180,2 – Arts, Œuvres, Spectacles ; Artistes

– La première fonction de l’artiste contemporain est de casser les codes. Nul ne sait de quoi au juste il s’agit, mais nul ne saurait imaginer l’audace nécessaire et les risques encourus pour s’aventurer dans une telle tâche de salubre destruction, digne d’Hercule lui-même.

– D’ailleurs il n’y a plus d’artistes, plus de peintres, plus de sculpteurs, il ne subsiste que des plasticiens, géniaux arrangeurs de bouts de ficelles multicolores et de rouleaux de scotch, avec des casseroles, des cuvettes et du papier de w-c, des colonnes tronquées, des cheveux collés, le tout parsemé de tâches énigmatiques, etc ; concourant aux prix de laideur et d’obscénité, généreusement  distribués par les autorités.

– Jadis c’était le goût du public , bon ou médiocre, qui encourageait et finançait les artistes. Cette démocratie était insupportable aux politiciens de métier. Maintenant ce sont ceux-ci qui subventionnent leurs copains (à charge de services rendus bien sûr) avec l’argent des autres. Cela fait les affaires de ce groupuscule. Quant à l’art d’aujourd’hui, il suffit de voir ce qu’il en reste : laideur, pornographie, saleté et prétention, reflet d’une société qui va au ruisseau. « Ceux qui pensaient que l’art avait quelque chose à voir avec le beau, le sensible, sont priés d’aller voir ailleurs, loin de la mission que Schopenhauer lui assignait, produire une ‘suspension de la douleur de vivre’. » (Elisabeth Lévy)

– L’artiste d’aujourd’hui doit d’abord se soucier de son image, s’afficher bien-pensant, informer tout un chacun de sa grandeur d’âme et de sa tolérance, de ses opinions et sentiments, signer toutes les pétitions qu’on lui présente, courtiser les gens des média… L’art peut passer après, si bien qu’il ne lui reste plus guère d’énergie ou de personnalité pour satisfaire à ce que le terme implique. D’ailleurs, la meilleure voie d’accès à cette noble qualification n’est plus le don joint au travail mais l’exploitation de talents de courtisan. La servilité à la pensée dominante garantit la gloire et les commandes publiques juteuses.

– On est passé des Montand, Reggiani, Depardieu, Ferrat, Catherine Deneuve aux Nabilla et aux rappeurs au casier judiciaire long comme leur bras tatoué.

– Essayez à une exposition d’horreurs contemporaines de manifester votre désapprobation et même votre dégoût s’il est sincère, vous serez surpris de voir combien nombreux sont ceux qui vous approuveront mais restaient bourgeoisement paralysés et muets de terreur. Les soumis d’aujourd’hui.

– Ne nous plaignons pas de la disparition de l’art. Il est au contraire partout : arts de la table (avec fête du goût), arts de la mode, arts du cirque, arts de la rue (avec festival à Aurillac), arts forains… comme les musées multipliés et les fêtes continuelles. Mais trop souvent, quel art !

– Quand on entend le mot création, il s’agit du hideux art contemporain (sauf exceptions bien sûr).

– « L’art subversionné. » (Alain Deneault ?) – Heureux mélange de transgression-subversion- subvention- corruption.

– Les œuvres classiques doivent être dépoussiérées, mises à l’air du temps, débraillé, vulgarité du langage et surtout porteuses de messages bien-pensants, auxquels les Molière, Racine, Corneille… avaient sûrement songé.

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« L’étrangeté au monde est un aspect de l’art ; celui qui perçoit l’art autrement que comme étranger au monde ne le perçoit pas du tout. » (Theodor Adorno – Théorie esthétique)

« Quand j’écoute trop Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne. » (Woody Allen)

« Le meilleur des artistes ne pourrait avoir une idée qui ne soit déjà contenue dans le bloc de marbre. » (Michel Ange) – L’artiste n’invente rien, il découvre. 

« L’art a perdu ses derniers liens avec la beauté et avec la vérité. » (Louis Aragon) – Qui n’était pas pourtant un réactionnaire (forcément borné) ni un incompétent en ce domaine.

« Subjectivisme dans lequel l’artiste se croirait appelé à ‘s’exprimer’, à exprimer ses sentiments subjectifs, voilà qui est typique du charlatan. » (Hannah Arendt)

« A force d’avoir le droit de tout faire, l’art ne porte plus la résistance aux valeurs dominantes mais une fausse subversion, façon Canal +, d’où une espèce de fadeur généralisée où plus rien n’a de goût. » (Michka Assayas) – Les tenants du fric ne sauraient porter atteinte à la seule valeur subsistante, le même fric.

« Ceux pour qui une œuvre n’est artistique que dans la mesure où elle est nocive. » (Marcel Aymé – Le confort intellectuel)

« Il n’y a plus d’artistes maudits désormais, il n’y a que des artistes ratés … L’artiste contemporain va à la soupe sans vergogne. Il considère d’emblée que la reconnaissance de son travail passe d’abord par le niveau de rémunération qu’il va en tirer. Il lui importe pour ce faire non pas d’être incompris mais d’être compris le plus tôt possible … il s’agit de marketing culturel. » (Olivier Bardolle) – D’où l’importance d’un ministère de la culture pour concentrer les subventions sur qui il faut.

« Si l’artiste abêtit le public, celui-ci le lui rend bien. Ils sont deux termes corrélatifs qui agissent l’un sur l’autre avec une égale puissance. » (Baudelaire)

« La majeure partie de l’art contemporain s’emploie à s’approprier la banalité, le déchet, la médiocrité comme valeur et comme idéologie … Même le plus marginal et le plus banal, même le plus obscène s’esthétise, se culturalisme, se muséalise. » (Jean Baudrillard)

« L’art ne meurt pas parce qu’il n’y en a plus, il meurt parce qu’il y en a trop … Dans l’art actuel, je pense qu’il y a une complicité honteuse, une complicité en forme de ‘délit d’initié. » (Jean Baudrillard) – Entre initiés ordonnateurs des dépenses et fabricants d’horreurs.

« Là où cesse de s’ordonner une forme vivante, là où cesse de fonctionner une règle du jeu génétique (dans le cancer), les cellules se mettent à proliférer dans le désordre … dans le désordre actuel de l’art, on pourrait lire une rupture du code secret de l’esthétique, comme… » (Jean Baudrillard)

« Nous en sommes là en art aussi : au stade d’une circulation ultra-rapide et d’un échange impossible. Les ‘œuvres’ ne s’échangent plus, ni entre elles ni en valeur référentielle. Elles n’ont plus cette complicité secrète qui fait la force d’une culture. Nous ne les lisons plus, nous les décodons selon des critères de plus en plus contradictoires. Rien ne s’y contredit. La Néo-Géométrie, le Nouvel Expressionisme, la Nouvelle Abstraction, la Nouvelle Figuration, tout cela coexiste merveilleuse ment dans une indifférence totale. C’est parce que toutes ces tendances n’ont plus de génie propre qu’elles peuvent coexister dans un même espace culturel. C’est parce qu’elles suscitent en nous une indifférence profonde que nous pouvons les accepter simultanément. » (Jean Baudrillard)

 « N’étant plus ni dans le beau, ni dans le laid, mais dans l’impossibilité d’en juger, nous sommes condamnés à l’indifférence … Nous sommes tous des agnostiques … nous n’avons plus de conviction esthétique … mais nous les professons toutes. » (Jean Baudrillard) – Laquelle indifférence convient fort bien à notre soumission.

« Revendiquer la nullité, l’insignifiance, le non-sens, viser la nullité alors qu’on est déjà nul. Viser le non-sens alors qu’on est déjà insignifiant … Ce parti pris de jouer le culte du déchet ou la mutilation du corps … Réussir, d’une part, à effacer toute originalité artistique et, d’autre part, à tétaniser le spectateur qui, de peur de passer pour un idiot, doit accepter avec tolérance ou, plutôt, servitude mentale … Cette servilité générale, … Il y  a une tactique de la déception ou de la dissuasion qui, dans l’art, est devenue un mode de gouvernement des esprits. » (Jean Baudrillard – sur la duplicité de l’art contemporain)

« Par le bluff à la nullité, forcer les gens à donner de l’importance et du crédit à tout cela, sous le prétexte qu’il n’est pas possible que ce soit aussi nul et que ça doit cacher quelque chose. L’art contemporain joue de cette incertitude, de l’impossibilité d’un jugement de valeur fondé, et spécule sur la culpabilité de ceux qui n’y comprennent rien ou qui n’ont pas compris qu’il n’y  avait rien à comprendre. » (Jean Baudrillard) – Les masses de Gogos.

« Le spectateur, qui, faute, la plupart du temps, d’y comprendre quoi que ce soit, consomme le fait qu’il n’y comprend rien et qu’il n’y a aucune nécessité à tout cela … Complicité entre la mortification que les ‘créateurs’ infligent aux objets, et celle  que les consommateurs s’infligent à eux-mêmes et à leurs facultés mentales … la logique de l’inutilité ne pouvait que mener l’art contemporain à une prédilection pour le déchet. » (Jean Baudrillard – sur l’art contemporain)

« J’ai toujours pensé que l’art, la littérature, la philosophie, etc., ne devraient pas constituer la principale source de revenus de ceux qui les pratiquent. Il serait souhaitable que celle-ci dépendit plutôt d’un travail socialement utile, accompli éventuellement à temps partiel. L’effet serait de ’normaliser’ un peu ces personnages, de contenir leur narcissisme, et surtout cela diminuerait considérablement la production obligée et la  diffusion d’œuvres inutiles … Spinoza continuât à polir des lentilles.» (Piergiorgio Bellocchio)

« La présente société française demande aux œuvres d’art qu’elles lui fassent éprouver des émotions et des sensations ; elle entend ne plus connaître par elles aucune espèce de plaisir intellectuel.  Dirigée, depuis qu’elle existe, par des femmes et des jeunes gens, la société française a toujours préféré, dans l’art, ce qui faisait battre son cœur ou caressait ses sens à ce qui pouvait toucher son esprit… Ce que la plupart des hommes cherchent dans le spectacle des œuvres d’art, c’est une occasion de communier avec des mouvements humains, d’éprouver ‘l’émotion de sympathie’; aimer avec Des Grieux…» (Julien Benda – Belphégor)

« On entrevoit le jour où la bonne société française répudiera encore le peu qu’elle supporte aujourd’hui d’idées et d’organisation dans l’art et ne se passionnera plus que pour des gestes de stars, des impressions de femmes ou d’enfants, des rugissements de lyriques, pour des extases de fanatiques. » (Julien Benda – Belphégor) – Ce jour de gloire est arrivé.

