165,1 – Coupable, Responsable / Innocent, Irresponsable ; Châtiment / Récompense

– « L’ère de l’alibi. » (Robert Ardrey).

– La violence, c’est très vilain, mais en plus si c’est pour se défendre c’est totalement inacceptable. « La puissance publique s’affirme en effet particulièrement vigilante à l’égard de ceux qui se défendraient eux-mêmes et elle est parfois plus sévère à l’égard des victimes qui se rebiffent que des agresseurs qui connaissent bien leurs droits … L’impuissance se fait exemplaire et terrible envers les plus faibles. » (Yves Michaud) – Haro sur les petits.

– Faire très attention à ne pas généraliser, à ne pas stigmatiser, à ne pas procéder à d’odieux amalgames, donc, ne jamais analyser, ne jamais remonter à d’éventuelles causes, tout est fortuit, hasard… rester dans l’anecdotique… Certes, il y a bien l’influence de l’environnement, de la société… mais ces facteurs ne doivent être évoqués que pour excuser les pires aberrations. Pour le reste : Pad’amalgame, soit interdiction de réfléchir, droitement ou de travers.

– Une société de lâches, dominée par les puissants bien-pensants, bien-abrités, la nôtre, sacrifie les faibles et protège les présumés coupables par toute les mesures possibles pouvant freiner le travail de la police (délais de garde à vue, enregistrement vidéo des interrogatoires, assistance d’un avocat, recours innombrables, associations de hurleurs, média suspicieux…).

– La voix des victimes est souvent couverte par les lamentations et les glapissements des proches (père, mère, fratrie, voisins…) du criminel, au grand ravissement des média toujours prêts à mettre en valeur la turpitude : C’est incompréhensible, il (elle) était si gentil, si aimable, si souriant, si dévoué… A les entendre, rien d’un assassin, plutôt un vrai saint.

– Quand on veut excuser un casseur, un terroriste, un djihadiste, et surtout ne pas le nommer, le journaliste bien-pensant a à sa disposition un terme parfait, il le qualifie tout simplement de déviant.

– Responsable : personne. Si par hasard on en trouvait un il ne serait pas coupable, soit au nom de l’acquis (c’est la société…), soit au nom de l’inné (c’est les gênes). Dans le pire des cas, un assassin, un incendiaire n’est qu’un pauvre type, un malheureux égaré qui déplore d’avoir pété les plombs, un bref instant. Notre société magnanime ne peut que le comprendre et l’excuser, sinon le plaindre.

– Irresponsable : tout le monde, sauf les cibles préférées de chacun, alors responsables et coupables de tout.

– Délinquant, non ; malade, oui et objet de tous les soins. D’ailleurs quand les média évoquent neuf fois sur dix les antécédents psychiatriques de quelque malfaisant, ils pourraient s’interroger, si ce n’était pas si politiquement incorrect, sur l’état d’une société qui fabrique autant de dangereux dingues.

Si habile, peut devenir victime et même faire écrire un livre qui deviendra un best seller, tellement les média  aiment la boue bien remuée.

– Coupable, Moi ! De quoi ?  Normalement il n’y a que la société, la famille, l’hérédité, quelques addictions qui le sont. Qui d’entre nous, enfant, n’a pas été violé par un parent, un beau-père ? « Cette rengaine actuelle qui veut que chacun soit à la recherche d’une blessure fondatrice qui l’exonèrerait de toutes ses mauvaisetés. » (?)

– Cependant, en cas de calamité, il faut fournir un coupable à la foule et aux média excités, pas forcément le punir, mais le désigner. « Chaque cataclysme doit déboucher sur des inculpations, ce sont ses suites obligées. L’accident précède le coupable comme la nuée précède l’orage. » (Philippe Muray) – « Chose très rassurante, s’il y  a des coupables, il y a une solution. » (Miguel Benasayag)

– Cependant, « La culpabilité, à la différence de la responsabilité, singularise toujours ; elle est toujours strictement personnelle. Elle renvoie à un acte, pas à des intentions ou à des potentialités. » (Hannah Arendt) – L’ex-ministre qui s’est prétendue responsable mais pas coupable avait entièrement raison, mais qui peut comprendre cette distinction élémentaire dans une société où on abrutit consciencieusement les gens qui ne demandent que cela ?

– S’il est quasiment impossible de rester innocent dans un pays où on ne dénombre pas moins de 15.000 infractions possibles, encore que nul ne sache les compter, un Français accusé à l’étranger (de trafic de drogue, par exemple) ou bien membre d’une association internationale (football, par exemple) et accusé de corruption est toujours une pauvre petite brebis blanche accusée à tort.

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« Nous vivons une époque dans laquelle il y a des mains propres en masse : l’inflation d’hommes pleins de bonne volonté est considérable. Nous allons périr noyés sous un déluge d’innocence. Le ‘malin’ n’est plus gêné par personne. Il n’est plus obligé, comme autrefois, de corrompre d’abord l’innocence des hommes pour les dominer … Là où l’homme est libre du malin, le malin est libre de l’homme. Il a vaincu. » (Gunther Anders – à propos des massacres sur presse bouton en général et des Américains historiquement)

« La loi de l’innocence, la loi d’inversion : plus l’effet est grand, plus petite est la méchanceté requise pour le produire … La quantité de haine et de méchanceté requise pour le massacre d’un seul homme par ses prochains est négligeable pour les employés qui sont derrière un tableau de commandes … Appuyer sur un bouton absout du bien comme du mal (aucun des pilotes d’Hiroshima n’a eu besoin de mobiliser la quantité de haine qu’il a fallu à Caïn pour tuer son frère Abel … Et les milliers d’équipages de bombardiers avant et après Hiroshima !) Des faits n’ayant requis aucune méchanceté restent fermés à l’examen moral et inaccessibles au remords … Rendre les coupables parfaitement étrangers à leurs actes … (Truman remerciant Dieu de lui avoir permis d’avoir la bombe) … Si nous ne savons plus que nous faisons quelque chose, nous pouvons par conséquent faire les pires choses … Nous allons périr noyés sous un déluge d’innocence … Le gouffre dont parle cette loi d’inversion s’élargit chaque jour à cause de l’augmentation de la puissance des équipements techniques … Rien n’est maintenant plus inutile que la méchanceté … A partir du moment où les coupables n’ont plus besoin d’être méchants pour accomplir leurs forfaits, ils perdent toute chance de réfléchir au sens de leurs forfaits ou de revenir sur eux … Non seulement l’agent ne sait plus ce qu’il fait mais il ne s’aperçoit même pas qu’il fait quelque chose … Nous pouvons par conséquent faire les pires choses … Truman peut ne pas tenir compte d’Hiroshima … parce que des faits n’ayant requis aucune méchanceté restent fermés à l’examen moral et inaccessibles aux remords … Pas de satisfaction plus douce, de triomphe plus bienvenu pour le ‘Malin’ que celui de faire faire le mal à l’aide du non-mal, voire même du bien, au lieu d’être obligé, comme autrefois, de corrompre d’abord l’innocence des hommes pour les dominer … Une autre loi nouvelle, celle de l’oligarchie : plus grand est le nombre de victimes, plus petit est le nombre de coupables requis pour opérer le sacrifice … Concentration de la puissance et domination oligarchique … Des équipements conçus pour produire un effet maximal en mobilisant un minimum d’hommes … réservés à des minorités dominantes … Pouvoir toujours plus grand concentré en toujours moins de mains. » (Günther Anders) – « L’homme qui appuie sur un bouton est complètement protégé contre les  conséquences perceptibles de son acte ; il ne peut ni les voir ni les entendre. Ceci peut expliquer que des gens, pas plus méchants que d’autres et qui ne donneraient même pas une gifle à un enfant, se sont montrés capables de lancer des fusées contre des villes en sommeil ou de les arroser de bombes au napalm … livrant ainsi des milliers d’enfants à une mort horrible. » (Konrad Lorenz)

 « Le temps de l’alibi, en manifestant plus de sympathie pour le violateur que pour le violé, nous a préparé à subir le maximum de dommages lorsque nous aurons  à faire avec le maximum de désordre civil. Si nous adoptions l’attitude inverse, la tentation de la violence pourrait passer de mode. »  (Robert Ardrey) – Certes, mais quel plaisir masturbatoire pour les bonnes consciences, ou, à l’inverse, quel sombre ennui.

