535,11 – Terrorisme

– Du terrorisme scientifique, sophistiqué (11 septembre) au terrorisme artisanal de proximité     (mon voisin ?) 

– Terroriste : à titre individuel, peut devenir un héros vivant ou un martyr défunt, suivant la tournure des événements et le camp qu’il sert (ou dont il se sert).

– Victime : on envisage de les médailler (à titre posthume), voilà une initiative courageuse et bienvenue, et même, aux dernières nouvelles, de leur élever un monument.

– Les Etats civilisés, donc démocratiques, ne se livrent pas au terrorisme. Leur force parfaitement contrôlée ne vise qu’à restaurer, ailleurs que chez eux, la liberté bafouée par des potentats qui sont même parfois, infinie tristesse, d’anciens amis (Saddam Hussein…).

– Il est moins dangereux, plus économique et aussi efficace, sinon plus, de ne pratiquer ce sport qu’au plan intellectuel, le terrorisme intellectuel cher aux intellectuels et aux média. Suivant la théorie d’un intelligent personnage, Antonio Gramsci : conquérir l’hégémonie culturelle d’abord, le pouvoir tombera ensuite comme un fruit mûr. On est proche des pratiques de propagande (voir à Désinformation, 435,2)

– Les politiciens et les média occidentaux en général, et Français en particulier, étaient devenus tellement lâches jusqu’à il y a peu qu’ils n’osaient même plus nommer ainsi un terroriste, mais qu’ils le qualifiaient de déséquilibré. Pitoyable !  Ivres de démagogie, rendus fous par la tyrannie de la transparence, esclaves de leur couardise et abjects de perpétuelle lâcheté, ce chœur de fausses vierges ânonne le rituel pas d’amalgame couplé à l’exorciste rejet de tout emballement.

– Pourtant depuis 10 ans, les gouvernements successifs n’ont pas été avares  de plans (contre le séparatisme, le communautarisme, le terrorisme, mais bizarrement jamais contre l’islamisme quand il sort de son rôle religieux). Il est vrai qu’en démocratie, l’annonce d’un plan signifie qu’on ne fera surtout rien.

– Un moyen simple d’y mettre fin, ou au moins de le réfréner : que les prétendues élites intellos-médiatiques occidentales en général, et françaises en particulier, cessent de tout pourrir, de piétiner les valeurs de leur société et de celles des autres, de tourner en dérision tout ce qui est sain, ou apparaît tel à qui que ce soit, s’abstiennent de pratiquer la tolérance à sens unique. Ainsi « l’Occident ne sera-t-il plus perçu à la fois comme arrogant et dépravé » (Bernard Lugan, africaniste). Ce qui n’empêche nullement d’exercer un droit de critique raisonné, mais à priori bienveillant. Mais évidemment cette attitude, de restriction, suppose des vertus de rigueur et de droiture qui ne sont plus ni enseignées, ni pratiquées, ni honorées. Ce qui signifie que l’Occident pourrait peut-être s’interroger sur les raisons de la haine qu’il déclenche, haine sociétale peut-être bien.

– Un moyen simple de l’encourager est de manifester trop d’émotion, de déclencher le vacarme, d’en faire des tonnes dans les média et dans la rue (et en plus sous un slogan minable) : car cela n’aboutit objectivement qu’à servir sa propagande sur sa puissance ainsi qu’à fournir quelque crédit supplémentaire aux théories dites du complot auprès des esprits faibles. « En humiliant une puissance occidentale, un attentat réussi … Mais il permettra aussi à l’organisation responsable de se faire connaître, de montrer son efficacité, autorisant un recrutement plus large, apportant un prestige ou une capacité accrue. » (Michel Wieviorka et Dominique Wolton). Mais évidemment cette attitude, de réserve efficace, empêche le déploiement de la sacro-sainte Com. si utile aux dirigeants et est inapplicable dans l’enfer médiatique et la stupidité politique de populations décervelées. « Ces déluges de larmes, de paroles, de gestes, de vertus, qui amènent à courte échéance un déluge de sang. » (Jean Giraudoux). Ces gesticulations hystériques (escroquerie intellectuelle à l’émotion, happening satisfait, festival du consensus mou, suivant Gilles-William Goldnadel)  sont peut-être compréhensibles, mais incompatibles avec le sacro-saint principe de précaution et politiquement terriblement négatives sur le plan de la lutte contre le terrorisme. Mais en est-on à une connerie près ?

– Les incantations, la compassion certainement désintéressée des people et célébrités en tout genre, les marches et rassemblements, les montagnes de fleurs et les illuminations de bougies, ‘Les bougies qui répondent aux couteaux’ (Eric Zemmour), l’étalage d’ours en peluche, l’écriture de poèmes, le dessin de  cœurs et de colombes, les mains dans la main et les chants guimauve, les lâchers de ballons pour implorer la libération d’otages, le consternant mot d’ordre-Bobo après le Bataclan, Tous en terrasse, « Boire une bière en terrasse devenant un acte de résistance » (Olivier Bardolle), l’extinction un soir de la tour Eiffel seront-elles des armes suffisamment dissuasives ? Ou bien, au contraire, ces palinodies de midinettes renforceront-elles l’impression d’infantilisme larmoyant ? Les paris sont ouverts – « Les deux facettes du consensus compassionnel, la pitié et la terreur … En compatissant aux souffrances des victimes, on aide leurs bourreaux à remplir leur mission. » (Guillaume Erner)

– Si on pense qu’il faudrait, pour combattre la force aveugle, quelque force morale, il suffit de regarder notre  société, à travers ses média, nos têtes jouisseuses, apeurées, larmoyantes pour avoir la réponse. « Il s’agirait non tant de vaincre l’Etat islamique … mais plutôt et avant tout de ‘vaincre la peur’ … Défiler contre la peur, ce qui n’a strictement aucun sens, à moins qu’il ne s’agisse d’une thérapie collective bon marché pour éviter de se poser quelques questions dérangeantes … ‘Combattre une société plus haineuse’, et le combat contre les terroristes ? Pas un mot. » (Alain Destexhe – citant un grand journal du soir). « Gérer l’emballement de la peur pour la freiner et la déconstruire. » (?) – On pourrait en mettre des tonnes sur notre lâcheté et se rappeler l’adage « Sans vertus militaires, un peuple ne subsiste pas. »

– Quand la lâcheté l’emporte, comme c’est le cas dans les sociétés occidentales, un acte barbare de terrorisme visant un groupe social (homosexuel par exemple) est ramené à une manifestation d’intolérance. Les lâches tremblent à l’idée de nommer un ennemi. « Cela  n’a rien à voir avec l’Islam » – refrain de la lâcheté politico-médiatqu–

-« Ceci est notre guerre et nous allons la gagner par notre insouciance …. Chaque nuit est devenue une victoire militaire, faire la fête un acte de bravoure … S’asseoir à une terrasse, c’est dire ‘merde’ aux bourreaux crétins. Aujourd’hui je m’incline avec respect devant le Reina, le Pulse et le Bataclan (toutes boîtes de nuit ou assimilées attaquées), devenus les temples sacrés de notre liberté si vulnérable, de notre joie d’aimer, d’être ivre et de danser. » (Frédéric Beigbeder – s’exprimant sérieusement, donc sidérant d’imbécillité) – Si nous n’avons que ces temples !

– En France et à terme, pris en tenaille, coincés, entre l’intraitable laïcité (parfois un peu insultante chez les amuseurs publics discrètement encouragés), l’harmonieux Vivre ensemble, les légendaires valeurs de la République, les innombrables droits de l’homme (et ceux de la femme), les terroristes ne peuvent que s’effondrer en larmes et faire amende honorable. Et, s’ils résistent encore à reconnaître la supériorité de l’Occident, on pourra leur envoyer les adorables Femen ainsi que les douces Chiennes de garde en renfort si besoin, les inviter à se réjouir et se cultiver avec les Guignols de l’info., leur proposer notre pointilleuse législation anti harcèlement, les aider à mettre sur pied une haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), leur vanter la musique d’un groupe nommé élégamment Nique ta mère, les effrayer avec les charmants masques d’Halloween, les faire assister à quelque rave party ou défilé de rue éclectique, bigarré et musical réclamant, ou étalant, quelques nouveaux droits, les convier à s’inspirer de nos hallucinantes réformes sociétales, et, on les achèvera à grands coups de Padalgame. Bien qu’ils semblent que nos ennemis soient mieux informés sur ce qu’ils rejettent que nous ne le sommes sur la nature exacte de ce que nous voulons protéger. Ce qui nous rend incapable de comprendre pourquoi ils nous en veulent à ce point, et surtout pourquoi ils attaquent avec une telle sauvagerie. Mais, hélas, si même « La société française …  est lasse de ce nihilisme Charlie qu’on lui fait un devoir d’adorer. Comme si sa seule identité consistait à dessiner des culs et à boire en terrasse. » (Jacques de Guillebon) – Il est possible qu’ils faillent affiner nos arguments bisounours civilisationnels et modérer la sollicitude de nos Bobos pour tout ce qui est soit extravagant soit carrément hors de tout sens et de toute raison.

