075,3 – Bien-pensants

– Terme tombé en désuétude, ce sans justification vu le nombre de gens qui seraient concernés mais qui seraient furieux d’entendre qu’on leur l’applique, les socialistes, les humanistes, les Bobos, les gens des média (la bien-pensance étant une obligation professionnelle), les cadres bourgeois urbains optimistes… Seuls ont changé, la doctrine affichée et son degré de férocité, l’origine et le milieu des adeptes, la nature du carcan, mais pas l’intérêt de la position.

– « Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, par mes œuvres, je te ferai voir ma foi. » (Epître de saint Jacques) – A tous nos donneurs de leçons .

– Les Bien-pensants se recrutent toujours dans les Bien-abrités, parés d’avidité matérielle ou de profonde stupidité, mais dans l’un et l’autre cas méprisants des petits et des faibles.

– Pleurnichards et pleurnichardes, hypocrites porte-drapeaux de la société d’excuse, d’assistance, de gémissements et de compassion tous azimuts. Professionnels de l’indignation (Maurice Bardèche). Vivants couchés, laquais de tous les pouvoirs.

– Dans l’ambiance actuelle Mains jointes, titre d’un livre traitant de terrorisme meurtrier : ‘Vous n’aurez pas ma haine’ – « Fadaise citoyenne d’une confondante niaiserie » (Patrick Mandon), pour ne pas la qualifier d’étalage de lâcheté. Les terroristes ont dû être émus jusqu’aux larmes par une telle mansuétude !

– « Les sentiments dégoulinants. » – De la horde des bien-pensant-dominants.

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« La bienveillance sans limite en arrive à confirmer tout le Mal qui existe en en effaçant la différence avec toute trace de  Bien qui peut encore subsister. »  (Theodor Adorno)

« Nous vivons une époque dans laquelle il y a des mains propres en masse : l’inflation d’hommes pleins de bonne volonté est considérable. Nous allons périr noyés sous un déluge d’innocence. Le ‘malin’ n’est plus gêné par personne. Il n’est plus obligé, comme autrefois, de corrompre d’abord l’innocence des hommes pour les dominer … Là où l’homme est libre du malin, le malin est libre de l’homme. Il a vaincu. » (Gunther Anders – à propos des massacres sur presse bouton en général et des Américains historiquement)

« L’amour est, de nature, étranger au monde et c’est pour cette  raison plutôt que pour sa rareté qu’il est non seulement apolitique, mais même antipolitique ; la plus puissante, peut-être, de toutes les forces antipolitiques. » (Hannah Arendt) – « Arendt comprend qu’on ne peut envisager le salut dans le cadre étroit de la cité  terrestre, et elle en déduit que l’amour de l’humanité aura toujours quelque chose de politiquement suspect …  Hegel perçoit les dangers liés aux ‘tyrannies de l’intime’, c’est-à-dire l’exportation de la demande d’amour hors de sa sphère légitime … Historiquement, les époques de valorisation de l’intime coïncident avec la décadence du politique. Ainsi le déclin de l’empire romain correspond à un affaiblissement de la vie publique et à une promotion de la sphère privée. » (Michaël Foessel – qui cite Hannah Arendt) – A méditer par la horde des dominants-bien-pensants. 

« L’analyse politique gagne à se dépouiller de toute sentimentalité … Ne nous croyons pas tenus de déraisonner pour témoigner de nos bons sentiments. » (Raymond Aron – Preuves) – « La gauche a réduit le problème national de l’immigration à un problème moral. » (Eric Conan – La gauche sans le peuple

 « Tant que nous ne comprendrons pas que l’indignation morale conduit automatiquement à la reconduction des comportements qui ont provoqué cette indignation … L’indignation vertueuse est souvent la première métastase visible du cancer de la violence. Elle tend à donner à ceux qui s’indignent le droit de commettre ou d’approuver des actions structurellement semblables à celles qui ont suscité leur indignation … Les modalités traditionnelles de résistance au mal amènent ceux qui sont le plus décidés à y mettre un terme à le propager plus encore. » (Gil Bailie)

« Qu’il soit logé place des Vosges, quai Voltaire, rue du Bac ou boulevard saint-Germain ne l’empêche pas de se sentir pleinement solidaire des sans domicile  fixe. » (Olivier Bardolle)

