375,3 – Peuple, Populaire, Populisme

– Sa devise, fort saine, pourrait être : Les histoires plutôt que l’Histoire.

– Partie de ceux qui se retrouvent dans ce beau terme, ceux que des élites corrompues n’ont pas réussi à tout à fait émasculer et ceux, plus nombreux qu’on ne croit, capables de se réveiller.

« Ce mot qui fit l’histoire de la démocratie et celle des mouvements ouvriers est désormais proscrit. » (Natacha Polony)

– « Il fut un temps, pas si éloigné de nous, où le sens originel du mot populisme n’avait pas encore été intégralement falsifié, sur ordre, par les ‘politologues’ et les ‘néojournalistes’ de l’ordre établi. » (Jean-Claude Michéa)  – « Populiste, lire fasciste. » (Christophe Guilluy)

– Le terme populiste est devenu une expression cynique pour qualifier tout ce qui est populaire et pour disqualifier ceux qui se sentent (ou se disent) proches du peuple. C’est le terme dédaigneux  qu’utilisent ceux qui le détestent et l’épuisent, politiques, journalistes, artistes arrivés, milliardaires, technocrates, intellectuels à la soupe, membres distingués du « cercle de la raison » ainsi que se qualifient modestement certains arrogants, célébrités en tout genre, ceux qui nous ont mis dans de si beaux draps et se goinfrent sur le dos du dit peuple. « Si la mise en avant du ‘populisme’ s’est généralisée parmi les élites, c’est parce que cela permet d’imposer un diagnostic ‘par le haut’, en décrédibilisant le diagnostic ‘par le bas’, celui des classes populaires. Or … le diagnostic rationnel, objectif, est celui des classes populaires, car ce sont elles qui vivent au quotidien, depuis trente ans, les effets de la mondialisation … et de son corollaire lié à l’immigration … Or … le diagnostic ‘par le bas’ (désigné comme populiste) n’est pas le fruit d’un emportement irréfléchi, d’une radicalisation irrationnelle ou d’une protestation superficielle. Il s’agit bel et bien d’une analyse objective des retombées de choix économiques et sociétaux précis …. Le populisme pose un problème de fond à la classe politique. Il tend à faire disparaître la fracture artificielle entre la gauche et la droite, pour laisser poindre un affrontement entre les classes dominantes (de droite ou de gauche) et les classes populaires … La diabolisation du peuple par le populisme reste une nécessité pour les classes dominantes. » (Christophe Guilluy) – Ce pourquoi gauche et droite défendent férocement leurs privilèges au prix de tous les mensonges méprisants, notamment celui qui « consiste, singulièrement à gauche, à faire perdurer l’idée des classes populaires incultes et manipulées … La nouvelle bourgeoisie, souvent de gauche, s’inscrit dans la droite ligne de la bourgeoisie traditionnelle qui ne pouvait percevoir les classes populaires que comme des classes dangereuses, incultes et infantiles qu’il fallait éduquer … Sur ce point rien n’a changé. » (Christophe Guilluy)

-Les classes populaires sont désormais désignées comme composées des personnes les moins diplômées. Si j’en crois les politologues médiatiques … Ce n’est donc pas étonnant si elles si j’en crois profèrent tant d’âneries, et il faut leur pardonner charitablement, si du moins, conscientes de leur infériorité, elles consentent à la boucler.  (emprunt à Jean-Claude Michéa)

– Le peuple (ceux qu’on appelle populistes) n’est nullement xénophobe. Il est seulement élitophobe. Mais la propagande des soi-disant élites politico-médiatiques dissimule cette évidence car ce serait reconnaître la corruption toujours mentale, et souvent matérielle, des membres de cette caste arrogante. – « On attend en général des couches dirigeantes d’un pays une double action : l’efficacité pratique et l’exemplarité morale. Or c’est d’une double défaillance qu’il faut prendre acte dans le cas de la France : une efficacité proche de zéro et une moralité en dessous de zéro. » (Jacques Julliard) – Deux exemples entre mille, François Hollande et Bernard Tapie, la création de Mitterrand.

– L’électeur est souverain, mais inexplicablement toujours cocu ; sauf si on admet la cohérence parfaite des deux principes de Rivarol suivant lesquels : « la souveraineté réside dans le peuple – le peuple ne doit jamais l’exercer. »

– Par son comportement, sa liberté d’esprit, ses fréquentations, ses amitiés, son mépris des notables, de leurs lois et de leur hypocrisie (Mt. 23 Invectives aux scribes et aux pharisiens), dans son humanité, Jésus est le populiste par excellence. Ne pas le révéler au reste de la bourgeoisie ex-bien-pensante qui se dit catho et s’abreuve en lisant Le monde, dans un premier temps, elle serait atterrée, puis vous dénoncerait aux censeurs.

– « Trop pauvres pour intéresser la droite, trop blancs pour intéresser la gauche. » (Aymeric Patricot – Les petits blancs) – « Le troupeau informe de ‘Beaufs’, ‘Deschiens’, ‘Bidochons’ et autres ‘Dupont-La joie’, par nature réfractaire au cercle de la raison. » (Jean-Claude Miché

-« Les ploucs-émissaires. » (Philippe Muray)

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« Que le terme ‘populiste’ soit quasiment devenu une injure montre assez le mépris dans lequel les élites autoproclamées tiennent le peuple … Cette morgue de caste est constitutive de la gauche institutionnelle. » (Hervé Algalarrondo) – « Comment le ‘parti des médias’ (Marcel Gauchet), et à ses côtés ‘l’establishment’ français, droite et gauche réunies, ont désarmé culturellement le pays et invalidé toute parole populaire sous l’étiquette de ‘populisme’. » (Georges Bensoussan)

« Les peuples ont besoin d’avoir quelqu’un à aimer et à haïr. » (Saint-Aulaire)

Même, en s’écartant sociologiquement du peuple : « Conceptuellement, noblesse et aristocratie sont tout à fait distinctes, puisque l’une est sanctionnée par le pouvoir politique central, alors que l’autre a des positions de pouvoir, de prestige et de richesse indépendantes de lui. » (Jean Baechler)

« Les peuples sont des aveugles qu’on guide. Ils ne voient que ce qu’on leur dit de voir. » (Maurice Bardèche)

« Comment peut-on parler de ‘vraies gens’ ? Quel aveu de la part de ceux qui les désignent ainsi ! Soulignant ainsi à quel point eux-mêmes sont frelatés. » (Olivier Bardolle)

« Lorsqu’il est nécessaire de porter un jugement dépréciatif … on fractionne volontiers la population en éléments … les éléments sont en général fanatiques ou manœuvrés. » (Roland Barthes) – De nos jours, c’est encore pire,les mêmes éléments sont qualifiés de populistes, quelle horreur!

« Les peuples ne peuvent vouloir que se libérer, proclame-t-on. » (Jean Baudrillard) – Axiome médiatique.

« Le populisme de droite ne parvient pas à s’extraire de ce piège (mis en place par François Mitterrand, avec la collaboration des légendaires stupidité et lâcheté du centre et de la droite),  celui d’être utilisé à son corps défendant, comme Mal absolu pour permettre le maintien au pouvoir d’une petite minorité dont l’idéologie (et les intérêts) s’impose à la masse de la population. » (Matthieu Baumier) – Quitte à ce que l’oligarchie doive créer et improviser prestement un Macron – « L’oligarchie des ‘élites mondialisées’ n’est parvenue à se maintenir au pouvoir en 2017, qu’au prix d’une sorte de hold-up usant de tous les subterfuges à sa disposition où tout fut faux. » (même auteur)

« Orwell a clairement vu dans le monde ordinaire un pôle de résistance … Il est ce qui nous préserve contre la destruction de l’expérience commune et la ‘mobilisation générale’. Ce que les fores tyranniques du pouvoir humilient en effet, ce sont justement ces valeurs ordinaires des gens  simples, la ‘décence ordinaire’ de George Orwell … La faculté instinctive de percevoir le bien et le mal … Justesse morale et justesse esthétique, sens des proportions, de la mesure … Un acte juste est toujours également un beau geste … la vie ordinaire est, en quelque sorte, le dernier refuge de l’universel, elle implique le geste kantien d’acceptation de la finitude … ‘Les valeurs communes des gens n’ont pas besoin d’être associées à quelque croyance transcendantale’ … L’homme ordinaire, ancré dans son monde, avec ses pratiques et ses coutumes traditionnelles qui le lient spontanément à ses égaux n’a pas de disposition naturelle à la domination, et c’est pour cela qu’il en est, la plupart du temps, la victime toute désignée … Être humain consiste essentiellement à ne pas rechercher la perfection. » (Bruce Bégout – sur la décence ordinaire de George Orwell)

« Les peuples entendent se sentir, non seulement dans leur être matériel, mais dans leur être moral. » (Julien Benda)

« Le peuple n’a pas toutes les vertus mais est attaché à un mode de vie, une certaine sociabilité, des mœurs partagées, une certaine continuité, l’idée qu’il est bien de se reconnaître dans les gens qu’on côtoie dans la rue, qu’il est mal de se sentir étranger dans son propre pays. Ce ne sont pas des choses intellectuelles, ce sont des choses simples, qui se traduisent dans des mouvements comme le populisme. » (Alain de Benoist)

« Le peuple ne se reconnait plus dans une gauche qui a remplacé l’anticapitalisme par un ‘antifascisme’ de simulacre, le socialisme par l’individualisme ‘bobo’ et l’internationalisme par le cosmopolitisme ou le ‘sans-papiérisme’, n’a que mépris pour les valeurs authentiquement populaires, se donne le ridicule de célébrer à la fois le ‘métissage’ et la ‘diversité ‘, s’épuise en marches citoyennes et en lutte ‘contre-toutes-les-discriminations’ (à l’exception des discriminations de classe) au seul profit des banques, du ‘lumpenprolétariat’ et de toute une série de marginaux. » (Alain de Benoist)

« Le prolétaire dont on vantait hier la dignité, la tenue et l’honnêteté  est devenu un petit blanc, ‘hexagonal’ et ‘franchouillard’, mélange de Bitru et de Dupont-Lajoie, inculte, méchant, xénophobe, rétrograde et désespérément franco-français … à surveiller étroitement. » (Alain de Benoist)

« De peuple’, on tire l’adjectif ‘populaire, qui, pour moi, est toujours élogieux. » (Emmanuel Berl) – Clairement, pour nos ‘dirigeants’, d’élogieux, il est devenu méprisant.

« Dans la philosophie socialiste du XIX° siècle, le peuple va restaurer l’état d’Adam avant la chute. Comme son labeur l’immunise contre le vice, sa pauvreté l’immunise contre la haine. L’homme est méchant mais le peuple est bon. ‘Les gueux sont des gens heureux, ils s’aiment entre eux’ … Ils n’ont pas commis le péché originel, lequel consiste à dire : ‘Ce champ est à moi.’ » (Emmanuel Berl) – Le  socialisme a bien changé depuis cette époque.

« Il s’agit de savoir si on espère dans le peuple ou si on le craint. » (Emmanuel Berl)

« Les peuples ne veulent pas des dictateurs et les démocraties ne savent quoi faire des peuples depuis que les peuples se demandent à quoi elles servent. » (Georges Bernanos)

« Leur représentation de l’opinion continue de mettre en œuvre à l’état implicite les catégories médiévales de ‘sanior pars’ et de ‘major pars’. L’opinion publique légitime , au sens du XVIII° siècle, ne peut être que l’opinion de la partie la plus saine et la plus éclairée de la population. L’opinion de la masse ne peut lui être qu’inférieure et ne mérite pas de lui être opposée. La raison l’emporte toujours sur le nombre. » (Loïc Blondiaux – s’inspirant de Mona Ozouf – sur les hommes de l’Ancien Régime) – Le même raisonnement antidémocratique (notamment à propos de l’Europe) se poursuit, sans être jamais clairement reconnu, dans la prétendue élite actuelle, les membres du cercle de la raison, les lecteurs d’une certaine presse parisienne, bien-pensante, sectaire, manipulatrice et donnant le ton. Elle recouvre la haine des maîtres des Bobos contre le peuple et ce qu’ils appellent le populisme.

« La méfiance des élites pour le peuple  … par la séduction d’une addition de groupes catégoriels, brisant l’unité du peuple au profit de fractions sociales, pensées comme des minorités ascendantes, dessinant un ‘pays’ de demain supposé tourner le dos aux oppressions exercées par une majorité conformiste … Ce pour en tirer des bénéfices électoraux. » (Jean-Luc Coronel de Boissezon) – Multiculturalisme .

« L’élite d’un peuple crée ses progrès, les individus moyens font sa force. » (Gustave Le Bon)

« Passer de la barbarie à la civilisation en poursuivant un rêve, puis décliner et mourir dés que ce rêve a perdu de sa force, tel est le cycle de la vie d’un peuple. » (Gustave Le Bon) – A quoi rêve-t-on en France aujourd’hui ? A la retraite et à la divinité nommée croissance !  Fin de cycle. 

