725,1 – Vainqueurs / Vaincus

– Les premiers : gentils, agressés, loyaux, courageux ; heureusement que la justice, le droit et le Ciel étaient avec eux. Si d’après Roger Martin du Gard « ils prennent immédiatement les vices des vaincus », on constate également que, par un réflexe bien humain, ils leur prêtent généreusement et en échange toutes les turpitudes auxquelles ils auraient pu eux aussi se livrer dans le feu de l’action.

– Les seconds : méchants, salauds, agresseurs, fourbes, lâches ; bien fait pour eux.

– Si c’est là la présentation habituelle de l’Histoire, ne pas en déduire cependant que les premiers avaient toujours tort et les seconds toujours raison. Si on trouve rarement du blanc ou du noir à l’état pur, le monde n’est coloré que de diverses nuances de gris et l’écart entre le gris sombre et le gris clair peut être significatif.

– Même si c’est loin d’être le cas général, il peut arriver que les vainqueurs reçoivent des vaincus. Par exemple, Rome adoptait les dieux des populations vaincus, Rome a peu à peu restauré l’humanisme d’une Grèce vaincue qui jugeait barbare son vainqueur. Mais c’était du temps où les adversaires étaient civilisés de part et d’autre, c’est bien fini.

– De nos jours, si on doit parler d’Auschwitz, si on y est même encouragé (à juste titre), il est tout à fait inconvenant de parler d’Hiroshima (Nagasaki, Hambourg, Dresde, etc.) – « Pour la première fois dans l’histoire, on n’a laissé au vaincu aucune, aucune gloire : pas même la douloureuse gloire du naufrage. Le vainqueur ne s’est pas contenté de vaincre, il a décidé de juger le vaincu, et il a jugé toute la nation. C’est pourquoi parler allemand et être allemand n’était guère facile en ces temps-là. » (Milan Kundera) – Facile de voir que le tchèque Kundera n’apprécie guère l’hypocrisie  anglo-saxonne.

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« Ne savez-vous pas que le comble de notre victoire est de nous comporter autrement que les vaincus ? » (Alexandre le grand – cité par Plutarque) – Alexandre voulait dire en mieux, aujourd’hui ce serait souvent plutôt en pire.

« Je ne suis pas venu en Asie dans l’intention d’accepter ce que vous daigneriez me donner, mais pour que vous conserviez ce que je daignerai vous laisser. » (Alexandre le grand – répondant à l’offre d’une cité conquise – cité par Sénèque) – Parole de vainqueur.

« Il est déjà suffisamment inouï qu’Homère chante la gloire des vaincus et montre donc dans son poème, lui-même laudateur, comment un seul et même événement peut avoir deux aspects et comment le poète, contrairement à la réalité, n’a pas le droit d’abattre et de tuer pour ainsi dire une seconde fois l’autre aspect en célébrant la victoire de l’autre partie. » (Hannah Arendt) – Le grec Homère chanta les actions des Troyens comme celles des Achéens, celle d’Hector non moins que celle d’Achille. Une telle impartialité, objectivité, ne s’était jamais produite nulle part auparavant, ni d’ailleurs après, hormis chez un autre grec Hérodote. Par imbécillité autant que par servilité, nos prétendus intellectuels ne risquent pas de s’élever à cette hauteur. D’ailleurs, on ne les laisserait pas faire.

« L’événement était jugé … ce juge qui, d’ailleurs, dit le fait plutôt que le droit. Quand une lutte à mort est engagée, qu’on ne parle plus de tribunal mais du sort des armes. » (Raymond Aron – sur un événement historique) – Il n’y a que les vainqueurs pour essayer de faire croire à leur justice et à leurs tribunaux, comble d’hypocrisie.

« L’espoir des vaincus est de n’espérer point. » (Agrippa d’Aubigné)

« Que donnerait une application sereine et impartiale des normes juridiques déployées à Nuremberg aux agissements des chefs d’Etat occidentaux depuis 1945 ? » (Normand Baillargeon) – Aux Américains les premiers certes, mais pas seulement les Occidentaux, songeons aux staliniens.

 « La psychologie d’un vaincu ressemble beaucoup à celle d’un malade. Les incurables de ces deux catégories accueillent avec crédulité toutes les affirmations. » (Maurice Barrès) – Ce qui permet d’autant mieux de leur imputer tous les crimes de la terre.

