565,4 – Pensée unique, Politiquement correct, Conformisme, Uniformisation

– « Univoque, unicolore, unanime. » (Natacha Polony et le comité Orwell – sur la pensée unique)

– Image du gros Animal (due à Platon et reprise par Simone Weil). L’opinion publique, la foule, le consensus artificiel, le conformisme, toute Majesté, le pouvoir, l’Etat… « Adorer le ‘gros Animal’ c’est penser et agir conformément aux préjugés et aux réflexes de la foule, au détriment de toute recherche de la vérité et du bien. » (Simone Weil) – Comportement de laquais.

– Enfin une sérieuse simplification des programmes scolaires de littérature, d’histoire et de philosophie. Pour la transformation de tous en mollusques philes de tout et phobes de rien, pour la fabrication en série d’une génération de lâches.

– Censure imposée, totalitarisme, terrorisme intellectuel (le plus efficace). Obligation de ne s’exprimer qu’en langue de bois, de n’évoquer aucun sujet important (« Chut » affiche la couverture d’un hebdomadaire). Abrutissement général. Outil de la mondialisation, « désert du politiquement correct. »

 – Produit occidental d’apprentis dictateurs crétins, conduisant à la bassesse et à la stupidité, qualités caractéristiques du servile Bobo, version citadine et bourgeoise du Gogo.

– Un vrai, bon, gros mensonge réclame l’unanimité (les politiques unis pour clamer que le passage à l’euro n’avait pas fait augmenter les prix, la vilaine Russie, la bonne Europe…). C’est une des raisons pour lesquelles la pensée unique dictatoriale fait taire sauvagement tous les déviants, ou même simplement ceux qui refusent de participer au concert.

– Réalise-t-on que nous sommes en train (c’est déjà fait) de fabriquer un pays (on ne saurait dire une nation) d’imbéciles, de castrés et de lâches ? Pense-t-on que des gens se respectant (pas même une élite) accepteront de rester dans un pays où règnent la meute des dénonciateurs et l’abrutissement général qu’ils imposent ? L’exil des résidents et la renonciation des meilleurs de ceux qui venaient jadis dans le pays qui fut celui de la liberté de penser sont déjà largement amorcés.

– Coluche prédisait notre abrutissement total quand il affirmait qu’il ne faudrait pas dire : « un stylo noir, mais un crayon de couleur. »

Pour le politiqiement correct, on pourra voir les considérations de Jacques Dewitte à la rubrique, Langue de bois, langue de coton, 470, 3

– « Politiquement correct – PC, pour police citoyenne. » (Alexandre Devecchio)

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« On ne mesure pas la puissance d’une idéologie aux seules réponses qu’elle est capable de donner, mais aussi aux questions qu’elle parvient à étouffer. » (Günther Anders) – C’est particulièrement vrai dans notre époque de censure féroce.

« Dans la mesure où la vérité de fait (énoncant un fait concret et non une idée générale) est exposée à l’hostilité des teneurs-d’opinion, elle est au moins aussi vulnérable que la vérité philosophique rationnelle. » (Hannah Arendt)

« Le nivellement social que nous appellerions aujourd’hui le conformisme … Le principe d’égalité, que depuis Tocqueville nous jugeons responsable du conformisme. » (Hannah Arendt) – Nivellement signifie tout ramener le plus bas possible et c’est bien ce que l’on constate.

« Dans la réalité, les actions ont de moins en moins de chance de refouler la marée du  comportement de masse, les événements perdent de plus en plus de leur signification … L’uniformité statistique n’est en aucune façon un idéal scientifique inoffensif ; c’est l’idéal politique désormais avoué d’une société engloutie dans la routine de la vie quotidienne. » (Hannah Arendt)

« Le conformisme pourrait très bien s’avérer aussi effroyable que d’autres formes plus sanguinaires d’organisation de masse qu’a connues le monde moderne. » (Hannah Arendt)- Belle prescience de l’auteur( écrivant au début des années 1950) quand on voit la meute dénonciatrice, haineuse et sanguinaire des réseaux sociaux se ruer sur le malheureux qui a osé dire une des nombreuses vérités que nos prétendues démocraties interdisent de dire.

« Le conformisme devient sacré puisque la conformité aux croyances et à la conduite du groupe offre la seule garantie des valeurs. » (Raymond Aron) – Être avec la majorité, moutonner.

« Ce non-conformisme absolu n’est qu’un conformisme à rebours. Il ne suffit pas pour avoir des idées personnelles de retourner celles des autres en les présentant les jambes en l’air et la tête en bas. » (Saint-Aulaire)

« Le premier signe d’intelligence chez l’homme, c’est sa capacité de résistance au conformisme, à l’esprit de troupeau. » (Olivier Bardolle)

 « Et quand la séduction de ce beau langage ne suffit pas, le discours procède aussi par intimidation morale. Les récalcitrants sont qualifiés de médiocres, d’incapables ou de déviants. » (Jean-Marc Bastière)

« Nous ne pratiquons pas l’intégrisme fondamentaliste dur, nous pratiquons l’intégrisme démocratique mou, subtil et honteux, celui du consensus … L’intégrisme consensuel (celui des Lumières, des Droits de l’homme, de la gauche au pouvoir, de l’intellectuel repenti, de l’humanisme sentimental) est tout aussi féroce que celui de n’importe quelle religion tribale ou société primitive … La violence consensuelle peut être aussi meurtrière que la violence conflictuelle, elle a pour but d’écarter toute rivalité hégémonique… » (Jean Baudrillard)

« Partout s’installe cette parodie d’union sacrée, sous le signe d’une guerre totale préventive contre la moindre molécule infectieuse (mais aussi la moindre anomalie, la moindre exception, la moindre singularité) … Cette contre-terreur, cette terreur blanche. » (Jean Baudrillard) 

« Aux Etats-Unis, la permissivité va de pair avec un hypermoralisme social, qui fait de toute voix ou attitude dissidente une pathologie à éradiquer. » (Jean Baudrillard – par Alain de Benoist) – Et comme nous obéissons servilement à cet empire…

« Ne peut-on plus ‘l’ouvrir’ de quelque façon, proférer quoi que ce soit d’insolite, d’insolent, d’hétérodoxe ou de paradoxal sans être automatiquement d’extrême droite ? » (Jean Baudrillard – Ecran total,  La conjuration des imbéciles) – Jamais d’extrême gauche, puisque là est la morale, le Bien, le conforme.

