase pour dégager et pouvoir circuler … On a déjà enlevé l’estrade en salle de classe … Une société voyeuriste qui aspire au diaphane, le ‘sans frontière’ est le mot d’ordre … Chaque nivellement d’une circonscription protégée en voit émerger une autre dans notre dos … des apartheids plus ou moins édulcorés entre communautés ethniques, religieuses et linguistiques … insidieux retour du refoulé (Belgique, Espagne…) … Aux XVIII° et XIX° siècles, les lieux saints de Jérusalem, mur des Lamentations, esplanade des Mosquées ne mobilisaient personne … – (Régis Debray – Le moment fraternité) – Plus on arase, plus on construit des murs et on installe des barbelés.

« Du portail frontalier et du mur barbelé, c’est le premier qui semble encore le moins saumâtre. » (Régis Debray) – Or, quand on renonce au premier, on édifie très vite le second ; ou comment les belles-âmes appellent les geôliers.

« Ni mur, elle permet le passage sous contrôle sans interdiction systématique, ni pont, qui autorise le passage sans contrôle. Sa fonction est de filtrer l’accès de ce qui vient de l’extérieur et souhaite pénétrer à l’intérieur, nécessité pour tout autre vivant … la peau barrière protectrice. » (Régis Debray)

« Pourquoi craindre ce qui marque et démarque ? Les rites de passage flanchent s’il n’y a plus de seuil à franchir, sans marches à monter ou à descendre. Il faut se situer dans l’espace pour se situer dans le temps … Le tout-marchandise a pour air favori le plain-pied et la ‘société de l’accès’. Plus de jour chômé dans la semaine, pas de relâche pour les hypermarchés, le dimanche jour de consommation comme un autre. … Tout ce qui fait seuil ou sas n’est pas destructeur, et tout ce qui lisse et efface n’est pas salvateur. » (Régis Debray)

« Sacré, sanctuaire, vient du latin ‘sancire’ : délimiter, entourer, interdire – Fin du tohu-bohu par Dieu : ‘Dieu sépara la lumière de la ténèbre … Et il sépara les eaux d’avec les eaux…’ – Adam et Eve sont tombés ‘dehors’ hors du jardin primordial (punition) – La création de Rome par Romulus (délimitation) – La proximité du profane est déjouée par un parvis, une esplanade ou un portail – Pas de vivant sans peau, pas d’arbre sans écorce – Où étions-nous mieux nourris, logés… que dans la matrice maternelle – Ombre et mystère des cloîtres monastiques, petits carrés garants de longévité de l’institution – Toute mise en ordre symbolique d’un chaos passe par un jeu d’oppositions (féminin/masculin, chaud/froid, ciel/terre…) – Comment se poser sans s’opposer ? sans ‘anti’ en face, comment exister sans extérieur – L’ouverture physique au vaste monde se rééquilibre par un repliement psychique sur l’ancestral, pour ne pas devenir n’importe qui, autant dire personne – Qui entend se surpasser commence par se délimiter – Les vannes de l’argent ouvertes emporteront tout – Un pays comme un individu peuvent mourir de deux manières : dans un étouffoir ou dans les courants d’air, on peut se perdre ‘par ségrégation murée dans le particulier et par dilution dans l’universel’ (Aimé Césaire). » (Régis Debray – considérations éparses sur la nécessité de limites, de frontières, de distinction intérieur versus extérieur…)

« Le sans-frontiérisme est le dogme clé de la synthèse libérale-libertaire – libre-échange et libre circulation des personnes. » (Marcel Gauchet) – C’est-à-dire l’idéal des élites riches devenues apatrides et méprisantes de leur pauvre peuple.

« On le voit bien dans le cas de la Yougoslavie, les frontières ont pour fonction de contenir la violence … Faire tomber les limites entre les Etats est à la fois danger de guerre et chance de paix … Là on ne peut exprimer que des opinions. » (René Girard)

 « Ce que cette crise aura démontré, ce sont plusieurs vérités – a) les frontières ont une utilité sans égal en situation de crise – b) sans frontière, il n’y a ni pays ni souveraineté – c) les virus comme le terrorisme se nourrissent avidement de l’ouverture indiscriminée des frontières aux personnes – d) la fermeture temporaire des frontières, au besoin totale, est possible, faisable, aisée à mettre en œuvre, rapide et elle produit des effets immédiats – e) la fermeture des frontières peut être totale vis-à-vis de certains pays dans le même temps qu’elles sont ouvertes aux ressortissants et marchandises d’autres pays. En résumé, rien ce qui est écrit, déclaré, soutenu dans le contexte européen – spécialement UE – sur le concept de frontière, depuis 15 ans, n’est vrai. » (Drieu Godefridi – à propos d’une pandémie et de l’incurie, habituelle,  des démocraties libérales-de l’Ouest européen – pour excepter la Hongrie et quelques autres)

« Les Anywheres (ceux de n’importe où) et les Somewheres (ceux de quelque part). »  (David Goodhart)

« Qu’est-ce que le sans-frontiérisme, sinon la négation du droit des peuples à décider de leur avenir propre ? » (Hervé Juvin)