« La vérité, aussi simple qu’effrayante, est que des personnes qui, dans des conditions normales, auraient peut-être rêvé à des crimes sans jamais nourrir l’intention de les commettre adopteront, dans des conditions complètes de tolérance de la loi et de la société un comportement scandaleusement criminel. » (Hannah Arendt)

 « L’idée d’humanité, une fois débarrassée de tout sentimentalisme, comporte une conséquence : d’une manière ou d’une autre, nous devons prendre sur nous la responsabilité de tous les crimes commis par les hommes, et les peuples doivent assumer la responsabilité des forfaits commis par d’autres peuples … Ne pas se contenter de soupirer hypocritement ‘Dieu merci, je ne suis pas comme cela’. » (Hannah Arendt – Penser l’événement –sur la culpabilité allemande) – Y-a-t-il une culpabilité anglaise pour le massacre organisé des populations civiles (Hambourg, Berlin, Dresde, etc…) ? Une culpabilité américaine (Tokyo, Hiroshima, Nagasaki et plus récemment au Vietnam et au Moyen-Orient) ? Ne rêvons pas, la culpabilité est réservée aux vaincus.

« Le plaisir résidait pour moi dans la faute même, dans ce péché commis en compagnie … O amitié ennemie ! Mystérieuse séduction de l’esprit, ardent désir de nuire, né du jeu et de la plaisanterie, besoin de léser autrui sans attrait de gain personnel ou de vengeance. Mais que quelqu’un dise : ‘Allons-y ! Faisons-le !’ Et l’on a honte d’avoir honte. » (saint Augustin)

« Les concessions qui mènent au cimetière. » ( Saint-Aulaire )

« Le nombre semble favoriser l’excès en diminuant les responsabilités de chacun. » (Anne Barratin)

« La complaisance est bien souvent une indifférence. » (Anne Barratin)

« Bêler devant les loups, c’est aiguiser leurs dents. » (Anne Barratin) – C’est participer aux crimes de demain.

« La responsabilité implique la prise de parole, à un moment ou un autre, d’une manière ou d’une autre. » (Lytta Basset)

« La culpabilité qui sauve parce qu’elle procure un minimum de sens … La fonction : se débarrasser du poids d’un mal totalement injuste en le transformant en punition … Le sentiment de culpabilité permet de conserver une illusion de pouvoir (j’ai commis une faute, mais j’aurais pu faire autrement), tandis que le fait d’avoir soi-même été victime signifie que l’on ressent l’impuissance … La culpabilité nous offre la garantie de revenir indéfiniment sur nos pas et de ne rien risquer hors de nous-mêmes. » (Lytta Basset – traitant du mal)

« Un ex-ministre qui ne payait ni ses impôts ni son loyer n’était pas un vulgaire filou profitant de sa position, il souffrait d’une ‘phobie administrative’ … Aucun ‘moi’, aucune instance singulière ne paraît plus avoir d’actualité ; plus personne ne décide ni ne désire rien de façon singulière … Les vieilles catégories de liberté, de subjectivité paraissent obsolètes. » (Miguel Benasayag) – Lâcheté, irresponsabilité. Rendons la vie encore plus facile à la pourriture qui surabonde d’autant plus.

« Le droit pénal a été considérablement durci, non seulement pour les violeurs et autres criminels sexuels, mais conte les hommes en tant que tels, toujours suspects d’intentions mauvaises à l’endroit des femmes. » (Alain de Benoist)

« ‘Il faut que nous naissions coupables, sinon Dieu serait injuste’. La moralisation de Dieu implique la culpabilisation de la créature pour expliquer la naissance du mal. L’incarnation du bien absolu par un Dieu unique implique que ce soit l’homme le responsable. » (Alain de Benoist – citant Blaise Pascal)

« L’opinion publique suit le courant dominant. Elle se montrera aussi prompte à plaindre le professeur injustement bafoué (qui s’est suicidé) qu’elle se pressait pour le pendre. » (Paul Benssussan, Florence Rault – à propos des dénonciations de pédophile et d’inceste) – Leur utilisation dans les divorces conflictuels !

« L’idéologie de la bienveillance, autre nom de la démission. » (Corinne Berger) – Pour ne pas dire, expression de la lâcheté.

« Je ne suis pas une de ces femelles démocrates qui mettent dans le même sac la violence et le crime parce qu’elles ont placé trop bas, plus bas que le cœur, l’organe des émotions sensibles. » (Georges Bernanos) – Du temps où on parlait. Aujourd’hui, la meute des bourgeois bien-pensants et des harpies féministes le déchiquèteraient.

« A force de vouloir brider l’indignation par la compréhension, le singulier traumatisant par le pluriel sociologique, on rend possible, plus facile, tout ce qui devrait d’emblée nous révolter. » (Philippe Bilger)

« Nous périrons de ces droits de l’homme censés nous protéger. » (Zohra Bitan – sur le rapatriement criminel en France des djihadistes) – A dirigeant français, aucune lâcheté, aucune connerie, aucune saleté n’est impossible.

« Par le seul fait du nombre l’individu acquiert un sentiment de puissance invincible lui permettant de céder à des instincts que, seul, il eût réfrénés … la foule étant anonyme, et par conséquent irresponsable, le sentiment de la responsabilité, qui retient toujours les individus, disparaît entièrement. » (Gustave Le  Bon)

« Le sociologisme : la doctrine selon laquelle les intentions et actions de l’agent social devraient toujours être considérées comme des effets et jamais comme des causes. » (Raymond Boudon – sur les gourous démagos) – L’irresponsabilité institutionnalisée.

« L’utopie du tout-prévention a tellement prospéré qu’elle a relégué à l’arrière-plan l’idée de la dissuasion, la menace de répression étant vue comme aussi inacceptable que la répression elle-même. » (Raymond Boudon) – L’angélisme meurtrier des Bien-pensants, bien abrités.

« Il n’y a plus de catastrophes naturelles, il n’y a que des négligences humaines. A chaque drame, il faut trouver un responsable (non coupable cependant). » (Pascal Bruckner) – « La France déteste que les dysfonctionnements soient causés par l’incurie ou l’incompétence : alors, elle fabrique des méchants ou exagère leur rôle. » (Philippe Bilger)

« Les circonstances atténuantes deviennent des circonstances disculpantes. » (Pascal Bruckner)

« C’est toujours par l’angélisme, à partir de cette blancheur-là qu’on fabrique censeurs, tueurs et flicaille en tout genre. (Annie Le Brun)

« Je suis autant éloigné que possible de ce mol attendrissement où se complaisent les humanitaires et dans lequel les valeurs et les responsabilités se confondent, les crimes s’égalisent, l’innocence perd finalement ses droits. » (Albert Camus)

« Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie. » (Albert Camus – La chute) – Anticipant sans doute notre superbe système de délation généralisée et encensée.

« Chacun exige d’être innocent à tout prix, même s’il faut accuser le genre humain et le ciel. » (Albert Camus)

« L’homme n’est pas entièrement coupable, il n’a pas commencé l’histoire, ni tout à fait innocent, puisqu’il la continue. » (Albert Camus)

« L’homme n’est pas nécessairement coupable … comme toutes les espèces animales, il nuit d’instinct, sans y penser, pour survivre, pour se distraire, pour s’assurer des biens et des personnes, du pouvoir et du prestige, et les accroître. L’innocence n’est pas derrière nous, comme quelque chose que nous risquerions de perdre : elle est devant nous au contraire, comme un idéal à atteindre, et que bien sûr nous n’atteindrons jamais, malgré nos efforts : elle est l’étouffement en nous de l’instinct de nuire (‘primum non nocere’) … l’œuvre même de la civilisation. » (Renaud Camus)

« De même qu’on a pu parler de ‘concurrence victimaire’ on pourrait parler de ‘concurrence culpabilitaire’ … pour mieux alimenter la haine de soi. » (Renaud Camus – sur les cascades de repentance, spécialités françaises) – « On ne voit pas trop ce qu’on pourrait bien reprocher aux Anglais, sinon de n’avoir pas, peut-être, bombardé les voies de chemin de fer menant à Auschwitz, afin de ne pas montrer qu’ils savaient ce qui se passait par là. » (Renaud Camus – sur les Anglais) – Ce qui eut pourtant été aussi facile, économique qu’efficace. Le Gogo de service rétorquera sans doute qu’ils ne savaient pas. Entendre l’éclat de rire si on peut se permettre cette incongruité sur ce sujet. Pour le reste, il suffit d’oublier Hambourg passée au phosphore, Dresde… Mais les Anglais ne sont pas masos, ils ne vont pas se frapper la poitrine.

« Pour empêcher Eve de manger la pomme, même la voix de Dieu n’a pas suffi. Une barrière électrifiée … eût été plus efficace. » (Jean Cau)

« En France on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. » (Chamfort)

« Pour éviter les tensions qu’entraînent ses devoirs envers quelques-uns et pour reconnaître les droits de tous, il poserait comme principe d’une charité (ou d’une justice) universelle idéale la négation de la charité effective due à son prochain immédiat. A se vouloir le témoin de l’universel, il se prendrait pour un dieu responsable du tout alors qu’il est seulement responsable de la part que lui alloue sa condition d’homme. » (Père Michel de Certeau) – On reconnaîtra nos belles âmes.

