565,1 – Polémique, Lynchage, Rumeur ; Pensée unique, Politiquement correct, Conformisme, Uniformisation

– Occupations préférées des pits-bulls et des occupants de bacs à sable qui hantent les média, les réseaux dits sociaux et certaines associations.

– La généralisation du délit d’opinion ou la première chicane franco-française à la mode, occupation de désœuvrés, remueurs de merde, vautrés sur les réseaux dits sociaux. Servent à donner de notre pays l’image de chicaneurs, de médiocres et d’imbéciles. Contribuent à appauvrir le pays en faisant  fuir les investisseurs et tous les gens de bon sens. Mais au-delà, il s’agit de terroriser toute réflexion politique qui sort du cadre imposé par la clique politico-médiatique, et accessoirement de se vautrer dans des questions de détail sans intérêt afin de dissimuler les questions importantes.

– La société de délation instaurée par la législation répressive de la censure au service de la dictature de la pensée unique entraîne (c’est un des objectifs secondaires recherché) une augmentation de la défiance dans un pays comme la France où le taux de méfiance était déjà élevée.

– Tout est permis sauf de faire le jeu (ou le lit) du Front National (reprendre un seul mot, une seule image suffit à vous faire condamner). Vue l’élasticité de la notion, il ne reste guère qu’à parler de la pluie et du beau temps, et bien entendu de sa propre santé, mon beau et constant souci. Au lieu de faire le jeu, on peut faire le lit ; c’est aussi criminel.

– Utile pour parler avec componction et émotion de futilités qui, aux époques obscures où on riait, eussent été ignorées ou auraient déclenchées une saine et franche rigolade.

– Délice des journalistes qui adorent les tempêtes dans des verres d’eau. Consiste à hurler contre quelqu’un qui a dit ce que tout le monde savait mais qui n’avait pas compris qu’il ne fallait pas le dire, ou qui c’est, tout simplement, écarté de la langue de bois obligatoire en employant un terme proscrit de la langue française au lieu de l’euphémisme obligatoire chez les impuissants.

– Suivant un conseil de Schopenhauer (conseil très suivi dans les média et milieux politiques français), pour se débarrasser d’une affirmation d’un adversaire, Schopenhauer recommandait ironiquement de la ranger dans une catégorie généralement détestée : Mais, c’est du manichéisme, du fascisme, du racisme…

– N’intéresse que les associations incendiaires et cupides ainsi que les quelques riches intellectuels parisiens en service commandé qui tiennent là leur occasion hebdomadaire de s’indigner et de montrer leur grandeur d’âme en insultant et en démolissant le malheureux qui a osé dire l’évidence ou, parfois, plaisanter innocemment. Mais on ne plaisante pas avec l’innocence.

– La règle fondamentale de ce jeu médiatique est de ne jamais aborder la question de fond soulevée par l’imprudent (cela pourrait donner des idées au bon peuple) mais de lui cracher dessus en cadence et de le salir par tous moyens. La première attaque est généralement portée en qualifiant les dires de celui qu’on est décidé à salir de controversés. Comprendre alors que la meute politico-médiatique au pouvoir bave de rage et de haine et utilisera toute sa puissance pour détruire et l’idée et celui qui l’a émise.

-Au moins une fois sur deux,  quand on prend connaissance,  des élucubrations intitulées fact checking (qui n’est que la nouvelle méthode d’exercer la censure en discréditant  et en écartant vertueusement tout ce qui ne convient pas à l’exercice de la domination mentale, tout en affectant une impartiale et virginale honnêteté), on a affaire à la propagande officielle, à la doxa, rectifiant ce qu’il ne faut pas dire. D’ailleurs, il suffit de voir les publications qui ont cette sorte de rubriques pour connaître leurs motivations et  leurs objectifs.  Mais, cette censure se transforme heureusement vite en boomerang pour les imbéciles censeurs. En effet,  sa diffusion effrénée permet à beaucoup d de gens de prendre connaissance de thèses qu’il n’aurait jamais connues sans elle, ainsi pour moi du Hold-Up sur la Covid.

– On procèdera aussi par « La disqualification par la ‘phobie’, vieille technique de psychiatrisation de l’adversaire qui rappelle l’Union soviétique et qui est une arme fréquemment employée par la police de la pensée. Ainsi des opposants au ‘mariage pour tous’ taxés d’homophobie, ce qui a permis d’escamoter le débat. » (Natacha Polony)

– On retiendra l’effondrement probable, sans doute hélas dans une grande catastrophe générale, de la police de la pensée, de la censure, des mensonges et des dissimulations qui lui sont inhérents, de la stupidité, de la servilité et de la lâcheté que sa dictature féroce entraîne. Mais en attendant, on n’oubliera pas que : « nul n’est plus agressif qu’un animal agonisant » et l’animal prouve chaque jour le bien-fondé de cette sorte de proverbe.

« Critérium pour connaître l’action du clerc : s’il remplit son office, il est immédiatement honni par le laïc, dont il gêne l’intérêt (Socrate, Jésus..), s’il est loué par des séculiers, on peut dire qu’il est traître à sa fonction. » (Julien Benda) – On ne peut être plus clair pour distinguer les vrais intellectuels sans cesse insultés par les média des politicards et des laquais couchés au service des dominants.

-Cela ‘ne se fait pas’. Ce que vous dites était peut-être vrai, mais c’était ‘inopportun’, et cela ‘faisait le jeu’… » (?) – Le jeu de qui vous savez… Une première fois on peut passer (tout en hurlant publiquement), mais excusez-vous d’abord et ne recommencez pas.

« Si ce n’est ce que tu dis, c’est ce qu’au fond tu penses. »

« La polémique, cet exercice où les mots ne servent plus qu’à faire la guerre, où, sous couvert de débat, on règle des comptes. » (Jean-Bertrand Pontalis) – Le délice des pervers haineux. Le passe-temps de la masse des hystériques. L’indispensable de l’audimat.

 ——————————————————————————————————————————-

« On ne mesure pas la puissance d’une idéologie aux seules réponses qu’elle est capable de donner, mais aussi aux questions qu’elle parvient à étouffer. » (Günther Anders) – C’est particulièrement vrai dans notre époque de censure féroce.

« Les clichés, les expressions toutes faites, l’adhésion à des codes d’expression et de conduite conventionnels et standardisés possèdent la fonction socialement reconnue de nous protéger contre la réalité, c’est-à-dire contre l’exigence de notre attention pensante que tous les événements et les faits éveillent en vertu de leur existence. » (Hannah Arendt)

« En une société qui n’a plus de fondement religieux, les impératifs se dégradent en coutumes dont personne ne parvient à saisir la raison ultime auquel chacun, imitant les autres, tend à obéir. Le conformisme devient sacré puisque la conformité aux croyances et à la conduite du groupe offre la seule garantie des valeurs. » (Raymond Aron) – Être avec la majorité, moutonner.

« Il ne cesserait de mériter le nom d’intellectuel que le jour où il partagerait le fanatisme … des idéologues, le jour où il souscrirait à l’inquisition des juges théologiens. » (Raymond Aron) – Non seulement ce jour est arrivé, mais encore le prétendu intellectuel des média s’est lui-même érigé en juge, en dénonciateur et en bourreau.

« Ceux qui veulent généraliser la ‘pensée correcte’ privés de tout sens de l’humour et persuadés que la ‘vérité’ a une seule face, nul n’ayant le droit de s’en écarter. » (Kostas Axelos)

« Devenue technique de la gestion et de l’administration, ordonnancement de la vie publique, la technique politique, avec son idéologie, sa mentalité, ses mœurs, ses cérémonies s’empare, démocratico-totalitairement, des individus et des foules … l’individu ne constitue pas un bastion imprenable … Aussi les ressortissants d’une société, d’un parti, d’une institution, d’un Etat jouent-ils double ou triple jeu. Les gens vivent avec des mensonges, de l’hypocrisie, du faire-semblant, des accommodements, des compromis. C’est comme si cet état des personnes et des choses formait le ciment social. Le conformisme généralisé régit paroles, actions, omissions, comportements … La non-conformité, parfois recherchée avec ostentation et sophistication, est encadrée. » (Kostas Axelos)

« Sachant bien qu’il est devenu moins dangereux d’assommer une rentière que d’exprimer une opinion. » (Marcel Aymé)

« Aujourd’hui, en France, on a peur de parler à visage découvert, tant on craint à juste titre les insultes, les représailles professionnelles et même les violences physiques qui peuvent s’ensuivre. C’est dire combien notre lâcheté collective a affaibli notre démocratie. » (Elisabeth Badinter)

« Les figures imposées : – La domination : paternalisme, élitisme, ‘racisme de classe’, ‘racisme de l’intelligence’, condescendance – La dépolitisation : le ‘fait-divers’ qui fait diversion et réduit toute question sociale, la personnalisation à outrance, la présentation politicienne de toutes les questions politiques et la présentation technicienne de toutes les questions économiques – La promotion : les renvois d’ascenseur, complaisances et connivences, constitution d’une élite à laquelle le peuple devrait rendre des comptes de son ‘irrationalité’ et de son ‘populisme’ – La dépossession : L’art de priver de parole ceux-là même à qui on la donne, micro-trottoirs, débats, sondages… » (Normand Baillargeon – Petit cours d’autodéfense intellectuelle) – Ce qui ne dispense pas si le besoin s’en manifeste de recourir aux indispensables attaques sauvages ad hominem, accompagnées des indispensables réductions ad Hitlerum ou ad facismum.

« Cette fable donne à voir le principal carburant des polémiques : la contradiction. En opposant frontalement leurs visions, et d’entrée de jeu, le coq et l’oie se sentent tous deux incompris et attaqués. L’échange devient rapidement une bataille d’egos, et n’aboutit à rien. Cette fable exhibe aussi un formidable extincteur de polémiques : l’approbation temporaire. Cette disposition intellectuelle consiste à taire votre propre point de vue et à adopter, aussi longtemps que nécessaire, le point de vue adverse. Pourquoi donc ? Comme le conseille la pintade, il s’agit alors d’amener votre interlocuteur à préciser le plus clairement possible les contours et les implications de son point de vue. Car ainsi, deux issues se dessinent. Soit le point de vue adverse finit par s’effondrer de lui-même, sous le poids de ses propres incohérences, confusions ou vices. Soit, le point de vue adverse révèle, à vous-même et peut-être même à votre interlocuteur, une pertinence, un intérêt ou une justesse insoupçonnée. Dans un cas comme dans l’autre, la discussion offre à chacun la possibilité de faire évoluer ses conceptions, en toute dignité. Cet exercice a vocation, bien entendu, à s’appliquer aussi à votre propre point de vue. Il s’agit là d’un type de raisonnement. En mathématiques, on appelle cela le raisonnement par l’absurde : pour rejeter un énoncé A, on admet d’abord qu’il soit vrai, et on décline ses conséquences jusqu’à – le cas échéant – aboutir à une impasse logique. Pour éviter les guerres de tranchées, et l’usure qu’elle installe dans nos sociétés, voilà un type de raisonnement qui mériterait d’être mobilisé plus souvent. » (Adam Baïz – s’inspirant d’une fable de basse-cour –  sur les polémiques stériles et trop souvent haineuses des discussions  – n’appelons pas débats ces foires d’empoigne où s’épanouit la haine féroce des censeurs-animateurs-bornés – à la télévision notamment).

« Ne peut-on plus l’ouvrir de quelque façon, proférer quoi que ce soit d’insolite, d’insolent, d’hétérodoxe ou de paradoxal sans être automatiquement d’extrême droite (ce qui est, il faut bien le dire un hommage rendu à l’extrême droite). Pourquoi tout ce qui est moral, conforme et conformiste, et qui était traditionnellement à droite, est-il passé à gauche ?»  (Jean Baudrillard)

« L’espèce entière semble vouloir se ridiculiser dans l’aboutissement de tous ses désirs, dans la libération inconditionnelle de toutes ses possibilités, alors qu’elle ne sait même pas ce qu’elle est. Elle n’a même plus l’imagination d’elle-même, et elle se vautre dans une obscénité, un échange généralisé – résultat de cette orgie de libération qui ne laisse plus place qu’à un syndrome de reniement, d’avilissement, et d’une jubilation d’autant plus obscène qu’elle se délecte de la ruine de ses propres valeurs. De tout cela jaillit une honte collective, générant à son tour une colère, une passion coléreuse qui va bien au-delà de la virtuosité polémique qu’on lui connaît. » (Jean Baudrillard)

« Une pensée basse, une  pensée énervée qui n’a plus même la fierté de ses propres références, ni non plus l’énergie de les dépasser, et qui gaspille ce qui lui reste dans les procès, les griefs, les justificatifs, les vérifications historiques … Autodéfense d’une société qui, faute d’avoir pu générer une autre histoire, est vouée à ressasser l’histoire antérieure pour faire la preuve de son existence. » (Jean Baudrillard – sur les repentances, les accusations et excommunications, les mises à l’index, sur la petitesse de notre époque)

« Pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs. » (Beaumarchais) – Depuis la liste des interdits s’est considérablement allongée.

« C’est le propre d’une dictature que de dicter ce qui doit être dit. » (François-Xavier Bellamy) – Et surtout ce qui ne doit pas être dit.

« Il n’y a nul besoin de censurer les gens. Plus ils parlent, plus ils sont censurés d’informations, moins ils agissent. » (Miguel Benasayag)

« Ne discutez jamais, accusez … moquez-vous… » (Philippe Bénéton)

« La modernité tardive réussit ce tour de force : elle prêche l’autonomie et secrète le conformisme. » (Philippe Bénéton)

« Faute de pouvoir penser par lui-même, il s’efforce de penser ce qu’il faut penser. Il se raccroche aux moyens du bord, c’est-à-dire avant tout à l’air du temps et présente des idées reçues comme des opinions de son cru. Il se compose l’attitude que requiert l’exercice, il joue le rôle qu’impose sa fictive autonomie … Juger sans savoir, trancher dans l’à-peu-près, se fier à l’opinion ‘convenable’ et la présenter pour sienne. Il a désappris une règle fondamentale de l’indépendance d’esprit : la suspension du jugement quand la pensée n’est pas assez armée pour se prononcer. » (Philippe Bénéton) – Qui envisage de trouver une telle modestie chez nos contemporains ?