– Il existe aussi un terrorisme médiatique, les hurlements unanimistes de la meute.

– Règles médiatiques : calomnier, au moins par allusions, essayer si on le peut de faire porter le chapeau aux cibles habituelles, aux gens et organismes opposés à la clique dominante, ne jamais évoquer à qui l’événement pourrait profiter, se concentrer sur les détails et le comment, éviter la question du pourquoi ; en bref, comme d’habitude prendre les gens pour des imbéciles. Et, comme toujours, clamer bien fort avant de s’endormir profondément, que Rien ne sera jamais plus comme avant.

– « Les ingrédients du  terrorisme intellectuel : – La tyrannie des bons sentiments – L’inculture sensationnaliste – La sélection négative des éléments les plus hâbleurs et les plus extrémistes – L’effet de meute – Le conformisme de la majorité silencieuse et la résignation des véritables minorités opprimées dissuadées d’intervenir (et par la terreur) … Trois accusations ‘ad hominem’ : simplisme, superficialité, psychorigidité et trois procédés rhétoriques qui leur font écho : pédantisme, paradoxe et commisération psychanalytique. » (Marc Crapez) – Le terrorisme ne se conduit pas qu’un couteau à la main !

« J’en ai ras le bol des rassemblements, des fleurs, des couronnes, des bougies et des nounours. Je ne critique aucun de ceux qui défileront et lorsque l’on se sent impuissant, déposer une bougie, témoigner de sa solidarité, c’est déjà ça. C’est juste que personnellement j’ai dépassé ce stade. » (Céline Pina) – Il faut une femme pour nous proposer un peu de virilité.

– Recommandation officielle aux média soumis : parler de déséquilibré, de fou, d’aliéné… ça rassure les populations. Pour le reste, faire comme s’il ne c’était rien passé, pour continuer de vivre à crédit.

– Pour une description du fanatisme, on peut consulter également la rubrique Extrémiste, fanatique, fondamentaliste, Intégriste, 310, 2 

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Pour ceux qui voudraient approfondir ce sujet au-delà des lamentables platitudes de nos média, les 47 pages du petit livre de Jean Baudrillard (si on le trouve encore) L’esprit du terrorisme disait et annonçait l’essentiel dès 2002. Ci-dessous, quelques points saillants, parmi ceux qui peuvent encore être cités aujourd’hui. D’autres, qui n’ont cependant rien à voir avec l’apologie du terrorisme, bien loin de là, ne peuvent même plus être cités tellement l’atmosphère est devenue irrespirable (ce qui est aussi un succès indirect du terrorisme).

 « C’est très logiquement, et inexorablement, que la montée en puissance de la puissance exacerbe la volonté de la détruire … Le terrorisme est partout … il n’y a plus de ligne de démarcation qui permette de le cerner …Il n’y  a plus d’idéologie derrière tout cela … Ce n’est donc pas un choc de civilisations ni de religions, et cela dépasse de loin l’Islam et l’Amérique, sur lesquels on tente de focaliser ce conflit pour se donner l’illusion d’un affrontement visible et d‘une solution de force … Antagonisme fondamental qui désigne la mondialisation triomphante aux prises avec elle-même … La quatrième guerre mondiale (la troisième étant la guerre froide qui a mis fin au communisme), la seule véritablement mondiale, puisqu’elle a pour enjeu la mondialisation elle-même … Elle est ailleurs même que l’idée de la guerre (qu’il faut de temps en temps sauver par des mises en scène spectaculaires, telles que celle du Golfe, d’Afghanistan). Elle est ce qui hante tout ordre mondial, toute domination hégémonique ; si l’Islam dominait le monde, le terrorisme se lèverait contre l’Islam. Car c’est le monde lui-même qui résiste à la mondialisation … Le contresens total de la philosophie  occidentale, celle des Lumières quant au rapport du Bien et du Mal. Nous croyons naïvement que le progrès du Bien … dans tous les domaines (sciences, démocratie…) correspond à une défaite du Mal. Personne ne semble avoir compris que le Bien et le Mal montent en puissance en même temps, et selon le même mouvement (Auschwitz dans un des pays les plus cultivés et au milieu du vingtième siècle). Le triomphe de l’un n’entraîne pas l’effacement de l’autre, bien au contraire … Ils sont irréductibles l’un à l’autre et leur relation est inextricable … Dans l’univers traditionnel il y avait encore une balance du Bien et du Mal, un équilibre de l’univers moral (comme pendant la guerre froide), donc pas de suprématie de l’un sur l’autre. Cette balance est rompue à partir du moment où il y a extrapolation totale du Bien (hégémonie du positif sur n’importe quelle forme de négativité) … L’équilibre rompu, c’est comme si le Mal reprenait alors une autonomie invisible, se développant désormais d’une façon exponentielle … Le terrorisme suicidaire était un terrorisme de pauvres, mais les terroristes ont cessé de se suicider en pure perte … celui-ci est un terrorisme de riches (financièrement, techniquement…). Ils ont tout assimilé de la modernité et de la mondialité, sans changer de cap, qui est de la détruire. Et c’est cela qui nous fait particulièrement peur : ils sont devenus riches sans cesser de vouloir nous perdre … Ils trichent sur tous les plans … ce n’est pas de jeu de mettre en jeu sa propre mort … Ils ont droit au salut dont nous ne pouvons même plus entretenir l’espoir … Tout est dans le défi, le duel,  l’autre vous a humilié, il doit être humilié, et non pas seulement exterminé. Il faut lui faire perdre la face. Et cela on ne l’obtient jamais par la force pure et la suppression de l’autre … Cette violence terroriste n’est pas un retour de flamme de la réalité, pas plus que de l’histoire. Elle est pire, dans un sens : elle est symbolique … Dans cet événement singulier, dans ce film catastrophe de Manhattan se conjuguent au plus haut point les deux éléments de fascination de masse du vingtième siècle : la magie blanche du cinéma et la magie noire du terrorisme. La lumière blanche de l’image, et la lumière noire du terrorisme … N’importe quel massacre leur serait pardonné s’il avait un sens … Le terrorisme ne serait rien sans les média. » – Halte aux débordements indécents du Bien. (politiquement stupides en plus quand l’Occident élimine des dictateurs qui le protégeaient : Khadafi par Sarkozy ou veut éliminer : Bachar Al Assad par Hollande ; merci Obama d’avoir empêché la folie de ce dernier minable).

« Parce que, comme n’importe quel autre vengeur, il poursuit d’abord l’objectif secret de se confirmer à lui-même son existence ; parce que, se sentant lui-même ‘anéanti’, il a besoin de pouvoir dire : ‘j’anéantis, donc je suis’. » (Günther Anders – sur le nihiliste) – Mais s’applique sans aucun doute aux kamikazés du terrorisme (ne pas confondre ces minables avec la noblesse des kamikazés japonais de la dernière guerre).

« L’égalité réside aujourd’hui en ceci que les civils ont tous le même droit de se faire assassiner que les militaires. » (Günther Anders)

« La terreur exécute immédiatement les verdicts de mort prononcés, suppose-t-on, par la nature à l’égard des ‘races inférieures’ … ou par l’histoire contre les ‘classes en voie d’extinction’ … sans attendre le terme des processus d’anéantissement, plus longs et moins sûrs, à l’œuvre dans la nature ou l’histoire. » (Hannah Arendt) – La terreur en Etat totalitaire (on les reconnaîtra) et même hors structure étatique établie et revendiquée.

« Doit être considérée comme terroriste toute action dont l’effet psychologique est très largement supérieur à ses effets physiques. » (Raymond Aron)

« Les concessions qui mènent au cimetière. » (Saint-Aulaire)

« ‘Prenons-les un par un’, réponse de Georges Bush au directeur de la CIA qui l’avertissait que s’attaquer aux pays qui hébergeaient (souvent malgré eux) des terroristes, c’était se ‘créer un problème avec soixante pays’ … La ‘pax americana’ par doses progressives … L’Irak n’était donc pas un cas exceptionnel. » (Benjamin Barber – simplifié) – Fous d’Allah, certes, Occidentaux fous, certes aussi.

