650,8 – Religions orientales (en général)

« Quelques uns achèvent de se corrompre par de longs voyages et perdent le peu de religion qui leur restait, ils voient de jour à autre un nouveau culte, diverses mœurs, diverses cérémonies ; ils ressemblent à ceux qui entrent dans les magasins, indéterminés sur le choix des étoffes qu’ils veulent acheter : le grand nombre de celles qu’on leur montre les rend plus indifférents ; elles ont chacune leur agrément et leur bienséance : ils ne se fixent point, ils sortent sans emplette. » (La Bruyère)

 « Vous ne comprendrez jamais les religions orientales, parce que vous mélangez toujours religion et morale; or cela n’a rien à voir. » (cité par Chesterton)

« L’esprit de l’Asie peut être représenté par un O … lu comme un cercle … L’ouroboros, le serpent qui se mord la queue, image parfaite de l’unité dans la répétition qui caractérise les philosophies et les religions orientales, la roue fermée aux quatre points cardinaux … à l’inverse de la Croix qui s’étend partout et brise le cercle enchanté qui est tout ou rien, qui rompt le cercle magique où l’esprit humain est au commencement et à la fin de tout. » (Chesterton) – Le mandala tibétain, support de méditation, dont le en nom en sanskrit signifie cercle.

« L’essentiel des Eglises monothéistes est la réalité d’une transcendance, et l’essentiel du bouddhisme et du Taoïsme est la réalité de l’immanence. »  (Chantal Delsol) 

« Pour l’esprit contemporain, ce qui est attirant dans les religions orientales, c’est l’absence d’un Dieu transcendant. Le récit fondateur du bouddhisme, par exemple, est strictement individuel : c’est un chemin personnel qui mène à une Révélation plus conforme à l’individualisme contemporain. » (René Girard)  

« Comme dans le christianisme, la notion de présence divine ne donne pas seulement au monde une signification, elle lui confère aussi une valeur affective, elle réintègre cet univers de forces aveugles et de lutte pour la vie dans le domaine de l’amour. » (René Grousset – sur les vieilles croyances indiennes)

 « Le karma hindouiste est bien plus sévère que le péché originel, puisque la notion impute la responsabilité du mal et des malheurs aux seules actions des hommes, actions dont l’effet est cumulatif. » (tiré de Jean-Claude Guillebaud) – Sans miséricorde, sans pardon, ni rémission.

« Le but et l’achèvement de la doctrine hindoue du renoncement aux sens, aux désirs et aux intérêts terrestres n’est pas la liberté positive, éthique, mais le néant de la conscience, l’anéantissement de la vie spirituelle et même physique. » (Hegel) – Vision un peu courte.

« Une renaissance par transmigration ou réincarnation est en fait la naissance d’un autre vivant : une naissance succède à une mort, mais ce n’est pas en mon honneur ni mon affaire, et il ne s’agit même plus de moi. » (Vladimir Jankélévitch) – A La nouvelle feuille qui pousse sur l’arbre, qu’importe l’ancienne. Que m’importe d’avoir été marmiton chez le pauvre Vatel ou de devenir demain un comptable à Nijni-Novgorod, sans rien de commun avec ce que je fus.

« La conversion : le rajeunissement, le recommencement, l’effacement, le retournement, le revenir sur, la nihilisation symbolique d’un passé… La résurrection : la mort de la mort, la mort du temps, mon autre vie ou celle d’un autre indéfini … Les renaissances ou l’éternel retour : détour, rallonge provisoire, délai accordé, sursis, au bout ?… » (tirées maladroitement de Vladimir Jankélévitch)

« – Ethique orientale : réservée, ‘ne fais à personne ce que tu ne voudrais pas que l’on te fît’. – Ethique occidentale : combative, ‘fais aux autres ce que tu désirerais qu’ils te fissent’ … L’amour du prochain, chez le bouddhiste n’est pas un ‘amor militans’ » (Herman von Keyserling – citant un sage chinois)

« Le retour éternel peut apparaître tour à tour comme la vérité la plus exaltante ou au contraire comme la plus accablante. » (cardinal Henri de Lubac) – Vision ambiguë, même selon Nietzsche que le cardinal interprète.

« Il est un peu partout le besoin de mieux vivre avec soi-même, de surmonter le divorce entre l’esprit et le corps, ce qu’exprime l’attrait actuel pour le yoga, le bouddhisme zen, les sagesses orientales. Le mal-être du bien-être favorise un appétit d’être. » (Edgar Morin)

« L’Hindouisme, tant religieux que philosophique, n’a jamais imaginé, malgré toute la rigueur de son intériorité, ‘ce Mal interne qu’est le malaise du péché mental’ … Car la discipline qu’il préconise essentiellement est une recherche de l’Être universel, Nirvana brahmaniste ou Karma bouddhiste, dépouillé de toute quête affective. » ( ? – cité par Evelyne Pewzner)

« Pour celui qui se fait ‘sannyasi’, l’hindouisme n’est plus une religion du renoncement à soi (comme individu) et de la dissolution dans l’ordre du monde : c’est au contraire au monde que le renonçant renonce, ‘pour se consacrer à sa propre libération’ … un accès à une ‘pleine indépendance.’ » (Alain Renaut – qui y voit une manifestation d’individualisme)

« Rien n’est plus étranger à l’Occident en général, au catholicisme en particulier, que le choix de la passivité, fût-elle compatissante. La vogue des sagesses extrême-orientales traduit un épuisement (du sens, de la volonté, de la pugnacité, de l’insoumission). C’est un placebo qui vise à exorciser deux maux engendrés par l’hystérie productiviste : le stress et la déprime. » (Denis Tillinac)

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