620,1 – Psychanalyse, Psychologie

– On entre en psychanalyse, encore faudrait-il pouvoir dire qu’on en sort.

– Si les Psy. posent une bonne question en interrogeant sur la source, ils rendent un mauvais service en « cherchant des causes que l’autre transformera forcément en raisons en s’aveuglant ainsi derrière une rationalité protectrice qui n’existe pas toujours dans les conduites humaines » (?)

– Malgré mes préventions contre ces disciplines, il faut reconnaître qu’il existe en chacun de nous, au départ, certaines positions de vie bien cachées : matérialisme abusif, idéalisme exacerbé, estime de soi défaillante ou mal placée (souvent due à des heurts subis dans l’enfance et complètement oubliés), réserve s’apparentant à de la timidité, esprit critique tournant au négatif, attitude générale d’enfant ou de sauveteur (au sens de l’analyse transactionnelle), surestimation ou dévaluation d’autrui, fond dépressif, craintes de certaines situations ou personnes (femmes par exemple)… Comme elles nous entraîneront systématiquement à commettre le même type d’erreur dans tous les domaines de notre activité, il est souhaitable de les débusquer, de les connaître et de les maîtriser en début d’existence plutôt qu’à la fin. Il est exceptionnel que nous y parvenions tout seul. Quelque autrui, pas forcément un professionnel, peut nous y aider à y voir clair. Ne pas hésiter ni tergiverser. Il y a des blocages dont on ne sort pas tout seul, simplement parce que, soi-même, on ne les voit pas.

– Beaucoup d’échecs sans doute, mais vu quelques brillantes réussites ; alors, l’Être ainsi heureusement psychanalysé devient celui qui domine l’autre par l’impérialisme conquis et acquis de son ‘moi’ (main de fer dans un gant de velours).

– De plus, après avoir aidé à raboter beaucoup de saines traditions, les psy. en général, se trouvent être les seuls défenseurs, avec les religieux, de la structure familiale et de l’ordre symbolique en voie d’anéantissement par le nihilisme scientiste dominant dans la génétique et s’appuyant sur  la conjuration des saboteurs progressistes, car « la psychanalyse c’est l’effort pour restaurer des différences et réinscrire le sujet dans le symbolique. » (Michel Schneider)

– Il est possible qu’on puisse sans dérision appliquer à certains de ces psy. le mot de Paul VI sur les confesseurs : « le martyre des… ». En tout cas, il est certain qu’ils auront maintenant contre eux les libéraux et gauchistes unis dans la même complicité objective pour détruire toute forme de civilisation.

Voir aussi  les considérations sur la psychologie positive à la fin de la rubrique Bonheur 080, 1 (Edgar Cabanas , Eva Illouz – Happycratie)

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« Ce qu’on peut si souvent constater de vide et de mécanique chez ceux qui ont fait une psychanalyse avec succès, cela ne doit pas être mis seulement au compte de leur maladie mais aussi au compte de leur guérison qui brise ce qu’elle libère. » (Theodor Adorno)

« La psychologie de notre temps ne se relèvera point de son erreur principale qui est d’avoir trop cru les fous et les malades. » (Alain)

« La psychologie, tout comme la physiologie et la médecine, doit abolir les différences entre les hommes pour pouvoir se constituer en tant que science. Son présupposé est : ‘Ils sont tous semblables’. La psychologie est donc réductrice. » (inspiré de Hannah Arendt)

 « La psychanalyse explique des hommes autres par l’application des mêmes concepts (anthropologues et ethnologues rencontrent aussi ce problème. A quel niveau de formalisation se retrouve la constance de la nature humaine, ne saurait être déterminé à priori et par théorie) … L’idée qu’un homme se fait d’un autre homme dépend de ce que sont l’un et l’autre. » (Raymond Aron)

« La psychanalyse existentielle, comme la critique marxiste des idéologies, disqualifie les doctrines, en démasquant les intérêts sordides qui se dissimulent sous la générosité verbale. »  (Raymond Aron)

« Quand nous nous tournons vers nous-mêmes nous nous détournons de la vérité. » (Gaston Bachelard)

« Certains vont jusqu’à consacrer leur existence à l’examen de leur nombril, nombril qui bien sûr se dérobe … Le nombril ne dit rien parce qu’il n’a rien à dire. » (Olivier Bardolle)

« S’il n’y avait eu que des gens gais sur terre, la psychologie serait morte de faim et de soif. » (Anne Barratin)

« La recherche de soi ne vise que le même ; soit rien d’autre. » (Georges Bastide) – On sait que cette recherche, en forme d’admiration,  a fini dans l’étang.