 « On ne saurait trop dénoncer cette volonté de nos contemporains de considérer les œuvres par rapport à la personne de leurs auteurs, jamais en  elles-mêmes. C’est une des meilleures preuves de leur application à éviter tout état intellectuel. » (Julien Benda)

« Le pouvoir émouvant d’un ouvrage n’a rien à voir avec sa valeur d’art …C’est émouvant, dit-on, donc c’est beau … Une œuvre est belle, selon eux, dans la mesure où elle est émouvante. » (Julien Benda)

« A quoi tient cette frénésie à faire des ouvrages de l’esprit une occasion d’émoi ? » (Julien Benda)

« C’est dans les diverses formes du futurisme, c’est dans le cubisme qu’on constate la rupture avec les traditions de la Renaissance, la séparation totale avec l’Antiquité. Tous ces courants soumettent également la forme humaine à un profond ébranlement, ils la désarticulent, en détruisent la totalité et rompent avec la nature. L’homme est décomposé en fragments … tout empiète sur tout, toutes les réalités du monde se trouvent déplacées et l’homme se trouve envahi par des objets : lampes, divans…qui brisent l’unité de son être, de son image ; il s’effondre et tombe dans l’univers des choses qui l’entourent … La même chose se produit dans la musique moderne dans laquelle font irruption des éléments chaotiques. » (Nicolas Berdiaeff)

« L’objet de l’art est d’endormir les puissances actives ou plutôt résistantes de notre personnalité, et de nous amener ainsi à un état de docilité parfaite où nous réalisons l’idée qu’on nous suggère, où nous sympathisons avec le sentiment exprimé. » (Henri Bergson)

« L’artiste a conscience de ne pas s’être exprimé comme il aurait pu, comme il aurait dû. » (Emmanuel Berl)

« Il ne suffit pas qu’un ouvrage contienne d’importantes vérités, encore faut-il qu’elles plaisent. Et elles ne plaisent pas si elles ne sont pas dans le sens du vent qui souffle. » (Emmanuel Berl)

« Dés lors qu’il intègre les œuvres les plus lointaines dans le temps, dans l’espace, et même dans l’esprit, l’art dépasse la zone dangereuse de la ‘compréhension’ et de ‘l’incompréhension’. » (Emmanuel Berl)

« Nous avons réduit l’art aux valeurs de choc. Or, rien ne choque plus personne. » (Emmanuel Berl)

« En Occident, rien ne vaut que par la vedette. Rien n’existe que pour la vedette. On ne va pas voir une pièce, on va voir un auteur ou un acteur. » (Emmanuel Berl)

« Il n’en existe pas moins une relation entre ce qu’un artiste fait, et ce qu’il a senti. Je ne pense pas qu’on puisse devenir Racine sans  avoir connu et aimé les femmes. » (Emmanuel Berl)

« Les Médicis sont morts. Ce ne sont pas nos députés qui les remplaceront. » (Hector Berlioz)

« Il n’est point de monstre odieux

« Qui par l’art imité ne puisse plaire aux yeux. » (Boileau)     

« Souvent un beau désordre est un effet de l’art.» (Boileau)

« Comme la politique, l’art est guidé par quelques meneurs suivis d’une foule de fêlés. » (Gustave Le Bon)

« Trois ingrédients suffisent désormais à la fabrication d’un auteur : – Un réseau relationnel et promotionnel performant – Une inculture suffisante pour que ledit auteur se sente libéré de scrupules intellectuels par trop contraignants – Et une rage d’expression de soi largement encouragée par le narcissisme ambiant. » (Françoise Bonardel)

 « Je crois qu’il faut que les œuvres se méritent … Un peu d’obstacles sur la voie, ou bien un peu moins de pseudo-facilité, ne feraient que favoriser la véritable expérience … Un tableau devant lequel on va rester un moment en paix … Le musée est peut-être ce que notre société est en train d’inventer pour détruire les possibilités d’une expérience sérieuse par les moyens de la peinture … Je me demande seulement si notre société ne poursuit pas dans la culture une sorte d’alibi à ses insuffisances spirituelles. Et si, par crainte de verser dans l’élitisme, on ne transforme pas l’œuvre d’art, qui était une véritable expérience, en un objet de simple décoration.» (Yves Bonnefoy) – Sans effort, pas de fruit. Sans calme et temps pas d’émotion esthétique.

« Cette attirance pour la figure du rebelle qui hante plus spécialement artistes, intellectuels, journalistes, écrivains, politiques… » (Pascal Bruckner) – Compensation classique à leur servilité et posture marketing à l’usage des innombrables gogos.

« L’époque moderne tente de faire coexister la subversion et la subvention. » (Annie Le Brun)

« L’apparition d’artistes, se distinguant uniquement par une soumission inédite à la politique culturelle et aux stratégies institutionnelles, a modifié le paysage artistique, ne serait-ce qu’en l’occupant. » (Annie Le Brun)

« Il n’y a pas de progrès dans les arts et c’est ce qui permet aux chefs-d’œuvre de rester admirables. » (Roger Caillois)

« Le musée, de consolation qu’il était à l’impossibilité de voyager, est devenu, tout à l’opposé, but de voyage, ou tout au moins une part primordiale, essentielle, de ce que c’est que de voyager. Ce sont les voyageurs, les étrangers, les gens d’autres villes, provinces, nations qui forment à présent la plus grande part du public des grands musées … Volonté de rassembler toujours plus d’art, et toujours meilleur. Le dessein n’était plus d’exposer, à titre instructif, des exemples des différentes écoles, des artistes, des manières successives, mais de réunir  de plus possible (d’accumuler) …Par un retournement inévitable … le musée au lieu d’être un instrument de la connaissance et du développement des beaux-arts, en devenait en quelque sorte la fin suprême, le lieu de leur triomphe, presque leur raison d’être. » (Renaud Camus)

 « Il ne s’agit plus de regarder, il ne s’agit que d’avoir vu … La jouissance d’art est probablement aristocratique par essence, ou, pour employer un terme un peu moins provocant, solitaire … » (Renaud Camus)

« Le dérangement n’est pas un critère. J’attends de l’art qu’il m’ouvre des possibilités de vision du monde nouvelles, mais quand je suis dérangé parce que cela me dégoûte ou va contre ma conception de l’être humain, je ne vois pas la vertu de ce dérangement. » (Belinda Cannone)

« Notre époque sans orgueil ne produit que des vanités et notre aujourd’hui sans pudeur ne voit naître que des œuvres qui seront décédées demain. » (Jean Cau)

« Dans l’art contemporain … nul désir, puisqu’ils sont morts,  de nous donner la nostalgie des dieux … L’art moderne n’est qu’un ricanement, qu’une affreuse grimace entre les colonnes écroulées  de l’Olympe … Nous préférons ‘ne pas voir’ et dire que ‘c’est amusant’ ou que ‘c’est intéressant’. De quelle qualité sont cet amusement ou cet intérêt ? » (Jean Cau)

« De l’ignorance ou du non-amour comme vandalisme. Ce ne sont pas les jets d’acide ou les coups de marteau d’un fou qui constituent les pires injures adressées aux chefs-d’œuvre, c’est qu’un jour, peut-être, ils ne diront rien à la foules des hommes. Ils ne seront plus aimés … L’oubli, l’indifférence, vrais vandalismes. Le regard froid du barbare est un suffisant arrêt de mort. » (Jean Cau)

« Des artistes en plus, de nos jours, on en a mis partout par précaution tellement qu’on s’ennuie. » (Louis-Ferdinand Céline) – Et encore était-ce avant les cent mille intermittents du spectacle.

« On entend des avis blessants pour ‘le peuple’ dans des pays démocratiques ; ils disent que l’art doit s’adresser au peuple et qu’il est fait pour tous. Je prêcherai le contraire : que votre art soit au plus haut. ‘Joue toujours comme si un maître t’écoutait’ ; voilà une bonne doctrine, respectueuse pour ‘le peuple’ d’où est venu plus d’un maître. » (Jacques Chardonne) – Reflet du mépris du peuple chez nos dominants.

 «  Autrefois, l’artiste pourfendait la morale commune et cherchait à transgresser les dogmes ambiants, les remettait en question, les interrogeait dans leurs apparentes évidences, à ses risques et périls. Aujourd’hui au contraire, il assène des leçons de morale et son catéchisme à grands coups de pochoir ripolinisé, n’hésitant devant aucune lourdeur, aucune facilité pour faire passer son pesant message : tous les moyens seront bons pour dire au peuple ignorant ce qu’il doit penser sur les grandes questions du monde.  Ainsi, les Parisiens peuvent-ils découvrir depuis quelques jours plusieurs œuvres, une demi-douzaine vraisemblablement, du street-artist Banksy, disséminées dans une sorte de grand jeu de piste urbain à travers toute la ville qui entend principalement s’indigner du sort réservé par la France aux migrants. Ce n’est pas la moindre des impasses affligeantes et paradoxales de la postmodernité que d’avoir transformé l’artiste, en l’occurrence le street-artist, en homme-sandwich d’un système qu’il croit dénoncer et dont il est en réalité à la fois le pur produit marketing et l’ardent promoteur, œuvre après œuvre, petite subversion si possible subventionnée et surcotée , au jeu des indignations faciles qui ne coûtent pas très cher, ne remettent aucun canon esthétique en cause et peuvent rapporter très gros. » (Anne-Sophie Chazaud – sur un ‘grafteur’ donneur de leçons)

« Si tout le monde vous croit quand vous dites qu’un primitif des plus reculés a dessiné un singe, tout le monde vous rit au nez quand vous dites qu’un singe des plus malins a dessiné un homme. L’art est la signature de l’homme. » (Chesterton)

« Plus l’œuvre se fera mince, plus savante son exégèse. » (Jean Clair) – « Plus un critique extrait d’une œuvre des choses insoupçonnées, plus il passe pour éminent. On comprend dans ces conditions le tropisme vers des œuvres peu explicites par elles-mêmes. » (Pierre Lamalattie)

« L’émotion ne naît pas. Il n’y a pas d’amour, de tendresse, d’espoir. On reste éberlué, mais pas une seconde on n’ est touché. » (Jean Clair – sur la peinture de Picasso) – Valable pour une large part du prétendu art  contemporain quand il n’est carrément pas rebutant.

« Manie des artistes de se dire ‘artistes vivants’, d’appeler les spectacles ‘spectacles vivants’. Clameur d’outre-tombe pour attirer le badaud. En fait cela signifie qu’ils sont déjà morts. Des morts vivants. » (Jean Clair) 

« L’extermination de l’humain en l’homme avait été précédé par le désastre de sa représentation. » (Jean Clair) – L’immonde art contemporain dès les années vingt, trente.

« C’est lorsqu’un peuple est fatigué de travailler, fatigué de produire, fatigué d’espérer, lorsque ses descendants enrichis jouissent du fruit des efforts de ceux qui les ont précédés, qu’on se tourne vers le culte des arts. La musique, qui en est la forme la plus subtile, est aussi le terme ultime de cette marche au déclin. » (Jean Clair) – Et quand on entend ce que nous appelons musique aujourd’hui, on peut prendre conscience de la profondeur de notre déclin.

« L’œuvre écrite à l’intention d’un public précis sera toujours une œuvre manquée. » (Paul Claudel)

« ‘Un esprit religieux avec ses codes, sa morale et ses figures pour initiés. Il se veut un concept, un protocole intellectuel. Il a aussi un aspect ‘jet-set’, non seulement par ses prix, mais surtout par son rejet de toute dimension d’esthétique ou d’authenticité  … Le ‘vagin de la reine’ (Anish Kapoor, Versailles, 2015) ; le ‘Plug anal’ (Paul McCarthy, place Vendôme, 2014) ; ou ‘Domestikator’ (Joseph Van Lieshout, Beaubourg, 2017)… » (Gabrielle Cluzel – citant Aude de Kerros) – Sur l’art contemporain, transgression de richissimes (vivant de fonds publics) pour gogos

« De grands seaux de vannes lourdingues … Pour ne pas être mis à l’index, pour être ‘comme il faut’, il faut donc sacrifier à la divinité vulgarité ? » (Gabrielle Cluzel – à propos d’un film présentant un bon fond par ailleurs) – Oui, l’étalage d’une bonne dose de vulgarité est indispensable au succès populaire, sinon les médias vont massacrer l’ouvrage et l’auteur.

