335,1 – Fins / Moyens

– Un précepte industriel américain dit « Garbage in, garbage out », soit vulgairement, introduisez de la m…. à l’entrée, vous obtiendrez de la m…. à la sortie. Nécessité d’une cohérence, au moins mentale. On n’obtient, au mieux, que ce qu’on met. 

– Lénine, Staline voulaient, prétendaient vouloir, assurer le dépérissement de l’Etat par le renforcement de l’Etat ; le moyen condamnait la fin. Les moyens ne sont pas neutres.

– « La fin du progrès, c’est le délestage de toute finalité … ‘Le vide pénètre tout’ .. Le progrès sert l’absence de fins. » (Robert Redeker) – C’est fait. Fin de la croyance en…

On pourra consulter également le livre d’Alain Supiot, La gouvernance par les nombres à la fin des rubriques Gouvernement, 375,1  ou  Lois, 480, 1

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« La catégorie des moyens a acquis aujourd’hui une  universalité qu’elle n’avait jamais eue auparavant. Nous comprenons le monde dans lequel nous vivons comme un monde de ‘moyens’, un univers où … il n’y a que des moyens, un univers dans lequel, paradoxalement, les fins (semblant être précisément sans ‘finalités’) sont reléguées au second plan. » (Günther Anders) – Au second plan ou à la poubelle.

« Si dans la fabrication, il est juste que la fin justifie les moyens, c’est l’inverse qui vaut pour l’action : une bonne action en vue d’un mauvais but n’inflige pas de tort ; une action mauvaise en vue d’une finalité bonne rend inévitablement pire le monde. » (Hannah Arendt)

« Dans un monde strictement utilitaire, toutes les fins seront de courte durée et se transformeront en moyens en vue de nouvelles fins … Dans le monde de l’utilité et des objets d’usage, il est impossible de mettre un terme à la chaîne des moyens et des fins et d’empêcher les fins de resservir éventuellement de moyens … Une fin, une fois atteinte, cesse d’être une fin … L’instrumentalisation du monde et de la terre, cette dévaluation sans limite de tout ce qui  est donné (par la nature), ce processus de non-sens croissant dans lequel toute fin se transforme en moyen. » (Hannah Arendt) – Cas de notre monde, course sans fin vers de nouveaux moyens (souvent pour parer aux dégâts commis par les anciens).

« L’opération qui établit l’homme comme ‘fin suprême’ permet à l’homme, s’il le peut, de ‘soumettre toute la nature’, c’est-à-dire de dégrader la nature et le monde au rang de moyens, en les privant l’un et l’autre de leur dignité indépendante … Puisqu’il est dans la nature de l’homme usager et instrumentalisant de tout regarder comme moyen en vue d’une fin, tout arbre comme bois en puissance, il s’ensuivra que l’homme sera la mesure non seulement des objets dont l’existence dépend de lui (de son travail) , mais littéralement de tout ce qui existe. » (Hannah Arendt)

« En toutes choses, c’est la fin qui est essentielle. » (Aristote) – Mais pas par n’importe quel moyen.

« Remonter de la fin à la série des moyens. » (Aristote)

 « Nous délibérons non pas sur les fins elles-mêmes, mais sur les moyens d’atteindre les fins (un médecin ne se demande pas s’il doit guérir son malade) … La fin étant ainsi objet de souhait, et les moyens pour atteindre à la fin, objets de délibération et de choix. » (Aristote)

« La liberté du non–lieu (ville) peut aller jusqu’à la folie de la solitude, tout comme le sens du lieu peut aller jusqu’à la dictature des préjugés au trop-plein de sens qui produit ses propres formes de folie. » (Marc Augé)

« Vivre, c’est agir, et agir, c’est poursuivre des fins par des moyens appropriés. » (Jean Baechler)

« La pensée biblique a en somme apporté à l’humanité la pensée d’une fin des temps, et la croyance moderne au progrès sous ses diverses formes. » (Père Hans Urs Von Balthasar)

« Les petits moyens sont comme les petits employés, ils font souvent plus de besogne que les grands. » (Anne Barratin)

« Un acte, une habitude, une institution, une loi n’engendrent pas seulement un effet, mais une série d’effets. De ces effets, le premier seul est immédiat, il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas ; heureux si on les prévoit … Il arrive presque toujours que, lorsque la conséquence immédiate est favorable, les conséquences ultérieures sont funestes, et vice-versa. Le mauvais économiste poursuit un petit bien actuel qui sera suivi d’un grand mal à venir, le vrai économiste poursuit un grand bien à venir au risque d’un petit mal actuel. Du reste il en est ainsi en hygiène, en morale, plus le premier fruit d’une première habitude est doux, plus les autres sont amers. » (Frédéric Bastiat – Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas – 1850) – Ainsi nos politiciens agissent-ils. Quand les conséquences nocives se révèleront, ils auront passé la main à leurs successeurs, eux-mêmes ayant empoché les bénéfices de leur mauvaise action initiale. Bravo la démocratie et les pièges à Gogos que sont l’alternance et le renouvellement.

« Partout règne l’excès, c’est-à-dire ce qui croît sans pouvoir être mesuré à ses propres fins … Pour qu’un système fonctionne il faut que la possibilité de contagion existe. Car ce qui n’a pas de fin n’a pas de raison de s’arrêter. » (Jean Baudrillard)

« La disproportion des fins crée une tension excessive (névrose islamique), la disproportion des moyens crée au contraire une dépression grave (une névrose d’impuissance). Mais celui qui ne croit pas à son impuissance est plus fort que celui qui ne croit pas à sa puissance. » (Jean Baudrillard) – Sur l’Orient et l’Occident.

« Le côté interminable du jogging (comme de la psychanalyse) tient à ce caractère de performance sans finalité, sans objectif, sans illusion. Ce qui n’a pas de fin n’a pas de raison de s’arrêter. » (Jean Baudrillard)

« Le vice, c’est celui de la circularité … Celui de toutes les institutions, systèmes et organisations qui se mettent à fonctionner en autarcie, sans plus aucun souci de leur objet ni de leur fonction. Immense machines célibataires dont toute l’énergie s’épuise en auto-alimentation et autoreproduction … Cercle vicieux de toutes choses qui, n’ayant plus de finalité objective, trouvent leur fin en elles-mêmes. » (Jean Baudrillard – Ecran total) – Ainsi est devenu ce qu’on appelle l’Etat, ainsi que les innombrables comités, autorités… qu’il crée sans cesse et dont la seule fin est de mettre des copains bien au chaud.

« Les moyens précèdent les buts ; c’est la disponibilité des moyens qui déclenche la recherche féroce de fins … ‘Cela fut fait parce que cela pouvait être fait. C’est tout’. Ce n’est qu’alors que l’on se rappelle la question du ‘dans quel but’ … ‘Etant donné que nous pouvons marcher sur la lune, que pouvons-nous y faire et que pouvons-nous en faire ?’ … A notre époque postmoderne, les moyens sont à peu près les seuls pouvoirs qui restent dans le domaine laissé vacant par les buts … Nous voilà donc flanqués ‘d’un marteau sans une main pour le guider, sa masse croissant toujours, son rythme toujours plus rapide.’» (Zygmunt Bauman – citant Jacques Ellul et Cornelius Castoriadis) – D’où, par exemple, la nécessité de la publicité pour créer artificiellement le besoin d’achat de nouveaux produits élaborés simplement parce que cela était possible.