« Son nez ne lui plaisait pas, il l’a remis aux soins de la chirurgie esthétique ; son âme ne lui plaisait pas, il l’a remis aux soins de la psychanalyse. »(Jean Baudrillard)

« La psychanalyse n’est que du Proust mal écrit. » (Frédéric Beigbeder)

« La psychanalyse est devenue hyperindividualiste dans sa pratique. Elle valide tout désir, tout souhait individuel, taxe d’imaginaire tout lien de solidarité. » (Miguel Benasayag)

« La bourgeoisie avait de bonnes raisons pour résister à la psychanalyse … Cure par la vérité, négation ou explication du mystère, place des penchants sexuels … tout devait la choquer … Et pourtant, la psychanalyse plut aux bourgeois. Ils furent reconnaissants à Freud non de les guérir mais de les proclamer malades … Le vieil augustinisme parpaillot se trouva flatté … Terrible épidémie de confession, surtout chez les calvinistes, qui en étaient sevrés … L’homme reprenait quand même le visage que veut lui voir le prêtre…  Elle remettait à leur juste place les questions économiques et sociales. Qu’est-ce que l’inégalité des richesses, en comparaison de l’inégalité des complexes ? … Tous frères, devant la perpétuelle menace de l’inceste ou du parricide… » (Emmanuel Berl – Mort de la morale bourgeoise) – Pas étonnant que la psychanalyse se soit bien plus répandue en pays parpaillot qu’en pays catholique.

« Le plus grand risque serait encore de ne pas s’accepter soi-même. » (Georges Bernanos)

« Se connaître est la démangeaison des imbéciles. » (Georges Bernanos)

« Le psychologisme est l’idéologie par excellence de l’adaptation. L’inaptitude à suivre la marche des choses et l’avancée progressiste, la résistance à la flexibilité … sont à mettre sur le compte d’une rigidité psychologique ou d’une angoisse … … sans nier que la situation soit difficile, ‘d’autres, plus solides, plus outillés psychologiquement ont fait mieux que vous’. » (Harold Bernat)

« Si la psychanalyse n’est pas une culture, c’est qu’elle n’est pas une conception du monde. Freud le rappelle … Elles (la ‘métanoia’, l’entrée dans la vie philosophique dans l’Antiquité, les grandes religions de salut, toutes les formes du renouveau intérieur) conduisaient d’une erreur sur le monde ou la doctrine, à la vérité sur le monde ou la doctrine, la vérité sur soi étant donnée par surcroît. La psychanalyse au contraire vous laisse tout nu. Elle conduit d’une erreur à la vérité sur soi, ou plutôt à des vérités sur soi, dont l’une d’elles est que l’on ne la saura jamais entièrement, mais la vérité sur le monde reste à découvrir … Quelque chose nous empêchait de vivre … il reste à ‘tenter de vivre’. » (Alain Besançon)

« S’ignorer vaut mieux parfois que se connaître. » (Gustave Le Bon)

« La plus banale des feuilles blanches vaut le meilleur des psy. » (Philippe Bouvard)

« Le ressassement stupéfait de nos problèmes, cette espèce d’onanisme mental, nous interdit de distinguer entre le transformable qui relève de notre volonté et l’immuable qui ne dépend pas de nous. » (Pascal Bruckner)

« Le freudisme, en inventant l’inconscient, a donné un nouvel élan à l’art de l’introspection. Voilà chaque existence dotée, grâce à cette chambre d’écho inépuisable, d’une profondeur inattendue … Chacun peut gloser sur soi, plonger dans ses sous-sols, en ramener une provision de fables, d’énigmes qui instaurent une sorte d’embellissement de l’ordinaire. » (Pascal Bruckner)

« Il y a une seule définition certaine de l’homme sain : c’est celui qui a la tragédie dans le cœur et la comédie dans la tête. » (G. K. Chesterton)

« Délivrez-nous de la psychanalyse, nous nous délivrerons après des maux dont elle parle ! » (Emil Cioran)

« Nous sommes tous des farceurs ; nous survivons à nos problèmes. » (Emil Cioran)

« La psychanalyse sera un jour complètement discréditée, nul doute là-dessus. Il n’empêche qu’elle aura détruit nos derniers restes de naïveté. Après elle on ne pourra plus jamais être innocent. »  (Emil Cioran)

« Oublier l’homme, et jusqu’à l’idée qu’il incarne, devrait former le préambule de toute thérapeutique.  Le salut vient de l’être, non des êtres, car nul ne guérit au contact de leurs maux. » (Emil Cioran)

