700,2 – Dignité, Distinction

-« La dignité humaine est invoquée pour défendre tout et son contraire, l’euthanasie et l’avortement comme le droit à la vie depuis la conception jusqu’à la mort. » (?)  – Comme tant de mots, celui-ci est de venu une simple arme de combat.

– Quelqu’un sait-il encore ce que veut dire le terme : Avoir de la tenue ? Dans cette société où dominent bien pire que le simple laisser aller, vulgarité, débraillé, grossièreté, avachissement, saleté… non seulement affichés mais revendiqués et donnés en exemple…

– La dignité est justement de ne pas user d’un droit lorsque cela peut paraître abusif vu le contexte.

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« Un gentleman, c’est quelqu’un qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de gestes. » (Michel Audiard)

« J’ai eu bien des malheurs dans ma vie, mais je n’ai jamais quitté mes gants blancs. » (Jules Barbey d’Aurevilly)

« La dignité garde son rang, la hauteur l’exagère. » (Anne Barratin)

« La dignité tient son monde à distance ; elle est son propre maître des cérémonies. » (Anne Barratin)

« Il faut être digne non seulement de ce qu’on dit aux autres, mais aussi de ce qu’on se dit à soi-même. » (Anne Barratin)

« On n’est jamais assez petit chez les autres, ni assez grand chez soi. » (Anne Barratin)

« La démocratie française est en train de perdre … le sens de la dignité humaine. Je suis un peu glacée par la manière dont les personnalités sont maltraitées dans les médias … Cette façon d’humilier, de rabaisser en permanence … Le mépris de la dignité trahit une déshumanisation de la démocratie elle-même. » (Hélé Béji) – Nos histrions de télévision, beaucoup de nos soi-disants artistes font tout pour faire mépriser notre pays et le Gogo, comme le politicard, applaudit !

« Les bijoux en lourdes parures, les habillements fantastiques et compliqués de broderie, de plumes, de coquillages, qui étaient la vêture ordinaire des peuplades partout photographiées au XIX° siècle ; et maintenant on les aperçoit aux informations en jeans sales, t-shirt d’une marque de bière, casquette de compagnie pétrolière. » (Baudouin de Bodinat – sur les bienfaits de la modernité mondialisatrice – Au fond de la couche gazeuse) 7

« La dignité (de l’homme) se construit à travers l’histoire de toutes ces innovations morales qui ont été socialement sélectionnées, produisant le sentiment collectif qu’elles étaient irréversibles. » (Raymond Boudon) – Egalité par exemple.

« L’idée de dignité de l’homme se fondait sur une anthropologie théologique ou philosophique. Une fois l’anthropologie réduite à une science naturelle, cette idée doit subir une mutation … La conscience n’exerce plus une domination sans partage … Le maître de la nature est lui-même l’esclave de la nature en lui … Et c’est peut-être justement parce qu’il se sent mal fondé dans ses prétentions qu’il lui faut s’affirmer avec plus d’insistance. L’annobli récent se distingue des roturiers avec plus de morgue… » (Rémi Brague)

« Une vision mesurée de la nature nous empêche de céder à la tentation d’abaisser le niveau de notre propre être … Si les êtres humains étaient convaincus de leur propre dignité, ils éprouveraient moins le besoin de compenser en s’introduisant dans le garde-manger de la nature et en le pillant …. Analogie avec la manière du parvenu désireux de compenser son infériorité en se conduisant comme un importun, par opposition avec une certaine manière indolente de l’authentique aristocrate. » (Rémi Brague – s’inspirant pour partie de saint Thomas d’Aquin)

« C’est la forme qui crée la dignité, non l’inverse. Il y a des formes sans dignité, mais il n’y a pas de dignité sans forme (c’est-à-dire sans refus, sans ajout, sans un parti délibéré). » (Renaud Camus) – L’être soi-même, le laisser-aller est toujours sans dignité.

« Ce devrait être un signe de décence pour un homme que d’être honteux d’avoir vécu au XX° siècle. » (Elias Canetti) – Doit-on aller à Canossa ?

« Le principe de dignité de la personne humaine inquiète plus qu’il ne sauvegarde. » (Guy Carcassonne) – Quand il sert à abriter de minables pleurnichards.   

« Un acte de vertu, un sacrifice ou de ses intérêts ou de soi-même, est le besoin d’une âme noble, l’amour-propre d’un cœur généreux et, en quelque sorte, l’égoïsme d’un grand caractère. » (Chamfort)

« Mais ils avaient quelques préjugés estimables. Ils considéraient comme une honte d’être connu, reconnu, photographié, ou simplement nommé. Pour eux, un homme bien passe inaperçu. On n’en parle jamais. La gloire, c’est pour les baladins. » (Jacques Chardonne – sur la grande bourgeoisie bordelaise de jadis- – Evidemment M. Juppé n’est pas de cette race, ni de cette classe.