« L’opinion publique ou dominante s’avance masquée, elle affiche une neutralité morale qui est fictive. Elle n’émane guère du peuple, elle est avant tout l’œuvre des hommes d’avant-garde. Plus précisément, elle résulte de la radicalisation de la pensée moderne, de l’action des militants, du rôle stratégique des maîtres de la parole électronique. Les citoyens ordinaires sont tout juste bons à opiner … Le discours dominant prêche outre l’exécration des méchants, l’amour égoïste de soi et l’amour altruiste de l’humanité … D’un côté, le règne des sensations, de l’autre, la morale de l’émotion … Il est recommandé de se livrer à ses appétits comme il est requis de cultiver de grands sentiments … Ce discours dispose de deux autres arguments comme injonction à se soumettre et pour enjoindre à chacun de se rallier à elle, un argument historiciste et un argument démocratique : ‘Voici l’opinion moderne, comment pourrais-tu refuser d’être de ton époque, de vivre avec ton temps ? Voici l’opinion générale, comment pourrais-tu penser que le grand nombre a tort ? … La question de fond est abolie et la discussion superflue … Le discours dominant clame ‘chacun vit comme il l’entend’ puis aussitôt après ‘Voici de préférence comment vivre’» (Philippe Bénéton)

« Prétention totalitaire … critères de pensée bien rodés qui doivent être imposés à tous. » (Benoît XVI)

« Le propre du conformisme est de n’être point senti par ceux qu’il domine. » (Emmanuel Berl)

« Le mot mensonge désigne un écart volontaire par rapport à la vérité, vérité que connaît celui qui ment. Mais ce qui caractérise l’emprise totalitaire, ce n’est pas l’attaque contre l’énonciation de la vérité, mais contre la vérité elle-même … L’homme forcé de nier l’évidence de ses sens et de sa raison, dressé à dire le contraire de ce qu’il sent, de ce qu’il pense, de ce qu’il voit, perd ses repères dans la réalité et se perd lui-même. Il souffre d’une division de son intelligence, d’une paralysie de sa volonté, accompagnées d’une honte accablante. »  (Alain Besançon – s’inspirant de Soljenitsyne) – C’est l’objectif de toutes les interdictions de dire et des obligations de mentir férocement imposées par le politiquement correct.

« Respect des droits de l’homme : qui ne le voudrait ? Respect des animaux : ils souffrent comme nous. Respect des arbres : il faudrait être un chien. Respect de la terre : l’écosystème vit, lui aussi … Et des non-fumeurs, des embryons, du passé, des convictions religieuses, des femmes, du code de la route … Si cela ne suffit pas, on prendra des mesures. De toutes façons, on les prendra … L’on a raison de soupçonner l’éthique, dont on fait si grand cas dans cette atmosphère  ô combien révérencieuse, d’ouvrir l’appétit de normes et finalement d’ériger le droit et ses experts en pourvoyeurs de sagesse … Le triomphe de la ‘political correctness’ ne consacrerait-il pas le retour de la morale à sa préhistoire, du temps où la valeur d’un acte ne s’évaluait pas à l’intention qui y préside mais à sa seule manifestation extérieure et à ses conséquences pratiques ? … Ce n’est pas en réclamant le respect universel qu’on sert la cause de la morale mais, au contraire, en invitant à résister à l’inflation des objets dignes de notre déférence ainsi qu’à la tentation de s’en remettre au légiste du soin de fixer les limites en deçà desquelles nous cessons de représenter l’humanité. » (Jean- Michel Besnier – Eloge de l’irrespect)

« Aujourd’hui,  l’idée n’est plus ce qui doit être discuté, ce qui se doit d’être contredit, mais une coulée tiède obligatoire où la moindre et plus sereine dissidence est contrainte de se  justifier … En même temps est baptisé ‘clash’ toute contradiction un peu vigoureuse, ce qui stérilise. » (Philippe Bilger) – Unanimisme, conformisme, lâcheté…

Qui oserait de nos jours s’annoncer comme : « Celui qui cherche le moyen de se rendre insupportable à ses contemporains », qui « déclare son irrévocable volonté de manquer essentiellement de modération, d’être toujours imprudent et de remplacer toute mesure par un perpétuel débordement », titrer ses articles : « La grande vermine », « Causerie sur quelques charognes : Untel, Truc, Machin… », « L’immonde X », « Y, l’horrible crapule », « Z, cette célèbre pourriture ». (suivant Léon Bloy – du temps où en France  on  en avait et où on se tenait debout)

« Plus on est semblable à tout le monde plus on est comme il faut. C’est le sacre de la multitude. » (Léon Bloy)

« Les Grecs et les Romains distinguaient deux sortes de tyrannie ; une réelle, qui consiste dans la violence du gouvernement ; et une d’opinion, lorsque ceux qui gouvernent établissent des choses qui choquent la manière de penser d’une nation. » (Etienne de La Boétie) – Que diraient ces Anciens devant la dictature de la pensée unique et les mesures sociétales imposées car dictées par des minorités ?

« Il voyait dans la corruption du langage l’un des éléments constitutifs du phénomène totalitaire … La propagande maoïste ‘gigantesque entreprise de crétinisation du peuple le plus intelligent de la terre.’ » (Pierre Boncenne – sur Simon Leys) – Comme tous ceux, George Orwell, Hannah Arendt…  qui ont étudié ce phénomène. Question : que veut aujourd’hui notre censure de la pensée ?

