080,5 – Dépression, Angoisse

– Ne paniquons pas devant une petite dépression temporaire. Cependant, ne la recherchons pas, ne la cultivons pas. En effet, cela arrive.

– Ce qu’on appelle dépression (ce qu’on appelait jadis cafard, nostalgie) peut s’avérer refléter une attente d’autre chose, un besoin de passage, de séparation, induire un accouchement vers un autre état, vers un changement profond, une étape, encore inconsciente, vers quelque conversion. L’état légèrement dépressif représente parfois la chance de l’Être qui réalise qu’il ne vit pas dans sa vraie nature, qu’il assume une personnalité d’emprunt, qu’il mène une existence qui ne lui convient pas – ou plus – une vie qui ne s’accorde pas – ou plus – avec ses aspirations. Un fort vent peut se révéler plus utile, à terme, qu’un calme plat qui laisse sur place, même si un tel vent secoue plus, pendant et quelque temps après.

– L’irruption d’une crise (personnelle comme sociale) manifeste parfois la nécessité d’un retour à la réalité qui avait été perdue de vue – les crises financières, certaines crises dites de la quarantaine… D’ailleurs le mot crise, Krisis en grec, signifie décision, choix…

– En ce qui concerne ces crises personnelles, défions-nous du suractivisme compensateur et des tentatives de retour sur ses pas (occupations, amitiés, amours passés…). Fuyons les occasions d’échec supplémentaire. ‘Quand on est dans un trou, mieux vaut cesser de creuser’ (?) ; au moins au même endroit. A la rigueur et au pire, planquons-nous un temps comme le guerrier traqué et épuisé. Abandonnons-nous à un peu de « gratitude pour les quelques choses élémentaires qui nous sont invariablement données, comme la vie elle-même, l’existence de l’homme et le monde. » (Hannah  Arendt) – Réconcilions-nous avec « Les gestes faciles, les mouvements de l’être machinal et de la vie instinctive ; aux pires moments quelques manies m’ont sauvé. » (Jacques Chardonne) –  « Dans les périodes critiques, j’ai appris peu ou prou à cultiver l’inactivité avec méthode et délectation. » (Hermann Hesse)

– Tout le monde peut subir un période de déprime d’un, deux ans, avoir besoin de soutien. Il est parfaitement abusif d’en faire, comme certain(e)s, une règle de vie et de mobiliser la société entière pour ses petits bobos ou son manque de courage, de réclamer compensation pour le nouveau préjudice d’angoisse (aboutissement de la médiocrité et de la lâcheté intéressée)

– Si une des caractéristiques de la dépression est l’absence de désir, comment concilier l’actuelle fréquence des dépressions et la présente société de l’exacerbation du désir ? Notre société s’égarerait-elle en aboutissant au résultat inverse des intentions de ses meneurs ? On n’ose y penser.

– Selon Freud, la dépression serait liée à une blessure de l’Idéal. Nous ne nous sentons plus obligés d’honorer des valeurs facultatives, et souvent fausses actuellement. La concomitance des dépressions et de la disparition officielle de toute valeur estimable semble bien confirmer l’hypothèse freudienne. Le relativisme ambiant, destructeur de toute solidité, fermeté, identité est d’ailleurs diffusé pour accélérer la perte de tout repère, donc pour généraliser l’ambiance dépressive.

– Une nouvelle angoisse, chez les jeunes notamment, l’éco-anxiété. 

 C’était mieux avant.

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« Les déprimés attribuent aux événements négatifs de leur environnement deux caractéristiques fondamentales : stabilité (cela va durer) et globalité (cela est vrai pour tout). » (Christophe André)

« Les traits dépressifs et schizoïdes, hystériques, paranoïaques et obsessionnels de notre civilisation et de notre culture se développent de plus en plus. En tant que signe de quoi ? Plus que d’un malaise, plus que d’une crise, il s’agit de quelque chose semblable à un ébranlement du traditionnel et du coutumier, sans que l’horizon d’un autre enjeu ne s’ouvre aux êtres fatigués et usés que nous sommes. » (Kostas Axelos –  Problèmes de l’enjeu) – Nous avons voulu tout détruire, tout bouleverser.

« La dépression nerveuse est une facilité de l’époque, une manière de sacrifier à la mode. En d’autres temps, on se serait trouvé cafardeux, ou triste, voire malheureux. C’est la notion de responsabilité que l’on cherche à évacuer ainsi en travestissant des émotions en pathologie. » (Olivier Bardolle)

La France championne de consommation des psychotropes (80 millions de boîte par an) « Dépression généralisée. La télé ne suffit pas toujours à remplir le vide, et on ne peut pas non plus passer son temps au centre commercial. » (Olivier Bardolle) – De plus, si le pouvoir ne s’attachait pas tant à emmerder les Français, ils iraient mieux.