« La présence de commissaires politiques n’est même plus nécessaire pour qu’on obéisse aux diktats de la norme dominante … La norme régule de l’intérieur les comportements. De sorte que ce sont les individus eux-mêmes qui se mesurent à la norme … Production de comportements réglés, par la création de frontières intérieures à l’individu … L’intériorisation de la norme produit l’auto-censure … On a peur du procès, pour sa carrière, de ce que diront les médias, les collègues… » (Alain de Benoist) 

« Cet avilissement des esprits devenus incapables d’apercevoir ce qui les gêne, de constater un fait, même évident, s’il contrarie leurs systèmes ou dérange leurs attitudes. » (Emmanuel Berl)

 « La trahison du clerc se définit par la servilité de l’esprit abandonnant sa propre cause et laissant l’univers prévaloir contre lui. Lorsque l’esprit préfère à soi-même le monde. … J’appelle conformisme cette inaptitude du clerc qui ne sait plus que mettre en forme ce qui est : mascarades, cortèges, cérémonies. » (Emmanuel Berl) – C’était du temps où les laquais au service de l’idéologie dominante pouvaient encore être considérés comme des intellectuels, où on pouvait parler d’esprit à leur propos.

« La cohérence d’un discours ne prouve pas sa justesse : il suffit, pour l’obtenir d’en retirer tout ce qui la dérange, comme il suffit pour mettre de ‘l’ordre autour des choses’ d’éliminer toutes celles qui le troublent. » (Emmanuel Berl) – D’où les bienfaits de la censure.

« Nous commençons à comprendre qu’une société organisée par l’intelligence, ou du moins par cette forme dégradée de l’intelligence qui s’appelle la technique, sera sans pitié non seulement pour les éléments suspects de produire moins qu’ils ne consomment, mais encore pour tout ce qui ne pensera pas d’accord avec la monstrueuse conscience collective. » (Georges Bernanos)

« On finit toujours par haïr une vérité volontairement méconnue. » (Georges Bernanos – Les Enfants humiliés) – Explication de la haine que portent les censeurs-inquisiteurs dominants à toutes les réalités dont ils interdisent l’évocation.

« L’irrespect n’est rien d’autre que le nom de cette insolence qui me semble indissociable du métier de penser. Il nourrit l’enthousiasme faute duquel l’espace de l’intelligence se fige et n’abrite plus que les dévots de tous poils. » (Jean-Michel Besnier)

« Il faut tout dire. La première des libertés est de tout dire. » (Maurice Blanchot) – C’est bien fini.

« Il faut hurler avec les loups, dit-on –  Précieuse maxime qui a dû être léguée par un vieux chien. Hurler, ai-je besoin de le dire, est une litote, un euphémisme. Il s’agit de faire ce que font les loups, c’est-à–dire de manger les moutons, en commençant, bien entendu, par ceux qu’on a le devoir de garder… » (Léon Bloy –Exégèse des lieux communs -1,XXXVII)

« De plus en plus, il semble se dégager de la société contemporaine une haleine de prohibition absolue contre ces réfractaires à l’universelle ignominie. Les voyous, devenus nos maîtres, depuis environ trente ans, ont édicté la salauderie nationale et obligatoire dont le premier et unique article est de conspuer tout ce qui fit la grandeur morale et l’espérance des hommes. » (Léon Bloy) – Rien à changer.

« Les Grecs et les Romains distinguaient deux sortes de tyrannie ; une réelle, qui consiste dans la violence du gouvernement ; et une d’opinion, lorsque ceux qui gouvernent établissent des choses qui choquent la manière de penser d’une nation. » (Etienne de La Boétie) – Que diraient ces Anciens devant la dictature de la pensée unique et les mesures sociétales imposées car dictées par des minorités ?

« La lucidité, cet héroïsme d’une intelligence déniaisée … Avant d’être à l’occasion compréhensive et compatissante, la lucidité est d’abord intrépidité du regard qui se sait toujours en équilibre instable …  La lucidité voulant qu’on s’efforce de corriger sa vision des attractions et répulsions irraisonnées qui font alterner extase de la vie et dégoût du monde … Principe de prophylaxie personnelle et d’élévation spirituelle … On ne peut transformer que ce qu’on est capable de formuler, pas ce qu’on dissimule ou devant quoi on capitule … Ce travail de rectification jusqu’alors inséparable du processus de culture, tourne aujourd’hui à la trahison ou à la dérision … Or ‘Tout le monde aujourd’hui, à tort ou à raison, confond l’observation incisive avec l’hostilité’ (Marguerite Yourcenar) … Que sait-on à long terme des ravages du déni sur tout un peuple, et surtout sur les plus démunis (quant aux nuisances que tout le monde connaît et tait) ? … Quels dégâts intérieurs provoquent chez les individus les blessures quotidiennement infligées au regard, qui ne peut s’empêcher de voir ce qu’il a vu, mais s’accuse d’avoir mal vu ? » (Françoise Bonardel) – Partant de la lucidité et arrivant à l’impitoyable censure actuelle.

« Pourquoi les milieux politiques français confondent si facilement l’opinion des groupes d’influence avec l’opinion publique et pourquoi ils accordent davantage d’attention aux premiers … Ce qui menace les démocraties et la démocratie française plus que d’autres, c’est en fait la tyrannie des minorités … Le droit consenti aux associations de se porter partie civile … ce qui leur accorde un pouvoir considérable (notamment de dénonciation, de terreur et une grande motivation à la poursuite de bénéfices financiers). C’est la loi d’airain de l’oligarchie (qui dissimule la démocratie) qui tend à conférer un pouvoir indistinctement à tous les lobbys … Ces groupes d’influence comportent une forte proportion d’acteurs partiaux (et puissants)  … A l’autre extrémité du spectre des groupes d’influence se situent les groupes de connivence… partageant ce que Robert Merton a dénommé une ‘hémophilie de valeurs’. Ainsi nombre de journalistes partageant largement des vues communes sur le politiquement ou le culturellement correct … Le politiquement correct est le fait davantage de minorités actives et de groupes d’influence (il permet à l’oligarchie de garder le pouvoir) » (Raymond Boudon) – La plupart des politiciens sont issus de ces groupes de pression, leur doivent leur carrière.

« ‘On sait’ maintenant que la peine de mort n’a aucune valeur dissuasive. ‘On sait’ qu’une organisation politique obéissant au principe de la séparation des pouvoirs est préférable à un pouvoir concentré. ‘On sait’ que le protectionnisme est en général un principe pervers. ‘’On sait’ que les souverainistes sont méchants et vilains … ‘On sait’ que la séparation de l’Eglise et de l’Etat, que la liberté d’opinion, que le droit à l’éducation, à l’égalité des femmes, à l’Etat de droit, au droit de propriété, au droit d’ingérence, au principe de subsidiarité. On constate facilement que toutes ces idées sont l’objet d’une appréciation positive dans les sociétés occidentales modernes. » (tiré de Raymond Boudon) – Ou comment se foutre du monde ! Toutes ces idées, et bien d’autres, présentées comme des évidences par l’utilisation perverse et sans explications de l’expression On sait, ne font nullement l’objet d’un consensus mais sont imposées par la terreur qu’exerce la clique politico-médiatique dans son propre intérêt.

« Le mot de vérité est devenu presque un mot grossier que l’on entoure, en guise de cordon sanitaire, de guillemets. On parlera de la vérité de quelqu’un, d’un groupe… On ne discute plus de la vérité d’un fait ou d’une théorie, mais on critique une opinion que l’on ne partage pas, en la présentant sous un aspect qui la rendra ridicule et suffira à la discréditer … Inflation de formules tendant à diluer la vérité, comme ‘chacun sa vérité’, ‘ma part de vérité’ … La tentation est forte de mettre de l’ordre dans le chaos des ‘vérités’ en en choisissant une que l’on imposera comme vérité officielle. » (Rémi Brague)

« L’outil pratique de cet idéal politique (la démocratie) est bien la parole … Deux promesses solidaires : d’une part, nous pouvons, ensemble, sur la base d’une égalité de parole, décider et discuter de notre destin ; d’autre part, nous pouvons pacifier la conflictualité tout en gardant la dynamique de nos différences. La démocratie est d’abord une pratique de la ‘prise de parole’, dans des dispositifs dont les normes sont régies par le principe de symétrie … Ce qui suppose que toutes les opinions soient également légitimes … ‘Ma parole vaut la vôtre’ … ce qui signifie, non pas équivalence des opinions, mais leur légitimité. » (Philippe Breton) – Rêvons, renonçons à l’insulte, à la calomnie, à la dissimulation, au mensonge, au lynchage, au mépris, à la censure, aux poursuites…

« Fascisme ! Le grand mot est lâché. Qu’est-ce que le fascisme à l’époque du laxisme infantile (et du massacre du sens des mots) ? Une forme de régime totalitaire fondé sur l’embrigadement des personnes et le culte de la pureté raciale ? Vous n’y êtes pas du tout : le fascisme est tout ce qui freine ou contrarie le penchant des individus, tout ce qui restreint leurs caprices. » (Pascal Bruckner) – Depuis quelques années, par extension est fasciste tout ce qui n’approuve pas béatement n’importe quelle pulsion personnelle aussi dépravée fût-elle, tout ce qui n’est pas soumis à la gauche, éternelle, bien-pensante et tolérante. Comme le préconise un vieux stalinien, Dimitri Manouilski : « Accusez vos adversaires de fascisme … Le temps qu’ils se justifient, vous aurez tout loisir de leur porter de nouvelles attaques. ». A bas la répression : Fascistes : l’Etat, le flic, le gardien de prison, le chef d’entreprise, le professeur qui ne fait pas grève, le père qui fait preuve d’autorité, le conducteur de bus, celui qui dénonce la drogue ou les tournantes, celui qui ne baise pas son copain… « Dans nos sociétés occidentales, des décennies après la chute de Hitler et de Mussolini, le fascisme relève de l’hallucination. Mais l’antifascisme, figure de propagande mise au point par les communistes, reste efficace pour intimider… » (Jean Sévillia) – Pour terroriser, faire taire et ruiner.

« Tous les  saints Georges technico-politiques finissent par devenir aussi hideux que le Dragon. » (Jean Brun – sur la lutte contre le Mal)

« Penser contre a toujours été la façon la moins difficile de penser. » (Jacques de Bourbon-Busset)

« Il faut, pour voir clair, ne pas répugner à reconnaître ce qui, reconnu, commanderait le courage. » (Roger Caillois) – Ce qui explique combien de problèmes fait-on semblant de ne pas voir, et qu’on interdit même de mentionner.

« Ne pas nommer le mal, l’aggrave. » (Albert Camus) – Serait-ce l’objectif de la censure exercée par le gang politico-médiatique qui interdit d’évoquer certains faits, certaines évidences, afin de ne pas même les voir ?

« La passion d’interdire, de réprimer, d’empêcher l’autre de s’exprimer ou d’agir, est une des plus fortes qui soient, au cœur de l’homme et de ses communautés organisées … Du domaine de la chair la passion répressive est passée au domaine idéologique. » (Renaud Camus)

« Ce qui est idéologiquement inadmissible, ce qui ne s’accorde pas avec les valeurs en place, ce qui les contredit ou leur oppose une résistance logique, ou factuelle, est ‘faux’. Non seulement c’est criminel ou imbécile à énoncer (ou les deux), non seulement c’est faux, mais ce n’est pas … Même façon de traiter les idées déplaisantes, idéologiquement déplaisantes … c’est de poser en principe préalable qu’elles sont fausses, de ne les examiner même pas, de ne vouloir pas les entendre, et de déclarer abjects, voire criminels, ceux qui oseraient malgré tout, sinon les soutenir, du moins les avancer pour discussion. » (Renaud Camus) – Cela n’existe pas plus que le contradicteur, massacré, enterré.

« Mais enfin, Machin-Truc, je ne comprends pas, vous êtes un type intelligent, cultivé, sympathique… comment pouvez-vous écrire que ‘ceci’ ou que ‘cela’, comment pouvez-vous penser ‘ceci’ ou ‘cela’ ? (remarque typique des journalistes-laquais et inquisiteurs)… C’est la première fois que la pensée qui n’est pas conforme à la norme officielle, à la ‘norme’ tout simplement, aux convictions dominantes et monopolisantes, monopolistiques, fait l’objet, non pas d’une opposition intellectuelle, dont on peut discuter indéfiniment … mais d’une condamnation morale génératrice d’exclusion. » (Renaud Camus)

« Des régiments d’intellectuels organiques … n’ont d’autre fonction dans la cité que d’assurer que toute pensée antipathique restera impensée, ou, s’il est trop tard, étouffée ; et si elle n’est pas tue, c’est leur travail de la foudroyer, de l’annihiler, de l’ensevelir sous les statistiques, de garantir qu’elle ne se répandra pas. Leur mission citoyenne est d’apporter la preuve, jour après jour, que la réalité, à défaut d’être nécessairement rose, est ‘sympa’. » (Renaud Camus)

« La liberté d’expression qui fut inventée au profit des journaliste … n’a pas aujourd’hui de pire ennemi qu’eux. Contre elle, et contre ceux qui voudraient s’en assurer une petite part, ils tiennent volontiers tous les rôles : juge, procureur, commissaire de police, mouchards… » (Renaud Camus)

« Un trait caractéristique de l’époque est qu’elle ne supporte pas les mauvaises nouvelles idéologiques. Parce qu’elles lui déplaisent elle dit qu’elles sont fausses ; et elle a tendance à juger coupables, voire criminels, ceux qui les apportent ou les propagent … Et si ce n’’est pas faux, il faut que cela le devienne, car c’est inadmissible. » (Renaud Camus) 

« Pour bien excuser, il est essentiel de ne pas voir, de ne pas dire, de ne pas comprendre ; faire comme si rien n’arrivait, viol d’une civilisation, d’un continent, de centaines de femmes. » (Renaud Camus) – Ainsi fait le groupuscule politico-médiatique. « L’aveuglement des prétendues élites intellectuelles, et leur constance à empêcher que surgisse et se répande dans le public une pensée hétérodoxe fondée sur une appréhension du réel libérée des idéologies dogmatiques. » (Luc Rosenzweig)

« La question qui se pose n’est pas : ‘Ceci est-il vrai ou ne l’est-il pas ?’, mais bien : ‘Peut-on le dire ou ne le peut-on pas ?’ Et le plus souvent on ne le peut pas. La masse de ce qui ne peut pas être dit s‘accroît de jour en jour. Le débat public en devient totalement irréel. » (Renaud Camus)

« On ne voit pas que nous vivons une ère de conformisme profond et généralisé ; il est vrai que celui-ci est masqué par l’acuité du choix tragico-héroïque que doivent effectuer les individus entre une Citroën et une Renault, entre les produits d’Estée Lauder et d’Helena Rubinstein. » (Cornelius Castoriadis)

« Une démocratie ne peut fonctionner que dans la discussion, l’ouverture, le conflit des opinions… » (Cornelius Castoriadis) – Ce qui exclut la terreur pratiquée actuellement.