« Il faisait reposer toute sa conduite comme son enseignement sur le principe kantien qu’il formulait ainsi : ‘Je dois toujours agir de telle sorte que je puisse vouloir que mon action serve de règle universelle’. Dans les cas particuliers que nous citons (dénonciation, expulsion…)  il avait jugé qu’il n’appartenait pas à un brouillon qui se pique de générosité de maintenir quelque chose de pourri dans une collectivité. Il y a dans cette règle morale un élément de stoïcisme et aussi un élément de grand orgueil – car elle équivaut à dire que l’on peut connaître la règle applicable  à tous les hommes – et puis encore un germe d’intolérance fanatique – car concevoir une règle commune à tous les hommes, c’est être fort tenté de les y asservir pour leur bien ; enfin il y a une méconnaissance totale des droits de l’individu, de tout ce que la vie comporte de variété, de peu analogue, de spontané dans mille directions diverses. » (Maurice Barrès – Les déracinés – sur le personnage de l’enseignant de Nancy) – C’est la position alibi de tous les dénonciateurs, de tous les hypocrites salauds qui se multiplient actuellement.

« La prolifération du bien à l’infini entraîne la prolifération parallèle de son jumeau, le mal absolu. » (Jean Baudrillard) – Ce que font semblant d’ignorer les croisé(e)s de l’humanitaire, de l’humanisme, de la bien-pensance obligée, les inquisiteurs et inquisitrices, du politiquement correct  qui nous préparent de beaux lendemains !

« La bien-pensance, cet attribut principal des ‘élites mondialisées’. » (Zygmunt Bauman)

« Depuis quinze ans, savoureux renversement lexical, le bien-pensant n’est plus celui qui réprouve l’homosexualité mais celui qui traque l’homophobie. » (François Bégaudeau)

« Toi, dont la sacro-sainte bienveillance st une  métabolisation de la peur … Tu m’as confié ne pas aimer le conflit, mais c’est d’abord que tu le crains … ce n’est plus le raciste, mais l’antiraciste, le bien-pensant n’est plus le patriarche lettré prodigue en adages misogynes, mais la féministe qui le reprend. » (François Bégaudeau)

«  Les positions qui prétendent défendre un intérêt universel ne défendent qu’un intérêt particulier. » (Daniel Bell) – Position marxiste.

« Le cœur n’est pas une garantie. » (père Maurice Bellet) – Il sert trop souvent, surtout aujourd’hui, à exercer la domination, à écraser toute contestation, à éliminer toute tentative de lucidité, d’éclaircissement.

« La belle âme est toujours enfermée dans un narcissisme profond, car elle évite la complexité de chaque situation … Face au désastre mondial, elle aimerait que cela se passe autrement … Elle aimerait que le monde aille mieux, souvent pour son confort psychologique personnel … Dans un narcissisme total, elle prétend juger le monde à l’aune d’elle-même. » (Miguel Benasayag)

« Le statut de ‘belle âme’ ne coûte pas cher. » (Philippe Bénéton)

« L’idéologie de la bienveillance, autre nom de la démission. » (Corinne Berger) – Pour ne pas dire, expression de la lâcheté.

« Les bien-pensants : les citoyens de choix dont la raison d’être est de penser, et même de bien penser. » (Georges Bernanos)

« Le cynisme ne se porte plus … Dans toutes les sociétés en décadence lorsqu’elles ont perdu jusqu’au courage de leurs vices, se met à pulluler une espèce d’hommes, les Bien-pensants. » (Georges Bernanos)

« J’en ai assez de ces consciences pures. » (Georges Bernanos)

« Qui s’aveugle volontairement sur le prochain, sous prétexte de charité, ne fait souvent rien autre chose que de briser le miroir afin de ne pas se voir dedans. Car l’infirmité de notre nature veut que ce soit d’abord en autrui que nous découvrions nos propres misères.  Prenez garde de vous laisser gagner par je ne sais quelle bienveillance niaise qui amollit le cœur et fausse l’esprit. » (Georges Bernanos – Dialogues des carmélites)

« Être comme il faut, dit-on. – Règle sans exception. Les hommes dont il ne faut pas ne peuvent jamais être comme il faut. Par conséquent, exclusion, élimination immédiate et sans passe-droit de tous les gens supérieurs. Un homme comme il faut doit être, avant tout, un homme comme tout le monde. Plus on est semblable à tout le monde, plus on est comme il faut. C’est le sacre de la multitude… être habillé, comme il faut, parler, comme il faut, manger, comme il faut, marcher, comme il faut, vivre comme il faut.» (Léon Bloy – Exégèse des lieux communs – 1, XXV)

« Être bien-pensant ou reculer pour mieux sauter, dit-on. – Cette pensée toute militaire, bien plus profonde qu’on ne saurait croire, consiste à reculer indéfiniment pour mieux sauter. C’est une stratégie admirable. On est en présence de l’ennemi. Il serait peut-être facile de le vaincre en se jetant sur lui résolument. Mais c’est une chose d’être bien-pensant et une autre chose d’être casse-cou, surtout quand on a de l’argent et une peau… » (Léon Bloy – Exégèse des lieux communs – 2, LXXIX – sur les reculades des catholiques à la jonction des XIX° et XX° siècles)

« En disqualifiant l’esprit critique, la bienveillance universelle est aussi l’une des causes de la destruction de pans entiers de la production intellectuelle et, par voie de conséquence, de la démoralisation des systèmes d’enseignement. » (Raymond Boudon – sur le relativisme) – L’avantage est que si tout est bon, n’importe quel imbécile peut prétendre au titre de créateur.