« Le fameux slogan ‘la fin justifie les moyens’ ne peut fonctionner, tout simplement parce que cette fin n’existe pas en tant que telle. Immédiatement s’enclenche un nouveau rapport de forces. Toute politique qui tend à différencier la fin et les moyens et prétend connaître le pas nécessaire pour l’avènement d’une fin donnée ne fera que rétablir une politique de l’attente et de la discipline. » (Miguel Benassayag, Florence Aubenas – parlant politique)

« Le grand secret consiste justement en ce que le moyen est plus important que la fin. » (Nicolas Berdiaeff)

« S’interroger sur la finalité du mouvement : s’il est possible d’aller plus vite, pourquoi aller plus vite ? Si on peut aller plus loin, pourquoi aller plus loin ? Si on sait produire plus, pourquoi produire plus ? Si on est capable d’innover, pourquoi faut-il innover ? » (Jean-Paul Besset) – Mais il y a bien longtemps que personne ne se pose plus la question du pourquoi, des finalités…

« Ne pas poser la question des ‘Fins’, c’est accepter le monde tel qu’il va. » (Jacques Billard) – Et tel qu’il convient très bien au gang dominant.

« Faire une fin, dit-on. – C’est-à-dire faire un mariage, bon ou mauvais … L’acception philosophique du mariage envisagé comme la fin du Bourgeois n’est pas recevable. La fin du Bourgeois, c’est lui-même… » (Léon Bloy – Exégèse des lieux communs) – 1, XCIX)

« Le dommage n’est plus aujourd’hui que les moyens les plus effectifs sont employés aux fins les moins souhaitables, mais que ces moyens gagnant toujours en effectivité et en démiurgie sont spécialement conçus à la fin la moins souhaitable, la reproduction et le continuel élargissement de la dépendance du genre humain à la vie mécanisée ; que par ce fait la survie collective se trouve immédiatement subordonnée au bon fonctionnement de la machinerie mondiale. » (Baudouin de Bodinat) – La chaîne du froid, la biotechnologie, l’agriculture transgénique…

« Les fins s’expliquent par des causes a-rationnelles, la raison ne pouvant rendre compte que des moyens. » (Raymond Boudon – sur une théorie de David Hume)

« La notion de ‘rationalisation’ désigne simplement le processus par lequel, étant donné un projet ou un programme, on choisit des moyens plus appropriés … que ceux qu’on utilisait jusque-là. » (Raymond Boudon)

« L’ancien cynisme qui jugeait des moyens par les fins avait au moins figure humaine. Les fins, qui excusaient tout, avaient un sens dans la vie d’un homme. » (Pierre Boutang – sur la dépravation morale jointe à l’absence de fins du monde moderne)

« Combien de grands hommes ont échoué dans leurs projets parce qu’ils ont méprisé les petits moyens. » (François-Simon Defay-Boutheroue)

« On est entré dans une ‘société des individus’, selon l’expression de Norbert Elias qu’il définit comme une société ‘née de multiples projets, mais sans projet, animée par de multiples finalités, mais sans finalité’. » (Laurent Bouvet)

« La fin du cochon c’est le début de la saucisse. » (Bertold Brecht)

« La fin justifie les moyens. Mais qu’est-ce qui justifie la fin ? » (Albert Camus)

« ‘La fin justifie les moyens’. Ils se sont servis de ce précepte durant des années pour justifier toutes leurs trahisons, compromissions et renonciations. Tous les moyens leur ont été bons, en effet, sauf qu’ils se sont empressés d’oublier la fin. » (Daniel Carton – sur nos politiciens)

« Comment la fin justifierait-elle les moyens ? Il n’y a pas de fin, seulement des moyens à perpétuité. » (René Char)

« Les fidèles du progrès opposent un acte de foi : ‘On trouvera bien un moyen’. » (Bernard Charbonneau) – A quelque écueil que ce soit.

« Un jour, les hommes auront de grands moyens mais n’auront plus de but. Le vide est au bout de toutes ces routes de la vitesse. » (Jacques Chardonne)

« Dans les affaires importantes, négliger l’emploi de petits moyens c’est parfois s’enlever certaines chances de réussite, c’est se les retirer toutes que de leur donner une importance exclusive. » (Hyacinthe de Charencey)

« Les hommes cherchent moins à employer les moyens qui conviennent que ceux qui leur conviennent personnellement ; et telle est la cause la plus fréquente de leurs échecs. » (Hyacinthe de Charencey)

« Le rare, le merveilleux, c’est d’atteindre le but ; le vulgaire, le normal, c’est de le manquer. » (G. K. Chesterton)

« Il existe deux catégories d’esprit : ceux qui aiment le processus et ceux qui aiment le résultat. Les uns s’attachent au déroulement, aux étapes, aux expressions successives de la pensée ou de l’action ; les autres à l’expression finale, à l’exclusion de tout le reste. » (Emil Cioran)

« Tout projet est une fin camouflée d’esclavage. » (Emil Cioran)

« Tu viseras le but le plus important, le plus décisif que tu te sentiras la force d’atteindre ; tu choisiras à cette fin la voie la plus courte que tu te sentiras la force de suivre. » (Karl von Clausewitz)

« Seul le fond est important, dira-t-on, mais la forme en est l’expression. » (Gabrielle Cluzel – traitant de la manière de se vêtir) – La forme, moyen d’expression du fond.

« Que l’on réécrit le point de départ selon la ligne d’arrivée, elle-même mythifiée en finalité. » (Jean-François Colosimo – évoquant Max Weber et son éloignement du la raison occidentale et de son mépris positiviste)

« Le bon ouvrier commence par aiguiser ses instruments. » (Confucius)  

« Aucun idéal n’est à placer au-dessus de la qualité des moyens de sa mise en œuvre. Aucune instance idéale ne justifie les moyens, la pratique. » (Guy Coq)

« Au commencement, il n’y a pas de chemin, il faut marcher. C’est en marchant que se fait le chemin. » (saint Jean de la Croix)

« Celui qui veut la fin ne doit pas s’arrêter plus qu’il ne convient au moyen qui y conduit. » (saint Jean de la Croix) – Ne signifie pas qu’on peut user de n’importe quel moyen, mais qu’ un environnement agréable ne doit pas être recherché (dans la recherche de Dieu –mais on peut étendre)

« Le spectacle ne veut en venir à rien d’autre qu’à lui-même. » (Guy Debord – La société du spectacle)

« Quand la question des moyens évince celle des finalités, et que la gestion de l’outil devient sa propre fin, les choses perdent leur sens, l’Etat de droit sa raison d’être et l’homme son chemin. » (Régis Debray) – Ainsi va l’Occident libéral, anarcho-mercantile.