« Si vous voulez traiter un tigre raisonnablement il faut retourner au paradis terrestre. » (Chesterton)

« Notre civilisation a décidé, et très justement, que juger de l’innocence ou de la culpabilité des hommes était trop important pour être confié à des professionnels … Pour tout sujet sans importance elle fait appel à des spécialistes … Lorsqu’elle veut que quelque chose de très sérieux soit accompli, elle rassemble douze hommes ordinaires. C’est ce que fit, si je me souviens bien, le Fondateur du christianisme. » (G. K. Chesterton)

« La malveillance des méchants est renforcée par la faiblesse des vertueux. » (Winston Churchill)

« La terreur est une nécessité ; et tant pis si son glaive s’abat sur des têtes innocentes. » (Dzerjinski) – « N’exécutons pas que des coupables ; la mort des innocents impressionnera encore plus les masses. » (Krylenko). Cités par Jean-François  Colosimo, ces deux dirigeants de la Tchéka en 1918, la police politique communiste léniniste, qu’admiraient tant nos intellectuels, l’ignoble Jean-Paul Sartre en tête. Pendant que « Trotski prescrit la saisie et l’exécution non seulement des ennemis, mais aussi de leurs femmes et enfants … ce dont il se justifiera en 1939 dans un libelle sans ambiguïté, ‘Leur morale et la nôtre’. » (Jean-François Colosimo)

« Quand on veut démolir ceux que le sort accable,

« La délinquance de défense n’a pas la légitimité de la délinquance d’agression. » (Eric Conan)

« En jugeant que la délinquance est une fatalité découlant automatiquement de la pauvreté, elle l’essentialise ; un pauvre, ce n’est pas seulement laid (comme nous le montrent les Deschiens), ce n’est pas seulement abruti de télé, c’est aussi délinquant … cette insulte reste la ligne du parti socialiste. » (Eric Conan – La gauche sans le peuple) – Encore une bonne opportunité de vomir gratuitement sur le peuple.

« A force d’être juste, on est souvent coupable. » (Pierre Corneille – La mort de Pompée)

« ‘Ni l’innocence ni la confiance ne se connaissent autrement que par une réflexion sur le péché et la trahison’. Il faut donc quelque chose qui soit un événement, comme un commencement, celui ‘de l’irruption du mal dans le monde’. Introduire le mal, c’est prendre conscience de l’innocence, car prendre conscience de l’innocence ne peut se faire qu’en la perdant. » (Alain Cugno – citant Paul Ricœur)

« Un accusé est cuit quand son avocat n’est pas cru. » (Pierre Dac)

« On ne peut absoudre celui qui ne se repent pas. » (Dante)

« La seule minorité à qui on interdit le droit (moral) de se défendre : l’hétérosexuel, blanc, riche et cultivé. » (Maurice G. Dantec)

« Le libéralisme abêtit, et amène l’entendement où il règne à confondre le bien et le mal en action sous la même qualification de ‘violence regrettable’ et ‘d’extrémisme’. » (Léon Daudet)

« Le ‘deux poids, deux mesures’ du progressisme. Le crime est absolu quand la victime est un faible et le criminel un puissant. Le crime est minimisé quand la victime est un dominant (ou décrété tel) et le criminel un dominé (ou supposé tel) … Selon que vous serez dominant ou dominé, les jugements idéologiques vous feront plus ou moins coupable. Si vous êtes dominant, tout vous accuse, si vous êtes dominé, tout vous excuse. Le dominant victime ne l’est qu’à demi, le dominé victime l’est deux fois. Le dominant qui agit mal, agit super-mal et quand le dominé agit mal, c’est parce qu’il a des raisons générales qui dépassent sa responsabilité. » (Gil Delannoi)

« Insistance sur l’apaisement consécutif à l’aveu, la confession pour tranquilliser … Consigne de croire les pénitents … D’accorder des peines ou pénitences légères et faciles (tenant compte de l’état du pénitent, vieillesse, faiblesse, autres mérites, et même environnement social, ces éléments se rajoutant à la crainte qu’un châtiment trop lourd soit rejeté) … Si grandes sont l’humiliation et la honte inhérentes à l’aveu que l’Eglise catholique vit dans celui-ci l’expiation principale de la faute et, le plus souvent, accorda son absolution aussitôt après cette ‘confession’. »  (Jean Delumeau – L’aveu et le pardon) – Conduites cohérentes et praticables dans un environnement plus ou moins religieux ; impossibles à accepter dans l’environnement profane actuel.

« On sent plus vivement la honte d’être ridicule que celle d’être coupable. » (Louis Dumur)

« Quand il n’y a plus d’innocence c’est comme si on était déjà mort. »  (Gérard Depardieu) – L’innocence de l’enfance.

« L’innocence n’a plus de place nulle part, ce n’est que culpabilité partout, accusations … et exécutions. » (Gérard Depardieu)

« Tu as ta part de responsabilité dans ce qui t’est arrivé … rien ne t’est tombé sur la gueule à ton insu … Sa propre culpabilité il faut savoir l’admettre … Il ne s’agit pas de fuir, bien au contraire, il faut tout emporter avec soi si on veut s’élever. Mais là où la culpabilité te plongerait vers le bas, la foi et l’innocence te permettent à nouveau d’embrasser le monde. » (Gérard Depardieu)

« L’innocuité ne peut être prouvée. » (Jean-Pierre Dupuy sur les produits) – De même de l’innocence. D’où la procédure dite accusatoire, prouver la culpabilité.

« Cette France qui n’en finit pas de demander pardon doit apparaître comme coupable de  de fautes particulièrement lourdes. » (Benoît Duteurtre)  – Voit-on des Britanniques, des Américains, des Russes s’abaisser ainsi ?

 « Les crimes sexuels représentent une part croissante des faits condamnés par la justice, et l’on peut supposer que les dénonciations  abusives ont augmenté dans les mêmes proportions … Selon la police de New York  plus de la moitié des plaintes pour viol seraient mensongères’ … Toute nuance disparaît dans l’appréciation des faits, tout est ‘viol’ … Tout individu mâle est potentiellement dangereux ; toute femme et tout enfant sont potentiellement menacés. » (Benoît Duteurtre  – suite au rappel de l’affaire d’Outreau, dont la leçon a été bien oubliée)

« L’homme qui se sent coupable perd en même temps son efficacité et le sens de son combat. » (Jacques Ellul) – Objectif, désarmer les populations blanches par la culpabilisation et les exigences continuelles d’excuse et de repentance.

« Quiconque appelle qui que ce soit à ‘prendre ses responsabilités’ s’apprête surtout à fuir les siennes … il laisse dans le vague celui qu’on invite à le faire tout en donnant l’air de taper du poing sur la table. » (Raphaël Enthoven) – Formule de politicien.

« Nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré. » (Saint-Exupéry)

« Être réaliste c’est composer avec la nature humaine, au lieu, comme les uns de la flétrir et de prétendre la corriger par des discours édifiants, ou, comme les autres, de la nier purement et simplement en imputant tous les vices des hommes à un mauvais fonctionnement social. » (Alain Finkielkraut)

 « A la violence totalitaire on est tenté d’opposer la générosité de l’humanisme. Dans un cas, en effet, l’homme, coupable de son appartenance, n’est même pas en mesure de répondre aux accusations qui sont portées contre lui (perçu non comme personne, mais comme membre d’une collectivité) ; dans l’autre, l’homme est innocenté de ses infamies par le contexte qui l’a forcé à mal agir … Le credo de l’humanisme moderne … La faute est ainsi reportée de l’individu vers le système, ce qui laisse entrevoir un moment – un âge d’or – où, avec la disparition du mauvais ordre social, les êtres seront enfin eux-mêmes, et le mal aboli. » (Alain Finkielkraut) – Enfin, la fin des coupables, encore un effort et on y arrive. Le mal n’y résistera pas.

« L’école de la réhabilitation nous a amenés à ne voir aucune différence entre un coquin et un honnête homme. » (Gustave Flaubert) – Si ce n’est qu’il faut s’intéresser au coquin et qu’on peut laisser tomber et croupir l’honnête homme.