« L’ennemi, c’est le sans-frontiérisme qui nie ce fait historique ; la paix vient plus souvent de la séparation de sociétés humaines dont les modes de vie sont incompatibles que de leur mélange, qui mène à la confrontation. » (Hervé Juvin)

« Recréer des limites et des frontières est nécessaire non seulement pour conjurer l’effondrement (écologique), mais aussi pour retrouver un monde commun. Les hommes ne font vraiment communauté que dans la proximité et en percevant leur différence avec les autres. Le ‘sans frontière’ (médecins, reporters…) à la mode chez les Bobos, détruit et le commun et le monde. » (Serge Latouche)

« Le triomphe de l’idéologie sans-frontières (Médecins, Reporters, Justice, Réseau éducation, Opticiens !) marque à la fois le versant sympathique d’un humanisme et d’un universalisme naïf et d’un processus de décomposition avancé. » (Serge Latouche) – Comme ces gamins que se prétendent citoyens du monde, pauvres zombies, à peine nés et déjà laquais.

« Quoi qu’en disent les apôtres du melting pot planétaire, entre le riche et le pauvre, entre le fort et le faible, c’est l’ouverture qui opprime et la frontière qui protège. » (Elisabeth Lévy)

« Nous avons continué à laisser quotidiennement aller et venir, de pays en pays, en voiture, en train et en avion des centaines de milliers d’Européens, répandant inconsciemment le plus grand fléau de ces cent dernières années. Incapable d’agir collectivement, l’Europe n’en a pas moins imposé une obligation idéologique à chaque État, la France toujours en tête dans l’idéalisme eurolâtre, de ‘garder les frontières ouvertes‘ et ce, quelle qu’en soit le prix humain et finalement économique à payer. » (Jean Messiha et Frédéric Amoudru)  – L’Europe n’a jamais été en charge de protéger les Européens, elle est chargée de répandre et d’imposer la pourriture libéralo-libertaire dont le sans-frontiérisme est une condition d’accomplissement.

« Les frontières sont faites pour interdire mais aussi pour permettre le passage ; lieux de séparation et de contact.  On les ouvre ou on les ferme. Gardiennes de la diversité mais aussi de l’humanité. Elles nuisent à l’unanimité (au conformisme). Sans elles, la terre est plate. » (Henri de Montety)

« Ce qui n’a pas de frontière n’a pas de consistance … Je ne peux pas être en paix avec mon voisin si je ne sais pas  où mon jardin s’arrête et où commence le sien. » (Paul-François Paoli ou Rémi Brague) – C’est bien pour semer la discorde que les fous criminels de Bruxelles veulent les effacer complètement, afin de substituer les guerres civiles aux affrontements entre nations de jadis.

« Un monde sans frontières a peu de chances d’être démocratique. Car, si l’idée de citoyenneté mondiale peut sembler attractive en théorie, on a du mal à imaginer comment elle pourrait marcher en pratique. » (Marc F. Plattner) – Si, sous la férule d’un groupuscule de dominants disposant des moyens d’information et de répression.

« C’est une des plus grandes victoires idéologiques du système néolibéral que d’avoir réussi à diaboliser la frontière en en faisant le symbole de la haine et du rejet des autres … au nom de l’extension indéfinie du marché (globalisation) … La frontière est reconnaissance de l’autre … Ce n’est pas une exclusion du dehors, mais le signe que, à l’intérieur, se trouvent des êtres humains dont le destin est lié … La suppression des frontières se fait essentiellement au détriment de ceux que la modernité capitaliste juge inutiles … Quand la frontière est contestée on érige des murs … Y a-t-il un hasard à voir se rejoindre des militants associatifs, un pape et de grands patrons pour célébrer l’ouverture des frontières et l’accueil sans conditions…» (Natacha Polony)

«  Le gouvernement a décidé de clore nos frontières. Oh, pas celles de notre pays ; pas encore. Ni celles, incontrôlables, de la passoire Schengen, qu’il est illusoire de prétendre fermer. Non, nos propres frontières, nos frontières personnelles, nos frontières à nous : celles de notre peau, de nos portes et des murs de notre domicile. Car qu’est-ce que ce ‘confinement’ auquel nous sommes désormais non seulement appelés, non seulement incités, mais carrément soumis ? Qu’est-ce que cet enfermement obligatoire, sinon la fermeture d’une frontière personnelle ? Qu’est-ce que cette distance de sécurité imposée à tous contre tous, sinon une vigilance paranoïaque à la frontière de notre propre corps ? Non seulement le virus s’est répandu par l’effet d’une mondialisation débridée, mais il provoque dans tous les pays occidentaux le plus phénoménal des chocs en retour. La désillusion est à la mesure de la chimère, la punition à la mesure de la faute. Vous avez rêvé d’un monde ‘no border‘ ? Vous aurez les frontières jalouses de l’état d’urgence. Vous n’avez plus voulu des frontières de l’État-nation ? Vous devrez instaurer des frontières entre l’Ile-de-France et la Normandie, entre la Lombardie et la Vénétie, entre l’Aragon et la Navarre… Vous avez abandonné douaniers et postes de contrôle ? Vous aurez les contrôles dans les rues, les parcs et les centres commerciaux. Vous avez voulu tout ouvrir ? Il vous faudra tout fermer. » (Christian Romain) – Waterloo de la hideuse mondialisation ?