« Aujourd’hui les classes dominantes obtiennent le suffrage censitaire ‘de facto’. Il leur suffit de neutraliser le vote populiste en l’excluant de toute représentation par le mode de scrutin et de provoquer l’abstention massive de l’électorat populaire, convaincu de l’inutilité de son vote. » (François Bousquet ou Patrick Buisson) – Un avantage indirect pour l’oligarchie politico-médiatique de cracher sur le peuple et de le priver systématiquement de représentation est de multiplier, par dégoût, les abstentionnistes et les non inscrits sur les listes électorales.

« Cédé à la tentation de trouver un peuple de remplacement, un ‘prolétariat de substitution’, en remplaçant l’ouvrier par l’immigré comme figure populaire emblématique. » (Laurent Bouvet – sur les dirigeants de la gauche et du PS principalement)

 « Les trois formes idéal-typiques du peuple contemporain (au moins jusqu’à il y a peu), articulées et parfois antagonistes (surtout dans les régimes totalitaires). – Le peuple démocratique, base de la légitimité politique, communauté de citoyens souverains, libres et égaux en droits et en devoirs – Le peuple social, en tant que classe distincte, incarnant le progrès, l’avenir et le sens de l’histoire – Le peuple national, entité de souveraineté, le peuple ‘charnel’ de Michelet, celui de la reconnaissance identitaire, de l’entre-soi unificateur, qui donne son sens à la vie commune … Peuple républicain (liberté) et peuple socialiste (égalité) ne se confondent pas et ont pu parfois à peine se recouper… » (Laurent Bouvet)

 « Les identités idéologiques déchirant l’identité nationale (Libération-épuration, guerres d’Indochine, d’Algérie…) … Arrive ce que Jacques Julliard nomme la ‘fin du peuple’ : ‘Tronçonné par les lignes de partage invisibles qui quadrillent la société française et qui ne doivent plus guère au passé ; miné de l’intérieur par l’individualisme des jouissances, le peuple quitte doucement la scène sans fracas ni scandale, accompagné de la considération de chacun et de l’indifférence de tous (la fin des années soixante)’ … Où est le peuple en 1968, dans les cortèges étudiants, dans les manifestations syndicales, dans les usines occupées, sur les Champs-Elysées en soutien de masse à de Gaulle ? … D’acteur central qu’il fut … Le peuple-masse a eu raison du peuple-corps-civique, du peuple-corps–social et du peuple-corps national … C’est l’explosion des revendications et des demandes dites postmatérialistes ou postindustrielles … L’émancipation de l’individu dans tous les domaines de sa vie privée ou sociale … L’affichage au premier plan des différences identitaires culturelles (genre, ethnie, préférence sexuelle, religion, appartenance régionale…) … Les nouvelles aspirations ’sociétales’ et les nouveaux ‘mouvements sociaux’ (Alain Touraine) dont le PS devient le parti … La figure du peuple, celle du ‘populaire’, si longtemps valorisée, commence dans les années soixante-dix à devenir négative, sous la forme de la dérision, comme un objet de moquerie ou de ridicule, quand ce n’est pas tout simplement un repoussoir (le film ‘Dupont-Lajoie’, figure à la fois caricaturale et abjecte du peuple, le ‘beauf’ français, blanc et masculin de Cabu). Une véritable ‘prolophobie’ se met en place. » (Laurent Bouvet) – Prolophobie basée sur l’arrogance des prétendues élites et son insultant mépris de la classe populaire.

  « C’est l’incrimination d’une élite qui caractérise le populisme … La distance et la séparation de l’élite et du peuple sont au cœur du phénomène populiste. » (Laurent Bouvet) – Ce qui explique la haine virulente des élites corrompues contre le peuple et l’utilisation de tous les moyens pour l’écraser – « Inégalité et injustice, impunité et arrogance d’une élite qui n’est plus liée au peuple d’aucune manière, ni par le territoire , ni par les pratiques culturelles et les modes de vie, ni par le pouvoir qu’elle détient hors de tout contrôle démocratique. Une élite pour la première fois totalement irresponsable et qui assume pleinement cette irresponsabilité. »   

  « La pensée élitiste semble tenir les deux bouts d’une chaîne que le peuple ne peut plus briser ; à la fois la condamnation de ses valeurs conservatrices et ‘beaufs’, et la commisération pour sa souffrance sociale, sa ‘misère’ dont il faut bruyamment soigner les effets sans traiter la cause. » (Laurent Bouvet) – Dernier rôle dévolu en particulier aux milliardaires gauchistes et richissimes stars engagées si bienveillants pour le pauvre peuple.

« Le peuple doit être au service des élites et comme il renâcle, elles se cherchent un peuple de substitution plus docile du côté des immigrés : on peut les faire travailler moins cher, ils sont en situation de fragilité, on peut les exploiter plus facilement, etc. … Le peuple se dit : non seulement ceux ‘d’en haut’ nous abandonnent, mais en plus ils veulent nous remplacer. »  (Laurent Bouvet – s’inspirant de Christopher Lasch)

« La double coupure populiste : eux-nous et haut-bas. » (Laurent Bouvet)

« Si le peuple pense mal, changeons le peuple. » (Bertold Brecht)

 « Les élites des pays les plus anciennement développés semblent avoir oublié de penser cette réalité sociale qu’est le peuple … Le trait commun d’une certaine élite de gauche reste la ‘prolophobie’ : raciste, homophobe, inculte, le ‘beauf’ sert de justificatif à la désertion des combats sociaux … Le tournant des rapports culturels entre la gauche intellectuelle et le peuple se situe autour des années 1970, au moment où ‘Dupont Lajoie’ supplante l’ouvrier dans l’imaginaire d’une certaine gauche. » (Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin) – Pas tout à fait exact. Ils y pensent de temps en temps pour exprimer leur mépris mêlé de haine.

« Quand le peuple est en mouvement, on ne comprend pas où le calme peut y rentrer ; et quand il est paisible, on ne voit pas par où le calme peut en sortir. » (La Bruyère)

« Car ‘eux’ (politiques et journalistes) savent ce que le peuple a le droit de savoir … Le peuple a–t-il le droit de tout savoir ? A chaque fois, la même réponse est solennellement assénée : ‘Non’. Le peuple est trop con. » (Daniel Carton) – Et quand on voit qu’il vote pour de sinistres clowns, et se presse derrière des barrières pour les admirer, on partage hélas cette opinion définitive.

« Si l’on peut parler d‘une remontée de l’insécurité aujourd’hui, c’est … parce qu’il existe des franges de la population désormais convaincues qu’elles sont laissées sur le bord du chemin, impuissantes à maîtriser leur avenir dans un monde de plus en plus changeant … Réaction de type ‘poujadiste’ (populisme aujourd’hui) ; Sentiment d’abandon et ressentiment à l’égard d’autres groupes et de leurs représentants politiques qui tirent les bénéfices du changement en se désintéressant du sort des perdants. » (Rober Castel) – Ce qui concerne l’insécurité sociale au premier chef, mais est souvent doublé d’une réalité d’insécurité civile (lieux d’habitation…)

« Tourmentez vous pour rétablir la vertu chez un peuple qui l’a perdue, vous n’y réussirez pas. » (Chateaubriand)

« Le peuple souverain étant partout, quand il devient tyran, le tyran est partout ; c’est la présence universelle d’un universel Tibère. » (Chateaubriand)

« Pour la première fois depuis l’institution du suffrage universel, une majorité s’est constituée sans, c’est-à-dire contre, à la fois les ouvriers et les paysans … Evolution de la structure sociale, le bloc cadres supérieurs et cadres moyens constitue la première force démographique parmi les actifs … La défaite politique des ‘perdants sociaux’ … Le délaissement du peuple par les intellectuels … ‘Riches et cultivés’, se pensant et s’organisant en multiples réseaux,  se sont donc retrouvés, pour des raisons différentes mais convergentes, en faveur de l’Europe … L’espace du ‘Oui’ n’est pas un territoire mais un réseau … Beaucoup de Parisiens à forte identité ‘centrale’ se sentent plus proches de New-York que de la ‘province’ … L’union de la culture, de la ville et de l’Europe … réunissant tous les tics et toutes les niaiseries branchées de l’anarcho-mercantilisme contemporain et de son narcissisme urbain … L’imposture du cosmopolitisme citadin. » (Gilles Châtelet – Vivre et penser comme des porcs) – Depuis le référendum sur Maastricht (1992), ce bloc asservi à la mondialisation anglo-saxonne est resté uni dans l’expression de son mépris pour le peuple, qu’il exprime, notamment, dans les crachats quotidiens de ses média sur le populisme.

« Elles ne veulent pas voir d’inégalités lorsqu’elles regardent au-dessus, mais font peser cette même hiérarchie dés qu’elles regardent en dessous (60% d’enfants de cadres sup. dans les effectifs des grandes écoles) … Ce qui reste spécifique aux classes populaires est le plus souvent disqualifié : le peuple demeure xénophobe, phallocrate, vote mal, donne des prénoms ridicules à ses enfants, a une hygiène de vie déplorable… L’égalitarisme de façade va en effet de pair avec un clair maintien des ségrégations… » (Louis Chauvel – sur les classes moyennes supérieures)

« N’importe quel peuple, à un certain moment de sa carrière, se croit ‘élu’. C’est alors qu’il donne le meilleur et le pire de lui-même. » (Emil Cioran)

« On confond de plus en plus souvent ‘populaire’ et ‘célèbre’. Les deux termes sont cependant antagonistes. » (Jean Clair) – Mais un journaliste est-il même censé savoir ce que signifie le terme antagoniste

« Le peuple se choisit une élite politique qui lui ressemble … Le peuple a l’élite politique qu’il mérite … ‘Nous ne plaçons pas notre confiance dans ceux qui nous gouvernent, mais dans ceux qui doivent les choisir’ … Si le peuple n’est pas vertueux, non seulement il n’est plus capable de choisir des élites dignes de ce nom, mais aucun contrepoids théorique (institutions…) ne pourra garantir la sécurité, la liberté, le bonheur. Tout le système politique moderne repose sur la vertu populaire, et celle-ci s’étant largement désagrégée, celui-là menace de s’effondrer sous le poids des factions. » (Frédéric Saint Clair –reprenant largement James Madison, 178?) 

« Il n’est jamais inutile d’humilier le Peuple dans les détails quand on veut amoindrir sa capacité à juger des grandes choses … Soit par le déni pur et simple, soit en traitant celui qui parle par la dérision afin d’amoindrir la portée de ce qu’il dit en accentuant les faiblesses de sa psychologie ou les contradictions de son discours, en décodant sa pensée pour en dégager un sens caché, en l’écoutant les yeux mi-clos. » (Christian Combaz – Gens de Campagnol) – On reconnaît là l’intelligentsia parisienne et les experts de la médiacratie.

« Depuis trente ans que je tiens la plume philosophique j’ai toujours représenté la souveraineté du peuple comme une mystification oppressive et l’égalité comme un ignoble mensonge. » (Auguste Comte)

« Bien oublié le ‘Etudiants et ouvriers, même combat ! … La déception intime de l’ouvriérisme a secrété au mieux de l’oubli et de l’indifférence, au pis, de la détestation … La culture du temps présent a sélectionné les slogans. Pas ‘Tout le pouvoir au peuple’ ou ‘A bas la bourgeoisie’, mais ‘il est interdit d’interdire’ ou ‘jouissons sans entraves’… Le sacre de ‘l’argent fou’ (les golden boys mitterrandiens) aura permis de libérer toutes les potentialités soixante-huitardes libérales-libertaires … ‘Je suis mort de honte. J’ai contribué à  détruire des valeurs qu’il m’appartenait de défendre envers et contre tout’ (Peter Christopher – il est bien le seul gauchiste-bourgeois soixante-huitard à être mort de honte) …’Cette génération lâche qui avait tout reçu et a joyeusement privé les générations suivantes de ce qui lui avait été donné’ ( François  Taillandier) … ‘Qui a refusé ses responsabilités  vis-à-vis de ses enfants qu’elle a abandonnés’ (Agathe Fourgnaud) … ‘Le remplacement du vieux despotisme de l’avenue Foch par la tyrannie, indéniablement plus décorative de la place des Vosges et du Marais’ (Eduard Bernstein) … Ne plus voir et oublier, cela pèse. De cela aussi il faut se libérer. Par le mépris … Il faut justifier l’abandon … Le meilleur moyen de ne pas se sentir coupable, c’est que l’autre le soit : ancien objet d’amour, le peuple doit devenir l’objet d’une détestation libératrice … La figure du ‘salaud de pauvre’ est consolatrice, elle soulage. Elle prévient les remords … Au sommet de leur pouvoir, ils veulent qu’on continue à les traiter de ‘rebelles’, ‘d’ennemis de l’ordre public’… Toute contestation du marketing de la provocation sera dénoncée comme la résurrection d’un ‘ordre moral’ pourtant aujourd’hui introuvable » (Eric Conan – La gauche  sans le peuple) – Expliquant le gigantesque mépris du peuple par la génération des soixante-huitards au pouvoir, vautrés dans le luxe et fuyant leur mauvaise conscience.