« Selon la nouvelle morale que j’ai conçue pour vous les coupables seuls étant innocents, il s’ensuit que les innocents sont coupables, et d’autant plus gravement qu’ils sont plus désarmés. » (André Frossard – faisant parler le diable)

« Un Dreyfus innocent n’intéresserait personne. Vos moralistes ne prendraient fait et cause pour un nouveau Dreyfus que s’il avait dûment trahi, de manière évidente et comme par-devant notaire. » (André Frossard – faisant parler le diable)

« Tout comme le principe de légitime défense qui ne fait plus recette devant les tribunaux. Ces temps-ci, il vaut mieux mourir trucidé que chercher à sauver sa peau. » (Driss Ghali)

 « Personne au monde ne s’excusera plus que nous, personne n’ira aussi loin dans la destruction de son histoire nationale, personne n’osera associer son sang à celui des génocidaires, nous les Français bien-pensants en sommes capables, admirez-nous pour cela mais n’essayez-pas de nous imiter car nous sommes parfaitement indépassables. » (Driss Ghali – sur les repentances et repentants – La repentance, un passe-temps pour gosses de riches)

« Ton nom est enregistré dans tout l’univers, partout, au Bureau Fédéral d’Informations en Amérique, au Commandement Suprême Interallié à Paris, à la commission de contrôle de Berlin, dans tous les camps, dans toutes les prisons, dans tous les bureaux de C.I.C., C.I.D…. Partout enfin. Tous tes mouvements, même le plus petit … provoquent le changement de ta fiche dans tous ces fichiers. Est-ce que tu le savais ? … Les pays civilisés ne s’occupent pas des cas individuels. Le fait que tu sois coupable ou innocent est une question personnelle. Elle peut intéresser ta femme, tes enfants, tes voisins… Ce sont les seuls à se préoccuper de questions personnelles. Les pays civilisés voient les choses en grand. Ils ne s’occupent pas des cas individuels … Nous avons procédé par arrestations préventives et par catégories. Si nous avons besoin d’un coupable, d’un criminel de guerre, par exemple, nous l’avons sous la main et n’avons plus besoin de partir à sa recherche, de le poursuivre dans tous les villages et dans toutes les forêts. Il y aurait trop de temps perdu. De cette manière nous n’avons qu’à appuyer sur un bouton … et nous avons devant nous la fiche de l’individu avec sa photo et toutes les indications le concernant : la taille… et tout ce qui peut nous intéresser. Nous n’avons qu’à appeler le camp ou la prison où cet individu est enfermé et quelques heures plus tard, il  se trouve en chair et en os devant le Tribunal International de Nuremberg. C’est merveilleux. C’est le résultat de la technique. Tout est automatique … Comment voudrais-tu qu’ils puissent te relâcher ? Cela équivaudrait à une folie. Tu es pareil à un fil qui a été introduit dans le métier à tisser. Une fois introduit, on ne peut plus le retirer. Il faut attendre jusqu’à ce qu’il sorte de lui-même, tissé avec les autres, jusqu’à ce que son heure soit venue… Pas possible de faire autrement. Les machines sont précises. Avec elles il faut avoir de la patience. » (Virgil Gheorghiu – La vingt cinquième heure – discours d’un officier américain à un détenu qu’il connaissait) – Comment, sous prétexte de dénazification, les Américains ont raflé et détenu dans des camps (deux ans pour l’auteur) les malheureux qui erraient dans l’Allemagne dévastée des années 1945, 46, 47 – dont probablement une infime minorité de criminels se cachant, la plupart fuyant les atrocités de l’armée rouge, la misère noire en Europe centrale, la perte de toute leur famille et de tous leurs repères, les règlements de comptes partout… Imagine-t-on ce que pouvaient être l’Europe centrale et l’Allemagne en ces années d’apocalypse ? Non, puisqu’on le tait pudiquement et qu’on cache la légendaire brutalité américaine aseptisée, ni nouvelle ni changée aujourd’hui (voir le livre de Vladimir Volkoff, L’interrogatoire)

« La morale de la honte gouverne les sociétés qui mettent les individus sous le regard d’autrui (‘perdre la face’, sociétés asiatiques). La morale de la culpabilité repose sur une intériorisation de la faute commise par le sujet (Occident, christianisme). » (Christian Godin)

« Une logique de culpabilisation qui lamine l’estime de nous-même et nous désarme face à toute agression … Nous sommes arrivés à un point limite où la dénonciation et la réécriture de l’histoire sous l’angle du moralement correct participent d’une détestation mortifère. » (Jean-Pierre Le Goff) – Haine de soi, mépris de soi, jouissance morbide à se vautrer dans une merde imaginaire. Voilà où en sont nos prétendues élites.

« L’autorité a été abolie par les adultes et cela ne peut signifier qu’une chose : que les adultes refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants … Nous sommes innocents, nous nous lavons les mains de votre sort. » (Jean-Pierre Le Goff)

« La comédie de la repentance succède à la comédie de l’innocence … On déplace le mensonge du terrain judiciaire au terrain moral et psychologique. » (Thomas Guénolé – Petit guide du mensonge en politique – sur les lamentables pitreries des politiques et autres grands hommes pris la main dans la caisse, tel de vulgaires Jérôme Cahuzac, Thomas Thévenoud…)

« L’inlassable convocation du passé devant le tribunal du présent, l’admonestation rétrospective que nous ne cessons d’adresser aux hommes d’hier aident à nous convaincre que nous sommes moins coupables que nos ancêtres. » (Jean-Claude Guillebaud)

 « L’individu moderne est habité par une quête éperdue d’innocence. Il refuse cette idée judéo-chrétienne selon laquelle il a lui-même partie liée avec le mal. Le mal n’est plus et ne peut plus être qu’au dehors, à l’extérieur, chez l’autre. Il devient donc possible, et tentant, de l’éradiquer … ‘Ceux qui font obstacle à la bienfaisance universelle ; il faudrait les liquider’. Tout aussi dangereusement que le rêve de pureté des fondamentalistes religieux, l’innocence nietzschéenne qui récuse l’intériorité du mal débouche sur une obsession purificatrice. » (Jean-Claude Guillebaud – citant Charles Taylor) – Voilà qui nous promet des lendemains enchanteurs.

« L’idéologie de l’innocence est une folie … Rien n’est plus à craindre qu’une innocence qui n’est plus capable de se méfier d’elle-même. » (Jean-Claude Guillebaud)

« Retour du sacrifice, retour de la vengeance … Nulle calamité ne peut plus survenir … sans que nous demandions, unanimement, le châtiment d’un seul ou de quelques-uns … On s’accoutume à la rumeur de ces ‘foules psychologiques’ réclamant la désignation d’un coupable, puis son immolation symbolique sur l’autel des média … Récriminations évoquant l’unanimité vengeresse d’un groupe obéissant à ce comportement mimétique propre aux foules … Notre besoin de coupables devient chaque jour plus insatiable. Pour y répondre, nous inventons si nécessaire, la figure du salaud, du monstre, du ‘criminel né’ à détruire ou du puissant à abattre. » (Jean-Claude Guillebaud)

« La camaraderie dispense l’homme de toute responsabilité par rapport à lui-même et à sa conscience. Il fait ce que tous font. Il n’a pas le choix. Sa conscience, ce sont ses camarades. » (Sebastian Haffner) – Sur l’influence dans les groupes et bandes et le mimétisme contraignant, et « Si aberrante ou si injuste que soit l’attitude d’un groupe, la plupart de ses membres ne l’adoptent-ils pas presque spontanément, par unique souci de conserver sa protection en n’y manifestant pas de dissidence ? … Ils ne se prononcent pas d’après leur sentiment, mais d’après ce qu’on attend d’eux … Entre un de ses membres, si médiocre fût-il, et quelque autre candidat, si brillant qu’il fût, croyez-vous qu’aucun syndicat, aucun parti, aucun groupuscule, aient jamais hésité ? » (Nicolas Grimaldi)

« A celui qui est sauvé d’avance par sa propre divinité, tout est permis. Il n’y a plus pour lui de bien et de mal … C’est l’idéologie dans laquelle le fautif est en réalité une victime. » (Jean-Louis Harouel) – Idéologie très actuelle, mais qui remonte à la gnose, c’est-à-dire à plus de deux millénaires. Qu’on ne croit pas que les grandes tendances disparaissent comme ça ! 

« La moralité thérapeutique d’après laquelle il n’existe pas de gens moraux ou immoraux, il n’y a que des gens bien portants ou malades. » (Heinz Hartmann – cité par Christopher Lasch – sur ce que ce denier appelle la moralité thérapeutique)  – On connaît les dégâts d’un tel angélisme. –  « La moralité thérapeutique associée au libéralisme du vingtième siècle détruit l’idée de responsabilité morale … et culmine avec l’attribution aux experts du monopole de la connaissance et du contrôle. » (Christopher Lasch)  

« Les plus grands crimes de notre époque ont été commis par des gouvernants qui avaient l’appui enthousiaste de millions  de gens que guidaient des impulsions morales. » (Friedrich von Hayek)

« Il n’y a pas d’innocents chez les aristocrates. » (Collot d’Herbois) – Ni chez les koulaks aurait pu reprendre le camarade Lénine, grand admirateur de la révolution française, ni chez les juifs pour Adolf, ni chez ceux que nos inquisiteurs politico-médiatiques qualifient de Réacs… Il n’y en a pas non plus parmi les hommes, disent nos néoféministes.