« Une plaisante mauvaise foi nous porte à vouloir la concorde sans le combat, le lien sans le liant, le réflexe civique sans la conscience historique, les droits sans devoirs, l’horizontale sans verticale, et pourquoi pas, tant qu’on y est, un dedans sans dehors. » (Régis Debray)

« L’attente même est contaminée par son atteinte : heure faste. Mais c’est aussi l’heure néfaste des parvenus et des arrivistes … ‘Si à la fin de toutes choses devait se trouver  un but susceptible d’être atteint, il serait sans doute meilleur que ce but ne soit jamais atteint car ce but atteint rendrait la vie sans but’. » (Henri Desroche – citant Jürgen Moltmann)

« A partir de certains seuils critiques, les outils et les institutions sont les mêmes qui éloignent les hommes des fins qu’ils disent poursuivre à travers eux : la médecine rend malade, l’école bêtifie, le transport immobilise et les communications rendent sourd et muet. » (Jean-Pierre Dupuy)

« Notre monde se caractérise par la profusion des moyens et la confusion des intentions. » (Albert Einstein)

« La fin justifie les moyens, dit-on. – Tout commence à s’embrouiller lorsque le Moraliste, le Rhéteur, l’Idéologue viennent par exemple proposer des fins à la guerre … On atteint la cote d’alarme quand on parle de la guerre de la Justice et du Droit … Car pour obtenir des objets si désirables, quels moyens n’emploierait-on pas ! … Et plus le bien est élevé, plus il me faudra payer cher …  Les mauvais moyens sont toujours garantis par des fins excellentes … Plus l’objectif est idéal, beau, bon, juste, grandiose, plus nous sommes conduits à user de tous les moyens, car il faut réaliser, accomplir ce Beau, ce Bon, ce Juste. Qu’importent les moyens dés ce moment ! Vils instruments destinés à disparaître lorsque la Fin sera réalisée. Qui donc se souviendra encore… La guerre n’est là que pour préparer la paix … Plus les fins que l’homme s’assigne sont nobles, élevées, justes, plus les moyens qu’il emploiera seront immondes et inhumains … Le pacifiste devient belliciste … On accepte les moyens ignobles de ses amis … On accuse les mêmes moyens chez ses ennemis sans considérer ce qui pourrait être légitime dans leurs objectifs …Commençons donc par nous défier grandement de tous les objectifs trop sublimes dont notre civilisation abonde, à droite, à gauche, au ciel et sur la terre … Eh bien, non, pas  question d’accepter les Fins. D’abord parce qu’on ne les atteint jamais ; c’est le bluff toujours renouvelé de ce qui sera juste demain. C’est le renvoi des responsabilités à un futur inexprimable … Au jour du jugement …  Plus la puissance grandit, plus les valeurs se dissolvent … Il est parfaitement illusoire de penser qu’il faut augmenter la puissance-moyen pour atteindre et réaliser la justice, la liberté, la vérité. » (Jacques Ellul – Exégèse des nouveaux lieux communs)

« Action calculée au départ de façon que : ou bien elle réussit, et l’on est satisfait des résultats concrets recherchés ; ou bien elle échoue, mais cet échec même est un excellent instrument de propagande pour la cause … Projet accepté et la gloire comme le profit en reviennent aux auteurs, projet rejeté, et celui qui le rejette est un fauteur de guerre qui refuse la collaboration, la coexistence … En présentant des exigences objectivement raisonnables mais inacceptables pour l’adversaire, la double possibilité d’exploitation permet de maintenir une attitude extrêmement intransigeante. Il n’importe pas vraiment d’aboutir à un résultat. On peut ne rien céder à l’adversaire, puisque  s’il refuse de céder, cela se retournera contre lui …Dans les deux cas, il perdra la face …  L’action porte en elle-même la propagande … Peu importe que l’action soit vraiment utile, ce qui compte c’est son utilisation dans cette ambiguïté … Tel est le calcul où les communistes sont passés maîtres …» (Jacques Ellul – se référant aux pourparlers d’armistice de Pan Mun Jon et surtout aux innombrables initiatives pour la paix de l’ex-URSS) – Les lobbies communautaristes, et subversifs, actuels ont retenu le procédé, d’autant plus efficace dans un monde ultra-médiatisé, stupidement émotif et larmoyant.

« Nous n’irons pas au but un par un mais par deux. » (Paul Eluard)

« L’ordre économique n’étant qu’un ordre de moyens, ne devant pas devenir des fins. » (Julius Evola) – Et bien si, c’est la seule fin, grotesque et pernicieuse, qui reste à l’Occident.

 « L’importance du processus … Les buts et les aboutissements importent moins. Il est plus urgent d’apprendre que d’accumuler des informations … Le voyage est la destination. » (Marylin Ferguson)

« En toute chose il faut considérer la fin. » (La Fontaine – Le renard et le bouc)

« La casuistique, des évaluations aussi convenables que possible de mesures à prendre dans des circonstances données. » (Julien Freund – définissant la casuistique) Méthode d’enseignement si largement pratiquée au Moyen Âge. Toujours valable, en politique notamment.

« Il existe le même rapport intangible entre les moyens et la fin qu’entre la graine et l’arbre. » (mahatma Gandhi)

« On nous parle sans cesse de ‘vides juridiques’ à remplir à chaque fois qu’une protestation se fait jour. Il faut protéger le consommateur, il faut protéger l’environnement, il faut protéger les emprunteurs contre leur désir d’emprunter plus qu’il n’est raisonnable, il faut se protéger contre les poursuites judiciaires, et protéger les consommateurs en leur permettant les poursuites judiciaires cotre leurs fournisseurs… » (Marcel Gauchet – sur la bureaucratisation démente de la société française)

« Ou bien seules comptent les fins c’est ’l’éthique de conviction’, satisfaite si tout est perdu fors l’honneur, ou bien l’acteur, pris dans une ‘éthique  de la responsabilité’, concentre son effort sur les moyens, au risque de contredire les fins censées le guider. » (André Glucksmann – reprenant Max Weber)

« Le moyen et la fin s’influencent comme dans une boucle, sans fin … L’ascétisme conduit à l’enrichissement, lequel conduit à l’abandon de l’ascétisme, et à l’enrichissement comme but. Belle illustration du jeu non linéaire entre la fin et les moyens ! » (Jacques Godbout – partant de l’ascétisme protestant originaire) – Citant également des cas où : le moyen modifie la fin (histoire du communisme), où la fin devient le moyen (le lieu fréquenté par nécessité qui devient le lieu de rencontre) où le moyen devient la fin (association à but précis devient amicale de copains), où le moyen est la fin (caresse érotique), où le moyen et la fin s’influencent en boucle (réaction sur les auteurs).