« Jadis, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, pour s’en protéger ou pour le protéger, les élites ne quittaient pas le peuple des yeux. » (Eric Conan) – Maintenant elles s’en détournent avec dégoût.

« La nostalgie, privilège de classe, est interdite au peuple ; d’un côté distinction sociale de l’élite, jouissance autorisée ; de l’autre, signe coupable des perdants et des ringards, dépossédés de leur présent comme de leurs souvenirs. » (Eric Conan – La gauche sans le peuple)

« Abandonner le peuple, l’oublier et le mépriser ne suffit pas. Il faut aussi qu’il se tienne à carreau. Qu’il n’ose pas la ramener. Qu’il comprenne bien que son tour est passé et que les libérateurs ont trouvé des classes de substitution. » (Eric Conan) – Les apparatchiks socialistes de Terra nova ne l’ont pas caché au bon peuple. Dégage !

« Mais quand le peuple est maître, on n’agit qu’en tumulte : La voix de la raison jamais ne se consulte ; Les honneurs sont vendus aux plus ambitieux, L’autorité  aux plus séditieux … Le pire des Etats, c’est l’Etat populaire. » (Pierre Corneille – Cinna)

« On ne pourra plus dire ‘qu’à Rome, on fait comme les Romains’. Il n’y a plus de peuple d’ailleurs : il n’y a plus que des populations interchangeables appelées à se mouvoir dans les grandes migrations … Si l’enracinement devient une pathologie, la migration devient la norme … On ne voit plus des hommes, mais des ressources humaines disponibles pour les mouvements du capital mondialisé. » (Mathieu Bock-Côté)

« Un peuple qui ne se définit que par des valeurs universelles, républicaines ou pas, est en voie de n’en plus être un et de se laisser définir comme une société interchangeable dans le grand paysage de l’humanité mondialisée. » (Mathieu Bock-Côté) – Ou plutôt de se faire bouffer comme un troupeau soumis par  d’autres peuples qui, eux, auront gardé conscience d’eux-mêmes et de leur valeur.

« Quand le peuple vote mal on se permet de le décrire de la plus vilaine manière. » (Mathieu Bock-Côté) – Attardés, vieux, inadaptés, déclassés, incapables de comprendre, enfermés dans des schémas mentaux périmés, intolérants, paumés, etc. Basket of déplorables avait proclamé Hillary Clinton.

« Un peuple, c’est une population, plus des contours et des conteurs. » (Régis Debray)

« Une population désigne l’ensemble des personnes qui habitent un espace. Un peuple, l’ensemble des héritiers d’une même histoire, soit une population façonnée par le temps … Les populations seraient beaucoup plus maniables si elles n’étaient constituées en peuples ou, à défaut, en tribus, clans et communautés venant de loin. » (Régis Debray) – D’où l’importance de dissoudre les peuples par toutes les migrations possibles et impossibles. Le couple Sarkozy-BHL, bien obéissant, détruisant le verrou libyen.

« Le fort est fluide. Le faible n’a pour lui que son bercail … le prédateur déteste le rempart ; la proie aime bien … La frontière est le bouclier des humbles. » (Régis Debray)

 « Ce sont les dépossédés qui ont intérêt à la démarcation franche et nette. Leur seul actif est leur territoire et la frontière, leur principale source de revenus … Les riches vont où ils veulent, à tire-d’aile ; les pauvres vont où ils peuvent, en ramant. » (Régis Debray) – C’est pourquoi les élites aussi apatrides que dévoyées insultent le peuple, le traitent de populiste.

« Deux réalités sous le vocable de peuple : – ‘L’ethnos’, une certaine communauté de langue, de mémoire et de mœurs, un groupe coutumier par opposition à d’autres, un milieu incubateur … un entrelacs énigmatique d’imaginaire et de trivial, de secrets de famille, d’ententes à mi-mots et de petits plats maisons – Le ‘démos’, le peuple par opposition aux puissants, aux chefs, au roi, luttant pour sa souveraineté … Le démos n’ a pas de génie, c’est une catégorie politique. L’ethnos en a un, c’est une catégorie culturelle … La morale démocratique se réclame du peuple, au sens ‘démos’, l’éthique conservatrice au sens ‘ethnos’ … Les partisans d’un droit transhistorique et transnational peuvent traiter les peuples comme des populations en négligeant ‘l’ethnos’. » (Régis Debray) – Les derniers cités correspondent aux mondialistes, aux internationalistes, aux élites dominantes, apatrides de fait comme de cœur, dont l’objectif (notamment à travers les droits de l’homme et le honteux devoir d’ingérence) est de détruire tout ce qui relève de l’ethnos afin de n’avoir plus en face d’eux que des troupeaux de moutons bêlants. Il existe une troisième catégorie, le peuple des gens ordinaires et des classes populaires, Pleb..

« Une élite vaniteuse, qui prétend éduquer le peuple, mais plutôt maintient bonne distance entre elle et lui, afin de conserver sa supériorité. On est grand tant qu’on côtoie moins grand que soi. » (Chantal Delsol)

« Les classes populaires ne sont plus rejetées, moquées, dédaignées, en raison de leur vulgarité … mais pour des raisons idéologiques ; elles ralentissent les avancées du progrès. » (Chantal Delsol) – Il est vrai aussi  que la vulgarité a atteint les classes dominantes, et avec quelle intensité !

« Une démocratie qui invente le concept de populisme … qui lutte par  le crachat et l’insulte contre des opinions contraires… » (Chantal Delsol) – Sans négliger de se servir de mesures répressives encore plus vicieuses. Contre le populisme, toute pourriture est bonne.

« On comprend que la gauche n’aime le peuple qu’abstraitement, ou idéalement, qu’il la dégoûte et l’horrifie sitôt qu’elle a affaire à lui de façon charnelle. Elle est, à son égard, comme une belle dame visitant un hôpital, qui voit des plaies qu’elle n’imaginait pas, qui sent des odeurs qui l’offusquent, où des gens meurent sans panache. De là son mépris pour les humbles… » (Jean Dutourd) – Le monde du show-biz et des média est autrement plus agréable à fréquenter que la classe ouvrière, comme caviar et champagne sont plus raffinés que saucisson et gros rouge.

« Despote mal éclairé, le peuple souverain ne s’engoue pas pour ceux qui répandent la lumière, mais pour ceux qui l’éblouissent. » (Georges Elgozy)

« Il faut que le peuple soit adulte pour que tout l’échafaudage théorique concernant la démocratie moderne tienne debout. Si par malheur le peuple n’était pas adulte, cela voudrait dire qu’il n’est pas capable de choisir ses représentants (l’horreur absolue) ... Cependant, six mois plus tard (après s’être précipité dans quelque aventure), le bon peuple moins enthousiaste commence à réfléchir ; un an plus tard il se mord les doigts, il voudrait bien recommencer, dire pouce, on arrête le jeu … Mais ce n’est pas un jeu. Le pouvoir est installé, c’est fini. Le peuple a disposé de lui-même, une fois, une seule, comme le suicidé. » (Jacques Ellul)

« A tous les coups le bon peuple se rend compte qu’on l’a trompé (ce qui d’ailleurs n’est pas vrai car c’est toujours lui qui se figure quelque chose). Mais cela ne sert jamais … car c’est toujours au participe passé que le bon peuple pense … Et il suffit que vienne celui qui va expliquer au bon peuple qui l’a trompé, pourquoi on l’a trompé, comment on l’a trompé, aussitôt, ému de tant de franchise, ébloui de tant de clarté, ravi d’une si profonde révélation politique enfin regonflé le bon peuple accordera sa confiance. » (Jacques Ellul)

« Les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes, dit-on. – Il faut examiner chaque cas particuliers avec des critères différents … La seule définition du peuple à laquelle nous puissions aboutir c’est : une entité plastique qui existe ou n’existe pas selon les intérêts et les idéologies du moment … Et même si on trouvait (une définition) … qui définirait le peuple ayant le droit de disposer de lui-même ? … Si le peuple se livre à un abominable Hitler, s’il se livre à la paresse, s’il refuse le progrès, il n’est pas digne de … Disposer de soi-même, ce n’est pas faire ce que l’on veut. C’est obéir à certains principes, impératifs, normes … cela se fixe de l’extérieur … A contre-courant de l’histoire, leur volonté n’a aucune importance : tout simplement ils se trompent … Comme le lui a exposé clairement Mao Tsé-Toung : ‘un peuple qui lutte pour disposer de lui-même ne doit pas être effrayé par les pertes humaines’, quelques millions d’hommes de plus ou de moins. » (Jacques Ellul – Exégèse des nouveaux lieux communs)

« Les trois grandes composantes du populisme sont l’anti-élitisme, l’anti-intellectualisme et le refus de l’altérité sous toutes ses formes. » (Alain Finkielkraut) – Ou au moins beaucoup de réticence. 

« C’est la sanctification du peuple qui engendre le despotisme : le dithyrambe conduit à l’oppression, la ferveur à la bureaucratie, et l’amour … est le mobile même du crime. A l’origine de la terreur, en effet, il y a l’idée selon laquelle au peuple, tout est permis : puisque la légitimité vient du peuple, tout ce qui est populaire est légitime. » (Alain Finkielkraut)

Une nouvelle ligne de faille semble traverser les sociétés européennes qui se « partagent désormais entre les planétaires et les sédentaires, entre les globaux et les locaux, entre les hors-sol et les autochtones … Les planétaires sont non seulement mieux lotis économiquement mais ils se croient politiquement et moralement supérieurs. Ils traitent les autochtones de ploucs, voire de salauds xénophobes. » (Alain Finkielkraut) – Merci Bruxelles et les eurocrates.

« Le peuple veut qu’on l’éblouisse et non qu’on l’éclaire. » (Charles Fourier)

« Pourquoi les riches votent à gauche et pourquoi les pauvres votent à droite. » (titre d’un livre de Thomas Frankl – Analysant les causes de la défaite d’Hillary Clinton) – Et en France aussi où la réponse est évidente.  Le libéralisme économique, culturel et sociétal viole toutes les valeurs auxquelles le peuple reste plus ou moins consciemment attaché, plus le mépris proclamé des représentants intello-médiatiques des premiers pour les seconds

« La religion est l’opium du peuple, disait Karl Marx. C’était un autre temps, la proposition est à renverser : l’opium est devenu la religion du peuple. » (André Frossard – faisant parler le diable)

« A quoi bon se voir intronisé acteur souverain, si c’est pour ignorer sa propre identité, telle que l’histoire l’a modelée, et se retrouver ballotté par un devenir dont on ne comprend pas plus la direction que l’on n’aperçoit de moyens de l’infléchir. L’impuissance collective est difficile à vivre… » (Marcel Gauchet)

« Ils sont passés de la ‘cause du peuple’ à la ‘crainte du peuple’. » ( ? – sur les gauchistes au service des journaux de gauche mais férocement antipeuple des milliardaires) – « Bien  sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref ‘franchouillard’ ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. » (editorial du magazine Globe, 1985 – cité par Aymeric Patricot) – Exemple de la façon dont la bourgeoisie huppée et gaucharde manifeste son mépris et son dégoût du peuple.

« S’interroger sur les raisons de l’incapacité d’une partie des élites à comprendre la mentalité de catégories entières de population. » (Jean-Pierre Le Goff) – Cette prétendue incapacité est simulée. Mieux vaut laisser entendre : Je ne comprends pas que d’affirmer haut et clair son mépris et son égoïsme.

« Durant ces années, la droite a gagné économiquement et la gauche culturellement. Le populisme, c’est la réaction à la victoire culturelle de la gauche. » (David Goodhart – Depuis les années 1980

« Le populisme est un phénomène sociéto-culturel et identitaire plus que socio-économique, c’est pourquoi tant de responsables politiques, particulièrement à gauche, ignorent comment y répondre. Et c’est sur les questions culturelles, pas économiques, que le consensus est le plus endommagé dans les démocraties libérales. » (David Goodhart) – En fait ils préfèrent ne pas le voir pour mieux l’écraser.  

« Le sort du peuple est indifférent aux sectaires fous, ils le considèrent comme du matériel pour leurs expériences sociales. » (Maxime Gorki)

« L’élément populaire ‘sent’, mais il ne comprend pas ou ne sait pas toujours ; l’élément intellectuel ‘sait’, mais il ne comprend pas et surtout ne ‘sent’ pas toujours. » (Antonio Gramsci) – Décalage  entre le peuple et les intellectuels. Distance entre le ‘sentir’ et le ‘savoir’ du ‘comprendre’.