« J’ai tenu… jusqu’à ce que ‘ça’ craque … Cet ami me posa une simple question (en forme de clé) : ‘A quelle blessure essaies-tu d’échapper en fuyant dans la dépression ?’ » (Lytta Basset)

« Quand on est profondément décidé à prendre soin de sa blessure, qu’est-ce qui est thérapeutique ? D’abord la lucidité … Regarder cette détresse en face, laisser venir ce tourment en nommant ‘ce que ça me fait’, choisissant les mots au plus près de ce que je ressens, en contact étroit avec la vérité toute crue de ce qui m’est arrivé, alors je commence à soigner ma blessure … Plus complet est mon consentement à la réalité de ce qui s’est passé – je n’ai pas pu et n’aurais pas pu l’empêcher, c’est ainsi et non autrement – plus profonde et irréversible est la guérison de ma blessure … Auto-compassion … Ne plus jamais me désolidariser de ma part blessée. » (Lytta Basset)

« Nous tenons à notre dépression dans la mesure où elle nous tient lieu d’identité. » (Lytta Basset)

« Ce que je sens, c’est un immense découragement, une sensation d’isolement insupportable, une peur perpétuelle d’un malheur vague, une défiance complète de mes forces, une absence totale de désirs, une impossibilité de trouver un amusement quelconque … je me demande sans cesse, à quoi bon ceci, à quoi bon cela ? Je ne me rappelle pas être tombé si bas… »  (Baudelaire)

« Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,

« Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,

« Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,

« Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. » (Baudelaire – Spleen et idéal)

« Si, comme l’affirme Alain Ehrenberg, les souffrances humaines les plus courantes ont tendance à provenir d’un excès de possibilités, plutôt que d’une profusion d’interdictions, comme autrefois, et si l’opposition entre le possible et l’impossible a remplacé l’antinomie du permis et de l’interdit … on ne peut alors que s’attendre à ce que la dépression née de la terreur de l’inadaptation vienne remplacer la névrose causée par l’horreur de la culpabilité. » (Zygmunt Bauman)

« La quantité de choix que nous devons faire au cours de l’existence ne cesse d’augmenter, chacun  a désormais la responsabilité de sa propre biographie. » (Ulrich Beck) – Avec en parallèle, l’augmentation des dépressions.

« Au bout de la nuit il y a une autre aurore. » (Georges Bernanos)

« L’enthousiasme pour l’euthanasie … Une telle obsession traduit la profonde dépression qui a gagné l’Occident …’un climat général dépressif, voire masochiste … Une humanité fatiguée, épuisée, doutant d’elle-même et de sa propre histoire’…. ‘Le vœu profond de l’humanité, c’est de mourir, de disparaître’. » (Jean-François Braunstein – citant Michel Houellebecq et Charles Melman)

« Si la nuit est longue, c’est que le jour est là. » (Bertolt Brecht ?)

 « ‘Le déprimé n’est pas à la hauteur, il est fatigué de devenir lui-même’ …. La dépression se présente comme une pathologie du changement, celle d’une personnalité qui cherche seulement à être elle-même dans un contexte où l’initiative individuelle et non plus l’obéissance devient la mesure de la personne, ce qui provoque un vif sentiment d’insécurité intérieure, et une panne de l’action. » (Belinda Cannone – citant Alain Ehrenberg)

« Nous sommes en perpétuelle attente d’une imminente tragédie qui ne se produit pas. Cet état s’appelle l’angoisse. » (Jean Cau)

 « La courbe des névroses, signe de développement intellectuel et matériel, va monter. » (Bernard Charbonneau – sur l’envahissement de la campagne et de ce qui reste de paysannerie par l’entassement, l’agitation fébrile, le souci, le tintamarre…)

« Plus les peuples avancent en civilisation, plus l’état du vague des passions augmente. Le grand nombre d’exemples qu’on a sous les yeux, la multitude de livres qui traitent de l’homme et de ses sentiments rendent habile sans expérience. On est détrompé sans avoir joui ; il reste encore des désirs, et l’on n’a plus d’illusions. L’imagination est riche, abondante et merveilleuse, l’existence pauvre, sèche et désenchantée. On habite, avec un cœur plein, un monde vide, et, sans avoir usé de rien, on est désabusé de tout. » (Chateaubriand)

« La mélancolie n’est pas le malheur, mais le sentiment du malheur, sentiment qui n‘a rien à voir avec ce qu’on affronte, puisqu’on l’éprouverait même au cœur du paradis. Nul besoin d’adversité ni d’enfer, la certitude de l’inanité suffit. La mélancolie est l’apothéose de l’à quoi bon. » (Emil Cioran)

« L’angoisse nouvelle n’est plus l’Au-delà mais l’Ici-bas. Pour dépasser la condition humaine, il faut vaincre avant tout la déroute des cellules. » (Chrisrian Combaz)

« Dans un si grand revers, que vous reste-t-il ? Moi. » (Pierre Corneille – Médée)

« Plus le développement des individus les mènera à l’empathie, plus l’intelligence collective inventera de mondes virtuels et plus nous éprouverons le malheur des autres et l’angoisse de l’inconnu. Nous pouvons donc prévoir… le développement mondial de l’angoisse et de la dépression. » (Boris Cyrulnik)

« La dépression, stade suprême de l’humanité prospère et maladie terminale de l’homme démocratique. » (Régis Debray)

« La dépression est l’envers de se quitter. C’est ne pas pouvoir se déprendre, se défaire, se délester à temps, s’abandonner à l’ailleurs, pour risquer sa vie. » (Anne Dufourmantelle)

« Défaut de projet, défaut de motivation, défaut de communication, le déprimé est l’envers exact de nos normes de socialisation. » (Alain Ehrenberg)

« La dépression est perçue sous l’angle d’une baisse, elle est appréhendée comme une insuffisance. » (Alain Ehrenberg) – Le déprimé serait un homme en panne, un être persuadé de ne pas avoir été à la hauteur, non pas un être ayant enfreint des règles ou ayant été lésé dans ses droits.