« Les hommes peuvent, en tout temps, retrouver l’innocence s’ils savent reconnaître leur faute et l’origine de leurs maux et en supporter jusqu’au bout les conséquences au lieu de faire retomber cette faute sur les autres. » (Hermann Hesse) – Mais cette dernière solution est tellement plus confortable, les politiciens sont là des experts. 

« Ce n’est pas non plus de leur faute si Adam a croqué la pomme ; et pourtant, ils sont obligés d’expier. » (Hermann Hesse)   

« Si chacun est victime, du destin ou du temps qu’il fait, la notion même de culpabilité se trouve également diluée. » (Patrice Huerre et Mathieu Laine)

« La responsabilité peut être un labyrinthe. » (Victor Hugo)

« On regardera le crime comme une maladie, et cette maladie aura ses médecins qui remplaceront vos juges, vos hôpitaux qui remplaceront vos bagnes … On traitera par la charité ce mal qu’on traitait par la colère. Ce sera simple et sublime. La croix substituée au gibet. » (Victor Hugo) – « Hugo aimait les assassins, c’est un fait … Ils sont partout dans son œuvre. » (Charles Péguy) – « Victor Hugo a forgé l’arme absolue, l’arme de destruction massive : la compassion. L’amour qu’il porte à tous les assassins, et au-delà à tous les déviants, va faire trembler sur ses bases une société française déjà bouleversée par la Révolution … Même objectif que Robespierre : la création d’une humanité régénérée. Ce que ‘l’Incorruptible’ tenta de réaliser par la guillotine, le poète génial l’accomplit par l’amour. » (Eric Zemmour) – On continue dans l’illusion perverse avec le rêve éveillé de la déradicalisation.

« La culpabilité est un symptôme dangereux. C’est un signe qui manque de pureté. » (Eugène Ionesco)

« Si tous étaient sans crainte, comment le mal pourrait-il être prohibé ? » (Isidore de Séville)

« L’inconscience est une excuse, mais non point le ‘défaut de conscience’ … je n’ai pas tort de nuire puisque je suis inconscient, mais j’ai tort d’être inconscient. » (Vladimir Jankélévitch)

« La répugnante et lâche indulgence, en excusant presque aussitôt les crimes, a rendu le pardon non seulement inutile et prématuré mais impossible. » (Vladimir Jankélévitch)

« On n’est pas responsable de sa beauté, de son intelligence ou de sa force, mais on est responsable de sa bonté ; si les défauts de l’esprit passent, à la rigueur, pour une simple malchance … en revanche les défauts du cœur nous appartiennent essentiellement. » (Vladimir Jankélévitch)

« L’innocence est faite pour être perdue. » (Vladimir Jankélévitch)

« A la question : est-il coupable ? il faudrait en ajouter une autre : est-il incorrigible ? » (Joseph Joubert)

« Il y a des indulgences qui sont des dénis de justice. » (Joseph Joubert) – Elles reflètent la lâcheté des indulgents et leur mépris des victimes.

« Ce sexe croit innocent tout ce qu’il ose. » (Joseph Joubert)

« Personne n’a fait sa besogne. Mais tout le monde a fait son devoir. » (Robert de Jouvenel – sur l’irresponsabilité des prétendus gouvernants)

« On qualifie seulement ‘d’erreur judiciaire’ le fait d’arrêter un innocent. Le fait de laisser aller un coupable  n’est pas une ‘erreur judiciaire’. » (Robert de Jouvenel) – Au contraire cela devient un acte de charité.

« Dans la mesure où la compréhension s’approfondit, la distance, le gouffre s’élargit entre ce qui est compréhension et ce qui est connaissance. Une compréhension idéale, en définitive, ce serait une acceptation totale de l’autre que l’on accompagne dans ses démarches vitales, dans le vécu duquel on se glisse et on se fond, en en magnifiant la subjectivité et en abandonnant toute référence critique de responsabilité sociale … Une compréhension à tout prix nuit aux deux partenaires. » (Carl Jung) – C’est trop triste, ce serait leur nuire que de comprendre les criminels ? On ne va quand même pas aller jusqu’à comprendre les victimes qui ont sûrement eu ce qu’elles méritaient.

« La justice ne peut jamais vous compromettre, mais l’indulgence vous perdra. » (Saint-Just)

« Relisons les classiques des déçus du communisme, la fiction de Koestler (‘le zéro et l’infini’), ‘l’aveu’ d’Arthur London, ‘L’accusé’ d’Alexandre Weissberg, les livres qui décrivent les procès de Moscou et d’ailleurs. Le lexique et les procédés se retrouvent partout identiques : obsession de l’aveu, remords, confessions, reconnaissance par l’accusé des erreurs et des fautes. Toutes sont des formes de déni de soi, d’annulation personnelle … Humilité pénitente étonnamment proche du langage religieux chrétien … La déconsidération totalitaire, systématique et cruelle, conduite pathologique sans précédent historique … s’attaque avant tout à … la consistance du moi. » (Fernando Kolleritz)

« Est-on innocent parce qu’on ne sait pas ? Un imbécile assis sur le trône est-il décharge  de toute  responsabilité du seul fait que c’est un imbécile ?  … Personne ne son âme et conscience n’est plus innocent qu’ Œdipe. Et pourtant il s’est puni lui-même quand il a vi ce qu’il avait fait.» (Milan Kundera  – sur les communistes)

« Parvenir à la conclusion qu’il n’y a pas de différence entre le coupable et la victime, c’est laisser toute espérance, et c’est ça qu’on appelle l’enfer. » (Milan Kundera)

« Si l’on n’était responsable que de ce dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute. L’homme est tenu de savoir. L’homme est responsable de son ignorance. L’ignorance est une faute. » (Milan Kundera)

« L’autocritique : il ne s’agit pas  de se critiquer (séparer les bons côtés des mauvais avec l’intention de se corriger), il s’agit de ‘trouver sa faute’ pour pouvoir aider l’accusateur, pour pouvoir accepter et approuver l’accusation. » (Milan Kundera) – Être son propre procureur.

« Depuis à peu près soixante-dix ans l’Europe vit sous un régime de procès … Au fur et à mesure qu’entre les juges (gens d’aujourd’hui) et les accusés (gens d’hier) l’abîme du temps se creuse, c’est toujours une moindre expérience qui juge une expérience plus grande. Le conformisme de l’opinion publique n’est pas là pour comprendre, pour perdre son temps avec des pensées, il est là pour instruire des procès (qui se résument au fait de proclamer que nous sommes bien meilleurs que nos vilains et stupides parents) … Au fur et à mesure que la liberté de la pensée, la liberté des mots, des attitudes, des blagues, des réflexions, des idées dangereuses, des provocations intellectuelles se rétrécit, surveillée qu’elle est par la vigilance du conformisme général, la liberté des pulsions va grandissant. On prêche la sévérité contre les péchés de la pensée ; on prêche le pardon pour les crimes commis dans l’extase émotive. » (Milan Kundera) – Le lien étroit entre la censure de la pensée politique déviante et la lâcheté devant les actes relevant du droit commun.

« Les progressistes, pour Mumford, croyaient que la nature humaine n’est détournée de sa naturelle bonté que par des circonstances extérieures indépendantes du contrôle des individus. » (Christopher Lasch) – C’est la faute de la société. Les progressistes n’y croient plus depuis longtemps mais font semblant car cette stupidité sert leur objectif de tout pourrir.

« Les mouvements sociaux modernes ont tendance à exploiter continuellement la fibre du ressentiment. Leur but est de faire prendre conscience aux victimes de leur persécution. Ils se méfient de toute compréhension qui semblerait ‘rejeter la faute sur la victime’. Ainsi découragent-ils les gens d’assumer leur responsabilité personnelle. » (Christopher Lasch)

« Certains devraient vivre une deuxième fois, comme récompense ; d’autres comme châtiment. » (Stanislas Jerzy Lec)

« Il est temps de dénoncer la confusion entre niaiserie et morale. » (Emmanuel Levinas – Autrement qu’être ou au-delà de l’essence) – Non, il est trop tard, les niais ont tout détruit.

« Il est probablement dans la nature de l’esprit qu’un Dieu sévère et un homme libre préparent un ordre humain meilleur qu’une Bonté infinie pour un homme mauvais … L’extermination du mal par la violence signifie que le mal est pris au sérieux et que la possibilité du pardon infini invite au mal infini … Sans cette finitude de la patience divine, la liberté de l’homme ne serait que provisoire et dérisoire, et l’histoire un jeu. Admettre le châtiment, c’est admettre le respect de la personne même du coupable. » (Emmanuel Levinas – vantant la dure loi de l’Ancien Testament qui n’est peut-être pas une doctrine de douceur, qu’importe) – Autant pour la Loi humaine. Il est évident que le lâche laxisme actuel s’exerce au profit de la prétendue bonne conscience des forts et au détriment de l’ordre protecteur des faibles. 