« Le peuple est bon quand il fait pousser des carottes sur le toit de son immeuble, mais dangereux quand il entend protéger sa culture. Le peuple est progressiste quand il réduit sa consommation de viande, mais intolérant quand il se méfie de l’islamisme. » (Jérôme Blanchet-Gravel)

« La dynamique populiste joue sur deux ressorts à la fois, l’insécurité sociale et l’insécurité culturelle. » (Christophe Guilluy)

« Le populaire se résume aux minorités. Cette représentation permet opportunément aux classes supérieures d’évacuer la question sociale au profit d’une question ethno-culturelle. Elle brouille les rapports de classe en les ethnicisant. Cette représentation libérale et inégalitaire permet de rendre invisible la majorité des classes populaires, celles qui ne vivent pas dans les métropoles. » (Christophe Guilluy)

« Si les défenseurs du petit commerce ont été hier ‘fascisés’, les défenseurs des petites villes et, plus encore, du monde rural sont aujourd’hui ‘pétainisés’ … La boucle est bouclée : évoquer la France périphérique et/ou rurale populaire revient à évoquer la France de Pétain, de Barrès ou de Maurras … L’antifascisme, une arme de classe … Comme l’annonçait déjà Pier Paolo Pasolini en 1974, analysant la nouvelle stratégie d’une gauche qui abandonnait la question sociale, il s’agit de mettre en scène ‘un antifascisme facile qui a pour objet un fascisme archaïque qui n’existe plus et n’existera plus jamais’. » (Christophe Guilluy) – Pier Paolo Pasolini, justement assassiné l’année suivante.

« L’antifascisme de salon ne vise pas le FN, mais l’ensemble des classes populaires qu’il convient de fasciser afin de délégitimer leur diagnostic, un ‘diagnostic d’en bas’ qu’on appelle ‘populisme’ … Les plus modestes n’ont pas les capacités et, de plus, sont aisément manipulables … Il ne s’agit pas de protéger qui que ce soit … il s’agit d’abord de défendre des intérêts de classe, ceux de la bourgeoisie. » (Christophe Guilluy)

« Il est frappant de constater que la nouvelle bourgeoisie, souvent de gauche, s’inscrit dans la droite ligne de la bourgeoisie traditionnelle qui ne pouvait percevoir les classes populaires que comme des classes dangereuses, incultes et infantiles qu’il fallait éduquer de toute urgence. Rien n’a changé. » (Christophe Guilluy)

‘L’adaptation des sociétés européennes et américaines aux normes de l’économie-monde passe donc par la mise en œuvre du plus grand plan social de l’histoire, celui des classes populaires. Procédure de licenciement massive … des classes populaires des pays développés, trop coûteuses, qui n’ont plus leur place. » (Christophe Guilluy)

« Expliquer la vague populiste par l’ingérence de la Russie ou la multiplication des ‘fake news’ relève au mieux de la malhonnêteté, au pire de la stupidité. » (Christophe Guilluy)

« Héros ou salauds, mythifiés ou ostracisés, les gens ordinaires restent cantonnés à un monde à part, utilitariste et marginal. A aucun moment la bourgeoisie n’entend leur remettre les clés. Leur utilité sociale en ‘temps de guerre’ ne se confond pas avec la légitimité culturelle. » (Christophe Guilluy – à propos des applaudissements des soignants, des caissières, des livreurs lors de la crise sanitaire)

 « Les questions identitaires sont d’autant plus fortes en milieux populaires que, contrairement aux classes supérieures, elles n’ont pas les moyens de la mise à distance. » (Christophe Guilluy)

« Les gens ordinaires n’ont jamais exprimé le désir de rompre le lien qi a toujours uni une fraction du monde culturel et intellectuel à la société populaire. C’est au contraire le monde culturel et intellectuel qui a rompu avec les classes populaires. » (Christophe Guilluy)

« La société postmoderne se caractérise par la dissolution des corps intermédiaires. Le peuple est un, mais il est à recréer comme corps social unifié …. Certes la population se compose d’une myriade de classes et d’individus différents, mais le peuple synthétise ou réduit ces différences sociales au sein d’une entité unique … La multitude, quant à elle, n’est pas unifiée ; elle demeure plurielle et multiple … Elle se compose d’innombrables différences internes (culture, couleur, ethnicité, genre, sexualité, formes de travail et façons de vivre, visions du monde, désirs…)… Ses limites sont ouvertes … Elle n’agit pas à partir d’un principe d’unité ou d’identité, mais à partir de ce qui lui est commun, qu’elle doit découvrir … tout en maintenant ses différences internes …  L’informe et l’inordonné sont horrifiants … le caractère monstrueux, excessif et inordonné qui caractérise la chair de la multitude. » (Michael Hardt et Antonio Negri – Multitude) – Concept apparaissant semble-t-il avec la déliquescence des Etats-nations  et la montée de la globalisation.

« Le sentiment gnostique de mépris à l’égard des gens ordinaires s’est retrouvé très fort au Moyen Âge chez les frères du Libre-Esprit … Toute une fraction de la bourgeoisie, les fameux Bobos, acquise au progressisme sociétal, au dogme immigrationniste, à l’idée d’obsolescence des appartenances nationales, donc de ce fait relevant de la gauche, c’est elle aujourd’hui qui joue le petit jeu ancien du mépris de l’élite à l’esprit subtil qu’elle s’imagine l’être, envers l’esprit réputé grossier de la bourgeoisie traditionnelle et des classes populaires autochtones, reléguées dans la catégories des cons … Les frères ‘éclairés’ de la franc-maçonnerie qui, sous prétexte de conduire l’humanité vers la lumière d’un avenir radieux, travaillent patiemment et de manière occulte à la destruction progressive du monde occidental. » (Jean-Louis Harouel – Droite, gauche, ce n’est pas fini – analysant la vieille tradition du mépris gnostique à l’égard des êtres qualifiés d’inférieurs, les hyliques) – Y-a-t-il encore un bouffon pour croire à un avenir radieux ? Deux correctifs : la destruction du monde ne sera pas que celle du monde occidental et les frères francs-maçons s’ils sont très efficaces dans leur tâche de destruction, dédaignent de pratiquer eux-mêmes l’insulte du peuple qui plaît tant dans la nouvelle élite, l’insulte des Beaufs, des Dupont-la-joie, etc.

« Plus le signifié est vague, plus il est aisé d’inclure dans la catégorie du Mal nombre d’adversaires et de se positionner par la même occasion dans le camp du Bien. François Furet relevait le caractère quasi-sacranentel depuis la seconde guerre mondiale de ‘la transformation du combat démocratie/antidémocratie en combat fascisme/antifascisme’ … L’accusation de populisme correspond à la même logique. » (Joël Hautbert)

« Les peuples sont heureux quand un seul les gouverne. » (Homère ?)

« Le peuple ! Toujours simple et toujours ébloui,

« Il vient, sur une scène, à ses dépens ornée,

« Voir par d’autres que lui jouer sa destinée. » (Victor Hugo)

« La nouvelle opposition des progressistes et des populistes …  alors que tout ce qui émanait du peuple ne pouvait jadis aller que dans le bon sens, depuis une trentaine d’années ce qui vient du peuple est au contraire assimilé à la réaction, objet de méfiance, voire de mépris … maintenant on ne peut être à la fois du côté du peuple et du côté du progrès !» (Roland Hureaux)

« Le peuple … n’est pas très bien vu par les intellectuels progressistes. En France, dans leur bouche, le mot ‘populiste’ a un sens injurieux … Cette indifférence méprisante, on l’observe chez la plupart de ceux qui ont le monopole de la parole, qu’ils soient écrivain, philosophe, journaliste, cinéaste. L’évocation du peuple relève désormais du folklore. » (Claude Jannoud)

« Le peuple sait connaître, mais il ne sait pas choisir. »(Joseph Joubert)

« A l’exception de quelques rares moments, la Commune pour l’essentiel, le peuple n’a pas de conscience de classe, il a une conscience de peuple. Si l’antonyme de la classe ouvrière est bien la bourgeoisie capitaliste, l’antonyme du peuple est la classe dirigeante. » (Jacques Julliard) – Aujourd’hui le gang politico-médiatique.

« Que le mot ‘populiste’ soit devenu une injure marque assez le degré d’exclusion et de mépris dans lequel les classes dirigeantes tiennent le peuple … Le populisme du peuple n’est que la réplique à l’élitisme des élites. Ce n’est pas un effet de classe, c’est un effet de structure. » (Jacques Julliard)

« Il est entendu qu’en démocratie le peuple ne peut pas se tromper et surtout qu’il n’a aucune part dans ce qui lui arrive. Si les élites sont rituellement mises en cause (elles le méritent ne serait-ce qu’en raison de leur arrogance et de leurs privilèges), c’est aussi parce qu’il ne saurait être question d’incriminer le peuple. Comprenne qui pourra : il a beau désigner ses représentants, il ne saurait être tenu pour responsable de leurs actes… » (Jacques Julliard)

« Le peuple n’a qu’un ennemi dangereux, c’est son gouvernement. » (Saint-Just)

« Comme il est inconcevable que la gauche perde le peuple, il faut que le peuple se soit dévoyé, ce qui explique l’explosion du terme de populisme. Obsession forcenée du fascisme et obsession diabolisante du populisme, tels sont les ressorts du lynchage médiatique et de la chasse aux sorcières. » (Pierre-Patrick Kaltenbach)

« Le populisme ne s’identifie pas à la classification dans la dichotomie droite/gauche. C’est un mouvement multiclassiste … Il intègre en général des éléments opposés comme la revendication d’égalité des droits politiques et de la participation des gens ordinaires, mais unie à une sorte d’autoritarisme souvent associée à un leadership charismatique. Il inclut également des revendications socialistes (ou du moins une revendication de justice sociale), la défense vigoureuse de la petite propriété, de forts éléments de nationalisme et le refus de reconnaître l’importance des classes sociales. Il s’accompagne de l’affirmation des droits des gens ordinaires dans leur opposition à des groupes d’intérêts privilégiés, en général considérés comme des ennemis du peuple et de la nation. » (Ernesto Laclau)

« Cette relégation (du populisme) au simple contraire des formes politiques responsables ayant un statut de pleine rationalité, n’a été possible que parce que, dès le début, un fort élément de condamnation morale s’est introduit dans l’analyse des mouvements populistes. Le populisme n’a pas été seulement rabaissé, il a été aussi dénigré … Nous pouvons soupçonner que les raisons de ce refus du populisme ne sont pas totalement étrangères à ce que j’ai appelé le ‘dénigrement des masses’ … Mêmes accusations de marginalité, caractère transitoire, pure rhétorique, vague, manipulation … rejet du milieu indifférencié qu’est la foule ou le peuple au nom de la structuration sociale et de l’institutionnalisation. » (Ernesto Laclau) – L’auteur parle de tous les mouvements qualifiés de populiste, partout et toujours.

« Deux préconditions nécessaires à l’émergence du populisme : – La formation d’une frontière intérieure antagoniste séparant le peuple du pouvoir, partageant la société en deux camps – Une articulation d’une pluralité de demandes sociales, rendues équivalentes par leur non satisfaction, qui rend possible l’émergence du peuple – Une troisième précondition qui ne se réalise que lorsque la mobilisation politique atteint un niveau supérieur : L’unification de ces différentes demandes sociales particulières hétérogènes, dont l’équivalence jusque là n’avait pas dépassé un vague sentiment de solidarité, en un système stable de signification constituant une demande globale et construisant une identité populaire qui n’est pas, qualitativement, la simple addition des maillons équivalents. » (Ernesto Laclau)

« La présence d’un élément anti-institutionnel, un certain défi à la normalisation politique, à ‘l’ordre ordinaire des choses’, utilisant une réserve de sentiments bruts (existants dans toute société) contre le statu quo … Appel aux petites gens … Puisque tout système institutionnel est inévitablement … restrictif et frustrant, il y a quelque chose d’attirant dans toute figure qui lui lance un défi, quelles que soient les raisons et les formes du défi en question. » (Ernesto Laclau  – sur les traits communs entre certains populismes et certaines marginalités se plaçant en dehors de la société)

« Les gens ont besoin d’avoir quelque chose dans leur vie qui ait plus d’importance que l’argent ; surtout, peut-être, quand ils ont peu d’espoir d’en gagner beaucoup. » (Charles Leadbeater – cité par David Goodhart – sur l’explication du résultat de certains référendums, Brexit…)

« On qualifiera de populiste, quiconque gratifie le peuple d’une supériorité intrinsèque, et entend en tirer toutes les conséquences. Le peuple étant doué d’une supériorité notamment morale, alors il doit se voir non pas méprisé, ainsi qu’il l’est trop souvent, mais au contraire pris au sérieux et satisfait dans ses aspirations, dit le populiste. » (Bérénice Levet – reprenant le Dictionnaire  des populismes)

« Le nom que la gauche donne au peuple quand le peule lui déplaît. » (Elisabeth Lévy – définition du populisme)

« Le peuple sait maintenant qu’il n’a pas d’autre ennemi que le ‘people’. » (Elisabeth Lévy) – Bien optimiste. Il y a encore des lectrices, et quelques lecteurs, de Closer, Gala, Voici… Des passionné(e)s de cette grande écrivaine V. Trierweiler… Les imbéciles soumis existent encore.