« Les hommes se trompent eux-mêmes et sur les autres, parce qu’ils prennent les moyens pour le but ; car alors un excès d’activité fait tout manquer, ou produit le contraire de ce qu’on attendait. » (Goethe)

« Le centralisme est depuis toujours une structure disciplinaire … Il est lié plus à l’instinct de puissance qu’aux exigences de la technique … Une entreprise perd de vue sa fonction et son utilité lorsque les buts abstraits de son organisation l’emportent sur sa raison d’être … une fois combinés, les divers composants ont, de façon progressive et cumulative, créé un système solidaire qui interdit toute pensée neuve, toute initiative pertinente, toute liberté de choix, et envahit tous les détails de la vie. » (Paul Goodman – interprété par Bernard Vincent – sur, notamment, la centralisation opérée par les grandes entreprises … et les Etats)

« Il faut passer de la conscience prospective, qui va vers l’avant, à une conscience rétrospective, qui se placerait à la fin du temps pour procéder de la fin vers les moyens, du but vers ses préparations. Faire arriver une conscience finaliste, dont d’ailleurs nous usons tous au quotidien, qui se placerait d’emblée vers la fin pour descendre après vers les moyens. » (Jean Guitton)

« Les sociétés rationnelles se sont toujours considérées comme les germes d’une société pure qui pourrait s’étendre telle quelle à la terre entière. Puisque le dernier bien est absolument pur, il est la raison incarnée, le premier moyen peut être absolument impur (violence et ruse). Fascination du bien conçu comme absolu. Le caractère immaculé de la fin verse son innocence sur le moyen sanglant. Et c’est pourquoi les purs sont violents et les violents se sentent purs … Comme l’invention de Guillotin, la violence abrège. »  (Jean Guitton)

« Quand il est question de moyens on s’imagine tout d’abord que le moyen est extérieur et étranger à la fin qu’il doit réaliser. Mais déjà les objets naturels en général, voire la chose inanimée la plus vulgaire, ne peuvent être employés comme moyens s’ils ne répondent pas à la fin, s’ils n’ont pas un point commun avec elle … Historiquement, la fin de la raison se réalise par les individus et là, au-delà de leurs intérêts particuliers, joue un élément inhérent à l’homme, et à l’homme seulement, sa moralité, son éthique collective, sa responsabilité morale. » (Hegel – simplifié)

« Il faut reconnaitre que les ‘moyens’ de la technique sont très particuliers, n’étant plus au service d’aucune fin différente d’eux mais constituant eux-mêmes la ‘fin’ … Dispositifs instrumentaux, façons de faire, opérations, procédés de plus en plus efficaces et sophistiqués, dont le développement ne connaît d’autres stimulations ni d’autres lois que lui-même et se produit ainsi comme un auto-développement. » (Michel Henry)

« Quand la production est devenue économique, quand il s’est agi de produire de l’argent, c’est-à-dire une réalité économique, en lieu et place des biens utiles à la vie et désignés par elle, la face du monde en effet a été changée. »  (Michel Henry)

« Qui poursuit l’infini avec ferveur progresse, même s’il n’arrive pas à ses fins. » (saint Hilaire)

« Les calculs relatifs aux moyens sont devenus fort sagaces, mais le choix des fins, auparavant lié à la croyance en une vérité objective, est devenu parfaitement inintelligent. » (Max Horkheimer)

« Dans une société technicienne les moyens tendent à engendrer les fins ; ou du moins les demandes, les besoins qui jouent le rôle de cibles à posteriori … illusion d’un progrès appelé par des fins qui ne sont en fait que des justifications après coup d’une croissance aveugle … ‘L’homme obéit d’abord à la technique et ensuite se donne des justifications idéologiques qui lui permettent d’avoir aux yeux de tous une raison accessible … et surtout de se donner l’apparence de la liberté’  La technique ne se développe pas en fonction de fins à poursuivre mais en fonction des possibilités déjà existantes de croissance’. » (Gilbert Hottois – citant Jacques Ellul))

« Seul le choix des moyens peut être soumis à la raison, non celui des fins. » (Hume) – « Rationalité instrumentale certes, mais rationalité dans l’ordre des valeurs ? » (Raymond Boudon)

« Pour vivre et pour agir, l’homme ne peut pas s’empêcher de se poser le problème des fins dernières. S’il ne le pose pas, l’homme s’arrête … Être eschatologique, il a besoin de croire que l’humanité a un avenir. » (Eugène Ionesco) – Dressé au seul immédiat, plus maintenant.

« On dit que la fin justifie les moyens : mais souvent aussi les moyens sont un prétexte de la mauvaise foi pour ajourner la fin aux calendes. L’homme d’action prend goût aux moyens en oubliant la fin qu’ils médiatisent … A force de séjourner parmi les moyens, il finit par y adhérer (l’argent) … faisant du moyen une fin en soi. » (Vladimir Jankélévitch)

« Le purisme qui prétend vouloir la fin sans les moyens est certes la doctrine de la mauvaise volonté machiavélique et de la mauvaise foi ; mais une volonté qui s’attarde un peu trop dans le domaine des moyens et qui prend goût à ce séjour, jusqu’à en oublier la fin dont ces moyens sont les moyens, cette volonté est elle aussi, bien qu’à rebours, suspecte ; c’est une mauvaise volonté non plus machiavélique mais cynique. Faire plus de concessions qu’il n’en est vraiment nécessaire, c’est encore de la mauvaise foi. » (Vladimir Jankélévitch)

« Une fin est ce en quoi une chose existe, un marteau pour marteler, un tube digestif pour digérer en vue de la conservation de l’organisme … Elle se définit par un ‘envers quoi’ et n’a rien à voir avec une quelconque valeur. » (Hans Jonas)

« Remplacement des fins par les moyens. Nous passons notre temps à discuter des moyens par lesquels on pourrait arriver aux fins. » (Pierre Jourde) – Ce qui évite d’envisager des fins, par exemple « élever les classes populaires par l’éducation … Car maintenant qui sait quelque chose ? Ce ne sont pas les gens qui sont passés par l’école, ce sont des gens qui sont dans des familles où l’on sait quelque chose. » (même auteur)

« Dans l’ordre du désir ou de l’intention, comme le dit saint Thomas, la fin précède ce qui est fait pour elle … L’ordre des faits ne reflète pas l’ordre des intentions … L’action individuelle se situe sur un théâtre d’opérations que l’esprit traite naturellement comme un donné stable … L’individu se sert d’une ‘carte du présent’ qu’il suppose valable pour toute la période qui l’intéresse … Le trajet est alors défini, encore qu’il puisse comporter des variantes en raison des ‘casuels’ pris en compte par le sujet, mais qui sont du même ordre que sa propre action. La route est tracée à partir d’une carte sociale donnée. D’un autre ordre sont les glissements et les bouleversements du terrain qui peuvent intervenir. Un projet peut être très bien calculé par rapport aux casuels pris en compte et manquer par une déformation sociale (exemple : inflation, grève, bouleversement politique ou économique, décès…). » (Bertrand de Jouvenel – à propos de la notion de projet)

« La voie européenne de la ‘modélisation’ passe par le rapport moyens-fin. Une fin étant idéalement conçue, nous cherchons ensuite les moyens à mettre en œuvre … le stratège chinois ne projette rien, ni ne délibère sur les moyens … Il tire parti du déroulement de la situation … des conditions entraînant inéluctablement des conséquences. » (François Jullien – sur la pensée chinoise)

« C’est l’absence de buts demandant un effort pour être atteints  qui engendre l’ennui et que souvent ce dernier, s’il dure, conduit à la dépression …Pour éviter de sérieux problèmes psychologiques, un homme doit donc se donner des buts qui supposent des efforts pour être atteints, et il doit connaître un minimum de succès dans la poursuite de ces buts. » (Théodore Kaczynski)