« S’il tient à préserver une quelconque dignité spirituelle, l’homme doit négliger son statut de contemporain. »  (Emil Cioran)

« Le ‘ice bucket challenge’ ou la perte de dignité du monde développé … Quand il y  a vingt ans, la cour suprême américaine s’est interrogée, à propos de Bill Clinton, sur le thème ‘une fellation est-elle une véritable relation sexuelle, et le président a-t-il menti ou non ?’… quand le président du FMI avec sa tête blanche et son statut d’autorité suprême des orthodoxies budgétaires, a été arrêté la culotte à la main, on a ressenti comme un haut le cœur au nom de la dignité du monde développé. Mais quand Georges Bush ou Bill Gates se renversent un seau sur la tête comme n’importe quel adolescent du Minnesota … Le logiciel ‘tous pareils, tous super cool, tous solidaires’ commence à montrer sérieusement ses limites. » (Christian Combaz – Le Figaro) –La dernière expression est un euphémisme, c’est bien de pourriture dont il s’agit, dont la vogue des narcissiques et stupides selfies donne déjà une vague idée, dont un président d’une grande république allant rencontrer clandestinement sa maîtresse en scooter, comme un petit morveux, donne une idée encore plus précise.

« Il fut un temps où se mettre en avant était une marque de grossièreté rédhibitoire, où la distinction s’affichait dans l’effacement (non sans ostentation parfois) … Maintenant, c’est l’alerte permanente, l’excellence dans le jeu de jambes et de coudes pour triompher des bousculades et se placer dans le champ de la caméra, sous le bon angle, à côté ou juste derrière la cible principale, Président, ministre, conseiller ou candidat …» (Régis Debray)

« Le critère de la dignité n’est plus l’autonomie mais la sensibilité. » (Chantal Delsol) – D’où ces cohortes de pleureurs et de pleureuses.

« L’homme d’autrefois concrétisait sa dignité par l’accomplissement d’une éthique ; l’homme contemporain, par l’obtention de droits. Le premier gagnait son honneur par une épuisante identification à une image extérieure à soi ; le second exige le respect à travers la revendication de ses droits. Sa grandeur tangible s’exprime dans l’obtention du SMIC… «  (Chantal Delsol)

« Etrange idée que de considérer que la dignité de l’homme tient à quelque manifestation politique, à quelque pouvoir de vote, ou même à chasser l’envahisseur ou l’étranger. La dignité tient à la vie même, à l’être que je suis. C’est une qualité de l’être, et rien ne peut me l’enlever si je le suis (un être véritable), et rien ne peut me la donner si je ne le suis pas. » (Jacques Ellul)

« ‘Non, un homme çà s’empêche’. Voilà ce qu’est un homme, ou sinon … L’homme, autrement dit est l’être qui se définit non par ce qu’il fait – ses projets, ses produits, ses prouesses, ses édifices… mais par ce que le scrupule ou la vergogne le retiennent de faire. » (Alain Finkielkraut – commentant Le premier homme d’Albert Camus)

« La dignité, poussée jusqu’à l’effacement de soi, ne se renverse-t-elle pas en son contraire ? » (Alain Finkielkraut)

« A la différence de l’argent, qui peut tout simplement être partagé, la dignité ne souffre aucun compromis : ou vous reconnaissez ma dignité ou vous ne la reconnaissez pas … Seul le ‘Thymos’ (élan vital caractéristique de l’humain, capable de se détacher de toute contrainte matérielle, y inclus de l’instinct de conservation) est capable  de fanatisme, d’obsession et de haine véritables. » (Francis Fukuyama) – En même temps que de grandeur, d’abnégation, de sens de l’honneur…

« L’intelligence fait la valeur, c’est le caractère qui fait la dignité. » (madame de Girardin)

« Sous le terme de dignité on n’entend plus guère que ‘l’image de soi’ … soit une formation imaginaire qui prend appui sur l’anticipation du regard d’autrui … On pourrait perdre sa dignité dans quelque état de maladie incurable ou d’extrême vieillesse (‘mourir dans la dignité’) … De telles conséquences ruinent le caractère inaliénable de la dignité. » (Christian Godin)

« Ce qui rend libre, ce n’est point le refus de reconnaître quoi que ce soit au-dessus de nous, mais bien le fait de vénérer ce qui nous est supérieur … En reconnaissant une supériorité, nous manifestons que nous avons en nous le sens de la grandeur et que nous sommes dignes d’être l’égal de ce que nous honorons. » (Goethe) – Totalement incompréhensible à notre époque de pourceaux hystériques, bavants d’envie.