« L’abolition de la souffrance sert d’abord la promotion des bienfaiteurs, lesquels se mettent en avant indépendamment des personnes à secourir. En s’adjoignant la publicité, la charité trahit son premier commandement : le tact et le secret … On se veut propriétaire de la souffrance de l’autre, on la recueille, on la distille comme un nectar qui vient nous consacrer. Il est une charité qui élève et qui prépare l’élévation de celui que l’on aide, il en est une autre qui le rabaisse, l’enfonce, lui demande de collaborer à sa propre inhumanité. Dès lors, le philanthrope se transforme non en ami des pauvres, mais en ami de la pauvreté. » (Pascal Bruckner) – Téléthon et autres exhibitions.

« Quand je m’occupais d’autrui, c’était pure condescendance, en toute liberté, et le mérite entier m’en revenait : je montais d’un degré dans l’amour que je me portais. » (Albert Camus – La chute)

« La société devient de plus en plus brutale, non seulement violente et délinquante, criminelle, mais tout simplement grossière, agressive, nulle, incivile, à mesure qu’elle est plus idéologiquement et médiatiquement bien-pensante ; comme si l’exigence là la libérait de toute contrainte ici, et l’idéologie de la morale. » (Renaud Camus)

« Ils se croient meilleurs que vous, plus justes, plus solidaires, plus tolérants, plus ouverts, plus modernes en un mot. Toujours conviviaux en apparence, il leur faut toujours bouger, contester, appeler au repentir du soir au matin … Ce sont les bien-pensants. Mais attention, si vous n’adhérez pas à leurs idées, vous serez montré du doigt, ridiculisé, diabolisé … Le masque tombe : les nouveaux moralistes ne sont ni ouverts ni tolérants, ni libérés, ni modernes. Ils sont dans la réalité tyranniques, nombrilistes, dogmatiques et ringards … Leur pouvoir ne tient qu’au magistère de la parole, qu’ils ont confisqué à leur seul profit et à quelques filons qu’ils exploitent sans vergogne : une organisation en réseau très efficace , une culture du secret et de la connivence poussée à l’extrême, le recours à des méthodes souvent odieuses, telle que l’amalgame pour discréditer leurs adversaires, l’intimidation par le procès d’intention sur la place publique, enfin pour finir l’excommunication et l’étouffement … Il faut reconnaître à la meute des bien-pensants un savoir faire consommé pour jeter la suspicion, intimider et accuser à tort et à travers par l’entremise de certains média … Sans les média, les bien-pensants ne sont rien. Avec les média, ils sont tout. » (Jean-Marc Chardon)

« Les bien-pensants ne cessent de parler au nom du peuple mais ils vivent à l’écart du peuple (et même souvent à l’étranger pour raisons fiscales) … Défilent rituellement avec les ‘sans-papiers’ … S’avancent toujours sous la banderole déployée des causes sociales (confondant parfois intérêt collectif et intérêt individuel) … N’ont à la bouche que le mot de citoyenneté … Plastronnent : ‘nous sommes les champions des droits de l’homme’ … Ils veulent toujours nous libérer … Sont pour une société plus juste … Se proclament ‘d’avant-garde’ … Pacifistes (sauf parfois en Serbie, en Ukraine, tout dépend des ordres reçus) … Fanatiquement contre ‘l’ordre moral’ (sauf le leur) … Sont pour la transparence (pour les autres et à condition qu’elle leur serve à pratiquer l’inquisition) … Ne jurent que par la repentance … N’ont de cesse d’exhorter à la vigilance … Prônent la tolérance (pour eux-mêmes) … Chantres de l’antiracisme (le racisme étant partout où ils ne sont pas) etc. etc. » (Jean-Marc Chardon)

« Ce qui me hérisse, c’est les partis pris d’un bon cœur ; le cœur au service de la doctrine ; le cœur esclave, comme le cerveau. » (Jacques Chardonne)