« La dépression est une  pathologie de l’estime de soi, car c’est notre valeur personnelle qui est en jeu. On peut la définir socialement comme une pathologie de la grandeur … Le déprimé répond aux déceptions par des reproches qu’il adresse à autrui ou à lui-même. » (Alain Ehrenberg)

« Si la névrose est une façon de désigner les problèmes créés par une société de discipline, d’interdits, de conformité…, la dépression, elle, est une manière d’exprimer les difficultés engendrées par une société de choix total, de performances, d’actions et d’initiatives individuelles … Suis-je à la hauteur, qu’est ce que je vaux ?. » (Alain Ehrenberg)

« L’irrésistible ascension de la dépression imprègne les deux couples de modifications ayant affecté le sujet de la première moitié du XX° siècle, la libération psychique et l’insécurité identitaire, l’initiative individuelle et l’impuissance à agir … ‘maladie’ inhérente à une société où la norme n’est plus fondée sur la culpabilité et la discipline, mais sur la responsabilité et l’initiative ; elle est la contrepartie de l’énergie que chacun doit mobiliser pour devenir soi-même. » (Alain Ehrenberg) – Au rythme où nous bouleversons tout, il est évident que les déprimés vont représenter demain l’énorme majorité de la population, tous des laquais, le rêve pour nos politicards.  

« Désormais les erreurs se paient comptant. L’épanouissement personnel et la singularisation de chacun dans une société où la concurrence n’a plus de dehors se paient de la dépression nerveuse généralisée. » (Alain Ehrenberg)

« La dépression amorce sa réussite au moment où le modèle disciplinaire de gestion des conduites, les règles d’autorité et de conformité aux interdits qui assignaient aux classes sociales comme aux deux sexes un destin ont cédé devant des normes qui incitent chacun à l’initiative individuelle en l’enjoignant à devenir lui-même … Le déprimé n’est pas à la hauteur, il est fatigué d’avoir à devenir lui-même … Le séisme de l’émancipation a d’abord bouleversé collectivement l’intimité de chacun : la modernité démocratique, c’est sa grandeur, a progressivement fait de nous des hommes sans guide, nous a peu à peu placés dans la situation d’avoir à juger par nous-mêmes et à construire nos propres repères … La mesure de l’individu idéal est moins la docilité que l’initiative … Le partage entre le permis et le défendu décline au profit d’un déchirement entre le possible et l’impossible » (Alain Ehrenberg)

« La crise de l’individualisme traditionnel, le changement de la société, rejoue le récit de la Chute ; l’homme qui était son propre maître dans la communauté devient un homme dépendant des autres. » (Alain Ehrenberg) – Et qui plus est, dépendant de monstres anonymes, la ville, l’Etat, l’Europe, la mondialisation, l’opinion, la majorité, les média assourdissants, les mythes (justice, égalité, parité…). Combien un Dieu personnel était plus accessible !

« On ne juge plus rien par rapport à un absolu ou par rapport à une révélation ou une transcendance. Tout doit être ramené à l’homme. Tout est donc relatif, comme lui-même. Il est à la fois le juge et le critère, seul sur la terre pour juger et décider, sans recours, sans pardon, responsable, et lui seul, de tout ce qui se passe. » (Jacques Ellul) – Etonnons-nous des dépressions !

« La place accordée à l’inquiétude vérifie la prophétie formulée à la fin des années 40 par le sociologue américain David Riesman. L’individu contemporain se caractérisait d’abord par une angoisse diffuse, qui trouve son origine dans une multitude de causes, au premier rang desquelles on trouve la disparition des certitudes métaphysiques et l’angoisse soulevée par cette liberté nouvelle aux implications anxiogènes. Tout est devenu source   de crainte, le monde public comme le monde intime. » (Guillaume Erner)

« Ce qui embellit le désert … c’est qu’il cache un puits quelque part. » (Saint-Exupéry)

« Dans la nuit noire de l’âme, il est toujours trois heures du matin. » (Scott Fitzgerald)

« Un monde maniaco-dépressif. Une démocratie lacrymale où tout le monde pleurniche. Même les intellectuels de plateaux n’analysent plus grand-chose, inaudibles entre deux sanglots, entre deux délations tristes ou invectives au ras des chrysanthèmes … La conséquence morbide de cette démocratie lacrymale est que toutes les causes finissent par se valoir … nivelées par les larmes … Juste des gens qui pleurent, juste des pleurs, la flotte salée dégueulasse… Maman ! Regarde Maman ! Regarde comme j’ai bien geint ! » (Nicolas Gardères)

