250,1 – Egalité / Différences; Diversité, Parité, Multiculturalisme

– « Aristote affirmait que l’équité peut être supérieure à l’égalité en ce qu’elle tient compte des cas particuliers. » (?)

– Son domaine de légitimité est dans l’égalité en droits à la naissance et dans l’égalité des chances. Actuellement, on confond, volontairement pour tout embrouiller, l’égalité (de droits, de principe et de fait autant qu’il est possible…) et l’égalitarisme (nivellement par le bas).

– Sinon, idée pure qu’il faut préserver sans trop y croire. Les uns sont au-delà du niveau moyen et d’autres en deçà ; tout au moins à un moment donné car cela varie au fil du temps. Rien n’est jamais définitivement figé ; sinon, d’ailleurs, le monde serait désespérément vide, uniforme, plat et morne, désespérant.

– Si on ne se considère que comme un simple numéro qu’on ne se plaigne pas d’être traité comme tel.

– On ne voit l’égalité que dans l’espace. Or, était-il opportun de naître au temps de la peste noire, du choléra, avant l’anesthésie ? Plus près de nous, était-il intéressant pour un Français, pour un Allemand… d’avoir 20 ans en 1914 ? D’être envoyé à la mort par ses aînés ou, si femme, de finir vieille fille ? L’humanité existe dans le temps autant que dans l’espace. – « Les générations nées au début du XX° siècle furent sans liberté par rapport aux modèles d’encadrement social (Eglise, Communisme, Etat…), plongées dans une structure sociale verticale comportant des écarts béants. Celles nées dans l’entre-deux-guerres ont connu la même soumission aux encadrements idéologique et confessionnels mais bénéficièrent de l’intégration professionnelle de la société salariale émergente et de l’expansion des Trente Glorieuses ; celles nées dans le courant des années  1940 connurent l’émancipation par rapport aux normes et aux repères sociaux traditionnels tout en continuant à bénéficier de l’expansion ; les suivantes nées à partir de 1950 arrivent essentiellement dans un monde où seule existe l’émancipation. » (Louis Chauvel – Le destin des générations)

– Si l’égalité parfaite qu’impliquait le jugement de Salomon, le partage en deux de l’enfant, l’avait emporté, le mythe égalitaire aurait certes été scrupuleusement respecté, mais il n’y aurait plus eu d’enfant.  Voilà les promesses de nos sociétés.

– L’égalité ayant raboté tout ce qui dépassait, on en est réduit à inventer un nouveau droit, le droit à la différence, nous bondissons du ridicule au grotesque.

– Souvent associée à l’idée de liberté, au moins en France, l’idée d’égalité est pourtant fondamentalement différente. On pourrait plus valablement aujourd’hui l’associer à la fureur de l’envie et à la rage de l’uniformité niveleuse, quand encore elle n’est pas mise au service de passions revanchardes .

– On peut, on doit, être égaux par les droits (et les devoirs !). On ne le sera jamais par les moyens (moyens ne signifie pas richesses matérielles), ni devant certains événements. Par exemple, le cancer n’a rien compris à l’égalité ; qu’attend notre gouvernement vigilant pour le poursuivre pour discrimination, grave qui plus est. Se contenter de plans, de journées contre, de marathons, c’est bien, mais c’est notoirement insuffisant.

« L’amour de l’égalité croît sans cesse avec l’égalité elle-même : en le satisfaisant, on le développe. » (Alexis de Tocqueville)

« Tout le monde étant l’égal de tout le monde, les supériorités se conservent dans l’opinion publique et elles tendent à devenir insupportables. » (Alexis de Tocqueville)

– « Comment faire de l’égalité dans un monde inégalitaire, comme économiquement ce n’est pas possible, il ne reste qu’à s’en prendre aux mœurs. Faire de  l’égalité un objet de lutte idéologique, s’attaquer aux mentalités, aux idées, aux discours, aux mots, aux intonations, aux oublis, aux silences … Imposer partout une vision niveleuse… » (Bertrand Vergely) – Esbroufe à mener dans un gigantesque vacarme.

– Le suffixe obligatoire de toute nouvelle revendication « Le cantique du ‘pour tous’ : le bonheur pour tous, le mariage…, la santé…, la sécurité routière…, le logement social…, la réussite scolaire…, l’accueil… » (Ivan Rioufol) – Depuis, rajouter la PMA. – « La réussite pour tous, slogan subtil associant  le sens libéral de la ‘réussite’ avec la préoccupation sociale du ‘pour tous’. » (Bertrand Vergely) – « Qui peut être contre des formulations pareilles associant libéralisme et socialisme mélangeant consommation et idéologie, idéologie et consommation ? » (Idem)

« Le sens de l’égalité ne serait autre chose que le goût de n’avoir pas de supérieurs. » – «  Ma devise : pas de supérieurs. » (Camille Desmoulins) – « L’égalité n’est que l’aversion de toute supériorité. » (comte Beugnot) – « Les Français ne tiennent qu’à l’égalité. Mais ils y renonceraient facilement, si chacun d’eux était sûr d’être le premier. »(Napoléon à Mme Rémusat)

– « L’égalitarisme libéral ou le ‘pourttoussisme’, (Jean-Claude Michéa)

– « Les inégalités qui restent. » (stupidité journalistique  répandue – entre mille)

– Cette affichette placardée en nombre : Exigeons (rien de moins) la justice climatique. A quel degré de stupidité mène cette obsession de l’égalité !

 ——————————————————————————————————————————-

« La loterie plaît parce qu’elle tire l’inégalité de l’égalité. » (Alain)

« Les Français considèrent les inégalités comme inacceptables, car ils ont de bonnes raisons de penser qu’elles sont illégitimes : elles proviendraient de passe-droits, de collusions d’intérêts… » (Yann Algan…) – Simplement, et c’est essentiel, égaré par les média et les politiques, le public se trompe de cible. Il vise trop souvent des gens qui travaillent et pas les grands requins des média, de la politique et leurs copains… pas certains revenus sportifs scandaleux (même si eux obtenus au moins par de réelles qualités).

« L’égalité réside aujourd’hui en ceci que les civils ont tous le même droit de se faire assassiner que les militaires. » (Günther Anders)

« Dans toute société fondée sur la reproduction sexuelle, l’égalité des individus est une impossibilité naturelle. » (Robert Ardrey)

« Le grand défi lancé à l’âge moderne, et son danger particulier sont les suivants : pour la première fois l’homme affronte l’homme sans être protégé pat les différences de situation et de condition. » (Hannah Arendt)

« Le principe d’égalité, que depuis Tocqueville nous jugeons responsable du conformisme. » (Hannah Arendt)

« Il n’y a pas de pire injustice que de traiter également des choses inégales. » (Aristote)

« En éliminant les diversités de statut personnel, on n’a laissé subsister d’autres distinctions entre les hommes que celle de l’argent. » (Raymond Aron)

« La société moderne, essentiellement compétitive, prétend distribuer les rôles en fonction des mérites. En dépit ou à cause de l’idéal égalitaire qu’elle proclame, elle incite les individus et les groupes à se comparer sans cesse les uns aux autres, à se situer plus ou moins haut dans la hiérarchie des valeurs. Comment la jalousie et les revendications ne résulteraient-elles pas de ces comparaisons incessantes ? » (Raymond Aron)

« La société moderne se nourrit de compétition et d’envie précisément parce qu’elle obéit à une idéologie égalitaire. » (Raymond Aron)

« Parie-t-on jamais contre un pur-sang pour une rosse ? » (Lucien Arréat)

« Il n’est pas de pire injustice que de traiter également des choses inégales. » (Aristote)

 « L’égalité comme l’inégalité sont des rapports. Elles ne peuvent donc être générales et abstraites, mais doivent toujours être spécifiées … Elles concernent l’accès aux emplois, le pouvoir, la richesse, le savoir, les dons… L’instauration de l’égalité peut, à la rigueur, être obtenue dans chaque domaine successivement, mais la revendication de l’égalité en tant que telle ne détermine aucune politique concrète … Tout mouvement pour l’égalité entreprend un travail de Sisyphe, en se découvrant à chaque fois qu’une victoire semble acquise sur un front, de nouvelles zones d’opérations apparaissent sur d’autres fronts. » (Jean Baechler) – Autrement dit : bla, bla, bla et écran de fumée à destination des imbéciles.

« Quand Adam bêchait et qu’Eve filait, qui donc était gentilhomme ? » (John Ball – cité par Johan Huizinga)

« Plus nos lois tendront à une impossible égalité, plus nous nous en écarterons par les mœurs. » (Balzac)

« En proclamant l’égalité de tous, on a proclamé la déclaration des droits de l’Envie. » (Balzac)

 « La grandeur, telle qu’on l’entendait dans l’ancien monde, est incompatible avec la notion d’égalité. » (Olivier Bardolle)

« L’égalité porte en elle quelque chose de pervers en ce sens qu’elle ne peut s’appliquer, avec les lamentables résultats que l’on sait, que par le totalitarisme, en créant de l’uniformité et en pratiquant le nivellement par le bas. » (Olivier Bardolle)

« Ce qui rend l’égalité difficile c’est que nous la désirons seulement avec nos supérieurs. » (Henry Becque)

« Les égalitaires modernes ont cessé de comprendre qu’il ne peut y avoir d’égalité que dans l’abstrait et que l’essence du concret est l’inégalité. » (Julien Benda)

 « L’égalité est condamnée à rester toujours inachevée puisqu’elle se bat contre la condition naturelle- historique de l’homme : la vie sociale peut-elle ôter toute signification aux différences d’âge, de sexe, d’expérience, de dons, d’héritage culturel, d’usage ?  … Les terrains d’action possibles sont légion … jusqu’aux gros et maigres, sages et fous… » (Philippe Bénéton)

« L’égalité abstraite désarme en quelque sorte la société face au pouvoir et elle arme le pouvoir de la toute-puissance de la volonté (réelle ou fictive) du peuple. Les fruits des Droits de l’homme ne peuvent être que des fruits amers. » (Philippe Bénéton – reprenant Edmund Burke)

 « Tocqueville est dans la ligne de la pensée conservatrice quand il décrit l’homme moderne taraudé par la passion de l’égalité et condamné à être perpétuellement insatisfait. » (Philippe Bénéton – reprenant Alexis de Tocqueville) –  Le frustré perpétuel.

« Ils sont égaux parce que ‘chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition’, parce que prime ce qu’ils ont en commun … Mais il y a deux langages de l’égalité. L’un consiste à dire ‘Vous valez le duc de Buckingham’, l’autre à affirmer ‘Le duc de Buckingham ne vaut pas mieux que vous … Les modernes s’en tiennent à la seconde formule … Dans le monde de l’égalité par défaut, le duc de Buckingham ne vaut pas mieux que quiconque … Cette égalité est un nivellement.  (Philippe Bénéton – citant Montaigne et Chesterton)

« La société où règne l’égalité moderne n’est pas une société sans élites mais une société où les élites n’assument pas de charges, où les élites déclinent toute responsabilité morale. » (Philippe Bénéton)

« L’homme de naissance libre ne sera pas préféré à celui qui vient de la condition servile.. » (règle de saint Benoîst)

« Chaque fois qu’au monastère se présente une affaire importante à traiter,  l’abbé convoquera la communauté tout entière … que tous les frères soient appelés à délibérer, car souvent Dieu inspire aux plus jeunes les meilleures  suggestions.. »  (règle de saint Benoîst).– Au V° siècle saint Benoît n’avait pas attendu les vociférations révolutionnaires.

« Tous les hommes étant faits de la même viande et capables des mêmes enthousiasmes, l’inégalité entre eux cesse par le bas, et sans doute par le haut ; elle ne s’épanouit que dans l’entre-deux. » (Emmanuel Berl)

« On nous a perfidement dressés à confondre la justice et l’égalité. Ce préjugé est même poussé si loin que nous supporterions volontiers d’être esclaves, pourvu que personne ne puisse se vanter de l’être moins que nous. » (Georges Bernanos) – Esclaves d’un Etat devenu boulimique, perdant toute autorité et dignité, donc devenant féroce.

 « L’égalité chimérique vers laquelle tend le socialisme est en contradiction absolue avec l’inégalité absolue existant partout entre le individus … » (Schmidt et Haeckel, biologistes)

« La soif d’égalité n’est souvent qu’une forme avouable du désir d’avoir des inférieurs et pas de supérieurs. » (Gustave Le Bon)

« Un peuple qui réclame sans cesse l’égalité est bien près d’accepter la servitude. » (Gustave Le Bon)

« C’est sur le relativisme que Le Bon fonde son refus de l’idéal égalitaire. Les classes, les sexes, les peuples sont tous différents ; à quoi bon leur imposer un but identique, comme le veulent les socialistes ? » (Gustave Le Bon – cité par Tzvetan Todorov)

« Les mots de liberté et d’égalité dont on ne parle jamais que chez un peuple où il n’existe ni l’une ni l’autre. » (Louis-Ambroise de Bonald)

« Où il n’y a point de maître, tout le monde est maître ; où tout le monde est maître, tout le monde est esclave. » (Bossuet)

« Max Weber déclare qu’il faut voir dans un passage de l’Epitre aux Galates de saint Paul un épisode capital de l’histoire de l’Occident. Il ‘sonne l’heure de la naissance de la citoyenneté en Occident’. L’anecdote est en effet porteuse de l’idée que, quelles que soient leurs différences, tous les hommes doivent pouvoir manifester leur égale dignité en s’asseyant à la même table. » (Raymond Boudon)  – Réprimande de Paul à Pierre qui s’était écarté d’un groupe de Gentils en voyant arriver des Juifs, Gal. 2 : 11 -14. Naissance de l’égalité, correspond au célèbre du même : Il n’y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car, dans le Christ Jésus, vous ne faites tous qu’un… (Gal. 3 : 28) – Incidemment : Max Weber, le sociologue, ne s’est jamais soucié d’apologétique chrétienne ou autre !