 « Si une œuvre peut continuer à avoir de l’intérêt et de la valeur pour les générations futures, alors son sens ne peut pas être arrêté par l’intention de l’auteur ni par le contexte originel (historique, social, culturel) Le sens désigne ce qui reste stable dans la réception d’un texte ; il répond à la question : ‘Que veut dire ce texte ?’ La signification désigne ce qui change dans la réception d’un texte ; elle répond à la question : ‘Quelle valeur a ce texte ?’. Le sens est singulier ; la signification, qui met le sens en relation avec une situation, est variable, plurielle, ouverte, et peut être infinie. Lorsque nous lisons un texte, contemporain ou ancien, nous relions son sens à notre expérience, nous lui donnons une valeur hors de son contexte d’origine. Le sens est l’objet de ‘l’interprétation’ du texte ; la signification provient de ‘l’application du texte au contexte de sa réception, et donc de son évaluation. Le texte a donc un sens originel, mais aussi des sens ultérieurs et anachroniques. Il a une signification originelle, mais aussi des significations ultérieures qui peuvent s’en écarter … Une satire qui ne nous dirait plus rien, pour laquelle il n’y aurait plus aucun rapport entre son contexte d’origine et le nôtre, n’aurait pas de signification pour nous, mais n’en conserverait pas moins son sens et sa signification originels. Les grandes œuvres sont inépuisables ; chaque génération les comprend à sa manière … les lecteurs y trouvent de quoi éclairer un aspect de leur expérience. Mais si une œuvre est inépuisable, cela ne veut pas dire qu’elle n’ait pas  de sens originel, ni que l’intention de l’auteur ne soit pas le critère de ce sens originel … Toute interprétation est une assertion sur une intention, et si l’intention d’auteur est niée, une autre intention prend sa place … Extraire une œuvre de son contexte littéraire et historique, c’est lui donner une autre intention (un autre auteur : le lecteur), c’est en faire une autre œuvre. » (Antoine Compagnon – Le démon de la théorie) – Distinction entre sens et signification, interprétation et évaluation, réception première et réceptions ultérieures à différents moments de l’histoire et jusqu’à présent, horizon d’attente (du lecteur), imitation et écart esthétique (du même lecteur), innovation – L’auteur, de ce texte, raisonne à propos de la littérature, mais on peut étendre ses remarques.  

« L’œuvre qui a franchi l’épreuve du temps est digne de durer, et son avenir est assuré. Nous pouvons faire confiance au temps pour déprécier l’œuvre qui complaisait au public facile (l’œuvre que Jauss disait de consommation ou de divertissement) … ‘Madame Bovary‘a peu à peu détrôné ‘Fanny’ de Feydeau … ‘La postérité, redresseuse de torts’ (Baudelaire) … le recul du temps débarrasse l’œuvre du cadre contemporain et des effets primaires qui empêchaient de la lire (ou de la voir) telle qu’en elle-même … Une autre sorte de recul propice à la sélection des valeurs peut être fourni par la distance géographique ou l’extériorité nationale, et une œuvre est souvent appréciée avec plus de sagacité, et moins d’œillères, hors des frontières nationales, loin de son lieu d’apparition L’argument de la postériorité ou de l’extériorité est rassurant : le temps, ou la distance, font le tri : faisons leur confiance. Mais rien ne garantit que la valorisation d’une œuvre soit définitive, que son appréciation ne soit pas elle-même un effet de mode. » (Antoine Compagnon)

« Une petite tribu se répartissant les fonds du soutien public au cinéma pour produire des films parlant surtout d’elle et laissant le peuple indifférent a aussi prévu un système d’autocongratulation grâce à l’institution des Césars … où 3.000 ‘professionnels de la profession’ (sic) récompensent, à la place du public, les films qui les ont employés … Plus de la moitié des films français sortis en l’an 2000 (208) n’a totalisé que 1,9% d’entrées … 90% des avances sur recettes ne sont jamais remboursées … ‘Les producteurs s’engraissent que leurs films marchent ou ne marchent pas’ (Gérard Depardieu). » (Eric Conan) – Ajouté aux 100.000 intermittents subventionnés par les salariés du privé, qui a décidé un tel gâchis ?

« Les œuvres d’art sont, de toutes les déterminations culturelles, les seules qui échappent complètement au temps et demeurent au contraire indéfiniment actuelles. » (Alain Cugno)

« Dans la mesure où le sacré et la religion représentent précisément l’espace de l’horizon culturel dédié à cet affrontement ultime dont nous savons qu’il est affrontement au mal, il est tout à fait cohérent que l’art soit toujours d’abord art sacré et religieux … Mais, l’œuvre ne lie pas son sort au sacré et au religieux qui lui ont donné d’être … L’art est à la jonction entre la foi et l’horizon culturel, il n’est ni l’un, ni l’autre, mais le rapport de l’un à l’autre. » (Alain Cugno)

« L’art contemporain … est un désastre d’une platitude lunaire. Expression totalisante du moi, alors que tout ‘artiste’ doit avant tout … être parfaitement impersonnel. » (Maurice G. Dantec)

« Ultime déliquescence néobourgeoise de l’art néomoderne : la glorification de ses propres déjections.Le Musée de New York expose les œuvres d’un ‘artiste’, dont une Sainte Vierge réalisée en caca. Attention. Pas n’importe quel caca. ‘Son’ caca. » (Maurice G. Dantec – fin 1999) – Et d’aucuns pensent, croient même, que  cette civilisation va perdurer ! 

« Partout le factice a tendance à remplacer le vrai … C’est la vente qui authentifie toute valeur. Après, ce sont les collectionneurs ou les musées, notamment américains, qui, gorgés de faux, auront intérêt à en maintenir la bonne réputation. » (Guy Debord – La société du Spectacle)

« La société du spectacle, qui discrédite le spectaculaire, délégitime les secrets et abandonne à la fois la distance et la retenue. » (Régis Debray)

« Le conformisme du nouveau, le contemporain pour le contemporain, qui n’admet de critique qu’approbative … Vous critiquez tels représentants connus de l’art contemporain, donc vous rejetez tout l’art contemporain, donc vous êtes comme ceux qui autrefois, etc. (ceux qui autrefois refusèrent Manet, les impressionnistes…) A chaque étape du raisonnement, l’aiguille du tourne-disque saute plusieurs sillons. Peu importe, du moment que ça dissuade …  L’effet de crécelle. »  (Jean-Philippe Domecq)

« Ce n’est pas une époque où l’on argumente. Quand vous n’allez pas dans le sens du consensus culturel, on fait silence, ou on vous fait un procès d’intention : on ne discute pas le texte, on discute la personne et toutes les intentions qu’on lui prête à loisir. » (Jean-Philippe Domecq)

« Le mot ‘démarche’ ayant remplacé ‘œuvre’ … Si l’intention seule compte, il suffit de très peu pour signaler sa proposition artistique, et même le moins possible, car plus le signe ou le procédé est simple et plus l’artiste le répète, et mieux ça rentrera …  technique de base dans la publicité … au service de l’autopublicité, de l’aura de l’artiste … Rayures verticales, Buren ; bandes horizontales, Parmentier ;  carrelage et pot, Raynaud…  La signature de l’artiste s’est peu à peu autonomisée par rapport à la valeur de l’œuvre… Critère d’évaluation premier, on achète d’abord la signature … Publics et critiques ne sont (pourtant) nullement contraints d’encenser ce qu’une caste internationale friquée achète en s’en moquant» (Jean-Philippe Domecq) 

« Qu’est-ce qui se cache, est misé, dans le curieux pari qui consiste à laisser quelque chose comme une œuvre après la mort ? … Forme de l’énigme humaine que cette impossibilité de partir sans laisser quelque chose. Rien ne la justifie, pas même l’anxiété propre à l’homme, la conscience   de la mort, et pourtant ça persiste, contre toute évidence, contre toute raison, toute dérision … Derrière l’espoir en un avenir consolateur, outre un relent de naïf paradis dont les mêmes ne voulaient plus entendre parler s’il venait de la religion, on sent que l’artiste croit benoîtement échapper à la commune condition … il croit vraiment que l’Histoire finit toujours par être juste … Mais la plupart ont trouvé une compensation qui pour l’heure les occupe à ravir … éminemment narcissique et dépourvue de perspective : la révolution médiatique leur l’a prodiguée. Avoir dans le présent ce qu’on sait bien que l’avenir ne donne pas : des millions d’yeux et d’oreilles tendus vers le ‘moi’ de l’auteur … Reportant sur la carrière, sur leur image, une grande partie de l’énergie qu’ils vouaient autrefois à l’œuvre. » (Jean-Philippe Domecq) – Souci d’œuvre à laisser surtout vrai pour les livres. 

 « Laissons les monuments chez eux. Un monument a un intérêt immense à la place, bonne ou mauvaise, qu’on lui a donnée. Un intérêt qu’il perd quand on le déplace. Les peuples qui font des musées sont des peuples de pirates et de pillards … Les œuvres arrachées de leur matrice, sevrées de leur terroir natal et de leur climat, soumises à une promiscuité qui leur enlève leur caractère exceptionnel. » (Viollet-le Duc – cité par Louis Réau) – Le déménagement en Angleterre des frises du Parthénon, l’obélisque de la place de la Concorde, le musée dit des Cloisters à New-York… Autant pour certaines sculptures, peintures…

« Est de l’art ce que l’artiste déclare tel. » (Marcel Duchamp, celui de l’urinoir)

« L’extension de la tolérance pour l’insignifiance, prônée par l’art contemporain, conduit à la nécessité impérative de devoir tout tolérer, y compris l’intolérable … Cette tolérance n’est pas si anodine, notamment au plan politique. » (Dany-Robert Dufour)

« La tradition médiévale voulait que l’artiste s’efface devant son œuvre, le nom même de l’architecte du château de Chambord nous est inconnu. » (Jean-Marie Dumont) – Imagine –t-on pareille discrétion de la part de nos artistes contemporains bouffis d’orgueil et pleins de fric.

« Cet art n’est pas censuré par le pouvoir et interdit aux foules, il est encensé par le pouvoir et ennuie les foules. » (Benoît Duteurtre) – Les prétendus artistes, prétendument rebelles, grands bénéficiaires des financements publics, et ce dans la mesure où ils ne suscitent aucun intérêt.

« Dans les grandes époques … émerveillement continuel devant le monde, modestie profonde devant la nature. Le suprême bonheur des artistes, à ces époques bénies, c’est de ‘faire ressemblant’, ce qui les mène parfois au sublime. Dans les époques basses ils sont habités par le diable. Alors ils commettent le péché d’orgueil. Ils imaginent qu’ils sont supérieurs à la nature … qu’ils sont capables de créer, à côté du monde réel, un petit monde imaginaire à leur ressemblance … Ils ne parviennent qu’à élaborer des monstres. » (Jean Dutourd)

« Un artiste ne peut à la fois soigner son œuvre et sa biographie … Il a l’air de poser constamment, d’offrir toujours son bon profil à l’objectif. » (Jean Dutourd – sur André Gide)  – Jugement applicable à tant de nos prétendus artistes et politiciens.

« On ne fait pas d’œuvres d’art avec des bons sentiments, dit-on. – Lieu commun invoqué par les auteurs pour justifier l’introduction de cochonneries dans leurs films et romans … Le but, c’est le commerce et la galette. Plus il y a de pornographie (baptisée emphatiquement érotisme), plus ça se vend … et sitôt qu’il y a une critique on pousse des hurlements de Buffalo Bill scalpé … Cela me rappelle l’admirable dessin de Bruller qui montre avec amertume qu’aucun poète, véritable, ne peut, pour capter l’attention, entrer en concurrence avec une paire de fesses … Le corps social …Ce vieux corps ahanant, gagné de paralysie, de moins en moins sensible aux incitations, aux exaltations, pour sentir encore quelque chose, pour avoir encore l’impression de vivre doit être stimulé par des drogues toujours plus fortes. Finies les réserves et les pudeurs des classiques … Nos nerfs usés, nos sens fatigués, nos esprits blasés ont besoin de plus dures atteintes … Alors, oui, l’œuvre d’art ne se fait pas avec de bons sentiments ! … Moi, il me semble que, s’il faut attaquer les bons sentiments, alors il faut en tuer quelques autres : la solidarité humaine, la justice sociale, l’attendrissement sur les ouvriers, la glorification de la nation, l’antiracisme, la liberté, le progrès, etc. Mais non, tout cela laisse nos grands artistes parfaitement froids (hors catalogue). » (Jacques Ellul – Exégèse des nouveaux lieux communs)

« L’évaluation d’une œuvre d’art repose non plus sur l’œuvre elle-même, mais sur son message et la quantité de vertu qu’il contient. A ce compte-là, n’importe quoi peut devenir une œuvre d’art dans la mesure où ‘l’artiste’ (dispensé de produire de la beauté) accole à son œuvre le discours audacieux et consensuel qui fait plaisir à tout le monde  … On passe de Mozart, ou Michel Ange, à Pierre Boulez, ou Anish kapoor. » (Raphaël Enthoven) – Le discours audacieux et consensuel étant celui qui conforte l’idéologie aussi officielle que dominante, la doxa.