« Le déprimé serait un homme en panne qui souffrirait moins de la persécution de son surmoi que de son inaptitude à atteindre les idéaux que lui-même et son environnement  en particulier l’entreprise, auraient prédéfinis. » (Roland Gori et Pierre Le Coz – dans le contexte coaching)

« Si la peur aurait un objet dont la rencontre inviterait à une réponse adaptée de fuite, l’angoisse serait sans objet et, par nature, indéterminée … Lacan la définit comme la ‘peur de la peur’ » (Roland Gori)

« C’est même à se demander si nos sociétés ne sont finalement pas plus ravagées que les écosystèmes … Naissent alors toutes sortes de religions compensatoires, de nouveaux exutoires visant à faire oublier cet état de détresse. Certains se réfugient dans la drogue ou la pornographie, mais d’autres se lancent dans la religion de l’Autre (le multiculturalisme) ou de la Nature. Notre siècle est fait de misère psychologique, il est une lutte acharnée contre l’anxiété et la dépression. Le libéralisme a surestimé les capacités de l’Homme: seuls les plus forts sortent gagnants de son aventure. De récentes études montrent même que des enfants développent des idées suicidaires: les plus jeunes réclament aussi des repères. » (Jérôme Blanchet-Gravel)

« Puisque vous n’avez plus de goût pour votre propre vie, ne la ménagez pas ; créez-vous des obligations, renoncez au peu d’agrément que vous avez encore ! » (Hermann Hesse) – Thérapie 

« Il y a ceci de diabolique dans le cafard qu’il ne vous rend pas seulement malade, mais en même temps infatué de vous-même et myope, orgueilleux presque. On se prend pour cet Atlas de mauvais goût qu’évoque Heine, ayant sur le dos tous les mystères et toutes les misères du monde, comme si des milliers d’autres … n’erraient pas dans le même labyrinthe. » (Hermann Hesse)

« Là où est le péril, là croît aussi ce qui sauve. » (Hölderlin) – Sur la dépression ?

« Les exigences jadis formulées par les sujets, quand ils commencèrent à  interpréter leur vie comme un processus expérimental de découverte de soi, leur reviennent à présent d’une manière diffuse sous la forme d’une injonction extérieure …  à toujours remettre en question leurs choix et leurs objectifs biographiques. Ce renversement des idéaux en contraintes, de revendications en exigences, a donné naissance à des formes de malaise et de souffrance sociale jusque là inconnues… » (Axel Honneth)

« Dès que je me suis jeté dans l’angoisse, je n’ai qu’un désir : retourner au plus vite dans ce monde du mal, dans le confort de l’inconfortable, substituer les soucis, la politique, à l’angoisse intenable. » (Eugène Ionesco) – L’agitation du monde contre l’angoisse existentielle.

« Aucune dépression ne résiste à une heure de travaux manuels. » (Roland Jaccard)

« Nul besoin d’adversité ni d’enfer, la certitude de l’inanité suffit ; La mélancolie est l’apothéose de l’à quoi bon … Tonalité fondamentale de la vie. » (Roland Jaccard)

« Comment expliquer cette prolifération de névroses imaginaires, de détresses mondaines, de syncopes de l’âme calculées sur le principe de la noix creuse – plus elle est vide, plus elle résonne … Le névrosé imaginaire … supporte mal que les choses et les êtres lui résistent. Il ne veut pas se résigner à son incomplétude existentielle ni à ce que toute vie soit la perpétuelle leçon d’un échec ; il se cramponne à une illusoire toute-puissance et ne renoncerait pour rien au monde à sa quête d’absolu. » (Roland Jaccard)

« C’est au vent qui l’ébouriffe, à la tempête qui le ploie que l’érable rouge doit sa beauté. » (un Japonais)

« J’ai réalisé que j’étais stupide, toujours de m’efforcer de gagner du temps, rien que pour pouvoir en perdre sans remords par la suite, Seulement, voilà, quand est venu le moment de le perdre, je me dis que c’est quand même dommage, et je m’ingénie à conserver mon avance, à gonfler mon capital. Qui, comme tous les capitaux, se dévalue. Je fais des économies de bouts de durée. Si je comprends bien je mourrai en avance. » (Lucien Jerphagnon – L’astre mort) – Je comprends tellement ces appréhensions constantes et celles ci-dessous.

« Je sens qu’il me faudra compter sur rien de précis pour me distraire, que je devrai m’en charger seul, heure après heure … Je passe l’année à maudire les journées chargées, et quand  je n’ai plus rien à faire, elles me manquent. Ou le temps me tue, ou je tue le temps. » (Lucien Jerphagnon)

« ‘Attends-toi toujours au pire, et tiens-le pour certains. S’il arrive, tu auras l’amère satisfaction de l’avoir prévu ; si d’aventure, il n’arrive pas, tu connaîtras la jubilation’. Dans un cas comme dans l’autre c’est tout bénéfice. » (Lucien Jerphagnon – rappelant un principe, le principe de l’anxieux)

« J’aime savoir que tout est réglé jusque dans les détails : cela conjure la peur, l’inconnu, le risque ; au moins en esprit. » Lucien Jerphagnon) – « L’anxieux essentiel cherche quelque chose à craindre. Il en possède la musique. Les paroles lui manquent. Il ne manque pas de les trouver. Peu de choses sont moins coûteuses pour l’esprit que la formation d’une catastrophe quelconque. » (Paul Valéry – cité par Lucien Jerphagnon, grand anxieux. ‘Ai-je bien fermé la porte ? Le robinet ? Vais-je être en retard, Viendra-t-il ?’ etc.)  