« Il ne sert à rien de dire ‘nous avons fait de notre mieux’, il faut réussir à faire ce qui est nécessaire. » (Winston Churchill) – « Le fait même de retirer un sentiment de bien-être d’une manifestation de générosité devrait éveiller notre méfiance : oublions-nous ce qui est nécessaire ? » (Slavoj Zizek)

« Ceux qui croient au Bien n’y seraient pas parvenus si, penchés honnêtement sur eux-mêmes,  ils eussent sondés leurs profondeurs ou leurs miasmes. » (Emil Cioran)

« Les puissants sont les puissants, ils possèdent la presse où ils réinventent votre vie à leur gré et impunément, et étant les maîtres du discours, des définitions et de la dialectique, ce sont eux qui décident de quoi on peut ou non parler. Leur puissance est telle qu’ils parviennent à se décrire eux-mêmes comme des victimes impuissantes. » (Chantal Delsol)

 « Confusion volontaire entre ‘migrants‘ et ‘réfugiés’. » (Alexandre Devecchio)

« L’abrogation du monde réel par la bien-pensance. » (Alain Finkielkraut)

« Je ne crois pas qu’on puisse excuser la cécité par la générosité. » (Alain Finkielkraut) – C’est un comportement servile d’hypocrites dont notre monde déborde. 

« La compassion et le clientélisme sont aujourd’hui l’avers et le revers d’une même médaille. L’esprit de capitulation se dissimule derrière l’élan du cœur. On cède devant la force du nombre en se racontant qu’on vole au secours des plus faibles. » (Alain Finkielkraut) – Notre lâcheté. 

« Le pape François, lui, ne connaît ni problèmes ni dilemmes. Il ne s’aventure pas dans le labyrinthe de la responsabilité, il emprunte l’autoroute de l’amour … Il prône ‘une généreuse ouverture … qui soit capable de créer de nouvelles synthèses culturelles’ … Il réduit deux millénaires de christianisme à un  insipide message philanthropique et il débite, entre deux selfies souriants, tous les poncifs de la bien-pensance … La niaiserie de ce pape sentimental … Il inverse l’ordre de la transmission en demandant aux jeunes d’enseigner les adultes ‘à cohabiter dans la diversité, en partageant la multiculturalité’ … Je ne crois pas qu’on puisse excuser la cécité par la générosité … Il ne résiste à rien, ce pape, il accompagne de ses fadaises la liquidation du vieux monde. » (Alain Finkielkraut) – Un peu acide. Démagogie vaticane. C’est tellement plus facile et plus valorisant – « La nécessaire lucidité de l’éthique. », celle qui guide la morale de responsabilité, ne le concerne pas. Il préfère sans doute les applaudissements médiatiques.

« La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire sans exciter d’émotion, de rire ou de rêverie. » (Gustave Flaubert – Madame Bovary)

« Bien pensants parce qu’ils ne peuvent pas être pensants tout court. » (Roger Martin du Gard)

« Les bons sentiments sont un moyen de ne pas penser et de se dispenser d’agir. Puisque nous compatissons … tout va bien. » (Marcel Gauchet)

« Les gens de bonne volonté, qui n’ont que de la bonne. » (Charles de Gaulle ou André Malraux)

« Les ‘beaux sentiments’ sont, les trois quarts du temps des sentiments tout faits. » (André Gide) – « On pourrait ajouter que ce sont des sentiments imbibés d’idéologie ; c’est-à-dire tributaires d’intérêts plus ou moins consciemment camouflés … Ce en quoi ces beaux sentiments rejoignent la bien-pensance, qui est à la pensée ce que le cliché est à l’expression : un cal, une ossification … C’est avec les bonnes pensées qu’on fait les belles idioties. Et les beaux lynchages.  »  (Dominique Noguez)

« ‘Celui qui donne sa pitié au méchant fait tort au juste’. Ils ne donnent pas leur pitié. Ils la négocient contre leur image dans la glace. » (Gilles William Goldnadel – citant le Talmud) – Hegel appelait ceux de son temps les « belles âmes. » et parlait de la « bouillie du cœur. »

« On peut se sentir bon sans rien faire, il suffit de partager sur Facebook un post appelant à accueillir tous les migrants. » (Gilles-William Goldnadel)

« L’histoire de la vie, c’est l’histoire de la violence invaincue, insurmontée. La violence est éternelle et indestructible. Elle se transforme mais ne disparaît pas et ne diminue pas … L’humain ne s’accroît pas en l’homme … L’homme est immobile comme un bloc de granit …  Il n’y a pas de progrès historique. L’homme est toujours égal à lui-même, on n’en fera rien. Il y a une loi simple : la loi de la conservation de la violence … Elle saute d’un continent à l’autre, se change en lutte des classes et de lutte des classes en lutte des races … Les penseurs prennent le chaos de ces métamorphoses pour l’évolution et en cherchent les lois. Mais le chaos ne connaît pas de lois, d’évolution, de sens, de but. » (Vassili Grossman – un personnage de Tout passe) – A destination des Bobos à l’optimisme bien-pensant, éternels complices de la violence par béatitude stupide et égoïste.