« Une France à ce point anesthésiée qu’elle n’a plus que la force d’allumer, à intervalles réguliers, des bougies et de déposer des poèmes sur les lieux du crime. » (Georges Bensoussan) – Une France à laquelle ses dirigeants ont imposé leur lâcheté.

« Je tiens que ce déni est du dédain. Voire du racisme … Cette ‘compréhension’ est gorgée de mépris … Dans l’imaginaire des Faibles, ils demeurent des hommes frustes qui ne savent pas ce qu’ils disent … La gauche qui entretient une nostalgie honteuse de l’époque coloniale … Telle est la perversion des Faibles : leur bonne conscience est saturée de condescendance, et leur bel altruisme cache mal un ethnocentrisme rampant … Mais ce qui fonde la complaisance à l’égard des islamistes, c’est de moins en moins une vision en rose, et de plus en plus une peur bleue. » (Jean Birnbaum – enfin réveillé et sorti de soumission – sur le djihadisme, le terrorisme islamique et la lâcheté des Faibles, nommément la gauche bien-pensante)

« Les média ne se contentent pas de constater un état du monde, ils ajoutent au monde un état. Le terrorisme qui n’arrive que pour qu’on en parle. Le terroriste calcule et maximise sa média-dépendance… Le terrorisme ne peut que prospérer dans notre nouvelle écologie médiatique mondialisée qui doit faire de l’audience, donc produire des chocs. » (Daniel Bougnoux) – D’où la sottise politique et la nocivité opérationnelle de nos manifestations émotionnelles.

« Jadis, quelques nihilistes russes se retinrent de jeter leur bombe sur le Tsar en apercevant des enfants dans la calèche. Ces scrupules d’un autre âge… » (Daniel Bougnoux) – En 1905 à Moscou. L’humanité ne cesse de progresser !

« Le bétail sait que les loups sont ce qu’ils sont … Il (l’homme occidental) commence à inventer mille théories et schémas pour se prouver que les loups n’existent pas, qu’ils ne représentent aucun danger (si un veau a été ravi, c’est par des loups affamés, voilà tout) et que, s’ils doivent à tout prix nous manger, ce soit lentement, en se régalant et non d’un coup. » (Vladimir Boukovsky, dissident russe – sur les pacifistes invétérés illustrant la lâcheté de l’Occident) – « Le pacifisme ne saurait attendre son salut que de l’éventuelle clémence des maîtres. » (Julien Freund) – « Si nous sommes gentils avec les autres, ils seront gentils avec nous, pensée sur le crétinisme français. » (?)

« L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule. Qui n’a pas eu, au moins une fois, envie d’en finir de la sorte avec le petit système d’avilissement et de crétinisation en vigueur a sa place toute marquée dans cette foule, ventre à hauteur du canon. » (André Breton – Second manifeste du surréalisme) – Non, cette élucubration n’est pas issue d’un manuel de djihadisme mais du pape du surréalisme de Montparnasse dans les années 1920, boutade inoffensive peut-être mais qui montre bien où commençaient à descendre les élites occidentales.

« Avec la guerre contre le terrorisme, on a pratiquement supprimé toutes les limites puisque, d’une part, cette guerre, dans l’espace, peut être partout, elle peut, d’autre part, être permanente puisqu’il faut frapper préventivement. » (André Brigot)

« L’idée qui lie croyances sectaires et faible niveau social et scolaire est fausse. La plupart de nos contemporains ne manquent pas d’attribuer les dérives radicales … à la folie ou à la misère sociale, affective et intellectuelle … La réalité est pourtant tout autre : la pensée extrême reste bien souvent l’apanage de personnes éduquées, issues de milieux sociaux homogènes et peu frappées par la grande pauvreté, pour la plupart entourées, bref de citoyens ‘normaux’ … Dans le cas des terroristes , ce qui frappe, ce n’est jamais une forme d’insensibilité morale, mais au contraire une sensibilité exacerbée, telle qu’elle ne peut souffrir aucune compensation possible dans l’esprit du terroriste le plus déterminé. » (Gérald Bronner) 

« Lorsque des individus entretiennent un rapport inconditionnel avec des idées millénaristes, ils pensent qu’ils n’ont rien à perdre … Aucun sacrifice n’est excessif pour celui qui croit qu’il en sera bientôt infiniment récompensé … Et rien n’est plus grand que la réalisation d’un destin collectif, autorisant toute les exactions. » (Gérald Bronner – Déchéance de rationalité) – Terrorisme certes, mais aussi suicides collectifs au sein de sectes. 

« Ce qui motive le terrorisme ce n’est pas telle ou telle erreur de l’Europe ou de l’Amérique – et Dieu sait si nous en avons commis – c’est la haine pure et simple. » (Pascal Bruckner)

« Sa motivation ultime (du terrorisme) c’est l’hostilité que les fanatiques vouent à une société ouverte où l’égalité formelle est reconnue à tous … mais  ce constat est lui-même intolérable pour nous : afin de rester dans le cercle de la raison … il nous faut à tout prix prêter des arguments aux tueurs, quitte à sembler justifier leurs actes. » (Pascal Bruckner)

« Une politique qui cultive délibérément la frénésie et l’hypnose entraîne le despotisme et la guerre. » (Roger Caillois)

« Que pouvait faire la volonté d’entente d’Athènes contre la volonté de conquête de Philippe …  ses orateurs contre les espions de Philippe, sa bonne foi contre les parjures. Elle se surprenait à songer qu’elle s’en tenait peut-être à la légalité moins par vertu que par faiblesse, par routine ou par peur. Elle s’attardait à réfléchir pour ne pas avoir à décider. S’ingéniant à concilier pour ne pas devoir choisir, elle découvrait des avantages à chaque conduite … et pour un peu les eût toutes trouvées compatibles. Sa tolérance couvrait un abandon, sa patience une perplexité, sa bienveillance une déroute. Elle avait perdu jusqu’à cette fermeté de la pensée qui permet de poser nettement les problèmes et qui donne pour les résoudre l’audace et l’imagination nécessaires … Dans le temps où elle provoquait le plus l’avidité du Barbare, elle se découvrait la moins faite pour résister à ses assauts. » (Roger Caillois – sur l’attitude d’Athènes devant Philippe de Macédoine)

« Cette grande idée que tout idéalisme est creux, s’il ne se paie pas par le risque de la vie … Dans la seule année 1892, on compte plus d’un millier d’attentats à la dynamite, en Europe, près de cinq cents en Amérique … meurtres …. (la grande vague anarchiste de la fin du XIX° siècle, notamment en Russie) … Les meurtriers délicats : on refuse de tuer des enfants se trouvant dans la voiture du grand duc, on s’oppose à un attentat dans le rapide Pétersbourg-Moscou, ‘si Doubassov est accompagné de sa femme, je ne jetterai pas la bombe’, on décide de tirer sur des officiers qui pourraient s’opposer à une fuite, mais de se tuer plutôt que de tourner son arme contre des soldats … Deux races d’hommes. L’un tue une seule fois et paie de sa vie. L’autre justifie des milliers de crimes et accepte de se payer d’honneurs. » (Albert Camus, simplifié – considérations éparses sur le terrorisme –  L’homme révolté) – Où et quand sommes-nous ici et aujourd’hui quant aux honneurs ici-bas ou dans l’au-delà et quant à épargner des innocents ? La civilisation a -t-elle progressé ?

« Leur fraternité est celle de Cain et d’Abel. » (Chamfort) – Celle d’Etéocle et de Polynice.

« Le nihilisme est le meilleur terreau du fanatisme ; qui ne croit à rien n’a aucune raison de résister aux entraînements collectifs. » (Bernard Charbonneau)

« Il y a deux façons de parler du terrorisme, car le terrorisme n’est pas considéré comme tel lorsqu’il est pratiqué (et sous une forme nettement plus meurtrière) par ceux qui, de par leur pouvoir, sont parés de vertu. L’Occident parvient à s’en tirer en toute impunité et à entretenir aux yeux du reste du monde le mythe voulant qu’il soit investi de quelque mission morale. Comment y arrive-t-il ? » (Noam Chomsky) – Comme en politique intérieure, il suffit de posséder les média pour mentir impunément et sans cesse par affirmations, omissions et déformations jusqu’à arriver à un total abrutissement des populations décervelées.