« C’est l’absence de buts demandant un effort pour être atteints  qui engendre l’ennui et que souvent ce dernier, s’il dure, conduit à la dépression …Pour éviter de sérieux problèmes psychologiques, un homme doit donc se donner des buts qui supposent des efforts pour être atteints, et il doit connaître un minimum de succès dans la poursuite de ces buts. » (Théodore Kaczynski)

« Qu’est ce que l’angoisse ? C’est le lendemain. » (Kierkegaard)

L’expansion des pathologies mentales. « L’anxiété, réaction naturelle de l’âme face à l’abîme béant de la liberté (l’image de l’homme au bord de la falaise, état de l’homme confronté à la possibilité de la liberté). » (Kierkegaard)  – « Perturbation psychique dans la recherche de compromis entre des possibilités d’action alternatives … Réponse disproportionnée, inadaptée, associée à l’embarras du choix et à l’anticipation d’une mauvaise décision. » (Karen Horney) – « Sentiment moderne, la peur généralisée et souvent désespérée de la liberté que la modernité ouvre à chaque individu, et le désir d’échapper à la liberté par tous les moyens possibles. » (Marshall Bermann) – « La modernité a tardé à voir que l’épuisement de la capacité de la consommation à produire du bien-être pouvait être l’indice qu’ils est des besoins … de protection qui appellent un souci et un soin sans lesquels la liberté se retourne contre l’individu … Croyant toujours marcher dans la direction d’une émancipation, la modernité pourrait avoir tendu la corde à l’excès et conduite … à outrepasser les limites de l’adaptabilité individuelle. … L’une des sources des pathologies mentale des modernes est l’affaiblissement des protections émotionnelles que fournissaient la famille et la communauté locale. » (Hugues Lagrange) – « Si l’on dit aux enfants qu’ils ont les mêmes chances de réussite pourvu qu’ils se donnent du mal et que les maladies frappent au hasard, on construit des frustrations et du ressentiment. On favorise des pathologies mentales en donnant aux individus l’idée qu’étant foncièrement égaux, ils sont coupables de leur relatif insuccès …  Alors que à, l’encontre du sens commun, à l’âge adulte les différences d’aptitudes cognitives imputables au milieu social sont très faible en regard des héritages génétiques.  » (Hugues Lagrange) .- Ce qui est par ailleurs plutôt triste.

« La dépression se donne comme un dysfonctionnement commençant par une chute soudaine du désir, de l’activité et de l’excitation, et se terminant par une profonde tristesse. » (Hugues Lagrange)

« L’autonomie a été gagnée au dépens des solidarités, et s’accompagne de solitude et de souffrance … Les maladies ‘somatiques’ non transmissibles, individualisées, les maladies mentales et comportementales, l’obésité et les abus de drogues ont pris la place … qu’occupaient les maladies transmissibles … L’alcool substitut des enveloppes protectrices … Consommation d’antidépresseurs, de psychostimulants, de cannabis, d’anxiolytiques, drogues de synthèse à prix abordables… Selon le seuil de gravité clinique retenu, les troubles mentaux ordinaires affectent 10 à 20% des adultes à la fin du XX° siècle … Lien certain, depuis la fin de la première guerre mondiale et plus encore après la fin de la deuxième, entre la poussée du syndrome anxio-dépressif et le bouleversement des équilibres anciens … A travers l’anxiété, les pathologies de la modernité expriment la libération des hommes et des femmes de l’emprise d’autorités transcendantes, mais aussi la disparition de nombreux amortisseurs symboliques et institutionnels qui les accompagnaient. » (Hugues Lagrange) 

« Le temps consacré aux médias digitaux a réduit les interactions en face à face, or celles-ci produisent plus de proximité interpersonnelle et protègent du sentiment d’être isolé, d’où accroissement des symptômes dépressifs alors que les effets de la sociabilité en face à face les réduisent. (Hugues Lagrange)

« Ni l’art ni la religion les grands libérateurs historiques de la prison du ‘moi’, ne conservent de pouvoir face à l’incroyance … Lorsque l’art, la religion et, progressivement, même la sexualité perdent le pouvoir de soulager l’individu, par l’imaginaire, du poids de la vie quotidienne, la banalité de la pseudo-connaissance de soi devient si écrasante que l’être humain en vient finalement à ne pouvoir envisager aucun soulagement, sauf dans le rien, le vide total … Il échangerait volontiers sa conscience de soi pour l’oubli, sa liberté de créer de nouveaux rôles pour quelque impératif transcendantal … Les hommes avaient l’habitude de se répandre en plaintes sur l’ironie du sort ; maintenant ils la préfèrent à l’ironie de la conscience incessante de soi. » (Christopher Lasch)

« Les gens ont plus tendance à faire des achats lorsqu’ils se sentent mal … Le shopping moyen ‘d’apaiser l’isolement’, de ‘dissiper l’ennui’, de ‘soulager un état dépressif’. » (Chistopher Lasch – reprenant de nombreuses études concordantes) – La dépression au secours de la croissance.