« Le public français ne confond pas plus que ses voisins l’égalité et l’équité … Il n’assimile pas inégalité et injustice … Il ne considère comme inéquitables que les inégalités qu’il a des raisons de tenir pour telles … Des rémunérations peuvent être considérées comme excessives mais non comme injustes (vedettes du sport ou du spectacle…) … L’idée reçue (imposée plutôt) selon laquelle la justice sociale se confondrait dans l’esprit du public avec l’égalitarisme et serait un trait dominant de la société française ne correspond à aucune réalité : il s’agit d’un véritable Mythe … complaisamment entretenu par des groupes d’influence dont le personnel politique tend à confondre l’opinion avec l’opinion publique … Le public français ne perçoit pas comme injustes les inégalités qui reflètent des différences de mérite, de compétences … ou correspondant à des mérites non comparables … il les perçoit comme injustes quand il y voit des privilèges (parachutes dorés, retraites de certaines catégories sociales, avantages que s’accordent des responsables. » (Raymond Boudon) – Tout embrouiller, tout confondre, toujours mentir, et surtout dissimuler soigneusement les énormes privilèges des dirigeants et dominants.

« L’utilitarisme ambiant fait qu’aujourd’hui, l’on tend souvent à confondre l’équité et l’égalité … Il n’est pas vrai que l’acteur social soit utilitariste et qu’il veuille avoir soit ‘toujours plus’, soit au moins autant que son voisin … Ce qu’il veut surtout c’est qu’il existe une certaine proportionnalité entre sa contribution sociale et sa rétribution … L’égalité et l’équité, c’est-à-dire la justice et l’égalité, ne sauraient être confondues. » (Raymond Boudon) – Certes, mais la confusion volontairement pratiquée sert à masquer les privilèges scandaleux de la classe politico-médiatique dominante et à exciter les dominés sur de faux problèmes.

Tout n’est que simple point de vue « Sinon, il faudrait admettre que les valeurs des uns sont supérieures à celles des autres. Or cela contredirait l’égalité. L’égalité est donc porteuse de relativisme (tout est opinion) … Lorsque l’égalité est une valeur dominante elle tend à induire une conception relativiste du monde et à dévaloriser les idées de vérité et d’objectivité. » (Raymond Boudon)

 « Longtemps objectif affiché de la transformation sociale, l’égalité est devenue une valeur paravent, convoquée notamment dés qu’il s’agit d’authentifier comme ‘de gauche’ n’importe quelle réforme en faveur de telle ou telle catégorie particulière d’individus … Il est impossible de prétendre faire reculer les inégalités les plus criantes … en se contentant d’attribuer des droits individuels … à quelques-uns, au nom de tel ou tel critère identitaire-culturel lié à la personne, qu’il s’agisse du genre ou de l’orientation sexuelle par exemple. Ce qui est fait bruyamment par la gauche. » (Laurent Bouvet) – Ainsi l’égalité est parfois invoquée même pour attribuer des privilèges (discrimination positive…). Il est plus facile et plus valorisant pour un Bobo de faire du sociétal que du vrai social.

« On a donné dans la pathologie de l’égalité qui est l’égalitarisme. » (Jean-Paul Brighelli)

« Recherche d’une égalité qui n’a pour fin que de ramener la dialectique du même et de l’autre à son degré zéro, c’est-à-dire à la platitude de l’uniformité. » (Annie Le Brun – sur le féminisme) 

« L’homme a voulu faire de l’Egalité et de la Liberté les deux moteurs d’une Cité nouvelle, mais il ne veut pas voir  que la Liberté engendre l’Inégalité et que le règne de l’Egalité tue immanquablement la Liberté. » (Jean Brun)

« C’est la négation même de l’ordre que l’ivraie jouisse des mêmes droits que le bon grain. » (Roger Caillois) – De nos jours, par la perversion des média majoritaires gauchistes pourris, elle jouit visiblement de plus de droits.  

« Être traité comme n’importe qui, que ce soit à l’école ou à l’hôpital, c’est être traité comme n’importe quoi, autant dire comme moins que rien. » (Renaud Camus)

« L’égalité n’est pas naturelle … La paix civile, le règne du droit ne le sont pas non plus. L’égalité est une contrainte que s’imposent à grand mal certaines civilisations contre leurs plus anciennes traditions et contre leurs instincts. » (Renaud Camus)

« L’égalité entre les parents et les enfants détruit la famille … L’égalité entre les maîtres et les élèves d’une part, entre les mauvais élèves et les bons, d’autre part, détruit l’Ecole. L’égalité entre la haute et la sous-culture, entre la vie de l’esprit et le divertissement de masse, entre les arts majeurs et les arts mineurs, entre la musique et les variétés, détruit la culture. L’égalité entre les citoyens et les non-citoyens détruit la citoyenneté, qu’elle rend sans objet … En France, l’égalité, assez vilaine passion nationale, puisqu’elle n’est jamais que ressentiment et hargne envers celui qui ‘est’ ou qui ‘a’ plus… » (Renaud Camus)

 « Tout mouvement vers l’égalité implique toujours, et souvent plus que l’élévation de la partie défavorisée, l’abaissement simultané de la partie favorisée …La correction des inégalités en régime hyperdémocratique : ériger en loi commune le sort, les pratiques, les habitudes, les traits caractéristiques de la partie défavorisée » (Renaud Camus) – Il est tellement plus facile de faire descendre quelques-uns que de faire monter tous. En plus cela comble la haine des égalitaristes forcenés pour tout, et tous ceux, qui leur sont supérieurs. Tous au caniveau, sainte vulgarité.

« Dans la passion d’être égal et de n’avoir que des égaux se loge aisément le conformisme. Il y a bien des travers à l’égalitarisme, notamment le désir farouche que l’autre ait aussi peu que soi, au lieu d’essayer d’avoir autant que lui. » (Belinda Cannone)

« L’égalité n’étant que le malheur de tous … Les œuvres de l’Esprit nous importeront davantage que celles de miséricorde et nous achèterons les unes au détriment des autres … Je professe hautement que l’inégalité sera toujours le sel de l’existence. Il est absurde de rougir d’un privilège dont on se sent digne et de se diviser contre soi-même, au nom d’une justice faite de pièces rapportées et qui nous rendrait solidaire du premier venu. » (Albert Caraco) – Certes. L’ennui est que les détenteurs de privilèges se sentent toujours tout à fait dignes de les mériter et de les posséder.

« Certes les êtres humains sont égaux mais les individus ne le sont pas … Comme il est impossible d’élever les inférieurs, le seul moyen de produire l’égalité est de les amener tous au plus bas niveau. » (Alexis Carrel) – Le rêve de tous les ministres de l’Education nationale depuis plus de trente ans.

« La mode produit des clones plus sûrement que la génétique. » (Paul Carvel)

« Pour qu’il y ait conscience des inégalités il faut qu’il y ait comparabilité des situations, que les individus n’habitent pas des univers sociaux tout différents … Les gens se comparent entre eux, se distinguent, s’envient ou se méprisent sur la base d’une condition commune. » (Robert Castel) – D’où son acuité dans la condition salariale. Un joueur de football n’est pas envié pour son revenu, Lady Diana était adorée des midinettes !

« L’égalitarisme maintenant répandu comme un virus filtrant dans tout le corps social et qui, dévorant toute valeur haute, dissout par là même toute morale. » (Jean Cau)

« Il n’est pas vrai que l’égalité soit le premier souci naturel et ‘moral’ des hommes. Non plus leur besoin. Ce qu’ils veulent, ce qu’ils désirent, ce qu’ils espèrent, c’est d’avoir des ‘maîtres admirables’. » (Jean Cau)

« Tout le monde veut être pareil … On voudrait tous avoir la même chose … Au nom de l’égalité, la société ne favorise pas beaucoup la différenciation. Mais l’égalité n’a rien à voir avec le fait d’être identique. Au contraire, l’égalité signifie qu’on a le droit d’exister même si on est différent. » (Catherine Chabert – psychanalyste)

« Tous les éléments de l’idéologie socialiste : abolition de la propriété privée, de la famille, de la hiérarchie, hostilité envers la religion, peuvent donc être considérés comme la manifestation d’un principe fondamental : celui de la répression de l’individualité … La communauté des biens et l’abolition de la famille sont considérées comme le moyen d’arriver à une égalité qui n’est pas une égalité des droits et des possibilités, mais une identité de conduite, une uniformisation des personnalités. Il ne s’agit plus d’égalisation des conditions extérieures, mais d’abolition des différences dans le comportement et le monde intérieur des individus … Il s’agit d’hostilité envers la personne humaine … On peut considérer la mort de l’humanité comme le résultat auquel aboutirait le développement du socialisme. » (Igor Chafarévitch)

« Notre volonté, mise en régie sous la surveillance de tous, verrait nos facultés tomber en désuétude. » (Chateaubriand)

« L’égalité complète reproduirait la plus dure servitude. Elle ferait de l’individu humain une bête de somme soumise, obligée de marcher sans fin dans le même sentier. » (Chateaubriand)

« Rien ne s’élèvera plus dans les sociétés nivelées, et la grandeur de l’individu sera remplacée par la grandeur de l’espèce. » (Chateaubriand)

« Les Français vont instinctivement au pouvoir ; ils n’aiment point la liberté ; l’égalité seule est leur idole. Or l’égalité et le despotisme ont des liaisons secrètes. » Chateaubriand)

« L’égalité, notre passion naturelle, est magnifique dans les grands cœurs, mais, pour les âmes étroites, c’est tout simplement de l’envie. » (Chateaubriand) – C’est évident. Il suffit d’observer sans se laisser prendre aux discours.

« L’embouteillage réanime la ‘vocation démocratique’ de la bagnole … en gratifiant tout le monde de la vitesse zéro ! … Regarde la Rolls ! Comme nous. » (Gilles Châtelet – Vivre et penser comme des porcs) – Quel plus bel exemple d’égalité souveraine !

« La recristallisation en masse des inégalités, la mobilité descendante, l’écrasement du pouvoir d’achat des salaires relativement au prix des biens immobiliers (accroissement de l’écart revenu / patrimoine), la paupérisation de cohortes entières de jeunes surdiplômés et la globalisation porteuse d’une montée aux extrêmes de la concurrence forment ensemble une spirale de déclassement aux effets potentiellement dévastateurs … Le processus collectif de déni de la réalité sociale (imposé dictatorialement par les élites politico-médiatiques dominantes) retire aux individus la possibilité de comprendre que leur échec n’est pas le signe d’une insuffisance personnelle mais résulte d’un dysfonctionnement collectif … L’échec est ainsi vécu le plus souvent sur un mode personnel, alors qu’il s’agit avant tout d’une spirale du déclassement systémique d’une société à la dérive. »  (Louis Chauvel – La spirale du déclassement) – Cette stratégie de déni de la part des dominants aboutissant ainsi à diminuer les intéressés, à les culpabiliser, et à déminer toute velléité de rébellion. D’où, à titre de compensation la « psychologisation du mal-être social … La pratique du ‘projet individualisé’ qui remet entre les mains des individus la responsabilité de construire le monde dans lequel ils vivent. »  (François Sicot)

« Ce que nous souhaitons dans nos épreuves, c’est que les autres soient aussi malheureux que nous : pas plus,  juste autant. Car il ne faut pas s’y tromper : la seule égalité qui nous importe, la seule aussi dont nous soyons capables, c’est l’égalité dans l’enfer. » (Emil Cioran)

« Notre société est égalitaire et injuste ; elle devrait être inégalitaire et juste … La nature est une prodigieuse génératrice d’inégalités … On sait d’ailleurs ce que l’association du ‘même’ produit génétiquement : des tares. La différence est donc la reine de la nature. » (Frédéric saint Clair)

« Sans fraternité, pas d’égalité possible. » (Frédéric Saint Clair) – Oui, mais la fraternité aujourd’hui où règnent l’envie, la revendication, la dissimulation, le dépouillement d’autrui, la délation, la corruption, et si souvent tout à fait crûment, la haine pure et simple.

« La France a toujours cru que l’égalité consistait à trancher ce qui dépasse. » (Jean Cocteau)

« La variété c’est de l’organisation, l’uniformité c’est du mécanisme. La variété c’est la vie, l’uniformité c’est la mort. » (Benjamin Constant)

« Je ne vois pas pourquoi les gens seraient égaux en droit ; ça dépend de ce qu’ils font, de comment ils vivent … je pourrais me laisser convaincre, mais faire de l’égalité une condition initiale, ou de la liberté une condition initiale, je ne vous parle même pas de la fraternité, qui est une vaste rigolade, me semble être un énorme mensonge … Admettons que les conditions initiales soient régulées par une égalité des droits, il faudra qu’on me dise comment on va faire quand, dans le courant évolutionniste de la vie, les inégalités de fait se multiplieront et que, du fait que ce n’est pas bien, on essaiera de les raboter pour faire revenir l’égalité aux conditions initiales. Faudra-t-il supprimer les meilleurs ? » (Maurice G. Dantec) – C’est bien d’ailleurs ce qui se passe en fait, puisque bien des meilleurs s’en vont ailleurs, hors de France.

« Les aspirations égalitaires ne visent pas les plus hautes vertus des élites (aujourd’hui, c’est peut être heureux vu le niveau de vertu des élites politico-médatiques) mais leur aisance matérielle, leur influence sociale ou politique et l’égalité des devoirs n’a guère de succès au regard de l’égalité des droits … Les masses préfèrent rabaisser ceux qui la dépassent que chercher à s’élever jusqu’à eux. » (Raphaël Debailiac) – L’éducation nationale a bien compris qu’il était plus facile et bien mieux accueilli de raboter les têtes qui risquaient de dépasser plutôt que d’élever tout le monde.

 « L’égalité commence quand la mort est si près. » (Casimir Delavigne) – Et cela étant demain pour chacun, le monde n’est pas si mal fait.

« Les antidémocrates, et déjà Aristophane, avaient raison de faire remarquer que l’imbécillité la plus grande consiste à porter un imbécile au pouvoir par souci d’égalité. » (Chantal Delsol) – Qu’en pensent messieurs Chirac et Hollande ?