 « L’issue de tout conflit est une différence, celle qui distingue le vainqueur du vaincu – et cette différence est toujours arbitraire, figée et du sens du vainqueur. » (Jean Baudrillard)

« Comme l’histoire de la justice ne peut être dite que par les vainqueurs d’aujourd’hui, elle présente à chaque fois le monde comme le lieu où immoralité et punissabilité sont synonymes et où justice est faite … La moralité supérieure est bien trop souvent la moralité du supérieur. Aucune victoire sur l’inhumanité  ne semble avoir rendu le monde plus sûr pour l’humanité. » (Zygmunt Bauman) – Haut lieu de la justice, la cour pénale internationale de La Haye ! 

« Le vaincu a toujours tort, beaucoup plus que le vainqueur n’a raison. » (Emmanuel Berl)

« L’injustice et la cruauté, inséparables de la victoire, changeait de camp avec elle.  Après avoir découvert chez ceux dont on était séparé des sadismes déconcertants, il fallut bien reconnaître qu’ils se manifestaient de même chez ceux auxquels on se trouvait lié. » (Emmanuel Berl – sur la libération) 

« Ce qui est vainqueur, à l’âge moderne, est tout sauf noble. » (Jean Borie)

« Nous avons vu, en France, les règlements de compte usurper les formes de la justice, et, dans le monde, juger les généraux vaincus au nom de la morale internationale, comme si le jugement de fait, le jugement de la force et de la victoire, n’avait pas, par avance, rendu suspect et inutile toute parodie juridique … Seul le vieux Benedetto Croce a osé protester contre ce ravalement de la justice. » (Pierre Boutang) – Malheur aux vaincus.

« Il est étrange que les Alliés aient éprouvé le besoin, après le procès de Nuremberg, de disperser jusqu’au fond de la mer les cendres de leurs ennemis vaincus. Quel respect de l’homme et des lois non écrites y a-t-il dans cet acharnement ? » (cité par Pierre Boutang) – Barbarie bien légère, quasi innocente, en regard des faits de guerre, de part et d’autre. Néanmoins typique d’une redoutable mentalité pour le moins primitive

« On ne juge pas un vainqueur. » (Catherine II) – On se rattrape sur les vaincus. 

« Mais, c’est la loi du vainqueur –  Certes, en connaissez vous d’autres ? – Non – Alors, soyez vainqueur. » (Jean Cau)

« Aujourd’hui, des vainqueurs honteux (pas toujours) et des vaincus humiliés. » (Jean Cau – sur l’introduction de la morale là où elle n’a rien à faire, notion juive d’abord et chrétienne ensuite. Plus tard démocratique)

« Nous ne serons pas vaincus par une morale érigeant une idée mais par une idéologie morne ordonnant une société … Une idéologie de masse, ce sont des idées vulgaires de masse qui écraseront les individus (d’ailleurs de moins en moins individus). »  (Jean  Cau – renvoyant dos à dos New-York et Moscou, du temps du communisme)

« On se range du côté des succès ; le moyen d’avoir des alliés, c’est de vaincre. » (Chateaubriand)

« Teint du sang des vaincus, tout glaive est innocent. » (André Chénier)

« Ceux qui, à la fin, ont le plus pâti des conflits sont généralement  ceux qui s’en sont le mieux sortis … Les Croisades s’achevèrent sur la défaite des chrétiens, sans pour autant déboucher sur leur déclin, au contraire, plutôt sur celui des Sarrasins … La Révolution française fut finalement défaite. Les rois revinrent. Elle avait perdu sa dernière bataille mais elle avait atteint son but premier ; elle avait creusé un gouffre … De Sparte, Athènes reçut un coup fatal, mais elle renaquit. Sparte s’en fut, victorieuse, et mourut de ses blessures dans une lente agonie … Les Boers ont perdu la guerre sud-africaine ; ils ont gagné l’Afrique du Sud. » (G. K. Chesterton)

« L’Histoire sera très gentille avec moi puisque c’est moi qui vais l’écrire. » (Winston Churchill)

« Le désabusement est l’équilibre du vaincu … Le désabusement, recul après un désastre, est le propre de l’individu qui ne peut se détruire par un malheur, ni l’endurer jusqu’au bout pour en triompher. C’est le ‘demi-tragique’ hypostasié. » (Emil Cioran)

« Jadis les conquérants exigeaient que les députés des nations conquises parussent à genoux en leur présence ; aujourd’hui, c’est le moral de l’homme qu’on veut prosterner. » (Benjamin Constant) – Et depuis l’auteur, on en demande toujours plus : s’accuser de tous les maux, de toutes les vilenies, avoir le monopole des atrocités et des criminels de guerre, payer…

« Ces vieux et moins vieux crétins croient que le droit est un concept humanitaire (et non le glaive de la morale des vainqueurs comme le savait Nietzsche). » (Maurice G. Dantec – parlant en matière internationale) – Devinette : qui sont les crétins ?