« L’avènement de l’informe, du chaotique, du ‘laid’, atteste un processus de destruction : non une puissance, mais une impuissance. Il possède un caractère régressif. » (Julius Evola)

« L’emballage verbeux conçu pour un art dit contemporain proche du naufrage final dans un océan de ridicule et de tourbillonante crétinade. » (Nicole Esterolle – sur une  des innombrables expositions subventionnées dans les musées dits d’art contemporain pour l’abrutissement de populations déjà, hélas, peu cultivées et l’enrichissement de financial artists transnationaux)

« Les valeurs esthétiques ne sont pas seulement secondarisées, elles sont détruites et remplacées par la morale.. Celle-ci est égalitaire, l’art est négation de l’égalité : l’art moral sera donc la négation de cette négation. » (Alain Finkielkraut – l’Autre a supplanté l’art)

« Cette utopie, ce non-lieu, cet au-delà du lieu et du moment constituaient sa vocation véritable : ne valaient que les œuvres dont la question ‘où ?’ et la question ‘quand ?’ ne pouvaient pas totalement rendre compte. » (Alain Finkielkraut – interprétant Goethe sur la littérature)

« Ils ont abandonné la longue étude pour la fabrication en série de gros jouets criards. Au terme de la déconstruction savante du geste pictural, l’art est désormais ce qui se déclare tel et rien d’autre. » (Alain Finkielkraut) – Sur  certains prétendus artistes contemporains, Paul Mc Carthy, Jeff koons… et tant de faisans subventionnés pour tout pourrir dans la tête des simples qu’on conduit presque en rang à ces expos. 

« La frontière entre l’art et le non-art ayant été patiemment déconstruite, n’importe quoi va : tout peut être art du moment que l’artiste le décide et que le marché avalise son audace transgressive. Et le public, en général, obtempère, de peur d’avoir l’air bête ou d’être taxé de nostalgie (péché inexpiable). » (Alain Finkielkraut)

« Actrices. – La perte des fils de famille, sont d’une lubricité effrayante… avalent des millions… »  (Flaubert – Dictionnaire des idées reçues) – Encore vrai pour la seconde remarque.

« Artistes. – Tous farceurs, vanter leur désintéressement … Gagnent des sommes folles mais les jettent par les fenêtres. » (Flaubert – Dictionnaire des idées reçues) – C’était exact avant la résidence en Suisse (pour l’agrément).

« Auteur. – On doit ‘connaître des auteurs’. Inutile de savoir leurs noms. » (Flaubert – Dictionnaire des idées reçues)

« L’art naît de contrainte, vit de lutte, meurt de liberté. » (André Gide) – c’est bien pourquoi, notre époque qui admet n’importe quoi, est minable en art.

« Les matériaux de l’art sont à la portée de tous, l’idée n’appartient qu’à l’esprit original, et la forme est un secret pour presque tout le monde. » (Goethe)

« Un instant étincelant de perfection. » (Goethe – sur le fondement de l’œuvre artistique)

« Aux talents médiocres, l’art ne suffit pas quant à soi ; durant l’exécution, ils ont toujours devant les yeux le gain qu’ils espèrent en retirer, une fois l’ouvrage fini. Mais avec des buts et des tendances aussi terre-à-terre, nulle grande œuvre ne peut être réalisée. » (Goethe)

Litanie pédante et vaniteuse encensant la nouveauté connue comme arts de la rue : Créativité, Inventivité, Rêve, Imaginaire, Poésie, Invitation au voyage, Alchimie, Transfiguration, Engagement des corps et des mots, Voir l’invisible, Stimuler les sensations et émotions, Esprit frondeur, rebelle (évidemment), Hors normes, Refusant tout formatage, Mise en abyme, déséquilibre stimulant… » (cités par Jean-Pierre Le Goff)

« Si l’on donne à l’art un but de moralité, il cesse d’être, puisqu’il cesse d’être inutile. » (Rémy de Gourmont)

« Si l’art éduque, il le fait en tant qu’art et non pas en tant qu’art éducatif car, s’il est éducatif, il cesse d’être art, et un art qui se nie lui-même ne peut éduquer personne. » (Antonio Gramsci) – Et pan pour nos petits contestataires incultes et donneurs de leçons aussi bourgeois qu’intermittents.

« C’est une seule et même chose de dire que ‘tout est de l’art’ et de dire que ‘l’art n’est rien’. Car il suffit d’avoir donné à l’art une extension presque infinie pour avoir tellement vidé sa compréhension qu’elle est à peu près nulle. » (Nicolas Grimaldi)

« Il n’y a rien depuis plus d’un siècle, à quoi l’art soit plus redevable qu’au snobisme … qui accrédite des œuvres, leur rallie un public … à la manière d’une onde qui se propage, étend jusqu’à presque tout le monde un goût qui n’était quasiment celui de personne. » (Nicolas Grimaldi)

« S’il suffit à quoi que ce soit d’entrer dans un musée pour en recevoir une dignité esthétique, qu’y a-t-il aujourd’hui qui n’y puisse prétendre ? … N’y a-t-il si pauvre chose qu’on n’installe, qu’on n’expose, et devant laquelle on défile dans les musées comme aux enterrements devant le catafalque … Est venu le temps de l’Insignifiance, elle a si bien tout envahi qu’on ne la remarque plus … Quelle est cette humanité qui se presse devant ces effigies du Rien ? » (Nicolas Grimaldi)

«  La dignité esthétique que nous reconnaissons à un objet n’en est pas une propriété objective … Un objet est toujours perçu dans le monde ; tandis que le propre d’une œuvre est de nous faire imaginer un monde dans un objet … Une œuvre est moins aimée pour ses éléments proprement stylistiques que pour l’univers qu’ils paraissent évoquer et qu’ils nous font imaginer (Mozart, l’enfant prodige et au bout la fosse commune, Van Gogh et son oreille coupée plus…). » (Nicolas Grimaldi)

« Comme nous avons vu cette petite phrase de Vinteuil exprimer toujours quelque chose mais jamais la même chose, nous comprenons qu’il est de l’essence de l’art d’être un langage mais de n’être pas une langue, d’avoir toujours du sens mais de n’avoir pas de signification … ‘Nous ne sentons, ne comprenons et n’aimons une œuvre d’art que dans la mesure où nous sommes capables de la recréer intérieurement’ (Philippe Fauré-Fremiet). » (Nicolas Grimaldi  – Faisant allusion à la petite musique de Vinteuil dans l’œuvre de Proust – L’art ou la feinte passion)

 « Le prétendu art contemporain n’a rien à voir avec l’art, et tout le monde le sait. » (Jean-Louis Harouel)

« Imposture, mystification, canular : ces procédés furent dans bien des cas mis au service d’une stratégie ambitieuse de réussite personnelle … Une collusion existe entre les artistes, les marchands, les collectionneurs, les critiques, les musées, les médias, les pouvoirs publics, qui tous s’attachent à présenter au public comme de l’art ce qui n’est en réalité qu’un immense canular dirigé contre l’art et la beauté. » (Jean-Louis Harouel)

« Le musée n’est plus un lieu d’éducation, mais un lieu d’animation, de spectacle, un espace de loisirs. Le public doit s’y sentir chez lui et y retrouver si possible l’ambiance familière des grandes surfaces commerciales … La consommation de l’art sur le modèle du ‘fast food’ … L’invasion des figures de cire et des parcs de loisirs prétendument culturels traduit, en même temps que la découverte d’un  ‘créneau’ commercial fructueux, une rage de ne laisser aucune place à l’imagination. » (Jean-Louis Harouel)

« C’est le label d’appartenance à la modernité qui fait les carrières … Tuer l’art, perçu comme délégitimé par la technique … L’artiste d’avant-garde étant par essence un penseur profond, peu importe la substance de son œuvre qui témoigne forcément de la profondeur de sa pensée … Il ne peut laisser à d’autres le soin de la théorisation. » (Jean-Louis Harouel)

« Autant le passé fût prodigue en grandes œuvres, autant le temps présent s’en montre avare. L’art et la culture nous viennent d’un monde qui avait un sens, d’un monde duquel la religion, le sacré n’avaient pas été chassés … présence favorable à la fertilité artistique … Désenchantement du monde … Source inépuisable d’inspiration quand la nature était encore la même … Le caractère égalitaire des sociétés les rend moins aptes à faire surgir ces individus d’exception que furent les grands penseurs et les grands écrivains … Difficulté de trouver’ le calme nécessaire aux profondes combinaisons de l’intelligence’ (Alexis de Tocqueville) dans un monde agité, bruyant … Le mécénat, aspect positif des grandes inégalités d’autrefois, devenu d’entreprise, préfère souvent subventionner des activités correspondant au goût moyen d’un public nombreux … ll semble qu’il existe un rapport inverse entre le niveau technique d’une société et la valeur artistique et culturelle de ses productions (réduction des capacités de voir et de faire voir, de concevoir et de réaliser des formes parlant à l’œil, au cœur, à l’imagination, à l’ âme). » (Jean-Louis Harouel)

« Négation du passé qui dispense d’avoir à se mesurer avec lui, à se comparer à lui. Crise collective d’adolescence et de narcissisme. Refus de faire, refus de produire des œuvres de qualité, afin qu’aucune comparaison ne puisse être effectué avec les œuvres de passé … Le non-art, la provocation, la dérision, aveu implicite d’impuissance ou du moins d’infériorité. »  (Jean-Louis Harouel – s’inspirant de la position de l’artiste Hans Richter sur le dadaïsme)

« Pour nous, l’art n’est plus le mode suprême dans lequel la vérité se procure existence … On peut bien espérer que l’art va toujours davantage s’élever et s’achever, mais sa forme a cessé d’être l’exigence de l’Esprit … Sous tous ces rapports et pour ce qui est de sa destination suprême, l’art est et demeure pour nous quelque chose de passé. » (Hegel – cité par Martin Heidegger) – Prémonitoire, le fric et l’esbroufe ont remplacé l’Esprit.

« Le dimanche de la vie. » (Hegel – qualifiant la peinture hollandaise, modeste, laïque, intimiste,  accordée à une société paisible, sans illumination ni prétention pourrait-on dire)

« La création d’une œuvre requiert par elle-même le travail artisanal. C’est d’ailleurs le savoir-faire manuel que les grands artistes tiennent en leur plus haute estime. » (Martin Heidegger) – L’auteur ne pouvait pas penser aux soi-disant artistes contemporains et à leurs horreurs.