« Le ‘crime populiste’ que l’on dénonce rituellement lors de très nombreuses minutes de la haine (spécialités médiatiques) consiste non pas à dire ce que les gens veulent entendre mais à entendre ce qu’ils veulent dire … Être populiste, dans ce sens, c’est parler de sujets qui fâchent, c’est-à-dire qui fâchent la gauche, ou plus précisément en parler autrement que sur le mode irénique et ravi qui sied. Il s’agit, bien sûr, des questions identitaires, d’autant plus obsédantes qu’elles sont criminalisées, mais aussi de tous les cadres anthropologiques et intellectuels menacés de destruction. » (Elisabeth Lévy) – Tout ce que la modernité mondialiste a demandé à la gauche soumise de détruire.

« Le peuple est comme le cheval ; il se laisse monter parce qu’il ne connaît pas ses forces. » (prince de Ligne)

« Le peuple peut se tromper sur les choses en général, il ne se trompe guère sur les individus. » (Machiavel)

« Foule haineuse. » (Emmanuel Macron –sur les gilets jaunes) – Il ne sait même pas cacher son mépris du peuple.

« La versatilité insolente du peuple … bouclier contre le pouvoir quel qu’il soit. » (Michel Maffesoli)

« Le noble … peut varier, changer d’appartenance territoriale, le marchand … ne manquera pas de circuler, le peuple quant à lui assure la maintenance … Peu mobile … sa vie au jour le jour assure la liaison entre le temps et l’espace. Il est le gardien, non conscient, de la ‘socialité’. » (Michel Maffesoli) – Nos prétendues élites si méprisantes, quasiment apatrides, et fières de l’être, les zombies planétaires.

« On appelle populiste tout autre avis sur la question que l’avis officiel. » (Corinne Maier)

« A supposer qu’un peuple, et surtout le peuple français, puisse vouloir quelque chose longtemps. » (Joseph de Maistre)

« De tous les monarques, le plus dur, le plus despotique, le plus intolérable, c’est le monarque ‘peuple’. » (Joseph de Maistre)

« L’histoire des deux derniers siècles peut être lue comme une formidable conjuration des élites pour saccager une culture populaire dont elles ne comprenaient rien. Une traque impitoyable pour détruire ou enlaidir les lieux qu’elles ne fréquentaient pas. Annihiler les modes de vie qui n’étaient pas les leurs, tandis qu’elles se réfugiaient dans un luxe inaccessible, jouissant seules des beaux fruits de la civilisation du passé. » (Olivier Maulin)

« Le peuple n’est pas disposé à tout évaluer en argent. Mais lui a-t-on dit de le faire, il compte et compte bien. » (Charles Maurras)

« Ce n’est pas la noblesse et l’élévation des idées qui fatigue et fait bâiller le peuple. On l’assomme de son propre panégyrique. Il enrage de voir qu’on s’encanaille pour lui. Le bon peuple veut des modèles, et l’on s’obstine à lui présenter des miroirs. Il se doute qu’on l’abrutit. » (Charles Maurras)

« Quand le peuple vote avec les élites, il est populaire ; quand il vote contre les élites, il est populiste ! » (Robert Ménard)

 « La rupture de la gauche avec les classes populaires n’est pas accidentelle mais inscrite dans le projet progressiste lui-même qui ringardise les populations qui restent attachées à des valeurs dites traditionnelles au niveau des mœurs. » (Jean-Claude Michéa) – D’où suit inéluctablement le mépris que manifestent les élites pourries.

« L’une des manipulations les plus réussies durant ces vingt dernières années par les professionnels du mensonge journalistique aura vraisemblablement été de transformer le concept de ‘populisme’, pièce maîtresse de l’héritage révolutionnaire depuis le XIX° siècle, en un concept-repoussoir à peu près synonyme de nazisme … Alors que le sens historique du mot évoque un combat radical pour la liberté et l’égalité mené au nom des vertus populaires … On sait à quel point, les média officiels travaillent méthodiquement à effacer  le sens originel du mot, à seule fin de pouvoir dénoncer comme ‘fascistes’ ou ‘moralisateurs’ (à notre époque, le crime de pensée suprême) tous les efforts des simples gens pour maintenir une civilité démocratique minimale et s’opposer à l’emprise croissante des ‘experts’ sur l’organisation de leur vie …  Au moins, en dénonçant l’esprit ‘petit bourgeois’, l’ancienne langue de bois ne prétendait pas mépriser la totalité du peuple … Il suffit d’assimiler le populisme ( au mépris de toute connaissance historique élémentaire) à une variante perverse du fascisme classique pour que tous les effets désirables s’enchaînent avec une facilité déconcertante. » (Jean-Claude Michéa)

« On mesure la somme d’efforts qu’il aura été nécessaire aux différents ‘agents d’influence’ du monde médiatique et universitaire pour réussir à falsifier intégralement, en à peine deux ou trois décennies, le sens originel du terme de populisme. » (Jean-Claude Michéa)

« Le peuple a toujours trop d’action ou trop peu. Quelquefois avec cent mille bras il renverse tout ; quelquefois avec cent mille pieds,il ne va que comme les insectes. » (Montesquieu)

« La gauche qui ne voit désormais plus le peuple que comme une simple addition de segments commerciaux à conquérir et de clients à satisfaire. » (Manuel Moreau)

“La distinction que fait le populisme entre le peule et l’élite est moins basée sur des critères socio-économiques que sur la notion de moralité. » (Mudde et Kaltwasser – cités par Frédéric Rouvillois)

« Surtout n’ayez pas peur du peuple, il est plus conservateur que vous. » (Napoléon III) – Du temps de Napoléon, c’étaient les conservateurs qui en avaient peur (à tort dit Napoléon).  Aujourd’hui, le peuple est resté au fond à peu près le même et ce sont les gauchistes, les bordelisateurs, les dominants de la prétendue élite… qui en ont peur, d’où leur mépris et les insultes  dont ils l’abreuvent (beaufs, populistes !) 

« Les peuples à qui on fait du bien nous détestent et n’ont plus qu’une idée en tête : nous anéantir. » (Nietzsche).  « Il en est de même des individus, surtout s’ils nous sont proches. Ils ne manqueront jamais de se venger du bien que nous leur avons fait. » (Roland Jaccard) – « Comme nous nous affectionnons de plus en plus aux personnes à qui nous faisons du bien, de même nous haïssons violemment ceux que nous avons beaucoup offensés. » (La Bruyère)  – ou encore Tacite : « Le propre de la nature humaine est de haïr celui qu’on a lésé. » – Les peuples ne se conduisent pas différemment des individus.

« Je n’idéalise pas,  j’analyse. : une partie du peuple a été transformée en populace par les médias de masse associés au consumérisme capitaliste. Je n’ignore pas que ce peuple saigné par le libéralisme depuis des années, notamment par les soixante-huitards, a perdu de sa grandeur. » (Michel Onfray)

« Nous désignons par peuple cette frange massive de la population qui n’est détentrice ni de la richesse symbolique qu’est la culture, ni de la richesse matérielle. » (Paul-François Paoli)

« Ce que l’on appelle ‘populisme’ est un phénomène d’opposition passive et massive au gauchisme culturel devenu prédominant voici une trentaine d’années, au lendemain de mai 68. » (Paul-François Paoli)

« Le peuple est vain, quoique se opinions soient saines, parce qu’il n’en sent pas la vérité où elle est, et que, la mettant où elle n’est pas, ses opinions sont toujours très fausses et très malsaines. » (Blaise Pascal)

« Le peuple a voté … il a mal voté. Il est donc xénophobe, raciste même … Voilà déjà longtemps que les tenants de la ‘seule politique possible’ usent de ces notions de racisme et de xénophobie pour éviter de débattre de la nature et des motivations populaires. » (Natacha Polony – sur des référendums européens et les hurlements du chœur des laquais politico-médiatiques)

« Le sentiment d’abandon est en France la chose du monde la mieux partagée. » (Natacha Polony) – sur le peuple français)

« Les masses populaires gardent, plus ou moins, une part de quant-à-soi … en quoi elles ne font que rendre leur monnaie aux classes supérieures. » (Emile Poulat) – Et, à ‘ceux qui n’en sont pas’ (des classes populaires), elles ne font jamais totalement confiance.

« Des mots, indéfiniment psalmodiés par tous les clercs : celui de ‘populisme’. Sous ce terme on veut ranger toutes les formes de sécession par rapport au consensus dominant (c’est-à-dire imposé de force) … Et l’on veut donner à l’ensemble ainsi constitué un seul principe ; l’ignorance des arriérés, des retardataires, l’attachement au passé, etc.  … ‘Populisme’ est le nom commode sous lequel se dissimule la contradiction exacerbée entre légitimité populaire et légitimité savante, la difficulté du gouvernement de la science (du moins prétendue) à s’accommoder des manifestations de la démocratie. Ce nom masque et révèle en même temps le grand souhait de l’oligarchie : gouverner sans peuple, gouverner sans politique. » (Jacques Rancière)

« L’essentiel pour eux est d’amalgamer l’idée même du peuple démocratique à l’image de la foule dangereuse. » (Jacques Rancière – sur le populisme tel que le définissent nos élites gouvernementales et leurs politologues) – « afin que nous nous en remettions à ceux qui nous gouvernent et que toute contestation de leur légitimité et de leur intégrité apparaissent comme la porte ouverte aux totalitarismes … Dénoncer les populistes peut s’apparenter à un réflexe défensif chez des politiques cherchant en réalité à se protéger de la sévérité d’un jugement public qui peut être motivé par des attitudes effectivement condamnables. » (Jacques Rancière et Dominique Reynié) – La corruption est suggérée en termes mesurés.  

 « Est populiste celui qui n’appartient pas à l’élite autoproclamée et doute des valeurs promues par cette élite, notamment l’émancipation et l’universalisme … Il est traître à l’élite, et même, quand il vient du peuple, traître à l’idée que l’élite se forme du peuple … L’accusation de populisme rend compte d’une haine, d’une peur du peuple, d’une démophobie … Le populisme est le symptôme de la volonté du peuple de retrouver son droit à la parole confisquée. » (Robert Redeker)

« Les peuples sont las quelques temps devant que de s’apercevoir qu’ils le sont. » (cardinal de Retz)

 « La dimension immatérielle ou culturelle joue un rôle plus important que la dimension économique ou matérielle dans la progression électorale des nouveaux partis populistes … Pierre-André Taguieff propose de distinguer entr  deux populismes politiques, l’un protestataire, l’autre identitaire … L’un orienté principalement vers la critique des élites (de toutes sortes) … L’autre se fixant sur le national, sur la nation dotée d’une unité substantielle et d’une identité permanente (‘souche, racines, enracinement’) … L’un (dénonciation des élites) relevant davantage d’un populisme de gauche … L’autre (menace identitaire), d’un populisme de droite … L’un opposant ‘ceux d’en haut et ceux d’en bas’ … L’autre opposant, en plus, ‘ceux d’ici à ceux d’en face’. » (Dominique Reynié)

« Le national-populisme s’efface devant le populisme patrimonial. Le style de vie qui est à défendre (contre la menace identitaire) est moins une culture nationale (domaine et préoccupation d‘une minorité très politisée) qu’un mode de vie, au moins dans les classes moyennes. » (Dominique Reynié)

« En raison de sa double nature, matérielle et immatérielle, de son double point d’ancrage, individualiste et communautariste, ce conservatisme peut mobiliser les classes les plus modestes de la société jusqu’aux strates supérieures, selon que l’accent est mis sur la dimension matérielle ou sur la dimension culturelle de la crise. L’assise électorale  du populisme patrimonial est donc très large car la combinaison des deux types de crainte (niveau de vie et mode de vie) lui confère une base sociologique de type interclassiste. » (Dominique Reynié)

 « ‘Nous sommes le parti de la résistance française’ (Marine Le Pen) … Hier, les populistes menaçaient la démocratie libérale … Aujourd’hui, ils se présentent comme les meilleurs protecteurs du régime des libertés, reprochant aux élites et aux partis de gouvernement de n’avoir pas  suffisamment défendu les valeurs et les règles de la société libérale, en ayant fait preuve de complaisance face à la montée du multiculturalisme … engendrée par une politique d’immigration jugée irresponsable … Avec le discours d’hostilité à l’égard de l’immigration au nom de la défense de la société libérale, il sera plus difficile de convaincre les électeurs … de ne pas voter pour eux … Ce populisme ne se présente pas comme un extrémisme et sans doute ne se voit-il pas comme tel. » (Dominique Reynié)

« Relation entre la disparition des classe sociales de l’espace politique (elles ne sont plus politiquement représentées et n’organisent plus le système des partis) et l’apparition de mouvements de type populiste. » (Dominique Reynié)

« Il y a deux vérités qu’il ne faut jamais séparer. Premièrement que la souveraineté réside dans le peuple. Deuxièmement que le peuple ne doit jamais l’exercer. » (Rivarol)

« De toutes les autorités, celle à qui le peuple obéit le moins, c’est lui-même. » (Rivarol)

« Il faut au peuple des vérités usuelles et non des abstractions. » (Rivarol)

« Le peuple donne sa faveur, jamais sa confiance. » (Rivarol)

« Le peuple est un souverain qui ne demande qu’à manger, et sa majesté est tranquille quand elle digère. » (Rivarol)

« Le peuple seconde avec joie tous les caprices de la fortune, et il croit se couronner lui-même en couronnant le dernier des hommes. » (Rivarol)

« Le prince absolu peut être un Néron, mais il est quelquefois Titus ou Marc-Aurèle ; le peuple est souvent Néron, et jamais Marc-Aurèle. » (Rivarol)

« Aristocratie et peuple sont du même bois. Et quand l’aristocratie est vaincue le peuple est exclu. » (Dominique de Roux) – Ne pas confondre la vieille et vraie aristocratie avec nos soi-disant élites politico-médiatiques stupides, incultes, cupides et méprisantes…

« Ce qui fait la vie, c’est d’abord la peau, la membrane séparatrice et protectrice. Les peuples, aujourd’hui, n’ont plus de peau. Pareils à de grands brûlés, ils sont devenus perméables à tous les virus de la décomposition. » (Raymond Ruyer) – Nécessité pour réussir la mondialisation et le déplacement du capital.