« L’égalité ontologique est absolue, l’égalité dans l’existence ne saurait l’être. » (Chantal Delsol) 

« L’égalité suppose la massification qui est le soubassement de la condition de l’oppression, qu’elle soit violente ou douce … Dès les commencements des révolutions émancipatrices (Chine, Cuba, Cambodge), les aristocraties de naissance sont envoyées au pilori avec les aristocraties de l’intelligence, l’inégalité de mérite est récusée comme l’inégalité de naissance … Afin de réussir l’œuvre égalitaire, il faut à tout prix empêcher les héritiers de recevoir l’héritage culturel… ’Arracher l’élève à tous les déterminismes’ (Vincent Peillon) … L’éducation familiale est foncièrement inégalitaire (d’où le discrédit jeté sur la famille)  … le discours sur le ‘gender’ a pour but d’égaliser le socle même de la société humaine, à savoir la différence sexuelle. » (Chantal Delsol)

 « Le programme paulinien d’égalité (‘il n’y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre,  ni l’homme ni la femme…’) ne peut être appliqué valablement que dans son ordre (spirituel). Vouloir appliquer l’égalité totale hors de la religion transcendante qui en est le creuset, et pour ainsi dire l’esprit des lieux, c’est en faire très vite une  singerie dévoyée … L’égalité paulinienne s’entend  en dignité, et naturellement se concrétise en égalité sociale  … La morale chrétienne … assumer les inégalités de mérite en les limitant raisonnablement et en diminuant leur importance face à l’égalité en dignité. » (Chantal Delsol)  

« Toute exagération des principes engendre la maladie de l’excès, même si ces principes sont salutaires … ‘Notre vie est composée, comme l’harmonie du monde, de choses contraires’ (Montaigne) … L’universel et la particularité (si opposés) sont des ‘biens’ au même titre, cela demeure étranger à l’Occident contemporain qui absolutise  l’universel … La systématique de l’inégalité engendre des perversions inouïes, mais la systématique de l’égalité aussi  … (suivant Germaine de Staël, l’escalade dans la persécution pratiquée par la Révolution française :  contre les nobles et les prêtres, puis les propriétaires, les talents  jusqu’à tout ce qui pouvait rester de grand et de généreux à  la nature humaine) … A quel degré d’équilibre faudrait-il se tenir pour éviter les excès ?  … L’idée même d’un équilibre nous mène à la notion de limite …  Nos contemporains poussent à bout les bons principes (la démocratie, faite pour la société civile, n’est pas applicable partout et toujours) … ‘Les vieilles vertus chrétiennes devenues folles’ de Chesterton … pavane irréaliste des vertus sans loi ni frein … La prétention à l’absolu n’est qu’une prétention, qui produit souvent son contraire. » (Chantal Delsol – Le crépuscule de l’universel)

« Lorsque la visée d’égalité devient absolue, elle ne tolère plus d’Autre … Plus d’altérité réelle. » (Jacques Dewitte) – Le règne du même.

« Mais il faut surtout se préoccuper jalousement de l’égalité totale. La première chose à faire pour y parvenir est d’abaisser le niveau de l’instruction, des sciences et des talents … Les facultés supérieures se sont toujours emparées du pouvoir … Egaliser les montagnes. » (Dostoïevski – un révolutionnaire dans Les possédés)

« Malgré la différence des rangs, un honnête homme ressemble toujours à un honnête homme. » (Charles-Rivière Dufresny)

« Il n’est pas difficile d’apercevoir, derrière la ‘liberté’ et ‘l’égalité’ leur substrat, la valorisation de l’individu. » (Louis Dumont – Homo aequalis) – Le fou furieux de lui-même et de ses droits !

« Les plus naïfs des individualistes … en sont à se demander à quoi ressemblerait une société où l’égalité des chances serait pleinement réalisée … Elle serait invivable, disent certains …  Cette société serait le paroxysme de l’individualisme au sens où l’individu ’désencastré’, dégagé de toutes les subordinations et de toutes les appartenances … serait le réceptacle unique des valeurs. Dés lors, la valeur des hommes s’y lirait à leur condition, sans aucune circonstance atténuante. L’envie aurait le champ libre, et rien ne permettrait de s’en abriter … Il est bon qu’il subsiste une réserve d’inégalité des chances : c’est une dose d’injustice qui fournira l’excuse dont ceux qui échouent auront bien besoin. » (Jean-Pierre Dupuy)

« En portugais du Brésil le mot ‘individu’ est une injure … celui qui est dépourvu de liens organiques avec la totalité sociale, le vagabond, l’exclu, le marginal. ll s’oppose à la personne prise dans tout un réseau de relations … Les énormes inégalités de revenus et de patrimoine ne sont pas un obstacle aux liens de réciorocité, à la solidarité organique … Les identifications verticales, d’inférieur à supérieur, sont plus aisées et naturelles, dans un tel système, qu’entre égaux. Comme dans les corporations de métier ou dans les confréries religieuses, des liens de loyauté et de fidélité se nouent entre inégaux, alors qu’entre égaux des relations de compétition et d’envie entravent la formation d’éthiques horizontales. Soit l’institution brésilienne du ‘compérage’… » (Jean-Pierre Dupuy)

« Ce sont sans cesse des espérances nouvelles qui s’éveillent et qui sont déçues, laissant derrière elles une impression de fatigue et de désenchantement … Mal de l’infini. » (Emile Durkheim ?)

« Le serf savait qu’il ne deviendrait jamais seigneur, mais il savait avec une pareille certitude qu’aucun serf ne deviendrait jamais seigneur. Son égal resterait toujours son égal ; jamais il ne le dépasserait … Et voilà la véritable égalité … ne pas voir ses égaux devenir des supérieurs. » (Jean Dutourd) – C’est évident, sauf pour nos contemporains.

« La plus intolérable des inégalités est celle dont on ne profite pas. » (Georges Elgozy)

« L’égalitarisme : rêve de pauvre, cauchemar de riche. » (Georges Elgozy)

« La demande prolétarienne d’égalité se confond avec l’exigence d’abolition des classes. Toute revendication d’égalité qui s’étend plus loin tombe nécessairement dans l’absurde. » (Friedrich Engels) – Mais nos petits maîtres en savent certes plus qu’Engels, qu’ils et elles n’ont évidemment pas lu. 

« L’Etat universel se doit d’être aussi homogène : s’il existe des différences trop marquées, des conflits trop apparents, alors la lutte pour la reconnaissance continuera, le pouvoir sera remis en cause. C’est pourquoi il faut nier toute séparation et prôner l’égalité … ‘Même programme de télévision, mêmes habits, même voiture, même journal, cette assimilation n’indique pas la disparition des classes. Elle indique à quel point les classes dominées participent aux besoins et aux satisfactions qui garantissent le maintien des classes dirigeantes’. » (Eugène Enriquez – citant Herbert Marcuse simplifié)

« Pour le libéral Tocqueville, la concurrence entre les hommes est un effet de l’égalité (ceux qui détestent la concurrence au nom de l’égalité gagneraient à méditer sur une telle évidence) : c’est dans le monde de l’égalité juridique, dans le régime politique où les hommes s’éprouvent comme semblables –où le pauvre est en droit d’espérer la richesse, tandis que le riche se prend à redouter la pauvreté – que les hommes découvrent la rivalité, la compétition et le goût de la performance … Rien n’est plus juste que de haïr l’inégalité, mais rien n’est plus dangereux que de viser l’abolition de toutes les injustices … A l’injustice des hiérarchies et des privilèges, l’égalité a substitué le droit de ne penser qu’à soi …  Le citoyen, plein de droits, qui ne s’intéresse plus qu’à lui-même. » (Raphaël Enthoven)

« Plusieurs êtres égaux ne seraient pas plusieurs mais ‘un’. Vouloir l’égalité de plusieurs implique une contradiction dans les termes. » (Julius Evola – absurdité logique) – Au moins au plan formel.

« Sans contester que les êtres humains, sous certains aspects, soient à peu près ‘égaux’, l’égalité n’est réalisable qu’à la condition de descendre jusqu’au niveau du plus petit dénominateur commun. » (Julius Evola)

«   La personne est l’individu différencié par la qualité, avec son visage, sa nature propre, et une série d’attributs qui le font ‘lui-même’, le distinguent de tout autre, le rendent donc fondamentalement inégal. » (Julius Evola)

« La démagogie s’introduit quand, faute de commune mesure, le principe d’égalité s’abâtardit en principe d’identité. » (Saint Exupéry)  

« Au ressentiment contre les privilégiés avait fait place une fureur vengeresse contre tout ce qui était censé faire barrage à une régénération intégrale. L’égalitarisme prenait le pas sur l’aspiration à la liberté, à l’équité. Les tenants de la démocratie mettaient en cause toute trace de supériorité. » (Marc Ferro – Sur la Révolution)

« Le jour à perpétuité : telle est la peine infligée au genre humain par les croisés de l’égalitarisme radical. » (Alain Finkielkraut)

« La modernité c’est ‘l’égalité des conditions’ : non pas la fin de l’inégalité, mais sa perception égalitaire. Privilèges et disparités subsistent sans doute, mais ne sont pas converties en hiérarchies d’essence. » (Alain Finkielkraut)

« Qu’est-ce qu’être moderne ? C’est être mécontent … ‘La capacité infinie à produire des enfants et des hommes qui détestent le régime social et politique dans lequel ils sont nés, haïssent l’air qu’ils respirent alors même qu’ils en vivent et qu’ils n’en ont pas connu d’autre.’ (François Furet – sur les démocraties) … En mettant l’égalité à la source du vivre-ensemble, la démocratie se condamnait pour toujours à l’insatisfaction … Les hiérarchies ne disparaissent pas : ce qui tombe c’est leur ‘aura’ ; ce qui arrive c’est qu’on cesse de les prendre pour argent comptant … Nulle métaphysique n’est là pour garantir ou pour enchanter cette répartition (puissants et misérables, supérieurs et subordonnés) … Alors que dans l’univers aristocratique le réel est soutenu par l’invisible … en démocratie, il n’y a pas d’arrière-monde et tous les hommes sont égaux, sauf dans la réalité. D’où le mécontentement. D’où l’impossibilité de clore l’histoire sur le bonheur de vivre dans un tel système. » (Alain Finkielkraut – Une voix vient de l’autre rive

« Les revendications catégorielles apparaissent parfois comme corporatistes … En l’absence d’une vision globale des choix qui orientent le futur, la référence ne peut être que de proximité. Pourquoi le sort de mon voisin est-il si différent du mien ? On glisse ainsi d’un principe ‘d’égalité-cohésion’, porté par un système de valeurs partagés, fondement même de la société  à un pseudo-principe ‘d’égalité- individualisme’ : pourquoi lui et pas moi ? » (Jean-Paul Fitoussi)

« Nous sommes tous enfoncés au même niveau, dans une médiocrité commune. L’égalité sociale a passé dans l’esprit, on fait des livres pour tout le monde, de l’art pour tout le monde, de la science pour tout le monde, comme on construit des chemins de fer et des chauffoirs publics. L’humanité a la rage de l’abaissement moral, et je lui en veux de ce que je fais partie d’elle. » (Flaubert)

« Ne nous associons qu’avec nos égaux – Ou bien il nous faudra craindre – Le destin d’un de ces pots. » (La Fontaine – Le pot de terre et le pot de fer)

 « La croyance erronée que l’égalité économique est importante en elle-même conduit les personnes à détacher le problème de formuler leurs ambitions économiques de celui de comprendre ce qui est véritablement signifiant pour elles … En ce sens la doctrine de l’égalité contribue à la désorientation morale et à la superficialité de notre temps. » (Harry Frankfurt – cité par Yves Michaud) – « La recherche de l’égalité est aliénante. … Elle aliène la personne qui est orientée par ses comparaisons au lieu de rechercher ce qu’elle veut elle-même … L’obsession de l’égalité nous détourne de l’examen et de la recherche de ce que nous voulons vraiment … Ce que je veux parce que d’autres aussi le veulent. » (Yves Michaud)

« Si tant est qu’on ne peut être soi-même le privilégié, qu’au moins aucun de tous les autres ne soit privilégié … Nul ne doit se mettre en avant, chacun doit être et avoir pareil. Justice sociale, cela signifie que l’on se refuse beaucoup de choses à soi-même, afin que les autres aussi soient contraints d’y renoncer, ou, ce qui revient au même qu’ils ne puissent les exiger. » (Sigmund Freud) – Solide réalisme.

« Les tentatives violentes de nivellement n’ont jamais concouru à élever les masses. Elles ont détruit les classes supérieures dont le résultat fut une accélération du processus de barbarisation … Rome n’a pas succombé sous les coups d’un envahisseur externe, elle est morte par décomposition interne due à l’élimination de la couche aristocratique par les masses. C’est à ce titre que la décadence de Rome peut servir de paradigme à la décadence qui menace de nos jours les pays européens. » (Julien Freund) – Menacer, est un euphémisme.

« Dans votre monde rebâti à l’endroit (par mes soins) les premiers seront les premiers, et que les derniers ne se fassent pas d’illusions, ils resteront les derniers. » (André Frossard – faisant parler le diable)

« Même si les gens étaient nés égaux, ils n’iraient pas jusqu’à leurs propres limites s’ils voulaient simplement être comme tout le monde : le désir d’être reconnu comme supérieur aux autres est indispensable si l’on veut se  surpasser … Pas seulement base de la conquête, mais condition préalable pour créer quelque chose de valeur dans tous les domaines : symphonies … ‘Qui veut encore diriger ? Qui obéir ? Un troupeau et pas de berger ! Tout le monde veut la même chose, tout le monde est pareil : quiconque se sent différent rentre volontairement à l’asile’. » (Francis Fukuyama – citant Nietzsche) – Ce pourquoi les sociétés qui rabotent tout, comme la nôtre, font fuir les gens de valeur après les avoir persécuté. Ceci étant, Nietzsche se trompait, beaucoup veulent encore diriger (ou plutôt en avoir les avantages sans la responsabilité), ce sont les pires, voir nos politiciens.

« Sans l’amour ombrageux de la liberté, sans la limite qu’il impose à cette pathologie de l’égalité qu’est l’égalitarisme, la passion égalitaire devient une arme de faction, elle sert d’appât à une oligarchie démagogique et régnant par la culture de masse. » (Marc Fumaroli) – Elle sert à écraser toute valeur.