« Le terrorisme des bien-pensants est une calamité de notre époque. Ces gens bouffis d’arrogance et de prétention. » (Henri Guaino) – Mentalement pourris, ils veulent tout pourrir. – « Les plus grands crimes de notre époque ont été commis par des gouvernants qui avaient l’appui enthousiaste de millions  de gens que guidaient des impulsions morales. » (Friedrich von Hayek)

« La classe dominante sait parfaitement ce que donnerait un référendum sur les flux migratoires. Elle fait donc passer cette question politique et sociale pour une question exclusivement humanitaire … Que cette classe a d’ailleurs hystérisée en manipulant l’aspect racial. » (Christophe Guilluy) – Les classes populaires étant d’ailleurs bien plus humaines que ce gang de Tartuffes.

Hegel appelait ceux de son temps les « belles âmes. »

« Le binôme indignation/compassion, base de la morale. Il suffit pour avoir une belle âme de manifester une réprobation toute verbale face au racisme, au communisme, à la violence, au totalitarisme, d’écouter un concert rock contre… » (François-Bernard Huyghe)

« Les crises de larmes du journal télévisé où s’exprime une sensibilité de dame catéchiste … Le bulletin d’informations télévisées ressemble à un bulletin paroissial. » (François-Bernard Huyghe)

 « La chape de plomb du sérieux et de la croyance au ‘vivre-ensemble’ (expression grotesque) de ceux qui prônent le bien avec le même esprit que les boy-scouts d’antan (mais avec moins de gentillesse et de désintéressement) … Boyscoutisme planétaire, inlassablement dévoué aux bonnes causes. » (Roland Jaccard)

« En deux mois, vous possèderez une des plus belles âmes de Paris (qui pourtant n’en manque pas). Soutenez les associations humanitaires, dites à vos amis que vous êtes concernés par les violences faites aux femmes, par les enfants qui meurent de faim … agissez, manifestez de temps en temps devant une ambassade, une entreprise qui licencie, pour la régularisation des sans-papiers, annoncez à tous que vous êtes ‘viscéralement de gauche et contre le racisme’ … Bien sûr, il va falloir vous révolter un peu, signer quelques pétitions (je vous aiderai à les choisir), vous indigner régulièrement contre la police, contre l’armée, contre tout ce qui oppresse le genre humain. Mais vous allez voir, ce n’est pas bien difficile. »  (Patrice Jean – Comment avoir une belle âme)

« Les bien-pensants … ceux qui ont renoncé à penser. » (Hervé Juvin)

« Il est probablement dans la nature de l’esprit qu’un Dieu sévère et un homme libre préparent un ordre humain meilleur qu’une Bonté infinie pour un homme mauvais … L’extermination du mal par la violence signifie que le mal est pris au sérieux et que la possibilité du pardon infini invite au mal infini … Sans cette finitude de la patience divine, la liberté de l’homme ne serait que provisoire et dérisoire, et l’histoire un jeu. Admettre le châtiment, c’est admettre le respect de la personne même du coupable. » (Emmanuel Levinas – vantant la dure loi de l’Ancien Testament qui n’est peut-être pas une doctrine de douceur, qu’importe) – Autant pour la Loi humaine. Il est évident que le lâche laxisme actuel s’exerce au profit de la prétendue bonne conscience des forts et au détriment de l’ordre protecteur des faibles. 

« Appartenir au camp des gentils, ça donne le droit d’insulter en boucle et de calomnier en bande un tas de méchants. » (Elisabeth Lévy) – En plus, c’est là que sont fric et privilèges.

« Nous avons tout à redouter des nouveaux vertuistes et autres fondamentalistes … Plus que jamais nous devons rejeter l’éthique de la conviction … au bénéfice d’une éthique dialoguée de la responsabilité tournée vers la recherche de nouveaux équilibres… » (Gilles Lipovetsky) – Tout cela est bien gentil. Mais, comme dans le poulailler, il y en a qui gueulent le plus fort et font taire les autres.