« Un peuple n’est pas seulement une population, une fraction quelconque de l’espèce humaine biologique. C’est un être biologico-culturel, une ethnie, c’est-à-dire un ensemble particularisé d’hommes, dans une durée faite d’hérédité biologique et d’hérédité extra-biologique par transmission de mœurs, d’idées, particularisées … La vie d’un peuple n’est pas seulement la vie d’une espèce organique, ou d’une population. L’instinct animal n’assure que la survie de l’espèce. Mais la vie d’un peuple et sa culture exige impérieusement la prise en considération de la dimension du sacré, c’est-à-dire la transfiguration de l’actuel et de l’individuel par le souci, semi-instinctif, ou plutôt sur-instinctif, de la longue durée sous le regard de l’éternel.» (Raymond Ruyer) – Que peuvent bien comprendre à cela nos barbares cupides politico-médiatiques ?

« Le peuple est servile dans les temps de prospérité ; il est séditieux dans les jours de revers. » (Louis-Philippe de Ségur)

« C’est souvent cela, le problème des élites : le peuple. » (Jean Sévillia) – On comprend donc qu’elles le méprisent et l’insultent, des populistes !

« La véritable revendication des ‘Croquants’ et de tous leurs avatars passés, présents et futurs, c’est la dignité. On touche le socle du populisme. Le mépris lasse la patience, et l’Etat n’est supportable que lorsqu’il rend un service évident, réel, présent d’une part, et d’autre part témoigne qu’il considère ceux qu’il administre… L’épopée des Croquants, ce sont les campagnes contre la ville, les périphéries contre le centre, le combat de eux qui veulent vivre comme des hommes et non asservis comme des citoyens … Expression chimiquement pure du populisme. » (Richard de Seze)  

« Les populistes aspirent à rebâtir leur maison commune que la modernité a fissuré avant de la raser pour y construire une unique grande surface commerciale balisée par de hideux ronds-points dont le seul horizon est la banlieue universelle » (Rémi Soulié) – On comprend la fureur des Bobos confrontés à une telle tentative de sacrilège. 

« Populisme, ce terme est utilisé partout dans le monde par les partis et médias de l’internationalisme libéral comme un moyen de désigner de façon polémique l’opposition nouvelle à une internationalisation décrétée sans alternative … Les partis anti-globalisation et leurs membres sont ainsi frappés au quotidien d’une sorte de déchéance morale et culturelle. La déclaration d’irresponsabilité mentale succède à la dénonciation morale … On invoquera les souvenirs du racisme et de la guerre, on parlera ‘d’ethno-nationalisme’ … Leurs angoisses et soucis doivent, nous dit la version officielle, ‘être pris au sérieux’, mais seulement en matière sociale. Les protestations contre la dégradation matérielle et morale encourent le soupçon de fascisme, d’autant que les anciens défenseurs des classes plébéiennes (la gauche) sont passés avec armes et bagages dans le camp pro-globalisation … Rien n’illustre mieux la scission des sociétés globalisées du néolibéralisme que la stupéfaction de leurs élites politiques et intellectuelles devant le retour des évincés, dont on avait cru pouvoir interpréter l’apathie politique comme un signe sûr de résignation définitive. » (Wolfgang Streeck – terminant à propos du Brexit et de la victoire de Trump)

« Ni la cause des peuples ni la voix des peuples n’ont l’autorité suffisante pour se faire entendre. Ce qui est peuple n’a pas voix au chapitre. La démocratie est confisquée par l’expertise communicationnelle … et par les nouvelles élites dirigeantes. » (Pierre-André Taguieff)

« Tenir les ‘classes dangereuses’ loin du centre du système politique occupé par des experts, les tenir à l’écart des lieux où se prennent les décisions, telle est l’une des principales préoccupations des défenseurs de la théorie élitiste et procédurale de la démocratie. » (Pierre-André Taguieff)

« La totale indifférence à tout ce qui est relatif au peuple, la méfiance … le mépris … ce qu’exprime l’antipopulisme consensuel des élites, inséparable de leur phobie de tout ce qui est national … au couple du bourgeois exploiteur et du prolétaire révolutionnaire se substitue celui de la ‘super-classe’ transnationale des oligarques mobiles et de la classe inférieure des nationaux dénués de mobilité. » (Pierre-André Taguieff) – Comme se vante l’un des membres éminent et grand donneur de leçons de la première : Je ne passe pas plus de deux jours en France par mois.

 « Une guerre infernale a été faite au peuple dans le dernier demi-siècle par la Marchandise et les Elites ralliées, pour le couper de toutes ses sources d’approvisionnement mental … Garantir aux masses inutiles un cocktail d’alimentation suffisante et de distractions abrutissante … On ne passe pas sans de profondes conséquences d’un univers balisé par le clocher, l’école, le bistro de quartier, à un univers dont les marqueurs sont le supermarché, la télévision et la démesure urbaine indéfiniment décentrée des grandes banlieues. » (François Taillandier) – La gauche caviar, comme la droite champagne, ont tout utilisé, les fêtes, les médias, comme l’école savamment démantelée et nivelée sous prétexte d’égalitarisme.

« Le concept rousseauiste que c’est le peuple qui doit être le lieu de la souveraineté, c’est-à-dire une entité constituée par un objectif commun ou une identité, quelque chose de plus qu’un simple ‘agrégat’. Herder a développé cette idée mère dans le concept du ‘volk’, dans l’idée que chaque peuple a sa façon particulière d’être, de penser et de sentir, à laquelle il doit être fidèle ; que chacun a le droit et le devoir de réaliser sa propre façon d’être et de ne pas s’en laisser imposer une étrangère. » (Charles Taylor) – Qu’en pensent nos élites-mondialistes-forcenées ?

« Vingt ans avant Maastricht, plus de dix ans avant l’émergence du Front national, commence la mise en accusation du peuple français, sa redéfinition, par des élites qui se pensent de gauche, comme intellectuellement et moralement déficient … La diabolisation du peuple a précédé d’une quinzaine d’années l’émergence du populisme. Pour être plus exact, elle a provoqué cette émergence … Ce qui est dénoncé, c’est tout simplement le peuple et son droit à s’exprimer. » (Emmanuel Todd – L’illusion économique) – Comme si on avait voulu le faire émerger parce qu’on prévoyait d’en avoir besoin. Nos élites n’en sont pas à un coup tordu près.

« Les milieux populaires sont systématiquement dénoncés, posture morale dans laquelle se spécialise Bernard-Henri Lévy … Les catégories supérieures de la société qui peuvent ainsi jouir simultanément de leurs privilèges matériels et du sentiment d’être du côté de la justice. Rarement une société aura tant donné à ses élites : la culture, l’argent et la bonne conscience en prime. » (Emmanuel Todd – L’illusion économique) – Sur les insultes des classes dominantes et de leurs média adressées au peuple.

« L’obstination dans l’affrontement populisme/élitisme, s’il devait se prolonger, ne saurait mener qu’à la désagrégation sociale … partout, l’éducation supérieure a brisé l’homogénéité culturelle des démocraties libérales et créé des ‘mondes d’en haut’ attachés aux valeurs d’ouverture, et des ‘mondes d’en bas’ qui revendiquent le droit d’une nation à contrôler ses frontières et à considérer l’intérêt de ses citoyens comme prioritaire …(Un tiers de la population de la France pourrit économiquement et moralement, et enrage de son impuissance inlassablement reconduite) … Une méritocratie qui mine le sentiment égalitaire parce que celui qui a été sélectionné par le système scolaire finit par se penser intrinsèquement supérieur … L’idéal méritocratique, effet pervers d’une aspiration égalitaire, l’égalité des chances, qui finit par créer une inégalité de mérite. Plus une société est au départ égalitaire, démocratique de tempérament, plus l’idéal méritocratique y sera fort … plus la perversion inégalitaire engendrée par accident sera puissante … Plus le système scolaire règne en maître … plus le tri des hommes sera efficace … Le méritocrate pense tout devoir à son travail et à son intelligence, à son mérite. Loin d’aspirer à faire vivre l’égalité, il considère trop souvent ceux qui ne l’ont pas suivi dans sa trajectoire ascendante comme des gens moins doués, stupides ou débiles. Dignes de voter pour Trump ou pour le Front national … En revanche, celui qui a hérité de son statut privilégié, aristocrate ou non, sait bien, au plus profond de lui-même, ce qu’il doit à ses ancêtres. Il exprimera moins de mépris pour ceux qui n’ont pas réussi dans leurs études … s’ajoutera à la modestie la notion d’une noblesse qui oblige, de devoirs qui accompagnent les privilèges. » (Emmanuel Todd – considérations éparses sur l’Université, la méritocratie et l’égalitarisme, les classes dominantes et le populisme) – Pour expliquer le déluge de mépris, les torrents d’injures déversés sur les électeurs de Trump, sur ceux du Front national, jadis sur les opposants à la honte du traité de Maastricht (passé grâce à une escroquerie intellectuelle, une de plus, de Mitterrand), sur les Anglais ayant opté pour le Brexit (mais là les insultes ne venaient que de l’étranger, média français en tête dans l’abjection comme toujours, et pas de l’élite britannique et il est aussi juste de  considérer que le parti conservateur met correctement en œuvre la volonté populaire, en effet, c’est dans la plus aristocratique des démocraties libérales que le populisme est le mieux intégré)

« Les grands ne connaissent pas le peuple et n’ont aucune envie de le connaître. » (Vauvenargues)

« Le cri des peuples qui ne veulent pas mourir. » (Philippe de Villiers – sur le populisme)

« Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu’il soit instruit. » (Voltaire)

« Une des grandes escroqueries de notre époque est d’avoir fait croire à l’homme de la rue qu’il avait quelque chose à dire. » (Wolinski)

« Dans la personne du ‘Beauf’ n’est pas seulement stigmatisé un représentant du peuple identifié grâce à sa grossièreté de ‘petit’, de dominé vaguement corrompu par l’accès aux marges d’un confort qui l’embourgeoise sans l’extraire de sa nature ; est aussi reconnu un spécimen de Français, du ‘Français de toujours’,  du ‘franchouillard’… En s’attaquant au populisme, on s’attaque à deux types de peuples qui n’en font qu’un ici : le peuple-classe et le peuple-nation. » (Paul Yonnet)

« Le peuple est un souverain sans mémoire ; le pardon lui est aussi naturel que l’ingratitude. » (?)

« Dur à écraser, facile à pourrir. » (?) – Pour cette dernière tâche, on peut compter sur les média, les réseaux sociaux, les prétendues élites…

« Le côté peuple fait peur. » (?) – Et c’est bien pourquoi les parvenus des élites bavent autant sur le peuple, par peur pour leurs privilèges.

« Le peuple n’aspire pas à ce qu’on lui ressemble. Il veut qu’on l’interprète. » (?) – Avis à nos minables politiciens.

« Ils sont passés de la ‘cause du peuple’ à la ‘crainte du peuple’. » ( ? – sur les gauchistes au service des journaux de gauche des milliardaires)

– Ci-dessous, extraits d’un livre de Vincent Coussedière, Eloge du populisme.