« Une société civilisée n’est pas nécessairement celle qui comporte le moins d’individus criminels et pervers ; simplement, elle leur donne moins l’occasion de manifester et d‘assouvir leurs penchants. » (Simon Leys)

« Puisque la culpabilité est héréditaire, pourquoi les ‘innocences’ ne le seraient-elles pas ? Eternels coupables, éternelles victimes. » (Jean-Paul Lilienfeld – sur l’homme blanc, dominateur, colonisateur, macho…  et ses ‘victimes’)

« L’idée qu’indépendamment de ce qui lui est apporté par le ‘conditionnement’ l’homme n’aurait aucune norme de comportement social inhérente à sa nature entraîne automatiquement que la cause de tout comportement déréglé et de tout crime est attribuée à l’éducation du délinquant. L’individu se trouve ainsi dégagé de toute responsabilité morale … on le dépouille en même temps d’un droit humain : la responsabilité. » (Konrad Lorenz)

« Quand les valeurs établies sont minées par le scepticisme, les effectifs de la police et de la justice deviennent impuissants à assurer l’ordre. Alors, en démocratie, l’indulgence devient obligatoire. L’Etat affaibli en arrive même, pour ne pas perdre la face, à refuser de constater l’existence du désordre. » (Alfred Fabre-Luce) – S’ouvre l’ère du mensonge officiel et de la terreur exercée contre ceux qui persistent à voir clair et à nommer le chaos.

« Un crime de guerre commis par un Allemand a été poursuivi au-delà même des limites de la prescription. Un crime analogue commis par un Soviétique n’a jamais été poursuivi. En France, les crimes de droit commun commis par des résistants ont été expressément et globalement amnistiés par une loi. La règle qu’on peut lire derrière de telles pratiques est celle-ci :’les ressortissants d’un pays qui a gagné la guerre ne peuvent pas être coupables’. » (Alfred Fabre-Luce – Les mots qui bougent) – De même des exactions d’une frange de la soldatesque américaine pendant longtemps sur la population civile normande, et encore plus en Allemagne.

« Qui n’est pas coupable, n’est pas Français. » (Aurélien Marcq – sur l’entreprise de culpabilisation générale à laquelle consent la horde des lâches)

« Il y a plus de voleurs que de gibets. » (Clément Marot)

« Dés que l’indignation prend la forme d’une accusation publique, portant au général le cas unique dont elle est partie, l’indignation collective appelle inéluctablement la culpabilité collective et, à son terme, la punition collective … ‘Si ce n’est toi, c’est donc ton frère’ … L’adversaire est placé d’emblée dans une catégorie infamante où l’infamie est renforcée par la généralité … La singularité abolie, l’indignation n’est plus qu’un prétexte pour libérer la violence contenue… » (Jean-François Mattéi) – La chasse aux ….istes.

« L’utilisation de l’adjectif ‘responsable’ est particulièrement efficace. Qui  assumerait, dans le monde d’aujourd’hui, d’être irresponsable, » (Sophie Mazet) – Introduit via l’écologie.

« Chose à peine croyable, un homme va, à lui seul, personnifier ce qui caractérise le troisième moment de la modernité (après les cités Athènes et Rome) : la naissance du sujet et de la subjectivité, le regard qui se porte vers la vie intérieure, le fonctionnement d’un endopsychisme complexe … Bon nombre de découvertes freudiennes sont présentes dans les ‘Confessions’, dont celle, essentielle, de conflit intrapsychique … ‘Je me trouvais aux prises avec moi, mon être même disloqué’ … cautionnant et encourageant la dévaluation de l’homme pécheur … L’autorité familialiste s’intériorise : sa puissance opère depuis l’intérieur de soi et non plus par l’action de la communauté ; la honte devient culpabilité … le conflit intra-volonté se situe ainsi entre ‘moi’ (fils d’Adam) et ‘moi’ (âme divine) … Lutte (déjà freudienne) entre deux parties du moi, l’une porteuse des pulsions et l’autre identifiée au surmoi … La conscience intime de soi,  est née voici seize siècles d’un génie malade de culpabilité. La subjectivité a été payée d’un abandon majeur : celui du plaisir d’être innocemment soi, si en accord avec les mœurs, coutumes, valeurs de la communauté. Le prix d’une vie intérieure est la perte de l’innocence … Jusqu’à Augustin, l’autorité s’imposait à l’individu depuis la communauté … avec la sanction de la honte. Avec Augustin, l’autorité du ‘genos’ s’intériorise, et la religion devient le lieu où va se jouer, à des millions d’exemplaires, le théâtre tout intérieur de la culpabilité d’ego … Le cadran où lire le bien et le mal se trouve désormais à l’intérieur de soi. La conscience morale se fait juge du moi coupable. » (Gérard Mendel – A considérer aussi que dans le monde déstabilisé d’Augustin (invasions barbares et chute de Rome), il devenait impossible de trouver, comme autrefois, un équilibre personnel et une identité stable à l’extérieur de soi, dans les liens communautaires. L’auteur analyse aussi le rôle indirect de l’incontestablement puissante mère d’Augustin, sainte Monique, dans le processus augustinien menant à la culpabilisation)

« L’espoir de la récompense fait agir et la crainte du châtiment retient. C’est pourquoi la récompense doit être tardive et le châtiment toujours prêt. » (chevalier de Méré)

« Si quelque chose ne va pas, c’est évidemment à cause du système, toujours le système, mais les acteurs au sein du système, y compris ceux qui le font marcher et qui en profitent, ne sont jamais responsables de rien ; puisque personne ne peut rien contre le système. » (Yves Michaud) – C’est bien pratique pour nos dominants, tous héros de la bienveillance.

« Guy Georges devient un enfant pauvre mal aimé, Carlos un révolutionnaire authentique, cultivé et séduisant et Oussama Ben Laden passe pour Zorro à cheval. On frémit à l’idée de ce qui arriverait aujourd’hui si Hitler et ses acolytes avaient de bons avocats et faisaient acte de repentance. » (Yves Michaud – sur la volonté du bien et la rage de compréhension)

 « Dans une de ces dernières lettres, Guy Debord soulignait que les ‘actuels moutons de l’intelligentsia ne connaissaient plus que trois crimes inadmissibles, à l’exclusion de tout le reste : racisme, antimodernisme, homophobie’. Il donne là une description parfaite des nouvelles radicalités, ou en d’autres termes de l’extrême gauche libérale et de ses innombrables prolongements associatifs, médiatiques et universitaires … Ainsi est  décrit parfaitement comment la lutte contre l’ensemble des préjugés traditionnels ou ‘patriarcaux’ peut passer pour un combat anticapitaliste … et comment le recentrage médiatique sur les questions ‘de société’ peut masquer à la perfection et sous des formes chatoyantes (concerts de rock, défilés festifs, téléthons…) l’abandon définitif de la question sociale. »  (Jean-Claude Michéa)

« Si nous sommes réputés ‘pécheurs’, c’est-à-dire moralement responsables, c’est que nous sommes réputés avoir pu agir autrement que nous avons agi, c’est donc que nous sommes réputés être libres … L’idée même de ‘péché originel’ signifie que l’homme aurait pu faire que le monde ne fût pas ce qu’il est. » (Philippe Nemo)

« La logique du platane. Elle consiste à rendre responsable d’un accident ou d’un acte non l’être qui le cause mais celui qui le subit ou le permet … non sa cause ‘efficiente’ (celle qui provoque la modification) mais toute autre sorte de cause, par exemple sa cause matérielle (le matériau modifié) …  Persistance de la mentalité magique (les procès  intentés aux animaux, voire à des objets au Moyen Âge). » (Dominique Noguez)

« Ce qui avait commencé par une sensibilisation nécessaire des policiers, juges… envers les véritables  victimes de viol s’est transformé en un élargissement hallucinant de la définition du viol, qui a fini par englober toute relation sexuelle douloureuse ou gênante … Psychose  à grande échelle … La séduction fait partie de la vie et il serait bien préférable de l’encourager plutôt que de la réprimer dans ce monde anglo-saxon puritain qui est le nôtre. En montant en épingle le viol de façon totalement déraisonnable, les féministes …  ont finalement abouti à une banalisation de celui-ci, elles ont porté atteinte à la crédibilité des femmes et nous ont rendu moins solidaires des authentiques victimes d’agressions sexuelles violentes. » (Camille Paglia – Vamps et Tramps – Camille Paglia est une féministe américaine, enseignante, écrivaine, journaliste, lesbienne  affichée)