« Toute forme d’analyse étant une profanation, il est indécent de s’y adonner. A mesure que, pour les remuer, nous descendons dans nos secrets, nous passons de l’embarras au malaise et du malaise à l’horreur. La connaissance de soi se paye toujours trop cher. Comme d’ailleurs la connaissance tout court. » (Emil Cioran)

« Mille ans de guerre consolidèrent l’Occident ; un siècle de psychologie l’a réduit aux abois. » (Emil Cioran)

« Ne regarde ni en avant ni en arrière, regarde en toi-même, sans peur ni regret. Nul ne descend en soi tant qu’il demeure esclave du passé ou de l’avenir. »(Emil Cioran)

« S’interroger sur l’homme depuis si longtemps ! On ne saurait pousser plus loin le goût du malsain. »(Emil Cioran)

« Technique que nous pratiquons à nos dépens. La psychanalyse dégrade nos risques, nos dangers, nos gouffres, elle nous dépouille de nos impuretés, de tout ce qui nous rendait curieux de nous-mêmes. » (Emil Cioran)

« La psychanalyse, thérapeutique sadique, attachée à irriter nos maux plutôt qu’à les calmer, et singulièrement experte dans l’art de substituerà nos malaises naïfs des malaises alambiqués. » (Emil Cioran)

« Du temps où le diable florissait, les paniques, les effrois, les troubles étaient des maux bénéficiant d’une protection surnaturelle ; on savait qui les provoquait, qui présidait à leur épanouissement ; abandonnés maintenant à eux-mêmes, ils tournent en ‘drames intérieurs’ ou dégénèrent en ‘psychoses’, en pathologie sécularisée. » (Emil Cioran)

« Le ‘sens psychologique’, notre plus grande acquisition, nous a métamorphosés en spectateurs de nous-mêmes … Etant donné notre incapacité métaphysique … il  est le seul genre de profondeur dont nous soyons susceptibles. » (Emil Cioran)

« Abolie l’action, les rêves n’en finissent pas d’être interprétés et, d’une Europe moribonde, la psychanalyse est le long délire terminal, avant coma. » (Jean Clair)

« Mon psychiatre m’a débarrassé de ce que j’avais : 15.000 francs. » (Coluche)

« On psychiatrisera même la nostalgie : il est inconcevable de croire que le monde d’hier pouvait valoir mieux que celui qu’on nous impose. » (Mathieu Bock-Côté) – En URSS aussi on traitait d’arriérés, de fous ceux qui protestaient.

« Le passé n’est pas  méprisé, il convient seulement de le libérer de son opacité, en sachant que tout est mouvement, dynamisme, éclosion. » (Marie-Madeleine Davy)

« Freud nous a délivrés de terreurs, d’hypocrisies et d’idolâtries absurdes, il a découvert les outils permettant une acceptation de soi meilleure mais le coût de cette émancipation est rarement évalué en termes d’appauvrissement et de réduction des vies intérieures et du rapport au monde. » (Anne Dufourmantelle – elle-même psychanalyste)

« Il existe un ‘lyrisme de l’introspection’ dont il faut, je crois, à tout prix se garder. La contemplation de soi finit par rendre ivre. » (Jean Dutourd) – Narcisse.

« De nouvelles demandes lui sont continuellement adressées (à la psychanalyse) : elles n’ont pas le visage limpide du conflit, mais celui plus insaisisable du vide. » (Alain Ehrenberg)

« L’individu d’aujourd’hui n’est ni malade ni guéri. Il est inscrit dans de multiples programmes de maintenance. » (Alain Ehrenberg)

« Marcher en soi-même est comme un châtiment ; on ne va pas loin. » (Paul Eluard)

« Nous sommes la seule civilisation où des préposés reçoivent rétribution pour écouter chacun faire confidence de son sexe. » (Michel Foucault)

« La connaissance de soi étant une source de soucis, de tourments et d’inquiétudes, je me suis fréquenté le moins possible. » (Anatole France)

On connaît le mot de Freud arrivant à New-York : « S’ils savaient que je leur apporte la peste. »

« Il s’agissait d’apprendre du malade quelque chose que l’on ne savait pas et qu’il ne savait pas lui-même. » (Sigmund  Freud – à propos de psychanalyse)

« L’extraordinaire plasticité des développements psychiques n’est pas illimitée quant à sa direction… Capacité particulière au retour en arrière, régression … Il peut arriver qu’un stade ultérieur et plus élevé de développement qui a été abandonné, ne puisse pas être de nouveau atteint … Les états primitifs peuvent toujours être réinstaurés ; le psychisme primitif est … impérissable. » (Sigmund Freud) – Etat de violence guerrière, révolutionnaire… Mais aussi cette constatation de Freud va contre la croyance au progrès infini. L’humanité peut régresser  fortement et se révéler incapable de remonter la pente. C’est sans doute ce qui se passe de puis un siècle et s’accélère.