« Le contemplatif (le yogi) voit d’en haut et néglige les relations complexes sur les plans horizontaux (lui conférant l’attitude d’un naïf, d’un amateur et souvent d’un toqué) ; l’éthique du commissaire a pour résultat la justification des moyens par la fin, à l’opposé du quiétisme le danger de l’enthousiasme fanatique (à quel moment le bistouri du guérisseur devient-il la hache du boucher ?) » (Arthur Koestler)

« Toutes les tentatives faites jusqu’ici pour changer la nature de l’homme par les méthodes du ‘commissaire’ ont échoué … L’antinomie des méandres et des pentes … Si une foule avance le long des méandres, elle pousse son guide hors de la route, puis elle le suit … ou bien, en situation de responsabilité, il faut choisir et une fois qu’on a choisi, on est sur la pente, si on  a choisi de subordonner les moyens à la fin, on dégringole, de la légitime défense on passe à la bombe atomique de Nagasaki … Les essais pour évoquer la transformation par l’intérieur, organisation de la sainteté, méthode du ‘yogi’, ont également échoué, de la non-violence on passe à l’acceptation d’une réalité sordide ou même criminelle, naïveté, amateurisme, quiétisme, évasionisme, péché par omission, ou pire enthousiasme fanatique et imposition du bien qui ramène à la subordination des moyens à la fin et à l’éthique du commissaire … Le yogi et le commissaire sont quittes. » (Arthur Koestler – simplifié – sur la transformation de l’homme et du monde)

« Ne montre pas seulement le but, montre aussi le chemin,

« Car le but et le chemin sont tellement unis

« Que l’un change avec l’autre et se meut avec lui

« Et qu’un nouveau chemin révèle un autre but. » (Ferdinand Lassalle – cité par Trotski) – L’interdépendance de la fin et des moyens.

« La pensée politique et technique du temps actuel, qui atteint une sorte d’hypertrophie, nous a mené sur le plan même des fins utiles à des résultats finalement dérisoires. » (Bertrand Leclair)

« Puisque nous n’avons pas les moyens de nos ambitions, résignons-nous à avoir les ambitions  de nos moyens. » (Elisabeth Lévy)

« Cela fait pas mal de temps que la gauche a congédié le but au profit du mouvement ; c’est ce qu’elle appelle progressisme. » (Elisabeth Lévy) – La fin au profit du moyen.

« Si l’on n’est point exigeant sur la fin, il y a encore moins lieu de l’être sur le moyen. Moins la fin est humaine, plus le moyen – dans une proportion accrue – peut, sans inconvénient, être inhumain : parce que moyen et fin sont alors de plus en plus hétérogènes. » (cardinal Henri de Lubac)

« La plus grande corruption : celle qui dissout l’idée de bien dans l’idée de l’utile; celle qui dissocie le moyen et la fin, les rendant hétérogènes l’un de l’autre. » (cardinal Henri de Lubac)

« Chercher à rendre à l’homme son sens, c’est lui interdire d’user jamais de l’homme d’aujourd’hui comme d’un simple moyen en vue de l’homme de demain. Feuerbach, écrivait Karl Marx, dissolvait l’être religieux dans l’être humain ; Karl Marx, achevant le processus, dissout l’être humain dans l’être social. Ce qui devait magnifier l’homme, achève de le ruiner. » (cardinal Henri de Lubac)

« Toujours vous vous dirigez vers un but, vers lequel vous êtes portés tout entiers. Vous voulez vaincre. Que trouvez-vous sous vos pauvres victoires ? » (André Malraux – La tentation de l’Occident)

« L’ordre des moyens correspond inévitablement à l’ordre des fins. » (Jacques Maritain)

« Plus les œuvres et les moyens temporels sont riches de matière, plus ils ont leurs exigences propres et leurs conditions propres, plus ils sont pesants. » (Jacques Maritain)

« Le monde périt de lourdeur. Il ne rajeunira que par la pauvreté de l’esprit. Vouloir sauver les choses de l’esprit en commençant par aller chercher, pour le servir, les moyens les plus puissants, dans l’ordre de la matière, c’est une illusion. Autant attacher des ailes de colombe à un marteau-pilon. » (Jacques Maritain)

« Un but qui a besoin de moyens injustes n’est pas un but juste. » (Karl Marx) Lénine, Staline, Trotski, les tchékistes, et la plupart des communistes de base, ont dû sauter ce morceau.

« Là où il fallait patience, endurance, confiance, stoïcisme ou résignation, tout se guérit par la désinhibition et la mobilisation : la réponse à tout est ‘qu’il faut faire quelque chose’. Face à chaque défi, nous imaginons quelque chose à faire en plus et plus vite, des moyens supplémentaires … Des moyens, encore des moyens, plus de moyens … ‘Nous n’avons plus que des moyens pour lesquels nous cherchons désespérément des fins’. » (Yves Michaud – citant Zygmunt Bauman)

« Le désir de s’élever au-dessus de ses semblables … ou de s’enrichir à leurs dépens, conduit toujours, en effet, ceux qui en sont possédés, à accepter, à un moment ou à un autre, l’idée que la fin justifie les moyens, et par conséquent à reconnaître dans l’absence totale de scrupules un code de conduite justifié par la raison. » (Jean-Claude Michéa)

« Il faut entendre le mot ‘pourquoi,’ comme une demande portant non sur la cause efficiente du phénomène, son explication, mais sur sa cause, finale, son but. Il faut l’entendre comme signifiant ‘en vue de quoi ?’ » (Philippe Nemo)

« Le génie : avoir un but élevé et vouloir les moyens d’y parvenir. » (Nietzsche)

« Fâcheux ! Toujours la vieille histoire ! Quand on a fini de bâtir sa maison  on remarque qu’on a appris quelque-chose qu’on aurait dû savoir avant de  commencer. C’est l’éternel et douloureux ‘trop tard’. Mélancolie de tout achèvement. » ( Nietzsche)

« Pas de voie d’accès médiocre qui conduise à l’excellence. » (Michel Onfray)

« Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. » (Blaise Pascal) – Fin : à tous les sens du terme.

« C’est une chose déplorable de voir tous les hommes ne délibérer que des moyens, et point de la fin. » (Blaise Pascal)

« Le moindre mouvement importe à toute la nature ; la mer entière change pour une pierre. En chaque action, il faut regarder outre l’action, notre état présent, passé, futur et ceux des autres à qui elle importe, et voir les liaisons de toutes ces choses. » (Blaise Pascal)

« Les moyens et la fin se conditionnent mutuellement dans l’écriture : style, vision du monde et tempérament sont les aperçus d’une même réalité, celle qui fait l’œuvre et l’écrivain. » (Georges Picard)

« Nous nous précipitons vers la Fin, se hâtant vers le futur parce que nous ‘manquons d’être’ … et, ‘tirant de l’être à soi en faisant toujours ‘autre chose et encore autre chose’. » (Plotin – cité par François Jullien)

« Le sport ne cesse de dicter de multiples exigences : par exemple, l’exigence de performances n’aurait pas pu s’imposer dans tous les domaines ; sous sa tyrannie, de moyen, la performance est devenue fin. » (Robert Redeker)

« Abandonner les causes finales (résolution de Descartes), qui a d’abord touché les sciences affecte maintenant la quasi-totalité des activités humaines, évidées, éviscérées, vidangées. La définalisation évacue le sens de la vie, vidange la vie de toute trace de sens. Le progrès est devenu sa propre fin, progresser pour progresser… » (Robert Redeker – à propos du sport)

« Tu es d’avis que la fin justifie les moyens, même les moyens les plus infâmes. Tu as tort : ‘la fin est contenue dans la route qui y mène. Chacun de tes pas d’aujourd’hui est ta vie de demain’. Aucun grand objectif ne saurait être atteint par des moyens immoraux. La preuve en a été administrée dans toutes les révolutions sociales. Si la route qui doit te conduire vers un but est vile et inhumaine, tu deviens toi-même vil et inhumain, et tu n’atteindras jamais ton but. » (Wilhelm Reich – Ecoute, petit homme !)