« Ils obéissent en fait au mythe de l’immortalité sacrificielle, de la dissolution du Moi dans ce qui le dépasse, de l’extinction des passions négatives (infériorité, dégoût, culpabilité…) dans la renonciation personnelle, de l’abolition de l’individu débile dans la communauté messianique, dans la ‘Cause’ … Aspiration à la sainteté, goût du martyre, impatience eschatologique : l’emprunt, coutures dogmatiques et fil ascétique visibles est clair … (Jean-François Colosimo – nombreux exemples, à propos des nihilistes-terroristes russes  fin XIX° et début XX°) –  « Il suffit de substituer le Coran au Nouveau Testament … Le djihadisme n’est pas une pathologie dont le traitement se nommerait la ‘déradicalisation’ … aveuglement sorti des Lumières … La mauvaise question est de demander à leurs fidèles ce pour qui ils sont prêts à mourir. La bonne ce pour quoi ils sont prêts à tuer. Là seulement on commence à sortir de l’imaginaire. » (Jean-François Colosimo)

« Le manque  de courage de certaines élites politiques et médiatiques qui, incapables de remettre en question le dogme du’ vivre-ensemble’, multiplient les contorsions mentales pour dissoudre la signification politique des attentats et continuer de croire aux vertus de la société multiculturelle, qu’il s’agit de défendre à tout prix contre les défenseurs crispés du vieux monde occidental » (Mathieu Bock-Coté) – Les agresseurs ne sont que des déséquilibrés, n’est-ce pas ? 

   « Nos mobilisations spontanées, très émotionnelles, cachent de plus en plus mal notre impuissance collective à considérer la menace terroriste à sa juste mesure … Ce que nous glorifions comme des sursauts civiques, admirables par ailleurs, trahit une vulnérabilité psychologique qui n’échappe pas à nos bourreaux. » (Arnaud Danjean) – Et qui les incite à recommencer en amplifiant. La manifestation post Charlie, modèle du genre en matière de sottise politique.

« Daesh a une mère : l’invasion de l’Irak. » (Kamel Daoud – N. Y. Times) – Merci, bons Américains.

« Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut en effet être jugé sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats (vu ceux-ci, on peut comprendre) … Les populations spectatrices peuvent toujours en savoir assez (sur le terrorisme) pour être persuadées que par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. » (Guy Debord – La société du Spectacle)Fabriquer est abusif, plutôt utiliser.

« L’alphabétisation de masse au XVI° siècle a entraîné pour corollaire le littéralisme textuel, base des fondamentalismes. La Bible en beaucoup de mains et chacun de  se livrer à ses visions apocalyptiques, à ses impatiences millénaristes …  Les guerres de religion … Le clergé médiéval avait, jusqu’alors,  maintenu vivante la promesse tout en renvoyant son accomplissement à une date ultérieure.  Mais quand il n’y a pas de clergé : sunnites, néoprotestants ! » (Régis Debray – L’angle mort – Tous les excès. Similarité avec la dématérialisation et le djihadisme aujourd’hui, avec l’avenir radieux communiste d’hier)

« Suivant la vieille empreinte marxiste des sociétés occidentales, on a commencé par prétendre que des raisons économiques (chômage…) poussaient ces jeunes garçons au meurtre de masse et au suicide. Puis on s’est rendu compte qu’il n’en était rien puisque les coupables étaient parfaitement intégrés et instruits. Aujourd’hui une explication, non moins risible, court sur les antennes, les terroristes seraient des malades mentaux. On installe des cellules de ‘déradicalisation’ aussi ridicules qu’inutiles… » (Chantal Delsol) – Tout plutôt que de reconnaître que la civilisation occidentale est détestée.

« ‘Des adolescents atteignent la puberté en ayant une angoisse permanente liée à la frustration … La frustration est surmultipliée par le monde occidental dans lequel la femme est complètement libre. Ils sont frustrés par la capacité qu’ont les autres à accéder au plaisir mais pas eux’. Face à cette phobie vitaliste, mourir en martyr (tout-puissant) peut apparaître comme une libération … Avec un fusil, on n’est pas impuissant, on est le mâle, on est viril. L’arme, symbole phallique  basique. » (Alexandre Devecchio – citant Pierre Rehov) – Sur des terroristes) – Et dire qu’il y  a de stupides  gamines pour les prendre pour des héros !

« Pénétration d’une idéologie par le moyen de son contexte sociologique, influer au niveau du style de vie, sur le ‘way of life’ (indirectement sur le jugement) ; propagande diffuse, spontanée, douce, non toujours délibérée. » (Jacques Ellul)

« Pour eux, sans hésiter, la violence est acte religieux contre le Mal, car le monde se divise clairement, comme tout monde religieux, en Bien absolu et Mal absolu. » (Jacques Ellul)

« Quant à celui qui se sacrifie volontairement, par son acte il rejoint la sphère du sacré, il se lave de toutes les choses profanes (qui ont ‘profané’ sa vie) et il accède à l’immortalité. Et qu’y a-t-il de plus narcissisant que d’être promis à l’immortalité ? … L’assomption du sacrifié volontaire … C’est narcissisant parce qu’on se place au lieu de la vérité, comme l’incarnation de la vérité et de la loi ; on est dans la certitude puisqu’on s’est sacrifié à cette loi, et ce sacrifice permet de faire payer tous ceux qui ne sont pas sous l’égide de cette loi. » (Eugène Enriquez)

« Une capitulation, disait Péguy, est essentiellement une opération par laquelle on se met à expliquer au lieu d’agir. Les lâches sont des gens qui regorgent d’explications. » (Alain Finkielkraut)

« Fusiller. – Plus noble que guillotiner. Joie de l’individu à qui on accorde cette faveur. » (Flaubert – Dictionnaire des idées reçues)

« Il faut être vraiment candide pour croire que l’on pourra faire entendre raison à un groupe ou à une collectivité décidés à user de violence et à provoquer un conflit, grâce à des incantations, des prières ou des protestations d’amitié. » (Julien Freund) – Candide ou lâche ?

« Une émotion immense, intense, des serments définitifs, et puis une émotion chasse l’autre, la tyrannie de l’actualité fait son œuvre, et puis …. Tout repart comme auparavant. Les mesures de sécurité, plébiscitées dans un premier temps, deviennent une gêne … les polémiques habituelles reprennent le dessus… » (Marcel Gauchet) – Il n’y a plus qu’à ramasser les fleurs fanées et les mouchoirs mouillés, éteindre les bougies, rallumer la tour Eiffel … répéter qu’on ne stigmatise personne … qu’on n’aura pas notre haine … écrire quelque livre … faire donner quelque poète défunt (Jacques Brel) pour célébrer le deuil…

« On n’arrive plus à faire la différence entre le terrorisme révolutionnaire et le fou qui tire dans la foule, l’humanité se prépare à entrer dans l’insensé complet. » (René Girard)

« Dans le monde actuel, nous voyons des gens, de plus en plus nombreux, prêts à mourir pour tuer des gens qu’ils n’ont jamais vus. » (René Girard) – Dans les guerres classiques aussi. Néanmoins on pourrait peut-être se demander un peu pourquoi, affronter les causes, regarder les questions en face…

« Le terrorisme des bien-pensants est une calamité de notre époque. Ces gens bouffis d’arrogance et de prétention … Toujours la même rengaine : parler de l’immigration c’est être xénophobe, de la sécurité c’est être facho, de la filiation c’est être homophobe, de la nation c’est être nationaliste, de l’identité c’est être raciste. » (Henri Guaino) – France, pays de censure par la meute.

 « Voilà l’état de l’Etat français. Au lieu de se laisser interpeller par les événements, il en remet une couche, il en profite pour se payer sa bonne conscience, remonter dans les sondages, se ranger derrière les victimes innocentes, de la liberté bafouée, de la moralité outragée, pourvu qu’on ne reconnaisse pas le vide humain d’une politique menée depuis plusieurs décennies, ni l’erreur d’un certain modèle européocentrique selon lequel le monde évoluerait fatalement vers la sécularisation … Mais voilà, cette trop bonne conscience et cet aveuglement idéologique sont en train de préparer pour bientôt, sinon la guerre civile, du moins le suicide de l’Europe. » (Fabrice Hadjadj) – Comme aurait dit Philippe Muray « Il est urgent de reporter le réel. »

« Les Kouachi, les Coulibaly étaient parfaitement intégrés, mais intégrés au rien, à la négation de tout élan historique et spirituel … Qu’avons-nous à exprimer de si important ? Quelle bonne nouvelle avons-nous à annoncer au monde ?… Les djihadistes commettent une vaste erreur stratégique : en provoquant des réactions indignées, ils ne réussissent qu’à ralentir l’islamisation douce de l’Europe qui s’opère du fait de notre double asthénie religieuse et spirituelle … Nous nous battrons spécialement pour ‘Charlie Hebdo’, journal hier moribond, et qui n’avait aucun esprit critique, puisque critiquer c’est discerner, et que ‘Charlie’ mettait dans le même sac les djihadistes, les rabbins, les flics, les catholiques, les Français moyens, mais nous en ferons justement l’emblème de la confusion et du néant qui nous anime … Qu’avons-nous à opposer pour empêcher la contagion ? Nos ‘valeurs’ peuvent lever des armées de consommateurs, pas des combattants. » » (Fabrice Hadjadj) – Que propose la France, l’Occident ? Le vide, les valeurs de la république ! Euthanasie et mariage gay, La théorie du Genre, dérision, ironie et moquerie…  Jouer et chanter la douce chanson de rock ‘Kiss the devil’, j’aimerai le diable et sa chanson, je roulerai une pelle au diable… qui aimera le démon ? J’aimerai le démon… pendant que les tueurs entrent silencieusement dans la salle de concert.