« Ce moi comme une pauvre créature devant servir trois maîtres et subissant, par conséquent, la menace de trois dangers, de la part du monde extérieur, de la libido du ça et de la sévérité du sur-moi. » (Sigmund Freud) – Pauvres de nous !

« S’il faut absolument vous perdre en quelqu’un, que ce soit en vous-même ; la psychanalyse est là pour vous y aider. » (André Frossard – faisant parler le diable)

« ‘Connais-toi toi-même’. Maxime aussi pernicieuse que laide. Quiconque s’observe arrête son développement. La chenille qui chercherait à bien se connaître ne deviendrait jamais papillon. » (André Gide – Nouvelles nourritures) – A noter quand même que la formule antique ne recommandait pas l’analyse de soi-même mais bien plutôt la connaissance et l’acceptation de ses propres limites humaines.

« La plus grande difficulté dans les observations psychologiques est qu’on doit toujours considérer parallèlement l’intérieur et l’extérieur, ou plutôt les combiner ensemble. C’est un mouvement continuel de systole et diastole, l’inspiration er l’expiration de l’être vivant. » (Goethe)

« Peut-être la psychanalyse est-elle une des dernières grandes formes de ce savoir narratif, de cet art de raconter des histoires, de transmettre par cette voie l’expérience, art qui est en train de se perdre. » (Roland Gori)

« La psychologie moderne s’est fondée sur ‘l’adaptation’ … Elle se préoccupe moins de vérité et de  sagesse que de compétences cognitives et d’habiletés sociales. » (Roland Gori)

« Il y a quelque chose de de très significatif dans le fait que la psychologie actuelle n’envisage jamais que le ‘subconscient’, et non le ‘superconscient’, qui devrait logiquement en être le corrélatif … c’est là l’expression d’une extension qui s’opère uniquement par le bas … la psychanalyse ne peut avoir pour effet que d’amener à la surface, en le rendant clairement conscient, tout le contenu de ces ‘bas-fonds’ de l’être … Être qui est d’ailleurs déjà psychiquement faible puisque, s’il en était autrement, il n’éprouverait aucunement le besoin de recourir à un traitement de cette sorte. » (René Guénon) – Typique de notre attitude en tous domaines.

« La psychanalyse ‘gnosticise’ : elle transforme le péché en souillure, l’aveu en défoulement, l’examen de conscience en analyse du contenu de la conscience, le confesseur en médecin. Je vomis ma faute, je ne la reconnais pas. » (Jean Guitton)

« Ceux qui troublaient le sommeil du monde. » (expression de Johann Peter Hebel – que Freud s’appliquait à lui-même)

« On ne peut pas descendre deux fois dans le même fleuve. » (Héraclite) – Et de toutes façons, le baigneur ne serait plus le même non plus.

« Sous couvert de reconstruction du moi, les psychanalystes procèdent en réalité à une scandaleuse destruction de l’être humain. » (Michel Houellebecq)

« Il n’y a rien à tirer des femmes en analyse. Une femme tombée entre les mains des psychanalystes devient définitivement impropre à tout usage. » (Michel Houellebecq – Extension du domaine de la lutte)

« L’absence de l’influence corrective du paiement présente de graves désavantages ; l’ensemble des relations échappe au monde réel ; privé d’un bon motif, le patient n’a plus la même volonté de terminer le traitement. » (Eva Illouz)

« Sous le masque des nobles motivations le médecin … dénonce les stratagèmes de l’inconscient ; aux raisons décentes de la Raison il substitue les raisons inavouables de l’instinct ; il nous rend sensible la vanité de notre civilisation intérieure. » (Vladimir Jankélévitch)

« Nous nous enchevêtrons nous-mêmes. » (Joseph Joubert)

« Atteindre à cette totalité, à cet épanouissement de soi-même que nous font perdre les circonstances d’une existence consciente et civilisée, à cette totalité que chacun porte inconsciemment en lui-même à son insu. La plénitude ne peut s’instaurer que lorsqu’à l’homme conscient vient s’adjoindre l’être inconscient. Le processus unificateur ne dépend que pour une petite part de notre volonté … Tout ce que nous pouvons tenter et escompter avec le conscient consiste, au maximum, à nous glisser dans la proximité du déroulement inconscient ; arrivés là, nous ne pouvons plus qu’attendre et nous efforcer d’observer la suite des événements. » (Carl Jung)