« Ne pas s’occuper des autres c’est toute la distinction ; s’en occuper, c’est toute la politesse. » (Edmond et Jules de Goncourt)

« Il n’y a que les domestiques qui sachent reconnaître les gens distingués. » (Edmond et Jules de Goncourt)

« Le bourreau qui décapita Charles I° d’Angleterre et qui s’agenouilla devant le prince avant de remplir son office, pour lui demander en toute humilité son pardon. » (cité par Heinrich Heine) – Les bourreaux de la révolution française, peu après, n’avaient pas cette classe.

« Celui qui dans son comportement avec le prochain s’attache à paraître un peu moins qu’il n’est, qui reste en retrait de lui-même. » (père Houghton – cité par Gustave Thibon – définition du gentleman) 

« On parle de dignité plutôt que d’honneur, terme qui implique des devoirs. La dignité, chacun y a droit en vertu du respect des différences et de l’obéissance à la valeur suprême de la subjectivité. » (Claude Jannoud)

« Ce qui plaisait dans le président Pompidou, c’est qu’il ressemblait à tout le monde sans rien perdre de sa dignité. » (Marcel Jouhandeau) – Bel hommage, parfaitement exact – « Par un singulier paradoxe, ses vertus moyennes le mettaient au-dessus de la plupart des hommes. » (Pierre Grimal)

« Tout a ou bien un prix, ou bien une dignité. On peut remplacer ce qui a un prix par son équivalent ; en revanche, ce qui n’a pas de prix et donc pas d’équivalent, c’est ce qui possède une dignité. » (Emmanuel Kant)  – Il existerait encore des choses, des idées, des attitudes qui n’auraient pas de prix ? Invraisemblable, ce Kant n’avait rien compris.

« Pour faire l’expérience du merveilleux (de la vie, de la Création…), il faut être plein d’humilité. Non pas l’humilité au sens d’un abaissement de soi-même en face d’autrui … révérence déguisée qui manque de noblesse devant la foule anonyme, l’opinion publique …  mais au sens d’une réceptivité absolue, qui triomphe des obstacles intérieurs et extérieurs posés par le Moi empirique … Goethe avait raison de dire que la vénération que l’on éprouve pour soi-même est la vénération suprême, car elle est la plus difficile à obtenir … dépassant la présomption et la vanité aussi bien que la fausse modestie, il s’accepte tout simplement dans sa réalité … Seul celui qui est capable de s’accepter ainsi peut éprouver sincèrement de l’humilité à l’égard du reste de la Création … On trouve les prototypes de la véritable humilité parmi les rois fiers, et non parmi les esclaves qui se méprisent eux-mêmes. » (Hermann von Keyserling)

« Il est au-dessous de notre dignité d’accorder à ce ramassis une importance réelle. Il est toujours au-dessous de notre dignité de dégrader l’intégrité individuelle en allant fouiller et remuer l’ordure de l’accident et de l’inférieur, le ramassis des coïncidences mécaniques et des automatismes. Seuls ont un sens les événements qui concernent une âme dans sa pleine intégrité, soit qu’ils en sortent, soit qu’ils la modifient. » (D. H. Lawrence – Fantaisie de l’inconscient) – Contre le Romantisme, mais surtout voir le hideux exhibitionnisme actuel.

« Il y a des visages en ce monde que l’on ne peut décidément tutoyer. » (Georg Christoph Lichtenberg) – Même encore de nos jours ?

« Être digne des autres et de soi. » (Hélie Denoix de Saint Marc)

« La dignité est comparable à l’orgueil. L’orgueil est l’expression de l’amour-propre ; la dignité est l’expression du sentiment de respect qu’ont des individus à l’égard d’eux-mêmes. » (Avishaï Margalit)

« L’indignité est devenue l’ordinaire. » (Charles Melman – sur l’exhibitionnisme de beaucoup d’émissions et surtout de l’impudeur (personnelle et morale) des participant(e)s, comme des animateurs et animatrices.

« Turenne dans ses lettres. Lorsqu’il s’agit d’une victoire : ‘Nous l’avons remportée’ ; lorsqu’il s’agit d’une défaite ; ‘J’ai été battu’. » (Henry de Montherlant)

« Il a incroyablement perdu en dignité à ses propres yeux.» (Nietzsche – évoquant l’homme moderne) – Maintenant, saturé de vulgarité et d’obscénité en tout genre, il ne sait même plus ce que le mot signifie.