« Ils s’interdisent de dire ce qu’ils ne veulent pas voir et nous interdisent de voir ce qu’ils ne veulent pas dire. » (Pascal Bories – sur les média) – Quel dévouement au conformisme du politiquement correct !

« Pourquoi les milieux politiques français confondent si facilement l’opinion des groupes d’influence avec l’opinion publique et pourquoi ils accordent davantage d’attention aux premiers … Ce qui menace les démocraties et la démocratie française plus que d’autres, c’est en fait la tyrannie des minorités … Le droit consenti aux associations de se porter partie civile … ce qui leur accorde un pouvoir considérable (notamment de dénonciation, de terreur et une grande motivation à la poursuite de bénéfices financiers). A ce sujet, un économiste et sociologue américain, Mancur Olson, a identifié le mécanisme qui est à l’origine de ce pouvoir … Lorsqu’un petit groupe organisé cherche à imposer ses intérêts ou ses idées à un grand groupe non organisé (majorité silencieuse), il a de bonnes chances d’y parvenir … ‘effet d’exploitation du gros par le petit’. En effet, les membres du grand groupe, non organisé, ont alors tendance à espérer qu’il se trouvera des candidats pour organiser la résistance au petit groupe organisé et à en assumer les coûts (et les coups), profitant ainsi, en quelque sorte, d’une espèce de ‘billet gratuit’ … C’est la loi d’airain de l’oligarchie (dissimulée derrière la démocratie) qui tend à conférer un pouvoir indistinctement à tous les lobbys … Ces groupes d’influence comportent une forte proportion d’acteurs partiaux (et puissants) … En raison de la concentration du pouvoir qui la caractérise, la France est plus exposée … à l’effet ‘Olson’ … A l’autre extrémité du spectre des groupes d’influence se situent les groupes de connivence… partageant ce que Robert Merton a dénommé une ‘hémophilie de valeurs’. Ainsi nombre de journalistes partageant largement des vues communes sur le politiquement ou le culturellement correct … Ainsi s’explique la persistance des phénomènes idéologiques même négatifs (lecture globale, pédagogie de type rousseauiste, histoire mythique de la Révolution de 89, diabolisation de l’entreprise, laxisme pénal, sainteté de l’immigration ; tous phénomènes de pensée unique, de politiquement correct, de terrorisme intellectuel) … Certaines idées lancées par ces groupes (pédagogisme, méthode globale de lecture, abolition de la peine de mort…) … seule une fraction du public y adhère, mais en vertu de l’effet ‘Olson’, le public dans son ensemble n’a pas la volonté de s’y opposer. C’est pourquoi l’on voit apparaître le phénomène dit de la pensée unique. Le politiquement correct est le fait davantage de minorités actives et de groupes d’influence (il permet à l’oligarchie de garder le pouvoir). » (Raymond Boudon) – Certes oui. Mais la censure est fortement renforcée par les contraintes et pénalités réglementaires, médiatiques et financières que ces groupes, possesseurs de l’Etat ont fait établir pour bâillonner toute opposition idéologique.

De plus, une position peut être « embrassée par d’autres parce qu’il leur paraît stratégiquement opportun de se rallier à l’opinion dominante … Des raisons instrumentales ou stratégiques  poussent à suivre la foule, redoutant l’isolement, ils se joignent à elle. » (Raymond Boudon) – De plus encore, si la minorité qui détient la parole fait preuve d’autoritarisme et même de terrorisme intellectuel et matériel (cas en France).

« Un ‘politiquement correct’ véhiculé comme un dogme par les médias dominants et garanti par un arsenal juridique de plus en plus contraignant vise à interdire toute contestation. » (Christophe Boutin) – Il s’agit bien d’annuler la liberté d’expression.

 « Comme l’a dit Alexandre Soljenitsyne, la pire souffrance que causait le régime idéologique, pire encore que la misère ou l’oppression … était d’obliger ceux qui y étaient soumis à mentir. » (Rémi Brague) – Voilà où on arrive avec la pensée unique, la censure, les inquisiteurs et le régime de dénonciation solidement établi et honteusement valorisé. Non contente de mentir elle-même, l’oligarchie contraint au mensonge généralisé.

« Pour le plus grand nombre, le mobile de la pensée n’est plus le désir inconditionné, non défini, de la vérité, mais le désir de la conformité avec un enseignement établi d’avance. » (André Breton – sur les intellectuels staliniens des années quarante, cinquante ; de même aujourd’hui sur les laquais de la féroce pensée unique.

« N’est pas conformiste qui veut, il faut passer par l’éducation. » (Albert Brie) – Et bien regarder la télévision, lire le journal de la bourgeoisie-bobo.

« Il est trop de notables des lettres, du journalisme, de l’université, de la politique qui jouent au renégat et le politiquement correct en France, c’est de se dire incorrect.  Manière de gagner sur tous les tableaux, d’avoir un pied dedans, un pied dehors, de se croire en situation d’extériorité absolue alors qu’on jouit par ailleurs d’une position établie et de tous les avantages de la notoriété. Planqués mais radicaux… » (Pascal Bruckner)

« L’idéologie ‘politiquement correcte’ où toute réflexion est remplacée par des réflexes conditionnés. » (Annie Le Brun)

« Le conformisme intellectuel vaut l’inquisition. » (Jacques de Bourbon Busset)

« Cet asservissement aux marques qui sévit dans les cours d’école, et qui est une preuve de plus … que rien n’est plus naturel que le conformisme. » (Renaud Camus)

« La question qui se pose n’est pas : ‘Ceci est-il vrai ou ne l’est-il pas ?’ Mais bien : ‘peut-on le dire ou ne le peut-on pas ?’. Et le plus souvent on ne le peut pas. La masse de ce qui ne peut pas être dit s’accroît de jour en jour. » (Renaud Camus)

« Ceux qui ont a priori l’intelligence et ne s’en servent pas toujours intelligemment … parce qu’ils en sont empêchés par leur conformisme … La ‘pensée par omission’, forme de pensée que celui que son absence à soi, résultant d’une personnalité insuffisamment consistante, incite à tomber dans tous les panneaux de la pensée dominante. » (Belinda Cannone) – L’espèce si répandue des laquais, et autres Bobos.