« On pourrait dire que le populisme surgit lorsque le peuple exprime politiquement le refus de sa propre dissolution et se manifeste pour rappeler son existence. » 

« Le populisme n’est pas ce phénomène de ressentiment identitaire critiqué par les experts, confondant (volontairement) populisme du peuple et démagogie populiste. Le populisme est d’abord une affirmation, l’affirmation d’un attachement profond à une tradition qu’il s’agit d’imiter. Ce que le peuple veut conserver, ce n’est pas son identité, car il n’a pas d’identité et il le sait. Ce qu’il veut conserver, c’est sa capacité d’imiter une tradition et de reconnaître sa similitude de ceux qui l’imitent avec lui … Être conservateur ne consiste pas à vouloir conserver une identité mais à vouloir conserver une liberté … C’est très maladroitement que les mouvements populistes expriment leur revendication dans un langage identitaire, tombant ainsi dans le piège des démagogues. »

« Le populisme ne proteste pas contre la politique en général ou contre les élites par principe, mais contre une politique et des élites qui ne le protègent pas et confortent encore moins son être-ensemble de peuple. Il aspire au contraire à une politique qui rende sa protestation inutile … Il souhaite sa propre disparition à travers le retour du peuple et d’une politique qui soit la sienne … il ne s’agit pas d’une révolte contre les représentants, mais contre leur démission … C’est l’entrée en résistance d’un peuple contre ceux qui prétendent le gouverner, contre ses élites, parce qu’il a compris que celles-ci le mènent à l’abîme. »

« Il est de plus en plus apparent que le qualificatif de ‘populisme’ ou de ‘populiste’ est le dernier rempart mis en place par nos gouvernants et leurs experts (élites politiques, mais aussi élites intellectuelles et médiatiques) en science politique pour cacher une vérité trop dérangeante. » – Et l’imminence de la catastrophe.

« C’est la grande maturité politique du peuple français de savoir qu’aucune transparence et aucune démocratie directe ou participative ne pourra le sortir de l’ornière. Ce peuple aspire à retrouver non un sauveur, comme on le répète bêtement, mais la dialectique du peuple et du grand homme. Ce peuple sait que l’heure de la grande politique est revenue et que c’est sa propre survie qui est en jeu. »

« Le peuple en a assez qu’on le promène avec cette idéologie qui masque l’impuissance (le moralisme écœurant). Il veut qu’on le gouverne suivant son intérêt … C’est au multiculturalisme européen que le peuple en a et non aux ‘immigrés’ en tant que tels. »

« Le tiers-mondisme, l’écologisme, le féminisme et le pédagogisme sont les quatre piliers du gauchisme triomphant … ils s’attaquent aux fondements non politiques du peuple politique français. Le tiers-mondisme remplace l’internationalisme et prépare l’immigrationnisme et la culpabilisation de la solidarité nationale, ainsi que l‘offensive antiraciste des années 80 – L’écologisme remplace la critique du capitalisme et prépare les mouvements altermondialistes ainsi que la culpabilisation de l’industrialisation – Le féminisme remplace l’ouvriérisme et prépare le développement des mouvements identitaires et victimaires, la destruction de la cellule familiale et l’essor de la guerre des sexes – Le pédagogisme remplace l’endoctrinement par le parti et prépare le développement de l’ignorance et de la soumission. »

« Les mouvements qualifiés d’identitaires en France ne visent qu’à conserver la pluralité des coutumes sur lesquelles est fondé l’être-ensemble social du peuple français… En interprétant le populisme comme identitaire pour le déconsidérer, les interprètes agissent en ‘compagnons de route’ des véritables menaces identitaires auxquelles le populisme cherche à s’opposer. » (simplifié)

« A travers le règne du technocrate et du démagogue, c’est un double mépris pour le peuple qui s’affirme. Pour le technocrate, le peuple est incapable de se dépasser vers l’unité d’une visée politique ; pour le démagogue, le peuple n’a pas besoin de se dépasser vers l’unité de cette visée, car celle-ci réside déjà en lui. » – Vous pouvez classer nos dirigeants, sachant que leur intérêt prime même sur ces deux tendances.

– Ci-dessous, extraits d’un livre de Chantal Delsol, Populisme.

« Une démocratie qui invente le concept de ‘populisme’, autrement dit, qui lutte par le crachat et par l’insulte contre des opinions contraires, montre qu’elle manque à sa vocation de liberté (c’est le moins que l’on puisse dire !) … Le vocable ‘populisme’ est d’abord une injure : il caractérise aujourd’hui les partis ou mouvements, politiques dont on juge qu’ils sont composés par des idiots, des imbéciles et même des tarés … Le terme  vise à empêcher le débat en le frappant par avance d’illégitimité …Le mépris de classe est aussi odieux que le mépris de race, pourtant … pendant que le second est un crime avéré le premier est un sport national … La distinction entre les races, à l’origine du nazisme, tenait sur le critère de l’avancée civilisatrice. C’est le même critère qui aujourd’hui soutient la distinction entre les classes … La haine, le terme est pesé, que l’élite française porte à certains milieux populaires (le personnage de Cabu, ‘Monbeauf’) … Les populismes contemporains se déploient dans les déficits de la démocratie. Ils obtiennent leurs succès à la mesure de la déception. Le peuple n’a pas toujours l’impression d’être défendu par la démocratie pourtant faite pour lui … Pour les élites,  la spontanéité du peuple ne vaut rien, car tout est construit, pour les  bolcheviks il n’a à proprement parler pas d’être, il ne serait que ce que des idéologues construisent … Généralement en fait il ne veut qu’un bien-être suffisant  et que la continuité de ses croyances (horreur inacceptable pour l’élite dorée)… Il y a dans les courants populistes un désir de retourner aux relations humaines concrètes, à la vertu du voisinage. On retrouve la solidarité perdue avec la modernité … Le peuple s’indigne  de voir des élites si désinvoltes que n’importe quel excès les fait rire (ainsi ce mariage à trois en Hollande ! qui fit tant rire dans les capitales), l’élite se gausse de tout, cela fait ‘plouc’ d’être sérieux …Les populistes parlent crûment, refus du mensonge et de la sophistication élitaire, les deux considérés comme allant ensemble. Ce sont les milieux populaires qui réclament d’utiliser les mots correspondant aux pensées et aux actes … Leurs affirmations sont considérées comme des cris ne méritant que des insultes. Si bien que, condamnés à la disgrâce, ils prennent souvent le parti de la provocation et en rajoutent dans l’excès verbal, seul moyen pour eux de se faire entendre … Plus l’émancipation s’accroît, plus l’enracinement se voit diminué, récusé, vilipendé. L’un et l’autre s’accusent réciproquement. Cependant, l’enracinement n’a jamais le beau rôle, parce qu’il ne bénéficie pas du prestige de l’avenir. L’émancipation s’avance au nom du progrès et d’un progrès que nul ne peut endiguer … Il se trouve que dans cette guerre des dieux qui se livre entre émancipation et enracinement, les élites se trouvent plutôt du côté de l’émancipation, et les peuples, plutôt du côté de l’enracinement … De Lénine à nos jours… l’on se trouve encore devant la trahison d’un peuple décevant : inapte à la citoyenneté  est le peuple qui ne  reconnaît pas la vision spécifique de l’avenir définie par les élites … Alors que l’on croyait le peuple naturellement attaché à la cause de l’émancipation, il s’avise de jouer le traitre et de prendre la défense de l’enracinement … Les milieux populaires auraient tendance à ne vouloir rien expérimenter. Les élites auraient tendance à vouloir tout expérimenter …  L’opinion dominante exclurait volontiers ces électeurs-là, et elle ne se prive pas de les exclure symboliquement. Dans l’impossibilité de remplacer la démocratie par une oligarchie, elle invective et isole ceux qu’elle considère comme des non-citoyens (de toutes façons leurs suffrages vont à la poubelle) … Je ne connais pas de plus grande brutalité, dans nos démocraties, que celle utilisée contre les courants populistes. La violence qui leur est réservée excède toute borne … Si cela était possible, leurs partisans seraient cloués sur les portes des granges … Les Occidentaux sont persuadés que l’histoire est une longue marche vers l’universel ; des tribus primordiales jusqu’à l’Etat mondial, de la famille à vendetta jusqu’aux familles multinationales … On rejette avec horreur toute pensée capable de s’opposer à l’individualisme et à l’émancipation sans limite, de regretter les solidarités perdues, de décrire les identités comme exigences humaines fondamentales. Ces pensées se voient réduites à des formes d’extrême-droite … Pour représenter correctement, il faut au moins ressembler, se sentir lié avec qui l’on représente (l’énarque grand bourgeois parisien depuis trois générations et l’ouvrier ou le paysan). Le partage maffieux du pouvoir, l’éloignement de plus en plus grand des mandataires démocratiques, le monopole de fait exercé sous un discours pluraliste pousse le peuple à se chercher un chef qui lui ressemble … Au nom de la démocratie les groupes les plus détestés sont ceux qui dénoncent les perversions de la démocratie (évidemment, sans elles comment le groupe dominant pourrait-il jouir de ses privilèges assortis d’une bonne conscience inébranlable ?) … Le souci de nos démocraties consiste à empêcher que se développe une réflexion valorisant l’enracinement et la défense de la particularité, le souci majeur de nos gouvernants est de faire disparaître les affirmations issues des courants populistes … Il ne s’agit pas d’éduquer le peuple mais de lui enseigner la Vérité, et de l’injurier quand il profère des contre-vérités. »

Ci-dessous, extraits très remaniés du livre de Chantal Delsol, La nature du populisme.

« Jadis loué, qu’a donc fait le peuple pour voir si vite son aura se retourner en objet de ricanement ? Le mépris de classe est aussi odieux que le mépris de race. Pourtant en Europe le premier est un sport national, tandis que le second est un crime … Les populismes contemporains se déploient dans les déficits de la démocratie … Déception du peuple qui se sent abandonné et trompé … La spontanéité des masses (spontanéité particulariste) s’oppose au Parti, il leur manque la conscience(conscience universaliste) qu’il faut leur inculquer … Léninisme simplifié, transposable à nos élites contemporaines pour lesquelles tout est construit (l’expérience, le pragmatisme, le bon sens ne valent rien, la réalité est sans légitimité ; seul importe le concept, tendant évidemment à l’émancipation universelle) … L’élite qui considérait le peuple comme un allié, espérant toujours que la spontanéité particulariste ferait très vite place à la conscience universaliste s’est rendu compte que le peuple n’était décidément pas un allié, mais le plus souvent un opposant dans la lutte pour l’émancipation (tristesse des pauvres élites aussi déçu que le doux Lénine, rage et désespoir) … Ce sont les milieux populaires qui réclament d’utiliser les mots correspondant aux pensées et aux actes (si plus de langue de bois, alors comment va-t-on tromper le peuple ?) … Quoi qu’ils fassent les courants politiques populistes sont toujours haïs … Révolte des particuliers devant des idéologies de plus en plus mondiales, de plus en plus abstraites … leur mépris des situations … Dans l’impossibilité où se trouvent les dominants de remplacer la démocratie par une oligarchie, l’opinion dominante couvre d’injures, invective et isole ceux qu’elle considère comme des non-citoyens … Le partage maffieux du pouvoir (entente entre les partis de gouvernement pour se partager le pouvoir à l’amiable), qui équivaut à un retournement et à un déni de démocratie, s’organise au nom même de la démocratie, et c’est bien là ce qui devient insupportable … Pluralisme limité à une variété d’opinions … Les mouvements populistes ne souhaitent pas sortir de la démocratie ni l’effacer : ils souhaitent au contraire y entrer ( et on fera tout pour les en empêcher) … Dénonçant les perversions démocratiques, ils sont les plus détestés … Pour être considéré, mieux vaut être un parti trotskyste et se dire franchement antidémocrate (il est vrai que les démocraties libérales bénissent leur cousinage idéologique et pratique avec l’ambition communiste : tout détruire, pour tout refaire autrement) … Des personnages scéniques et emblématiques ont été inventés qui déploient avec sérieux la détestation du peuple, et dont le succès montre bien l’ampleur de ce mépris partout où l’on pense (Monbeauf de Jean Cabut, La famille Deschiens…) …  La distinction entre les races, à l’origine du nazisme, tenait sur le critère de l’avancée civilisatrice. C’est le même critère qui aujourd’hui soutient la distinction des classes (attardés, frileux, repliés…), alors que les classes populaires ne font preuve que de prévoyance et de prudence (mais, ça fait ‘plouc’ d’être sérieux). »

 – Ci-dessous, extraits du livre d‘Yves Mény et d’Yves Surel, Pour le peuple, par le peuple.