« La diabolisation des frontières nationales constitue l’un des pivots de la rhétorique du marché souverain, dont l’empire ne peut être que mondial … L’idéalisme de la rupture totale s’exprime surtout aujourd’hui, dans l’idéologie médiatique par quelque chose comme une obligation de déracinement et de nomadisme, transfiguration d’une installation dans l’éphémère et le fugitif … Le sacre du ‘sans frontières’» (Pierre-André Taguieff) 

« Cette ‘gauche’ qui contribue comme nulle autre au déploiement du capitalisme qu’elle prétend combattre. Comme la haute finance, la ‘gauche’ exècre aujourd’hui les frontières nationales. Elle représente à la fois, pour le capitalisme débridé une caution idéologique et une posture esthétique … Depuis que cette ‘gauche’ a renoncé au socialisme, il ne lui reste plus que ses  multiples combats de substitution, tous liés au prétendu refus des discriminations … Cette ‘gauche’ fournit aux grands intérêts économiques une splendide contribution aux progrès de la société de consommation sans limites devant libérer radicalement l’individu pour que puisse régner pleinement le ‘je, me, moi’… cachant sa haine d’un peuple trop ‘arriéré’, trop ‘homogène’ et trop ‘patriarcal’, sous le masque de l’anti-populisme. » (Simon-Pierre Savard-Tremblay – sur la gauche des campus américains) – Mais vaut tout autant pour la nôtre.

« On nous a expliqué pendant vingt ans que les ‘frontières étaient inutiles’ … Et voilà que soudain on nous dit ‘on va fermer les frontières’. Aucun ‘mea culpa’. La médiacaste éberluée s’extasie. » (Philippe de Villiers) – Lâcheté, mensonges, tromperie, trahison du peuple…

 « Le ‘Nouveau Monde’ continue à désigner la frontière comme le mal absolu …  Puis on invente le confinement. Le confinement du Haut-Rhin, le confinement du Morbihan. Qu’est-ce que le confinement du Haut-Rhin ? Le confinement d’un département. Tiens tiens ! Les frontières départementales sont le bien, les frontières nationales sont le mal. C’est une curiosité épidémiologique pour les chercheurs d’après-demain. » (Philippe de Villiers)

 « Avant d’être un obstacle, la frontière est un passage, une passoire qui filtre. La peau est un bon exemple de cette fonction régulatrice de la frontière qui garantit le fonctionnement de l’organisme en ne permettant que des interactions bénéfiques avec l’extérieur … La frontière, barrière amovible, est nécessaire à l’harmonie du foyer … dans la mesure où elle nous rappelle que nous ne sommes pas chez nous partout, elle légitime l’espace dont nous voulons jouir en paix … un monde sans bornes est un monde sans rencontres : on s’y croise sans s’y faire face, comme dans un hall de gare. » (ouvrage collectif des Veilleurs : Nos limites)

« La frontière n’est pas seulement ce qui sépare ou démarque, mais aussi ce qui permet la reconnaissance et la rencontre de l’autre. Elle n’a pas seulement un sens négatif … Lieu de reconnaissance et de passage … La reconnaissance mutuelle de la différence de soi et de l’autre à travers la frontière … Un monde sans frontières serait un désert, homogène, lisse … d’individus identiques, sans différences … Alors qu’un monde traversé de frontières, reconnues et acceptées de part et d‘autre, est un monde de différences coexistantes et de diversités florissantes. » (Yves-Charles Zarka)

« La disparition des frontières nationales était censé nous apporter la paix ; elle nous ramène à la guerre de tous contre tous. » (Eric Zemmour)

« L’histoire nous a enseigné qu’établir une frontière c’est sceller la paix entre Etats. » (?) – Evidence depuis des siècles. Mais niée par tous les rêveurs assassins.

Ci-dessous, une théorie d’Alain de Benoist (entre autres penseurs) difficilement classable dans mes rubriques.

 « La politique implique la frontière, elle est donc du côté de la Terre. La Mer, qui ne connaît pas de frontières, est du côté du commerce et de l’économie … Logique tellurique et logique maritime sont des données essentielles de la géopolitique, avec l’affrontement séculaire des puissances océaniques et des puissances continentales (depuis les Grecs et les Perses) … L’époque actuelle relève de la logique maritime. Zygmunt Bauman parle de ‘monde liquide’ pour caractériser la postmodernité … La ‘liquidité’ est partout. La logique maritime c’est : flux et reflux (informationnels, financiers…), disparition des frontières, indistinction des peuples et des cultures, conversion des rôles sociaux, primat du commerce sur la politique, flexibilité, remplacement du solide et du durable par le transitoire et l’éphémère, la marchandise qui voyage, le nomadisme, l’effritement des structures collectives organiques, la vogue de la transparence… La logique de la Mer est fondamentalement universaliste, tandis que la logique de la Terre est particulariste. »

Ce contenu a été publié dans 500, 4 - Frontières , avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.