 «  Conformisme. S’aligner sur la doxa, c’est emprunter magiquement la force du nombre. » (Belinda Cannone) – Il s’agit ni plus ni moins que de lâcheté.

« La bêtise s’est renouvelée, elle a adopté des idées qui étaient intelligentes quelques générations plus tôt, et qui sont pur conformisme depuis plus de cinquante ans.  … Elle promeut même ce qui lui est opposé ; changement, renversement, le contraire du conformisme. »   (Belinda Cannone)

« Le conformisme consiste à reprendre le mot sans le discuter, sans le repenser. » (Belinda Cannone) – Attitude proche de la soumission.

« Le conformisme est désespérant : par sa gratuité.  On aimerait mieux qu’il soit destiné à procurer d’énormes profits, car on préfère toujours un habile à un bête. » (Belinda Cannone) 

« On ne voit pas que nous vivons une ère de conformisme profond et généralisé ; il est vrai que celui-ci est masqué par l’acuité du choix tragico-héroïque que doivent effectuer les individus entre une Citroën et une Renault, entre les produits d’Estée Lauder et d’Helena Rubinstein. » (Cornelius Castoriadis)

« Il y a une capacité terrible de la société contemporaine à étouffer toute véritable divergence, soit en la taisant, soit en en faisant un phénomène parmi d’autres, commercialisé comme les autres. » (Cornelius Castoriadis)

« Aucun doute que la stérilité, la conformité et la banalité, le n’importe quoi, sont les traits caractéristiques de la période. La période présente est bien définissable comme le retrait général dans le conformisme. » (Cornelius Castoriadis)

« Le capitalisme n’a pas besoin d’autonomie, mais de conformisme. Son triomphe actuel, c’est que nous vivons une époque de conformisme généralisé, pas seulement pour ce qui est de la consommation, mais de la politique, des idées, de la culture… » (Cornelius Castoriadis)

« En France on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. » (Chamfort)

 « La conformité, le conformisme, offre aussi de réels avantages, au-delà des honneurs et des privilèges qu’elle confère, … Nul besoin de preuves crédibles quand on reprend à son compte la doctrine officielle … Une analyse critique sera, elle, soumise à des critères beaucoup plus pointus … Il faudra fournir un travail considérable, produire des preuves irréfutables, avancer des arguments sérieux, construits, abondamment documentés ; toutes tâches parfaitement superflues dès lors qu’on se borne à ne jamais sortir des limites axiomatiques du consensus doctrinal … On peut ne pas travailler trop dur et très bien gagner sa vie, et même une confortable respectabilité, en ne fondant ses publications ou ses dires que sur des sources standard. » (Noam Chomsky) – Gains, honneurs, promotions, privilèges… s’ensuivront automatiquement. A l’inverse le dissident affrontera railleries et insultes et s’exposera à l’exclusion.

« Si aucune dissidence n’est permise (pensée unique et punitions pour infractions), puisqu’il n’existe aucun moyen de connaître et de rejoindre les individus qui partagent son point de vue, le ‘pas d’accord’ ne peut que se dire qu’il est un excentrique, une exception, un drôle d’oiseau. » (Noam Chomsky)

« Quelques générations encore et le rire, réservé aux initiés, sera aussi impraticable que l’extase. » (Emil Cioran)

« S’il tient à préserver une quelconque dignité spirituelle, l’homme doit négliger son statut de contemporain. »  (Emil Cioran)

« Le ‘politiquement correct’ musèle la parole de la société civile au point qu’il n’y a plus que les extrêmes qui soient en mesure de briser ce carcan … Il faudrait que la parole puisse s’exprimer, ne serait-ce que pour trouver un exutoire à la violence afin d’éviter que celle-ci n’explose par d’autres biais, comme celui des factions ou de la guerre civile. » (Frédéric Saint Clair) – Mais le club politico-médiatique dominant ne sait et ne pense qu’à briser toute parole (et surtout ses auteurs) qui ne convient pas au maintien de ses privilèges et, pour ce faire, tous les moyens sont bons. 

« On pourrait parler d’une reformulation moderne de la censure. » (Mathieu Bock-Côté – à propos du politiquement correct)

« Le dogmatisme progressiste étant l’idéologie dominante, vu les règles qui régissent la distribution des places (tout pour les soumis, rien pour ceux qui pensent par eux-mêmes), ceux qui veulent faire carrière y souscrivent … Le conformisme étant aussi une facilité servant de cache-misère aux  facultés moyennes. » (Marc Crapez) – Et c’est ainsi que se maintient une idéologie dominante, fût-elle stupide, antidémocratique et persécutrice comme l’actuelle, grâce à l’achat des innombrables consciences prêtes à se vendre.

« Contrairement à l’idée reçue, les écrivains ne sont pas des anticonformistes radicaux. La plupart du temps, ils jouent la comédie de l’indépendance pour donner le change à leur public ; Ils attaquent les conformismes de leurs adversaires pour consolider les conformismes de leurs amis et de leurs obligés. » (Maurice G. Dantec) – Pourquoi restreindre aux écrivains ? Toutes les grandes gueules, intellectuelles, politiques, médiatiques font de même.

