310,2 – Extrémiste, Fanatique, Fondamentaliste, Intégriste

– Attention, ces quatre espèces de personnages ne sont pas les mêmes. Seul le fanatique est réellement dangereux. Mais le pouvoir politico-médiatique mélange intentionnellement tout de manière à pouvoir cracher et vomir sur n’importe quelle opinion s’écartant de la doxa qu’il impose et à laquelle il doit ses privilèges.

– Intégriste, toute personne qui croit en quelque chose d’autre qu’elle-même, tient à ses idées et les affiche (à ses risques et périls, et parfois aussi à ceux des autres), qui ne se contente pas d’être un consommateur, une machine désirante, donc individu peu recommandable ; changer de trottoir si on en rencontre. Cette ironie étant dite, il y a des dingues dangereux.

– Comme l’intégriste, l’extrémiste est celui que la classe dominante veut déconsidérer. Dans les démocraties occidentales, il est normalement qualifié de populiste, ce qui veut dire proche du peuple, et est donc insupportable.

– Le fanatique est décrit ci-dessous par Gérard Haddad.

– Le fondamentalisme consiste à prendre les textes à la lettre, en refusant toute interprétation, en rejetant toute tradition, toute erreur possible de traduction, de transmission, en négligeant l’appréciation du contexte d’alors – « Il y a fondamentalisme quand un détail de la conscience, une idée, tend à l’envahir ou à l’asservir tout entière … Le fondamentalisme se présente comme un bloc de mythes et de traditions détaché de l’histoire qui enraye tout mouvement de la conscience individuelle. » (Stanko Cerovic)

– Proche du précédent, « L’intégriste est celui qui veut faire la volonté de Dieu… Que Dieu le veuille ou non. » (André Frossard)

– Quand on voit la stupidité et la perversion morale qu’affiche l’Occident et dont même il se  targue, on peut, et doit, comprendre et approuver certaines positions de refus actifs, non violents, de cette corruption suicidaire.

– Devinette : entre un bobo relativiste et un fanatique, qui va l’emporter ? On parie ?

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« Les intégristes musulmans  combattent certes l’Occident en tant que chrétien, mais surtout en tant que sécularisé, laïc, pluraliste et relativiste. » (Pierpaolo Antonello) – Il est bien certain que certaines mesures dites sociétales (!) perturbent plus de gens qu’un christianisme apaisé et devenu très minoritaire.

« Tous les excités, dans un sens comme dans l’autre, doivent être disqualifiés. Il se pourrait bien que, pour le moment du moins, les excités les plus dangereux soient les antiracistes. » (Jean Baechler – Commentaires n° 33)

« Ils couperaient une forêt pour se faire une canne. » (Maurice Barrès)

 « Les Indiens (de l’Amérique de la conquête de jadis) dans leur religiosité implacable font honte à la raison occidentale de la profanation de ses propres valeurs. Leur fanatisme est insupportable comme condamnation et démystification d’une culture à ses propres yeux (la même chose  se produit avec l’Islam aujourd’hui). Un tel crime est inexpiable et justifie à lui seul l’extermination. » (Jean Baudrillard) – L’insupportable est certes bien que l’on vous désigne votre contradiction entre valeurs affichées et leur profanation. Il est quasi impossible pour le relativisme de l’Occident de tolérer les croyances fermes et inébranlables. Mais les conclusions de l’auteur sur l’extermination sont des plus discutables.

« Fanatique : qui s’attache avec une ardeur opiniâtre à une opinion que vous ne nourrissez pas. » (Ambrose Bierce)

« Le fanatisme, dit-on. – Le Fanatisme, c’est de prononcer ‘oui’ ou ‘non’ sur n’importe quoi. Il n’y a pas d’autre définition. ‘Que votre discours soit Oui, oui ; Non, non ; tout ce qui se dit de plus vient du diable.’ Telle est la formule du fanatisme dans le Sermon sur la Montagne … En général, le laconisme, la concision et, conséquemment, toute espèce de précision est soupçonnable de fanatisme. Un sectaire capable de vociférer avec abondance, un avocat braillard, un député loquace … un saltimbanque sur son tréteau ne seront jamais des fanatiques… » (Léon Bloy – Exégèse des lieux communs – 2, LXXXII)

  « Les extrémistes de toutes opinions possèdent, malgré la divergence des buts poursuivis,  des caractères identiques. L’extrémiste sincère est mystique, violent, borné.» (Gustave Le Bon) 

« Un extrémiste qui posséderait quelque trace de jugement, de sens critique et de clairvoyance cesserait aussitôt d’être un extrémiste. » (Gustave Le Bon)