« En période d’expansion, on ne se soucie guère de savoir que d’autres … ont plus d’argent, ou même beaucoup plus. Pour être pertinente une comparaison doit être établie non pas vis-à-vis de ce qu’ont les autres, mais vis-à-vis de la position économique du sujet ; c’est l’amélioration par rapport à la situation précédente qui compte. C’est lorsque la comparaison devient défavorable (chômage, crise…) que l’on se prend à songer au sort plus enviable des favorisés. L’inégalité redevient une question importante. » (John Galbraith – L’ère de l’opulence)

« L’égalité a dissipé la conscience de classe en tant que fait moteur au sein des masses laborieuses … comme aussi l’évolution des formes de la production et du travail ; disparition de la grande usine, effacement de la centralité de la production et du travail productif dans la vision du fonctionnement collectif. » (Marcel Gauchet)

« Pour le Français, l’égalité c’est la prétention à bénéficier de quelque privilège. » (Charles de Gaulle)

 « Médiation externe : le modèle évolue dans un milieu tout différent (célébrités), le conflit entre moi et lui est impossible, n’évoluant pas sur le même plan, sujet et modèle n’entrent pas en concurrence directe – Médiation interne : mon modèle est prochain, il est au même niveau, ses objets me sont accessibles, la rivalité surgit et se renforce constamment … L’enfant a une relation positive, de médiation externe, avec les adultes, et une relation de médiation interne, donc de rivalité, avec les autres enfants … S’il reste des différences de pouvoir d’achat, il n’y a plus parmi nous de différences de classe ou de caste au sens traditionnel. Toute médiation externe s’est effondrée. » (René Girard – simplifié) – Envie et rivalité,  résultats de l’égalité forcenée.

« La médiation interne (le désir selon l’autre) apporte avec elle les sentiments négatifs : de la vanité gaie du XVIII° siècle, on passe à la vanité triste du XIX° (que dire aujourd’hui, sinon vanité haineuse !). Le mouvement vers l’égalité des conditions, vers toujours plus d’indifférenciation, n’engendre donc pas l’harmonie promise, mais une concurrence acharnée …  C’est parce qu’ils deviennent semblables, interchangeables, que les individus ‘modernes’ ne pourront se prendre les uns pour les autres pour ‘modèles’, sans s’éprouver comme ‘obstacles’ à la réalisation de leurs désirs. » (René Girard)

« Dans la logique du désir objectal, il devrait y avoir moins d’envie, moins de rivalités dans les sociétés égalitaires que dans les autres. Or, clairement, tel n’est pas le cas ! » (René Girard)

« L’égalité, c’est l’utopie des indignes. » (madame de Girardin)

« Tout le monde, au nom de l’égalité, a conclu avoir aussi le mérite, et tout le monde a vociféré pour en obtenir les avantages. » (Joseph de Gobineau)

« Dans les rapports personnels, la recherche de l’égalité tend à nier le lien. L’égalité introduit la rivalité que le don, au contraire, évacue en faisant alternativement des ‘supérieurs’ et des ‘inférieurs’ … Un couple qui vise l’égalité dans la répartition de l’ensemble des échanges est un couple dont la dynamique l’entraîne vers la rivalité permanente, vers l’établissement d’un rapport marchand, et vers la rupture. » (Jacques Godbout)

« Pourquoi le terme de culture est-il utilisé de manière aussi lâche (dans les deux sens de l’adjectif) … Le culturel a totalement éliminé le cultivé. Il n’y a plus de sous-culture, tout au plus des contre-cultures … dans une société qui a renoncé à l’égalité économique, l’égalité symbolique, qui ne coûte pas cher, est d’autant plus généreusement accordée (la culture jeune…) …. Classique intensification du discours égalitariste pour combler le manque. » (Christian Godin)

« En posant l’égalité de droits de tous les individus, les sociétés démocratiques portent la rivalité mimétique à un degré d’intensité inconnu jusqu’alors. » (Christian Godin) – La notion d’égalité tend vers un absolu dont on ne sait ce qui la limite.

« La thèse de la ‘privation relative’, l’idée que l’on compare ses revenus et son statut uniquement à ceux qui sont à un ou deux échelons de nous, vers le haut ou vers le bas, a été rendue obsolète par la transparence offerte par les réseaux sociaux et par l’égalitarisme naïf du système éducatif, encourageant l’idée que chaque élève peut devenir ce qu’il voudrait être. » (David Goodhart) 

« Donner à certains individus la possibilité d’échapper aux actes serviles de la société. Ceci nous explique, et ce n’est pas un paradoxe, que l’octroi de privilèges à une caste a eu pour effet d’accroître notre capital de connaissances, créateur de biens, seul moteur du progrès et par voie de conséquence d’améliorer la condition matérielle de tous. » (Pierre Grassé un biologiste) – Evoquant le mécenat de jadis, les Médicis, les grands moines chercheurs, non privilégiés, mais abrités…

« ‘Aussi n’y a-t-il mythe plus radicalement réfuté par l’expérience que celui de croire que les hommes sont tous égaux entre eux à l’origine.’ Car les individus sont bien moins des variations de l’espèce qu’ils ne constituent des espèces différentes. » (Nicolas Grimaldi – citant Primo Levi sur son expérience, entre détenus, des camps de concentration)

« C’est bien à la prédominance de la quantité sur la qualité que tendent … les conceptions ’démocratiques’ et ‘égalitaires’, pour lesquelles tous les individus sont équivalents entre eux, ce qui entraîne cette supposition absurde que tous doivent être également aptes à n’importe quoi … Comme malgré tout on ne peut pas supprimer entièrement la différence des aptitudes, cette éducation uniforme ne donnera pas pour tous exactement les mêmes résultats … Si elle est incapable de donner à certains individus des qualités qu’ils n’ont pas, elle est par contre très susceptible d’étouffer chez les autres toutes les possibilités qui dépassent le niveau commun ; c’est ainsi que le nivellement s’opère toujours par en bas. » (René Guénon)

« Comment des hommes auxquels on a prêché des théories égalitaires pourraient-ils ne pas se révolter en constatant autour d’eux l’inégalité sous la forme qui doit leur être la plus sensible, parce qu’elle est de l’ordre le plus grossier ? (richesse). » (René Guénon) – Les média et l’idée de démocratie sont là pour les en empêcher.

« La nouvelle sensibilité culturelle contribue à anesthésier l’ancienne sensibilité sociale … L’individu moderne perd en termes d’égalité sociale ce qu’il avait revendiqué et obtenu en termes d’égalité identitaire. » (Jean-Claude Guillebaud) – Plus prenantes, plus médiatisées,  sont les prétendues discriminations, raciales, sexuelles… que les inégalités sociales.L’accent mis sur celles-là sert à dissimuler celles-ci.

« Une valeur sur laquelle fait fond le communisme et qu’il va dramatiquement disqualifier : l’égalité réelle … dont l’accomplissement effectif ne peut passer, dit-on, que par la lutte des classes … moteur de ce totalitarisme, justification des purges, terreur et liquidations… » (Jean-Claude Guillebaud)

« La bourgeoisie d’aujourd’hui est l’antithèse de celle d’hier. Elle a compris que la défense de ses intérêts ne passait pas par la lutte des classes, mais au contraire par le brouillage des classes. C’est d’ailleurs pour maintenir cette confusion que l’usage du terme ‘Bobo’ est proscrit. » (Christophe Guilluy)

« Quand on met tout le monde au même niveau, plus personne ne peut s’abaisser, plus personne ne peut vraiment s’élever non plus, tous sont finalement entraînés dans la concurrence déloyale, car la loyauté repose encore sur la hiérarchie. » (Fabrice Hadjadj)

« Le privilège pour tout le monde, cette conception si française de l’égalité, c’est la doctrine secrète des comités. » (Daniel Halévy)

« Pour les Athéniens … l’égalité se résumait, comme dans le sport, à l’obligation de partir en ligne … sur la même ligne dans les starting-blocks … Il ne s’agissait pas d’être égaux par essence. » (Mogens H. Hansen – cité par Philippe Breton)

« L’inégalité est mauvaise. La réduction des inégalités est donc bonne et doit être systématiquement recherchée … l’une des grandes ‘idées reçues’ de notre époque … Or ce théorème est faux … Une politique de réduction des inégalités présente au moins deux inconvénients majeurs : une faible efficacité réelle ; l’existence d’un prix à payer souvent élevé … La vraie question dans un pays comme la France n’est pas : ‘Serons-nous demain encore plus égaux ?’ mais bien : ‘Resterons-nous riches ou deviendrons –nous pauvres ?’ » (Jean-Louis Harouel – Essai sur l’inégalité) – Après des décennies de luttes forcenées et purement idéologiques pour l’égalité, la réponse est claire (voir les mouvements type ‘Gilets jaunes’). Plus l’égalité sera clamée et imposée, plus l’appauvrissement s’approfondira et sera généralisé.

« Il ne faut pas attendre de l’égalitarisme une réelle amélioration de la condition des plus démunis. Toute égalisation, à court ou à moyen terme, ne peut se faire qu’au niveau le plus bas … Le phénomène  inégalitaire a rendu possible une vie intellectuelle et artistique qui sans lui n’aurait guère pu exister, nous lui sommes redevables de tout le patrimoine dont nous avons hérité … Le long passé inégalitaire de l’humanité a constitué le terreau fécond d’où sortirent le progrès technique et le développement économique, dont les conséquences ont été un prodigieux enrichissement de la population doublé d’une non moins spectaculaire réduction des inégalités … La civilisation est fille de l’inégalité … Ce sont essentiellement des privilégiés, jouissant d’un niveau de vie élevé, qui ont lentement accumulé les connaissances constituant l’origine directe de tout ce que nous savons actuellement … la pauvreté n’est pas une conséquence du haut niveau de vie, de l’oisiveté et du luxe des privilégiés. Les inégalités sociales ne créaient pas les damnés … mais seulement les élus … ‘Le peuple de Paris veut, lui aussi, non le travail, non le salaire mais du loisir, du plaisir, des voitures, des chevaux, des laquais, des duchesses. Ce n’est pas du pain qu’il veut, c’est du luxe. Il étend la main en frémissant vers toutes ces réalités resplendissantes qui ne seraient plus que des ombres s’il y touchait. Le jour où la misère de tous saisit la richesse de quelques-uns, la nuit se fait. Il n’y a plus rien. Plus rien pour personne.’ (Victor Hugo – ‘Choses vues’) … Au niveau du court terme, c’est le passif des inégalités qui l’emporte, le côté actif, positif, apparaît sur le long terme … Le progrès, y compris celui de l’égalité, se trouve lié aux inégalités fécondes du passé. » (Jean-Louis Harouel – Essai sur l’inégalité)

« Notre époque baigne dans un climat psychique très égalitariste, la différence entre générations est souvent niée ainsi que la hiérarchie entre parents et enfants. Pour ceux que caractérise l’évitement du confit œdipien la hiérarchie et donc toute inégalité  doivent ‘disparaître avec la filiation et la relation père-fils’. Pour eux ‘la peur de l’individualisme (et l’égalitarisme que cette peur provoque) correspond en fait à la peur du père et à l’évitement de la position de rivalité’. Egalitarisme à tout prix. Il faut que personne ne réussisse mieux que les autres.  Evitement de l’œdipe, Au lieu de chercher à prendre la place du père, à le dépasser … l’adolescent s’efforce de se prouver que le père n’existe pas … isolement dans son groupe … immaturité … perte de possibilités d’identification valables … vécu de façon régressive dans un univers dominé par le narcissisme …. L’égalitarisme est de nature passionnelle … Conséquence de l’immaturité affective et du narcissisme qui ne supporte pas la comparaison à autrui … Inégalité ressentie comme intolérable à cause de sa signification œdipienne, de son analogie avec la hiérarchie naturelle parents-enfants, dont le rappel est insupportable … Négation du passé qui dispense d’avoir à se mesurer avec lui, à se comparer à lui» (Jean-Louis Harouel – citant et s’inspirant d’André Stéphane, pseudonyme de deux psychanalystes). »

« Il y a toutes les différences du monde entre traiter les gens de manière égale et tenter de les rendre égaux. La première est une condition d’une société libre, la seconde n’est qu’une nouvelle forme de servitude. » (Friedrich Von Hayek)

« On supporte plus aisément l’inégalité, elle affecte moins la dignité, si elle résulte de l’influence de forces impersonnelles, que lorsqu’on la sait provoquée à dessein. » (Friedrich Von Hayek)

« L’ennui est que l’utilité sociale n’est pas distribuée suivant un principe quelconque de justice. » (Friedrich von Hayek)

« L’égalitarisme est radicalement destructeur, d’abord parce qu’il prive les individus de la signalisation qui seule peut leur ouvrir l’occasion de choisir la direction de leurs efforts ; mais plus encore parce qu’il élimine la seule incitation par laquelle des hommes libres puissent être poussés à observer des règles morales quelles qu’elles soient : l’estime hiérarchisante de leurs semblables. » (Friedrich von Hayek)

« La folie des petitesses. » (Ionesco)

« Il vaut mieux que cela aille mal pour tout le monde. Ou même très mal. … Parce que l’on est jaloux. » (Eugène Ionesco)

« Nietzsche comparait l’humanité de demain à une plage de sable ; tous les humains, disait-il seront très égaux, très ronds, très conciliants, très ennuyeux. » (Roland Jaccard)

« Historiquement réalisé : imbu de morale égalitaire parce que incapable de commander. » (Roland Jaccard – le dernier des hommes nietzschéen)

« Il y a moins de différences entre deux députés dont l’un est révolutionnaire et l’autre ne l’est pas, qu’entre deux révolutionnaires, dont l’un est député et l’autre ne l’est pas. » (Robert de Jouvenel – La République des camarades)

« Les ‘droits de la femme’ sont les devoirs de l’homme. » (Karl Kraus)

« La morale de l’essentiel a cédé la place à la morale de l’archive – l’idéal de l’archive : la douce égalité qui règne dans une immense fosse commune. » (Milan Kundera)

« La guerre des identités, de genre, d’origine, de culture, a pris le pas sur la lutte pour l’égalité. Partout, c’est la revendication de l’égalité culturelle qui s’est affirmée et qui l’a emporté sur l’idéal d’égalité. » (Ernesto Laclau)

« Les inégalités mettent les gens en porte à faux : la raison les condamne tandis que le besoin de distinction les appelle … Un certain degré d’inégalité n’est pas un problème dans la mesure où il  incite les gens à exceller. » (Hugues Lagrange)

« Moins la liberté individuelle est grande ou plus  une société  exige de conformité et moins les prédispositions génétiques influencent le comportement individuel … Selon la même logique, plus les individus ont de choix dans une société, plus les forces biologiques sont responsables des différences de comportement entre les individus. » (Hugues Lagrange) – La liberté contre l’égalité.