« Une inconséquence grave est de rejeter les moyens de ce que l’on veut. » (madame de Rémuzat)

« Les cathédrales étaient déjà des ‘caps Canaveral’, mais vers l’autre monde. » (Dominique de Roux)

« Le Dieu du ‘savoir mourir’ ou même du ‘savoir exister’ sans ‘savoir vivre’ ne conduirait qu’a une société de moines. Mais la société positiviste se détruirait elle-même dans l’absurdité de moyens sans fins, comme le ‘Meilleur des mondes’ de Huxley … Mais l’histoire ne présente ni l’un ni l’autre de ces types extrêmes … Même les sociétés qui semblent proches du deuxième type, les sociétés américaines et russes (à l’époque) sont en fait animées de fanatisme et même de véritable mystique. » (Raymond Ruyer)

« Dans les desseins méprisables, les moyens odieux font horreur ; si le but est généreux, tout se pardonne. » (Jean-Baptiste Say)

« Ces professions diverses (les enseignants…) qui ont démantelé à l’automne 2001 une ‘Big Mother’ débordante et débordée ont en commun deux choses. Elles dénoncent toutes un manque de moyens, en se masquant que c’est d’abord un manque de fins qui les plonge dans le désarroi. » (Michel Schneider) – L’autre chose étant un manque de reconnaissance.

« La légitimité d’une cause ne peut justifier la lâcheté des moyens qu’on prend pour la servir. » (Louis-Philippe de Ségur) – Qui s’exprimait pourtant avant notre système de délation généralisée.

« Avant d’agir mesurez bien vos forces aux obstacles et vos moyens au but. »(Sénèque)

L’argent étant le moyen absolu « il s’élève, pour cette raison même, à la signification psychologique d’une fin absolue. » (Georg Simmel)

Le développement extraordinaire et extrêmement rapide de la technique « nous empêtre dans un réseau de moyens et de moyens des moyens, qui nous détourne par un nombre croissant d’instances intermédiaires de nos fins spécifiques et définitives … Un certain nombre de moyens reçoivent la dignité psychologique des fins suprêmes. » (Georg Simmel) – « La modernité se caractérise par une confusion de la fin et des moyens … C’est le danger inhérent aux cultures très développées … L’homme a le sentiment d’être écrasé plus que libéré par les produits techniques … L’unité de la culture n’est plus garantie. » (Jean-Louis Vieillard-Baron)

« Les apologistes de la violence nécessaire (les révolutionnaires) … Cette course à l’amok des mauvais moyens pour la meilleure fin … Ces décrantages qui à partir de l’ancien ‘tu ne dois pas’, avaient produit un ‘tu as le droit’ qui poussait vers l’avant, puis, directement, un ‘tu dois’ … ‘Seul l’acte meurtrier de l’homme qui sait, de manière imperturbable et excluant tout doute, que le meurtre ne peut être approuvé en aucune circonstance, peut être d’une nature, tragiquement, morale’ (Georg Lukàcs) … ‘Il y avait une erreur dans le système ; peut-être résidait-elle dans le précepte qu’il avait tenu jusqu’alors pour incontestable, au nom duquel il avait sacrifié autrui et se voyait lui-même sacrifié : le précepte selon lequel la fin justifie les moyens. C’était cette phrase qui avait tué la grande fraternité de la Révolution et les avait tous jeté en pleine démence. Qu’avait-il écrit naguère dans son journal ? ‘Nous avons jeté par-dessus bord toutes les conventions, notre seul principe directeur est celui de la conséquence logique ; nous naviguons sans lest moral’. Peut-être le cœur du mal était-il là. Peut-être qu’il ne convenait pas à l’humanité de naviguer sans lest … peut-être que la raison livrée à elle-même était une boussole faussée’… (Arthur Koestler – Le zéro et l’infini, Roubachov dans sa cellule la veille de son exécution). » (Peter Sloterdijk – Après nous le déluge – évoquant les exécuteurs des répressions de masse staliniennes, comme l’aveuglement parallèle des SS de Himmler)

« La forme dit le fond, le fond dit la forme. » (Gregory Solari)

« A fin étroite, volonté faible. C’est au but court et sans relief que l’on doit le ressort distendu et la mort de toute envolée. » (Père Zanotti-Sorkine)

« L’éclipse des fins au profit d’une raison instrumentale. » (Charles Taylor) – Conséquence de la postmodernité.

 « A maintes reprises … on a affirmé qu’une société instrumentale (accordant la priorité aux résultats) traduisant un mode d’existence commercial, capitaliste, et finalement bureaucratique,  occultant les significations les plus profondes, tend à vider l’existence de sa richesse, de sa profondeur ou de son sens. Il ne reste plus de place pour l’héroïsme, pour les vertus … Mais des normes élevées nécessitent des sources morales fortes … Disposons-nous toujours des moyens de voir que ‘cela est bon’ ? … L’obligation de bienveillance peut mener au sentiment d’être indigne qui peut conduire à projeter le mal hors de soi, sur une personne ou un groupe (bouc émissaire) … L’absence de sens qui accompagne fréquemment un  sentiment de culpabilité peut conduire à l’adhésion à une idéologie fortement polarisée pour donner un sens à sa vie et retrouver un sentiment de pureté fondé sur l’opposition aux puissances des ténèbres (‘Les Démons’ de Dostoïevski) … Les aspirations et les idéaux spirituels les plus élevés menacent d’imposer à l’humanité les fardeaux les plus écrasants. Les grandes visions spirituelles de l’histoire humaine ont aussi été des coupes empoisonnées (jusqu’au marxisme récemment) … Si les idéaux les plus élevées sont aussi les plus destructeurs, alors la voie la plus prudente est peut-être la plus sûre. (Charles Taylor) – On pourrait aussi évoquer l’imposition brutale de la démocratie à certains pays si ce noble idéal ne dissimulait pas parfois quelques intérêts plus concrets. – Le Grand Inquisiteur de Dostoïevski était moins dangereux que certains personnages des Démons.

«  L’excès des moyens compromet la fin. La mémoire surchargée réagit par l’oubli : la tête encombrée rejoint la tête vide. Nous souffrons de dénutrition par gavage. » (Gustave Thibon – sur l’excès d’informations)

« La vieille formule ‘la fin justifie les moyens’ a tendance à se renverser aujourd’hui, les moyens se justifiant par eux-mêmes et tenant lieu de fin … ‘Pseudo-progrès qui met la fin dans le perfectionnement des moyens’. » (Gustave Thibon)

« ‘La tragédie de l’homme moderne est de mettre sa fin dans le perfectionnement des moyens’. Or les moyens coupés de la fin se retournent contre leur auteur. » (Gustave Thibon – citant ?)