« Le fanatisme est une religion politique qui entend résoudre dans l’histoire le problème du mal par des techniques d’écrasement et d’extirpation radicale. Il professe une doctrine de salut par la nation, la classe ou le parti. Le fanatique est aussi bien esclave terroriste que maître despotique … Même esprit de tyrannie … même manichéisme … et qui a besoin pour se rassurer sur le bien et le vrai d’une unification des consciences, impériale, charnelle, violente. Familier des procès d’hérésie, le fanatique poursuit à la fois le déshonneur, la réfutation et la mort de l’adversaire. Sa cruauté est le fruit d’une haine sans passion qui s’exerce légalement, mécaniquement, rituellement. Le fanatique réduit ses victimes à une condition anonyme, substitue à leur visage concret la définition abstraite de l’hérétique et du traître. … Il résout le problème du mal par la destruction des méchants. » (Etienne Borne) – Les inquisiteurs au service de la pensée totalitaire dominante se reconnaîtront.

« Fanatique : héros qui pour le triomphe des ses préjugés est prêt à faire le sacrifice de votre vie. » (Albert Brie)

« L’une des vertus de la radicalité pour ceux qui s’y adonnent, y compris dans les sectes, c’est qu’elle exonère l’individu de ses erreurs passées. Rien de ce qu’il a commis n’est de sa faute, c’est pourquoi il doit rompre avec sa famille et son environnement pour renaître. » (Gérald Bronner)

« L’idée qui lie croyances sectaires et faible niveau social et scolaire est fausse. La plupart de nos contemporains ne manquent pas d’attribuer les dérives radicales … à la folie ou à la misère sociale, affective et intellectuelle … La réalité est pourtant tout autre : la pensée extrême reste bien souvent l’apanage de personnes éduquées , issues de milieux sociaux homogènes et peu frappées par la grande pauvreté, pour la plupart entourées, bref de citoyens ‘normaux’ … Dans le cas des terroristes, ce qui frappe, ce n’est jamais une forme d’insensibilité morale, mais au contraire une sensibilité exacerbée, telle qu’elle ne peut souffrir aucune compensation possible dans l’esprit du terroriste le plus déterminé. » (Gérald Bronner) 

« Les femmes sont extrêmes, elles sont meilleures ou pires que les hommes. » (La Bruyère) – Et c’est bien pourquoi les sociétés, les institutions s’en sont toujours méfié.

« On s’effraie des partis violents ; mais ils conviennent aux âmes fortes, et les caractères vigoureux se reposent dans l’extrême. » (Chamfort)

« Le nihilisme est le meilleur terreau du fanatisme ; qui ne croit à rien n’a aucune raison de résister aux entraînements collectifs. » (Bernard Charbonneau)

« Fanatique : quelqu’un qui ne veut pas changer d’avis et ne veut pas non plus changer de sujet. » (Winston Churchill)

« J’étais jeune et ne pouvais admettre d’autres vérités que les miennes, ni concéder à l’adversaire le droit d’avoir les siennes, de s’en prévaloir ou de les imposer … Celui qui avant la trentaine n’a pas subi la fascination de toutes les formes d’extrémisme je ne sais si je dois l’admirer ou le mépriser, le considérer comme un saint ou comme un cadavre … Il a triomphé du démon ou, chose plus grave, il n’en a jamais été possédé. » (Emil Cioran)

« L’intégrisme est un choix personnel. » (Philippe Couillard, premier ministre du Quebec) – Comme le goût du chocolat sans doute. Vive les assassins.

« Le fanatisme se laisserait mieux saisir comme fuite de soi dans un ‘nous’ érigé en autorité suprême que comme amour de soi dans une communauté choisie et privilégiée … Beaucoup d’analyses sur le mal resteraient exactes si on substituait à l’amour de soi originaire une haine de soi non moins originaire. » (Alain Cugno)

« Nous sommes tragiquement forcés d’en retenir que, dans bien des cas, un mouvement d’humeur collectif, une émotion partagée, une exaltation passagère, ont joué un rôle plus important que l’adhésion délibérée à une idéologie fanatique. » (Paulina Dalmayer, évoquant un livre de Gitta Sereny, Dans l’ombre du Reich, recueil d’interviews dans leurs prisons d’anciens nazis)

« Les fanatiques de la liberté finissent comme techniciens de la police. » (Nicolas Gomez Dàvila) – Dessein caché du révolutionnaire.