« A force de le traiter de crapule, il en deviendra une. Il sera ce que nous voulons faire de lui. Enrageons-le et il aura la rage. » (Jean Cau) – vieille tactique des lyncheurs.

« Les défenseurs autoproclamés de la vérité factuelle ne s’intéressent qu’aux non-dits … Toujours sonder le sous-texte plutôt que le texte, les arrières pensées plutôt que les pensées et les ambitions cachées plutôt que les intentions avouées. » (publication : Causeur) – Ainsi font les nouveaux inquisiteurs, trouver ce que n’ont jamais dit ceux qu’ils veulent lyncher.

« La forme de censure qui est de loin la plus importante, et la moins visible, est celle qui passe par les processus de cooptation ou par les choix des membres des jurys de toute sorte. Choisir par avance les agents les mieux ajustés … Le ‘bon candidat’ ou ‘l’homme de la situation’, celui qui fera ce que souhaite l’institution sans que celle-ci le lui demande ou l’exige. » (Patrick Champagne)

« L’emballement du rythme des polémiques, l’hystérisation des propos, y compris ceux qui mériteraient d’être exprimés intelligemment et calmement, la théâtralisation des réactions suscitées, l’obsessionnel désir de pénal qui anime la quasi-totalité des protagonistes de ces mises en scène grotesques, finissent par rendre impossible tout débat de fond, toute réflexion, ce qui est sans doute l’objectif. » (Anne-Sophie Chazaud)

« Tout ici est spectacle : l’indignation, la vulgarité, les injures, tout est de pacotille. L’hystérie, en revanche, est bien réelle. La judiciarisation aussi … L’emballement du rythme des polémiques, l’hystérisation des propos, y compris ceux qui mériteraient d’être exprimés intelligemment et calmement, la théâtralisation des réactions suscitées, l’obsessionnel désir de pénal qui anime la quasi-totalité des protagonistes de ces mises en scène grotesques, finissent par rendre impossible tout débat de fond, toute réflexion, ce qui est sans doute l’objectif.»  (Anne-Sophie Chazaud – sur l’hystérie des soi-disant débats télévisés et l’hystérie de notre société folle)

« Ce qui nous menace, et pas dans un horizon lointain, c’est la déferlante de la connerie. » (Jean-Pierre Chevènement – à propos de l’insondable imbécillité de nos polémiques-médiatisées) – Ce n’est plus une menace. Nous barbotons dans la connerie.  

« La connivence ne survivrait pas longtemps sans la violence … Une forme de dissuasion raffinée, qui instille à chacun la peur pour sa tranquillité, pour sa carrière, pour son image, pour sa situation fiscale, et, parfois, pour son intégrité mentale. La loi du silence a besoin, pour se faire respecter, d’un maintien de l’ordre discret, efficace et dissuasif. Cette omerta française n’existerait donc pas sans sa compagne inavouable, la vendetta. Et celle-ci ne pourrait s’exercer en toute impunité si, en retour, une chape de plomb bien scellée ne la mettait à l’abri des projecteurs. » (Sophie Coignard – sur la toute-puissance des réseaux d’influence, les ‘concubinages’ entre journalistes et puissants, entre magistrats et politiques, entre corrupteurs et corrompus – La vendetta française)

« En fait d’opinions, de croyances, de lumières, il y  aura neutralité complète de la part du gouvernement, parce que le gouvernement, composé d’hommes de la même nature que ceux qu’il gouverne n’a pas plus qu’eux d’opinions incontestables, des croyances certaines ou des lumières infaillibles. » (Benjamin Constant) – Et alors, on fait comment pour détruire tout ce qui est sain ?

« Il aurait voulu qu’elle atteignit les pensées, les impressions les plus passagères, qu’elle poursuivit l’homme sans relâche, et sans lui laisser un asile où il pût échapper à son pouvoir. » (Benjamin Constant – sur la loi telle que la voulait l’abbé Mably) – De nos jours, l’abbé serait comblé par nos lois inquisitoriales, les meutes médiatiques déchaînées et la transparence violeuse.

« Ces mots, ‘on doit, il faut, il ne faut pas…’ ne se rapportent-ils pas à des hommes ? … Toutes ces phrases se résument à dire : des hommes doivent réprimer  les opinions des hommes ; des hommes doivent empêcher … doivent préserver d’écarts dangereux la pensée des hommes. L’utilisation des verbes impersonnels semble nous avoir persuadé qu’il y avait autre chose que des hommes dans les instruments de l’autorité. » (Benjamin Constant) – Remplacer aujourd’hui le terme autorité par l’expression plus réaliste de dictature du politiquement correct et le terme plus franc de censure.

« Pas de plus grande faute morale en démocratie que de se croire en situation de monopole sur le bien, le juste et le vrai … Au mieux on se passera de l’avis des simples mortels, au pire, on se permettra de les rééduquer, de les psychiatriser, ou même de les enfermer. L’histoire du XX° siècle l’a amplement confirmé … C’est la tentation du fanatisme … La démocratie ne saurait faire l’économie du conflit … Une société qui ne serait que conservatisme serait étouffante et vouée à la muséification, une société qui ne serait que progressisme  serait vouée à la dissolution et à la liquéfaction. » (Mathieu Bock-Côté)

« On pourrait parler d’une reformulation moderne de la censure. » (Mathieu Bock-Côté – à propos du politiquement correct)

« Afin  de donner à tous la consigne correcte d’interprétation de son propos, on présentera les esprits libres comme des polémistes, c’est-à-dire des individus cherchant la querelle pour la querelle et multipliant les provocations simplement pour jouir de la lumière des médias. Le polémiste n’est pas un essayiste ou un intellectuel valable : c’est un trublion médiatique seulement présent pour amuser les foules, mais sans profondeur ni valeur. » (d’après Mathieu Bock-Côté) –Encore ne le tolèrera-t-on à ce niveau que s’il ne secoue pas trop la bien-pensance obligatoire.

« La doctrine du pouvoir : les calomnies s’impriment, la réponse, non. » (Paul-Louis Courier) – C’est aussi devenu la doctrine des média, imprimés ou non.

« Ce que ne dit pas Tocqueville importe autant que ce qu’il dit. » (Claude Lefort) ; condamner sur le non dit, procédé d’inquisiteur devenu un procédé classique – « Celui dont l’orgueil blessé et le fanatisme en fureur irritent le prince ou des magistrats contre des hommes innocents qui n’ont d’autre crime que de n’être pas de son avis. » (Voltaire – sur le persécuteur) – « On les voit défendre tantôt l’abus de pouvoir le plus patent, tantôt les idées de liberté les plus démocratiques et les plus insensées. » (Edmund Burke) ; suivant leurs intérêts, leurs obsessions ou leur haine – « Il ne songea ni à répondre aux objections ni éventuellement à rectifier les erreurs … Il ne s’employa qu’à déconsidérer, par tous les moyens non intellectuels possibles l’auteur du livre sacrilège et à le détruire professionnellement. » (Jean-François Revel – La connaissance inutile – sur M. Jacques Fauvet directeur du Monde contre un livre critique sur ce journal et son auteur Michel Legris) – Tous cités par Marc Crapez. On pourrait aligner des pages sur les procédés tordus des nouveaux inquisiteurs dominants.

« L’ABC de la  polémique consiste à disqualifier en tant que tel le locuteur adverse, ou à discréditer son discours en le dénaturant, ou à déconsidérer les gens réceptifs à son discours en leur prêtant des motifs peu glorieux. Les partisans du non formeraient une coalition hétéroclite sans force de proposition et seraient des démagogues qui jouent sur les peurs : – Complicité par contiguïté (Le Pen pense comme vous ) – Que se passerait-il en France, ? – Que dirait-on à l’étranger ? – Défaut de compétence (vous n’avez pas lu le traité) – Climat trouble et passionnel des partisans du ‘non’ contre des acteurs sociaux rationnels partisans du ‘oui’ – La pente glissante qu’entraînerait le ‘non’ vers une inéluctable réaction en chaîne menaçant la prospérité, la paix… – La nécessité historique (retardataires, culpabilisation) – L’effet contraire à l’objectif escompté (sauter vers le libéralisme en place du progressisme) – Plus on est informé, plus on vote ‘oui’ (faire de la pédagogie), ce qui rabaisse le citoyen ordinaire partisan du ‘non’- Etalage de mépris et de haine, morgue et arrogance dignes de la noblesse d’Ancien Régime  ; attardés, étroits, frileux, myopes, repliés, France du passé, hargneuse, mauvaise foi, mensonges, sous-information, analphabètes ; ‘vérole antidémocratique ‘(Alain Minc), ‘xénophobie’ (Frits Bolkenstein), ‘nationalisme rance’ (Jacques Julliard), ‘France moisie’ (Philippe Sollers), etc. » (Marc Crapez – à propos du référendum européen de 2005) – Témoigne du mépris systématique de nos  élites. Et il y a des insultes publiques fortement médiatisées bien pires encore. 

« Les ingrédients du  terrorisme intellectuel : – La tyrannie des bons sentiments – L’inculture sensationnaliste – La sélection négative des éléments les plus hâbleurs et les plus extrémistes – L’effet de meute – Le conformisme de la majorité silencieuse et la résignation des véritables minorités opprimées dissuadées d’intervenir (et par la terreur) … Trois accusations ‘ad hominem’ : simplisme, superficialité, psychorigidité et trois procédés rhétoriques qui leur font écho : pédantisme, paradoxe et commisération psychanalytique. » (Marc Crapez) – Le terrorisme ne se conduit pas qu’un couteau à la main !

« Vous voulez un monde débarrassé de la corruption ? Annoncez la couleur et dites que vous nous préparez un monde sans liberté. » (Maurice G. Dantec)

« Le conformisme d’une époque se mire dans le visage du ‘dernier des sages’ qu’elle enterre avec pompe, mais vingt ans après, ces tombeaux (ou tombereaux ?) d’éloges nous font honte ou rire, rire de honte. » (Régis Debray) – Les grandioses, autant que ridicules, hommages à la française.  

« Nous sauvons les apparences de l’individualisme (‘Je fais ce que je veux’) mais nous vivons dans un monde où il faut faire et penser comme tout le monde. » (Chantal Delsol)

« L’inquisition n’a jamais pu empêcher qu’il ne circulât en Espagne des livres contraires à la religion du plus grand nombre. L’empire de la majorité fait mieux aux Etats-Unis : elle a ôté jusqu’à la pensée d’en publier. » (Alexis de Tocqueville) – Et depuis l’auteur, les majorités dites démocratiques ont abondamment perfectionné leurs moyens de censure, même la puissance du  fric se révélant  insuffisante, il a fallu recourir aux lois de censure. – « Sous-couvert de liberté de pensée et de parole, les lois anti-blasphèmes existent comme dans n’importe quelle société religieuse … Deux lois anti-blasphème sanctionnent  deux crimes : le négationnisme  et l’homophobie … réintroduction secrète de l’idée du blasphème : hypocrisie.» (Chantal Delsol) –Et une lâcheté honteuse de plus à mettre au compte de  notre société

« Payer des sommes affolantes à des nantis se jugeant diffamés. Constamment il faut tenir sa plume ou sa parole, alors qu’avant la guerre les procès en diffamation de jadis se soldaient par des dommages et intérêts d’un franc. » (Michel Déon) – Oui, mais les Grands étaient plus sensibles à l’honneur qu’à la rapacité. Procédé efficace (et rentable) de censure.

 « Sans problème, il ne peut y avoir de solution. » (Alain Destexhe) – D’où l’intérêt de refuser énergiquement de voir les problèmes quand on a peur des solutions. Exemple typique de la gestion politique de la France, droite et gauche confondue. « Brisons les avertisseurs d’incendie et le feu s’éteindra de lui-même. » (?) – N’est-ce pas génial ?

« Le monde est mené par de tout autres personnages que ne l’imaginent ceux dont l’œil ne plonge pas dans les coulisses. » (Disraeli)

« L’hystérie de la modération confirme qu’elle résulte de la recherche systématique du consensus, qui n’admet effectivement qu’une gamme restreinte de choix de pensée et d’expressions. » (Jean-Philippe Domecq – sur l’invasion des modérateurs dans tout média) – Dont la fonction n’est autre qu’exercer la censure au profit du groupuscule dominant et empêcher le peuple d’’être informé autrement que par les canaux officiels.

« Notre époque semble plus incapable que les époques antérieures d’interpréter un propos dissensuel autrement qu’en termes d’intérêt personnel … Cette psychosocialisation qui conduit à n’envisager pour tout motif à nos actes qu’arrière-pensées intéressées. » (Jean-Philippe Domecq)

« Ce n’est pas une époque où l’on argumente. Quand vous n’allez pas dans le sens du consensus culturel, on fait silence, ou on vous fait un procès d’intention : on ne discute pas le texte, on discute la personne et toutes les intentions qu’on lui prête à loisir. » (Jean-Philippe Domecq)

Les quatre figures maniées par la meute des censeurs : – Réactionnaire, c’est l’intimidation politique – Aigri, c’est l’intimidation psychologique, fondée sur le binôme réussite / frustration – Incompétent, c’est l’intimidation méthodologique – Nombreux, c’est l’intimidation morale, on n’imagine pas que vous écriviez seul en fonction de vos convictions… » (Jean-Philippe Domecq – s’exprimant surtout en matière littéraire) 

« Il fallait s’humilier, faire son autocritique comme en Chine populaire … Quand bien même cela se passait dans le monde libéral. » (Benoît Duteurtre) – Nous avons pris les mœurs de la révolution culturelle : excuses publiques, repentances, humiliations… De quoi être fier de notre société livrée à une meute sanguinaire d’imbéciles

« La société scientifique et industrielle, qui a réalisé l’idéal des pharmaciens de Flaubert et des banquiers de Zola, déteste les légèretés et les plaisanteries ; elle ne veut que de la gravité, des lieux communs, des sentences… du jargon. » (Jean Dutourd)

« L’individu est abandonné à lui-même, il est le responsable de tout. Le seul moyen pour lui de s’en extraire est de ne pas éprouver trop de sentiments désagréables, faire taire ses passions, vivre de manière conformiste des plaisirs pauvres, se conduire de manière rationnelle, s’instrumentaliser et instrumentaliser autrui, devenir un ‘homme-radar’. » (Eugène Enriquez) – Le conformiste, le citoyen (?) obéissant idéal.