« Ceux qui refusent de résister au mal permettent aux méchants de faire autant de mal qu’il leur plaît. » (Machiavel)

« Disciples de Staline leur attribuant la fonction ‘d’ingénieurs des âmes’, l’écume à la bouche ils disent le ‘bien’ comme le juge dit le ‘droit … Après la conspiration du silence, l’invective, puis la médisance et la calomnie. Tout est bon pour invalider, stigmatiser, marginaliser une pensée ou une pratique hétérodoxe. » (Michel Maffesoli) – La clique politico-médiatique dominante, hargneuse et féroce.

« Les producteurs emblématiques de ces niagaras d’eau tiède de bons sentiments nous submergeant quotidiennement … prenant des poses. » (Michel Maffesoli – sur les grandes gueules médiatiques)

« Les époques les plus meurtrières son annoncées, un peu à l’avance, par une progression irrésistible des bons sentiments. » (François Marchand)

« Il y a longtemps que certains, qui restent eux-mêmes bien à l’abri des conséquences de leurs décisions et de leurs belles théories, s’achètent une conscience faussement humaniste au prix de la sécurité des autres, et notamment des plus vulnérables. Ce n’est pas l’indépendance de la justice qui est en cause, c’est la manière dont des magistrats instrumentalisent cette indépendance pour s’affranchir de leur devoir d’impartialité et s’opposer à la volonté générale. » (Aurélien Marq – sur notre laxisme, notre lâcheté, face au terrorisme. Il est effectivement plus facile d’injurier des parents d’enfants assassinés en les épinglant sur un mur des cons.)

 « Il est notoirement plus confortable d’adopter la posture du gentil qui compatit à la souffrance des pauvres victimes d’une société injuste que de se faire le chantre d’une riposte sévère contre la racaille. Rappelons donc qu’il s’agit de faux gentils, que cette posture faussement humaniste est surtout suintante de mépris, puisqu’elle présuppose que certains seraient intégralement déterminés par les conditions extérieures au point de ne pas être responsables de leurs actes, c’est-à-dire de ne pas disposer du libre-arbitre, c’est-à-dire de ne pas être des humains à part entière. » (Aurélien Marq – sur l’ensauvagement de la France et la lâcheté des bien-pensants)

« S’élever contre les fautes d’autrui pour mieux goûter sa propre vertu, c’est là le procédé rhétorique de la belle âme … Passés de la révolution permanente à l’indignation permanente. » (Jean-François Mattéi)

 « L’homme bienveillant-gentil-utilitariste-égoïste contemporain … débordants de bienveillance pour les hommes en général, réalistes dans nos manières de calculer, de prévoir et d’agir, et résolument égoïstes dans notre souci constant de ne pas oublier notre utilité, nos droits, ni notre individualité sacrée. » (Yves Michaud) – Le parfait Bobo si on ajoute l’insondable stupidité et la méchanceté foncière bien dissimulée.

« Dans notre bienveillance démocratique sans rivage, dont le droit d’asile et le principe du regroupement familial étaient l’expression aujourd’hui à bout de souffle, nous avons voulu croire …  qu’être citoyen est parfaitement désirable, au point de neutraliser tous les désaccords. » (Yves Michaud)

« Vous vous êtes réfugié dans la charité. S’il vous fallait agir, ce qui s’appelle agir,  vous vous crotteriez comme les autres. » (Henry de Montherlant) – Les bien-pensants de jadis, qui eux, au moins, faisaient la charité.

« Il y a une règle, que nous ne pouvons donner notre charité qu’un peu loin de nous, non tout près. » (Henry de Montherlant)  – Certes, oui. Mais avec cette précision que les charitables officiels, les indignés de profession, les pleureuses médiatiques au chevet des Papous et méprisants de leur concierge se valorisent (à tous les sens du terme) tout en ne donnant rien.     

« Je n’aime pas la naïveté. Je hais le vice et le crime. Mais, en regard de la naïveté, je crois que je préfère encore le vice et le crime. » (Henry de Montherlant – La reine morte) – Celle-là fait souvent plus de dégâts.

« Toute calamité collective est totalitaire, recrutante, racoleuse et embrigadante. Les belles âmes adorent se faire mobiliser, enrégimenter, lever comme des troupeaux, faire don de leurs précieuses, de leur charitables, de leurs vertueuses et humanitaires personnes aux causes les plus poignantes. Ainsi existent-elles. Peut-être même n’existent-elles qu’ainsi, nourries par le cordon ombilical de la misère des autres, par ces souffrances collectives où elles abolissent du même coup leur individualité … Militantisme compassionnel. » (Philippe Muray)

« Cet accent chrétien, idéaliste et humaniste, à quoi on reconnaît sans peine les bien-pensants dont les vertus et les valeurs aveugles et complices à la fois, ont laissé se déchaîner, tout ce qui aura conduit l’humanité de notre siècle à désespérer d’elle-même. » (Jean-Luc Nancy)

« Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Et quand ton regard pénètre longtemps au fond de l’abîme, l’abîme, lui aussi, pénètre en toi. » (Nietzsche – Par-delà le bien et le mal)

« Secourir les Grecs, pleurer sur le Bulgare, s’émouvoir de l’infortune des noirs américains, on n’a pas inventé de meilleur moyen pour oublier l’ouvrier lyonnais et concilier une âme tendre avec le souci de ses intérêts. » (Roger Nimier) –Mettre les exemples à jour.