« Embourgeoisement du barbare et barbarisation du bourgeois. » (Pierre Hassner) – Les terroristes maîtrisent les techniques occidentales et, comme en retour, les puissances occidentales n’hésitent pas à mettre entre parenthèses leurs corpus moral et juridique (Guantanamo, Abou Graib).

 « Baiser, rire, manger, baiser, boire, lire, baiser, discuter, manger, argumenter, peindre, baiser, lire, baiser, s’engueuler, dormir, regarder des films, mais surtout baiser, et éventuellement se taper une joyeuse petite branlette. » (Michel Hazanavicius – Paris première 11/2015) – Voilà ce qu’un média français propose en réponse à l’Islamisme, fût-il dans sa version extrême et barbare !

« Le rituel post-attentat a repris avec ce refrain : ‘Il nous faut vivre comme avant’. Et si, justement, c’était l’erreur à ne pas commettre. Si, tout en refusant de se laisser terroriser par les terroristes, il nous fallait au contraire revoir le mode de vie aseptisée et vide de sens de nos sociétés occidentales. » (Antoine-Marie Izoard) – C’est l’évidence, mais – « Et si le peuple, plutôt confiant et clément, et occupé à cultiver son hédonisme, n’avait pas envie d’être dérangé ni que l’on puisse entamer son désir de jouir de l’instant présent. L’hédonisme, c’est l’opium des peuples occidentaux de notre époque … La poursuite de la satisfaction du bien-être personnel, un horizon indépassable. » (Malika Sorel-Sutter) – Ce que cache cette lâcheté, par ailleurs contre-productive, c’est que le bobo veut continuer à se vautrer aux terrasses des cafés, veut continuer à jouir stupidement de son vide. Fleurs, bougies et peluches suffisent largement.  Titre d’un livre traitant de terrorisme meurtrier : Vous n’aurez pas ma haine : « Réponse aux Allahu akbar » (Eric Zemmour) -« fadaise citoyenne d’une confondante niaiserie » (Patrick Mandon), pour ne pas la qualifier d’étalage de lâcheté. Les terroristes ont dû être émus jusqu’aux larmes par une telle mansuétude ! Comment peut-on descendre aussi bas !

« Le 11 septembre, les fils des nihilistes ont rencontré plus nihilistes qu’eux. » (Pierre Joncquez) – Américain, souviens-toi d’Hiroshima et des villes allemandes.

« Il y avait auparavant, de façon effective, l’autre camp, l’autre classe. Il y avait un extérieur à soi, celui de la lutte des classes, celui de la guerre froide, qui pouvait se laisser désigner par son extériorité … Ce qu’on entend aujourd’hui par globalisation supprime cette extériorité avec laquelle l’histoire travaillait … Par exemple, on ne peut pas concevoir le terrorisme sur un modèle anecdotique ou sur un mode moral. Il a à voir avec le fait que s’il n’y a plus de négatif au-dehors, celui-ci s’intériorise et travaille au-dedans. » (François Jullien)

« Des humanoïdes dépourvus d’aspérités, de convictions, incapables de concevoir ce qui dépasse leur existence individuelle, et d’ailleurs incapables de se défendre comme d’attaquer pour ce qu’ils croient puisqu’il est interdit de croire en rien … A force de tout tolérer plus rien n’interroge ni ne questionne. » (Hervé Juvin) – Des pleurnichards, de qui parle-t-on ?

« Un édifice  fondé sur des siècles d’histoire ne se détruit pas avec quelques kilos d’explosifs. » (Kropotkine – désapprouvant les attentats de la fin du XIX° siècle  contre des personnalités)

« Ce sont les Américains qui ont commencé. La riposte et le châtiment doivent s’exercer en suivant scrupuleusement le principe de réciprocité, surtout lorsqu’il est question de femmes et d’enfants. Ceux qui ont lancé des bombes atomiques et ont eu recours à des armes de destruction massive contre Hiroshima et Nagasaki, c’étaient les Américains. Est-ce que ces bombes pouvaient faire la différence entre les militaires et les femmes et les enfants ? » (Ben Laden – interview de mai 1988 – citée par Jean-Pierre Dupuy) – Et les villes allemandes passées au phosphore ? – Cependant la logique de Ben Laden est celle du mal, de la violence et du ressentiment. Elle ne peut que perpétuer ce qu’elle prétend dénoncer. De plus, ceci est l’affaire des Japonais, non d’un Saoudien plus de soixante ans après. Ce plaidoyer sonne d’autant plus faux que les Ben Laden et autres n’avaient rien à voir avec les Japonais près de soixante-dix ans auparavant. Renoncer à la vengeance, tel est un des messages de la Bible et du Christ et la vocation tout simplement opérationnelle de toute société civilisée ; surtout si de l’autre côté, sans tomber dans une repentance de circonstance, on renonce à la bonne conscience systématique (américaine entre autres).

« L’observateur avisé aura remarqué le soin méticuleux avec lequel les médias ont expurgé les éléments de langage autorisés en la matière : pas question de mentionner l’islam, parlons plutôt de camions fous, de déséquilibrés qui défenestrent les vieilles dames ou ‘d’assaillants au marteau’, lui-même un peu marteau …  Circulez bonnes gens, il n’y a rien à voir, rien à penser, rien à conclure… » (Odon Lafontaine – La laïcité, mère porteuse de l’islam)

« Que les musulmans ‘condamnent’. Qu’ils s’organisent pour que voie le jour un islam féministe, pacifiste et, pourquoi pas, ‘gay-friendly’. Un islam aux couleurs de l’arc-en-ciel, c’était l’idée. ‘On ne les entend toujours pas’. » (Aude Lancelin – sur la grande obsession des nouveaux agités issus de la gauche au lendemain des attentats). Pauvres types.

 « Après les tueries de novembre, dans les médias on arrêta net de penser. La tartufferie humaniste suppléa tout ce qui ressemblait à une telle chose … L’orgie émotionnelle devint permanente … On admirait sa propre bonté dans les larmes des autres, dans les nounours déposés à terre sur les places, dans le reflet des bougies allumées. On se congratulait d’appartenir à la ‘civilisation des cafés’ … Les, journalistes vivaient du sang des autres, chaque jour ils étaient aimablement perfusés au malheur collectif … dissimulant le fait que, répercutant continûment les exploits sanglants de quelques misérables n’ayant que cette réclame pour vecteur, ils avaient à maints égards partie liée avec la terreur … C’était même la tentative d’introduire de la complexité dans ces affaires de terrorisme, le début d’un trouble, le questionnement propre à la pensée, qui se voyaient traqués. » (Aude Lancelin)

« Le fonctionnement totalitaire de la religion est une perversion de la modernité plus que son autre. Il implique un rejet de la métaphysique matérialiste de l’Occident mais il a besoin de garder la base matérielle et en particulier la technique … Formidable détournement. » (Serge Latouche)

« Sommes-nous en état d’urgence ou en état de somnolence ? » (Alexandra Laignel-Lavastine)

« Rampons, implorons et brandissons le vivre ensemble en guise de paravent à nos reculades successives … ‘Pas d’amalgame’, ‘Quelques actes isolés’, ‘une poignée de déséquilibrés’, ‘des victimes du racisme ambiant’, ‘les fruits du colonialisme’ … Tout est bon pour suggérer que ces crimes ne sont pas des crimes mais des conséquences. » (Alexandra Laignel-Lavastine)

« De même que le politiquement correct s’est fait malgré lui le meilleur allié du politiquement abject, l’apologie du vivre fait cause commune avec l’empire de la peur. » (Alexandra Laignel-Lavastine)

« Aux armes ! Non, à nos pantoufles … Du vivre à l’horizontal, du vivre couché …  Avec quelle rapidité la lâcheté et la peur s’emparent d’une société avant out animée par la passion du bien-être. » (Alexandra Laignel-Lavastine) – Tous en terrasse !