 « Ce n’est pas par l’amour que les hommes sont égaux, mais par la mort … La mort égalise : grâce à elle, autrui existe. » (Benny Lévy)

« La ritournelle de l’égalité, l’excellence n’est pas un privilège, c’est un droit. » (Elisabeth Lévy – ironisant en matière d’éducation)

« Je ne puis concevoir comment l’on pourrait supporter l’ennui d’un monde où l’on ne rencontrerait personne de plus intelligent, de plus beau, de plus fort que soi. » (C. S. Lewis) – rêve de gauchiste abâtardi et frustré ; cauchemar pour gens sains.

« L’exigence d’égalité a deux sources ; la première est la plus noble, la seconde la plus vile de toutes les émotions humaines. La source noble est le désir de justice, l’autre est la haine de toute supériorité. » (C. S. Lewis) – Bonne question, laquelle agite frénétiquement ce pays ?

« Si l’exigence d’égalité est une noble aspiration dans sa sphère propre, qui est celle de la justice sociale, l’égalitarisme devient néfaste dans l’ordre de l’esprit, où il n’a aucune place. La démocratie est le seul système politique acceptable, mais précisément elle n’a d’application qu’en politique. Hors de son domaine propre, elle est synonyme de mort : car la vérité n’est pas démocratique, ni l’intelligence, ni la beauté, ni l’amour … Une éducation vraiment démocratique est une éducation qui forme des hommes capables de défendre et de maintenir la démocratie en politique ; mais, dans son ordre à elle, qui est celui de la culture, elle est implacablement aristocratique et élitiste. » (Simon Leys) – On comprend qu’avec de telles idées, l’auteur (viré de l’université par les cathos-maos de l’époque) ait dû s’exiler aux antipodes, en Australie.

« N’étant plus contenus par des règles sociales strictes, les appétits se déchaînent, les individus ne sont plus disposés à la même résignation … Chacun veut dépasser l’état où il se trouve … L’homme est exposé aux rêves blessés. » (Gilles Lipovetsky)

« Les hommes, pour conquérir les femmes, ont à leur disposition de multiples moyens : richesse, statut, prestige, force, intelligence, pouvoir, humour. Tel n’est pas le cas des femmes don ‘l’arme’ majeure a toujours été l’apparence … Le prestige d’une femme ne la rend ni  désirable ni séduisante … La dynamique égalitaire n’a changé en rien le régime asymétrique de la séduction chez les deux sexes et aucun signe ne laisse entrevoir une inflexion de tendance … susceptible de venir à bout de la prééminence féminine de l’apparence. La spirale des valeurs égalitaires n’a aucune chance de faire disparaître l’inégalité sexuelle des rôles esthétiques. » (Gilles Lipovetsky) – Enfin un domaine qui échappe à la sottise.

« Jésus a suscité la première crise en proclamant l’égalité de tous les hommes devant Dieu. La Réforme et Descartes introduisirent la deuxième ; elle produisit l’égalité devant la conscience et la raison. La troisième débuta avec la Révolution française et parvint à l’égalité devant la loi. » (Karl Löwith)

« Il doit même tendre vers l’égalité, tout en sachant, qu’au fond d’eux-mêmes, les hommes ne la désirent pas vraiment. » (Alfred Fabre-Luce) – Constatation d’évidence qui ne surprendra que le benêt de service.

« La démocratie moderne apparaît … comme la revendication de l’aristocratie naturelle contre l’aristocratie conventionnelle, fondée sur le privilège de la naissance … La Révolution française, non moins que la révolution américaine, encouragea l’expression des talents, c’est-à-dire si le mot a un sens, des inégalités naturelles. » (Pierre Manent)

« L’égalité ne peut régner qu’en nivelant les libertés, inégales de leur nature. » (Charles Maurras)

« La société, la civilisation est née de l’inégalité. Aucune civilisation, aucune société ne serait sortie d’êtres égaux entre eux. Des égaux véritables placés dans des conditions égales ou simplement analogues, s’ils avaient réussi à vivre, se seraient presque fatalement entretués. Mais qu’un homme donne la vie, ou la sécurité, ou la santé à un autre homme, voilà des relations sociales possibles … L’inégalité est bonne en soi. Les enfants ne seraient pas nourris s’ils n’avaient des parents plus grands, plus habiles, plus forts qu’eux ; les ignorants ne seraient pas instruits, s’ils n’avaient des maîtres savants … Comme dit Rivarol, ‘l’eau se perd là où manquent les fontaines induites à la canaliser’. » (Charles Maurras)

« On assiste aujourd’hui à une dénonciation de toutes les asymétries au profit d’une sorte d’égalitarisme qui est évidemment l’image même de la mort, c’est-à-dire de l’entropie enfin réalisée, de l’immobilité. » (Charles Melman)

« Il y a bien longtemps que cette aspiration égalitariste hante l’humanité. Mais, dans votre pratique de psychanalyste, avez-vous pu jamais observer un équilibre affectif, amoureux, social, qui serait fondé sur l’égalité, sur la parité ? Pourquoi cela ne marche-t-il pas ? … On aura beau trépigner, mettre en place les lois que l’on voudra, cela ne changera pas et nos rapports resteront régis, organisés, par cette dimension de l’altérité, par la disparité. » (Charles Melman)

 « Quand la perspective de l’au-delà (du Salut ou la vie éternelle ou les autres vies dans le cycle du karma) se trouble, s’efface, ou n’existe même pas, la donne de hasard, d’arbitraire ou de chance au principe de la situation humaine revient au premier plan. » (Yves Michaud) – Alors que dans l’ancienne situation, la donne de départ comptait peu.

 « Le concept d’égalité est foncièrement plurivoque. L’égalité des revenus, celle des ressources, celle des chances, celle des rétributions, celle des besoins, celle des positions, font référence à autant d’aspects différents qui sont confondus sous le chapitre général de ‘l’exigence d’égalité’. » (Yves Michaud) – Il en va de même pour la justice.

 « L’égalité numérique (ressemblances) traite les personnes comme indistinguables et donc ayant droit strictement à la même chose. C’est l’égalité pour les égaux … L’autre forme d’égalité est proportionnelle (différences) : elle traite les personnes en fonction de ce qui leur revient : à chacun selon son mérite, son travail, ses besoins, son statut, les contrats qu’il a passés ; et la liste ici encore est ouverte … Alors on doit tôt ou tard égaliser les différences en adoptant des mesures inégalitaires de discrimination, négatives ou positives. … On charge les chevaux supposés les plus performants. » (Yves Michaud) – Comme dans l’Education nationale, on bride et castre les élèves doués et travailleurs. C’est le plus simple.

 « L’égalité complexe (locale, revendications particulières pour ceci ou pour cela – prétendant à l’universel car érigeant ces demandes en droits reconnus par le Droit en général) devient la source d’une demande incessante et toujours plus complexe d’égalité, mais cette égalité est condamnée à être frustrée face à toutes les demandes concurrentes. » (Yves Michaud – simplifié)

 « Faut-il égaliser par le haut ou par le bas ? L’absurdité de l’égalité des chances se donne ici sans fard … De domaines de chance en domaines de chance, c’est tout ou presque qui doit être en principe corrigé, égalisé et nivelé … Du handicapé lourd … on peut même revendiquer l’égalité des chances pour ceux qui ont des handicaps positifs : trop d’intelligence, trop de beauté, trop de vertu, trop de capacités physiques… »  (Yves Michaud) – On sait le choix des politiques français, tout le monde en bas.

 « L’obsession égalitaire fait oublier beaucoup de valeurs qui pourraient engager les individus vers d’autre fins que l’appropriation compétitive : la modération, la sagesse, le respect de soi, la contemplation… Elle débouche sur une société des droits individuels et catégoriels qui fait perdre de vue la liberté des personnes … ce qui compte c’est ce à quoi j’ai droit. » (Yves Michaud)

 « Une théorie de l’égalité stricte suppose une conception impersonnelle de la personne … On ne voit pas quelle place le mérite pourrait occuper dans une telle société … quelles motivations aurait-on à créer des richesses et des biens à répartir ? … Le principe d’égalité stricte traduit une demande simple et irrépressible de droits : nous avons tous droit également à tout (A vos droits, citoyens !) … La France, pays profondément, maladivement, idéologiquement égalitariste est exemplaire de mécanismes pervers … Mesures innombrables, inefficaces, couteuses et parfois perverses, bureaucratie tatillonne, découragement de l’initiative individuelle, obsession et occupation principale de chacun pour passer au guichet, concurrence de tous avec tous … Egalité de façade ou établie par le bas avec cet effet pervers final que la plupart des personnes se préoccupent en réalité de trouver des passe-droits, du ‘piston’, de faire jouer réseaux, connexions ou recommandations pour tirer leur épingle du jeu … Au royaume de l’égalité, tout finit dans une inégalité complète … L’égalité de guichet est bien pratique pour dissimuler les inégalités profondes … Les comparaisons deviennent le pivot de la vie sociale, l’obsession égalitaire fait oublier beaucoup de valeurs qui pourraient engager les individus vers d’autres fins que l’appropriation compétitive : la modération, la sagesse, la vie bonne, le respect de soi, la contemplation, la vertu, etc., la société se bureaucratise, se corporatise, se judiciarise parce qu’il faut constamment faire valoir, défendre ses droits ou en opposer de nouveaux, crise de la motivation. » (Yves Michaud – considérations éparses sur la société égalitaire)

 « Si Bourdieu avait vécu plus longtemps, il aurait été capable de dénoncer la beauté et le charme comme d’intolérables sources d’inégalités à l’origine de nouvelles castes sociales. » (Yves Michaud) – L’Education nationale aurait dû trouver les moyens d’égaliser par l’enlaidissement obligatoire. Faisons lui confiance. Elle aurait trouvé.

« Cette ‘guerre de tous contre tous’ qui est la vérité ultime du droit ‘égalitaire’ de tous sur tout et de la situation de concurrence généralisée qui en est la conséquence inéluctable … La simple logique du droit égalitaire conduit ainsi à ouvrir un espace spécifique, fondé sur la revendication de ce qui est dû inconditionnellement à chacun, au sein duquel le don et la morale sont nécessairement neutralisés ou mis entre parenthèses. » (Jean-Claude Michéa) – Nous y sommes.

« Entre deux prétentions désormais considérées comme juridiquement égales, poursuivait Marx, c’est inévitablement la force qui doit trancher. » (Jean Claude Michéa – citant  Capital, livre I, troisième section, chapitre I) – Marx n’était donc pas un Gogo naïf. Il serait bien dépaysé en notre temps.

«’ L’égalité sociétale’ … trouve curieusement son complément pratique dans la progression constante de la précarité et de’ l’inégalité sociale’ : la célébration médiatique enthousiaste en 2017 d’une Assemblée nationale la plus féminisée (38,82 % d’élues) et la plus jeune, en oubliant de mentionner qu’il s’agissait également de la plus élitiste et de la moins représentative (3% d’élus pour les classes populaires) de toute l’histoire de la V°  République (il faudrait même selon certains historiens, remonter jusqu’en 1872, à cette assemblée versaillaise qui légitima la répression sanglante de la Commune, pour retrouver dans la ‘représentation nationale’ un tel degré de ‘consanguinité sociale’. » (Jean-Claude Michéa)

« L’absence des distinctions (et des classes) annule les aspirations à l’excellence, ramène les catégories à une seule, elle-même neutre et conformiste. » (Thomas Molnar)

« La passion égalitaire célèbre une véritable orgie aux Etats-Unis … On en vient à légiférer contre toutes les distinctions … L’égalité n’est plus conçue comme une mesure permettant de modérer les injustices, c’est un programme idéologique conçu en vue d’abolir ce qui déplaît à tel ou tel groupe de pression, dont certains sont plus égaux que d’autres. » (Thomas Molnar) – Et les laquais français, admiratifs, copient.

« Toute société implique une stratification et une différenciation sociale qui est la condition même de l’intégration de tous, et, corrélativement, un principe d’organisation égalitaire, dont l’individu en soi constitue le seul référent, entraîne une généralisation de la ‘mimésis’ dont la violence et l’exclusion sont les effets obligés. » (Thomas Molnar) – Et c’est ce qui nous arrive à notre stupide surprise.