« On a voulu croire que, pour obtenir la paix, il fallait lisser les aspérités, écraser les nuances et éviter les disputes, or c’est exactement le contraire : une société qui redoute les désaccords ou les affrontements … est une société en danger, qui se censure elle-même … Le vivre-ensemble n’est qu’une modalité coercitive de la volonté générale : quiconque refuse d’y obéir ‘y sera contraint par tout le corps social, on le forcera d’être libre.’ » (Raphaël Enthoven – citant J. J. Rousseau)

« Si la crédulité consiste à ‘écouter sans interpréter’, il existe une autre bêtise ‘interpréter pour ne pas écouter’ … Comprenant l’interlocuteur à sa place, s’insinuant dans les rapports qu’il entretient avec son discours pour en apprécier mieux que lui les secrets ressorts et la portée véritable … Cette bêtise-là se met à l’abri de tout enseignement et frappe de nullité l’émergence de significations nouvelles. L’Autre ne parle, pas il est parlé … Au lieu de se dresser contre la pensée, la bêtise interprétative lui dérobe ses instruments et les retourne pour assurer son propre triomphe. Systématisé, en effet, le soupçon rend sourd … C’est ainsi que se répand … une bêtise travestie en vigilance … A leurs vis-à-vis ils opposent, non le ‘front têtu de qui n’entend pas’, mais le sourire en coin de qui ‘entend ‘mieux’. » (Alain Finkielkraut – citant Jean-Claude Milner) – Ainsi opèrent les censeurs et exécuteurs du pouvoir en régime totalitaire, et en France aujourd’hui.

«  Le débat est célébré, la contradiction est proscrite. » (Alain Finkielkraut)

« La marche en avant n’est pas négociable. Elle s’identifie à l’effectuation du bien … Mépris de l’inertie, haine de la nostalgie, stupeur et dépit qu’il y ait encore des bâtons dans les roues de l’égale liberté : les porte-parole du mouvement démocratique considèrent les récalcitrants non comme des interlocuteurs mais comme des obstacles. Ils n’ont rien à apprendre d’eux … ils s’indignent même de les voir encombrer la surface de la Terre après leur date de péremption … ‘Que font-ils encore là !,’ … Pratique de la suffisance … Ce qui caractérise notre temps … la pratique féroce de l’excommunication. » (Alain Finkielkraut) 

« On n’a pas le droit de tout dire, on ne peut pas parler de tout dans n’importe quelle circonstance, n’importe qui ne peut pas parler de n’importe quoi. Tabou de l’objet, rituel de la circonstance, droit privilégié ou exclusif du sujet qui parle : on a là le jeu de trois types d’interdits. » (Michel Foucault)

« Quel crédit donner à une démocratie qui entend faire adopter une loi heurtant frontalement la liberté d’expression dans le cadre d’un état d’urgence sanitaire ? Quelle image le législateur se donne-t-il de lui-même ? Alors qu’il est censé œuvrer pour assurer la garantie des libertés publiques, il préfère se complaire dans la flatterie des ressentiments victimaires d’une société dont on ne cesse pourtant de déplorer la montée du communautarisme et l’archipelisation. Portée par les meilleures intentions du monde (lutte contre le racisme, l’homophobie etc…), la proposition de loi Avia tend bel et bien à inverser le paradigme sur lequel repose tout l’esprit du droit français : la liberté est la règle, la restriction l’exception. En instituant un mécanisme de censure préventive, en contournant le juge, en laissant l’État se défausser de ses obligations sur des opérateurs privé… » (Stanislas François) – L’art des démocraties est de savoir profiter des ambiances catastrophistes, des populations dûment effrayées, pour faire passer en catimini des lois liberticides.

« Il nous est enjoint de respecter non seulement les personnes, exigence‚ élémentaire, de la morale chrétienne, mais encore les idées, y compris les idées les plus contraires à nos convictions, comme si toute pensée, fût-elle inepte, avait quelque chose de sacré interdisant la contestation, attitude difficile à concilier avec la pratique du dialogue qui, dés lors, ne peut plus consister qu’à parler tout seul à tour de rôle ou à ne plus rien dire du tout. » (André Frossard)

« La chasse aux ‘fake news’ offre aux censeurs d’appréciables marges de manœuvre afin de filtrer l’information. Qui décide de ce qui est vrai ? Sur quels critères, Juge t-on les faits ou les opinions ? La démarche fournit en tout cas un parfait alibi pour museler les détracteurs véhéments. » (Jean Fulmini – à propos des ambitions politiques de Mark Zuckerberg)

« Il s’est spontanément créé un discours d’euphémisation au nom du respect inconditionnel des personnes, qui permet d’escamoter ce qui dans les faits serait susceptible de jeter le doute … Un discours d’évitement qui véhicule en même temps un optimisme obligatoire … Les choses ne peuvent qu’aller bien, et si elles vont mal c’est parce qu’il subsiste des rémanences du passé dont il s’agit de se purger au plus vite : le racisme, les discriminations, le passéisme. » (Marcel Gauchet)

« C’est un système caractérisé par l’intolérance douce. Il ne peut faire aucune place intellectuellement à ce qui n’est pas lui, c’est un système de croyance d’une logique très puissante, qui tout en étant imperméable à tout ce qui n’entre pas dans ses prémisses, exalte la tolérance universelle et la diversité … Il fonctionne par l’intimidation, et donc l’autocensure. » (Marcel Gauchet)

« La vigilance hypercritique voisine avec l’intolérance à la critique … Les principes sont incontestables, donc leurs conséquences sont à l’abri de tout soupçon. On se trouve devant le mur d’un fondamentalisme démocratique, source d’une ignorance passionnelle et d’une interdiction de penser … Nos sociétés sont travaillées par un refus viscéral de regarder en face la réalité de leur fonctionnement. » (Marcel Gauchet)

« Le vrai but des préciosités déliquescentes de notre fin de siècle (le XX°), l’ambition suprême du postmodernisme et autres déconstructions, c’est d’éliminer une fois pour toutes le réel, de le dissoudre, de le liquider, de le vaporiser. » (René Girard) – Le rêve des élites dominantes, ainsi la voie est libre pour faire tout avaler.

« La double référence aux valeurs et à la modernisation permet de se situer toujours du bon côté dans les débats en jouant sur deux tableaux à a fois : celui de la modernité et celui de la morale. Tout opposant peut ainsi être qualifié à la fois de dogmatique, passéiste, nostalgique ou ‘ringard’, d’intolérant, de réac.. Il est d’emblée moralement disqualifié en étant soupçonné d’aller contre les valeurs généreuses dont on se réclame. » (Jean-Pierre Le Goff)

« ‘Il faut être juste avec ses adversaires’, en ce sens qu’il faut s’efforcer de comprendre ce qu’ils ont voulu dire et ne pas s’arrêter, non sans une certaine malignité, aux significations superficielles et immédiates de leurs expressions. Tout cela bien sûr, si on se propose d’élever le débat et le niveau intellectuel de ses lecteurs, et non pour but immédiat de faire le vide autour de soi, par tous les moyens  et de toutes les façons. » (Antonio Gramsci) – Ce révolutionnaire était plus lucide, et même plus bienveillant, que nos polémiqueurs médiatiques habituels. Il était aussi plus intelligent, ce dont on se doutait.

« Parler de l’immigration c’est être xénophobe, parler de la sécurité c’est être facho, parler de la filiation c’est être homophobe, parler de la nation c’est être nationaliste, de l’identité c’est être raciste. Le terrorisme des bien-pensants est une calamité de notre époque. Ces gens bouffis d’arrogance et de prétention. » (Henri Guaino)

« A l’affaissement des certitudes … correspond non point le bel atermoiement de la tolérance, mais la raideur insensée des postures exterminatrices … La brutalité du propos vient pallier la faiblesse de la pensée. Moins nous sommes assurés de nos valeurs, plus nous haussons le ton … Le vide des idées débouche sur le vacarme des mots, et ce dernier continue d’enfler à mesure que le vide se creuse davantage … La posture vient remplacer la pensée, ‘nous  remplaçons les problèmes par les salauds’ … On n’a jamais autant jugé que depuis qu’il n’ a été proscrit le jugement. » (Jean-Claude Guillebaud – citant Alain Finkielkraut)

« L’unanimisme, cette pensée unique au carré, est l’une des composantes du mécanisme sacrificiel. Elle implique, pour qu’il produise ses effets, une diabolisation de la victime. » (Jean-Claude Guillebaud) – C’est pour pouvoir mettre en œuvre celui-là que nos sociétés recherchent tant ce fameux unanimisme.

« En démocratie, on n’interdit pas la parole, on la délégitime … La délégitimation, voire la fascisation, des classes populaires, des représentants ou des intellectuels qui les défendent, est un exercice dans lequel excellentt les prescripteurs d’opinion … Substitution de la parodie de procès au débat contradictoire » éChristophe Guilluy)  – On finit quand même par l’interdire quand l’oligarchie n’arrive plus à la délégitimer.

« La pensée positive est obligatoire, le ‘happy end’ est obligatoire. … L’important est de préserver l’idée d’un progrès continu … l’affichage d’une croissance positive est si déterminante qu’on y intègre désormais les ‘secteurs de la prostitution et de la drogue. » (Christophe Guilluy – No society)

« Jamais une classe médiatique, politique et universitaire n’aura autant dénigré, ostracisé, insulté son propre peuple. » (Christophe Guilluy)  

« Le discours ‘d’ouverture’ au monde et aux autres apparaît pour ce qu’il est : un écran de fumée destiné à dissimuler l’émergence d’une société fermée, séparée, au plus grand  bénéfice des classes supérieures. En quelques décennies, protégée dans ses nouvelles citadelles, la nouvelle bourgeoisie s’est approprié le patrimoine, les emplois, les richesses, le pouvoir politique et culturel … La mise en avant de la société ‘ouverte’ permet à contrario de définir une société ‘fermée’, celle du repli, et ainsi de présenter les perdants de la mondialisation comme des gens aigris ayant des problèmes avec l’altérité … Mise sous le tapis de la question sociale … Cette société de ‘l’ouverture au monde’ est en réalité un petit monde fermé. Sûres de leurs choix économiques et sociaux et de leur supériorité morale, les nouvelles classes urbaines fabriquent l’essentiel des représentations et du discours unique … Toute représentation alternative, surtout si elle contribue à rendre visible le conflit de classe, est au mieux contestée, au pire ostracisée ou fascisée. La rhétorique de ‘l’ouverture’ (à l’autre, au monde) permet ainsi de disqualifier toute représentation qui contesterait l’ordre économique et social existant … Les opinions populaires qui contestent la mondialisation et le libre-échange sont opportunément réduites à la question du racisme … Face aux contestations du modèle économique et sociétal dominant, la classe dominante n’a plus d’autre choix que de dégainer sa dernière arme, celle de l’antifascisme … Véritable arme de classe, l’antifascisme présente un intérêt majeur. Il confère une supériorité morale à des élites délégitimées en réduisant toute critique des effets de la mondialisation à une dérive fasciste ou raciste … Il s’agit de défendre des intérêts de classe, pas de protéger des ‘minorités‘ … Si elle perd la guerre des représentations, la classe dominante est nue. Elle devra alors faire face à la question sociale et assumer les choix économiques et sociétaux qui ont précarisé les classes populaires. » (Christophe Guilluy – Le crépuscule de la France d’en haut)  – Et c’est là que le concours de la gauche, de ses milliardaires au parfum et de ses gauchistes de base aliénés (universitaires, journalistes…) est indispensable pour maintenir la fiction antifasciste et antiraciste.

« Consciente du risque que représenterait la convergence d’une fraction des classes supérieures et des classes populaires, la classe dominante a créé un cordon sanitaire efficace en diabolisant toute opinion qui prendrait en compte le diagnostic des plus modestes. La diabolisation vise moins les partis populistes ou leur électorat (considéré comme définitivement perdu) que la fraction des classes supérieures et intellectuelles  qui pourrait être tentés par cette solidarité de classe… Devant le chaos, la classe dominante utilisera de plus en plus le chantage à la guerre civile pour justifier le renforcement de son pouvoir.» (Christophe Guilluy)

« La classe dominante dispose d’une arme idéologique qui  a  fait ses preuves depuis des années : la ‘déconstruction’. Déconstruire, atomiser, complexifier le réel pour l’invisibiliser … ‘C’est bien plus compliqué que cà’ … pour rendre invisible le conflit de classes au plus grand bénéfice de la classe dominante et, accessoirement, remettre en selle tous ceux qui avaient été pris de court par un mouvement qu’ils n’avaient pas vu venir … Il s’agit non seulement de délégitimer, mais aussi de minoriser en ethnicisant, en fractionnant,  en politisant  un mouvement qui se revendique majoritaire, unitaire et apolitique … C’est alors qu’Emmanuel Macron lança l’opération ‘Grand Débat’ (organisée comme un grand oral de Sciences Po)… afin de s’extraire au plus vite de la réalité par le détail et donc le morcellement. » (Christophe Guilluy) – à propos du mouvement des gilets jaunes, mais la tactique est bien plus ancienne et parfaitement rodée, les média comprennent sans avoir besoin qu’on leur fasse de dessin.