« Les hommes frappent les femmes parce que leur supériorité physique est la seule arme dont ils disposent contre un être dont le pouvoir est bien supérieur au leur. Le coup donné ne soumet pas : il égalise. L’agression s’exprime de plus d’une manière dans le cycle de la violence domestique … Si une caméra vidéo enregistrait l’épisode avant et après l’agression, elle bouleverserait la vision traditionnelle en noir et blanc de l’homme bourreau et de la femme martyre … Je n’entends pas excuser les hommes … Mais j’aimerais faire prendre conscience aux femmes de la responsabilité qu’elles ont-elles aussi dans la dispute et la confrontation … C’est toujours pour les mêmes raisons que survient le premier coup : volontairement ou non, elle lui a fait ressentir sa sujétion. Une fois de plus on lui signifie la pusillanimité aux yeux de la femme. Il est replongé dans l’enfance, lorsque des femmes régnaient sur lui … Les jeux guerriers auxquels se livrent les deux partenaires, réalité qui disparaît lorsque l’on emploie les termes sentencieux de ‘syndrome de la femme battue’ … sont-elles si parfaites et si angéliques ? » (Camille Paglia – Vamps et Tramps) – Camille Paglia est une féministe américaine, enseignante, écrivaine, journaliste, lesbienne  affichée. Elle n’entend pas excuser les brutes qui doivent être sanctionnées, elle entend faire prendre conscience aux femmes…

« Initiative et responsabilité vont de pair. L’éclipse de l’initiative individuelle entraîne l’éclipse du sentiment de la responsabilité. La caractéristique des âmes contemporaines, c’est l’horreur de la responsabilité personnelle ; c’est le désir de noyer cette responsabilité personnelle dans la responsabilité collective. » (Georges Palante) – Epoque de lâches ?

« Pourquoi me tuez-vous ? –Et quoi, ne demeurez-vous as de l’autre côté de l’eau ? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté je serais un assassin … Mais puisque vous demeurez de l’autre côté, je suis un brave et cela est juste. »  (Blaise Pascal)

« Une capitulation est essentiellement une opération par laquelle on se met à expliquer au lieu d’agir. Les lâches sont des gens qui regorgent d’explications. » (Charles Péguy) – Compréhensions, explications, justifications, en un mot lâcheté.

« Je ne critique aucun de ceux qui défileront et lorsque l’on se sent impuissant, déposer une bougie, témoigner de sa solidarité, c’est déjà ça. C’est juste que personnellement j’ai dépassé ce stade. » (Céline Pina – sur le terrorisme) – Il faut une femme pour nous proposer un peu de virilité.

« L’inversion fascinante qui permet de transformer les coupables (quelles que soient les circonstances …) en victimes … de la France en général … Ainsi on peut écrire qu’on peut attraper une petite fille de huit ans par les cheveux et lui tirer une balle dans la tête et être une victime (Tariq Ramadan et Mohammed Merah) » (Natacha Polony) – Admirable compassion.

« En majorité, les criminels font un choix rationnel de type coût-bénéfice : plus de crimes adviennent quand les opportunités augmentent (prospérité) et que la chose est moins risquée (laxisme). » (Xavier Raufer) – Tout le monde sait que l’explication par le social est fausse, qu’elle ne convient qu’à la clique politico-médiatique méprisante de la réalité et du peuple.

«’Chacun de nous possède une seconde patrie, où tout ce qu’il fait est innocent’.  En revenant au stade où le surmoi évaluateur n’était pas encore formé. » (Olivier Rey – citant Robert Musil – L’homme sans qualités)

« On exagère les progrès de la délinquance : au temps d’Adam et Eve, elle était de cinquante pour cent. » (monseigneur Rhodain) – Et au temps de leurs enfants, Abel et Caïn !

« Je fais marcher la peine devant la récompense parce que s’il se fallait priver de l’une des deux, il vaudrait mieux se dispenser de la dernière que de la première. » (cardinal de Richelieu)

« Les criminels me dégoûtent comme des châtrés. » (Arthur Rimbaud) – Ni l’époque ni Rimbaud ne s’exprimaient en langue de bois.

« La banalité des conseils donnés par l’État pour lutter contre la canicule rabaisse les citoyens. Pas de panique ! L’État est là. Contre la canicule, ‘tout le gouvernement est mobilisé’. C’est cette promotion d’un ‘soft power’ qu’on poursuit, en cherchant à dépolitiser l’interventionnisme d’État. Cependant, la banalité des conseils rabaisse les citoyens. Leur déresponsabilisation devient une méthode quand l’État-mamma se croit tenu de marteler qu’il faut boire de l’eau, ne pas courir et se mettre à l’ombre quand il fait très chaud, quand un ministre conseille d’enlever sa cravate pour réduire la climatisation et une autre d‘adapter nos codes vestimentaires’. » (Ivan Rioufol) – L’Etat, impuissant sur tout ce qui le concerne poursuit inlassablement son objectif essentiel : la déresponsabilisation, moyen d’assurer l’infantilisation des citoyens (plutôt des sujets au sens féodal), gage de leur soumission bêtasse.

« Quiconque tremble en ce moment est coupable ; car jamais l’innocence ne redoute la surveillance publique. » (Robespierre)

« Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. » (Robespierre) – Les crimes selon lui.

« Cette clémence dont on a fait une vertu se pratique tantôt par vanité, quelquefois par paresse, souvent par crainte, et presque toujours pour les trois ensemble. » (La Rochefoucauld)

« Les hommes à l’âme sensible, attendris et les larmes aux yeux, … L’alliance des larmes et des poings levés … Celui qui devant une sanction frappant un méfait constaté, s’agite et pétitionne  … ne risque rien pour lui-même. Il contribue seulement à la dégradation à terme de la société … Il cherche son intérêt à court terme, au détriment, à long terme, de la santé sociale … ‘L’âme sensible’ se met au-dessus de l’utilitariste bienfaisant, alors qu’elle est très au-dessous. L’invention de la ‘responsabilité universelle’ (nous sommes tous coupables … de la faim dans le monde, de la guerre du…) … Cette invention ne prend que parce que la ‘responsabilité’ est immédiatement transposée et projetée en culpabilité des autres, des boucs émissaires à la mode ; trusts, impérialisme… … Comme le ‘nous sommes tous pécheurs’ des sermonneurs religieux … ils sert de préliminaire, de fertilisateur du terrain, pour que l’idéologie puisse ensuite semer la bonne parole. » (Raymond Ruyer)

« Nous sommes responsables de tout devant tous. » (Jean-Paul Sartre) – Bonne excuse pour ne rien faire, sauf pérorer à saint Germain des Prés.

« La morale des esclaves, comme dit Nietzsche, cherche toujours à réduire la responsabilité au minimum, à expliquer la faute de l’individu par une activité extrinsèque… » (Max Scheler)

« L’indulgence montrée à l’égard du crime et du vice n’est pas une preuve de gentillesse mais une source d’injustice pour laquelle nous devrons tous payer. » (Roger Scruton)

« Une idéologie de la prévention … qui équivaut à considérer a priori l’individu comme irresponsable … Vigilance en matière de mœurs, invocation tous azimuts de la responsabilité collective, procès ininterrompu des responsables, diabolisation de l’adversaire, recherche du salut par la Vertu, célébration des ’héros’ d’une nuit à la morale de secouristes, hygiénisme, charité, critique de l’argent, de la consommation … Plus une société conçoit l’exercice de la responsabilité sous le rapport de la prévention, plus elle se rapproche du système de pensée totalitaire … Toute politique qui tend à incarner le Bien universel et à l’imposer tend à être totalitaire … Pression d’un véritable chantage pesant sur l’autonomie de la personne … Qu’est-ce qu’une responsabilité qui ne se choisit pas ? … La liberté du choix individuel sacrifiée à une idéologie de la sécurité … On n’éveille pas la responsabilité des individus en les traitant en irresponsables. » (Alain-Gérard Slama)

« L’idée de pénitence (création du gothique religieux) suppose que chaque acte ne doit sa valeur spécifique qu’à celui qui le fait. C’est cela qui distingue la tragédie occidentale de l’antique, de la chinoise et de l’hindoue, qui a orienté notre droit criminel de plus en plus nettement sur le coupable et non sur l’acte, ce qui fait dériver tous nos concepts éthiques fondamentaux, de l’acte individuel et non de l’attitude typique. » (Oswald Spengler) – Lequel auteur (historien athée) continue sur l’institution du sacrement de confession « Aucune institution d’une autre religion n’a apporté peut-être autant de bonheur au monde … L’incertitude qui résulta de la décadence de ce sacrement a fait pâlir, avec la profonde joie de vivre gothique, également le monde lumineux de Marie, et le monde du diable resta seul dans sa sombre omniprésence … ‘La confession auriculaire n’aurait jamais dû être enlevée aux hommes’, notait Goethe. Une pesante gravité (protestante d’abord) se répandit sur les pays où elle avait disparu … Nul ne se confesse lui-même avec la certitude d’être absous … Au lieu de l’infini on appela, pour prêtres et pour juges, les contemporains et la postérité. » – L’homme seul avec lui-même, le Protestant.