« Plutarque dit … qu’il ne trouve point si grande distance de beste à beste comme il trouve d’homme à homme… J’enrechirois volontiers sur Plutarque ; et dirois qu’il y a plus de distance de tel à tel homme qu’il n’y a de tel homme à telle beste. » (Montaigne – De l’inequalité qui est entre nous)

« La vraie inégalité, quasiment insoluble, c’est l’intelligence. » (Yves Montand)

« Les hommes naissent bien dans l’égalité mais ils ne sauraient y demeurer. » (Montesquieu)

« L’esprit d’égalité extrême … conduit au despotisme d’un seul. » (Montesquieu – L’esprit des lois, VIII, II)  

« La mondialisation a depuis longtemps raboté nos exigences morales et esthétiques. L’allure, la classe, le brio, le génie de la formule courte, le sens de la répartie assassine, l’attraction sensuelle, le geste tendre, le coup de rein salvateur, le silence comme art du bavardage, ça ne se commande pas sur Uber, ça ne s’achète pas non plus sur Internet. Aucune appli ne supplée au manque de charisme. C’est l’injustice à l’état brut. Pétitionner n’y changerait rien, on naît avec une aura époustouflante ou l’on est condamné toute sa vie à imiter, à ânonner, à tenter de coller une belle image sur une personnalité bancale. La loi qui est censée tout régler dans notre pays, ne sanctionne pas encore l’absence de caractère et le tempérament filandreux, la nouvelle norme des ambitieux. Alors, nous sommes contraints de supporter ces embryons de personnalité en politique, dans le sport, les affaires, à la télé ou le spectacle en général. » (Thomas Morales – à propos de l’acteur Robert Mitchum et de ses pâles successeurs)

« Ces minuscules rois-soleils légitimes que nous sommes devenus dans l’émerveillement de notre égalisation. » (Philippe Muray)

« Chaque inégalité résorbée en fait naître sur-le-champ de nouvelles … Et tant qu’il demeurera un seul brin d’herbe plus haut que l’autre, tant que nous pourrons repérer une seule petite différence, une seule discrimination affectant le setter écossais ou le gypaète barbu, cette activité haletante qui fait de chacun de nous un juge … ne nous laissera aucun répit. » (Philippe Muray)

« Le nominalisme dispense d’aimer l’idée qu’on se fait du réel pour lui préférer le réel lui-même … Il invite à la circonspection devant le concept et à l’extrême souci face aux fragments du réel, et à son épiphanie sous la forme du divers … Rien ne le heurte plus que la passion égalitaire … Il aime les différences et les cultive, apprécie le divers et le sollicite … L’homogène est un phantasme à partir duquel s’élaborent les servitudes volontaires … Vient alors le règne de la quantité qui voue aux gémonies la qualité et les audaces … … guerre contre les singularités … L’exception comme ce qui justifie une civilisation. » (Michel Onfray)

« La naissance est le lieu de l’inégalité, l’égalité prend sa revanche avec l’approche de la mort. » (Jean d’Ormesson)

« Si la liberté se définit facilement par la négative (ne pas être contraint), l’égalité, elle, appelle une réponse positive : égal à qui ? égal à quoi ? égal en quoi ? » (Mona Ozouf – citée par Alain Ehrenberg)

«  Il avait saisi que ressembler aux autres servirait d’idéal dans la société en gestation ; que la pente de la société démocratique serait d’engendrer la confusion des rôles et des comportements, la subversion des catégories, d’âge, de sexe, de classe et de pouvoir. Que la passion de l’égalité serait ruineuse pour l’art … que l’idéal égalitaire chercherait aussi à domestiquer l’excellence … Elle n’est pas non plus sans conséquences sur les rapports des hommes et des femmes, entre lesquels elle tend à établir l’indifférenciation qu’elle chérit … car la pente irrésistible de l’égalité est de dissoudre toutes les discriminations, et l’obsession de l’homme démocratique consiste à postuler avant tout la ressemblance des êtres et l’homogénéité des lieux … L’absence de couleur esthétique observée en Amérique est selon lui dans l’exacte dépendance d’un moralisme omniprésent … De là, les mœurs sévères qu’on observe en Amérique, la gravité des individus, le sentiment qu’à tout instant chacun est averti de ce qu’il doit sentir et de ce qu’il doit faire … Un monde vide d’émotions esthétiques …  ‘sans ombres, sans ambiguïté, sans mystère, rien d’autre qu’une prospérité banale, visible au grand jour tout simplement’. » (Mona Ozouf – évoquant le romancier Henry James) –  Cet espace sans relief où s’ébattent des zombies dissimulant des Tartuffes est devenu le nôtre.  Si la démocratie présente assurément une fâcheuse tendance à l’uniformisation, celle-ci ne lui est pas inhérente et sa responsabilité dans cet état moutonnier obligé est bien moindre que l’anglo-saxonisme dominateur sous lequel nous nous courbons servilement.

« Sous la fausse humilité socialiste, il y a l’éternelle volonté de puissance égoïste ; il n’y a pas de vie si médiocre qui n’ait son ambition ; il n’y a pas d’égalitaire qui n’aspire secrètement à une supériorité quelconque. » (Georges Palante)

 « Cette puissance du ressentiment, comment ne pas la voir à l’œuvre dans un monde dominé par le désir mimétique et la revendication victimaire ? Comment ne pas la voir cheminer à travers ces aspirations qui ont moins à voir avec la justice qu’avec le besoin de reconnaissance identitaire ? … Notre époque est habitée par la loi du même et de la copie, du sur-mesure, des parités et des quotas. Le désir de reconnaissance est moins habité par la justice que par une sorte d’esprit de vengeance … Ce que l’autre a, j’y ai droit aussi. Ce que l’autre est, je le suis aussi … Là où l’égalitarisme, le besoin d’instaurer la loi du Même, cet universel du pauvre, est de mise, nul doute que le ressentiment, et sa puissance mimétique, sont, eux aussi à l’œuvre … La haine s’accroît avec la promiscuité même que l’indistinction engendre. » (Paul-François Paoli)

« On ne voit pas en quoi l’égalité générerait un sentiment de fraternité plutôt que l’inverse ; un sentiment de rivalité. » (Paul-François Paoli)

« L’assertion que les hommes sont objectivement égaux est tellement absurde … Mais l’idée d’égalité des hommes est un fait d’une grande importance, et qui agit puissamment pour déterminer les changements que subit la société. » (Vilfredo Pareto) – « Autrement dit, l’égalitarisme est l’expression d’un résidu : le besoin d’uniformité. » (Julien Freund) – Pareto exprime par le terme résidu, un sentiment non logique d’origine instinctive, un principe qu’on retrouve constamment, ou plutôt ses manifestations variables dans la forme, mais non dans le fond.

« Tout titre par lequel vous possédez votre bien n’est pas un titre de nature, mais d’un établissement humain … Votre âme et votre corps sont eux-mêmes indifférents à l’état de batelier ou à l’état de duc. Il n’y a nul lien qui les attache à une condition plutôt qu’à une autre. » (Blaise Pascal)

 « Il n’y a plus ni Juif, ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme ; car dans le Christ Jésus, vous ne faites tous qu’un. » (saint Paul – Epître aux Galates) Maxime d’égalité universelle.

« On est tous frères, c’est entendu. Mais on n’est pas jumeaux. » (Louis Pauwels)

« Dans la démocratie extrême, précise l’auteur des ‘Mots des femmes’, il n’y a plus un seul interstice de la vie en commun qui ne soit envahi par le désir d’égalité, qu’on peut nommer ici désir d’indifférenciation. Il ne s’agit plus seulement d’accorder aux deux sexes les mêmes droits, mais de leur promettre à terme les mêmes fonctions, les mêmes accomplissements, les mêmes espaces … ‘Pas de galanterie chez un peuple libre’. » (Natacha Polony – reprenant Mona Ozouf) – Quel ennui sinistre ! Quelles frustrations !

« La liberté importe davantage que l’égalité. La tentative d’instaurer l’égalité met la liberté en danger, et à sacrifier la liberté on ne fait même pas régner l’égalité parmi ceux qu’on a asservis. » (Karl Popper)

« Dans l’espèce humaine, l’importance, la qualité, l’intérêt varient du simple au centuple. Estimation encore beaucoup trop faible, si l’on compare Léonard de Vinci à Madame Pipelet … Au fond, ce qu’on appelle l’humanité ne se distingue pas d’un tas de déchets, dont un tout petit nombre d’hommes se détachent péniblement. » (Robert Poulet) – C’est vrai, mais à ne pas trop crier sur les toits.

« Pas de liberté sans discipline – Pas d’égalité sans hiérarchie – Pas de fraternité sans rigueur. » (Raymond Queneau – Triade républicaine présidant au Traité des vertus démocratiques)

« L’inégalité face à l’héritage de la fortune n’est pas plus intrinsèquement injuste que l’inégalité face à l’héritage de l’intelligence. » (John Rawls – cité par Jean-Pierre Dupuy)

« L’inégalité est inscrite dans la nature. Elle est la conséquence de la liberté. » (Ernest Renan)

« Les hommes naissent égaux, dés le lendemain ils ne le sont plus. » (Jules Renard)

«  L’idéologie holiste ‘valorise la totalité sociale et néglige ou subordonne l’individu humain’ ; à cette idéologie correspond la société hiérarchique, ou la société de castes … L’idéologie individualiste favorise au contraire l’individu ; ‘l’être indépendant, autonome, essentiellement non social’ et corrélativement ‘néglige ou subordonne la totalité sociale’ ; à cette idéologie correspond logiquement la société égalitaire, puisque, si l’individu comme tel est la valeur suprême, il ne peut être soumis à nul autre que lui-même ; tout principe de hiérarchie se trouvant par là exclu au profit du principe d’égalité. C’est un tel individualisme qui constitue la ‘valeur cardinale des sociétés modernes’ … La désocialisation de l’homme si elle est inscrite dans la logique de l’individualisme … ‘Les deux traits qui caractérisent les Européens modernes semblent contradictoires : l’individualisme et l’égalitarisme. J’ai fini par comprendre’ (Nietzsche). Ce que Nietzsche a fini par comprendre, c’est qu’en réalité l’individualisme moderne est inséparable de l’égalitarisme à travers lequel il s’exprime et s‘accomplit. Lien paradoxal … dans sa genèse, l’individualité moderne ‘faible et craintive’, a dû, pour ne pas souffrir des différences, entreprendre de les nier. Défendre la valeur de son existence, ce sera, pour l’individu moderne, ‘exiger que tous les autres lui soient reconnus égaux’. Selon Nietzsche, l’individualisme moderne est celui qui valorise l’égalité. En ce sens, il va de pair avec le christianisme (égalité devant Dieu) et avec la démocratie (égalité pour tous les hommes). » (Alain Renaut – citant Louis Dumont et Nietzsche – considérations éparses sur l’individualisme – L’ère de l’individu)

« Un monde où chacun serait censé … ne devoir sa condition qu’à lui-même, ne serait pas un monde fraternel, mais le plus féroce de ceux qui ont jamais été. » (Olivier Rey) – Pas de freins, pas d’excuses.

« Au nom de la culture pour tous a été instituée la culture pour personne. » (Ivan Rioufol) – Tout pour tous !

« Au lieu de l’égalité des biens, nous n’aurons bientôt que l’égalité des misères. » (Rivarol) – L’avertissement reste valable, deux siècles après.

« Les philosophes ont confondu l’égalité avec la ressemblance. » (Rivarol)

« Loin de dire aux peuples que la nature a fait tous les hommes égaux, dites-leur au contraire qu’elle les a faits très inégaux ; que l’un naît fort et l’autre faible ; que l’un est sain et l’autre infirme ; que tous ne sont pas également adroits et vigilants, et que le chef-d’œuvre d’une société bien ordonnée est de rendre égaux, par les lois, ceux que la nature a fait si inégaux par les moyens. » (Rivarol)

 « Si jadis la supériorité était quelquefois orgueilleuse, aujourd’hui c’est l’égalité : ce qui a rendu en France l’insolence universelle. » (Rivarol)

« L’égalité commence le jour où un blanc peut dire à un noir ce qu’il pense sans s’autocensurer parce qu’il parle à un noir, et vice versa. » (Claude Roy) – Combien nos lois stupides sont faites pour empêcher l’égalité et nous dresser les uns contre les autres. Peut-on croire qu’il n’y a pas quelque intention perverse derrière que seules ne voient pas les associations qui braillent à contresens et les éternels gogos ?

« Au nom de l’égalité religieuse de toutes les âmes, les religions prosélytiques et leurs missionnaires ont prétendu imposer aux communautés … bien adaptées à leurs conditions de vie par une longue sélection … leurs propres conceptions du bien et du mal, leur morale familiale et sexuelle. Les missionnaires ont combattu des ‘coutumes choquantes’ qui avaient souvent une valeur eugénique et sociale … Au nom de l’égalitarisme humaniste, les idéologies rationalistes ont fait exactement la même chose. Les ‘démocrates’ ont prétendu imposer, par force ou propagande, leurs institutions économiques, leurs systèmes politiques d’élection et de parlementarisme et leurs systèmes juridiques des droits de l’homme. Les communistes marxistes et maoïstes de même … Néo-colonialisme idéologique. » (Raymond Ruyer) – L’égalité a bon dos.

« De l’égalité politique on aspire à passer à l’égalité économique, puis à l’égalité biologique (devant la santé, la maladie, la mort, les accidents…) , puis à l’égalité culturelle, linguistique (par une éducation qui nivelle … par un conditionnement uniforme). Comme toute éducation égalitaire manifeste vite sa vanité, il faut une sur-éducation compensatrice pour les retardés… » (Raymond Ruyer)

 « La doctrine de l‘égalité est visiblement un produit du ressentiment : rabaisser … celui qui occupe une position plus élevée, celui qui possède davantage … Aucun de ceux qui se sentent assez forts ou assez doués … ne demande l’égalité. Seul celui qui craint de perdre la réclame comme principe général. L’exigence d’égalité est toujours une spéculation à la baisse. Sa loi est que, dans les cas où les hommes sont égaux, ils le soient toujours au regard des critères de valeur les plus bas … Le ressentiment qui est incapable de trouver du plaisir au spectacle des valeurs nobles, dissimule sa vraie nature sous l’exigence d’égalité ! Ce qu’il veut en réalité, c’est voir décapiter ces porteurs de valeurs nobles qui l’irritent. » (Max Scheler) – D’où également la dévalorisation de ces valeurs (courage, indépendance, droiture…)

« Si l’égalité contemporaine tend à épuiser les formes  de transcendance collectives, qu’elles soient d’inspiration religieuse ou politique, comment peut-on continuer à faire société ? » (Dominique Schnapper) – Justement, on ne veut plus de société, seulement des robots-laquais.