« La nouvelle chasse à l’homme où descendre sa proie consiste à la faire taire. » (Jean-Edern Hallier)

« Plus le signifié est vague, plus il est aisé d’inclure dans la catégorie du Mal nombre d’adversaires et de se positionner par la même occasion dans le camp du Bien. François Furet relevait le caractère quasi-sacranentel depuis la seconde guerre mondiale de ‘la transformation du combat démocratie/antidémocratie en combat fascisme/antifascisme’ … L’accusation de populisme correspond à la même logique. » (Joël Hautbert)

« Au fil des ans, les sociétés occidentales ont instauré un monolithisme qui n’aura bientôt plus rien à envier à celui des anciennes sociétés totalitaires … Monolithisme de nature idéologique qui concerne toute une série de champs : la question raciale, la question religieuse, la question dite des ‘orientations sexuelles’, bientôt celle du réchauffement climatique, où seules sont admises les opinions dominantes. Ceux qui ne la suivent pas n’ont aucune chance qu’on leur propose un dialogue argumenté, ils ne peuvent attendre que l’excommunication violente, l’injure sous la forme de la ‘reductio ad Hitlerum’. » (Roland Hureaux) – Il s’agit bien d’instaurer un régime de terreur, et pas si douce que cela.

« Penser que derrière le processus formel … se manifestent des rapports de force idéologiques, économiques, des lobbies et groupes de pression, est-il si criminel ? A ce compte il faudrait aussi réviser une bonne part des sciences sociales … Qui n’a pas dénoncé le pouvoir de la finance, des médias, des bureaucraties, des puissants, des leaders d’opinion ? … Si les banquiers, les intellectuels, les Francs-Maçons, les services secrets, les lobbies, les pro-turcs, les pros-arméniens et les pros-euthanasie, les anciens de ceci et les futurs de cela ne cherchaient à exercer aucune influence sur les affaires publiques, qui le ferait ? … La réfutation s’accompagne souvent des connotations de mépris de classe : ‘il faut être un peu primitif pour croire de telles calembredaines’, les ‘obsédés du complot’ … elle réduit l’opinion suspecte à une faiblesse (peur, incompréhension, ressentiment) au service d’un projet nocif. »  (François-Bernard Huyghe – sur la lutte contre le complotisme) – Tendance au complotisme qui résulte directement des innombrables mensonges médiatiques précédents et lutte dont le but caché est bien sûr de rétablir le monopole de la doxa, comme la lutte contre les prétendues fake news. – « Le complotisme est bien moins une réaction visant la réalité des faits eux-mêmes que leur traitement. Le complotisme naît d’un sentiment de manipulation qui, faute de trouver sa vraie cible, traque de supposés mensonges, alors qu’on peut manipuler quelqu’un en lui disant des choses vraies, mais en les disant de telle manière qu’il en tire les conclusions que l’on espère lui imposer. Dans l’affaire Aylan (le petit migrant noyé retrouvé sur une plage turque), qu’est-ce qui suscitait l’agacement, en réalité? C’était l’exploitation propagandiste de cette photo au profit de l’accueil large et inconditionnel des migrants. De même, quand des gens s’interrogent sur une possible mise en scène dans l’exploit de Mamadou Gassama sauvant l’enfant suspendu dans le vide : ce qui insupporte, c’est le discours médiatique développé autour de cette histoire, un discours marqué par l’idéologie immigrationniste. Autrement dit, le complotisme est moins une conviction réelle et scientifiquement fondée, même s’il s’en donne l’allure, qu’une réaction face à l’instrumentalisation allergisante des faits, allègrement pratiquée par des médias unanimes et donneurs de leçons. (Ingrid Riocreux) – C’est-à-dire par les médias serviles et menteurs.

« Ce qui aurait autrefois été porté au crédit de l’intellectuel critique et célébré comme  démarche démystificatrice est aujourd’hui ajouté au dossier pénal du crime-penseur comme faute morale. » (François-Bernard Huyghe)

« L’idéologie dominante ne se reconnaît pas au fait que tout le monde y adhère (elle peut même être assez minoritaire) mais à sa position hégémonique qui lui permet de réclamer le monopole de l’évidence morale et factuelle. Elle se reconnaît souvent aussi à son programme d’en finir avec toutes les idéologies (puisqu’elle possède le vrai). L’hégémonie intellectuelle ne consiste pas à imposer un credo, mais un vocabulaire, une hiérarchie, des grilles d’interprétation de la réalité. Ce régime se détraque (avec l’intrusion des  réseaux sociaux). » (François-Bernard Huyghe – à propos des ‘fake news’) – D’où la frénésie actuelle de censure de la part des dominants. 

« On a le droit de tout dire à condition de dire la même chose. » (Claude Jannoud)

« Comme on le sait, la censure, aujourd’hui, ça n’existe plus, la liberté est totale. Mais un journal ou une radio doivent opérer des choix dans l’information … Si quelque émission est déprogrammée, ce n’est pas de la censure, cela tient simplement qu’un média doit coller aux urgences de l’événement … Il ne faut pas imaginer n’importe quoi… » (Pierre Jourde)

« En 2015 on aura plus fait la chasse aux intellectuels déviants qu’aux djihadistes. » (Jacques Julliard) – C’est-à-dire aux intellectuels non soumis, effectivement plus dangereux pour la  prétendue élite  que des djihadistes.

« Un dialogue, nous ont appris les Grecs, est d’autant plus rigoureux et fécond qu’il met aux prises des thèses antagonistes … Si la communication se fait dans la langue de l’un des partenaires, ou sans que l’autre langue soit en même temps entendue, la rencontre de ce seul fait est biaisée, s’opérant sur le terrain, dans le jeu des implicites culturels, de l’un des deux. Les dés sont pipés. (François Jullien) – C’est bien pour empêcher tout dialogue fructueux, c’est-à-dire informatif, que l’on interdit l’expression de certaines thèses, la formulation même de certains mots. Dictature de la pensée.

« Ce qu’on appelle la globalisation/mondialisation change radicalement les conditions du négatif, cette logique de scission/opposition qui se manifestait, jusqu’à récemment, sur le mode de l’extérieur, de l’autre. Il y avait auparavant, de façon effective, l’autre camp, l’autre classe. Il y avait un extérieur à soi, celui de la lutte des classes, celui de la guerre froide, qui pouvait se laisser désigner par son extériorité … Ce qu’on entend aujourd’hui par globalisation supprime cette extériorité avec laquelle l’histoire travaillait … Par exemple, on ne peut pas concevoir le terrorisme sur un modèle anecdotique ou sur un mode moral. Il a à voir avec le fait que s’il n’y a plus de négatif au-dehors, celui-ci s’intériorise et travaille au-dedans … Aujourd’hui la démocratie patine parce qu’il n’y a plus d’autre constitué … Pour qu’il y ait démocratie, il faut qu’il y ait opposition, discours contre discours … Il n’y a plus de négatif constitué ; la démocratie, d’une certaine façon, l’impliquait. » (François Jullien) – Tous les efforts des dominants tendent à supprimer l’expression, la manifestation d’une opposition de fond, via le politiquement correct et la censure de fait, donc à détruire de fait la démocratie, qui n’est plus alors qu’une apparence.

« Le pays des pamphlétaires, de Voltaire … réinventer le délit d’opinion ! » (Hervé Juvin – à propos des lois mémorielles)

« ‘Il n’y a de barbares que ceux qui considèrent les autres comme tels’ … Nous qui dénonçons chaque jour de nouveaux pédophiles, de nouveaux racistes, de nouveaux extrémistes … nous qui mettons chaque jour de nouveaux mots, auteurs, livres, propos, opinions, idées à l’index, savons-nous bien les nouveaux et présentables barbares que nous faisons ? » (Hervé Juvin – citant Claude Lévi-Strauss)

Participent de la volonté de censure « La multiplication des autorités administratives indépendantes (prétendues telles du moins) dont la mission est de changer le peuple, puisque le peuple n’est pas conforme à l’idée que s’en font las bien-pensants, qui fleurissent pour contraindre le peuple à évoluer contre son gré et lui dicter son bien ; au nom d’une démocratie supérieure, sans doute … Censure des idées, censure du débat, censure des données. » (Hervé Juvin) – HALDE, CSA, d’éthique… et les innombrables comités permettant accessoirement aussi  d’abriter les copains bien au chaud.

« Le bastion du ‘politiquement correct’ se trouve dans les universités, en majorité chez les professeurs, blancs, de sexe masculin, hétérosexuels, issus de la classe moyenne, avec emploi fixe et bon salaire … Il s’agit plutôt d’une minorité de militants dont la plupart n’appartiennent à aucun groupe ‘opprimé’ mais viennent des couches privilégiées de la société. » (Théodore Kaczynski) – L’auteur s’exprime pour les Etats-Unis. En France ce bastion se trouve aussi dans les média, notamment parmi le groupe moutonnier des journalistes. 

« La diffamation vertueuse, douce et diluée, la délation bien-pensante et mimétique donnent son style à la chasse aux sorcières à la française. » (Pierre-Patrick Kaltenbach)

« La génération aujourd’hui aux affaires s’est autoproclamée ‘génération morale’, mais tout démontre qu’elle  se crispe depuis peu plus en ‘ordre moral’ et, comme il faut à tout ordre moral son clergé … les médias français remplissent cet office (selon Régis Debray) … Il n’y a pas d’ordre moral sans une profession de type clérical, assurant, avec le contrôle des esprits, la diffusion du paradigme et des idées à la mode … Il n’y a non plus pas d’ordre moral sans privilégiés … L’excommunication, mieux l’ostracisme s’effectue en plein jour (pourquoi se gêner ?). » (Pierre-Patrick Kaltenbach) – Ecrit en 2001, Mais depuis les années 1980, les années fric, le triomphe de de la grande corruption affichée et bénie, rien n’est changé, au moins quant à l’hypocrisie moralisatrice, sauf en pire.

« Tout fervent adepte d’un ‘isme’ quelconque exècre ‘l’isme’ du voisin, sans avoir pour cela de motif plus profond que le primitif, qui voit un ennemi dans tout étranger. » (Hermann von Keyserling)

« Les conforts de la double pensée … Je réagis au choc brutal de la réalité sur l’illusion d’une façon caractéristique du vrai croyant. J’étais étonné, éberlué, mais … j’avais des yeux pour voir, et un esprit conditionné pour éliminer ce qu’ils voyaient. Cette ‘censure intérieure’ est plus sûre et plus efficace que n’importe quelle censure officielle. Cela m’aidait à surmonter mes doutes et à remodeler mes impressions dans la forme désirée. La censure intérieure chez le vrai croyant est aussi tyrannique que l’obéissance imposée … L’homme terrorise lui-même sa conscience, il a un rideau de fer dans le crâne pour protéger ses illusions contre l’irruption du réel … Je vivais dans un monde mental qui était un ’univers clos’. » (Arthur Koestler – sur la  censure et ses réactions de communiste lors d’un voyage en URSS au début des années 1930 et au spectacle des villages déserts, des foules misérables et affamées dans les gares, des nourrissons squelettique après la grande famine qui suivit la collectivisation forcée des terres.) – Combien de nos politiciens, de nos journalistes, de nos prétendues élites vivent aujourd’hui dans un univers aussi clos ?

« Il y a des gens qui parviennent à joindre les avantages du monde aux bénéfices de la persécution. » (Karl Kraus) – Les multiples meutes des pleurnichards.

« La disjonction, tenue pour irréfutable par l’immense majorité de nos concitoyens, entre deux séries associatives. D’un côté nous aurions le groupe : Archaïsme, religion, Mythes, immobilité, Aliénation ; et de l’autre le groupe : Modernité, Science, Raison, Mouvement, Libération … La pensée primitive ‘rabougrie’ et la pensée occidentale ‘authentique’ (selon Sartre et sa ‘Critique de la raison dialectique’) … Manichéisme logique qui s’accompagne le plus souvent d’un manichéisme moral et qui conduit à des prises de position politiques  qui relèvent de l’exorcisme pur et simple … Ces faux dualismes, constructions défensives d’une société et d’une époque qui se proclament non sans quelque arrogance ‘lucide’, ‘majeure’, ‘ adulte’, c’est-à-dire parfaitement étrangère à tout ce qui relève de l’irrationnel, du fantasme et des forces nocturnes. » (François Laplantine)

« L’utopie est la construction mathématique, logique et rigoureuse d’une cité parfaite soumise aux impératifs d’une planification absolue qui a tout prévu d’avance et ne tolère pas la moindre faille et la moindre remise en question. Synonyme de totalitarisme. » (François Laplantine) – D’où, entre autres, l’exigence du politiquement correct, l’usage de la langue de bois, les innombrables interdictions…

 « Le fait que d’éventuelles vérités dérangeantes soient véhiculées par l’extrême gauche ou l’extrême droite a servi de parade convaincante pour en dénier la valeur. » (André Laurens) – C’est bien pratique.  

« La peur panique de mal penser. Partout sévit l’obsessionnelle référence à la bonne pensée, à la bonne science quelle qu’elle soit,  à l’orthodoxie dont procède les bonnes paroles et les axiomes irréfutables. » (Pierre Legendre)

« Nous croyons vivre dans un monde où on peut dire n’importe quoi, mais déjà nous censurons nos opinions les plus minoritaires. » (Elisabeth Lévy)

« La censure contemporaine ne vient pas du pouvoir mais de la société. Elle ne se contente pas de réduire au silence quiconque lui déplaît, elle s’emploie à l’étouffer par le bruit, l’invective et la manipulation. » (Elisabeth Lévy)

« La liberté de pensée est réservée à ceux qui pensent comme tout le monde … Un monde dans lequel il est possible de penser mal n’est-il pas, à tout prendre, préférable à un monde dans lequel il n’est plus permis de penser ? » (Elisabeth Lévy)

« Dans le goulag progressiste et libertaire dont rêvent tous ces grands démocrates, on ne saurait avoir une conscience qui ne fût à l’unisson de l’ère du temps. » (Elisabeth Lévy – en défense de certains médecins attaqués par la meute)

« Le ‘chasseur de réacs’ entend ce qu’il attend … Il a transformé ses opinions … en dogmes incontestables : le métissage est forcément désirable, le mariage gay nécessairement un progrès, la différence toujours une richesse… » (Elisabeth Lévy) – On n’a pas à expliquer ni à justifier ce qui est évident pour tous les honnêtes gens, sauf pour les imbéciles et les salauds.