« L’alphabétisation de masse au XVI° siècle a entraîné pour corollaire le littéralisme textuel, base des fondamentalismes. La Bible en beaucoup de mains et chacun de  se livrer à ses visions apocalyptiques, à ses impatiences millénaristes …  Les guerres de religion … Le clergé médiéval avait, jusqu’alors,  maintenu vivante la promesse tout en renvoyant son accomplissement à une date ultérieure.  Mais quand il n’y a pas de clergé : sunnites, néoprotestants ! » (Régis Debray – L’angle mort – Tous les excès. Similarité avec la dématérialisation et le djihadisme aujourd’hui, avec l’avenir radieux communiste d’hier)

« Mann appelait ces ombres : les ‘nouveaux Huns’. » (Chantal Delsol)

« Ceux qui n’acceptent pas l’égalité de toutes les formes de vie sont appelés ‘fondamentalistes’, et ils n’ont pas droit de cité. » (Chantal Delsol)

« Obéir était un besoin pour cette nature étriquée, avide de soumission, toujours au nom d’une ‘grande cause’, d’une ‘grande idée’. mais en somme le but n’a pas d’importance en ce cas, car les jeunes fanatiques ne comprennent le dévouement à une cause que pour autant que celle-ci s’incarne dans une personnalité‚ qui en est comme la représentation à leurs yeux. » (Dostoïevski – Les démons)

 « J’aime les gens tranchants et énergumènes, on ne fait rien de grand sans le fanatisme. Le fanatisme est la foi, la foi même, la foi ardente, celle qui fait des œuvres et agit. » (Flaubert)

« Dans la fresque élaborée par Anatole France, il est clair que les révolutionnaires ont beau avoir répudié Dieu, fait la chasse aux prêtres réfractaires et dissous les ordres religieux, ils n’en demeurent pas moins prisonniers d’une forme insidieuse de religiosité … un étrange aveuglement religieux dont les révolutionnaires n’ont jamais su se déprendre (Lucien Leuwers)  … ‘Enfant ! … Je suis atroce pour que tu sois heureux. Je suis cruel pour que tu sois bon. Je suis impitoyable pour que demain tous les Français s’embrassent en versant des larmes de joie … Quand tu seras un homme, tu me devras ton bonheur, ton innocence’… » (Anatole France – les dieux ont soif) – Ceux qui ont connu de vrais révolutionnaires, pas les intellectuels en peau de lapin, savent combien ce fanatisme d’ordre quasi religieux est vrai.

« Dans le monde actuel, nous voyons des gens, de plus en plus nombreux, prêts à mourir pour tuer des gens qu’ils n’ont jamais vus. » (René Girard) – Dans les guerres classiques aussi. Néanmoins on pourrait peut-être se demander un peu pourquoi, affronter les causes, regarder les questions en face…

« Les hommes sont moins dangereux lorsqu’ils agissent en fonction de leurs intérêts que lorsqu’ils sont fanatisés par quelque idéologie. » (Christian Godin)

« Nos décideurs surpayés, qui s’abritent derrière le marché pour légitimer leurs privilèges, ressemblent à ces barbus fondamentalistes qui brandissent le Coran pour couvrir l’oppression de leurs femmes. » (Jean-Claude Guillebaud)

« Que peut-on faire entrer dans un esprit qui est plein ? » (Joseph Joubert)

« Comme tous les fanatiques de la puissance et de la domination, ses rêves sans frein l’entraînaient dans les royaumes de l’utopie. Il appartenait à l’espèce des rêveurs concrets, qui est très dangereuse. » (Ernst Jünger)