« L’art qui songe aux applaudissements abdique ; il pose sa couronne sur le front de la foule. » (Ernest Hello)

« Parce que l’art est sacré, il dépérit dès que sa charge religieuse disparaît. » (Michel Henry)

« L’art s’était efforcé de tout temps de donner un moyen d’expression à ce besoin inexprimé de divin qui est en nous. » (Hermann Hesse)

« Lorsque, comme artistes, nous créons des formes ou bien, comme penseurs, nous cherchons des lois ou formulons des idées, nous le faisons pour arriver tout de même à sauver quelque chose qui ait plus de durée que nous-mêmes. » (Hermann Hesse)

« Ah, si le public des gogos pouvait vous voir, courbés en baise-main devant la moindre ministresse, cirant consciencieusement les pompes du moindre attaché, puis vous ébaudissant, petit four en main, de vos grasses rétributions, vous congratulant pour vos subventions ! … Et tant d’autres (après énumération de noms) , ayant reçu pour denier de Judas une petite ambassade, une direction de centre culturel à l’étranger, une place à la villa Médicis ou un lit à l’hôpital de la culture d’Etat … Drogué aux médias, à l’applaudimètre. » (Guy Hocquenghem – sur les artistes avides et opportunistes)

« Toute œuvre réaliste ou engagée n’est que mélodrame. » (Eugène Ionesco)

« Si on ne comprend pas l’utilité de l’inutile, l’inutile de l’utilité, on ne comprend pas l’art. » (Eugène Ionesco)

 « L’art nous mène au-delà de nous-mêmes … Il nous entrouvre la porte sur la vie au-delà de la vie, par-delà le néant … Il est essentiellement interrogatif. … Si un chef d’œuvre ne vous met pas hors de vous-même, c’est que vous n’avez pas regardé, vous ne l’avez pas compris, vous ne l’avez pas laissé vous parler. » (Eugène Ionesco)

« Le cinéma français est cette vieille putain fardée à la peau flétrie qui ne survit qu’à force de subventions et grâce à l’adhésion des lectrices de ‘Télérama’ ou des rebelles en peau de lapin de ‘Libération’ ou des ‘Inrocks’. »  (Roland Jaccard)

« Il compare les jeunes metteurs en scène français à des scouts dociles et bien élevés soucieux avant tout de la défense et de l’illustration de la ‘nouvelle hygiène sociale’ qui préconise le dérèglement de tous les sens. ‘Leurs œuvres ne sont jamais des comédies, mais des sermons de bonne conduite’ … L’époque ne nous impose que des choses en principe souhaitables ou désirables : la tolérance, la liberté, la permissivité, l’émancipation, le voyage, les loisirs, le souci de l’autre, une sexualité épanouie, le désir de transparence et l’obligation d’être soi-même. Pour que le cinéma français retrouve un peu de saveur, il faudrait qu’il déroge à tout ce fatras de bienfaits, qu’il prenne le risque de se désolidariser du jardin d’Eden, bref qu’il devienne intelligent … Chaque génération a l’art qu’elle mérite. » (Roland Jaccard – interprétant et citant un écrit de Philippe Muray sur le cinéma)

« Il y a un côté ‘grande bouffe’ dans les productions et les consommations culturelles contemporaines … Connivence entre la déification de l’homme et sa néantisation, l’une n’allant pas sans l’autre. Le nihilisme affiché se veut démiurgique, et c’est en quoi il a des prétentions mystiques. » (Claude Jannoud)

« Comme il appartient à la ‘mode’ de trouver belle toute innovation, aussi absurde et rebutante soit-elle, la mode n’a pas manqué d’adopter pareille attitude à l’égard de ‘l’art moderne’ : c’est la ‘beauté’ du chaos. » (Carl Jung)

 « Il pose au spectateur la question : ‘Comment réagis-tu ? Que penses-tu ? Quelle imagination cela déclenche-t-il en toi ?’ … C’est seulement en apparence que l’art moderne a en vue l’image créée par lui ; en réalité, il ne pense qu’au spectateur, en tant que sujet, et à ses réactions involontaires … Le tableau n’aura servi que de matériel de test psychologique … Il y a lieu de se demander si ce n’est pas là le but auquel vise et aspire indirectement l’art moderne. Certes, aujourd’hui semblent régner dans ce domaine l’arbitraire le plus échevelé et le chaos le plus indescriptible. Mais la perte de beauté et de sens que cela entraîne est contrebalancée par une actualisation et un renforcement de l’inconscient. » (Carl Jung – sur l’art moderne)

« L’art, une finalité sans fin. » (Emmanuel Kant)

« L’œuvre en soi n’existe plus, elle n’existe que par le regard que nous portons  sur elle. Un renversement total par rapport à l’art traditionnel. » (Aude de Kerros) – Voir les homards en aluminium de Jeff Koons – Sur l’art officiel, l’art administratif, promu et subventionné depuis le début des années 1980.

« Ce sera le bouquet final du travail de titrisation des œuvres – déjà valorisé à Versailles, au Louvre, Place Vendôme – accompli par les « inspecteurs de la création », les fonctionnaires culturels de la République. » (Aude de Kerros –  sur l’art contemporain, les œuvres de Jeff Koons et la corruption générale de cette imposture)

 « Les Grecs se sont tournés vers la  beauté achevée, close, pour dominer le chaos qui était en eux … Tout homme est libéré par la simplicité classique et y trouve sa béatitude … Seul un culte extrême de la forme pouvait apprivoiser des barbares récalcitrants. » (Hermann von Keyserling) – Voilà la raison profonde, cachée et demi-consciente pour laquelle l’art contemporain est si laid et si désintégrant, aliéner l’homme et non pas le libérer.

« On considérera comme art contemporain tout ce qui se vend (cher). » (Basile de Koch)

« Je fais des pièces et ma femme fait des scènes. » (Eugène Labiche)

« Il n’est pas rare que les objets présentés soient d’une insignifiance inversement proportionnelle à l’enflure des commentaires qui les soutiennent … Pour les ‘décideurs culturels’, il n’y a pas matière à débat, à contestations, juste des choses à ‘comprendre’ et à aimer : l’art officiel est un phénomène unilatéral … On a parfois même l’impression que l’administration et ses relais ont pour ambition de lutter contre le goût du public, et pas  seulement du ‘grand public’, mais aussi du public cultivé. » (Pierre Lamalattie)  – Rappelons que la France est le seul pays a disposer d’un ministère de la culture (créé par de Gaulle pour caser l’agité Malraux). Même les Soviets n’avaient pas osé !

« La beauté étant généralement considérée comme ringarde et condamnable dans l’univers de l’art contemporain … Depuis près d’un demi-siècle, on dénigrait l’aspiration populaire à la figuration, on occultait ses traditions, on prohibait son enseignement, on ridiculisait sa culture. La suprématie de l’art moderne et contemporain avait produit une  acculturation et même une déculturation … Tout le monde avait été progressivement privé de légitimité, de soutiens, de références, de formation et même de goût. » (Pierre Lamalattie) – Tout pourrir (en faisant du fric en plus) telle est la clé du succès.

« Généralement, les gens qui professent en matière artistique ne peuvent pas s’empêcher de  vouloir ‘faire comprendre’. C’est leur posture. Ils pourraient nous faire apprécier les œuvres, nous faire partager leur goût. Non, ils préfèrent tenter de nous rendre plus intelligents. Partout s’étalent des titres comme ‘comprendre l’art moderne’, ‘trois minutes pour comprendre…’, ‘comprendre l’art contemporain en famille’, ‘les clés pour comprendre…’, etc. Ce qu’il faut savoir serait un corpus bien établi. Il nous est prescrit à nous autres, pauvres blaireaux, de l’avaler et de le digérer… » (Pierre Lamalattie) – Bientôt les omniscients experts nous  proposerons de décrypter la Ronde de nuit ou la Pietà du Vatican.   

« On dénonce parmi les contestataires des ‘catholiques intégristes’ ou des individus ‘proches du front national’. » (Pierre Lamalattie – sur les horreurs de l’art contemporain spéculatif et prétexte à fric uniquement) – Autant dire des contestataires moins que rien et pire (mais cela n’est pas dit) susceptibles de troubler la vertueuse machine à fric.

« C’est pour cette même raison (pardon pour le rapprochement) que les idéologies totalitaires, ayant davantage besoin que les autres régimes de communiquer avec les masses, confient finalement leur propagande à la figuration, souvent après avoir été tentées par les avant-gardes. C’est aussi à cause de cette nécessité que les publicitaires mettent toujours une image mûrement travaillée dans leurs affiches. On pourrait multiplier de tels exemples. Aussi éloignés que soient l’Église, les totalitarismes et la publicité commerciale, il faut observer qu’en les situations les plus diverses, les humains restent très sensibles aux images figuratives. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. » (Pierre Lamalattie – sur un groupe statufié place Saint-Pierre) 

« Il peut y avoir, en effet, une grande différence entre servir une cause et s’en servir. Il y a presque une antinomie entre ressentir une inquiétude morale et faire la morale aux autres. » (Pierre Lamalattie – à propos des artistes adoptant des positions moralisatrices) – Et, récitant le « catéchisme humanitaire, suivant lequel  le bon, le bien, c’est tout ce qui contribue à la dignité humaine, à la justice sociale, à l’égalité mondiale, et au bien-être planétaire. » (Marie-Hélène Verdier) 

« L’expérimentation continuelle dont les arts sont l’objet a créé une telle confusion des valeurs esthétiques que le seul critère qui survive est la nouveauté et la valeur de choc. A notre époque blasée ; ces dernières caractéristiques signifient souvent banalité et laideur insondables. » (Christopher Lasch)

« La dégradation de l’art en divertissement avait le même effet sur la culture que celui de la production de masse sur les objets matériels : standardisation, destruction du savoir, prolifération d’objets factices condamnés à l’obsolescence immédiate… » (Christopher Lasch – évoquant les idées de l’école de Francfort)  

« Les œuvres ne semblent avoir de légitimité que pour autant qu’elles nous délivrent un ‘message’, et un message ratifiant nos évidences, nos combats. On pourrait égrener le chapelet des indignations des artistes. Comme si une œuvre n’était légitime que pour autant qu’elle servait une cause. » (Bérénice Levet) 

« ‘Lire le passé à l’aune du présent, voilà sans doute ce que Stéphane Braunschweig sait mieux faire que quiconque’ (sur le site de la Comédie-Française pour annoncer la mise en scène de Britannicus). Cette phrase est comme un concentré des contre-sens commis par les metteurs en scène actuels et de leur arrogance. Ce n’est plus Racine qui vient éclairer Stéphane Braunschweig, c’est Stéphane Braunschweig qui éclaire Racine … en n’ayant d’autre ambition que d’être le porte-voix de l’esprit du  temps. » (Bérénice Levet) – « Le metteur en scène à la mode ne veut connaitre que son bon plaisir. Son caprice. Ou encore le bon plaisir de l’idéologie qu’il veut illustrer … Ils se prennent pour des maîtres à penser. Seulement ils ne sont pas maîtres à penser, c’est l’idéologie qui a la maîtrise de pensée pour eux, pensée dont ils ne sont que les instruments. » (Eugène Ionesco)

 « La France est le seul pays doté de fonctionnaires appelés ‘Inspecteurs à la création artistique’. » (Elisabeth Lévy) – et peut-être aussi de FRAC (Fonds régionaux d’art contemporains), dont l’aide se concentre sur une centaine d’artistes conformes à la bonne conscience avant-gardiste, et sans doute bons copains pensant et pétitionnant bien, d’autant plus que le public les refuse.

« Cette idée que la qualité esthétique de l’œuvre d’art reflète la qualité éthique de son auteur, est tellement essentielle dans la pensée chinoise… Le vieux dicton suivant lequel  l’œuvre reflète l’homme. » (Simon Leys) – Il vaut mieux ne pas appliquer ce critère en Occident, quand on voit certaines réalisations (on ne saurait dire œuvres) contemporaines, que doivent être les auteurs !

« L’art a vu se déchaîner la recherche de l’originalité et de la nouveauté à tout prix, le chic de la déconstruction, le boom sophistiqué du minimal et du conceptuel, la prolifération des gadgets ‘anartistes’ (happening, non-art, body-art, land-art, street-art)t fondés davantage sur l’excès, le paradoxe, la gratuité, le jeu ou le saugrenu … Emphase théorique … micro nouveautés et variations marginales.  » (Gilles Lipovetsky) – Ecrit début des années 1980, donc avant les horreurs et les escroqueries ultérieures bénies, et surtout financées, afin de tout pourrir.