« La bien-pensance désigne ce qui doit être publiquement et tapageusement  professé quand on fait partie des gens comme il faut, et tout simplement quand on ne veut pas d’ennuis avec le pouvoir. » (Dominique Noguez) – Servilité parfumée.

« Le bien-pensant se reconnaît d’abord à ce qu’il ne pense pas. Ou ne pense plus : il peut avoir pensé jadis, puis s’être reposé sur quelques convictions qui ont fini par faire cal et empêcher ensuite toute poursuite de la réflexion, toute fragilisation, toute remise en cause … Un ‘retirement’ de la pensée … On fait le mal en se persuadant qu’on fait le bien, on est vicieux en se croyant vertueux … Le bien-pensant est péremptoire, il a des convictions tranchées et tout d’une pièce … Il est amateur d’images d’Epinal … Il ne peut croire que des victimes patentées (Noir, Juif, Arabe…) puissent être racistes, qu’un ancien dominé puisse dominer à son tour … Il vit dans un monde d’essences, de héros ou de salauds à vie, de types éternels … Le bien-pensant est un prêcheur … Il dit le Bien … il le hurle … Il dit à un autre ce qu’il faut penser … Le plus souvent, c’est un plumitif, chroniqueur ou éditorialiste. Il insinuera, il rappellera à l’ordre, appellera au boycott, à l’interdiction … Sous la forme du politiquement correct, la bien-pensance refuse l’histoire et le simple fait de nommer les choses. » (Dominique Noguez)

« L’on nomme communément ‘bonne pensée’ un élan sentimental dont tout le monde est capable. » (Cesare Pavese) – Ainsi se valorise–t-on soi-même à peu de frais.

« Nos démocraties sont menacées par une nouvelle idéologie : celle du ‘minoritarisme’ … Ces nouveaux bigots détestent l’homme tel qu’il est, avec ses faiblesses, ses pulsions, ses humeurs, l’homme incarné … Reconnaître les droits des homosexuels, l’égalité homme-femme, combattre le racisme, s’occuper des handicapés … Autant de nobles causes ! Mais chaque fois ces causes sont instrumentalisés par des minorités actives qui en font un instrument de combat idéologique … Dérives flagrantes avec le néoféminisme et ‘Balance ton porc’, campagne partie d’une indispensable dénonciation pour  tourner à la curée contre la figure fantasmée du  mâle dominateur … Cette idée du Bien que poursuivirent les inquisiteurs et les comités de salut public de tout poil, tous ceux qui ne voulaient pas le bonheur de l’homme tel qu’il est avec son petit tas de misère, ses joies simples et ses grandeurs insoupçonnées, mais la rédemption de leur âme ou le contentement de leur orgueil pour avoir su conduire tant de pécheurs dans le droit chemin … Culture permanente de la culpabilisation, de la repentance, de la transparence, dictature de la bien-pensance, totalitarisme qui n’assume même pas sa nature totalitaire … Coupables d’avoir bu un verre, d’avoir blagué sur les femmes, de manger de la viande, d’avoir offensé une minorité quelconque, un citoyen qui se trouvait un type à peu près bien se retrouve cloué au pilori, sommé d’expier ses crimes et de faire repentance … Derrière cette traque aux dérapages et ces entreprises de rééducation, un mécanisme ; la tyrannie des minorités qui instrumentalisent des combats essentiels, pour les transformer en croisade contre une supposée majorité, contre les ‘dominants’. Au nom du Bien, on modifie le vocabulaire, on nie le plaisir, on criminalise le désir, on réécrit l’histoire … Ce ‘minoritarisme’ tend à s’étendre à l’ensemble des rapports sociaux pour imposer … Le droit de ne pas être offensé s’est transformé en injonction  à se taire … Une conception des droits, de la liberté et de l’égalité qui correspond uniquement aux modèles culturels forgés par la société américaine. » (Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint)

« En ces circonstances, les journalistes catholiques se distinguèrent particulièrement. Catholique et de ferme croyance, j’ai toujours remarqué que, de toutes les canailles, les canailles catholiques sont les pires. En 1946, ces bien-pensants humaient leur pichet de sang avec une volupté toute  spéciale. Surtout quand la victime était de leurs coreligionnaires. » (Robert Poulet – sur l’épuration en Belgique) – C’est hélas souvent vrai, du moins ce le fût. Mais attention, il ne s’agit que d’exceptions. Tous les journalistes catholiques (ou autres) ne sont pas des canailles.