« Toute affirmation étant considérée comme un danger et une outrance, tout ce qui est expressif étant tenu pour grossier, toute appréciation ou vue non convenue, ni poncive, étant un blasphème contre les idoles du jour … Chez ce troupeau, l’aristocratie de l’esprit et du style provoque une méfiance qui va jusqu’à l’irritation et à la haine. » (Léon Daudet)

« En démocratie d’opinion chacun tend spontanément à changer ses pensées d’après l’événement. » (Régis Debray) – D’où il suffit aux médias de présenter les événements suivant les intérêts dominants, les laquais suivent.

« Le préposé au synchronisme a deux cordes à son arc : le sourire indulgent et la mise en joue … Zozo ou facho, pas de troisième terme. » (Régis Debray)

« Je préférerais qu’on respecte les hommes plutôt que la mode. » (Jean-François Deniau)

« Ce n’est pas une époque où l’on argumente. Quand vous n’allez pas dans le sens du consensus culturel, on fait silence, ou on vous fait un procès d’intention : on ne discute pas le texte, on discute la personne et toutes les intentions qu’on lui prête à loisir. » (Jean-Philippe Domecq)

« Qu’y a-t-il de plus beau que deux milliards de moutons bêlant tous la même chose ? » (Jean Dutourd)

« Pour être un membre irréprochable dans une société de moutons, il faut être soi-même un mouton. » (Albert Einstein)

« L’individu est abandonné à lui-même, il est le responsable de tout. Le seul moyen pour lui de s’en extraire est de ne pas éprouver trop de sentiments désagréables, faire taire ses passions, vivre de manière conformiste des plaisirs pauvres, se conduire de manière rationnelle, s’instrumentaliser et instrumentaliser autrui, devenir un ‘homme-radar’. » (Eugène Enriquez) – Le conformiste, le citoyen (?) obéissant idéal.

« On est obligé de constater que la pensée libre, la prise de position autonome, tendent à s’effacer dans les sociétés démocratiques, envahies par le ‘prêt-à-penser’ intellectuel et par la ‘montée de l’insignifiance’. » (Eugène Enriquez) – Ce qui fait bien les affaires du groupe politico-médiatique dominant.

« Ne pas voir ce qu’on montre. » (Alain Finkielkraut – définissant le politiquement correct)

« Les sociétés modernes sont à la fois versatiles et grégaires. On réagit comme tout le monde et tout le monde change de système de valeurs en même temps. » (Alain Finkielkraut)

« Soyons francs, qui parmi les enfants gâtés de l’Histoire que nous sommes, n’a pas senti le souffle tendre du conformisme idéologique et n’a pas préférer signer un appel citoyen contre l’exclusion, la discrimination, l’homophobie, la misogynie, l’intolérance et le racisme, plutôt que de rejoindre les beaufs et les bégueules dans l’enfer même purement symbolique de la réaction ? Allez donc repousser ‘l’âme omnipotente qui vous caresse et vous tapote l’épaule’. »  (Alain Finkielkraut)

« Si, dans l’ordre scientifique, il existe généralement une théorie dominante, il n’y a jamais de théorie unique … La pensée unique est tout aussi inconciliable avec l’ordre démocratique puisqu’elle conduirait à la longue à l’instauration d’un parti unique et/ou d’un despote éclairé … N’a-t-on pas appris encore quel risque de régression existe quand tout le monde pense la même chose ? La répétition tient lieu de débat, la communication se substitue à l’information, l’autocensure à l’analyse. Comment progresser s’il n’existe pas d’antithèse, d’aiguillon pour semer le doute ? La certitude n’est pas le meilleur chemin de la connaissance, de la compréhension du monde.» (Jean-Paul Fitoussi)

« La censure, quelle qu’elle soit, me paraît une monstruosité, une chose pire que l’homicide ; l’attentat contre la pensée est un crime de lèse-âme. La mort de Socrate pèse encore sur le genre humain. » (Flaubert)

« On n’a pas le droit de tout dire, on ne peut pas parler de tout dans n’importe quelle circonstance, n’importe qui ne peut pas parler de n’importe quoi. Tabou de l’objet, rituel de la circonstance, droit privilégié ou exclusif du sujet qui parle : on a là le jeu de trois types d’interdits. » (Michel Foucault) – Du temps de l’auteur, hier, on était encore presque en pays de liberté. les interdits civilisés dont il parle n’ont même plus lieu d’être sous la féroce dictature actuelle de la pensée où lui-même a contribué à nous condamner.

 « Quand on étudie l’histoire des hommes, on s’aperçoit que s’ils s’entre-massacrèrent sans relâche à travers les siècles, ce fut surtout pour n’avoir pas su douter … ne souhaitons pas que tout le monde pense comme nous. L’uniformité des sentiments serait odieuse. » (Anatole France – les dieux ont soif)

« Les idées conventionnelles (commodes et familières) substituent fréquemment le plaidoyer en faveur de l’originalité à l’originalité elle-même … Les gens aiment entendre formuler ce qu’ils approuvent. Cela flatte leur amour-propre  … Dans une certaine mesure, l’énonciation des idées conventionnelles est un rite religieux (pensons à des phrases sur la démocratie, la liberté, l’égalité, la fraternité, etc.)   … Ce n’est pas la pensée qui est l’ennemie des idées conventionnelles, mais la marche des événements … Elles ne correspondent pas au monde qu’elles sont censées interpréter, mais à l’opinion que le public se fait de ce monde. » (John Galbraith) – Conformisme.  