« ‘Eclipse de la distance’ entre l’œuvre et le spectateur, soit la disparition de la contemplation esthétique et de l’interprétation raisonnée au profit de la ‘sensation, la simultanéité, l’immédiateté et l’impact’ qui sont les grandes valeurs du modernisme. » (Gilles Lipovetsky) 

« Les artistes contemporains aspirent désormais à un but clairement défini : gagner de l’argent et être célèbres. L’heure n’est plus à la gloire immortelle, elle est à la recherche d’une célébrité médiatique … La valeur d’une œuvre n’est plus seulement dans sa réussite esthétique, elle est … dans son prix marchand … La cote de l’artiste … inséparable de tout travail de spectacularisation et de provocation, de promotion médiatique, de construction et de communication d’une image… » (Gilles Lipovetsky, Jean Serroy)

 « Partout dans le monde s’élèvent de nouveaux musées qui rivalisent en gigantisme, en architecture innovante, en image choc … Le secteur touristique a annexé l’art et la culture comme un élément marchand qui doit être, à ce titre, traité comme les autres : marketing, publicité, offres promotionnelles. » (Gilles Lipovetsky, Jean Serroy) – Attirons le péquenot.

« Les avant-gardes sont intégrées dans l’ordre économique, acceptées , recherchées, soutenues … Fini le monde des grandes oppositions rédhibitoires, art contre industrie, culture contre commerce, création contre divertissement … Les stratégies marchandes du capitalisme créatif transesthétique n’épargnent plus aucune sphère … il démultiplie les styles, les tendances, les spectacles, les lieux de l’art ; il lance continuellement de nouvelles modes et crée à grande échelle du rêve, de l’imaginaire, des émotions … Après l’art-pour-les-Dieux, l’art-pour-les-princes et l’art-pour-l’art, c’est maintenant l’art-pour–le-marché qui triomphe … Les termes professionnels suivent : les jardiniers sont devenus des paysagistes, les cuisiniers des créateurs culinaires, d’autres des ‘créateurs d’automobiles’, etc. … L’ère transesthétique en marche est planétaire … Goût pour la mode, les spectacles, la musique, le tourisme (qui ne voit partout que des paysages à admirer et à photographier comme des décors ou des tableaux), le patrimoine, les musées,  les cosmétiques, la décoration de la maison … Espèce de fétichisme et de voyeurisme esthétique généralisé … L’important est de ressentir … non d’être conforme à des modèles de représentation sociale … Moins conformiste et plus exigeant que par le passé, l’individu transesthétique apparaît en même temps comme un ‘drogué de la consommation’, pressé, zappeur, boulimique de nouveautés, obsédé de jetable, de célérité, de divertissement faciles (‘l’homo festivus’ de Philippe Muray, doublé d’un ‘homo esthéticus’, par ailleurs dépossédé de sa propre culture) mais qui n’en porte pas moins un regard esthétique, non utilitaire, sur le monde … Ce sont les valeurs initialement prônées par les artistes bohèmes du XIX° siècle (hédonisme, accomplissement de soi, authenticité, expressivité, recherche des expériences) qui sont devenues les valeurs dominantes célébrées par le capitalisme de consommation. » (Gilles Lipovetsky et Jean Serroy – considérations éparses – L’esthétisation du monde, vivre à l’âge du capitalisme artiste) – Derrière (et même devant cette esthétique), le fric. Affreux mélange du n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand, n’importe comment, pour et par n’importe qui , irrespect généralisé, absurdité et abrutissement garantis, sauvagerie, infantilisme, fin en catastrophe imminente malgré l’enthousiasme évident et difficilement compréhensible des auteurs  – « Le capitalisme esthétique présenté comme non moins agressif ou cynique que le capitalisme financier, vise les ressources émotionnelles des acteurs. » (Eva Illouz) – Il est encore plus tordu.

« Le rock, le jazz, ce n’est rien d’autre qu’une traduction des sons hideux et irrationnels de l’environnement industriel en langage musical. » (Mac Luhan)

« L’homme peut être démocrate, l’artiste se dédouble et doit rester aristocrate. » (Stéphane Mallarmé)

« Il n’y a plus d’art populaire parce qu’il n’y a plus de peuple. » (André Malraux)

« L’art, c’est l’anti destin. » (André Malraux)

« Tout l’art plastique du XX° siècle peut être considéré comme un processus exacerbé de subjectivisation au cours duquel l’atrophie de l’œuvre fait écho à l’hypertrophie du moi, la priorité est passée de l’œuvre à l’acte et de l’acte à l’artiste … L’œuvre d’art devient l’objet de l’expérience vécue … La performance de nombre d’artistes contemporains se limite à l’énoncé performatif de leur geste ou de leur refus : Il suffit que le sujet parle pour que l’artiste soit .. L’œuvre s’efface au profit de l’événement, le dessin au profit du geste, le monde au profit de la vie, la création au profit de la performance et, finalement, le significatif au profit du performatif. » (Jean-François Mattéi)

« L’art s’abîme dans le concept en supprimant, après la hauteur de la transcendance, l’immanence de l’objet. L’intelligible et le sensible anéantis… On est passé du règne de la représentation au règne de l’expression … De la ‘vérité du monde’ dont parlait Lévi-Strauss à la seule expression du sujet … L’atrophie de l’œuvre fait écho à l’hypertrophie du moi. » (Jean-François Mattéi – sur ce qu’on appelle l’art contemporain)

« Là où il n’y a plus de règles, il n’y a plus de transgression, mais une régression des forces créatrices … L’œuvre d’art ne sera plus belle mais ‘intéressante avant de s’exténuer dans des catégories plus improbables encore, le ‘nouveau’, le ‘frais’, le ‘surprenant’. » (Jean-François Mattéi) 

« La société de masse ne s’intéresse pas aux œuvres, moins encore au sens, mais aux produits du loisir qu’elle consomme comme les objets du travail. » (Jean-François Mattéi)

« L’art abstrait témoigne que l’homme n’a rien à dire, rien à exprimer ni à fixer, il se coupe du monde tel que le capte le regard d’un enfant. » (François Mauriac)

« L’art est un effort pour créer, à côté du monde réel, un monde plus humain. » (André Maurois)

« On n’était plus tenu par le scrupule de choquer une clientèle de gens de goût, et l’on fut stimulé par le désir de ne pas déplaire à un petit monde d’originaux extravagants. » (Charles Maurras – sur le romantisme)

 « Le nombre d’entrées a augmenté, mais ce sont toujours les mêmes qui vont de plus en plus dans les musées. » (Henri Mendras) 

« Les artistes officiels du show-biz ont toujours su se retrouver à l’avant-garde (et à l’avant-scène) de tous les combats où étaient en jeu  la défense de l’ordre économique et culturel qui assure leur si rentable célébrité … Ces célébrités professionnelles qui vivent de l’étalage continuel d’elles-mêmes, et pour qui cet étalage n’est jamais suffisant. Si ces célébrités ne sont à la tête d’aucune hiérarchie dominante, elles ont souvent le pouvoir de distraire l’attention du public, d’offrir des sensations aux masses, ou, de façon plus directe, elles peuvent avoir l’oreille de ceux qui détiennent le vrai pouvoir. Ces célébrités et ces experts, comme censeurs de la moralité publique. » (Jean-Claude Michéa) – Voir les engagements continuels de ces clowns, toujours à la botte, toujours serviles, dans le sens de la propagande totalitaire officielle.

« Il ne faut jamais parler à un artiste de l’argent du contribuable. » (un ministre à Michel Schneider, alors au ministère de la culture) – Le pauvre chéri gavé serait peut-être gêné ?

 « L’inanité d’un tel spectacle sur le fond comme sur la forme. Notre pays a sombré dans une violence verbale fort minable et une misère esthétique. S’en remettra-t-il ? Il n’était aucunement question de servir une cause mais seulement de ‘tuer’ un ou plusieurs adversaires, les bannir des débats, les exclure du champ de la création, et leur dénuer toute humanité … L’attaque physique, cet ultime rempart a été franchi sous le masque du rire carnassier. Longtemps, nous nous souviendrons de cette hargne béate qui se déversa sans fin, un soir de février. Toutes les digues avaient cédé. A l’élégance et l’allure de jadis, nos vedettes du moment, enfin une partie d’entre elles, ont préféré la calomnie et l’outrage, la gêne et l’indélicatesse, le bafouillement et l’inconséquence, l’irrespect et la désinvolture militante qui salit. »  (Thomas Morales – sur une cérémonie prétendument artistique) – La France est devenue le pays de la haine, de l’arrogante vulgarité et de la suprême bêtise..

« En art plus les moyens sont élémentaires plus la sensibilité apparaît. » (Gustave Moreau)

« Au cours du XX° siècle, la priorité est passée de l’œuvre à l’acte et de l’acte à l’artiste. » (Raymonde Moulin – critique d’art) – L’exhibitionnisme des artistes contemporains, les fameux plasticiens ! 

« En moins de deux années, l’abomination elle-même s’est retrouvée normalisée à une vitesse qui paraît stupéfiante. » (Philippe Muray) – Et depuis 1999 !

« L’art contemporain, qui n’est rien, est tout de même une haine intense de toute beauté et de tout passé, donc de toute histoire ; et qu’il ne s’agit jamais pour lui que de détruire, avec la bénédiction des bureaucrates de la Culture, ce qui peut encore rappeler le passé. » (Philippe Muray – sur le nouveau Palais de Tokyo, devenu ‘site de création contemporaine’, sur les colonnes de Buren…) – Encore l’auteur écrivait-il avant l’apparition du monstre, Jeff Koons. 

« La grandeur d’un artiste ne dépend pas des beaux sentiments qu’il fait naître, seules des femmelettes peuvent penser pareille chose, mais de la mesure dans laquelle il s’approche du grand style. Ce style a en commun avec la grande passion le dédain du plaisir ; il oublie de persuader, il ‘veut’… Se faire le seigneur du chaos que l’on est, contraindre son chaos à devenir forme, mathématique, loi ; voilà la grande ambition. » (Nietzsche) 

« Dans tous les domaines de l’art, il y  a des genres qui sont tellement liés à leur période d’apparition que les répéter aujourd’hui est grotesque. Les châteaux de la Loire sont liés au printemps de la monarchie française, le ‘bel canto’ au XIX° siècle italien, à son romantisme et à son patriotisme, le ‘western’ à l’époque d’un Occident fier et sûr de lui. En revanche, la tragédie grecque semble une matrice inépuisable. » (Alain Nueil)

« Si l’œuvre d’art avait un sens quelconque, c’était bien de nous faire reconnaître que, comme mortels, nous sommes partie d’un tout, d’une alliance, et partant de nous apprendre à habiter la Terre en regardant vers le haut … Le quadriparti heideggerien, l’union de la Terre et du ciel, des mortels et des dieux … ‘Le regard vers le haut (du poète) parcourt tout l’entre-deux du ciel et de la Terre. Cet entre-deux est la mesure assignée à l’habitation de l’homme’. » (Benjamin Olivennes – s’inspirant de et citant Heidegger) – Nous sommes assez loin de la honte boueuse et glauque de ce que quelques pourris osent nommer art (contemporain), relevant de l’esthétique du coup de poing dans la gueule.   

« Ils s’étaient donnés pour règle de les démolir toutes. » (Jean d’Ormesson)

« Les élites de gauche qui font parfois de l’ignorance du grand public une des conditions du génie. » (Paul-François Paoli)

 « Tandis qu’Orwell craignait ceux qui interdiraient les livres, Huxley redoutait qu’il n’y ait même plus besoin d’interdire les livres car plus personne n’aurait envie d’en lire … Orwell craignait ceux qui nous priveraient de l’information. Huxley redoutait que l’on ne nous en abreuve au point que nous en soyons réduits à la passivité. Orwell craignait que l’on ne nous cache la vérité. Huxley redoutait que la vérité ne soit noyée dans un océan d’insignifiances. » (Neil Postman – cité par Benjamin Barber) – Nous essayons brillamment de cumuler les deux postures et par la censure et par la stupidité.