« Nous n’avons pas besoin des djihadistes pour détruire ce que nous sommes, nous le faisons très bien tout seuls … ‘Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts’.» (Elisabeth Lévy – citant Philippe Muray)

« Faut-il être naïf ou bien fou, pour se préoccuper de savoir s’ils sont d’abord français ou d’abord djihadistes ? » (Sonia Mabrouk – à propos des djihadistes français retour du Moyen-Orient)  – Non il suffit simplement d’être de son temps et du milieu bobo, soit d’être aussi con que lâche.

« Le fait qu’il n’y ait pas ou très peu de ‘radicalisés’ parmi les premières générations d’immigrés devrait nous interpeller … Les arrivants des années 60, 70 n’ont pas basculé dans la radicalité, contrairement à une frange de leur descendance … Rupture de transmission culturelle et religieuse … qui a conduit à un islam de rupture en opposition avec celui traditionnel des aînés ? » (Sonia Mabrouk)  – Piste fort intéressante, mais il faudrait réfléchir  au lieu de répéter n’importe quoi tels des perroquets,  cette hypothèse met aussi en cause, et aussi directement que fortement, l’évolution de notre société d’accueil, peu enthousiasmante.

« La légitimité morale réchauffe le cœur bien plus que la froide légalité, mais la démocratie se fonde sur des valeurs ‘froides’ telles que la légalité … Si les ‘lois non écrites des dieux’ se contentent de s’opposer abstraitement à la loi positive, elles peuvent se révéler extrêmement dangereuses ; si pour Antigone elles s’identifient à une valeur que nous pouvons tous considérer comme universelle, un fanatique peut considérer comme un commandement divin la voix intérieure qui le pousse, au nom de sa morale ou de sa religion, à empêcher les femmes de faire des études ou à tirer sur Ytzhak Rabin (ou bien d’autres) … Un moralité pure, même noble, mais déconnectée de la loi, peut devenir violence de justicier, et aller jusqu’au lynchage. » (Claudio Magris) – Et c’est bien ce à quoi on assiste actuellement du côté du terrorisme d’inspiration islamiste comme du côté des réseaux sociaux lyncheurs.

« Le procureur Molins, autrefois chargé de la lutte antiterroriste, ne caractérisait jamais les tueurs comme des terroristes islamistes mais comme des ‘déséquilibrés’. La psychiatrisation de la violence islamiste est un déni. Et ce déni a eu pour corollaire une répression de la liberté d’expression. Tout journaliste ou intellectuel qui tentait de replacer le débat de l’islam ou de l’immigration sur le terrain politique était taxé de racisme et envoyé devant un juge. » (Yves Mamou) – Courage, Fuyons !

« Tout ce qui est tranchant, qu’il soit couteau ou argument, laisse présager la venue de l’immonde … La décapitation est la marque annoncée de la barbarie. » (Jean-François Mattéi) – Nous commençâmes avec Louis XVI et la Terreur.

L’opération Apocalypse c’est la guerre de Trente ans (1618 -1648) : « Aucun peuple civilisé n’a subi une aussi grande catastrophe. L’Allemagne fut comme rejetée de deux siècles en arrière, il lui fallut deux cent ans pour retrouver le niveau économique d’avant la guerre de Trente ans … La paix de Westphalie s’installa sur des cimetières. » (F. Mehring – cité par André Glucksmann) – Disparition d’un Allemand sur trois, le sac du Palatinat. Ne rien comprendre à l’Allemagne et à la suite si on n’en parle jamais (comme en histoire de France toujours immaculée – au moins jusqu’à récemment). Pendant des siècles, et jusqu’à Napoléon, le territoire germanique fut le champ de bataille de l’Europe, et ses habitants les victimes.

« Si les média éprouvent une fascination à l’endroit de la figure du terroriste, c’est évidemment parce que c’est la figure du Maître absolu. Le Maître absolu c’est celui qui décide de la vie et de  la mort … sans aucune considération … puisque c’est de toute façon la mort qui est le prix de sa reconnaissance. » (Charles Melman)

« Dans ce monde où tout ce qui n’est pas festif est suspect, est-il encore quelques tragédies qui puissent échapper à la clownification, à la gorafication … Injonction de faire et de paraître, patriotisme sur commande, spectacularisation du recueillement et indécence extraordinaire, artifices … consignes absurdes qui ne reflètent que trop bien la vacuité des donneurs d’ordre …Ceux qui nous somment aujourd’hui de brandir la flamme sont les mêmes qui furent à la manœuvre des années durant pour l’éteindre. » (Théophane Le Méné – Des selfies, des tweets… halte au patriotisme des bisounours) – Indécence de cette fausse émotion, récupération politique du sang et voile sur la faiblesse, l’incapacité et la lâcheté. 

« Même les terroristes deviennent des victimes, victimes de parents déracinés, victimes d’une enfance ballotée entre parents séparés, victimes de la colonisation puis de la décolonisation ratée, victimes de l’école de la République qui n’a pas su en faire des citoyens éduqués, victimes de recruteurs pervers sur Internet qui les ont abusés. » (Yves Michaud)

« Dans l’épisode de la dialectique du maître et de l’esclave, Hegel a parfaitement saisi cette dialectique de la violence. Quand deux consciences s’affrontent, elles doivent mettre en jeu leur vie. Dans l’épreuve de la lutte à mort, le vainqueur est celui qui a osé affronter la mort. Il devient le maître. Celui qui a eu peur de mourir se soumet et devient l’esclave. » (Yves Michaud)  – « L’inconvénient est que ce type de société finit toujours par mourir. Après avoir été esclave.» (Alain de Benoist)

« Un acte terroriste est un acte d’audace et de défi par lequel une personne, une administration, une institution ou un symbole traditionnellement sacrés sont désacralisés … Son effet principal est d’ébranler la communauté dans ses convictions, ses habitudes et, finalement, dans sa croyance en un état de choses permanent … La terreur peut-être aussi bien verbale … Dans chaque cas quelque chose d’élevé est brutalement réduit au plus bas niveau imaginable … La terreur ainsi définie est celle que les média révolutionnaires d’aujourd’hui pratiquent et encouragent. » (Thomas Molnar) – Suivant cette conception, n’ayant plus rien de sacré, n’ayant plus de convictions ni de croyances, nous devrions priver le terrorisme d’aliment comme on prive le feu de combustible ! Les Femen grandes terroristes !

« Le terroriste et le terrorisme ont-il des ‘droits’ qui leur permettent d’imposer la solidarité à de tièdes sympathisants ? » (Sylvère Monod – postface à Sous les yeux de l’Occident de Joseph Conrad)

« L’Europe est devenue une de nos faiblesses. Aujourd’hui l’Europe est totalement submergée. » (Thibault de Montbrial) – Et, à 28, totalement incapable de s’organiser.

 « Les larmes de Federica Mogherini (déléguée aux relations extérieures de l’Union européenne, à l’évocation d’attentats) sont consternantes … On ne s’en sortira pas avec des fleurs et des bougies. » (Thibault de Montbrial) – Consternantes est peu dire, exhibitionnisme indécent. Que cette éminence européenne retrouve ses poupées. Que les fillettes et leur cinéma débarrassent le plancher.

 « Leur terrorisme même est un terrorisme de précaution, un terrorisme lamentable, un travail furieux de prévention, d’avortement des dangers avant qu’ils se soient produits. » (Philippe Muray – sur le terrorisme américain passé qui a transformé l’irak (et la région) en bureau de recrutement pour le djihad) – Intervention (appuyée sur un tissu de mensonges) qui a mis un tel chaos qu’il a généré le terrorisme islamique postérieur. La stupidité de l’Occident fut alors au-delà de tout, comme celle du couple Sarkozy-BHL plus récemment en Libye.