« A-t-on jamais vu l’abondance matérielle ou le défoulement sexuel tenir leurs promesses de bonheur, ou une révolution accoucher d’une société irréprochable ? » (Gustave Thibon)

« Et quand on perd le but vers quoi tendent tous les chemins, on n’a plus d’yeux que pour les chemins ; et l’on se perd dans leur exploration sans fin. L’inventaire indéfini des moyens, c’est précisément ce que les modernes entendent par ‘culture’, dont ils se font un ‘horizon indépassable’  … ‘S’imaginer qu’à force d’avancer, on s’élèvera dans les airs’ ou l’erreur du progressisme suivant Simone Weil. » (Gustave Thibon)

« On ne peut atteindre à une fin noble par des moyens ignobles car la fin sera perdue en cours de route. » (Tzvetan Todorov)

« Que la cause soit juste est une chose ; que tous les moyens pour y parvenir se vaillent en est une autre … L’humanité n’a connu, dans son histoire, que trop de nobles causes compromises par les moyens mis en œuvre pour s’assurer la victoire … On pourrait affirmer sans crainte de se tromper qu’aucune entreprise humaine ne produit plus de victimes que celle qui consiste à vouloir imposer le bien aux autres … les cadavres jouissent médiocrement de la liberté. » (Tzvetan Todorov – analysant Charles Péguy) – Certains ont aimé, et aiment encore, bombarder les peuples pour les libérer.

« Notre temps est devenu, à bien des égards, celui de l’oubli des fins et de la sacralisation des moyens … Ce n’est pas parce que tel travail scientifique sert, directement ou indirectement, des finalités spécifiquement humaines, le bonheur, l’émancipation ou la paix, qu’il sera encouragé et financé ; c’est parce qu’il prouve la virtuosité du savant … L’économie, de son côté, fonctionne suivant le même principe : le développement pour le développement, la croissance pour la croissance… » (Tzvetan Todorov)

« Le but n’est pas seulement le but, mais le chemin qui y conduit. » (Lao Tseu) – Ainsi aussi pour les pélerinages.

« La technique moderne est un moyen sans but, sans fin, simplement pour le moyen, pour son accumulation. » (Bertrand Vergely – L’arraisonnement de l’être de Heidegger)

« Ferme et invariable pour la fin, doux et suave pour les moyens. » (saint Vincent de Paul)

« L’erreur la plus commune et la plus mortelle, en matière de politique, est de croire que, pour réaliser un grand dessein, il suffit de réaliser un moyen puissant. Un moyen puissant n’est jamais puissant pour n’importe quoi, mais seulement pour réaliser ce qui résulte nécessairement de sa structure. » (Simone Weil) – Un parti bolchevik pour réaliser la disparition de l’Etat, la guerre de 1792 pour propager la Révolution  et qui a tué celle-ci… La guerre des Américains pour soi-disant apporter la liberté aux Irakiens… Et ce n’est pas pertinent qu’en politique.

« L’homme moderne, et particulièrement l’Américain, quelque ‘savoir-faire’ qu’il puisse avoir, est presque dénué de ‘savoir quoi’ … Le ‘savoir-quoi’ grâce auquel nous déterminons non seulement les moyens d’atteindre nos buts, mais aussi ce que doivent être nos buts. » (Norbert Wiener)  – Et il n’y a pas que l’Américain .

« Qui veut la fin veut les moyens. » (adage)

« Ne dégaine pas ton épée pour tuer un moustique. » (proverbe)

« De l’eau sale peut aussi bien éteindre un incendie. » (proverbe)

« Quand Dieu ne veut, le saint ne peut. » (proverbe)

« On ne va pas aux mûres sans crochet. » (proverbe)

« On ne peut charger le sac sur l’ombre de l’âne. » (proverbe – il y a des réalités, des contraintes qu’on ne peut violer) – Quand tous les Français qui en ont les moyens seront partis, qui payera des impôts ?

« En regardant trop le moyen, on perdra la fin. » (?)

 « Transmettre à notre société des raisons de vivre et pas seulement des moyens de vivre. » (?)

« Ce ne sont pas les perles qui font le collier, c’est le fil. » (?) 

« La fin n’est rien, le mouvement est tout. » (?)

« Oublier l’éthique en considération d’une fin, d’un objectif, fût-il louable, c’est inéluctablement légitimer une violence actuelle bien réelle, et vraisemblablement pervertir le but. » (?) – Toute l’histoire le rappelle.

Ci-dessous, extraits (remaniés) de l’ouvrage de Marshall McLuhan, Pour comprendre les médias

« Le message d’un médium ou d’une technologie, c’est le changement d’échelle, de rythme ou de modèle qu’il provoque dans les affaires humaines. Le chemin de fer n’a pas apporté le mouvement, le transport, la roue ni la route aux hommes, mais il a accéléré et amplifié l’échelle des fonctions humaines existantes, créé de nouvelles formes de ville et de nouveaux modes de travail et de loisir … Et ce indifféremment des marchandises qu’il transportait, c’est-à-dire du contenu du médium ‘chemin de fer’. L’avion, lui, en accélérant le rythme du transport, tend à dissoudre la forme ‘ferroviaire’ de la ville, de la apolitique et de la société, indifféremment de l’usage qui en est fait … Le message c’est le ‘médium’, parce que c’est le médium qui façonne le mode et détermine l’échelle de l’activité et des relations des hommes … La lumière et l’énergie électrique sont distinctes de l’usage qu’on en fait … D’après une opinion courante, ‘Les réalisations de la science moderne ne sont pas bonnes ou pernicieuses en soi ; c’est l’usage que l’on en fait qui détermine la valeur’, voilà bien la voix du somnanbulisme courant … L’attitude traditionnelle devant les  médias qui consiste à dire qu’ils valent ce que nous les faisons est l’attitude typique de torpeur du retardé technologique que nous sommes … Tocqueville a déjà expliqué comment l’imprimé, par saturation culturelle, avait homogénéisé la nation française au cours du XVIII° siècle … submergeant les structures complexes de l’ancienne société féodale … Les différences avec l’Angleterre peuvent s’expliquer par la sauvegarde d’une culture orale par celle-ci … La technologie change petit à petit et sans rencontrer  de résistance les rapports des sens et les modèles de perception … Les analyses de ‘contenu’ n’offrent aucun indice du pouvoir magique des média ni de leur puissance subliminale … L’alphabétisme phonétique a transporté l’homme du monde de l’audition à celui de la vision, changement radical que l’occidentalisation a apporté dans les pays ‘arriérés’ … L’éclairage électrique a liquidé le régime de la nuit et du jour, de l’intérieur et du dehors, les autos peuvent rouler la nuit, les édifices se passer de fenêtres. L’électricité est information pure, sans contenu qui puisse diminuer sa force de transformation … La demande d’une technologie nouvelle est peut être la plus évidente des structurations ou des effets psychiques qu’elle produit. Personne ne réclame d’automobile ou ne s’intéresse à la télévision tant qu’il n’ y a ni automobiles ni émissions … On est passé des Cités-Etats aux empires avec l’accélération du transport routier et de l’information via les messages écrits … Fin du voyage proprement dit ;  Le voyageur ne commence vraiment son voyage qu’après avoir atterri … C’est le chemin de fer qui a donné à l’art de la guerre une violence qu’on n’aurait pu imaginer ; la guerre de sécession le premier conflit important où le chemin de fer a joué le rôle principal … Les technologies sont les prolongements de nos organes physiques et de notre système nerveux, destinés à en accroître la force et la rapidité … Aussi longtemps que nous adopterons l’attitude de Narcisse, attitude qui consiste à considérer les prolongements de notre corps comme ‘extérieurs à nous-mêmes’ et indépendants  de nous, nous glisserons sur toutes les pelures de banane de la technologie et nous nous étalerons. »