« Nés trop tard pour avoir résisté à l’occupant nazi, les gardiens du temple antitotalitariste se font une gloire d’avoir su condamner leurs parents. » (Elisabeth Lévy – sur la France déclarée pétainiste)

« On n’en a pas moins assisté au carnaval habituel de la censure et de la délation : airs outragés, torrent d’indignation numérique, saisine du Parquet et du CSA, pétition réclamant son éviction de France Culture. Quand ils n’ont plus pu feindre de ne pas avoir compris qu’il s’agissait d’une blague, les vigilants se sont repliés sur leur deuxième ligne d’attaque en ânonnant le mantra préféré du politiquement correct : ‘on ne plaisante pas avec ça’. Et pas non plus avec ça, ça, ça et ça. » (Elisabeth Lévy – à propos d’une des innombrables explosions de haine, de vindicte et de connerie pure de la meute des inquisiteurs-dénonciateurs)

« La liberté a un prix. Celui d’être blessé, révolté, atteint, par les opinions contraires. Refuser de payer ce prix, c’est montrer le peu de cas que l’on fait d’elle, c’est préférer en définitive son opinion à la liberté. Il n’y a pas en ce domaine d’accommodements possibles. » (François Sureau) – « Pitié, je ne veux pas vivre dans un monde où plus aucune parole ne pourra me choquer, me blesser ou m’énerver parce que ma susceptibilité aura force de loi. Sous couvert de bienveillance universelle, ce qui s’annonce, c’est la surveillance de tous contre tous, et la surveillance de tous par des robots. Alors qu’on nous laisse nous débrouiller avec la haine. Au moins, la haine est humaine. » (Elisabeth Lévy) – Les deux sur les interdictions de s’exprimer.

« Les honnêtes gens ne disent rien, car ils ne voient rien. Et s’ils ne voient rien, en fin de compte, ce n’est pas faute d’avoir des yeux, mais, précisément, faute d’imagination. » (Simon Leys) – Il est bien connu que la petite et la moyenne bourgeoisie (dont les Bobos les premiers) n’a pas plus d’imagination que de courage. Elle est centriste à vie.

« Quand il a l’intérêt pour complice, l’esprit n’est jamais embarrassé pour faire concorder n’importe quoi avec n’importe quoi. La dialectique moderne lui fournit dans ce sport une commodité de plus en lui permettant d’occuper sans gêne, tour à tour et presque simultanément, les positions les plus contradictoires. Voir ce qu’est devenue sa dialectique au XX° siècle doit être, j’imagine, le Purgatoire de Hegel. » (cardinal Henri de Lubac)  – Le en même temps macronien.

« Autant les accusations sont utiles dans une république, autant la calomnie y est pernicieuse. » (Machiavel)

« La liberté extérieure ne peut pas exister si elle n’est pas fondée sur une solide liberté intérieure. » (Michel Maffesoli) – Il n’est donc pas gênant de concéder (officiellement) celle-là si on garde bien, par média soumis, le contrôle de celle-ci.

« De tout temps les ‘propriétaires de la société’ se sont employés à minimiser les forces naissantes risquant de prendre leur place, s’employant à montrer l’aspect obsolète de leur discours et de leur action. » (Michel Maffesoli) – Mais aujourd’hui la nomenklatura politico-médiatique  est passée carrément à l’insulte : Réac, Moisi, Rance, Ringard, Nauséabond, Fasciste…

« La ‘curialisation’ de la modernité qui a domestiqué l’homme a rationalisé la vie en société … Cette ‘curialisation’ n’a pas manqué de conduire à une asepsie de la vie sociale. C’est cela même que j’ai appelé la ‘violence totalitaire’ : un corps social totalement déresponsabilisé, ayant perdu sa tenue, ses mécanismes de défense, et dés lors incapable de résister aux agressions internes ou externes. Voilà bien une société sans risque perdant la soif de vivre, et perdant aussi la capacité de lutter contre ce risque majeur qu’est l’ennui. » (Michel Maffesoli) – L’avenir va se charger de pourvoir en risques cette société mise en rangs.

« Quand on est sûr qu’il existe une (ou des) valeur universelles, quand on pense qu’il y a ‘une’ vérité, quand on est certain que la Morale est générale et applicable en tous lieux et en tous temps, l’inquisition n‘est pas loin. Et ceux qui en sont les protagonistes vont, dés lors, sacrifier régulièrement un bouc émissaire pour célébrer et conforter l’Universalisme, la Vérité, la Morale, la Science, ou autre Dieu unique du même acabit … L’Universalisme étant toujours le fourrier du totalitarisme. » (Michel Maffesoli) – L’imposition des droits occidentaux de l’homme occidental bien gras et bien pensant. 

« Disciples de Staline leur attribuant la fonction ‘d’ingénieurs des âmes’, l’écume à la bouche ils disent le ‘bien’ comme le juge dit le ‘droit … Après la conspiration du silence, l’invective, puis la médisance et la calomnie. Tout est bon pour invalider, stigmatiser, marginaliser une pensée ou une pratique hétérodoxe. » (Michel Maffesoli) – La clique  dominante, hargneuse et féroce.

« ‘La liberté d’expression n’autorise pas à tout dire’ ; une bonne censure d’Etat vaut mieux qu’une douteuse  opinion. » (Corinne Maier – sur la France)

« Le nouveau conformisme c’est le comportement social influencé par la rationalité technologique. » (Herbert Marcuse) 

 « La censure gagne sous d’admirables prétextes : la bienveillance, la tolérance, la crainte de discriminer, le respect de l’altérité… et il convient surtout de considérer que tout ce qui peut sembler critique n’a pas le droit d’être exprimé, car seule la société dans son ensemble peut être coupable. L’individu est exempté de responsabilité individuelle. Plus de responsables ni de coupables, juste des victimes. Mais le pire, c’est que nous en sommes venus à nous censurer nous-mêmes. Le prêt à penser a gagné. Pour être certain de ne pas se tromper, il faut dégouliner de bons sentiments. Que ce soit au plus haut niveau, entre soi, à la télévision ou dans la presse, on se censure avec le sentiment ainsi d’être vertueux. Dire la vérité est une agression : ‘C’est vrai ! mais on ne peut pas le dire’’. L’hypocrisie et le mensonge ont gagné leurs lettres de noblesse. C’est une nouvelle forme de charité qui ne coute pas cher, évite bien des ennuis et surtout dispense d’avoir le courage d’affronter les choses. » (Sophie de Menthon)

« La recherche des intentions réelles ne saurait avoir la moindre place dans l’exercice du droit qui, comme le rappelait Spinoza, ne peut prohiber que des actes ou des appels explicites à un crime précis. En s’émancipant au-delà de cette vieille limite protectrice, la police de la pensée (dont l’existence est déjà indécente en elle-même) est inexorablement conduite à se transformer en police des intentions et des sentiments cachés. » (Jean-Claude Michéa)

« Si, aux yeux d’Orwell, cette liberté de pensée et d’expression se trouvait, aujourd’hui, terriblement menacée, c’était justement parce que ‘nombre de nos intellectuels sont en train de renier cette tradition. Ils ont adopté la théorie selon laquelle ce n’est pas d’après ses mérites propres mais en fonction de l’opportunité politique qu’un livre doit être publié ou non, loué ou blâmé. Et d’autres, qui en réalité ne partagent pas cette manière de voir, l’acceptent par simple lâcheté. » (Jean-Claude Michéa – citant George Orwell)

« Une société qui se présente comme ‘la moins mauvaise possible’ (la société libérale) tend logiquement à fonder l’essentiel de sa propagande sur l’idée qu’elle est là pour nous protéger de maux infiniment pires … Elle s’arrange pour être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats (usuellement lamentables) … La place du pire ne devant jamais rester vide très longtemps, la propagande libérale se trouve dans l’obligation perpétuelle d’en découvrir de nouvelles incarnations, au besoin, en les fabriquant de toutes pièces. » (Jean-Claude Michéa) – Après la chute du mur de Berlin, il fallait bien trouver autre chose : Islamisme, Populisme, Fascisme (dinosaure historique).

« Tout jugement négatif à propos des effets de la  modernisation économique, morale et culturelle permanente que le capitalisme de consommation induit nécessairement ne saurait procéder que d’une coupable ‘nostalgie’ pour un monde disparu ou d’un sinistre penchant ‘réactionnaire’, du ‘repli sur soi’ et de la ‘peur de l’autre’ … Abandon de toute critique du monde de la Marchandise et du Spectacle. » (Jean-Claude Michéa) – Et ‘haro’ sur les malheureux qui osent émettre le moindre doute.

« Aujourd’hui, ce qui n’est pas policé, voire mielleux, est souvent considéré comme violent, ou au moins, choquant. » (Gil Mihaely) – La légendaire lâcheté et la traditionnelle petitesse de la bourgeoisie de jadis a atteint le milieu médiatique transformant la société en grotesque assemblée de fausses vierges apeurées et nos garçons en fillettes.

 « Au début des années 90, le Nouvel Ordre moral se mettait en place, irrésistiblement, dans les habits mêmes de l’idéal démocratique, avec la volonté de défaire, en les discréditant et les vidant de leur contenu, les vieilles nations, les langues, le christianisme, la musique savante, la littérature, le secret, toute forme de pensée indépendante, au nom du relativisme généralisé et des lobbies minoritaires qui prenaient le contrôle de la pensée. » (Richard Millet) – D’où la stupidité régnante actuelle dans tout l’Occident.

« Une des tâches (du Nouvel Ordre moral) est de déplacer le factuel vers l’éthique, c’est-à-dire de voiler la vérité. » (Richard Millet)

« L’orthodoxie ne peut pas se permettre de relâcher la pression sous peine de cesser d’être une orthodoxie. » (Czeslaw Milosz) – « La gauche médiatique devient même de plus en plus histrionique à mesure qu’on la conteste. » (Mathieu Bock-Côté) – Et même de plus en plus folle de rage et d’envie de destruction d’autrui.

« Les comités de souleveurs de tollé. » (Philippe Muray)

« Comment peut-on, sans se lasser, enfoncer tant de portes ouvertes ? Tapager pour tant de causes qui n’ont pas de vrais ennemis ? » (Philippe Muray)

« Il est logique qu’à un monde sans antagonismes, sans frontières, sans souverainetés localisées, corresponde aussi une opinion unifiée ; par rapport à laquelle le désaccord serait un crime. » (Philippe Muray)

« Comme tous les nouveaux régimes à travers les siècles, ‘l’ordre’ qui vient, après avoir réclamé pour lui-même la tolérance, la refuse absolument à ses insoumis. Il la refusera même à ceux qui ne manifesteraient à son égard qu’un scepticisme poli. » (Philippe Muray) – Sur la dictature de l’unanimisme dans la pensée unique et le politiquement correct.

« Objecteurs de substitution, rebelles de remplacement, succédanés de perturbateurs, ersatz de subversifs, séditieux de synthèse, agitateurs honoraires, émeutiers postiches, vociférateurs de rechange, révoltés semi-officiels, provocateurs modérantistes, leveurs de tabou institutionnels, insurgés du juste milieu, fauteurs de troubles gouvernementaux, émancipateurs subventionnés, frondeurs bien tempérés, énergumènes ministériels. C’est avec ces supplétifs que l’époque qui commence a entrepris de mener la guerre contre la liberté. » (Philippe Muray) – La meute des censeurs, dénonciateurs, persécuteurs…

 « Il n’y a  plus de censure ‘d’en haut’ parce qu’il n’y a plus de ‘haut’ d’où elle pourrait tomber. La censure d’aujourd’hui est autogérée, et pour ainsi dire spontanée. Le blâme, la remontrance, la réprimande, la stigmatisation, la surveillance idéologique, la vigilance, l’excommunication, la mise à l’index, les rappels à l’ordre sont devenus des occupations citoyennes essentielles, et d’une certaine façon naturelles … Nouvelles passions d’une humanité qui n’a plus d’enthousiasme que pour la délation, ni de frénésie que pour sataniser tout ce qui ne contribue pas, ou pas assez, à la merveilleuse évolution dans le bon sens du monde présent … Notre civilisation en revanche réussit admirablement dans cet exercice particulier qu’on appelle conspiration du silence, corollaire de toutes les conspirations du bruit qu’elle organise également avec virtuosité. » (Philippe Muray)

« Voici l’envers de la pris d’otage sur Balzac. L’exécution sartrienne. Les deux limites de la méthode dixneuviémiste pour récupérer ceux qui la fuient. D’un côté conversion, de l’autre condamnation. Balzac pouvait servir à quelque chose ; pas Baudelaire : tout ce qui lui arrive est bien fait pour lui … Bien fait pour sa syphilis, sa maîtresse vulgaire, sa solitude… » (Philippe Muray  – sur la récupération du Balzac monarchiste et catholique par les marxistes, le travestissement de l’homme du trône et de l’autel, en homme de subversion et de démolition) – Deux méthodes bien pratiquées aujourd’hui. On trahit X, récupérable, en jouant sur son inconscient, soit en entendant dans ses  dires, écrits, le contraire de ce qu’il dit, écrit et pense au fond ; Y, irrécupérable, est à salir par tous les moyens.

« Ils n’aiment pas ce que je dis du monde contemporain, mais ils ne disent jamais ce qu’ils en pensent, eux, de ce monde. Et c’est sans doute d’en penser quelque chose qui leur paraît criminel. » (Philippe Muray – sur la meute des censeurs-persécuteurs)

« Les quatre figures d’intimidation culturelles rhétoriques. – Le binôme réussite/frustration (le contestataire ne peut être qu’un aigri, un envieux, un raté.  Un critique un peu mordant ne peut qu’être le jouet de la jalousie ou de la vanité, ses critiques proviennent nécessairement de l’aigreur, provincial (ou parisien), il s’agit de se placer, d’obtenir la place de celui qui est critiqué) – La logique de ligue (le contestataire participe d’un vaste complot qui dépasse de loin les enjeux apparents de ses prises de position) – La diabolisation politique (le contestataire est un poujadiste, un réactionnaire, un lepéniste, un fasciste, qui peut-être s’ignore) – La disqualification du travail sur les textes (le contestataire n’étant pas de bonne foi, nulle nécessité de contre-argumenter, mieux vaut essayer de percer à jour ses intentions cachées). » (Eric Naulleau et Pierre Jourde – reprenant la classification de Jean-Philippe Domecq) – « Pour être un bon critique, la méthode est simple : il suffit de faire l’éloge des auteurs à succès, et de démolir les écrivains méconnus. Après tout, c’est de leur faute, ils n’avaient qu’à ne pas être méconnus. » (Pierre Jourde) – Procédés valables universellement, qui ne s’appliquent pas qu’aux écrivains ou critiques. 