« Chers djihadistes, chevauchants vos éléphants de fer et  de feu, vous êtes entrés avec fureur dans notre magasin de porcelaine. Mais c’est un magasin de porcelaine dont les propriétaires, de longue date ont entrepris de réduire en miettes tout ce qui s’y trouvait entassé … Vous les avez perturbés. Vous êtes les premiers démolisseurs à s’attaquer à des destructeurs ; les premiers barbares à s’en prendre à des vandales ; les premiers incendiaires en concurrence avec des pyromanes … Mais, à la différence des nôtres, vos démolitions s’effectuent en toute illégalité et s’attirent un blâme quasi unanime. Tandis que c’est dans l’enthousiasme général que nous mettons au point nos tortueuses innovations, et que nous nous débarrassons des derniers fondements de notre ancienne civilisation … Tout ce qu’il reste encore d’actif sur nos continents complote jour et nuit à perdre ce qu’il reste encore d’être humain … La dévastation de l’ancienne raison est une commande sociale … Durant quelques jours, vous nous avez empêchés de penser à rien. Nous ne vous le pardonnons pas. Nous aurons du mal à l’oublier … Vous compromettez, avec vos destructions, nos déconstructions. Vous intervenez, avec vos anéantissements, contre nos néantisations. Vous faites double emploi … Vous devriez savoir que vous ne ferez jamais autant de dégâts chez nous que nous-mêmes … Nous n’avons certes pas ménagé nos efforts pour défigurer un univers que  vous ne vous êtes donné que la peine de fracasser … Ainsi lorsque nous ne reconnaissons plus notre monde, pouvons-nous prétendre maintenant que c’est à cause de vous, et n’avoir à rendre compte d’aucune des immenses ruines, certes moins abominables que les vôtres, mais beaucoup plus irréversibles, que nous avons accumulées … Craignez la fureur des moutons ! Craignez la colère des brebis enragées ! … Craignez le courroux de l’homme en bermuda ! Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! … Nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement … Nous nous battrons pour les arts alternatifs, pour l’ordre mondial caritatif et les endroits où ça bouge, pour nos étudiants en rébellion qui valent de très loin vos étudiants en religion, pour aller de l’avant, bouger, changer, faire des projets, pour nos grandes batailles pour la parité paritaire, pour la repentance repentatoire, et pour la surveillance des écarts de langage, pour recommencer à nous déplacer sur nos roulettes sans arrière-pensées et sans pensées devant non plus, nous nous battrons pour la disparition du langage articulé… Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. » (Philippe Muray – après le 11 septembre – Chers djihadistes)

« Ce ne sont pas les salafistes qui vivent sous protection policière, mais ceux qui les combattent. .. Ce sont des musulmans, venus ou nés ici, qui ont défendus nos propres idéaux, dont celui de la liberté d’expression, et qui ont été cloués au pilori par leurs adversaires. Musulmans que ce qui fut jadis la société européenne ‘civilisée’ à ensuite abandonné à leur triste sort sans dire un mot. » (Douglas Murray) – Ce qui évidemment échappe aux antiracistes professionnels. Lâcheté de notre société européenne. 

« Celui qui est prêt à faire le sacrifice de sa vie dispose aussi de la vie d’autrui. » (Nietzsche)

«  On voit bien dans quel piège la campagne gouvernementale ‘Tous-unis-contre-la-haine’ veut enfermer le contradicteur : si vous n’êtes pas contre la haine, vous êtes pour elle, donc un salaud. » (Alain Nueil) – A propos du terrorisme. Il s’agit de convaincre le peuple de partager la lâcheté de nos élites.

« Un des paradoxes les plus étonnants de notre âge de chantage, d’imposture et d’hypocrisie, c’est l’alliance objective entre l’eau et le feu, entre le fanatisme religieux exacerbé et le matérialisme révolutionnaire. » (Jean d’Ormesson)

« Terroriser les terroristes. » (Charles Pasqua – ancien ministre de l’intérieur) – Du temps où on avait des ministres qui faisaient le nécessaire sans coups de menton grotesques. Vis-à-vis alors d’Action directe et de l’aide à l’Algérie alors confrontée au terrorisme islamiste. Des hommes d’Etat. Espèce disparue.

« La prétention qu’a le terrorisme d’agir au nom des pauvres est une imposture flagrante. » (Jean-Paul II)

« L’Occident en est là. Il n’a plus rien d’autre à opposer à l’islam sacrificiel que la laïcité, l’apéro résistant en terrasse et ’l’esprit Intermarché’ ». (Maël Pellan)

« Ce refus de prendre au mot les djihadistes signe le vide abyssal des réponses à ce phénomène mondial et nous empêche de voir que notre post modernité, liquidatrice du sacré, du tragique et donc de la mort alimente en retour cette expansion … En niant la singularité de l’engagement des djihadistes, il s’agit d’en faire des produits de la modernité, des hommes ordinaires en somme aussi dépravés que nous. Ainsi la violence ne peut être que marginale, le fait de ‘loups solitaires’ parce qu’il est impensable que l’Autre ne puisse pas adhérer à notre système de valeurs dont le cœur est précisément la relativité de toute valeur ! » (Frédéric Pichon)

« Se moquer est devenu le centre nerveux de notre culture, le fondement de notre République … L’insulte et la caricature nous tiennent lieu de combat culturel, face à la révolution islamique et au capitalisme mondialisé … ‘Charlie’ donne aux djihadistes l’arme dont ils ont besoin pour dresser les communautés les unes contre les autres. C’est une folie suicidaire. » (Patrice de Plunkett – cité par Basile de Koch) – Certes, mais nous sommes devenus et fous et suicidaires.

« Les médias ne sont évidemment pas la cause du terrorisme, mais leur fonction explique, au moins partiellement, pourquoi il a crû si vite. » (publication Science et Vie) – « Le terrorisme est le type même du fléau qui se repaît des médias. » (François-Henri de Virieu) – C’est d’une telle évidence ! Sensationnalisme, voyeurisme et audimat.

« La France de saint Louis, de Napoléon, de Victor Hugo, d’Aragon, de de Gaulle s’est réunie pour devenir la France de Charlie. » (Guillaume de Prémare) – Voilà où nous en sommes !

« La haine qui bouillonne dans certains groupes terroristes ne s’explique que par la violence exercée pour faire taire la conscience et tout ce qui rappelle son message. » (cardinal Joseph Ratzinger)

« Nos responsables politiques. Ils sont devenus de simples gestionnaires des morts … Nos représentants nous livrent comme à l’accoutumée un spectacle émotif donnant un caractère quasi symbolique et presque irréel aux attaques que nous subissons. Ils ne semblent agir qu’à travers la compassion, les gerbes, les messages Facebook, les tweets. Sans manque d’imagination ils créent des sites internet pour lutter contre la radicalisation, des applications pour smartphone pour indiquer sa survie lors d’une attaque terroriste, un numéro vert… » (Aurane Rehanian)

« Les voix consentantes de ceux qui supplient à répétition ‘Plus jamais ça!’ et prient pour être débarrassés de maux dont ils persistent à vouloir les causes. » (René Riesel)

« ‘Déradicalisation’ est un mot conçu sur le modèle de décontamination ou dératisation, le mal que l’on combat. On va leur ôter leur radicalité et ils vont redevenir normaux. Comme on enlève un virus d’un ordinateur ou une tumeur … On attend désespérément la première guérison obtenue par ce procédé miracle … Pathologisation pour tranquilliser le Gogo. » (Ingrid Riocreux) 

« Personne n’a encore noté que les réseaux terroristes étaient exclusivement basés là où on parle français, y inclus dans la Belgique francophone. » (Luc Rosenzweig – à propos des attentats islamiques, au moins au jour où ceci est écrit) 

« Les terroristes ne sont pas des militants ni des combattants mais des criminels particulièrement lâches. A lire certains articles ou à entendre et voir certaines émissions on peut cependant en douter. » (Françoise Rudetzki – S. O. S. Attentats) – Les média trouvent les assassins plus intéressants que les victimes, et leur exhibition plus profitable.

« Il y a un art d’obtenir le maximum de rendement avec le minimum de consommation … Il est plus facile de salir de l’eau que de la purifier. Les bébés savent démolir une tour de cubes avant de savoir empiler des cubes … La piraterie a empêché le commerce maritime de se développer … La piraterie augmente considérablement les coûts sociaux. » (Raymond Ruyer)

« La puissance d’un acte de terreur tiendrait donc à son caractère inexplicable, indéchiffrable. Son efficacité serait proportionnelle à sa puissance de dérèglement du discours médiatique … Si le terrorisme est contemporain des média … c’est qu’il suscite leur activité narrative, non pas en s’y prêtant, mais au contraire en lui résistant, en la défiant … par la dislocation de tout sens et de tout récit … en apportant aux témoins l’incrédulité. Non pas le récit, la parole, mais l’absence de récit, le mutisme … L’attentat terroriste vise à désarticuler la grammaire du récit dominant (les expressions toutes faites des journaux) non pour lui opposer un autre récit … mais pour ruiner la compétence narrative du pouvoir en place. » (Christian Salmon) – Toucher à l’envahissement médiatique, c’est dénuder l’Occident qui n’existe et ne tient plus que par cette intoxication délirante.

« Que se passera-t-il si un type humain qui, jusqu’à présent, a donné le partisan réussit à s’adapter à son environnement technique et industriel, à se servir des moyens nouveaux et à développer une espèce nouvelle, le partisan industriel ? »  (Carl Schmitt) – Théorie du partisan) – Prémonitoire, quand on considère le 11 septembre 2002 à N. Y.