« Les antennes de  la race. » (Ezra Pound – sur les artistes) – « Le pouvoir qu’ont les arts de devancer  l’évolution sociale et technologique), quelque fois plus d’une génération à l’avance. » (Marshall McLuhan)

« La jouissance menace le désir … La jouissance arrache la vision de ce que le désir n’avait fait que commencer de dévoiler … Le désir est le contraire de l’ennui, de l’épuisement, de la satiété, de l’endormissement, du dégoût, de la flaccidité, de ‘l’amorpheia’. Tout conte, tout mythe, tout récit vise l’exaltation du désir et porte son combat contre la jouissance … L’art préfère toujours le désir. L’art est le désir indestructible. Le désir sans jouissance, l’appétit sans dégoût, la vie sans mort. » (Pascal Quignard – Le sexe et l’effroi)

« La mise en avant de soi, le refus de l’assujettissement, la haine dans tout ce qui fut du ‘cela fut’, telle est la triple thèse de l’art moderne. » (Pascal Quignard – Les ombres errantes)

« Une œuvre d’art n’a de valeur que dans son encadrement, et l’encadrement de toute œuvre, c’est son époque. » (Ernest Renan)

« Théâtre. Quand je pense que Dieu, qui voit tout, est obligé de voir ça ! » (Jules Renard)

« Ils disent ‘audacieux’ quand il faudrait dire ‘obscène’. » (Jules Renard)

« Notre-Dame n’est pas un terrain de jeu pour l’art contemporain. » (Claude Rochet) – On peut pourtant le craindre au vu de l’agitation fébrile des Macron et Hidalgo qui ne pensent qu’aux déplorables jeux olympiques de 2024 et à l’empressement gourmand des architectes et autres dévastateurs.

« L’époque contemporaine tente de faire coexister la subversion et la subvention. » (Rainer Rochlitz) – La cupidité s’adressant à la lâcheté.

« Admirer certaines œuvres est plus qu’une faute de goût, c’est une faute de caractère. » (Jean Rostand)

« Quand un art est malade, l’Etat a deux façons d’en prendre soin : le musée et la fête … Les campagnes s’éteignent et la culture paysanne se survit ? On multipie les musées des arts et traditions populaires. Sans doute, il vaut mieux … Mais le musée s’édifie toujours sur la disparition d’une proximité … Il y a aussi une troisième solution … qui combine le mouroir et l’unité de soins intensifs : le salon, compromis entre le musée et la fête, la vitrine et la foire … le Salon du livre… » (Michel Schneider)

 « Les artistes ont comme tous les citoyens des opinions dont on aimerait parfois qu’ils les proclament moins haut , en changent moins vite et les monnayent moins souvent. » (Michel Schneider) – Certains seraient-ils pourris, eux aussi ? Comme cela est doucement dit.

« Engendrer une suspension de la douleur de vivre. » (Schopenhauer – sur le rôle de l’art) – L’art contemporain aurait plutôt pour mission d’engendrer le dégoût  (Jean Clair) : corps mutilés, chairs souffrantes, sécrétions corporelles, excréments, représentation d’Auschwitz en théâtre de marionnettes (exposition Apocalypse à Londres) – Paragraphe tiré d’Elisabeth Lévy.

« La survalorisation des enfants de stars … Le calcul d’un producteur, d’un cinéaste se fait sur le patronyme plutôt que sur le talent  … Retour à l’hérédité. » (Olivier Séguret) – Comme en politique, parce que c’est juteux et que papa ou maman aident bien.

« Dégradation de l’image de la France … Le règne des plasticiens … Ce ne sont pas les tags, les coups de barre à mine ou les flammes qui, depuis des années, portent atteinte aux lieux emblématiques de notre patrimoine, ce sont la puérilité, la vulgarité, et l’impuissance de plasticiens encouragés par le ministère de la Culture et son armée d’inspecteurs généraux de la création … Le plug anal de la place Vendôme, les pneus de tracteur dorés à l’entrée de l’opéra Garnier, le vagin de la reine à Versailles, la ‘merda d’artista’ sur la place du centre Pompidou, etc. » (Jérôme Serri) – La diffusion de la pourriture. 

«  l’Arc de Triomphe, d’où partaient nos armées pour descendre l’avenue des Champs-Elysées, sera bel et bien empaqueté à l’automne 2021 par Christo. Il vient de mourir ? Qu’à cela ne tienne ! Le projet est maintenu. L’Elysée l’a confirmé. A la différence du Pont-Neuf empaqueté en 1985, l’Arc de Triomphe n’est pas neutre. C’est un lieu emblématique, un lieu sacré de la Nation où repose un soldat français mort pour la Patrie et sous lequel se déroule quotidiennement le ravivage de la flamme du souvenir. Il sera au moins aussi fier d’être empaqueté par Christo que d’avoir donné sa vie pour la France. » (Jérôme Serri) – La continuation de la pourriture.

« L’art est une réaction profonde contre la perte de signification et de rattachement à l’ensemble de l’être dans sa destinée ; il n’est pas ou ne doit pas être compensation, réalité advenant après coup, mais au contraire unité primitive, préface à un développement selon l’unité. L’art annonce, préfigure, introduit ou achève, mais ne réalise pas : il est l’inspiration profonde et unitaire qui amorce et consacre. » (Gilbert Simondon)

 « L’objet esthétique est aussi partiellement le dépositaire d’un certain nombre de caractères d’appel … Il est à la fois objet et sujet : il attend le sujet pour le mettre en mouvement et susciter en lui d’une part la perception et d’autre part la participation … L’intention esthétique est ce qui établit une relation horizontale entre différents modes de pensée … Elle est déjà en elle-même exigence de totalité, recherche d’une réalité d’ensemble. » (Gilbert Simondon)

« Dans le temps l’artiste devait avoir une vision du monde et un savoir-faire qu’il mettait au service de l’unité classique du beau, du bien et du vrai … Aujourd’hui, l’artiste doit avoir une idée, à la fois marque de fabrique, slogan et logo … Quel appauvrissement ! » (Alain Soral)

« Le cinéma dit d’auteur, pour l’opposer au méprisé cinéma populaire  … Arrogance anti-commerciale assimilée à un critère de qualité artistique … Le cinéma de la ‘nouvelle vague’, ce cinéma psychologique de nantis, cinéma du ‘moi-je’, romantique et onirique …Celui des cadets de la nouvelle petite bourgeoisie qui fournit à la fois les cinéastes et le public … public d’étudiants cinéphiles qui exprime les intérêts … de ce nouveau groupe social dominant : oisiveté, libido, littérature, surréalisme de pacotille, folie… Cinéma d’Etat (abondamment subventionné) et art officiel. » (Alain Soral – résumé) – Toujours le mépris du peuple.

« La domination du commentaire et du parasite … Nous en sommes submergés … L’air est saturé par le bourdonnement perpétuel que produisent les commentaires esthétiques, les jugements à la minute et les pontifications préemballées … Raz de marée d’articles, livres, actes de colloques, thèses … Peu d’ingestion, c’est la digestion qui prévaut … Trente mille thèses de doctorat annuellement pour les universités occidentales et soviétiques … On a estimé que depuis les années 1780, quelque vingt-cinq mille livres, essais, articles, contributions, thèses ont été produites sur les significations véritables de ‘Hamlet’ … L’énorme production est de l’ordre du commentaire sur le commentaire, du commentaire sans fin … Domination du critique sur le créateur … La masse devenue autonome, l’arbre se meurt sous le poids du lierre avide … Commentaire sur le commentaire et commentaire sans fin font partie des bases même du judaïsme et de la scolastique du Moyen Âge … Mais les textes originels devaient être protégés contre la croissance étouffante du commentaire, l’effort des papes et des conciles fixant les significations véritables et éternelles de la parole révélée … alors que la Torah judaïque est, de manière indéterminée, synchronique à toute vie individuelle et collective … Lorsqu’on n’y met pas un terme, le commentaire a une dimension schismatique, relativisation de l’absolu … Le principe moteur de l’association libre sur laquelle se fonde la psychanalyse met en jeu des séries infinies … on peut toujours creuser plus loin …’Faire des livre sur des livres et des livres sur ces livres est un travail sans fin’ (?) … On peut dire, et par conséquent écrire n’importe quoi sur n’importe quoi. » (George Steiner – considérations éparses sur la culture, les arts, la critique, la psychanalyse)

« Est-il fortuit que tant de triomphes ostentatoires de la civilisation, l’Athènes de Périclès, la Florence des Médicis,, l’Angleterre élisabéthaine, le Versailles du grand siècle et la Vienne de Mozart aient eu partie liée avec l’absolutisme, un système rigide de castes ? » (Georges Steiner – La culture contre l’homme) – Mais maintenant nous avons les œuvres de Jeff Koons et les émissions de télé-réalité !

« Selon Steiner, toute grande œuvre d’art … est, d’une manière intemporelle, ‘réactionnaire’ ; elle lutte à toute époque contre la tendance à l’oubli. » (Botho Strauss)

« Il s’agit de prendre un événement réel, de le traduire dans un scénario qui ne se soucie guère de la vérité historique, de séparer d’une manière radicale les bons des méchants et de présenter l’œuvre au public comme un ‘acte courageux qui dénonce impitoyablement’, qui ‘marque un pas en avant’, qui ‘démystifie’… » (Georges Suffert- sur un certain cinéma) – Mais le procédé est appliqué à toutes les formes d’œuvres (livres…) à prétention historique. Qui a vu des événements et prend connaissance de certaines relations qui en sont faites a posteriori reste pantois, sauf s’il a une sérieuse connaissance des manipulations opérées soit systématiquement, soit en répétant aussi stupidement que servilement.

« Les impostures de ce que ses bénéficiaires appellent ‘l’art contemporain’ se réduisent à une perpétuelle relance, subventionnée et spectacularisée, des mêmes gestes de rupture et des mêmes provocations depuis le mouvement Dada. » (Pierre –André Taguieff) 

« Un ‘réactionnaire avéré’ ne peut être reconnu comme un véritable artiste. D’où l’imposition d’un système de jugements positifs et d’admirations obligatoires, face à toute production culturelle jugée confusément ‘moderne’, ‘d’avant-garde’ ou  ‘contemporaine’, ‘totalement actuelle’, ‘en avance sur son temps’… » (Pierre-André Taguieff) – Sans oublier aussi l’argent public du ministère de la culture et des collectivités qui ne saurait aller à un véritable artiste non soumis.

 « Aux âges de coutume, l’œuvre d’art répond, non à un besoin de connaître du nouveau, ce qui est le propre des âges de mode où la curiosité est surexcitée … mais au besoin vraiment amoureux de revoir, de retrouver … ce que l’on connaît déjà et que l’on aime … Aux âges de mode, c’est la fleur et non la tige (le fait, et non le faire) qui attire la curiosité, l’art devient un métier plus souvent que le métier ne devient un art … Les temps curieux (satisfaction trompeuse et irritante fournie par l’invention à jet continu, invention sur commande) ne veulent que des artistes d’imagination. Les temps amoureux et croyants veulent des artistes pénétrés de leur foi et de leur amour. » (Gabriel Tarde) – Les âges de mode comme le nôtre forment des zappeurs, des zombies, pas des gens cultivés. Jadis, on ne naissait pas artiste, un artisan possédant son métier, cultivé et doué de sensibilité imaginative devenait artiste. Cent mille intermittents du spectacle réunis valent-ils Fra Angelico ou Michel-Ange… ?