Extraits du petit ouvrage de Léon Trotski, Leur morale et la nôtre. Livre dans lequel il attaque d’ailleurs plus les sociaux-démocrates et les staliniens que la réaction proprement dite.

« Admettons que ni la fin personnelle ni la fin sociale ne puisse justifier les moyens. Il faudrait alors chercher des critériums en dehors de la société … Où ? Au ciel si ce n’est sur la terre. La morale émancipée de la sanction religieuse fut un immense progrès (Hegel). Mais détachée des cieux, la morale avait besoin de racines terrestres. La découverte de ces racines fut l’une des tâches du matérialisme … Invoquer de nos jours les ‘vérités éternelles ‘ de la morale, c’est tenter de faire rétrograder la pensée … Les théologiens jésuites enseignaient qu’un moyen peut être indifférent par lui-même, mais que sa condamnation ou sa justification est commandée par la fin. Un coup de feu est par lui-même indifférent : mais tiré sur le chien enragé qui menace un enfant, c’est une bonne action ; tiré pour tuer ou faire violence, c’est un crime … Les  bolcheviks sont aux démocrates ce que les Jésuites étaient à la paisible hiérarchie ecclésiastique … On ne peut s’indigner du principe jésuitique tout en s’inspirant de l’utilitarisme, si caractéristique de la philosophie britannique. La fin qui justifie les moyens suscite d’ailleurs la question : qu’est-ce qui justifie la fin ? Le moyen ne peut être justifié que par la fin. Mais la fin a aussi besoin de justification. Nous répondons qu’est permis tout ce qui mène à la libération des hommes … La classe dominante impose ses fins à la société et l’accoutume à considérer comme immoraux les moyens qui vont à l’encontre de ces fins, telle est la mission de la morale officielle … Celui qui s’incline devant les règles édictées par l’ennemi ne vaincra jamais … Les gens pris comme otages (Trotski défend là son décret de 1919 sur les otages) sont au moins liés par des intérêts de classe et de solidarité familiale à l’un des camps. La guerre moderne avec son artillerie à longue portée, avec son aviation, ses gaz toxiques, avec son cortège de destruction, de famine d’incendies et d‘épidémies implique inévitablement la perte de centaines de milliers et de millions d’individus qui ne participent pas à la lutte, vieillards et enfants compris (combien d’assassinés à Hambourg, à Dresde, à Tokyo, à Hiroshima, en France aussi ? Merci les Anglo-Saxons)… Du point de vue des ‘vérités éternelles’ la révolution est naturellement ‘immorale’. Ce qui nous apprend seulement que la morale idéaliste est contre-révolutionnaire … Il ne saurait y avoir chez le révolutionnaire marxiste, de contradiction entre la morale personnelle et les intérêts du parti, car le parti embrasse les tâches et les fins les plus hautes de l’humanité (jouez trompettes). »

Extraits du livre de Naomi Klein, La stratégie du choc, la montée d’un capitalisme du désastre. Du moins du début qui contient une idée, et une idée fort pertinente résumée ci-dessous. Le reste des 500 pages de ce pavé militant contient beaucoup trop d’exagérations et d’amalgames pour être utilisé. Les lecteurs de mon recueil doivent se douter que je ne suis pas porté sur l’américanophilie, mais il y a des limites. Si le monde est d’une part gris foncé (cas des Etats-Unis et de leurs laquais, aujourd’hui – cela peut changer toujours) et d’autre part gris clair, Il est trop simpliste de le voir en  noir et blanc.

« Les désastres ne sont plus des périodes de nivellement social (enfin pas pour tous) … La ‘destruction créative’ … Milton Friedman et ses disciples avaient perfectionné leur stratégie. Attendre une crise de grande envergure, puis pendant que les citoyens sont encore sous le choc, vendre l’Etat morceau par morceau, à des intérêts privés avant de s’arranger pour pérenniser les réformes à la hâte (Tsunami de 2004 au Sri Lanka, ouragan ‘Katrina’ de 2005 à la Nouvelle Orléans, guerres contre l’Irak et les opérations militaires baptisées ‘choc et effroi’, utilisation aux Etats-Unis même  des attentats du 11 septembre 2001) … J’appelle ‘capitalisme du désastre’ ce type d’opérations consistant à lancer des raids systématiques contre la sphère publique au  lendemain de cataclysmes et à traiter ces derniers comme des occasions d’engendrer des profits … Profiter des traumatismes collectifs pour opérer de grandes réformes économiques et sociales … Utiliser les périodes de changement cataclysmiques durant lesquelles les citoyens, avec leurs habitudes obstinées et leurs exigences persistantes sont neutralisés et où la démocratie apparaît comme impossible en pratique … ‘Un nouveau gouvernement jouit d’une période de six à neuf mois au cours de laquelle il peut opérer des changements fondamentaux. S‘il n’en profite pas pour agir avec détermination, une telle occasion ne se représentera plus’ (Milton Friedman) … ‘Les technocrates de l’économie jouissent du luxe d’une page blanche sur laquelle ils peuvent déployer, dans tout son épanouissement pour ainsi dire, le cadre de politique économique qu’ils préconisent’ (Arnold Harberger) … ‘Seule une attaque éclair lancée pendant la conjoncture favorable créée par le brouillard de la transition permet d’apporter les changements avant que la population n’ait eu le temps de s’organiser pour protéger ses intérêts’ (Joseph Stiglitz)… La ‘science de la peur’ (tortures et assassinats, confinement, isolement, stimuli divers : Irak, Amérique du sud…) pour les récalcitrants … A l’approche de l’invasion de l’irak, le Pentagone enrôla tous les médias américains dans un exercice d’escalade de la peur à l’intention des Irakiens (inutile de dire que les serviles médias européens, français en tout cas suivirent avec empressement) … Guerre privatisée (Irak toujours), reconstruction privatisée, externalisation de la reconstruction comme de la destruction, boom économique dès que les bombes commencent à tomber, boom économique dès qu’elles s’arrêtent, destructeurs et reconstructeurs appartiennent seulement à des divisions différentes des mêmes entreprises (entreprises de mercenaires, multiples agences, Hallburton, Blackwater, Carlyle group, etc.) … Partout où il s’est installé, le complexe du capitalisme du désastre a engendré une prolifération de groupements armés en marge de l’Etat. »

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