« C’est en France, pays proclamé de la liberté (il y a longtemps !) que la pensée unique a pris sa dimension maximale, installant ses quartiers généraux au sein même des institutions et de l’univers médiatique. Ainsi fait, plus rien ne bouge ! A quel avenir est promis une nation qui se fige dans la pensée unique ? Au moule de l’asservissement… » (général Pierre-Marie Gallois)

« C’est trop bête ! Tu viens empoisonner notre vie avec tes idées ! Tout le monde en a des idées ! Tu n’as qu’à avoir les idées de tout le monde ! » (Roger Martin du Gard)

« Dira-t-on ainsi que dans notre société, la liberté et la possibilité, jamais vues à l’échelle de l’histoire, de lire, de penser, d’écrire, de publier débouchent sur une féconde et diverse autonomie intellectuelle ? Jamais on n’a vu, au contraire, pareil suivisme, pareil conformisme, pareille dévotion envers des oracles de bas étage qui n’ont pas besoin du K. G. B. pour faire répéter les plus grotesques de leurs propos, à prétention par surcroît dénonciatrice et pseudo-subversive. » (Marcel Gauchet)

« L’illusion de faire comme tout le monde, de penser, de vivre comme tout le monde, cache une solitude réelle, voulue pour empêcher le dynamisme de toute communauté saine. » (Defendente Genolini)

« Bien avant la naissance d’Internet, Orwell pointait l’esprit de gramophone’. Ce conformisme… » (Gilles-William Goldnadel)

«  La fonction juridico-militaire de l’Etat demande à être corroborée par une action éducative-persuasive, une action de conformisation du corps social tout entier … En s’emparant de la société civile, la société politique possédant l’appareil d’Etat, la classe dominante qui détenait déjà le pouvoir coercitif, devient dirigeante, par la direction intellectuelle et morale et établit ainsi son hégémonie ; d’où l’importance des intellectuels. » (suivant Antonio Gramsci) – D’où l’importance de tenir les média. D’où la panique furieuse des dominants et de leurs laquais médiatiques quand une partie des intellectuels sort du moule imposé.

« Comme si la dissipation des idéologies comminatoires, l’effondrement des propagandes, la fin des dogmes, avaient fortifié, chez nous, un nouveau conformisme … Alors même qu’ailleurs on renonçait au parti unique et aux slogans récités, nous avons laissé s’installer mollement dans nos murs quelque chose qui y ressemble, la police en moins. La libre pensée n’est pas combattue frontalement. Elle est condamnée à une sorte de dissidence. » (Jean-Claude Guillebaud) – Et même aux dénonciations, aux insultes et aux poursuites judiciaires.

« Dissolution de tout ce qui est solide en un liquéfiant consentir. » (Martin Heidegger – sur le consensus)

‘L’être en commun cherche à imposer tout ce qui est conforme à la moyenne. » (Martin Heidegger) – conformisme.

« L’aspect répressif de la police du langage et de la pensée s’accompagne, en outre, d’un aspect complémentaire représenté par la liturgie politique d’obligation … Incantations rituelles célébrant le précieux nom de la  République et implorant sa laïque intercession… » (Guy Hermet)

« Comme tous les parvenus … vous ne vous contentez pas du conformisme de fait des gens arrivés. Il vous faut exalter le désir de conformisme … Ce conformisme ambiant fait de pensées courtes et de cultes vulgaires. Vous aimeriez en faire un devoir, le devoir de conformisme ; le prosaïque, le technique, le commun, l’utile, le convenu … Penser plat … Le conformisme comme unique, et suprême, valeur de l’homme libre. » (Guy Hocquenghem – s’en prenant aux gauchistes, ex- soixante-huitards) – D’où la censure actuelle.

« ‘Faites comme tout le monde’ susurrent tous les souffles de l’air du temps … Comme le plus grand nombre a probablement raison, il n’y a qu’à faire comme tout le monde, ‘ça ne coûte rien’. On ne vous demande pas de croire à grand-chose, il suffit de croire à la même chose que les autres. »  (Richard Hoggart) – La fabrique des laquais par les média.

« Suivre en tous domaines, ou presque, l’opinion populaire … prendre le point de vue le plus couramment admis dans l’opinion populaire en matière d’éducation, de justice, de mœurs par exemple est ainsi le meilleur moyen d’échapper à la pensée unique, de s’émanciper de l’idéologie … Les moins vulnérables à l’idéologie seraient les gens du peuple, non point par ce qu’ils seraient moins intelligents ou moins instruits mais parce qu’ils sont plus proches des réalités et moins portés sur les démarches purement abstraites. » (Roland Hureaux)

« Au fil des ans, les sociétés occidentales ont instauré un monolithisme qui n’aura bientôt plus rien à envier à celui des anciennes sociétés totalitaires … Monolithisme de nature idéologique qui concerne toute une série de champs : la question raciale, la question religieuse, la question dite des ‘orientations sexuelles’, bientôt celle du réchauffement climatique, où seules sont admises les opinions dominantes. Ceux qui ne la suivent pas n’ont aucune chance qu’on leur propose un dialogue argumenté, ils ne peuvent attendre que l’excommunication violente, l’injure sous la forme de la ‘reductio ad Hitlerum’. » (Roland Hureaux) – Il s’agit bien d’instaurer un régime de terreur, et pas si douce que cela.

« Pester contre son temps, c’est de l’héroïsme. Mais le dire, c’est de la folie. » (Eugène Ionesco)

« Un ennemi aussi sournois que dictatorial de la liberté. » (Lucien Jerphagnon – sur le politiquement correct) – Clairement vu. L’objectif est bien d’étouffer le peu de liberté qui reste, hypocritement, au nom des bons sentiments et au profit du groupuscule politico-médiatique dominant et mentalement corrompu.

« Le non-conformisme ne s’identifie pas à l’occupation d’une position particulière, en surplomb ou à l’écart ; il ne se résout pas dans la non-conformité, comme la publicité voudrait nous le faire croire ; il réside dans le désintérêt foncier pour tout étalonnage social ou mondain. En toutes circonstances, ignorer et rejeter les suggestions de l’esprit du temps, qui est le plus souvent l’esprit malin, dit saint Paul. » (Jacques Julliard – évoquant Simone Weil)

« La belle affaire que d’avoir renoncé au Dieu unique pour lui substituer la pensée unique ! » (Jacques Julliard – se référant à Péguy et à Simone Weil)

« Le bastion du ‘politiquement correct’ se trouve dans les universités, en majorité chez les professeurs, blancs, de sexe masculin, hétérosexuels, issus de la classe moyenne, avec emploi fixe et bon salaire … Il s’agit plutôt d’une minorité de militants dont la plupart n’appartiennent à aucun groupe ‘opprimé’ mais viennent des couches privilégiées de la société. »  (Théodore Kaczynski) – L’auteur s’exprime pour les Etats-Unis. En France ce bastion se trouve aussi dans les média, notamment parmi le groupe moutonnier des journalistes.