« Quand on vit du combat contre un ennemi on a intérêt à ce que cet ennemi ne meure pas. » (Nietzsche) – Par exemple les fantasmes, tel le fascisme, les réactionnaires… qui maintiennent la gauche en vie. On peut toujours prétendre qu’ils sont là, cachés derrière la porte. En plus, ça fournit de la copie aux journaux, et ça rameute les Gogos qui viennent s’abriter.

« Et qui sent d’une autre manière, à l’asile des fous entre de plein gré. » (Nietzsche – Le dernier homme)

« Veux-tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau, et oublie-toi en lui. » (Nietzsche)

« La démocratie est le régime qui vit de sa propre critique. Qu’est-ce que c’est que cette démocratie qui commencerait par bâillonner ceux qui mettent le doigt sur ce qui fait problème ? » (Pierre Nora – répondant à l’immonde pamphlet de dénonciation et chasse aux sorcières de Daniel Lindenberg)

 « En France, on ne polémique plus : on assassine, on méprise, on tue, on détruit, on calomnie, on attaque, on souille, on insinue… Pour discréditer la doctrine, commencez par calomnier l’homme. » (Michel Onfray) – Telle est la pratique des intellectuels-policiers invités chéris des média.

« Jadis, pour empêcher de penser, le pouvoir avait ses gendarmes et ses geôles, ses inquisiteurs et ses culs-de-basse fosse, ses commissaires politiques et ses guillotines, ses militaires et ses prisons, ses kapos et ses camps. Aujourd’hui, il a ses journalistes. » (Michel Onfray)

« Parler de liberté n’a de sens qu’à la condition que ce soit la liberté de dire aux gens  ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. » (George Orwell) – Décidément un tel personnage n’aurait jamais pu faire un apparatchik convenable ou un énarque utilisable.

 « Nous devrions applaudir tout ce qui vient défier et pulvériser la bienséance bourgeoise dans notre monde ultra-réglementé d’employés formatés. » (Camille Paglia) – Or c’est l’inverse, les censeurs sont tellement impuissants et castrés, qu’ils pourchassent tout ce qui n’est pas soupe tiedasse.

 « La loi d’élimination des non-conformistes … application de la loi de solidarité … Une société a tendance à s’asservir non seulement les corps, mais les intelligences et les volontés … mimétisme psychique … ‘ Il y a des animaux qui prennent la couleur des milieux végétaux et minéraux où ils vivent ; il y a des hommes qui prennent la couleur morale de leur groupe’ (Sighele). » (Georges Palante)

« Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. » (George Orwell – 1984) – « L’immigration est rebaptisée ‘diversité’, les clandestins sont renommés ‘sans-papiers’ puis ‘réfugiés’ ; les délinquants deviennent des ‘jeunes de banlieue’ ; les ghettos urbains islamisés cèdent la place aux ‘quartiers populaires’, le sexe … est remplacé par le ‘genre’… » (Natacha Polony et le comité Orwell)

« Le silence est la plus grande persécution. » (Blaise Pascal) – Avant la ruine, avant le meurtre, c’est le procédé favori des dictatures, dont certaines peuvent avoir une apparence parfaitement démocratique, apparence…

« Nous savons comme le langage sépare, organise, met en lumière. On ne connaît pas assez son pouvoir d’occultation. Derrière chaque mot qu’on interdit s’approfondit une souffrance. » (Aymeric Patricot – sur la censure féroce opérée par la classe politico-médiatique dominante pour empêcher le peuple de qualifier son existence, et sa souffrance)

« Les haines intellectuelles modernes ont adopté, ont emprunté tout l’arsenal des haines politiques anciennes et modernes, et notamment des haines politiques modernes, qui sont particulièrement bien outillées … L’organisation méthodique, généralement de la haine, particulièrement de la haine et du boycottage intellectuel. De là vient en grande partie cette grande indigence intellectuelle des temps modernes. » (Charles Péguy)

« La disqualification de l’auteur par les intentions qu’on lui attribue (le classique procès d’intention), la disqualification de ses thèses par les effets qu’on leur impure, la disqualification des mots et des concepts qu’il utilise, la volonté de le combattre avant même de l’avoir lu. » (André Perrin)

« La stratégie la plus courante et la plus communément utilisée  pour rendre impossible un vrai débat reste la disqualification de l’opposant par les motivations honteuses qu’on lui attribue, les complicités douteuses qu’on lui découvre et les conséquences désastreuses que son discours est supposé produire. Dans tous les cas on refuse d’admettre que cc discours puisse être déterminé par les raisons qu’il avance et on affirme qu’il ne peut être que l’expression de ‘phobies’, les principales étant  l’homophobie et l’islamophobie, laquelle déguise le racisme et la xénophobie. » (André Perrin)

« L’industrie pétitionnaire … Comment expliquer qu’un si grand nombre d’intellectuels, puisque tel est leur statut officiel, puisse de nos jours accepter aussi facilement de se livrer, toute honte bue, à des opérations de basse police … ‘La passion policière qui pousse certaines gens à dénoncer voisins, parents, relations ou collèges ne trouve de véritable exutoire que dans les périodes de bouleversements, de guerres, d’occupation … Mais même en temps normal, elle n’en demeure pas moins latente chez les ratés, les envieux, les médiocres … la vénalité en est rarement absente, mais ce serait une erreur d’y voir son moteur exclusif … La recherche d’avantages personnels s’augmente le plus souvent d’autres mobiles non moins puissants : des sentiments d’infériorité ou de frustration (le succès d’autrui apparaissant comme une véritable provocation), le désir de se donner de l’importance, une forme d’exhibitionnisme, et surtout un respect inné du Pouvoir, de l’Ordre établi, des Autorités, l’instinct flic, la haine de tout ce qui apparaît non conforme, différent, hétérodoxe, hérétique.’»  (André Perrin – citant Simon Leys)

« Que l’un d’entre eux ouvre les lèvres, les autres d’une même voix l’applaudissent, quelqu’un a-t-il le malheur de critiquer l’une ou l’autre de leurs nouveautés, pour monstrueuse qu’elle soit, en rangs serrés, ils fondent sur lui ; qui la nie est traité d’ignorant, qui l’embrasse et la défend est porté aux nues. » (saint Pie X – sur les modernistes)

Si vous n’êtes pas un libéral à tous crins, c’est que vous êtes un partisan de l’autoritarisme, antichambre du fascisme … Les confusions linguistiques volontaires tendent à empêcher toute remise en cause d’une évolution qu’on veut nous faire croire naturelle, inéluctable et non amendable. » (Natacha Polony et comité Orwell)

« Pour maintenir le système il fallait criminaliser toute pensée divergente. » (Natacha Polony)

« Les théoriciens de la libre pensée sont généralement les plus acharnés à punir les personnes qui font de cette liberté un usage qui leur déplaît. » (Robert Poulet)

« Il n’est ni raison d’Eglise ni raison d’Etat qui puisse justifier une contrainte illégitime à l’égard des droits inaliénables de la pensée. » (cardinal Poupard) – Contre la censure et la terreur du conformisme. Peut-être pas les raisons évoquées, mais les intérêts de la caste politico-médiatique.

 « Ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un homme blanc à réveillé le goût du sang. Cet instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. » (Marcel Proust – cité par René Girard – Saniette ridiculisé par les Verdurin et leur bande) – D’où le côté immonde de certains soi-disant humoristes médiatisés, qui d’ailleurs ne s’attaquent qu’aux faibles.

 « Paradoxalement, une période de bouillonnements, de crises et de périls de tous ordres comme la nôtre coïncide avec un consensus idéologique écrasant, imposé par les média, les sondages et la publicité grâce à la manipulation des signes et des symboles, et au contrôle des esprits. » (Ignacio Ramonet) – Désolé, rien de paradoxal. C’est dans les périodes d’incertitudes et de troubles que les pouvoirs dominants renforcent la politique de terreur (car il s’agit bien de  terreur, même si soft).

« Le ‘désert’ n’est pas le vide mais le trop-plein du consensus. » (Jacques Rancière) – Par le consensus actuel, entendons le silence créé par la Terreur qu’exerce le groupuscule dominant politico-médiatico-bien-pensant.

« La question n’est pas de savoir si l’on doit ou non disposer des textes de Cochin (historien) pour éventuellement les réfuter ; le mieux est encore qu’ils n’existent point, qu’ils demeurent introuvables. Faire disparaître, tel est l’argument souverain de la pensée. » (Jean-François Revel) – Processus généralisé par la censure féroce existant en France. 

« Cette malhonnêteté doucereuse qui consiste à éreinter un livre sans souffler mot de ce qu’il contient, et même en lui attribuant ce qu’il ne contient pas. » (Jean-François Revel) – En attribuant des arrières-pensées à l’auteur.

« L’action sur la publication des opinions obéira à deux stratégies – D’un côté la prévention qui consiste à contrôler en amont tous les projets de publication : c’est le système de la censure … Interdiction de publier sans examen préalable … Mécanisme d’autorisation, administration spécialisée – De l’autre, la répression, liberté de publier mais pas n’importe quelles opinions, série de contraventions , délits et crimes prévus par la loi …   La puissance publique se manifeste après coup. » (Dominique Reynié) – Avec Internet, cette dernière forme de contrôle est la seule praticable. Une troisième forme de contrôle est très pratiquée de nos jours, par censure implicite, sans que cela soit expressément défendu et annoncé, il est interdit, et tout le monde le sait, de dire certaines choses, d’aborder certains sujets sous peine de lynchage médiatique et de mise à l’écart complète, l’objectif suprême étant d’acculer les déviants au suicide. Ainsi va la censure dans certaines démocraties, dont la nôtre.

 « Le journaliste n’enquête que sur les gens à qui il veut nuire. Contrevenir à cette règle tacite est dangereux comme l’a montré l’épisode du ‘mur des cons’. Ce qui aurait dû être un scandale occupant l’actualité pendant des mois et donnant lieu à une succession de démissions, de récusations de magistrats, voire à des poursuites judiciaires en cascade fut enterré en quelques jours … Panel restreint et répétitif des sujets traités ; et l’omerta qui semble en reléguer d’autres dans le silence médiatique obligatoire. Cette sélection tacite des thèmes autorisés fait autorité jusque dans le monde universitaire. » (Ingrid Riocreux)

« Il faut appliquer ce qu’Adolf Hitler  prônait déjà dans Mein kampf : une posture monolithique, simpliste, caricaturale et tranchée, sans aucune déférence pour l’opposant qui doit être diabolisé sans trêve, à tort ou à raison. » (Ingrid Riocreux – La langue des médias) – Tout manifestant contre le mariage dit pour tous est un homophobe, ni plus ni moins, fermez le ban.

« Moins un homme a lu, plus il croit les livres dangereux, et plus il est tenté de mettre tout le monde à son régime. » (Rivarol) – Du danger de choisir des dirigeants incultes et ignorants qui censureront tout esprit.

« Les pires ennemis, rompus à la guerre de plume, savent très bien que le silence étouffe mieux que l’injure et font taire leur animosité pour mieux l’exercer … … La voix d’un seul qui conserve la raison jette dans la fureur les autres qui veulent l’oublier, dans la terreur que cette voix ne les réveille et qu’ils ne se retrouvent dégrisés et tout nus.» (Romain Rolland) – « Le monde les hait parce qu’ils ne sont pas du monde. » (Evangiles) -_ Non sans s’être auparavant déchaînés, avant le silence, dans la manipulation, le mensonge et l’insulte.  Demander aux enterrés par la meute, Renaud Camus, Jean Cau, Dominique Venner et tant d’autres.

« Le terrorisme intellectuel qui régnait en maître … dans les décennies qui suivirent la fin de la deuxième guerre mondiale … qui condamnait sans appel, sous l’autorité de quelques-uns, tout ce qui n’était pas en conformité avec le marxisme-léninisme ou telle ou telle gauche radicalo-révolutionnaire … L’atmosphère hystérique de ces temps révolus, encore qu’on puisse parfois se demander s’ils le sont vraiment… » (Clément Rosset – vers 1970) – Non, ces temps ne sont pas révolus. Le terrorisme intellectuel n’a fait que s’accroître et se répandre, seulement il ne sert plus les mêmes maîtres, il ne sert plus les maîtres communistes, mais les chargé(e)s de diffusion de la pourriture générale.

« Au nom du droit des gens, il pratique tantôt le journalisme de meute, tantôt le journalisme de salon. Le jeu consiste à désigner un soir un coupable … à le traquer des jours durant, puis à partir en chasse contre un autre gibier. » (Edouard Sablier – sur le journalisme)

« L’appareil de censure n’est plus étatique, mais logé chez chacun de nous. La prohibition n’est plus verticale, mais fait claquer les bottes d’une armée de voisins vigilants. » (Peggy Sastre – sur le maccarthysme de gauche qui a envahi les Etats-Unis) – La France, toujours servile, suit.

« La possibilité de connaître et de juger correctement et du même coup l’habilitation à parler avec les autres et à juger … n’est donnée que par le fait d’avoir partie liée et de participer. » (Carl Schmitt – cité par Karl Kraus) – Aux innombrables donneurs de leçons pérorant dans les média, sur les réseaux…

« Dépourvue d’humour, la régulation du langage destinée à prévenir l’irruption de pensées hérétiques, la violence faite aux catégories traditionnelles et à la manière spontanée de décrire la réalité, l’oblitération de la mémoire et le contrôle permanent du passé … est devenu banal. » (Roger Scruton – sur la censure régnante) 

« Plus les gens conçoivent le domaine politique comme l’occasion de partager une personnalité collective, moins ils sont tentés d’utiliser cette prétendue fraternité pour changer les conditions sociales. Le maintien de la communauté devient une fin en soi ; l’exclusion de ceux qui n’appartiennent pas vraiment à la communauté devient l’activité principale de ses membres. La poursuite des intérêts communs est remplacée par la recherche d’une identité commune. » (Richard Sennett) – Avec la chasse aux places et privilèges, c’est toute la gauche.