« Les progressistes ont tendance à haïr tout ce qui renvoie une image de force, d’habileté et de réussite … Le progressiste est anti-individualiste et procollectiviste … Il n’a pas confiance en ses propres capacités à résoudre ses problèmes et à satisfaire ses besoins. Il est opposé à la notion de compétition parce que, dans le fond, il se sent minable … Son sentiment d’infériorité est tellement ancré qu’il ne peut pas s’imaginer fort et doté d’une valeur propre. Cela explique son goût pour le collectivisme : il se sent fort uniquement en tant que membre d’une grande organisation ou d’un mouvement de masse … Ni la compassion ni les principes moraux ne suffisent à expliquer l’activisme des progressistes. L’agressivité et le goût du pouvoir sont des composantes bien trop importantes de leur comportement. Nombre de leurs actions ne sont d’ailleurs pas calculées rationnellement en vue d’aider les gens qu’elles sont censées soutenir … Les problèmes (raciaux)  leur servent de justification pour exprimer leur propre agressivité et leur désir frustré de pouvoir … S’il n’y avait plus de problèmes sociaux, les progressistes en inventeraient afin d’avoir un prétexte pour faire du foin … Le progressisme est en contradiction avec la nature sauvage et la liberté humaine … Collectiviste, il cherche à faire du monde entier un tout unifié … Quand les progressistes étaient en minorité dans les universités, ils s’étaient faits les ardents défenseurs de la liberté d’expression, aujourd’hui qu’ils ont imposé leur mode de pensée, à l’exclusion de tout autre, c’est le ‘politiquement correct’ … Ils ont la conviction que leur idéologie est moralement juste et que c’est un devoir de l’imposer à tous … Idéologie totalitaire de caractère quasi religieux (ce qui est contraire incarnant le péché) cherchant à envahir tout recoin de la vie privée et à modeler toute pensée … instinct de puissance … Ce sont en général les assoiffés de pouvoir qui parviennent à la tête des mouvements progressistes … Le progressiste aime à aligner les poncifs de gauche, ‘racisme’, ‘sexisme’, ‘homophobie’, ‘capitalisme’, impérialisme’, ‘néocolonialisme’, génocide’ (‘féminicide’ ?), ‘progrès social’, ‘justice sociale’, ‘citoyenneté’, etc. » (Théodore Kaczynski – La société industrielle et son avenir – considérations éparses sur cette espèce redoutable, le progressiste)

« Le dialogue logique devient impossible et l’on doit céder la place à la psychothérapie. » (Arthur Koestler)

« La passion de l’extrême, en art comme en politique, est un désir déguisé de mort. » (Milan Kundera)

« Ce n’est pas un extrémiste, ni un homme partial. C’est un sage. Il est équitable. Il se garde de toute passion. Au reste, il a de l’expérience, il sait qu’en toute affaire les torts sont partagés … Aussi recourt-on volontiers à son arbitrage. De deux adversaires qui le prennent à témoin, si l’un dit que deux et deux font cinq, et l’autre qu’ils font quatre, il penche prudemment vers la solution moyenne pour ne mécontenter personne : deux et deux, suggère-t-il, font à peu près quatre et demi. » (cardinal Henri de Lubac)

« Et tous les extrémistes des années soixante, devenus notaires à la place des notaires qu’ils conspuaient (vous finirez tous notaires ! Marcel Jouhandeau en 1968), au nom d’un amour abstrait prêchent une haine concrète … Intellectuels médiatiques, ‘profs’ de fac, grands reporters, ministres ou autres décideurs, ils forment des coteries dont les avis sont sans appel et les jugements expéditifs … et leurs pratiques suivent logiquement un tel revirement. L’hypocrisie leur tient lieu de morale. » (Michel Maffesoli)

« Le propre du fanatisme est de mettre le sens commun en déroute. » (Gabriel Marcel)

« Les raisons d’adopter un fidéisme et un ritualisme obscurantistes stricts : il s’agit de cadrer sa vie, de fuir la liberté et de trouver la parfaite sécurité dans la croyance. » (Yves Michaud)

« Les fanatiques et les pervers (ceux que Dostoïevski appelait ‘Les possédés’) sont presque toujours de grands pervers. Et ce sont aussi, paradoxalement, de grands donneurs de leçons. » (Jean-Claude Michéa)

« Le nouveau fondamentalisme érotique a métamorphosé en acte agressif et répréhensible le simple regard d’un individu du sexe opposé croisé dans la rue. Ce fondamentalisme ressemble, par plusieurs aspects, au fondamentalisme islamique … Il nous ramène aux burqas et aux échafauds. » (Cristina Nehring)

« Le fanatisme est la seule forme de volonté accessible aux faibles. » (Nietzsche)

« Les forcenés divagants, les extatiques qui recherchent des instants de ravissement d’où ils tombent dans la détresse de l’esprit de vengeance. » (Nietzsche)

« L’adhérent fanatique à une cause quelconque se reconnaît principalement à ceci qu’il est au fond indifférent à cette cause et seulement fasciné par le fait que cette cause lui paraît, à un moment donné, pouvoir être tenue pour certaine … Ce qui compte pour eux est l’idée purement abstraite que le marxisme est vrai ou que Staline a raison … L’adoration d’une vérité se double ainsi toujours d’une indifférence à l’égard du contenu de cette vérité même … L’indifférence du fanatique à l’égard de son propre fanatisme explique le fait, apparemment paradoxal, que l’entêtement à soutenir une cause se double toujours d’une totale versatilité, qu’il entre dans la nature de la crédulité humaine d’être nécessairement capricieuse et changeante. » (Clément Rosset)

