115,3 – Société civile

– Englobe presque tout le monde, même les militaires. L’adjectif implique qu’il existe une autre société. Il doit s’agir de la société politico-médiatique (la société incivile donc, ce qui est bien la connaître et la nommer), celle qui recrute de temps en temps et provisoirement un membre bien soumis de la société civile pour montrer que la caste n’est pas complètement fermée, comme le prétendent les mauvais esprits.

– Effectivement, il est pertinent de distinguer les deux types de société : la civile et la politico-médiatique. Les moyens, les objectifs, les préoccupations, les niveaux et habitudes de vie, les mœurs… apparaissent, même à travers la grande discrétion qui convient, fort éloignés de l’une à l’autre.

Sur la Société Civile, on pourra consulter les extraits du livre de Thomas Molnar, L’hégémonie libérale à la rubrique Libéralisme,175, 10

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« L’importance donnée à la société civile est une façon de consacrer l’action des groupes d’intérêt et des lobbies, tous également représentatifs de cette ‘société civile’, tous portés à défendre des intérêts ou des privilèges catégoriels, avec pour conséquence, non plus une tyrannie de la majorité sur les minorités, mais une tyrannie des minorités sur la majorité. » (Alain de Benoist)

« Avec la mise en place de procédure et de recrutement direct, sans qu’il soit nécessaire d’en passer par la case du militantisme, on favorise ‘de facto’ les personnes dotées d’un important capital social, économique et culturel. La mobilité sociale ascendante par le biais du militantisme politique traditionnel s’en trouve fortement amortie. » (Jérôme Fourquet) – C’était un des objectifs de la promotion de la société civile et surtout des associations ; recruter des laquais, généralement incompétents de plus. 

« Les sociétés civiles s’autonomisent et l’Etat devient une sorte de prolongement instrumental de la société civile au lieu d’être l’instance en surplomb qui domine et définit le cadre dans lequel va se situer la vie civile. » (Marcel Gauchet) – L’Etat au service des intérêts privés.

« Ce n’est pas la découverte subite des vertus de la diversité qui a précipité le sacre de la société civile, c’est la disparition de l’alchimie qui était supposée se dérouler dans la société politique qui a porté au premier plan … la société civile … C’est ce désencadrement (disparition du Surmoi qui justifiait les médiations entre collectif et individuel : instruction, information, participations des groupes et des classes, des partis…) de la société civile qui précipite sa dissociation définitive d‘avec l’Etat … La capacité publique de censure est un attribut essentiel de la nouvelle société civile. » (Marcel Gauchet)

« Entre les structures et les superstructures se trouvent un ensemble de médiations formant un ‘bloc historique’ (‘tranchées’ et ‘fortifications’ de la société civile et de l’Etat) qui empêchent les crises d’entraîner des effets politiques immédiats, qui empêchent un effondrement de l’économie d’entraîner un effondrement correspondant du système politique … D’où la ‘guerre de mouvement’ (révolution russe de 1917, applicable dans une société orientale fluide…) est progressivement remplacée, au moins au préalable, par la ‘guerre de position’ adaptée à des sociétés occidentales où la société civile et l’Etat s’interpénètrent solidement et dont l’objectif est de saper les ‘tranchées’ et ‘fortifications’ qui protègent l’ordre social. » (résumé d’Antonio Gramsci par un autre auteur)

« La Société civile est une image inversée de l’Etat, elle est un’ Etat extérieur’ … qui présuppose l’existence séparée d’individus indépendants. » (Hegel)

« La notion de société civile se révèle tellement floue qu’elle favorise toutes les usurpations et les coups de main pour la monopoliser au profit des plus audacieux, représentés spécialement par les ONG et autres associations avides de subventions. » (Guy Hermet)

« Une entité fermée, formés par des ONG et des entités ou intérêts de toutes natures, sélectionnées selon des procédures non révélées, et dont le ‘peuple’ ne comprend qu’un petit nombre de dirigeants associatifs, professionnels ou institutionnels permanents et souvent appointés d’une manière ou d’une autre. » (Guy Hermet)

« Les personnalités des ONG … sont du reste déjà censées être les représentants, autoproclamés et cooptés, de l’énigmatique société civile. » (Guy Hermet)

« L’escamotage de la société civile, c’est-à-dire l’incitation permanente à la passivité adressée aux individus par les corps constitués, est un impératif catégorique du monde politique, bien plus que la fameuse priorité à l’emploi … qui est un mensonge éhonté. » (Jacques Julliard – sur le chômage)

« Les rapports de force ont changé. La montée de la Société civile, irrésistible depuis le XII° siècle et  marquée d’une volonté et d’une idéologie de domination, va naturellement de pair avec la déchéance graduelle de ses antagonistes (institutionnels), l’Eglise et l’Etat … Prise de pouvoir … La Société civile libérale est philosophiquement adverse aux références verticales et aux rapports intangibles. » (Thomas Molnar)

« Afin que la Société civile existe et puisse vaquer à ses multiples transactions, la morale et la discipline limitatrice doivent lui venir du dehors, inculquées à ses membres sous forme de commandements. » (Thomas Molnar) – Morale, discipline, commandements … Et puis quoi encore ! 

« Le terme de ‘société civile’ qui ne désigne rien d’autre qu’une juxtaposition de lobbies de toutes sortes. » (Anne-Marie Le Pourhiet)

« Marginalisation du pouvoir politique, donc démocratique, s’accompagnant parallèlement d’un engouement pour de oligarchies sociétales multiples : associations, communautés, lobbies, ONG, autorités administratives indépendantes, commissions, comités ou hauts conseils d’experts ou de militants, médias, instituts de sondages, juges internes, européens ou internationaux… ni désignés ni contrôlés par le suffrage universel. Les élus eux-mêmes semblant participer activement à cette dépolitisation en suivant systématiquement les consignes de ces oligarchies encouragées … et financées par les pouvoirs publics. » (Anne-Marie Le Pourhiet

« Une société ne peut se construire que par le bas … Lorsque les sociétés sont organisées verticalement, par le haut, que ce soit par une dictature révolutionnaire ou par une bureaucratie impersonnelle et impénétrable, le devoir de rendre des comptes disparaît rapidement. Les régimes où le gouvernement s’exerce de manière pyramidale produisent des individus irresponsables, là où la société civile est confisquée par l’Etat se généralise le refus de se prendre en charge … Hegel critiquait déjà l’incorporation de la société civile à l’Etat. » (Roger Scruton) – Que dirait-il maintenant !

La prétendue « ‘communauté internationale’ a sa ‘société civile’, les organisations dites ‘non gouvernementales’, les ONG, autant d’associations qui se sont attribuées des vocations et des fonctions de gardiennes de la morale et des lois … totalement dépendantes de subventions. » (Shmuel Trigano) – Subventions d’origines fort discrètes.

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