« Je les ai toujours vus faire preuve à l’égard de tous d’une courtoisie désarmante. Je ne les ai jamais entendus prononcer un mot plus haut que l’autre. Ils traitaient exactement avec la même déférence Monseigneur l’archevêque … et les filles des gardes ou des fermiers … Toute la famille avait marqué, depuis toujours, la même politesse, ou un peu plus, à un pécheur breton ou à un maçon sicilien qu’à un notaire ou à un général ou, à plus forte raison, à un ministre de la république ou à un pétrolier enrichi. » (Jean d’Ormesson – sur les vrais aristocrates – Au plaisir de Dieu) – La vraie grandeur est toujours simple. Elle existât, elle est perdue.

« La dignité humaine n’est plus fondée sur l’existence présumée d’un ‘homme intérieur’, comme chez saint Paul et saint Augustin, mais sur la capacité des individus à faire valoir leurs droits. Il s’agit là d’une inversion, voire d’une perversion, de l’idée de dignité. » (Paul-François Paoli)

« La notion de dignité est certes indissociable de la liberté, mais aussi de ce que nous nommions autrefois l’honneur, notion indéfinissable objectivement … L’homme ne peut être digne qu’en se pliant à une certaine discipline existentielle, conforme à sa conception de la vertu. » (Paul-François Paoli)

« La dignité est inconcevable à l’aune d’une conception strictement libérale de l’Homme. Si la dignité est équivalente à la liberté, alors il faut admettre qu’elle n’a pas de contenu ontologique objectif. » (Paul-François Paoli)

« Alors même que nous vivons sous l’empire d’une postmodernité qui a relativisé toutes les croyances et jusqu’à l’idée de norme sexuelle, voilà que nous absolutisons les droits de l’homme … Nous prétendons parler de la ‘dignité de l’homme’ au nom de l’humanité entière, sans nous rendre compte que nous avons évidé ce mot de dignité de tout contenu positif. » (Paul-François Paoli) – Suffit de voir à quel niveau de vulgarité et de bassesse sont parvenus nos média dits de divertissement, nos fêtes…  

« La proclamation de l’égale dignité de tous les hommes (chrétienté) entraîna par le même effet la réhabilitation du travail manuel et des arts mécaniques. Jésus n’était-il pas charpentier, les premiers disciples d’humbles pêcheurs, saint Paul fabriquant de tentes ? » (Louis Rougier)

« Les dignités sont fécondes ; la dignité, hélas, est stérile. » (Père Joseph Roux)

« La véritable revendication des ‘Croquants’ et de tous leurs avatars passés, présents et futurs, c’est la dignité. On touche le socle du populisme. Le mépris lasse la patience, et l’Etat n’est supportable que lorsqu’il rend un service évident, réel, présent d’une part, et d’autre part témoigne qu’il considère ceux qu’il administre… L’épopée des Croquants, ce sont les campagnes contre la ville, les périphéries contre le centre, le combat de eux qui veulent vivre comme des hommes et non asservis comme des citoyens … Expression chimiquement pure du populisme. » (Richard de Seze)  

« L’éminente dignité de la personne humaine. Grandiloquence doucereuse qui m’a toujours révulsé. » (Gustave Thibon)

« ‘La personne n’est pas ce qui en nous a droit au respect. Ce qui est sacré, bien loin que ce soit la personne, c’est ce qui, dans un être humain, est impersonnel … La vérité, la beauté habitent le domaine des choses impersonnelles et anonymes. La perfection est impersonnelle. La personne en nous, c’est la porte de l’erreur et du péché.’ Ce qui confirme ma répulsion presque viscérale devant toutes les déclamations sur ‘l’éminente dignité de la personne humaine’. » (Gustave Thibon – reprenant, citant, Simone Weil)

« Il est indigne des grands cœurs de répandre le trouble qu’ils ressentent. » (Clotilde de Vaux)

« Nous sommes la totalité de ce que nous avons vécu … Il n’y a rien de négatif à se culpabiliser quand on a mal agi. Il n’est pas vain de s’adresser des reproches. On préserve la dignité que l’on possède en ayant honte de basculer dans l’indignité, quand il arrive que l’on chute. » (Bertrand Vergely)

« Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent quand même les étoiles. » (Oscar Wilde)

« Avoir été bien élevé est un gros handicap de nos jours. Cela ferme tant de portes. » (Oscar Wilde) – Notamment les métiers médiatiques.

« La branche chargée de fruits s’incline. » (proverbe)

« Où le fleuve est profond il fait le moins de bruit. » (proverbe)

« Une grande dignité est une grande servitude. » (?)

« Ce qu’il ne faut pas faire, on ne le fait pas. » (?)

« La principale mission de Jésus sur la terre a été de former des disciples : douze types en l’espace de trois ans. » ( ?) –  Il ne les a pas formés, Il les a laissé regarder.

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