« Le Socrate de Valéry en vient à reconnaître que les arts les plus élevés sont la musique et l’architecture parce que celles-ci ne procèdent pas  d’un ‘connaître’ mais d’un ‘construire’, procèdent non pas d’une contrainte mimétique à l’égard du cosmos, mais d’une authentique institution de sens. » (Frédéric Tellier)

 « L’artiste éprouve, devant l’œuvre faite, l’altérité de quelque chose qui a cessé de lui appartenir, qui se  défend de lui, qui n’est plus son objet mais qui lui oppose l’inviolabilité de ce qui est vivant … ‘Quand l’œuvre vit, elle ne nous laisse plus faire ce que nous voulons avec elle’ … L’œuvre accomplie atteint une maturité qui la libère de nos atteintes, qui la rend autonome, qui la pose devant nous comme si elle était née d’un autre que nous … L’art ne saurait être passion vécue mais bien plutôt passion vaincue. » (Frédéric Tellier – citant Paul Claudel) – « J’ai l’art contraire à mon désir. » (Michel-Ange)

« L’académisme, c’est précisément l’idéologie même, l’idéologie faite peinture ou sculpture. La rigidité académique, sa perfection achevée, correspond au fantasme de la bourgeoisie absolue, le fantasme d’une pétrification généralisée qui figerait et perpétuerait l’ordre des choses. » (Michel Thévoz)

« Cette tradition romantique et manichéenne (privilégier le spirituel au détriment du matériel) qui nous demande d’encenser l’art et de mépriser le quotidien est plus pauvre, à cet égard, que la culture extrême–orientale qui veut trouver la beauté dans les gestes les plus humbles, dans l’emballage d’un paquet … dans l’agencement d’un jardin ou d’un bouquet. » (Tzvetan Todorov)

« On reconnaît que l’on a rencontré une œuvre d’art … si elle vous laisse dans un état d’inspiration. » (Paul Valéry)

« Le plus grand service que nous rendent les grands artistes, ce n’est pas de nous donner leur vérité, mais la nôtre. » (Alexandre Vialatte)

« L’art fait désormais partie de la scène terroriste … Les excès d’une soi-disant ‘liberté d’expression’ qui n’est plus que la libération de l’attentat, non seulement à la pudeur mais à la valeur, à toutes les valeurs éthiques ou esthétiques qui donnaient sens, jusqu’à présent, à la scène artistique. » (Paul Virilio) – Contribution de l’art contemporain généreusement subventionné à la tâche essentielle de tout pourrir.

« ‘Il s’agit de briser les derniers tabous’. Le spectacle de l’abjection est constant, mais il est devenu politiquement incorrect de le contester, et ceci au nom de la liberté d’expression. »  (Paul Virilio – citant ? et le mot d’ordre moderne bénissant tout ce qui peut aider à détruire)

« Molière aurait corrigé les Français si le cœur humain pouvait l’être. » (Voltaire)

 « Tout est utile à l’artiste, en dehors des idées. » (Oscar Wilde)

« Le public pense que l’art doit représenter le cadre dans lequel il évolue. C’est le contraire. Les seules belles choses ont celles qui ne nous concernent pas. Dés qu’une chose nous affecte en quelque façon … dés qu’elle éveille nos sympathies, ou rappelle le cadre dans lequel nous vivons, on peut dire sans hésiter qu’elle est morte pour l’art. » (Oscar Wilde)

« Le propre de l’art, c’est l’imagination … Le réalisme est une faillite complète. La modernité du sujet et la modernité de la forme sont les deux écueils que l’artiste doit éviter. » (Oscar Wilde)

« Le tag fut exalté comme une peinture de Léonard de Vinci ; tout rappeur fut un nouveau Mozart … L’art contemporain est pris dans une infinie surenchère de la laideur. Défigurer, c’est figurer. » (Eric Zemmour)

« Les effets visuels n’exigeant aucun effort de pensée sont devenus l’essence de l’art rabaissé à un niveau émotionnel primitif. » (Alexandre Zinoniev)

« Un coin de la nature vu par un tempérament. » (Emile Zola – définition de l’art – cité par Ernst Cassirer)

« Selon moi, est artiste toute personne qui décide qu’elle est artiste et qui prend le risque de s’affirmer en tant que tel. » (Un directeur de lieu culturel) – C’est de l’auto-nomination, de l’auto-sacre. Quel risque ? Celui de s’immatriculer aux intermittents du spectacle peut-être ?

« Avons-nous vraiment besoin de 100.000 intermittents du spectacle ? » (?) – Quelque raison, assurément noble, à cette inflation ?

« Il reste paralysé de honte à l’idée de montrer qu’il ne comprend pas cet art contemporain présenté comme le difficile art d’aujourd’hui. » ( ? – sur le pauvre public)

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 « Enfermé dans ma paresse, je voyais croître autour de moi ma réputation de méchant sans qu’il m’en coûtât d’autre crimes que quelques gaietés, et je me disais : les Néron, les Caligula commettaient bien des crimes pour se faire craindre et haïr, tandis qu’avec quelques plaisanteries, ils auraient passé pour des monstres. » (Rivarol – à propos de son Petit Almanach des grands hommes de l’année 1788, avec Louis de Champcenetz)

Ci-dessous quelques extraits (les noms sont ceux d’inconnus aujourd’hui, remplacés par M).

Pour rappeler qu’il fût un temps où, en France, on avait de l’esprit, et où on savait écrire. Et les imbéciles nous parleront d’obscurantisme – qu’ils se regardent !

 « Récompense honnête à qui nous donnera des renseignements sur cet écrivain. »

« Pièce dont le public ne peut se louer puisqu’on ne la joue jamais. »

« Ce jeune poète a mis tant de force dans ce dernier vers qu’on a dû réunir une commission pour l’expliquer. »

« M. l’abbé a traduit Lucrèce en vers français ; il est parvenu, selon son louable but, à éteindre ce poète, le plus dangereux de l’antiquité ; et c’est ainsi qu’il faut traduire tous ces athées. »

« Ses vers sur la jalousie en ont donné à tout le monde. »

« C’est un prodige en littérature et un prodige effrayant pour ses rivaux. Ce jeune homme fait plus de livres que son père n’en peut imprimer. »

« Un de ceux qui ont le plus contribué à faire oublier Molière. »

« Un recueil, un almanach n’auraient jamais pu se présenter en public sans une petite pièce de l’abbé M, et le public n’en voudrait pas sans une petite pièce de l’abbé  ; tant l’habitude du profit d’une part et du plaisir de l’autre est facile à contracter. M. l’abbé ne s’y refuse point et se fait tout à tous. »

« M. ; si inconnu que nous en rougissons, trop est trop. »

« On l’a aimé dans Tibère, et Tibère lui-même y a beaucoup gagné. Il fallait bien du talent pour rendre Tibère aimable. »

« On se souviendra à jamais des débuts de M. Nous osons le défier de se surpasser, nous osons même le prier de ne pas le tenter … Quand on atteint la perfection du premier coup, on est forcé de s’y borner. »

« M vient de refaire la fable de ‘Tircis et d’Amaranthe’ qui en avait certes bien besoin. Nous invitons M à suivre cette heureuse idée et à refaire les ‘animaux malades de la peste’, ‘Philémon et Baucis’, ‘le chêne et le roseau’… »

« Ses couplets ont un commencement, un milieu et une fin … On aimerait mieux que M n’eût jamais commencé plutôt que de le voir finir. »

« Il est si célèbre que nous craindrions de nous rendre ridicule en en parlant davantage. »

« On peut être immortel et inconnu. C’est le cas de M. Ses œuvres se sont dérobées à toutes nos perquisitions ; mais son nom ne peut éviter nos hommages. »

« On travaille à une collection de ses œuvres qui sera très chère à cause des recherches infinies qu’exige la moindre de ses pièces. »

« Le Père P, trente volumes de poésie et de philosophie … Il ne fallait pas moins d’éloquence, de talent et de piété pour en venir à bout. »

« Poète qui ne jouit pas de toute la réputation qu’aurait dû lui attirer une pièce de huit vers qui parut il y a deux ans. »

« Nous espérons faire rougir notre siècle d’avoir laissé dans l’obscurité celui qui l’éclaire. »

« Combien de richesses semées ici ou là qui n’attendaient qu’un éditeur pour former un trésor. »

« Ses pièces sans nombre n’ont jamais été jouées. Le public et les comédiens n’attendent que la permission de l’auteur. »

« Vingt volumes de roman ne lui ont pas attiré une seule critique. Il y a eu peut-être d’aussi grands écrivains, on en trouve peu d’aussi fortunés. »

« Un poème sur Vénus ; plus beau que le sujet lui-même. »

« On pourrait peut-être s’abonner avec M à tant de chefs-d’œuvres par an, suite à sa première comédie. »

« Nous apprenons à tout lecteur que celui qui chante une fable en vaudeville et qui croit d’admirer La Fontaine n’admire en effet que M. La Fontaine n’ y est plus. »

« Ses poésies fugitives si connues à Avallon, en Bourgogne. »

« Tous ses collègues considérant qu’une si belle traduction pourrait remplacer l’original et faire oublier le texte ont prié M de se modérer. On aime les traductions qui permettent de relire le texte. »

« M, secrétaire ordinaire du comte d’Artois. »

« Un des plus laborieux commerçants de poésie. Les petits vers de M seront un jour d’une horrible cherté. Il est affreux qu’on spécule ainsi sur la poésie. »

« Sa paresse mêlée de modestie s’est avisée d’un stratagème singulier. M a juré qu’il ne ferait une seconde pièce que lorsqu’on aurait oublié la première. »

« Ce poète a fait de tout, afin de laisser le public sans excuse et les malveillants sans refuge. »

« Ce moderne Leibnitz ayant trouvé la quadrature du cercle ne put jamais en faire convenir l’Académie des sciences. Fatigué de combattre une ‘hydre d’incrédules’, M écrivit au pape Ganganelli, afin que ce pontife … en fit un article de foi. Le pape fut si étonné qu’il mourut pour se tirer d’affaire. Alors M intenta un procès à M. d’Alembert qui eut encore l’habileté de mourir. Alors M a pris le parti de se plaindre en vers et en prose de son infortune et de l’injustice des hommes, ressource ordinaire, mais infaillible, du génie méconnu ou persécuté. »

« C’est presque en rougissant que nous offrons à ce poète infatigable un encens dont il n’a que faire. »

« L’abbé M s’est surtout signalé par son sermon prêché devant l’Académie française où il entreprit de prouver qu’il ‘faut obéir aux rois’. La difficulté et les périls attachés à ce texte vraiment neuf… »

« Qui croirait qu’après tant de précautions (citées) contre l’oubli M fût si inconnu ? »

« Il a traité ces deux poètes de manière qu’on n’y reviendra plus, et c’est ainsi qu’il faut traduire … Comme on n’a su que dire à l’apparition de cet ouvrage il a bien fallu le laisser jouir du silence de la perfection. »

« Poète de grande réputation et qui n’a presque rien fait. Nous croyons que cela tient aux égards que M affecte pour les esprits les plus médiocres et aux soins qu’il prend de cacher ses forces. »

« On a craint que celui qui peignait si bien les charmes de la paresse ne les sentit de même, et ne devint le héros de sa pièce. M n’a plus rien fait. »

« Comment un homme peut-il trouver le temps d’écrire ce qu’un autre homme de même âge n’aurait jamais le temps de lire ? Tel est le problème qui se présente à l’esprit quand on contemple la liste des ouvrages de M. »

« Esprit universel et qui dispenserait lui seul de tous ses collègues. »

« Son idylle sur le bonheur de la France fait toujours le nôtre. »

« Ses couplets à sa femme sont un vrai modèle. »

« Son immense érudition a peut-être un peu étouffé les heureux talents qu’il avait reçu de la nature… »

« Ses pièces fugitives sont partout. »

« M. nous invitons ce poète à nous faire passer ses œuvres ou un certificat de vie. »

« Il a attaqué l’histoire … Sa dernière victoire a été sur Plutarque, qu’il vient

de traduire. »

« A fait une idylle de douze petits vers en 1781. L’extrême succès de cette pièce a rendu l’auteur paresseux, et sa paresse le rendrait inconnu, si nous ne prévenions ce malheur par cet article. »

« Avouait une épigramme en 1777. »

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