« Mouvement affectif sans cause ou, plus exactement, comme ‘sans objet’, ce qui, précisément, se montre véritablement signifiant, l’angoisse serait l’accès authentique et adéquat au néant. » (Emmanuel Levinas)

« Pourtant, s’il y a bien une chose que notre époque ne tolère pas, c’est qu’on ne l’aime pas. Pour la pensée dominante, que l’on disait hier de gauche et qui s’appelle aujourd’hui ‘progressiste’, toute innovation doit être un bienfait. Toute chose qui change se doit d’être quelque chose de bien, l’avenir est rose et souriant, à l’exception notable du changement climatique bien sûr. En conséquence, la nostalgie est un crime et l’approbation de ce qui se passe un devoir citoyen …  De quoi se plaignent-ils? Nous avons Greta Thunberg et le tri sélectif, les tablettes à l’école et bientôt la PMA pour toutes. Nous avons Twitter et le principe de précaution. Nous pouvons dénoncer quiconque fait une blague qui nous offusque, et obtenir le renvoi de n’importe quel dragueur lourd. Vous n’allez pas regretter ces temps obscurs d’avant la parité, la trottinette,  si ? » (Elisabeth Lévy)

« Alors que les sociétés de tradition encadrant strictement les désirs et les aspirations ont réussi à limiter l’ampleur de la déception, les sociétés hypermodernes apparaissent comme des sociétés ‘d’inflation déceptive’ … Plus les exigences du mieux-être et du mieux-vivre s’élèvent, et plus s’ouvrent les boulevards de la déconvenue … Ce n’est plus du manque que naît le désarroi, c’est de’ l’hyper’ … L’homme d’aujourd’hui se caractérise par la vulnérabilité … L’homme décontracté est désarmé. Les problèmes personnels prennent ainsi une dimension démesurée et plus on s’y penche … moins on les résout. » (Gilles Lipovetsky)

« L’eschatologie raconte l’expérience d’un sujet affecté par un manque, et prophétise que cette expérience s’achèvera à la fin des temps par la rémission du mal, par la destruction de la mort, et par le retour à la maison du Père, c’est-à-dire au signifiant plein. Faute d’eschatologie, la mécanicité et la contingence … laissent la pensée en souffrance de finalité. Cette souffrance est l’état postmoderne de la pensée, ce qu’il est convenu d’appeler ces temps-ci sa crise, son malaise ou sa mélancolie. » (Jean-François Lyotard) – Nous l’avons bien cherché.

« Le rôle naturel de l’homme du XX° siècle est l’angoisse. » (Norman Mailer)

« Nous vivons dans une civilisation qui, à la question : qu’est-ce que font les gens sur terre ?, répond ‘je ne sais pas’. Cela n’est jamais arrivé. » (André Malraux – à la fin de sa vie) –Nous sommes les champions du progrès et démontrons ainsi notre haut niveau de civilisation.

« L’Occident a dénoué les liens de ses mythes fondateurs, ceux des dieux, du monde et des hommes, pour laisser au sujet, celui qui croit toujours commander et qui, pourtant, obéit, l’étrange soin de régner sur son propre désert. » (Jean-François Mattéi) et « Nous avons conquis à notre tour, déplacé les bornes, maîtrisé le ciel et la terre. Notre raison a fait le vide. Enfin seuls, nous achevons notre empire sur un désert. » (Albert Camus)

« Le sujet, ou plutôt le moi, se trouve exposé, fragile, à la dépression, puisque son tonus n’est plus maintenant organisé, garanti par une sorte de référence fixe, stable, assurée, un nom propre, mais a besoin sans cesse d’être confirmé. les aléas inévitables de ce parcours font que, très facilement, le moi peut s’en trouver dégonflé, en chute libre, et donc exposé à ce à quoi nous avons tous affaire (les psychiatres), la fréquence des états dépressifs divers. » (Charles Melman – sur les étranges locataires, sans limites ni abri, que nous sommes devenus, capables d’abriter des positions a priori parfaitement contradictoires et hétérogènes entre elles, aussi bien dans les modes de pensée que dans les choix de partenaires…)

« Si, dans nos sociétés, ni l’autorité communautaire ni l’autorité patriarcale ne protègent plus suffisamment l’individu des arrière-plans archaïques et de l’angoisse d’abandon, si le socle anthropologique de l’autorité vacille, il devient logique que se développe  collectivement des pathologies affectives. » (Gérard Mendel) – Onze pour cent des Français prennent régulièrement un médicament psychotrope, un quart des Nord-Américains présente une obésité pathologique.