« Car ils ne savent pas ce qu’ils font. La plupart des hommes sont innocents de leurs erreurs et de leurs bassesses, je le sais bien. Mais c’est là précisément ce qu’ils ont de pire, car être innocent, cela signifie aussi être incurable. » (Gustave Thibon)

« La pitié envers le troupeau implique à la fois la recherche de la brebis égarée et le rejet de la brebis galeuse … Il faut rechercher la brebis égarée, pardonner à l’Enfant prodigue, mais il faut aussi savoir s’amputer d’un membre pourri. » (Gustave Thibon) 

« Une certaine forme d’indulgence humaine ne peut être qu’un encouragement au mal, Jésus dit à la femme adultère : ‘Je ne te condamne pas, va et ne pèche plus.’ Il aide le faible à devenir fort. Le romantisme dira plutôt ; ‘Tu n’as jamais péché, va et continue…’ Il justifie, il canonise la faiblesse. » (Gustave Thibon)

« La parodie de l’innocence est le stigmate de la dernière décrépitude. Si nous jouions aux enfants, si nous jouions à jouer ? Suprême imploration du comédien lassé de tous les rôles humains. » (Gustave Thibon)

« Nous sommes devenus une société avouante … On avoue ses péchés … on avoue ses crimes … on avoue son passé et ses rêves … on s’emploie avec la plus grande exactitude, à dire ce qu’il y a de plus difficile à dire … L’homme en Occident est devenu une ‘bête avouante’. La société devient ainsi un confessionnal de plein vent où l’aveu sans repentir tient lieu d’absolution. » (Gustave Thibon – citant Michel Foucauld)

« Il y a une manière de mettre en relief la responsabilité collective et le péché social qui dilue la seule véritable instance imputable, la conscience morale singulière, car lorsque tous sont coupables, personne n’est coupable. » (Xavier Tilliette)

« Je suis la hache, punit-on la hache ? » (Fouquier-Tinville – sans doute en mauvaise posture)

« ‘Nous sommes tous coupables’ implique ‘mais moi, moins que vous, puisque c’est moi qui le dis’ … ou le rôle avantageux de gardien des valeurs, lequel assure sa propre gratification. » (Tzvetan Todorov) – Les belles âmes.

« Parmi les appuis les plus sûrs, qui sont aussi les plus sûrs garants d’une vie ratée, il y  a le rejet global de la responsabilité de ses échecs personnels sur les autres … On trouve sa force dans une vieille peur, celle de formuler la cause  des échecs qui jalonnent forcément une vie humaine … Qu’espérer d’une société dont les intellectuels détournent les individus du désir d’élucider les causes personnelles de leur situation ? … La sociologie ne peut rien pour expliquer l’essentiel, à savoir l’échec ou la réussite d’une personne. » (Philippe Val à propos du sociologisme) – Les hurlements de nos réclamations et invectives dissimulent et notre faillite et notre lâcheté.

« Substitution du risque à la faute … L’homme qui ne répond plus de sa faute, l’assurance paiera, s’habitue à la dissolution en lui du devoir de responsabilité. » (Jean-Marc Varaut)

« Punir, c’est imposer à quelqu’un de réparer un tort qu’il a commis en payant de sa personne. C’est donc le considérer comme un être responsable … C’est mettre fin à la logique de la haine et de la violence infinie, au cycle répétitif de la vengeance. La punition est une violence limitée, ce que n’est pas la vengeance. » (Bertrand Vergely)

« Nous sommes la totalité de ce que nous avons vécu … Il n’y a rien de négatif à se culpabiliser quand on a mal agi. Il n’est pas vain de s’adresser des reproches. On préserve la dignité que l’on possède en ayant honte de basculer dans l’indignité, quand il arrive que l’on chute. » (Bertrand Vergely)

« L’infraction caractérise la société humaine. Elle fait que l’homme quitte l’animalité, et tend à devenir un dieu. Seule la société animale ne connaît pas ces transgressions. » (Jacques Vergès – cité par Jean-Edern Hallier)

« Le mot de ‘gauche’ emporta tout. Car on accepte à la rigueur d’avoir tué son père, on ne peut pas s’exposer au reproche d’être moins ’à gauche’ que son voisin. Même s’il faut pour cela soutenir l’assassinat … On peut assassiner en restant pacifiste ; l’assassinat  ne devient blâmable que pratiqué par les méchants. Et le méchant, c’est l’armée française. » (Alexandre Vialatte – sur la guerre d’Algérie – Le spectacle du monde)

« Avec l’arbre qui tue (l’assassin bien connu des pauvres automobilistes pourtant vigilants, mais que faire contre un arbre qui se met en travers du chemin ?), la réalité de la culpabilité est transférée du coupable à l’innocent. » (Paul Virilio) – Une telle réforme est déjà suggérée par la plupart des média en matière criminelle afin d’inciter le ministère de la justice, qui ne demande que cela, à y réfléchir encore plus sérieusement.

 « Et qui pardonne au crime en devient complice. » (Voltaire)

« L’individu que l’on condamne est coupable parce que condamné, et non condamné parce que coupable. » (Lu Xun – cité par Simon Leys – sur la Révolution culturelle chinoise des années 1970, tant adulée par nos intellectuels occidentaux pourris d’alors) – Comme d’ailleurs sur toutes les révolutions et régimes totalitaires.

« La liberté et le crime sont intimement liés. Le seul moyen de délivrer l’homme du crime, c’est de le délivrer de la liberté. » (Eugène Zamiatine) – Caïn était libre ! 

« Indulgence avec le loup s’appelle injustice avec le mouton. » (proverbe)

« Les gros larrons font pendre les petits. » (proverbe)      

« On se sent coupable de petites choses pour éviter de se sentir coupable de grandes. » (?)

« Le principal ressort de tout pouvoir : secréter la culpabilité dont il prétend nous libérer. » (?)

« Celui qui fuit les responsabilités ne fera jamais une œuvre. » (?)

« Dire qu’on n’est jamais coupable équivaut à dire qu’on n’est jamais capable. » (?)

« Nous ne sommes pas seulement responsables de ce que nous faisons, mais également de ce que nous ne faisons pas. » (?)

« Responsable ; seulement si l’acte a été dicté par le moi intime de son auteur. » (?) – Un peu réducteur. 

« Cette rengaine actuelle qui veut que chacun soit à la recherche d’une blessure fondatrice qui l’exonèrerait de toutes ses mauvaisetés. » (?)

C-i dessous, extraits de l’ouvrage d’Hans Jonas, Le principe responsabilité. Sur l’évolution de celle-ci.

« La transformation de l’essence de l’agir humain … (Nouvel impératif par rapport à l’impératif catégorique de Kant : ‘Agis de telle sorte que ta maxime puisse devienne une loi universelle’) : ‘Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la Permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre’ (‘Ne compromets pas par ton action les conditions de la survie indéfinie de l’humanité sur terre’) … Mon agir ne doit pas mettre en jeu ‘l’intérêt entier’ des autres (générations futures), l’humanité n’a pas droit au suicide … Ce nouvel impératif s’adresse plus à la politique publique qu’à la conduite privée … Il invoque non la cohérence de l’acte en accord avec lui-même, mais celle de ses effets sur la survie de l’activité humaine dans l’avenir … La ‘première obligation’ de l’éthique d’avenir : se procurer une idée des effets lointains, obligation à l’égard de la postérité … Davantage prêter l’oreille à la prophétie de malheur qu’à la prophétie de bonheur (l’issue heureuse ou malheureuse peut se comparer à la probabilité d’atteindre ou de rater un but – cible – beaucoup d’échecs), en matière d’affaires de gravité comportant un potentiel apocalyptique, accorder un plus grand poids au pronostic de malheur qu’au pronostic de salut. La peur devient donc la première obligation préliminaire d’une éthique de la responsabilité historique, s’opposant à l’espérance qui elle présuppose qu’il est possible d’aboutir à quelque chose et parie de le faire  … Les développements technologiques ont tendance à se rendre autonomes, dynamique propre, inertie, entraînant irréversibilité et débordement du vouloir et de la planification des initiateurs … De façon classique, la responsabilité continue de porter certes sur ce qui a été fait, sur l’acte causal ; mais aussi sur ce qui est à faire … La responsabilité, corrélat du pouvoir. Le contrôle sur ‘cela’ implique l’obligation pour ‘cela’ (responsabilité pas toujours contractuelle : la responsabilité parentale, la responsabilité du pouvoir) … Relation, dépendance au pouvoir et au savoir, éléments  qui jadis étaient autrefois tellement limités que, concernant l’avenir, les choses devaient être abandonnées au destin. »

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