« L’homme qui n’est pas libre intérieurement ne se sent sûr que là où il est ‘comme tout le monde’ et où  tout le monde est comme lui. » (Hermann von Keyserling) – L’homme standard, le rêve imposé.

« L’uniformité engendre le conformisme, dont ‘l’autre visage est intolérance’. » (Thomas de Koninck – citant ?)

« Depuis à peu près soixante-dix ans l’Europe vit sous un régime de procès … Au fur et à mesure qu’entre les juges (gens d’aujourd’hui) et les accusés (gens d’hier) l’abîme du temps se creuse, c’est toujours une moindre expérience qui juge une expérience plus grande. Le conformisme de l’opinion publique est une force qui s’est érigée en tribunal, et un tribunal n’est pas là pour perdre son temps avec des pensées, il est là pour instruire des procès  (qui se résument au fait de proclamer que nous sommes bien meilleurs que nos vilains et stupides parents) … Au fur et à mesure que la liberté de la pensée, la liberté des mots, des attitudes, des blagues, des réflexions, des idées dangereuses, des provocations intellectuelles se rétrécit, surveillée qu’elle est par la vigilance du conformisme général, la liberté des pulsions va grandissant. On prêche la sévérité contre les péchés de la pensée ; on prêche le pardon pour les crimes commis dans l’extase émotive. » (Milan Kundera) – Le lien étroit entre la censure de la pensée politique déviante et la lâcheté devant les actes relevant du droit commun..» (Milan Kundera)

« Infatuée d’une hauteur et d’une intolérance extrême. La choquer … c’est provoquer toutes ses foudres … ce monstre a mille têtes, animé de mille fureurs. » (Maurice Lachâtre – sur l’opinion publique) – Telle que fabriquée, conditionnée, excitée par les média au service.

« Je voyais en lui, non pas un homme, mais un produit manufacturé, une machine à dire ce qu’il faut dire et à penser ce qu’il faut penser. » (Valéry Larbaud – Fermina Marquez)

« Le totalitarisme aime l’uniforme, et le conforme y mène directement. » (Serge Latouche)

« Le politiquement correct … n’a cessé de nourrir le politiquement abject. » (Alexandra Laignel-Lavastine – La pensée égarée) – Ôh, abjects ! Nos politicards, nos éditorialistes, nos journalistes, nos présentateurs TV, nos intellectuels, nos philosophes, nos sociologues, nos apparatchiks !

 « Aucun jugement élaboré n’a plus vraiment droit de cité. Et si quelqu’un s’autorise à en porter un, c’est pour aussitôt se voir contredire par un avis opposé … S’ensuit une paralysie de toute action un tant soit peu concertée. Et un vif sentiment d’impuissance … Sera désormais discrédité d’office n’importe quel ‘c’est çà’ énoncé, du seul fait qu’il s’autorise à sortir du lot, à s’énoncer … L’effet escompté finalement est de contraindre tout le monde à cesser de tenir une position, à se résigner au prêt-à-penser … Il s’agit bien de ‘réduire les têtes’ (Dany-Robert Dufour). » (Jean-Pierre Lebrun) – Pluralisme, disparition de toute transcendance, de toute position d’exception. Confusion et souffrance générales, tel est devenu notre lot.

« Le ‘politiquement correct’ produit des êtres craintifs, ennemis du risque. Cette nouvelle génération ‘précautionneuse’ (par force) souffre de pudibonderie. » (Dominique Lecourt)

« La peur panique de mal penser. Partout sévit l’obsessionnelle référence à la bonne pensée, à la bonne science quelle qu’elle soit,  à l’orthodoxie dont procède les bonnes paroles et les axiomes irréfutables. » (Pierre Legendre)

 « Inéluctable et désirable, désirable parce qu’inéluctable : c’est en ces termes que le conformisme dominant décrit le monde qui vient. » (Elisabeth Lévy) – Mais plus personne n’y croit plus, enfin !

« On ne m’explique pas pourquoi la diversité serait merveilleuse en toute chose, sauf dans le domaine des idées. » (Elisabeth Lévy)

« Dés lors que tout le monde est sommé de penser la même chose au même moment, ce qui revient à ne plus penser du tout, la confrontation de points de vue divergents devient tout simplement inimaginable. » (Elisabeth Lévy)

« En ce qui concerne les perspectives actuelles de développement de notre culture, les conditions sont à peu près celles qui se présentent pour l’évolution d’une espèce animale lorsque la sélection ‘intraspécifique’ fait son ouvrage. » (Konrad Lorenz) – Situation où les interactions avec le milieu se font uniquement, ou presque, entre congénères d’une même espèce, pour l’humanité, on pourrait dire entre membres issus du même moule et se partageant les bénéfices ; conformisme, uniformisation. 

« Le conformiste prend les choses de l’esprit par le dehors. L’obéissant prend les choses même de la lettre par le dedans. » (cardinal Henri de Lubac)

« Rien ne fera jamais que, dans une société non transcendante, la réduction de l’homme à ses repères sociaux ne s’opère au détriment de l’intériorité personnelle et n’engendre, quelle que soit la nouveauté de son mode, la tyrannie. » (cardinal Henri de Lubac) – Nous y sommes. Softement, la férocité du politiquement correct a pour but, entre autres, de masquer cette dernière.