« Un monde civilisé et timide n’a rien trouvé d’autre à opposer à la renaissance brutale et à visage découvert de la barbarie que des concessions. » Alexandre Soljenitsyne) – Si, les fameuses valeurs de l’Occident !

« Au lieu de laisser sortir les combattants de la guerre sainte et de leur refermer ensuite la porte au nez, le pouvoir les empêche de quitter le territoire français … On les retient à l’intérieur du territoire, alors que l’esprit de responsabilité voudrait que, tout au contraire, on les laisse sortir, puis qu’on les empêche de revenir … Tout en se laissant embarquer dans les contes de fées des ‘modules de déradicalisation’. » (Malika Sorel-Sutter) – Inutile de s’appesantir sur le succès de ces dernières tentatives, deux jours et puis crac. En matière de lutte contre le terrorisme, Gribouille est aux commandes (parlons des politiques, pas des professionnels).

« Aucun écrivain, je crois, ne nous a permis d’avoir un aperçu plus profond des sources spirituelles du terrorisme moderne et ne nous a montré plus clairement à quel point le terrorisme peut constituer une réponse à la menace de la haine de soi. » (Charles Taylor – évoquant Dostoïevski et notamment Les Démons connu aussi comme Les Possédés

« Le terrorisme, l’envers de ce ‘vide métaphysique abyssal’ dans lequel se trouve plongée notre société. » (Emmanuel Todd)

« Comment combattre la barbarie si l’on n’est personne ? » (Philippe Val)

« Qu’espérait cette dame en exonérant le terrorisme islamique de toute culpabilité morale, sinon une vieille peur enfouie, déguisée en idéologie sociologique ? Sous les oripeaux d’une générosité … Elle sert surtout à se convaincre que si l’on exonère l’ennemi de ses crimes, on échappera au prochain massacre … Cette élimination de la mort individuelle est remplacée par une compassion de pure forme pour les victimes   … Ce évitement de la mort témoigne du rapport de panique savamment refoulé que les élites entretiennent avec leur propre mort … Davantage occupées à trouver des raisons aux criminels … Elles préfèrent tout ignorer en faisant des uns des ‘déséquilibrés’, des ‘loups solitaires’ ou des ‘victimes de la société ou de l’histoire’ et des autres, des gens qui se sont trouvés à la mauvaise place au mauvais moment … En cherchant des alibis aux terroristes … ils ne visent qu’à ôter aux musulmans leur dignité d’individus libres. Sous prétexte d’antiracisme, il s’agit du pire des racismes. » (Philippe Val)

« Quand cette soif de néant mystique prend des formes politiques, elle donne le nihilisme terroriste rêvant d’un cataclysme afin de régénérer l’humanité. » (Bertrand Vergely)

« L’avantage technologique dont disposait l’Occident et l’Europe est en train de fondre … L’heure de la fin de l’insouciance a sonné. » (général Pierre de Villiers) – Ce ne serait plus l’heure du tous en terrasse, du vous n’aurez pas ma haine, des fleurs, des bougies et des pleurnicheries. Fin de la lâcheté ? On pourrait l’espérer si on ne connaissait pas la couardise de nos élites.

« La possibilité donnée à un seul individu de faire autant de dégâts que l’arme absolue … Possibilité d’une guerre totale assumée par un individu solitaire … La ‘fabrique de la peur’, ce qu’est en propre le terrorisme … Cela a créé une panique non seulement à l’échelle des individus mais également cette panique du politique qui en a perdu toute mesure, notamment aux Etats-Unis. » (Paul Virilio) – Et a conduit l’Occident stupide a contribuer à l’incendie de la planète.

« Le terrorisme de masse est un puissant révélateur de la globalisation du chaos. » (Paul Virilio) – Merci aux initiateurs du second, les Américains

« Le courant idolâtre du totalitarisme ne peut trouver obstacle que dans une vie spirituelle authentique. Si l’on habitue les enfants à ne pas penser à Dieu, ils deviendront fascistes ou communistes par besoin de se donner à quelque chose. » (Simone Weil) – C’est évident. Aujourd’hui certains se voient Djihadistes.

« Un pacte diabolique associe média et terroristes, le spectacle de la violence aveugle n’ayant de sens et d’effet qu’avec la publicité que lui assurent les média. » (Michel Wieviorka et Dominique Wolton) – C’est du moins la thèse classique.

« En humiliant une puissance occidentale, un attentat réussi raidira son opinion publique, déclenchera ou exacerbera une pression populaire sur son gouvernement. Mais il permettra aussi à l’organisation responsable de se faire connaître, de montrer son efficacité, autorisant un recrutement plus large, apportant un prestige ou une capacité accrue de négociation auprès d’éventuels ‘sponsors’ étatiques. » (Michel Wieviorka et Dominique Wolton)

« Lorsque à l’occasion d’attentats terroristes la presse devient comme folle, multipliant les éditions spéciales, répétant à l’infini les mêmes supputations, entretenant la dramatisation au point même de perdre le sens des proportions et de la mesure. » (Michel Wieviorka et Dominique Wolton) – La télévision passant en boucle les mêmes images (truquées ou non) assorties des mêmes commentaires stupides. Que les média et leurs servants soient hystériques, c’est évident même en temps ordinaire.

 « Dans les deux cas (attentats de la rue Copernic et de septembre 1986), on observe la même présentation en quasi-certitude d’une thèse qui s’avèrera fausse. » (Michel Wieviorka et Dominique Wolton) – Mais qui ne sera jamais démentie ensuite. Les média tapent sur les boucs émissaires habituels (l’extrême droite), comme pour Carpentras et des dizaines d’autres attentats ou incidents, et les imbéciles médiatisés ne se posent jamais la question de savoir à qui l’événement profite au fond. Aujourd’hui, le bouc émissaire international visé par les média aux ordres s’appelle Vladimir Poutine. « La presse n’est pratiquement jamais revenue sur ses erreurs, elle se contente de remplacer, au fur et à mesure qu’il faut bien les abandonner, des hypothèses fausses par d’autres. » (Michel Wieviorka et Dominique Wolton) – Evidemment, on ne va pas avouer qu’on a voulu sciemment tromper et manipuler le public.

« On oublie trop souvent que le terrorisme profite souvent, non pas aux média, mais  aux gouvernements, en leur permettant de jouer la carte de l’unité et de la cohésion nationales. » (Michel Wieviorka et Dominique Wolton) – Ne pas cependant systématiquement tomber dans les théories du complot. Les gouvernements n’utilisent qu’ensuite, mais alors ils utilisent sans vergogne (G. Bush, après les twin towers – Esprit du 11 janvier, es-tu là ?)

« On joue au shérif dans le vaste monde alors qu’on n’est même pas capable de faire régner l’ordre à Marseille ou dans nos banlieues. » (Eric Zemmour)

« Novalis avait bien compris que l’objet véritable de la haine de l’homme mauvais n’était pas le bien mais le mal (il hait excessivement le mal, le monde qu’il considère comme mauvais, et tente donc de le blesser et de le détruire autant que faire se peut) : c’est ce phénomène qui est à l’œuvre chez les terroristes. » (Slavoj Zizek)

 « On pensait que c’était des pétards. » (des spectateurs d’une scène d’attentat ultra-violente, et bruyante) – Qu’attendre, en matière de lutte, d’une jeunesse occidentale qui prend des détonations d’armes de guerre pour des pétards festifs ? Qu’elle défile et mette des bougies après ; ce qui est  louable, mais risque de s’avérer insuffisant et assez peu efficace. A sa décharge, il est vrai que les adultes ont aussi peur qu’elle du réel.

« Le terroriste tue de loin, la lâcheté n’est pas loin. » (?)

« Au fanatisme islamique, la France et l’Europe répondent par le nihilisme égalitaire. » (?) – La réponse du bisounours au guerrier. 

Il existe aussi ce que Jacques Salomé appelle le terrorisme relationnel : « Le terrorisme sévit quand quelqu’un veut nous imposer son point de vue, sa façon de voir les choses, sa façon d’être, quand il cherche à nous rallier à une action dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas… Ce procédé utilise aussi bien les ressources de l’affectivité que le besoin que nous avons d’établir des rapports de force à notre avantage par la culpabilisation, la dévalorisation ou la disqualification du point de vue de l’autre …. Il amène l’autre à vaciller dans ses propres valeurs, certitudes, croyances, ou simplement à remettre en question les termes de son engagement : Est-ce que j’ai vraiment dit cela ? » soit, ce qu’on veut lui faire croire qu’il a dit.

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