« Ces deux emplois, le salopard et le sauveur, ont propension à permuter avec le temps, le colonisé se trouvant en un tour de main colonisateur et le détenu geôlier. » (Régis Debray)

« Il y a des lâches qui n’ont point combattu, et qui ont besoin de torturer les vaincus pour se persuader à eux-mêmes qu’ils sont vainqueurs. » (Alexandre Dumas) – « Outre le zèle faux et l’outrance du retardataire, les retardataires se rattrapent de leur ancienne faiblesse, de leur ancienne lâcheté, se défendent, se sauvent des reproches mérités qu’ils prévoient ou qu’ils entendent, compensent leur absence initiale en insistant sur leur nouveau rôle. » (Charles Péguy) – La horde des lâches, toujours présente, et au premier rang, dans les révolutions, les ‘libérations’, les victoires…

« Il est en effet très confortable d’être vaincu. Tout d’un coup on n’a plus de responsabilité. Un autre prend les décisions pour vous. La seule chose qu’on vous demande, c’est l’obéissance au vainqueur. Et le vainqueur est bon bougre : si vous faites ce qu’il veut, il vous laisse tranquille ; parfois même il vous récompense. » (Jean Dutourd – à propos de la rossée de 1940)

« Les vaincus ? C’est-à-dire ceux dont les moyens n’ont pas été assez efficaces. » (Jacques Ellul)

« La victoire arrive presque toujours couverte de sang. » (Erasme)

« Le vainqueur n’est jamais contredit quand il entreprend de relater des vaincus ce qui sert ses propres fins. » (Fichte) – Vertueux vainqueur, méprisable vaincu. 

« Tout vainqueur insolent à sa perte travaille – Défions-nous du sort et prenons garde à nous – Après le gain d’une bataille. » (La Fontaine – Les deux coqs)

« On n’est rebelle que quand on est vaincu, les victorieux ne sont jamais rebelles. » (Anatole France)

« Il ne faut pas vaincre seulement par la force mais par la manière. » (Baltasar Gracian)

« Priez Dieu de vous trouver toujours du côté du vainqueur, car vous serez alors loué de ce à quoi vous n’avez pas la moindre part ; inversement quiconque se trouve du côté du perdant se voit imputer quantité de choses dont il est parfaitement innocent. » (Francesco Guicciardini)

« Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de ta victoire. » (un lieutenant d’Hannibal après la victoire de Cannes devant l’inertie de son chef) – Ecouté alors, Rome eut été conquise.

« Un homme ça peut être détruit, pas vaincu. » (Hemingway)

« Si l’on ne peut pardonner, cela ne vaut pas la peine de vaincre. » (Victor Hugo)

« Pour les vaincus, la lutte est un grand bonheur triste

« Qu’il faut continuer le plus longtemps qu’on peut » (Victor Hugo)  

« Pour que nous puissions vouloir le mal, il faut au moins que nous l’ayons préalablement revêtu de l’apparence du bien ou que nous l’ayons, par une petite suite intérieure d’équations, réduit à sa propre relativité, en en extrayant tout le bien possible. » (Marcel Jouhandeau – Eloge de l’imposture) – Techniques bien connues des vainqueurs et des Américains particulièrement.

« Bismarck repoussait l’idée de faire passer en jugement l’empereut Napoléon III. Etant son adversaire, il se considérait comme incompétent. Depuis lors, on s’est habitué à condamner le vaincu … Les parties ne peuvent être juges. Elles ne font que prolonger le choc des forces. » (Ernst Jünger) – Oui, mais la haine, la vengeance, l’hypocrisie ont bien progressé en un peu plus d’un siècle. Sans oublier l’empressement, assez nouveau, à truquer l’histoire.