« Le goût de la certitude est souvent associé à un goût de la servitude … L’espoir du gain d’un peu de certitude obtenu en échange d’un aveu de soumission à l’égard de celui qui déclare se porter garant de la vérité … Incapables de tenir à quoi que ce soit pour certain, mais également incapables de s’accommoder de cette incertitude, les hommes préfèrent le plus souvent s’en remettre à un maître qui affirme être dépositaire de la vérité à laquelle ils n’ont pas accès eux-mêmes … Plutôt que d’assumer leur ignorance, ils préfèrent troquer leur liberté contre l’illusion que quelqu’un est là qui pense pour eux et sait ce qu’ils ne réussissent pas à savoir … Le fanatique ne croit lui-même à rien ; il croit en revanche à celui ou celle dont il pense confusément qu’ils croient à quelque chose. » (Clément Rosset)

« Le fanatique est souvent un raisonneur pur, un logicien qui va jusqu’au bout de son idée fixe … Les extrémistes … sont des logiciens simplistes et intrépides. Leurs actes sont des conclusions. Ils détestent moins leurs adversaires, les ‘idiots qui ne pensent pas’, que leurs compagnons de lutte, moins logiques qu’eux-mêmes, qui ne vont pas jusqu’au bout, qui refusent de faire encore un effort, qui commencent un raisonnement et ne l’achèvent pas, qui pensent, et ne réalisent pas leurs pensées. » (Raymond Ruyer) – Mais les extrémistes sont rarement ceux que l’idéologie dominante appelle ainsi pour les détruire.

« L’irrespect barbare pour toute forme d’héritage : tel est le principe du fanatisme moderne, qui se manifeste sans réserve par la passion hypermoderne  de la rupture éradicatrice et de la  destruction rédemptrice. » (Pierre-André Taguieff)

« Le fanatisme répond à deux instincts très profonds de l’être humain : le besoin de sécurité et la tendance agressive. Il rassure la faiblesse et il justifie la violence : il fournit à la fois la cuirasse et le glaive … Il compense leur instabilité intérieure (celle des fanatiques) par la raideur des convictions affichées : l’absence totale de souplesse leur tient lieu de consistance. » (Gustave Thibon)

« Fanatisme des jeunes gens. La jeunesse n’est pas l’âge de la liberté, c’est celui de la ferveur. Des passions violentes au service d’idées étroites. Quand les idées s’élargissent la ferveur tombe en proportion. Et, de cet abîme de scepticisme, émerge une liberté sans limites, mais sans danger : toute menace d’incendie étant conjurée, car les vents intérieurs n’agitent plus que des cendres. » (Gustave Thibon)

« Les hommes du refus, je les connais, ayant été l’un d’eux par bien des aspects. Sous leur soutane de surenchère critique remue le bras séculier des pires inquisitions. » (Raoul Vaneigem)

« L’autosatisfaction générale dont font preuve les libéraux en se moquant des fondamentalistes dissimule le vrai problème : la dimension de classe cachée. » (Slavoj Zizek – La nouvelle lutte des classes) – Sur « les inquiétudes et les craintes des gens ordinaires qui subissent la présence des réfugiés, en les traitant comme de l’expression de préjugés racistes, voire comme du néofascisme. »

Extraits du livre de Gérard Haddad, Dans la main droite de Dieu, traitant du fanatisme (ne pas confondre avec l’extrémisme, position certes affirmée mais non fanatique).

« Comportement d’adhésion totale à une croyance dont le triomphe prime toute autre considération … Légitimation de mourir et de tuer … Haine totale, meurtrière, génocidaire … Le fanatique ne cherche pas tant des raisons de vivre que de mourir, de se sacrifier … Le fanatisme se présente souvent sous la bannière de la pureté du message originaire … Pour le fanatique religieux millénariste, détenir une vérité absolue, possession qui constitue le socle de tout fanatisme,  transcendant à la fois la nature et l’Histoire, est sans doute le plus puissant narcotique inventé par les hommes pour endormir leur angoisse de mort … Le fanatisme permet de surmonter la souffrance du doute (ce doute cartésien, devenu valeur métaphysique), de retrouver des forces pour l’action … Ce confort psychique devient un bien des plus précieux. Malheur à qui s’aviserait de le récuser ! … ‘Du passé, faisons table rase’ ! Aucun slogan ne résume mieux le fond commun à tous les mouvements fanatiques millénaristes … Retour à un mythique âge d’or … quête des origines et matin du monde … ‘Happy end’ … projet d’un monde idéal précédé d’épreuves sanglantes. »

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