« La psychanalyse s’arrête quand le patient est ruiné. » (Carl Jung)

« La psychanalyse, une maladie qui se prend pour son remède. » (Karl Kraus – cité par Jean d’Ormesson)

« Quand vous m’aurez dit une parole qui parle vraiment de vous, vous serez guérie. » (Jacques Lacan – à une patiente)

« La psychanalyse guérit de l’ignorance, peut-être, mais elle ne guérit pas de la connerie. » (Jacques Lacan)

« Les psychanalystes ne disent pas absolument qu’ils savent, mais ils le laissent entendre. ‘On en sait un bout, mais là-dessus, motus, ça se règle entre nous’. » (Jacques Lacan – toujours distancé)

 « Le trait fondamental de l’analyse, c’est que les gens finissent par se rendre compte qu’ils ont déconné à pleins tuyaux pendant des années. » (Jacques Lacan)

 « S’il n’y avait pas le Verbe qui, il faut bien le dire, les fait jouir, tous ces gens qui viennent me voir, pourquoi est-ce qu’ils reviendraient chez moi, si ce n’était pas pour à chaque fois s’en payer une tranche , de Verbe ? … ça leur fait plaisir, ils jubilent. » (Jacques Lacan)

« La thérapie s’est établie comme le successeur de l’individualisme farouche et de la religion … la société moderne ‘n’a pas d’avenir’ et ne prête donc aucune attention à ce qui ne relève pas de ses besoins immédiats. Même lorsque les thérapeutes parlent de la nécessité de ‘l’amour’, de la ‘signification’ ou du ‘sens’, ils ne définissent ces notions qu’en termes de satisfaction des besoins affectifs du malade. Il leur vient à peine à l’esprit … d’encourager le client à subordonner ses besoins et ses intérêts à ceux d’autrui, à quelqu’un, à quelque cause ou tradition extérieure à son cher moi. … Ce serait une oppression intolérable, une offense au bon sens et une agression à la santé et au bien-être de l’individu. » (Christopher Lasch)

« La popularisation de l’évangile psychiatrique ne mina pas seulement l’autorité parentale, mais affaiblit aussi l’autorité incontestée de la profession psychiatrique. En diffusant auprès des masses les lumières de la psychiatrie, les pathologistes sociaux perdirent leur monopole de la sagesse. » (Christopher Lasch) – Entendre les experts, conseillers, assistants  de toute nature…

« Les psychologues et les sociologues constatent les attitudes, les comportements, les rôles ; ils les étudient de façon non critique, entérinant ainsi la ‘mimésis’ et le règne de la ‘mimésis’ sans discerner les fondements, donc sans expliciter ni expliquer. Ils acceptent donc sans autre forme de procès comme une exigence éternelle de la société la tendance générale à la stéréotypie et la tendance à viser pour les imiter les idoles et les Olympiens du monde moderne. » (Henri Lefebvre – cité par Harols Bernat)

« Il est peu probable qu’un homme qui a été amené à dénombrer aussi scrupuleusement ses stocks psychiques puissent garder l’espoir d’œuvres futures. »  (Michel Leiris) – Dur, dur…

« Le système du tout-psychologique évacue tranquillement la notion de péché, de culpabilité et, avec elles, la liberté et la responsabilité humaines. On ne risque pas de progresser … On peut aussi tout expliquer … justifier l’injustifiable, et surtout déresponsabiliser pour pas cher. » (Juliette Levivier) – Bien sûr … Mais savez-vous, il, elle, a été tellement blessé ! 

« Les psychothérapeutes tendent-ils à se multiplier dés que les romanciers et les poètes commencent à se faire rares ? Il se pourrait bien que le développement de la psychologie clinique corresponde à un assèchement de l’imagination inspirée … ‘Si l’analyse réussissait, vous risqueriez de ne plus pouvoir écrire de poèmes’ (réponse de Lou Andréas-Salomé à Rainer Maria Rilke qui lui demandait de le psychanalyser). » (Simon Leys)

« L’abus de la psychanalyse fait sans doute plus de victimes que son usage n’opère de guérisons. Son premier ravage est alors de persuader qu’il ne s’agit que de guérison à obtenir, en des cas où c’est une conversion qu’il s’agirait de provoquer … Mais combien pire la dissolution de la morale dans l’estimation même du sujet ! » (cardinal Henri de Lubac)