« Il s’est spécialisé dans le triomphe intestin … Il combattait se collègues, ses cousins. Certes peu de généraux ont terrassé autant de chefs militaires que lui. Quand Mauriac le comparait à Napoléon (jamais un grand écrivain français ne s’était encore prosterné si bassement devant un chef d’Etat) … il oubliait la nationalité des vaincus. C’est sur son inspiration, avec sa collaboration ou son approbation que l’amiral Gensoul fut vaincu à Mers-el-Kébir, le gouverneur général Boisson assailli à Dakar, le général Dentz écrasé en Syrie et réduit à périr sous les chaînes, que tomba l’amiral Darlan, que fut capturé l’amiral Decoux, que tant d’autres amiraux, Marquis, Laborde, Robert s’abîmèrent dans les bagnes, et un maréchal que le kromprinz n’avait pu vaincre à Verdun ni Ludendorff dans l’Oise (Pétain). Et les deux dernières victoires de  de Gaulle venaient de frapper le général Challe et le général Salan. Ce prétendu prophète des chars qui défendait  la thèse de la fortification à outrance, ce prétendu théoricien … qui a fraudé froidement en ajoutant un paragraphe à son livre ‘Vers l’armée de métier’ dans une réédition postérieure aux événements … Ses victoires, Mers-el-Kébir, dont il avait été l’un des inspirateurs et la dernière, rue de l’Isly (Alger, là aussi et toujours contre des Français). » (Jacques Laurent – sur la carrière de vainqueur  de de Gaulle) – Celui qui ne vainquit que des Français, auquel échappa de justesse le général Jouhaux, mais pas Bastien-Thiry. Celui qui, pour asseoir son pouvoir, livra la France à la sauvagerie communiste.

« Un féminisme d’autant plus hargneux qu’il est victorieux. Il est si doux de mener un combat déjà gagné. » (Elisabeth Lévy)

« L’unanimisme obligé de la ‘vérité artificielle’. La précipitation avec laquelle sont publiés bilans et témoignages, bien avant que la moindre vérification ait pu être effectuée, témoigne de la volonté de confirmer la validité des anticipations avancées. La guerre achevée, il convient quelle soit, plus que justifiée, juste. » (Elisabeth Lévy – sur les agressions féroces de l’OTAN contre les Serbes, mais pertinent dans toute guerre, surtout menée par l’Occident truqueur et menteur) – Ce qui vaut : vaincus, salauds et criminels de guerre – vainqueurs, angéliques et heureusement qu’ils sont intervenus, découverte d’atrocités à fendre le cœur d’un courageux démocrate vainqueur et notamment de charniers (sujet très prisé par les journalistes qui en voient partout) ; voir à la suite, 725,2, 3 et 4.

« Tu sais vaincre, Annibal, mais tu ne sais pas profiter de ta victoire. » (Tite-Live)

« Quiconque reste neutre s’attire nécessairement la haine du vaincu et le mépris du vainqueur. » (Machiavel)

« Faire partie des vaincus a au moins un avantage. On n’y trouve pas ces accommodants et ces intrigants qui foisonnent dans les parages des vainqueurs, et rarement cette fièvre de paraître qui est une maladie mortelle pour l’être humain. » (Hélie de Saint Marc)

« La victoire est honteuse, la défaite est noble ; le fort en tant que tel est injuste, le faible en tant que tel est juste. » (Jean-Claude Milner) – Paradigme européen.

« Les vainqueurs de l’Histoire nous débectent toujours un peu dans leur uniforme de bon samaritain. » (Thomas Morales) – A l’autosatisfaction, au mépris, au crachat sur les vaincus,  à la haine souvent, au pillage, au mensonge, les vainqueurs modernes ont rajouté l’hypocrisie. Bravo à notre prétendue civilisation (voir la guerre de l’Amérique et de ses valets, France au premier rang) contre les populations serbes dans les années quatre-vingt-dix.

« Vaincre n’est rien, il faut profiter du succès. » (Napoléon Bonaparte)

« Le plus grand péril se trouve au moment de la victoire. » (Napoléon Bonaparte) – Se rappelait-il la façon dont il avait ‘massacré’ sa victoire d’Iéna en humiliant inutilement la Prusse, et donc incité à la bataille des Nations (Leipzig 1813) contre lui, et indirectement accéléré l’unification de l’Allemagne ?

« Un signe qui annonce presque toujours la décadence d’une aristocratie est l’invasion de sentiments humanitaires et de mièvre sensiblerie qui la rendent incapable de défendre ses positions … Toute élite qui n’est pas prête à livrer bataille pour défendre ses positions est en pleine décadence, il ne lui reste plus qu’à laisser sa place à une autre élite ayant les qualités viriles qui lui manquent. C’est pure rêverie si elle s’imagine que les principes humanitaires qu’elle a proclamés lui seront appliqués … résonnera alors l’implacable ‘Vae Victis’. » (Vilfredo Pareto) – C’est aussi vrai pour les peuples, et d’abord pour l’Occident larmoyant et repentant !