« Rester seul avec soi, sans l’apport d’un élément extérieur, ne serait-ce que la fuite des images à la télévision ou le bruit de fond d’une radio permettant d’échapper à l’intériorité, ces images et ce bruit envahissant progressivement tous les lieux publics, cet isolement est, semble-t-il, devenu insupportable à la majorité de nos contemporains. L’esseulement réveille ce qui pourrait bien être le trait dominant de nos sociétés, l’angoisse de la solitude. » (Gérard Mendel)

« La modicité des instincts innés de notre espèce  a rendu possible la plasticité humaine par rapport au monde. Modicité et plasticité se paient d’un coût. Tout d’abord, la dépendance de l’enfant au groupe est très longue. Puis en raison de la longue ’immaturité psychologique des premiers temps de la vie qui ne permet pas l’étalonnage de la réalité, un archaïsme psychologique se développe, à l’origine d’une angoisse d’abandon que l’individu biologique ne pourra, laissé à lui seul, contrôler … sans un appoint qui lui vient de l’environnement … sous la forme de l’autorité, c’est-à-dire la prolongation de la dépendance affective infantile première, mais tournée désormais envers des figures sociales : celle de la communauté (en général sous habillage religieux), celle du père, dans la société patriarcale (‘Moi ou le chaos’ d’un politique) … La modernité … remettant sans cesse en cause l’absolu culturel et politique du schéma psychofamilial, affaiblit l’impact des figures traditionnelles de l’autorité, laissant l’individu moderne de plus en plus seul face à son angoisse d’abandon. » (Gérad Mendel)

« Un refus fatigué, déprimé, sceptique, imprécateur et insomniaque, le rejet d’un monde devenu tellement pesant à force de certitudes, de savoirs, de maîtrises  et de vanités … L’évidence d’un monde raté. » (Yves Michaud – interprétant Peter Sloterdijk)

« Qui donc saurait que la lumière est bonne, s’il n’avait pas senti les ténèbres de la nuit ? » (Origène – cité par Henri de Lubac)

« En même temps qu’il s’isole dans une rumination interminable(sur le vécu de sa faute et sa culpabilité), le mélancolique renonce à tout investissement extérieur … Le sujet ‘se rétracte’ … expression d’une réduction ou, mieux, d’une humiliation qu’il s’inflige à lui-même. La vie ne se retire pas de lui, il se retire plutôt de la vie … Le remords vit de nous, habite notre présent comme un intrus, un visiteur indiscret … Attentif à éviter tout conflit, à se soustraire à tout affrontement, à protéger l’atmosphère du désordre susceptible de l’entraîner sur la pente de la faute et de la culpabilité (ou de son rappel) … Exigence extrême vis-à-vis de soi-même, perfection, précision, ponctualité, méticulosité, conscience des responsabilités, scrupules, devoir, ordre … La faute semble sans cesse menacer le mélancolique et lui-même est constamment aux aguets … Vivant dans l’angoisse de rester en-deçà de ses propres exigences, il ne peut supporter une dette psychologique quelconque, désir d’être quitte, de ne pas garder vis-à-vis d’autrui la moindre obligation … Doutera toujours d’en avoir fait assez … Ecrasé par le poids du passé, accablé par la pensée de l’irréparable, pensée de la mort  (suicide). » (Evelyne Pewzner – sur le mélancolique, variété de déprimé) – Le mélancolique occidental car les types et les formes de dépression, comme de folie, sont étroitement dépendants des cultures et de leur histoire. La culpabilité est occidentale.

« Le déprimé s’instaure le gardien de son propre cimetière. Il entend dans un défi contradictoire, garder son illusion perdue. Il n’a pas l’art d’accommoder les restes, lui … Sortie de la dépression par son inverse, le triomphe maniaque. » (Jean-Bertrand Pontalis)

« Le ‘taedium’ des Romains s’étendit au premier siècle. L’acedia’ des chrétiens apparut au III° siècle. Réapparut sous la forme de la mélancolie au XV° siècle. Revint au XIX° siècle sous le nom de spleen. Revint au XX° siècle sous le nom de dépression. Ce ne sont que des mots. Un secret plus douloureux les habite. Il y a de l’ineffable. L’ineffable, c’est le ‘réel’. Le réel n’est que le nom secret … de la détumescence (le dégonflement de l’organe viril) … La complaisance sans limites à la peste intérieure, à la régression de la force, à l’anéantissement de la volonté, à la perte d’attrait de tout, à la mort du désir, culminant dans la volupté du plaisir infini. L’extrême affaiblissement de la vie dans la tristesse pure et la haine de l’incarnation. » (Pascal Quignard)

« L’euphorie sans faille et l’âme festive masquent, outre le vide sinistre, la dépression non consciente d’elle-même … Une société de l’angoisse sans issue. » (Robert Redeker)

« Pathologie de la modernité avancée … ‘Contrepartie du déploiement de l’activité’ (Alain Ehrenberg) … Etat psychique qui en raison des difficultés insurmontables pour se déployer de manière productive et de son incapacité à diriger son énergie vers un but fixe, permanent et considéré comme valable et de s’y déployer activement se caractérise par une inertie, une morosité, un sentiment de vacuité … ‘La dépression est la mélancolie plus l’égalité, la maladie par excellence de l’homme démocratique. Elle est la contrepartie inexorable de l’homme qui est son propre souverain … Celui qui ne peut pas agir’ (Alain Ehrenberg). » (Hartmut Rosa)