« ‘L’incurable tristesse du freudisme’ venant ‘de ce qu’il est fondamentalement retour au passé’, à ce passé ‘où les complexes se sont noués’, alors qu’il faut affirmer la ‘prééminence de la création sur ce qui est donné. Le temps freudien est tourné non vers l’avenir mais vers le passé … Une guérison qui restitue l’enfance mais n’ouvre point de futur’ … ‘Archéologie du sujet sans téléologie’ … ‘La vie est une annonciation, pour Freud elle n’est qu’une réminiscence’ … Il s’agirait de psychanalyser ‘non pas pour dégager, mais pour engager’ ; de ‘faire lire l’homme en soi, non plus pour dissiper des fantômes, mais pour donner consistance, direction et satisfaction à certains grands besoins ou appels essentiels qui étouffent en nous ( et dont nous étouffons) faute d’être traduits et compris’. » (cardinal Henri de Lubac – citant Teilhard de Chardin, l’abbé Jules Monchanin, Paul Ricoeur)

« La psychanalyse est un confessionnal laïque : on ose livrer les horreurs qui nous traversent. Le danger de l’analyse, c’est que la rencontre avec soi est totalement déprimante. Être soi avec soi, c’est chaotique. Le moi est un morceau extrêmement dur à avaler. » (Fabrice Luchini)

« Rien ne ressemble davantage à l’étude psychanalytique des cas cliniques que celle des cas du confessionnal par la casuistique médiévale. A l’examen de conscience répondra, plus approfondie encore, l’analyse  de l’inconscient … Dans les deux cas, une autorité supérieure préside, celle du confesseur et du psychanalyste … relation duelle, exclusive, celle du transfert … Dans les deux cas, l’angoisse abandonnique est présente, peur de ne plus être aimé par un dieu qui vous rejetterait, peur de ne plus être accepté par celui vers qui vous porte l’amour transférentiel. » (Gérard Mendel)

« Il y a trente ans, mes patients venaient consulter pour soigner des pathologies liées à la contrainte. Aujourd’hui, c’est pour des pathologies liées à la liberté. » (Jean-Paul Mialet, psychiatre)

« On invente la psychanalyse, et l’on réussit à ne pas se demander si la religion, sur laquelle on s’est tant acharné, n’était pas, à tout prendre, une meilleure psychanalyse que la psychanalyse, puisque enfin, à ne mentionner qu’une seule infériorité, elle ne met pas l’homme en situation de demander aide et secours à l’un de ses semblables manifestement logé à la même enseigne que lui ? » (Jules Monnerot)

« Avec la civilisation on passe du problème de l’homme des cavernes au problème des cavernes de l’homme. » (Edgar Morin)

« Crois-tu qu’en te cherchant tu te retrouveras ? » (Alfred de Musset)

« A force de chercher les origines, on devient écrevisse. » (Nietzsche)

« Tout être, aussi anodin soit-il, s’aperçoit fièrement qu’il est en mesure de donner le jour à un riche éventail de crises, dès qu’il est à l’écoute de son Moi. » (Hector Obalk)

« C’est folie pour l’homme que de vouloir guérir lui-même sa propre misère. » (Blaise Pascal) – Il ne pensait pas à la psychanalyse (inconnue alors), mais à la transcendance, au divin.

« Je constate que la psychanalyse qui fit une si courte carrière en science, en fait une énorme en littérature … Toute illumination prétendue ne saurait être interprétée que comme plongée dans des zones de régression : des bulles de vase remuée … La rage d’expliquer le haut par le bas … La séance du divan procède plus de la descente initiatique que de la médecine. La psychanalyse est un magisme … C’est une bonne approche des sous-sols. » (Louis Pauwels – peu tourné vers cette discipline)

« La psychologie se consacre à l’étude de l’homme moyen ; avec un intérêt spécial pour le déchet. »(Louis Pauwels)

« Je vous résume le freudisme : pourquoi ? parce queue. » (Louis Pauwels)

« Le discours psy a envahi notre quotidien. ‘Résilience’, ‘travail de deuil’, refoulement’, autant de mots que toute femme a lu dans des articles de vulgarisation, dont elle ignore le sens exact, mais qu’elle ne manque pas de placer … Vulgate psy que véhicule les média (notamment la presse dite féminine) … Discours stéréotypé à peu près équivalent de l’ancienne morale religieuse par son caractère systématique et quasiment normatif … Qui n’a rien à voir avec la psychanalyse à laquelle il emprunte quelques termes clés et quelques concepts … Mode du ‘coaching’ (‘Allez-vous offrir un coach à votre enfant’, journal du 26/11/14) et des gourous individuels héritée des courants américains de la psychologie comportementaliste (et de l’infantilisation d’individus impuissants) … L’Etat thérapeutique de Christopher Lasch … L’idéologie de la performance de Jacques Ellul … Comment soigner les maux que l’on a soi-même provoqués … L’initiative personnelle est abolie. » (Natacha Polony) – Mais restera la culpabilisation. Echouer alors qu’on a autant de moyens évolués à sa disposition, il faut vraiment le vouloir ou être complètement tarte.