« Nos morts étaient morts en croyant vraies des choses fausses. Et chez nos adversaires il en était de même. Imposture contre imposture. Et sur l’une des deux, celle qui avait triomphé par la seule force du nombre, on avait construit la paix, en obligeant les vaincus à lâcher leur tricherie pour la nôtre. » (Robert Poulet – sur la guerre de 1914, et avec des exemples de ces impostures – Ce n’est pas une vie) – On force toujours les vaincus à convenir que les vainqueurs avaient raison.

« Quand un Etat combat son ennemi politique au nom de l’humanité, ce n’est pas une guerre de l’humanité mais une de celle où un Etat donné affrontant l’adversaire cherche à accaparer un concept universel pour s’identifier à celui-ci, comme on abuse  de la paix , de la justice, du progrès et de la civilisation en les revendiquant pour soi tout en les déniant à l’ennemi … On est donc conduit à refuser à l’ennemi sa qualité d’être humain, à le déclarer hors la loi et hors l’humanité et donc à pousser la guerre aux limites extrêmes de l’inhumain … Ils sont forcés de déclarer criminel et inhumain le camp adverse, d’en faire une non-valeur totale, sous peine d’être eux-mêmes des criminels et des monstres. » (Carl Schmitt) – Les démocraties championnes de cette hypocrisie. C’est ainsi qu’on justifie Hiroshima, Dresde…

« Carl Schmitt montre que les guerres idéologiques des temps modernes, qui disqualifient l’ennemi sous l’angle moral, au lieu de le considérer comme un adversaire que l’on combat tout en admettant qu’il puisse aussi avoir ses raisons, ont pris le relais des guerres de religion … Même caractère impitoyable et total, effacement des distinctions entre combattants et civils, entre front et arrière, entre belligérants et neutres ; quand les armes se taisent, la guerre se poursuit par la ‘rééducation’ politique (et l’exécution des chefs vaincus, comme Vercingétorix !) … Qui fait la guerre au nom de l’humanité … cherche à accaparer un concept universel pour s’identifier à celui-ci … afin de délégitimer son ennemi, de le transformer en un hors-la-loi,  n un monstre inhumain. » (Carl Schmitt – par Alain de Benoist) – Merci à notre révolution de 1789, aux démocraties qui ont pris la suite ; de ce point de vue pas mieux que les dictatures.

« Nous aurons le temps d’être humains lorsque nous serons vainqueurs. » (Hérault de Séchelles – révolutionnaire de 89)

« Un vainqueur et un vaincu ; il y en a parfois deux. » (Louis Scutenaire)

« Rien n’est plus rare et plus glorieux que de se faire aimer de ceux qu’on a vaincu. » (Louis-Philippe de Ségur)

« Se vaincre en plein triomphe, c’est triompher deux fois. » (Publius Syrius)

« Où ils ont fait un désert, ils disent qu’ils ont fait la paix. » (Tacite – des vainqueurs)

« Une victoire n’est parfaite que si elle transforme le vaincu en allié. » (Gustave Thibon)

« Les faits concernant les vaincus, ainsi que leurs luttes, sont violemment expulsés de la mémoire collective.  Ceux qui gèrent l’histoire, ce sont les vainqueurs qui ne conservent que ce qui peut rentrer dans l’image qu’ils s’en font, afin de légitimer leur propre pouvoir. » (Gianni Vattimo)

« On est juste et clément alors qu’on est vainqueur. » (Guillaume Viennet) – Où l’auteur, du XIX° siècle a-t-il vu une telle aberration ? Au Moyen-âge peut-être, période où les dirigeants étaient intelligents et généreux. En tout cas, cet auteur idéaliste était bien mort au XX°, avec ses élucubrations.

« Les winners d’aujourd’hui franchissent des caps. » (Marin de Viry)

« La justice, cette fugitive du camp des vainqueurs. » (Simone Weil) –  « La justice ne se contente pas d’être bafouée quand elle est faible, mais elle cesse, le plus souvent, d’être juste quand elle est forte. » (Jean d’Ormesson)

« La pratique invariable est de condamner ceux qu’elles ont tués. » (Simone Weil) – Que les nations triomphantes ont…

« Rien, sinon une défaite, n’est aussi mélancolique qu’une victoire. » (duc de Wellington)

 « Toutes les histoires nationales, dans tous les pays, doivent nécessairement mettre la faute sur le compte de la nation voisine… » (Stefan Zweig)  – Mais, c’est quand même l’avantage et le privilège des vainqueurs que de se valoriser eux-mêmes en traînant les vaincus dans la boue.

« Vae victis. » Malheur aux vaincus.

« La victoire a beaucoup d’amis. » (?)

« Aujourd’hui, le vaincu se doit, en plus, de reconnaître que le vainqueur avait raison. » (?) – Comble du sadisme.

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