« Accueillir toute la misère du monde chez Anne Sinclair. » (Renaud, le chanteur – cité par Paul-François Paoli) – Ou chez tous ces bien-pensants larmoyants bien au chaud.

« Quand on agit au nom du Bien, il n’y a plus de mal. Sur les pires horreurs resplendit l’auréole du Bien qui les inspire … Il suffit de voir combien de gens estiment encore aujourd’hui comme excusables les crimes de l’Epuration et appliquent le même relativisme moral à toutes les situations similaires. » (Ingrid Riocreux) – Le goulag, n’est-ce pas c’était pour la bonne cause. Hiroshima et Nagasaki aussi. 

« Personne ne sait ce que signifie ‘être Charlie’ ; mais il est ignominieux de ne pas être Charlie … Celui qui n’est pas Charlie tombe sous le coup d’une condamnation a priori. » (Ingrid Riocreux) 

« Les humanistes de salon sont en train de semer les germes d’une possible guerre civile en France et ailleurs. » (Ivan Rioufol) – Mais leur bonne conscience vaut bien cet incident.

« Ils ne fréquentent qu’entre eux, sauf à justifier des relations superficielles par des motifs adventices … Ils sont hautains sans insolence et familiers sans déchoir. Ils commandent avec douceur : l’habitude d’écraser fait qu’on écrase doucement. Ils mesurent les distances qu’il sied d’observer jusque dans leur propre classe. Ils savent mettre un subordonné à son aise, et rappeler ce qu’ils sont à qui leur manqua … Ils se distinguent, ils ne se singularisent pas. En toute conjoncture, ils savent ce qu’on doit faire. » (Jean Rostand – Les familiotes, les gens bien)

« Les hommes à l’âme sensible, attendris et les larmes aux yeux, … L’alliance des larmes et des poings levés … Celui qui devant une sanction frappant un méfait constaté, s’agite et pétitionne  … ne risque rien pour lui-même. Il contribue seulement à la dégradation à terme de la société … Il cherche son intérêt à court terme, au détriment, à long terme, de la santé sociale … ‘L’âme sensible’ se met au-dessus de l’utilitariste bienfaisant, alors qu’elle est très au-dessous. L’invention de la ‘responsabilité universelle’ (nous sommes tous coupables … de la faim dans le monde, de la guerre du…) … Cette invention ne prend que parce que la ‘responsabilité’ est immédiatement transposée et projetée en culpabilité des autres, des boucs émissaires à la mode ; trusts, impérialisme… … Comme le ‘nous sommes tous pécheurs’ des sermonneurs religieux … ils sert de préliminaire, de fertilisateur du terrain, pour que l’idéologie puisse ensuite semer la bonne parole. » (Raymond Ruyer)

« Ils prennent l’étiolement de leur âme pour de la civilisation et de la générosité. » (Stendhal)

« On s’épuise à n’aimer que par pitié; le jour vient où l’on a besoin de recevoir, et, ce jour-là, on réagit férocement contre l’être aimé.  On devient démon à vouloir jouer à Dieu. » (Gustave Thibon)

« Le maître ne dit plus : vous penserez comme moi, ou vous mourrez ; il dit : vous êtes libre de ne pas penser ainsi que moi … mais de ce jour, vous êtes un étranger parmi nous … Vous resterez parmi les hommes, mais vous perdrez vos droits à l’humanité. Quand vous approcherez de vos semblables, ils vous fuiront comme un être impur ; et ceux qui croient à votre innocence, ceux-là même vous abandonneront, car on les fuirait à leur tour. Allez en paix ! Je vous laisse la vie, mais je vous la laisse pire que la mort. » (Alexis de Tocqueville) – Prémonitoire, voilà le sort réservé aux allergiques à la doxa (ex. Renaud Camus et bien d’autres) – La féroce dictature des laquais de la Bien-pensance.

« La France invente son propre malheur. Au nom de son rêve humaniste, de son rêve d’amour universel hérité de Rome et du christianisme qui la pousse à introduire la politique dans l’ordre du sentiment, elle forge elle-même, par sa propre ingénuité, sa folle impétuosité et sa folle arrogance, les jalons de ce qui sera sa prochaine guerre civile. » (Eic Zemmour – Destin français)


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