« L’analyse : un droit d’asile pour ce qui nous vient d’une terre  étrangère, d’un continent lointain, pour tout ce qui migre. » (Jean-Bertrand Pontalis)

« Se connaître soi-même, quelle catastrophe ! » (Charles Régismanset)

« La science ne connaissant que le quantifiable, s’en réclamer est particulièrement efficace pour nier toute différence qualitative … Un exemple ? Le traitement subi pas sainte Thérèse d’Avila … A partir du XIX° siècle, ‘ramener’ le supérieur à l’inférieur, le spirituel au matériel, le significatif à l’insignifiant devint, pour ainsi dire, la marque d’un esprit scientifique … La psychanalyse tira de ce préjugé une part de sa légitimité : fonder les comportements les plus sublimes sur des compensations de complexes refoulés, des conflits infantiles mal résolus, des attachements scabreux, a d’emblée une saveur scientifique … Ce rôle est aujourd’hui repris par la neurobiologie, qui remplace des complexes un peu vexants, mais encore humains, par des décharges neuronales anonymes … En cas d’échec, une solution pour désamorcer l’angoisse, fuir le désespoir est d’anéantir l’enjeu dont ils procèdent. C’est-à-dire d’anéantir l’âme … Tel est le foyer … de cette ardeur à procéder à ce nivellement. A cette fin l’homme-machine est idéal … ‘La science comme moyen de s’étourdir. Connaissez-vous cela ?’ (Nietzsche). » (Olivier Rey)

« Le névrosé bâtit des châteaux en Espagne ; le psychotique y habite ; le psychanalyste ramasse les loyers. » (Van Rillaer)

« C’est en un sens à force d’étudier l’homme que nous nous sommes mis hors d’état de le connaître. » (J. J. Rousseau)

« Chesterton disait que le monde était rempli d’idées chrétiennes devenues folles. Il est encore plus rempli d’idées psychanalytiques devenues gâteuses. » (Claude Roy)

« La psychologie ne peut que délivrer un individu de ses complexes, elle ne délivre pas l’individu lui-même. Elle ne lui offre pas de vraie nourriture après l’avoir débarrassé de ses poisons. La sublimation dont elle parle n’en est pas une, puisqu’elle ne croit pas aux valeurs. Le traitement des psychismes malades par les religions a ceci de supérieur à celui de la psychanalyse, que la religion opère une véritable transfiguration, une sublimation authentique … L’individu ‘ouvert’ et converti à un idéal qui le dépasse, peut être guéri de ses angoisses névrotiques ; ses forces, au lieu de l’empoisonner, peuvent être rendues disponibles et par suite saines pour lui-même. Mais cela ne prouve pas que l’idéal choisi soit bon et sain pour la société humaine … fanatiques…» (Raymond Ruyer) – Sur un parallélisme avec les religions.

« En postulant que les symptômes névrotiques proviennent d’un ‘corps étranger’ inséré dans le sujet et dont il convient de le délivrer en en purgeant l’affect et le souvenir, Freud rapproche en plus d’un point la méthode cathartique, puis psychanalytique, de l’exorcisme … ‘Pour nous, les démons sont les désirs mauvais, réprouvés, découlant d’impulsions répoussées, refoulées. Nous écartons simplement la projection que le Moyen Âge avait faite, de ces créations psychiques dans le monde extérieur’. » (Monique Schneider – citant Freud)

« Toute une kyrielle de futilités se trouvent entourées d’une fausse auréole d’importance. Un individu insignifiant se trouve intéressant, l’importance que l’on accorde même à ses rêves le ravit. » (Arthur Schnitzler)

« Les psychanalystes  assoient leur  renommée grâce à leurs idées, pas grâce à leurs succès thérapeutiques (s’il y en a). Quant à la renommée d’une idée elle résulte de son influence, pas de sa vérité. » (Roger Scruton)

« Si Freud n’avait pas introduit, par chance, dans sa théorie que le paiement était indispensable à la réussite de la cure, cette intéressante métapsychologie n’aurait sans doute jamais dépassé le stade des discussions universitaires, pour devenir le lucratif charlatanisme que l’on sait. » (Alain Soral) – Discutable.