« Ne pas prendre ses angoisses pour des problèmes. » (Jean Rostand)

« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. » (Edmond Rostand)

« Seul celui qui a osé voir que l’enfer est en lui y découvrira le ciel enfoui. C’est le travail sur l’ombre, la traversée de la nuit qui permettent la montée de l’aube. » (Christiane Singer)

« Ce n’est pas un hasard si le vieux nom de la dépression désigne un mal monastique : car si le moine s’est retiré du monde pour purifier ses désirs, il prend alors le risque terrible de se purifier du désir, c’est-à-dire de ne plus rien désirer. » (Martin Steffens) – Ce vieux nom est l’acédie.

« Chute dans la pensée. » (Georges Steiner – cité par Olivier Bardolle) – Sur l’expulsion du jardin d’Eden. Il ne fallait pas  chercher à savoir, ni à comprendre, de là est venue la déchéance de l’homme.

« Le réformisme frénétique expérimental fait de la France un immense chantier anxiogène. » (Pierre-André Taguieff)

« ‘La dépression est la mélancolie plus l’égalité, la maladie par excellence de l’homme démocratique’ … L’homme démocratique saisi par la dépression vit sa relation au principe de responsabilité individuelle comme le rappel continué de son impuissance. Il est ‘fatigué par sa souveraineté’, épuisé par le rêve commun d’autonomie qu’il a fait sien, enfermé dans un état de dépendance contredisant ses idéaux individualistes. Loin d’être ‘celui qui a mal agi’, il se définit comme ‘celui qui ne peut pas agir’. » (Pierre-André Taguieff – citant Alain Ehrenberg)

« La sortie de l’âge du répressif prend souvent l’allure d’une chute dans l’âge du dépressif. N’aurait-on le choix qu’entre le dépressif et le répressif ? Ou encore, entre la tolérance morose et la violence héroïsante ? » (Pierre-André Taguieff – sur l’homme de la démocratie mariée à l’individualisme qui ne provoque nulle passion, ne fournit nulle norme, n’indique nulle fin dernière.)

« Cours au bout du monde … cela ne te servira à rien … Cherche ce secours à l’intérieur, dans le fond. Cesse tes courses au dehors … Entrer dans son fond pour voir ce qui ne va pas et le retourner de fond en comble, tailler ses arbres, c’est-à-dire ses sens extérieurs. » (Jean Tauler)

« L’esprit de l’homme supporte la maladie, mais qui relèvera un esprit abattu ? » (Ancien Testament – Livre des Proverbes)

« Phénomène très visible en Amérique, la fragilité des étudiants se dessine peu à peu en France et se propage au-delà des campus.  Revendications identitaires extrêmes, outrage moral, demandes d’accommodations en tous genres, obsession du trauma, sacralisation de la victime : la tyrannie du bien-être fait exploser l’anxiété de masse. » (Samuel Veissiere) – « L’informe et l’inordonné sont horrifiants. » (Michael Hardt, Antonio Negri) – Rendons grâce à toutes nos libérations. Remercions nos si bienveillants  déconstructeurs. Enfin la sortie de l’odieux carcan de jadis et l’arrivée dans la plénitude. 

« On tend à jouir plus qu’à désirer. Or, plus la société s’oriente vers un monde sans désir, uniformisé, plus elle s’oriente vers un monde de jouissances, plus la population devient dépressive et gavée d’antidépresseurs et d’anxiolytiques. La France championne du monde. » (Jean-Pierre Winter)

« Comment atténuer la dépression psychique qui pèse sur l’Occident en même temps que la dépression économique ; la dépression morale aggravant sas cesse la dépression économique et inversement ? » (Stefan Zweig)

« Change de ciel tu changeras d’étoile. » (proverbe)

«  Plus la nuit est noire, plus les étoiles sont brillantes. » (proverbe) – Des personnes, des occupations  signifiantes, encourageantes….

« On ne peut empêcher les oiseaux noirs de voler au-dessus de nos têtes, mais on peut les empêcher d’y faire leur nid. » (proverbe chinois)

« Ne rien faire et ne rien dire quand on a la fortune contre soi. » (sentence)

« L’angoisse, réaction disproportionnée au danger, ou une réaction à un danger imaginaire. » (?)

« Déclarer un patient guéri d’une dépression ne signifie que le déclarer guéri d’un épisode et non de sa maladie. » (?)

« La déprime est aussi une façon d’exister. »(?)

« Plus l’individu se libère, plus il se sent seul. » (?) – Les déprimes actuelles en témoignent.

« La consommation organisée de l’insignifiance. » (?) – Lien entre dépression et disparition du sens.

« Ne pas trop regarder le vaste désert, plutôt le minuscule oasis. » (?)

« Au cœur de l’épreuve, l’obéissance à des choses régulières, sûres, permet de soutenir la nuit. » (?)

« Seul le réel vous consolera. » (?) – un rayon de soleil sur le sable, un fruit posé sur une table, le bruit de la mer, un plat à préparer ou un appareil à réparer…

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