« Irréaliste est la théorie selon laquelle il n’y aurait plus envie ni ressentiment si nous vivions dans une société réellement égalitaire (même une société de moutons satisfaits), utopie pure. L’envie grandit dans la mesure où l’idée d’égalité est institutionnalisée. Le nivellement est le propre d’une époque dénuée de passion et repliée sur elle-même. » (Helmut Schoeck)

« Si l’égalité devant la loi est l’élément vital de la démocratie, elle en est aussi l’écueil. Car elle favorise l’éclosion de ce fanatisme et de ce sentiment d’envie qui exige que tous les hommes soient traités de la même façon dans tous les domaines de l’existence. » (Helmut Schoeck)

 « On peut se demander si le principe d’égalité n’est pas en premier lieu l’expression de l’envie de tous contre tous, le produit du ressentiment qui nous fait ânonner que l’injustice sociale est le pire des maux. » (Helmut Schoeck) –  « Si l’égalité devant la loi est l’élément vital de la démocratie, elle en est aussi l’écueil. Car elle favorise l’éclosion de ce fanatisme et de ce sentiment d’envie qui exige que tous les hommes soient traités de la même façon dans tous les domaines de l’existence. » (Roland Jaccard)

« La question fondamentale est : ‘Egalité de quoi ?’ … Multiplicité des variables d’évaluation et hétérogénéité des êtres humains … L’évaluation de l’inégalité doit prendre en compte à la fois la pluralité des espaces où l’inégalité peut être mesurée et la diversité des individus … Et c’est précisément en raison de cette diversité que prôner l’égalitarisme dans un domaine oblige à le récuser dans un autre (par exemple : question de la discrimination positive brimant les autres) … L’approche que j’ai retenue se concentre sur notre ‘capabilité’ soit  notre capacité-liberté de promouvoir les objectifs que nous avons des raisons de valoriser, qui nous sont potentiellement accessibles, que nous les exercions ou non … Il ne faut pas non plus confondre ‘accomplissement’ et ‘liberté d’accomplir’,  possibilité d’accomplir, ‘capabilité’ (celle-ci est mais peut ne pas entraîner réalisation ou accomplissement.)» (Amartya Sen, simplifié) – Espaces : des revenus (objet de la focalisation traditionnelle et simpliste), des fortunes, des chances, des accomplissements réels, des plaisirs, des désirs, de la culture, des libertés, des droits, de la dignité, de la participation à la vie sociale, et même du bonheur, morbidité, mortalité… – Diversité : âge, sexe, aptitudes physiques et intellectuelles, compétences, vulnérabilités, origine sociale, situation géographique, environnement notamment sur les plans culturels et épidémiologiques… Se préoccuper, comme nous le faisons,  de tous les espaces et de toutes les diversités revient à essayer de remplir le tonneau des Danaïdes et amène à paralyser complètement la société, à subventionner la fraude, à créer des populations de victimes concurrentes aussi minables que geignantes, à exciter l’envie et la lutte de tous contre tous, à atteindre à l’inefficacité de tous en tout.

 « Une politique d’égalité des niveaux conduirait à un ‘nivellement par le bas’ généralisé’. » (Amartya Sen) –  C’est bien la politique générale adoptée en France, notamment dans l’éducation nationale avec les brillants résultats que l’on sait, ce par envie, jalousie, mesquinerie.

« Il n’est nullement obligatoire que la liberté et le bien-être cheminent toujours côte à côte, ni même dans la même direction. Distinguer entre liberté de ‘bien-être’ (grossièrement, niveau de vie, de confort) et ‘liberté d’agent’ (capacité à faire avancer les objectifs que l’agent a des raisons de choisir et de promouvoir) … Un accroissement de la liberté d’agent peut provoquer une réduction de la qualité de bien-être (et un recul correspondant de son bien-être accompli, opérations de type altruiste) … Une assimilation fallacieuse du succès de bien-être et du succès de qualité d’agent peut se produire … dans le modèle de ‘l’idiot rationnel’, postulat comportemental courant en théorie économique selon lequel chaque individu promeut son bien-être personnel dans tous les choix qu’il fait . » (Amartya Sen) – C’est le modèle unique retenu par les sociétés modernes, sous l’impulsion du capitalisme, et notamment encore plus prégnant dans les sociétés socialisantes qui évaluent tout en fric et ne voient aucune autre fin (sens de finalité) à l’action des individus.

« L’évaluation de nos libertés, et de nos inégalités, doit absolument prendre en compte ce que nous choisirions et les mettre en rapport avec ce qui s’est effectivement produit. » (Amartya Sen) – S’il fallait tenir compte de l’avis et des désirs fondamentaux des gens sans les avoir bien dressés au préalable à répondre comme voulu !

« Si l’hédonisme a découragé l’effort, l’égalitarisme a dévalorisé l’exigence de qualité. » (Jean Sévillia)

« Dans tous les cas où l’on a cherché à réaliser une forme d’égalitarisme on a vu surgir … d’innombrables individus s’efforçant de déborder les autres de toutes les manières imaginables. » (Georg Simmel)

« Problème : l’égalité homme/femme implique la réalisation préalable de l’égalité des femmes entre elles. L’ouvrière, la cadre et la rentière n’étant pas plus égales que ne le sont l’ouvrier, le cadre et le rentier. » (Alain Soral)

« Le rabâchage même de la formule ‘tous les hommes sont égaux’ est révélateur en soi du fait qu’il y a là quelque chose ayant besoin d’une justification. » (Oswald Spengler)      

« Les gens qui parlent le plus d’égalité seraient au désespoir de ne primer personne. » (baron de Stassart)

« L’égalité n’est qu’une transition entre deux hiérarchies, comme la liberté n’est qu’un passage entre deux disciplines. » (Gabriel Tarde)

« A partir d’un certain degré, les inégalités sociales sont d’autant plus pénibles à supporter par les inférieurs qu’elles sont moins profondes … En s’amoindrissant au-delà d’un certain point, elles cessent de produire l’admiration, la crédulité, l’obéissance, toutes dispositions favorables à la force du corps social, et perdent ainsi leur raison d’être. » (Gabriel Tarde)

«Tocqueville est forcé de convenir, à contre-cœur, que l’égalité démocratique née de l’uniformité générale, nous conduit, presque fatalement, à une centralisation oppressive, réglementatrice à l’excès, et que les franchises locales, les garanties personnelles, trouvaient des abris tout autrement sûrs aux temps de diversité et d’inégalité aristocratiques. » (Gabriel Tarde)

« Faut-il croire que l’humanité,  et, singulièrement, l’humanité française aime mieux l’égalité que la liberté ? Ou encore qu’elle supporte mieux la servitude  de tous que la supériorité de quelques–uns ? C’est probablement exact …L’égalité a des charmes. Il n’y a point de gouvernement que gêne l’égalité. Le despotisme s’en accommode aussi bien que la liberté. » (André Tardieu)

« Etant bon, l’homme doit être libre … Possédant bonté et liberté, l’homme raisonnable possèdera aussi l’égalité, conséquence de la bonté et garantie de la liberté. » (André Tardieu –ironique – sur le délire meurtrier de 1789, dont notre idéologie gauchiste découle encore)

« Plus on réalisera l’égalité matérielle entre les hommes, plus éclatera la supériorité morale incompressible des uns sur les autres. » (Edmond Thiaudière)

« La fraternité n’a pas de pire ennemi que l’égalité. » (Gustave Thibon)

« Ce que je reproche à l’égalité ce n’est pas d’entraîner les hommes à la poursuite des jouissances défendues; c’est de les absorber entièrement dans la recherche des jouissances permises. » (Gustave Thibon)

 « L’égalitarisme chrétien fondé sur l’amour qui élève, implique le dépassement des inégalités naturelles ; l’égalitarisme démocratique, fondé sur l’envie qui dégrade, consiste dans leur négation … Derrière l’égalité se dissimule l’envie. » (Gustave Thibon) – Distinction un peu trop nette.

« Le premier réflexe de l’égalitarisme est ce cri : Pourquoi pas moi ? … En face de l’argent surtout, tout le monde se sent digne d’être l’élu … se sent capable de jouir … Ce n’est pas l’effet du hasard si les époques où le primat social est dévolu à l’argent sont aussi celles où sévit la pire fièvre égalitariste. » (Gustave Thibon)

« La théorie de l’égalité appliquée aux intelligences. » (Alexis de Tocquevillle – définissant la démocratie)

« L’amour de l’égalité croît sans cesse avec l’égalité elle-même : en le satisfaisant, on le développe. » (Alexis de Tocqueville)

« Dans une société égalitaire, le sentiment dominant devient l’envie … Le désir qu’a chacun de ne voir personne dans une meilleure situation que soi-même. » (Alexis de Tocqueville)

« Les espérances  et les désirs y sont plus souvent déçus, les âmes plus émues et plus inquiètes et les soucis plus cuisants. » (Alexis de Tocqueville)

« C’est l’identité et non l’altérité qui crée les conflits les plus violents. » (Alexis de Tocqueville)

« L’égalité qui rend le indépendant de chacun de ses concitoyens en particulier, le livre isolé et sans défense à l’action du plus grand nombre … Dans les temps d’égalité, les hommes n’ont aucune foi les uns dans les autres, à cause de leur similitude, mais cette même similitude leur donne une confiance presque illimitée dans le jugement du public ; car il ne leur paraît pas vraisemblable qu’ayant tous des lumières pareilles, la vérité ne se rencontre pas du côté du plus grand nombre. » (Alexis de Tocqueville) – La force du nombre.

« L’égalité, qui introduit de grands biens dans le monde, suggère cependant aux hommes des instincts fort dangereux; elle tend à les isoler les uns des autres, pour porter chacun d’eux à ne s’occuper que de lui seul. Elle ouvre démesurément leur âme à l’amour des jouissances matérielles. » (Alexis de Tocqueville)

« L’égalité‚ place les hommes à côté les uns des autres, sans lien commun qui les retienne. Elle le ramène sans cesse vers lui seul et menace de le renfermer enfin tout entier dans la solitude de son propre cœur. » (Alexis de Tocqueville)

« Les Français ont pour l’égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la veulent encore dans l’esclavage. » (Alexis de Tocqueville)

« Beaucoup de Français en sont arrivés à penser que vivre égaux sous un même maître avait encore une certaine douceur. » (Alexis de Tocqueville) –Déjà à l’époque de l’auteur.

« Ils ont détruits les privilèges gênants de quelques-uns de leurs semblables ; ils rencontrent la concurrence de tous … Quand l’inégalité est la loi commune d’une société, les plus fortes inégalités ne frappent point l’œil ; quand tout est à peu près de même niveau, les moindres le blessent. » (Alexis de Tocqueville)

« Plus les conditions deviennent égales, moins les hommes sont individuellement forts … plus ils se laissent aller aisément au courant de la foule et ont de peine à se tenir seuls dans une opinion qu’elle abandonne. » (Alexis de Tocqueville) – « Le qu’en-dira-t-on et la titraille font rentrer les meilleurs dans leur trou. » (Régis Debray)

« On voit la passion de la liberté s’éteindre, puis renaître, puis s’éteindre encore … toujours inexpérimentée et mal réglée, facile à décourager, à effrayer et à vaincre, superficielle et passagère … La passion pour l’égalité occupe toujours le fond des cœurs dont elle s’est emparée la première … Tandis que la liberté change sans cesse d’aspect, diminue, grandit, se fortifie, se débilite suivant les événements, l’égalité est toujours la même, toujours attachée au même but avec la même ardeur obstinée et souvent aveugle… » (Alexis de Tocqueville – réfléchissant sur l’avant et l’après de la révolution de 89)

« Il y a dans le cœur des hommes ce goût dépravé pour l’égalité qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau. » (Alexis de Tocqueville)

« Ce que je reproche à l’égalité ce n’est pas d’entraîner les hommes à la  poursuite des jouissances défendues; c’est de les absorber entièrement dans la recherche des jouissances permises. Ainsi, il pourrait bien s’établir dans le monde une sorte de matérialisme honnête qui ne corromprait pas les âmes, mais qui les amollirait et finirait par détendre sans bruit tous leurs ressorts. » (Alexis de Tocqueville) – Prémonitoire. Nous sommes dans cette société de couards, de médiocres.

« L’obstination dans l’affrontement populisme/élitisme, s’il devait se prolonger, ne saurait mener qu’à la désagrégation sociale … partout, l’éducation supérieure a brisé l’homogénéité culturelle des démocraties libérales et créé des ‘mondes d’en haut’ attachés aux valeurs d’ouverture, et des ‘mondes d’en bas’ qui revendiquent le droit d’une nation à contrôler ses frontières et à considérer l’intérêt de ses citoyens comme prioritaire …(Un tiers de la population de la France pourrit économiquement et moralement, et enrage de son impuissance inlassablement reconduite) … Une méritocratie qui mine le sentiment égalitaire parce que celui qui a été sélectionné par le système scolaire finit par se penser intrinsèquement supérieur … L’idéal méritocratique, effet pervers d’une aspiration égalitaire, l’égalité des chances, qui finit par créer une inégalité de mérite. Plus une société est au départ égalitaire, démocratique de tempérament, plus l’idéal méritocratique y sera fort … plus la perversion inégalitaire engendrée par accident sera puissante … Plus le système scolaire règne en maître … plus le tri des hommes sera efficace … Le méritocrate pense tout devoir à son travail et à son intelligence, à son mérite. Loin d’aspirer à faire vivre l’égalité, il considère trop souvent ceux qui ne l’ont pas suivi dans sa trajectoire ascendante comme des gens moins doués, stupides ou débiles. Dignes de voter pour Trump ou pour le Front national … En revanche, celui qui a hérité de son statut privilégié, aristocrate ou non, sait bien, au plus profond de lui-même, ce qu’il doit à ses ancêtres. Il exprimera moins de mépris pour ceux qui n’ont pas réussi dans leurs études … s’ajoutera à la modestie la notion d’une noblesse qui oblige, de devoirs qui accompagnent les privilèges. » (Emmanuel Todd – considérations éparses sur l’Université, la méritocratie et l’égalitarisme, les classes dominantes et le populisme) – Pour expliquer le déluge de mépris, les torrents d’injures déversés sur les électeurs de Trump, sur ceux du Front national, jadis sur les opposants à la honte du traité de Maastricht (passé grâce à une escroquerie intellectuelle, une de plus, de Mitterrand), sur les Anglais ayant opté pour le Brexit (mais là les insultes ne venaient que de l’étranger, média français en tête dans l’abjection comme toujours, et pas de l’élite britannique et il est aussi juste de  considérer que le parti conservateur met correctement en œuvre la volonté populaire, en effet, c’est dans la plus aristocratique des démocraties libérales que le populisme est le mieux intégré)

« L’égalité concerne désormais les groupes plus que les individus. Elle n’est pas ‘égalisatrice’ mais proportionnelle à leur condition (voir la discrimination positive) … Le sujet de la politique démocratique n’est plus le citoyen individuel mais la minorité identitaire. » (Shmuel Trigano)

« Il est significatif que l’on puisse discuter de la liberté, mais pas de l’égalité. Cela … prouve que l’on est prêt à sacrifier la liberté au nom de l’égalité, ce qui fut la tendance des révolutions du XX° siècle. Cette schizophrénie … s’est exprimée au grand jour pendant la révolution française. Dans les mêmes quatre années où l’on élabore la Déclaration des droits de l’homme au nom de la liberté, on instaure la Terreur au nom de l’égalité. » (Philippe Val)