« Les hommes les mieux disposés, professant en principe le respect de la pensée libre, l’esprit critique, l’analyse objective ne savent pas en réalité tolérer  la pensée différente de la leur. Celui qui ‘pense autrement’ ((‘la liberté, c’est la liberté de penser autrement’, Rosa Luxembourg) apparaît tout de suite comme un ennemi. Au moins comme un hérétique dont l’hérésie contient une grosse goutte de trahison. » (Victor Serge)

« C’est une sorte de vie étrange que celle des provinces : on fait des affaires de tout. » (madame de Sévigné) – Nos média seraient-ils provinciaux, quelle décadence !

« Pourquoi le négationnisme, défini comme un délit quand il porte sur le nazisme, ne l’est-il pas quand il escamote les crimes communistes ? » (Jean Sévillia) – Si nous ne connaissions l’auteur de cette interrogation nous penserions qu’il n’a rien compris.

« Le despotisme culturel moderne dans lequel nous vivons depuis plus de vingt ans et qui nous enveloppe désormais dans ses mailles. » (Raffaele Simone)

« C’était vraiment pratique : il suffisait que le Pen parle d’un problème (délinquance, insécurité, immigration…) pour qu’il soit interdit de seulement l’évoquer. » (Alain Soral) – Géniale stratégie mitterrandienne pour régner sans encombre.

« Freud montre aussi qu’il existe aussi des ‘foules artificielles’, ou ‘conventionnelles’, qu’il analyse à travers les exemples de l’Eglise et de l’Armée … Or, les industries de programmes (essentiellement audiovisuelles) sont aussi ce qui forme chaque jour, et précisément à travers les programmes qu’elles diffusent en masse, de telles ‘foules  artificielles’ … Ces foules relativement éphémères que sont les audiences … sont précisément constituées par le fait qu’un seul et même objet retient leur attention. » (Bernard Stiegler) – On peut estimer que ces foules éphémères vont se multiplier avec l’invasion démente des polémiques stupides suscitées par le moindre message internet (twitter) ne reprenant pas la menteuse doxa officielle. Alors foules de lyncheurs généralement.

« La nouvelle censure qui s’exerce dans les universités, les maisons d’édition, les médias et même les entreprises, se caractérise par une ‘intolérance à l’égard des opinions divergentes’, un ‘goût pour l’humiliation publique et l’ostracisme’ et une ‘tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante’. Il s’agit d’exclure du discours public à la fois certains points de vue et les voix qui les portent. » (Jeremy Stubbs)

«  Création d’oppositions manichéennes : la race, montant les noirs contre les blancs (toutes les autres ethnies sont invitées à se ranger du côté des noirs) ; le féminisme, montant les femmes contre les hommes ; la sexualité, montant les homos contre les hétéros ; et le genre, montant les transgenres et autres non-binaires contre les cis, c’est-à-dire tous ceux qui ne se catégorisent pas comme les premiers. Chaque facette est inséparable des autres ; les militants de l’une sont solidaires des autres. » (Jeremy Stubbs)

« Le terrorisme des précieux, la confiscation de la morale … l’auto-admiration mutuelle, la valorisation de l’inculture, l’élitisme du langage, tout cela commence à agacer … Les intellectuels se sont munis dans la démocratie libérale, comme dans les régimes totalitaires, d’une arme unique : la morale. Elle est à la fois le programme et la méthode du parti. Par définition, elle échappe à toute critique, puisqu’elle est la critique … La dénonciation précède l’enquête, elle n’est d’ailleurs qu’une prise de position politique déguisée. » (Georges Suffert)

 « Le terrorisme intellectuel commence au moment où  l’un fait sentir à l’autre que s’il ne se plie pas à ses pratiques et à ses mots, c’est qu’il est un ignorant et un lâche … Le membre du parti intellectuel sait ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est beau et ce qui est laid, ce qui va arriver et ce qui ne peut pas se produire. Il se fonde sur quelques préceptes dogmatiques et il est dépositaire des clefs de la connaissance du bien et du mal. » (Georges Suffert)

 « La double hantise de la ‘menace fasciste’ et des ‘dérives racistes’ devient le moteur du progressisme … et fonctionne comme moyen de chantage permanent … Construction par la gauche de son identité mythique, contre un ennemi mythifié permettant de jeter un soupçon permanent sur la droite. » (Pierre-André Taguieff) – La moindre mesure destinée à lutter contre l’insécurité est rituellement traitée de méthode fasciste par la horde médiatique. D’où nous devenons un pays de lâches.

« Le maître ne dit plus : vous penserez comme moi, ou vous mourrez ; il dit : vous êtes libre de ne pas penser ainsi que moi … mais de ce jour, vous êtes un étranger parmi nous … Vous resterez parmi les hommes, mais vous perdrez vos droits à l’humanité. Quand vous approcherez de vos semblables, ils vous fuiront comme un être impur ; et ceux qui croient à votre innocence, ceux-là même vous abandonneront, car on les fuirait à leur tour. Allez en paix ! Je vous laisse la vie, mais je vous la laisse pire que la mort. » (Alexis de Tocqueville) – Prémonitoire, voilà le sort réservé aux allergiques à la doxa (ex. Renaud Camus et bien d’autres).

« Le Ketman c’est l’attitude qui consiste à taire ses conviction et, si le  silence même est dangereux, à tromper l’adversaire en affichant l’opinion attendue … dissimulation … falsification des préférences … Tout ceci a un fumet qui rappelle ‘les pratiques des démocraties populaires , sauf que, dans ces dernières elles étaient reçues pour ce qu’elles étaient et produisaient un ‘jeu conscient, collectif, plutôt qu’une adaptation individuelle, destinée à protéger la pensée et les sentiments individuels’ … La pratique assidue du Ketman est peut-être ce à quoi nous serons réduits … pour avoir la paix, recueillir l’approbation, éviter l‘infamie et, dans certains cas, ne pas se faire tuer. » (Michèle Tribalat – citant Czeslaw Milosz) – Nous y sommes déjà réduits face à la terreur exercée par la pensée unique et obligatoire, devant les tribunaux médiatiques et la meute des lyncheurs, et même devant certains juges portant hermine…

« Impossible, désormais, de tenir un discours qui fait la part des choses. On est dans un camp ou dans l’autre. Personne ne convainc plus personne. » (Philippe Val)

« Qui ne peut attaquer le raisonnement attaque le raisonneur. » (Paul Valéry)

« La plupart des polémiques à la mode ont des relents de querelles de bouffons. » (Raoul Vaneigem)

« La volonté de transparence révoque l’esprit de délation. » (Raoul Vaneigem) – Faux, elle multiplie les délateurs, les inquisiteurs, comme elle accroît le voyeurisme du public. Les motivations des arracheurs de rideaux sont toujours suspectes.

« Quand quelque chose ne va pas ou ne convient pas, la perfection du système étant indubitable, un élément extérieur au raisonnement idéologique doit en être responsable. On voit ainsi comment une idéologie essaie de se protéger en portant toutes sortes d’accusations chicanières (trahisons, ennemis partout, conspirations…) … d’où la nécessité et le bien-fondé de purges. » (Paul Watzlawick)

« Voltaire a forgé ce climat de guerre civile froide propre à la vie intellectuelle française. Les Jacobins traiteront leurs adversaires en criminels à exécuter ; les communistes en ennemis de classe à ostraciser. Le sectarisme des progressistes perdure jusqu’à aujourd’hui ; leur propension à judiciariser, psychiatriser, animaliser les conflits politiques ; à refuser à leurs adversaires leur liberté, leur raison, jusqu’à leur statut d’être humain parfois. Leur faculté sidérante à se poser en victimes alors qu’ils sont bourreaux. Leur réécriture fallacieuse de l’Histoire. Tout est déjà dans Voltaire. » (Eric Zemmour) – Il suffit d’entendre les glapissements de haine dont de prétendus intellectuels emplissent les ondes dès que quelqu’un aborde ce qu’il est interdit de dire.

« Le monde flatte l’éléphant et piétine la  fourmi. » (proverbe)  

« Avant de se demander si l’analyse est politiquement bonne ou mauvaise (pour qui ?) il faut d’abord reconnaître si elle est correcte ou erronée, si elle rend compte ou non des faits. » ( ?) – Voilà un auteur qui fait bien de rester inconnu. Il ne pourrait obtenir aucun poste médiatique. Il ne pourrait même pas entrer dans un parti politique comme militant de base, sauf par protection pour coller des affiches.

« La concentration des esprits ne serait-elle pas plus dangereuse que la concentration de la presse ? «  (?)

« Jeter sans mesure l’opprobre moral sur ses adversaires, technique inaugurée par les communistes et depuis reprise par toute la gauche. » (?)

« Constante dans l’histoire : les formes qui s’achèvent ont tendance à se figer en totalitarisme. » (?) – C’est ce qui nous arrive.

« Ôtez à la plaisanterie son empire, et je quitte demain la société. » (? – cité par Chamfort) – C’est ce que font beaucoup de Français qui ne supportent plus la dictature de la pensée.

« La polémique qui remplace l’adversaire par une projection caricaturale des préjugés qu’on lui attribue. » (?)

« La loi des trois L : je loue, je lâche, je lynche. » (?)

« La vraie question n’est-elle pas de savoir si, en permettant à tous d’utiliser la liberté d’expression, on ne permet pas à quelques-uns d’en abuser. » (Depuis 1974, l’appel du journal Le Monde  justifiant et appelant à la censure a été largement entendu) – En notre doux pays dit libre, on sait faire taire qui déplaît)

Ci-dessous, extraits simplifiés d’un livre de Philippe Nemo, La régression intellectuelle de la France. Pour abréger, nous n’avons pas repris les nombreux exemples.

 « Au pays de Voltaire et de Beaumarchais règne désormais une ‘pensée unique’ de nature néo-religieuse, qui bénéficie du monopole qu’une certaine famille idéologique est parvenue à établir sur l’école et les médias, et aussi d’un dispositif de censure (loi Gayssot, loi sur la ‘Halde’, lois dite mémorielles…) qui peut être comparé dans son principe à l’Inquisition. On ne raisonne plus dans le pays en termes de vrai et de faux, mais comme dans les sociétés primitives, de pur et d’impur. En conséquence, la France connaît ces années-ci une situation de régression intellectuelle caractérisée, qui empêche le pays de penser rationnellement son avenir. Les processus mythologisants subsistent et semblent même faire retour, dénis de réalité massifs, véritables délires collectifs, phénomènes de ritualisation ressoudant le groupe aux dépens de boucs émissaires, exclusion de certaines vérités déplaisantes. »

« L’école unique, fatale erreur de de Gaulle … Les nouveaux maîtres de l’Education nationale, se rendant compte qu’ils ne pouvaient unifier l’école en l’alignant par le haut, mais ne voulant pas, par idéologie, renoncer au projet même de l’unifier, ont sciemment décidé de l’aligner par le bas …. Au fil des ans la plupart des rédactions des média sont devenues de gauche, et ceci fait, elles n’ont plus recruté que des journalistes de même couleur (résultat d’un cadeau de de Gaulle aux communistes à la Libération) … Le reste subsistant de pluralisme ayant disparu en 1981 quand les socialo-communistes se sont emparés du pouvoir d’Etat … Investissement de l’espace réellement public, l’école et les grands médias. »

« Certains sujets, et non pas seulement certaines thèses, ont été systématiquement exclus du débat public officiel … Vouloir discuter de ces questions est a priori suspect, puisqu’il révèle qu’on ne les considère pas comme résolues … Les lois de censure, dispositif judiciaire présentant des analogies avec le tribunal ecclésiastique et empêchant la libre parole dans tout l’espace public, voire, si possible, dans tout l’espace social … Situation comparable au fameux ‘Ordre moral’ des années 1870 et qu’avait tenté de restaurer ‘Vichy’. »

« N’importe quel groupe d’individus (éventuels sous-marins de partis, de sectes…) peut désormais s’attribuer la capacité juridique d’attaquer autrui pour ses opinions (vu les peines financières exorbitantes laissées libres à l’appréciation des tribunaux, certaines associations … ont un intérêt financier direct à agir et à opérer en officines de délation) … Trois infractions : diffamation, injure et provocation à la discrimination, non publiques … ainsi la vie quotidienne est-elle placée sous surveillance … Pénalisation non d’actes, mais de propos … sanction de conduite privée extrêmement nouvelle … Le but étant d’empêcher le citoyen de parler librement en privé … Il suffit d’ailleurs que le propos, sans être insultant ni même hostile, se contente d’opérer intellectuellement une distinction entre certaines catégories de personnes. »

« On demande donc aux juges cela même qu’on demandait aux théologiens de l’Inquisition, à savoir de vérifier la conformité des pensées de chacun à une certaine orthodoxie. On ne leur demande pas de punir un délit, un crime, mais une dissidence, une hérésie, un péché … sans, en plus, fournir aucun critère intellectuel rigoureux (insécurité juridique et libre cours laissé à l’opinion du juge ainsi transformé en censeur.) »

« Tout débat public libre sur un grand nombre de questions sociétales est ainsi condamné … Il n’y a pas de propos sociologique ou politique qui ne consiste en distinctions, jugements, classements… On n’oppose pas des faits, des arguments, mais une fin de non-recevoir … On veut que certaines personnes disparaissent purement et simplement de l’espace public et que la société soit purifiée de leur présence. Ces prohibitions absolues rappellent certains traits des mentalités magico-religieuses (même le vocabulaire employé : relents, nauséabond, sulfureux…) … d’autant plus que la morale n’a rien à voir dans la plupart des questions interdites … On est dans les phénomènes de ‘tabou’ lesquels ne consistent pas à juger et hiérarchiser les idées selon le critère du vrai et du faux, mais selon celui du pur et de l’impur …»

La régression d’une proportion non négligeable de la classe parlante française au stade mental des sociétés préciviques se marque par deux autres traits ; le rôle croissant de l’imitation moutonnière et le sacrifice rituel de boucs émissaires. »

Ce contenu a été publié dans 565, 1 - COL - Polémique, Lynchage, Rumeur ; Pensée unique, Politiquement correct, Conformisme, Uniformisation,, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.