« Le principe moteur de l’association libre sur laquelle se fonde la psychanalyse met en jeu des séries infinies … on peut toujours creuser plus loin » (George Steiner)

« Se savoir régi par des histoires de ‘papa-maman, pipi-caca-lolo’ comme le disait un patient, alors que l’on rêve d’infini, constitue un bien pénible éveil à la réalité. » (André Stéphane)

« Quand le Christ dit ‘Laissez les morts enterrer les morts’, il a déjà englobé et dépassé toute la  cure analytique (laquelle, même si elle est souvent  secourable, ne nous renvoie guère qu’à un pénible lavage de linge sale en famille). » (François Taillandier)

« Néant de la psychologie en tant que science appliquée en vue de l’équilibre et du bonheur de l’homme. Le psychologique – pulsions attractives et répulsives, mobiles, transferts, compensations et leur soubassement dans l’inconscient, etc. – est le foyer d’infection privilégié du péché originel : tous les remèdes, à ce niveau, ne font que déplacer les symptômes du mal. » (Gustave Thibon)

« Pour les psychologues, méconnaissance du pouvoir de la conscience et de la liberté comme facteur d’équilibre. On ne cherche pas la guérison du psychopathe, on essaye seulement de ‘blanchir’ ses symptômes pour qu’il puisse jouer à peu près son rôle dans ce bal masqué qu’on appelle la vie sociale. On rajuste ainsi le masque sans toucher aux déformations du visage. » (Gustave Thibon)

 « Nous voyons proliférer chaque jour ces interprétations dégradantes qui expliquent le plus haut par le plus bas … le vin par la lie, l’eau par la vase, la rose par le fumier … Psychologie d’égoutier … La meilleure façon d’échapper aux miasmes du marécage, ce n’est pas de fouiller celui-ci dans tous les sens, mais de prendre de l’altitude. » (Gustave Thibon – qui dédouane la méthode et l’immense majorité des psy de ces aberrations dues au climat confus et malsain qui s’est créé autour de la psychanalyse)

« La révélation et l’attraction de l’altitude sont plus efficaces, pour élever et perfectionner les hommes, que le travail des psychologues qui se limite trop souvent à l’exploration des bas-fonds. » (Gustave Thibon)

« Il faut entrer en soi-même armé jusqu’aux dents. » (Paul Valéry)

La verbeuse mentalité thérapeutique « entretient ses propres mythes, ses propres interdits et donc ses propres abus, derrière les discours compassés qui se sont imposés dans toutes les sphères de la société. » (Alain Valterio – psychanalyste – cité par Paulina Dalmayer) – « On assiste à une hystérisation permanente de tout drame, de toute difficulté de la vie. » (Jacques Thuile, psychiatre)

« Quand il apparaît que les religions ont épuisé leurs douteux sortilèges, la psychanalyse (‘association d’aide aux mutilés affectifs’) prend le relais. » (Raoul Vaneigem)

« La culture thérapeutique exprime la société qui a renoncé au rayonnement, à la grandeur, à la conquête, au salut ou à la révolution politique. Elle met l’accent sur le soin, le bien-être, l’éradication de la maladie et de la souffrance. A ce titre, elle est une utopie antitragique. » (Eric Vartzbed – psychothérapeute – cité par Paulina Dalmayer)

« Se faire psychanalyser, c’est un peu comme manger de l’arbre de la connaissance. La connaissance ainsi acquise nous pose des problèmes éthiques (nouveaux) ; mais elle n’apporte rien à leur résolution. » (Ludwig Wittgenstein)

« Les psy. font prendre des bains de mots qui disent la souffrance psychique ou qui la balbutient ; selon la formule de Heidegger, ils ‘plongent dans le sens’. » (une psy.)

« Pour que le moi puisse se sentir bien avec lui-même, il ne faut pas le valoriser comme le fait la psychanalyse … Le défaut principal de la psychanalyse consiste à en rester au dialogue du moi avec lui-même. » (?)

« Chez Freud, la notion de refoulement tient le rôle dévolu, chez Marx, à celle d’aliénation. » (?) – Dans tous les cas, le sujet n’est pour rien dans ses malheurs. Bien commode. La culture de l’alibi a toujours été florissante : succès du marxisme et de la psychanalyse.

« A vouloir être soi et n’être que soi, on finit par être moins que soi. » (?)

« Couvrons de nos respects les torts de nos parents. » (?)

« Aux Folies-bergères, un psy regarde le public. » (?)

 « On soigne avec ce qu’on est et non avec ce qu’on sait. » (?)

« A trop vouloir disséquer la nature on aboutit à sa destruction. » (?)

« Le centre des villages n’est plus l’église ni la mairie mais la pharmacie. » (?) – Qui sont les champions mondiaux de la consommation d’antidépresseurs ? On bat les records qu’on peut.

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