« Ce qui me choque dans cette politique populaire, c’est qu’elle consiste et conduit à faire des gens plus sensibles, plus égaux, au lieu de les forcer à être plus forts. La meilleure politique est celle qui fortifie. » (Paul Valéry)

« L’égalité n’est pas une loi de la nature. La nature n’a rien fait d’égal. Sa loi souveraine est la subordination et la dépendance. » (Vauvenargues)

L’égalitariste « cherche à se frotter aux idoles pour que la dorure lui en reste aux doigts. Il chante l’égalité mais le cœur n’y est pas : ce qu’il voudrait, c’est d’être plus égal que les autres, ce qu’il aimerait, ce serait d’être roi … Il veut des records, des stars, des personnages mythiques … des trônes accessibles à tout le monde, des prix pour tous, des couronnes, des honneurs … On crée des rois avec des gagnants de mots croisés, des vedettes avec le monsieur qui a cru voir l’assassin, avec l’expert en chaises cannées … On valorise le rien ; c’est une façon de multiplier les rois. On appelle le collège lycée, collège l’école complémentaire. On donne du galon au néant … S’il est une chose insupportable au démocrate, c’est le plaisir de l’égalité. » (Alexandre Vialatte)

« L’avenir est un lendemain qui chante. Comme l’a dit génialement Maurice Thorez, tous les hommes seront égaux entre eux, chacun aura des domestiques. » (Alexandre Vialatte)

« La société serait bien mal faite si l’argent allait au talent, si les honneurs allaient au mérite, les places à la capacité. Où serait l’égalité sociale ? Ce serait toujours tout pour les mêmes. Un scandaleux cumul ! … Est-ce la faute de ce pauvre Dupont s’il est né complètement idiot ? Pourquoi n’aurait-il pas le bachot comme Durand qui ne s’est donné que la peine de naître ? De naître intelligent et armé pour la vie. » (Alexandre Vialatte)

« Les tentatives radicales pour imposer l’égalité sur le plan des faits se sont traduites par une diminution effective voire une disparition des libertés démocratiques (de parole, de conscience, de circulation, d’association…), mais surtout par un redéploiement de l’inégalité et de la domination sociale sous couvert d’avant-garde éclairée, de Parti-Etat ou de classe révolutionnaire. » (Stéphane Vibert) – Il peut en être de même, de façon très atténuée certes, dans des sociétés dites démocratiques occidentales (France, USA…) où une pseudo-élite méprisante (cercle de la raison) exerce sa domination.

« Les hommes veulent d’abord la liberté des corps, puis celle des âmes, c’est-à-dire la liberté de pensée et l’égalité avec les autres ; ils veulent ensuite dépasser leurs égaux ; et finalement placer leurs supérieurs au-dessous d’eux. » (Giambattista  Vico)

« Les Français sont satisfaits a peu de frais, un peu de familiarité dans les manières leur semble de l’égalité. » (Alfred de Vigny) – Ce que savent bien nos gras politiques.

« Monomanie de l’égalité : derrière cette recherche de l’égalité d’autres passions ou instincts sont à l’œuvre : l’envie, la jalousie, la haine, le ressentiment qui, pour s’assouvir, se colorent d’apparences trompeuses : justice sociale, droits pour tous, égalité réelle, égalité des chances. Tout cela aboutit à un monde terne et triste à mourir, celui de l’égalité par défaut … d’où la guerre menée sans merci contre toutes les discriminations, y compris les plus légitimes. Ce monde d’envie généralisée a un inconvénient majeur : il est impossible de dégager un bien commun dans une société d’envieux. L’envie est une passion triste, négative, mortifère et toujours insatisfaite. » (Jean-Philippe Vincent, simplifié – évoquant l’une des pathologies françaises telles qu’énoncées dés 1790 par Edmund Burke dans ses Réflexions sur la révolution en France ; toujours actuelles et même en pire)

« Par Thomas Cook, on passe de Baltasar Gracian à Jacques Séguéla. L’élévation personnelle, que Gracian nommait le ‘rehaut’, cède le pas à la compétition statutaire, et avec elle, sort des eaux cet immense continennt que Stendhal appelait la ‘haine impuissante’, c’est-à-dire le désir constant d’avoir la même gamelle que son voisin, ce qui suppose de l’observer en permanence avec envie. » (Marin de Viry – à propos du tourisme)

« L’aspiration à l’élitisme pour tous. » (Antoine Vitez)

« Nous sommes tous également hommes, mais non membres  égaux de la société. » (Voltaire)

« Le système de l’égalité m’a toujours paru venir de l’orgueil d’un fou. »(Voltaire)

« Que les conditions d’une société égalitaire soient construites selon des principes marxistes ou au contraire capitalistes, le résultat est tout aussi stéréotypé. La tentative de niveler les diversités humaines naturelles mène inexorablement aux excès du totalitarisme, et finalement à l’inégalité. » (Paul Watzlawick) – Ce que nos grands bourgeois gauchistes savent parfaitement et ce pourquoi ils ne craignent nullement pour leur position.

« L’égalité : Elle consiste dans la reconnaissance …  que la même quantité de respect et d’égards est due à tout être humain … Les différences inévitables … ne doivent jamais porter la signification d’une différence dans le degré de respect … Si le fils de valet de ferme peut devenir ministre, alors le fils de ministre doit pouvoir devenir valet de ferme (rire général) … A la Révolution, on est passé de l’inégalité stable à l’inégalité mobile, fluide, qui n’est pas plus proche de l’égalité que l’inégalité stable et est tout aussi malsaine … Mais, pour un homme qui est dans une situation inférieure et qui en souffre, savoir que sa situation est causée par son incapacité, et savoir que tout le monde le sait, n’est pas une consolation, mais un redoublement d’amertume. » (Simone Weil – L’enracinement) – L’homme ne peut plus se retrancher derrière sa naissance, son statut, l’oppression…L’égalité n’a pas que des charmes.

« L’exigence d’égalité a deux sources ; la première est la plus noble, la seconde la plus vile de toutes les émotions humaines. La source noble est le désir de justice, l’autre est la haine de toute supériorité … L’égalité (en dehors des mathématiques) est une notion purement sociale. Elle ne concerne l’homme qu’en tant qu’animal politique et économique. Elle n’a pas de place dans le monde de l’esprit. La beauté, la vertu, la vérité ne sont pas démocratiques. La démocratie politique est condamnée si elle s’efforce d’étendre l’exigence d’égalité à ces sphères plus élevées. La démocratie éthique, intellectuelle ou esthétique est quelque chose de fatal. Une éducation vraiment démocratique, c’est-à-dire qui saura préserver la démocratie, doit être … implacablement aristocratique, audacieusement élitiste … La démocratie exige que de petits personnages puissent ne pas prendre les grands hommes trop au sérieux, mais elle meurt quand elle est pleine de petits personnages qui se prennent pour de grands hommes. » (Simone Weil – citée par Simon Leys)

« L’idéologie égalitariste se prétend dominante, mais ne l’est pas tant que ça en dehors des classes dominantes, des médias et des lieux artistiques, ce qui génère des tensions. » (Jean-Pierre Winter)

« Tel qu’il est revendiqué, le terme d’égalité tend à devenir un synonyme d’indifférenciation … L’indifférenciation devient l’objectif vers lequel on nous somme de tendre alors que le désir suppose la différence … Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’indifférenciation est porteuse d’agressivité, de haine … L’Autre devient mon reflet et j’entretiens un rapport identique à celui de Narcisse avec le sien. Soit mon reflet me pousse au suicide, soit je le tue, ce qui signifie tuer l’Autre. » (Jean-Pierre Winter)

« Obligation à l’esprit de choisir : entre perfectionner l’existence ou l’œuvre. » (W. B. Yeats) – Dilemme existentiel fondamental : mon bien-être ou quelque œuvre à réaliser.

« Dieu fit les hommes inégaux, le colt les rendit égaux. » (proverbe) – L’origine semble claire.

« Qui cherche l’égalité aille au cimetière. » (proverbe)

« Les cinq doigts de la main ne sont pas égaux. » (proverbe)     

« Les hommes ne seront bien qu’en différant les uns des autres ; s’ils deviennent égaux ils périssent. » (proverbe) 

« A l’entrée et à la sortie de la vie, nous sommes égaux. C’est bien la peine de discuter de l’intervalle ! » (? – cité par Charles Maurras)

« L’égalité est souvent le vieux fantasme de ceux qui voudraient prendre la part des autres à bon prix, la revendication de la jalousie et de l’ignorance (quand ce n’est pas celle de la paresse et de l’incompétence). L’égalité, sauf pour les chances éducatives où elle s’impose, n’existe pas, sinon dans la pauvreté imposée à tous. L’histoire fourmille d’exemples de misère généralisée apportée par ceux qui voulaient faire le bien à la place des hommes en les soumettant à leur tyrannie se donnant comme bienveillante. » (?)

« L’égalitarisme jivaro. » (?)

« Une société nivelée serait inféconde comme une terre aplanie serait desséchée. » (?)

« L’égalité est l’idéal de l’esprit de l’homme, et l’inégalité, l’idéal de son cœur. » (?)

« L’égalitarisme est vide d’amour. Car il est vide de respect. Et d’admiration. » (?)

« Tout parlementaire qui prononcera le mot ‘égalité’ verra son indemnité immédiatement alignée sur le S.M.I.C. » (?)

« La masse du vingtième siècle supporterait plus volontiers l’égalité dans une misère stagnante, que l’inégalité dans un bien-être croissant. » (?) – Ce que n’ignorent pas les socialistes.

« D’un monde sans Père ne peut naître une communauté de frères. » (?)

« L’égalité n’est pas éducative, elle écrase tout au prétexte qu’il ne faut pas différencier. » (?)

« La stratification sociale libère l’individu en lui épargnant de se préoccuper de ses propres échecs. » (?) – De se les attribuer.

« Masque de la jalousie et du ressentiment. » (?)

« L’égalitarisme démocratique qui n’a rien à voir avec l’égalitarisme  chrétien, fondé, quant à lui, sur le dépassement et non sur l’extinction des différences … L’égalitarisme athée n’est pas seulement une injustice faite aux meilleurs, comme le dit Chateaubriand. » (?)

Ci-dessous, extraits (remaniés) de l’ouvrage de Louis Chauvel, La spirale du déclassement

 « Notre notion de classe moyenne est à la croisée des chemins … La recristallisation en masse des inégalités, la mobilité descendante, l’écrasement du pouvoir d’achat des salaires relativement au prix des biens immobiliers, la paupérisation de cohortes entières de jeunes surdiplômés et la globalisation porteuse d’une montée aux extrêmes de la concurrence forment ensemble une spirale de déclassement aux effets potentiellement dévastateurs … ‘Une  civilisation qui laisse insatisfaits un si grand nombre de ses membres et les pousse à la rébellion n’a pas d’espoir de se maintenir durablement, et d’ailleurs ne le mérite pas’ (Sigmund Freud) … A l’inverse de l’idée de progrès, au contraire, aujourd’hui, tout a été fait pour donner à la génération suivante des besoins supérieurs et des moyens économiques déclinants … Le rôle encore plus prépondérant (par rapport au revenu) du patrimoine, porteur d’inégalités nouvelles et de disproportions extrêmes entre ceux qui ont et les autres … Entouré d’un profond secret, puisque tout ce qui touche aux répartitions patrimoniales, à mesure que l’on s’approche des sommets, est dissimulé sou un voile d’ignorance … La porosité du groupe des hauts revenus vers celui des hauts patrimoines existe, mais elle opère aussi dans le sens inverse … des revenus importants dissimulent souvent la constitution en parallèle d’un patrimoine conséquent … Aux sommets, les patrimoines les plus extrêmes représentent des siècles d’accumulation de revenus extrêmes … Les fruits du travail gagnaient alors en importance par rapport à l’accumulation patrimoniale (dans les années 1970) … La repatrimonialisation signifie, en particulier au sein des classes moyennes, une distorsion croissante, préalable  à un écartèlement, voire à une discontinuité … entre ceux dotés d’un substantiel patrimoine net et les autres … Emergence de l’importance du patrimoine comme élément central et remise en cause de la structure de la société de classes moyennes salariées des années 1970 … Augmentation du rapport patrimoine sur revenu, soit du nombre moyen d’années d’accumulation  de revenu nécessaire à la constitution d’un patrimoine … Doublement des tailles moyennes des patrimoines français au cours de la décennie 2000 (et en 2019 !) … Reformation d’une classe d’héritiers-rentiers … Ce redéploiement du patrimonialisme signifie de façon ultime le retour et la domination nouvelle des familles possédantes au sein même de l’appareil d’Etat. C’est une prophétie … La méritocratie progressivement remplacée par la loterie de la naissance … Le rendement socio-économique décroissant des titres scolaires …  Le déclassement résidentiel (le prestige socio-économique du territoire) … Les classes populaires dont le sort se dégrade sont en quelque sorte les pionniers d’un mouvement que les classes moyennes inférieures, qui se croient encore protégées, subissent à leur tour … Le processus collectif de déni de la réalité sociale retire aux individus la possibilité de comprendre que leur échec n’est pas le signe d’une insuffisance personnelle mais résulte d’un dysfonctionnement collectif. »  

D’où, à titre de compensation la « psychologisation du mal-être social … La pratique du ‘projet individualisé’ qui remet entre les mains des individus la responsabilité de construire le monde dans lequel ils vivent. »  (François Sicot)

« Evacuation de la question des revenus pour préférer les comportements (attitude des Bobos et de leurs médias) … A une époque où le partage de la richesse nationale se fait de plus en plus au profit du capital, au détriment du travail. » (Xavier de  la Porte)

– Nous n’avons pas voulu traiter d’un sujet aussi périlleux que le racisme (qui n’existera d’ailleurs heureusement bientôt plus puisqu’on va supprimer le mot race), mais citons une plaisanterie bien innocente de José Artur sur le comble de ce vice : « Pisser sur Jacob, sans pisser sur Delafon. » – En sollicitant l’indulgence de nos vigilants inquisiteurs.  

Ce contenu a été publié dans 250, 1 - COL - Egalité / Différences, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.