 « A l’image du secteur économique où la cartellisation sert à écarter ou à éliminer les concurrents par la distorsion des règles du marché, les partis cartellisés contrôlent la compétition politique en la réservant à ceux qui sont déjà présents sur le marché de l’offre … Barrières installées par les formations en place : modes de scrutin, découpages électoraux, clauses d’exclusion, accès aux média, patronage et clientélisme, clôture de l’agenda politique, consociativisme des élites … Non-respect tant des engagements spécifiques (promesses électorales) que fondamentaux (manquements éthiques) … Déficit de légitimité des institutions et des cadres politiques … Trahison des représentés par les représentants, problème plus moral avant que d’être théorique … Tout engendre la remise en cause de cet oligopole. »

« Importance du leadership (concordance avec la tendance à la personnalisation de la politique), défi symbolique au modèle dominant, charisme du leader exprimant les valeurs dont le peuple est porteur, incarnant les aspirations … Aversion pour le terme de parti au profit de ceux de ‘front’, ‘mouvement’, ‘bloc’, ‘ligue’ … Le peuple souverain n’a pas d’incarnation. Il n’a que des substituts : institutions, procédures, représentants collectifs, c’est-à-dire des images floues, abstraites et pauvres, intellectuellement satisfaisantes mais affectivement frustrantes (d’autant plus avec la fusion-confusion-fraternisation incestueuse des politiques avec l’élite méprisante) … La  mondialisation et la remise en cause de l’Etat avec la déstabilisation des formes traditionnelles de la politique créant un espace favorable pour une alternative populiste … Une crise économique persistante (et pas qu’économique !) … trahison des représentés par les représentants et corruption des élites … Invasion des experts … Dénonciation d’une minorité oisive et parasite (et aussi arrogante et méprisante à l’extrême) … Attachement aux structures et liens socioéconomiques traditionnels contre les évolutions en cours, perçues comme menaçantes … Rappel des fondements démocratiques du système et mise en relief des déviances du fait des agissements des titulaires du pouvoir … La fonction tribunitienne (voix des petits – jadis assumée par le PCF) … L’idéologie du populisme étant le peuple, on comprend qu’il soit malléable, opportuniste, variable et changeant (et même très différent localement) … A la base, il est une détresse, un appel au secours (ce qui ne peut qu’inciter des élites dévoyées à la moquerie). »

Ci-dessous, extraits de l’ouvrage de Christophe Guilluy, No society,  la fin de la classe moyenne occidentale .

« La grande sécession, celle du monde d’en haut, qui, abandonnant le bien commun, allait plonger les pays occidentaux dans le chaos de la société relative … La disparition de la classe moyenne occidentale, associée à la catégorie des ‘petits blancs’, qui occupe maintenant le monde des périphéries, le ‘périurbain subi’ … (phénomène qui se reflète parfaitement  dans l’évolution des prix de l’immobilier) … L’hyper élite sait que la décomposition de la classe moyenne occidentale a fait émerger un monde des périphéries … Mais, réaction hystérique de la France d’en haut lors du vote en faveur du Brexit ou de l’élection de Trump, et plus généralement  au  concept de France (ou d’Amérique) périphérique excédant alors la  stratégie habituelle de l’édredon et du déni … Exclues du domaine économique, ces catégories allaient peu à peu devenir celles auxquelles il ne fallait plus ressembler … Jamais une classe médiatique, politique et universitaire n’aura autant dénigré, ostracisé, insulté son propre peuple … La figure du ‘déplorable’ selon Hillary Clinton était née, passant (notamment aux yeux de l’immigré) d’un statut de référent culturel ou de passeur du mode de vie à celui de ‘loser’ … Incohérence à se plaindre  de la montée des communautarismes quand on détruit toutes les conditions de l’intégration en ostracisant le groupe qui conditionne  le processus d’assimilation … … De l’antifascisme d’opérette à l’antiracisme, la nouvelle bourgeoisie dispose désormais d’un arsenal idéologique redoutable  contre des catégories devenues inutiles … Tout en se retranchant sur n’importe quel point derrière le protecteur ‘C’est plus compliqué que ça’ … Confronté à la contestation populiste, le monde d’en haut choisit la fuite en avant (économique  et sociétale) et accélère sa citadellisation sur ses bastions, ses emplois, ses richesses … Mépris et ostracisation des plus modestes qui libère la classe dominante du carcan national … Les citadelles-métropoles tentées par l’indépendance pour préserver leur position dominante en s’extrayant de toute responsabilité nationale (Californie, Catalogne, à un degré moindre Ecosse, Flandre) … On ne cherche plus à faire société mais à sauver les meubles … Les mouvements indépendantistes des régions riches ne sont ainsi que le faux nez de la sécession des bourgeoisies … Consciente du risque que représenterait la convergence d’une fraction des classes supérieures et des classes populaires, la classe dominante a créé un cordon sanitaire efficace en diabolisant toute opinion qui prendrait en compte le diagnostic des plus modestes. La diabolisation vise moins les partis populistes ou leur électorat (considéré comme définitivement perdu) que la fraction des classes supérieures et intellectuelles  qui pourrait être tentés par cette solidarité de classe… Devant le chaos, la classe dominante utilisera de plus en plus le chantage à la guerre civile pour justifier le renforcement de son pouvoir. »

Ci-dessous, extraits de l’ouvrage remarquable de Pierre Sansot, Les gens de peu. « Situé en amont de notre présent, dans une période qui pourrait recouvrir la première moitié du XX° siècle. »  Avant la disparition des cités ouvrières, des alignement de maisons de brique, des arrière-cour, des rues partagées par des piétons, des familles, des voisins, des bistrots populaires, des bancs publics ; avant l’apparition des cités-immeubles, des supermarchés, des ‘Bricorama’ (et la fin du vrai bricoleur), des stades édifices de béton (et la cherté de leur entrée) ; avant l’extinction des conduites propres au peuple, comme du culte des valeurs d’excellence qu’il portait.

« Ils aiment la radio, la photo, le cinéma … à rapporter à leur façon propre de communiquer … monde des images parce que leurs existences étaient immergées dans le sensible …Ces gens de peu osent parler librement et ne cherchent pas à plaire à qui que ce soit … Ils parlent comme ils pensent … La valeur d’intimité que l’on accorde à ‘la maison’ … la ‘ménagère’ veille sur la maison et la maison veille sur elle … volonté d’ordre (enfants, mari, visiteurs devront se soumettre à certaines règles) … Parmi les tâches ménagères, la cuisine mérite considération (surtout les jours de fête) ; son lieu, sorte de chapelle, où le monde se rassemblait … la couture valorisait une ménagère, habiller, c’est comme nourrir, c’est subvenir aux besoins élémentaires de ceux qui vous accompagnent … L’authentique ménagère aime ses casseroles, les dédaigner ce serait trahir son milieu dont elle ne veut pas avoir honte …  Le bricoleur s’enorgueillit de détourner les matériaux de leur destination, de travailler avec des fils de fer, des bouts de ficelle … plus il s’écarte du modèle, plus il vagabonde et il invente … L’inachèvement justifie son existence … face à une tâche, il inventait en quelque sorte les outils ou adaptait ce dont il disposait … il voudrait être aussi performant qu’un ‘pro’ …  on bat parfois le rappel des plus proches, beaux-frères … La fatigue éclatait au moment de la scène de ménage, il était bon de lui laisser libre cours, de la laisser exploser en paroles incohérentes ou en gestes que l’on regretterait peut-être ensuite … colère des humbles, parade émotionnelle, réaction à une situation qu’on ne peut maîtriser … bonne ou mauvaise, elle vient du cœur, de cette vertu ou de cet organe qui est essentiel au peuple … elle est comme un élan … elle exprime la détresse, les élancements de la vie, la difficulté à être des humbles … démesure et caractère répétitif … la corrida qui se joue dans un deux pièces-cuisine, à dix, vingt, trente spectateurs (auditeurs) … Leur attachement à un sol, à des maisons de brique. Leur existence avait sens en ce site, usines, logements, manières de vivre, environnement confondus … si chaque famille tenait à son intérieur, la rue constituait le bien de tous … La manière de photographier signifie que nous avons affaire à un milieu populaire. Ils veulent ce jour-là porter à l’excellence les valeurs qui les animent : netteté, propreté, franchise du regard, fraternité… Le vin, il possède la beauté de ce qui tarit la soif, de ce qui substitue à la détresse d’un corps une joie profonde, une sorte de sérénité supérieure, l’accueil et la convivialité fraternelle … Le football des trottoirs des gamins …L’identification aux joueurs célèbres …  La vigueur de l’univers du football dans les villes et régions minières … nos vieux stades (dépourvus du moindre confort !), dans lesquels des générations d’ouvriers s’entassèrent, ont constitué le patrimoine le plus sûr de la classe ouvrière … ‘D’une part, puissance physique de cette foule essentiellement populaire et, de l’autre, un grand dénuement intérieur, une souffrance non dite.’ (Georges Hildas), description qui vaut pour le nord de la  France, qui ne convient pas ailleurs, au midi où l’atmosphère évoque plus la liesse … Cohabitation populaire, joviale, du jeu, du travail, du loisir, de l’habitat … Pas besoin d’un long apprentissage pour jouer convenablement de l’accordéon, en quoi il relevait d’une culture du pauvre … Le musette associé à l’univers des guinguettes, hors de la ville mais toute proche, symbolisant le bonheur  et la fête … La bicyclette, la ‘petite reine’ recouvrait le domaine de la vie quotidienne (travail, école, marché…) et de la fête, de la fantaisie … La liturgie du ‘Tour de France’ … La gouaille (se maquer pour ne pas paraître dupe, regard vif, rire et faire rire). La débrouillardise, (le système D et les toutes petites ‘escroqueries’). La plainte (les revendications des hommes, la petite musique des soupirs des femmes). Sentiment de fierté mêlé à la modestie (leur différence n’était pas preuve de leur prétendue infériorité, leur condition ne témoignait pas de leur manque de valeur mais que le destin ou les mécanismes de la société avaient été parcimonieux à leur égard) … Le ‘pliant’ inconfortable et sa présence nomade, fugitive, non installée, amorce d’une force de protestation à l’égard d’un type de société. »

– Ci-dessous, extraits d’un livre de Richard Hoggart, La culture du pauvre. Ce livre analyse les traits marquants des classes populaires anglaises vers les années 1930, 40, 50. Mais il a certainement valeur hors de l’Angleterre et relativement même encore de nos jours.

« On répète, sans y accorder une importance démesurée, les bons vieux clichés de toujours. On agit ou on s’abstient d’agir conformément aux prescriptions qu’on a toujours entendu répéter : ‘Si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal’ … Goût du concret et attachement au groupe local qui se manifestent dans l’importance conférée aux liens domestiques et aux relations de voisinage : ‘Rien ne vaut son chez-soi’ … Sentiment du foyer et du quartier …Vie dense et concrète, où l’accent est mis sur le sens de l’intimité, la valeur du groupe domestique et le goût des plaisirs immédiats … La radio ou la télévision sont branchées en permanence … Importance accordée à la bonne chère … ‘Eux et Nous’ … La plupart des groupes sociaux doivent l’essentiel de leur cohésion à leur pouvoir d’exclusion, c’est-à-dire au sentiment de différence attaché à ceux qui ne sont pas ‘nous’ : ‘Nous, on est comme ça’ … Camaraderie et coopération … On se méfie des principes qui ne passent pas dans les faits … Tolérance qui va de pair avec le conservatisme et le conformisme. La tolérance, poussée jusqu’à l’indulgence souriante, n’est plus seulement compréhension pour la faiblesse humaine, mais indifférence totale à l’égard de tout ce qui dépasse tant soit peu le cercle étroit des intérêts individuels. Tolérance plus proche de la charité que de la complaisance … Capacité de porter, dans certains domaines, à la fois des jugements intuitifs et justes. Mais il ne manque pas de domaines où on peut tromper les membres des classes populaires comme des enfants, à condition de leur dorer la pilule. Il suffit de faire appel aux valeurs qui sont les leurs, valeurs de gentillesse, de bon voisinage et de franchise … De la valeur accordée au monde quotidien et au groupe domestique on passe facilement au sens du présent et au goût de vivre : ‘Prendre la vie du bon côté’ … Les excursions en car, plaisir classique et hautement prisé … La notion de bonté naturelle, très ancrée, vient à la rescousse de celle de liberté, conçue comme une liberté sans finalité, on se libère ‘de’ et non pas ‘pour’, comme un aboutissement … Le scepticisme, qui frôle le cynisme (cynisme apparent, plutôt technique de défense, carapace, affichage du fait qu’on n’est pas un imbécile), procure aux gens du peuple le moyen d’ignorer tranquillement tout ce qu’on cherche à leur imposer parce qu’il leur constitue une carapace d’indifférence : ‘Je ne marche pas’, ‘On ne me la fait pas’ … Crainte d’être dupe … Reconnaissance intuitive de l’absence de sincérité à partir de l’expérience quotidienne … Mais l’attitude sceptique est adoptée surtout dans les rapports avec les autres classes sociales, lorsqu’on n’est pas ‘entre soi’ … Sous-estimation ou ignorance des contraintes réellement subies, d’où ignorance de la réalité du pouvoir des groupes ou des personnages dominants …Les média, et notamment les marchands de presse populaire, effaçant soigneusement de la carte les obstacles comme les points de repère … Le futur étant automatiquement supérieur à ce qu’il remplace, le passé devient rapidement étrange et ridicule, sauf exceptions avec des valeurs traditionnelles : ‘La bonne vieille maman’ … ‘Les peuples démocratiques ne s’inquiètent guère de ce qui a été, mais ils rêvent volontiers à ce qui sera.’ (Alexis de Tocqueville) … D’où sans doute la fortune du mot-piège : ‘changement’ … Moralement il y a toujours ‘des choses qui ne se font pas’, bien qu’on soit incapable d’expliquer rationnellement pourquoi on s’y refuse. »

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