« On peut se déclarer audacieusement non-conformiste … On vous laisse pour cela le choix total des arguments ; mais pour être reconnu comme un vrai conformiste (avec les avantages substantiels qui en découlent), encore faut-il agir en conformité de pensée avec le capitalisme. » (Georg Lukàcs – traitant de l’anti-communisme) – On peut étendre à l’apologie de toutes les idéologies dominantes ; gauchisme et laxisme actuels aussi bien que capitalisme.

« Quand les talons claquent, les cerveaux se vident. » (maréchal Lyautey)

« Les exemples historiques ne manquent pas illustrant que la réduction à l’Un : religieux, idéologique, moral, aboutit immanquablement aux pires des totalitarismes … La réduction à l’unité, monothéisme, individu, Etat, réduction aboutissant à l’émergence d’un homme moyen moderne … est la résultante d’une pensée du ’non’ … Au nom d’une valeur érigée en absolu, on en refuse d’autres, non moins prégnantes, que l’on dénie ou stigmatise. » (Michel Maffesoli)

« Totalitarisme de race, totalitarisme de classe … On peut également parler d’un ‘totalitarisme doux’ pour caractériser l’asepsie de l’existence dont les sociétés occidentales sont un exemple achevé … Paranoïa d’un rationalisme morbide cherchant une explication ultime et rejetant tout ce qui ne se soumet pas à une telle injonction … Le politiquement, philosophiquement, économiquement correct de cette fin de siècle est peut-être le dernier avatar, quelque peu ridicule, de cette paranoïa totalitaire. » (Michel Maffesoli) – Ce n’est sûrement pas le dernier, on verra pire, bien pire.

« Le politiquement correct est la langue de gens qui tremblent à l’idée de ce qui pourrait arriver s’ils arrêtaient de mentir. » (Pierre Manent)

« Le nouveau conformisme c’est le comportement social influencé par la rationalité technologique. » (Herbert Marcuse) 

« Si la culture d’une société décente implique que l’on impose des restrictions aux représentations humiliantes, ne risque-t-on pas de la transformer en une société puritaine … où l’on confondrait pureté de cœur et pureté d’expression … L’on risque de créer une société hypocrite. » (Avishaï Margalit – sur le politiquement correct) – Cela ne fait que rajouter une couche à l’hypocrisie dans laquelle baignent les soi-disant élites, les officielles.

« La ‘conformité’ est le mode spécifique du comportement social, dans sa formation mimétique spontanée (‘le comportement a remplacé l’action comme mode primordial de relations humaines’, Hannah Arendt), qui permet à la collectivité d’agir sur chacun de ses membres au moindre coût. » (Jean-François Mattéi – sur le conformisme et donc le politiquement correct)

« Le terme de ‘pensée unique’ exprime tout autant l’aspiration au consensus que le sentiment général d’impuissance politique devant la marée montante de la mondialisation économique. » (Gérard Mendel) – Il manifeste où conduit la lâcheté.

« Il ne faut surtout pas sortir de l’opinion moyenne, surtout ne pas se singulariser, tout en donnant son avis. Voilà comment les idées ambiantes de la société s’imposent comme normes de correction … L’exhibitionnisme va de pair avec une absence de tabou : tout peut être en principe abordé. Curieusement, cette absence de tabou se marie bien avec une correction politique généralisée ; on peut parler de l’inceste dont on a été victime (comme tout le monde) mais il ne faut surtout pas dire que les fonctionnaires ne travaillent pas ou que l’enlèvement et le meurtre d’un jeune homme juif par de jeunes hommes noirs qui pensaient que tous les juifs ont de l’argent est un crime raciste. » (Yves Michaud)

« Le développement illimité du libéralisme politique et culturel (la régularisation de principe, au nom des droits de l’homme et de la liberté individuelle, de tous les choix ‘privés’ et de toutes les lubies personnelles) ne peut conduire, d’une façon qui n’est paradoxale qu’en apparence, qu’au règne étouffant du politiquement correct et à une société procédurière où le moindre écart peut à tout moment amener n’importe qui devant les tribunaux … Surveillance horizontale des uns par les autres. » (Jean-Claude Michéa) – Qu’il est beau  le règne de la délation, grande passion des bien-pensants, occupation nationale.

« Dans la culture de gauche, toute porte fermée constitue, par définition, une provocation intolérable et un crime contre l’esprit humain … L’impératif catégorique est d’ouvrir et de laisser ouvertes … (même si elles donnent sur la voie et que le train est en marche) …Tel est … le fondement métaphysique de cette peur d’interdire quoi que ce soit d’un si grand nombre d’éducateurs et de parents. Il convient d’ajouter que, selon le circuit classique des compensations de l’inconscient, cette peur d’interdire se transforme assez vite en besoin forcené d’interdire (par la pétition, la pression de la rue, le recours au tribunal, la menace physique…) tout ce qui n’est pas politiquement correct … Triste et contradictoire psychologie de ces nouvelles classes moyennes dont la Gauche moderne est devenue le refuge de prédilection. » (Jean-Claude Michéa) – Gogos et Bobos, stupides, serviles et lâches.

« L’excentricité et la force de caractère vont toujours de paire, et le niveau d’excentricité d’une société se mesure généralement à son niveau de génie, de vigueur intellectuelle et de courage moral. Que si peu de gens osent maintenant être excentriques, voilà qui révèle le principal danger de notre époque. » (John Stuart Mill) – Cependant, du temps de l’auteur, le conformisme découlait d’habitudes sociales et n’était pas imposé par la terreur, comme maintenant.

« Un ordre qui prône comme valeurs incantatoires l’égalité, la liberté, les droits, l’hédonisme, le métissage, l’athéisme, la transparence et dont l’absolu s’inscrit dans la seule sphère vertueuse, cet ordre me semble travailler à l’exact contraire de ce qu’il prône, soit à l’accomplissement du nihilisme sous l’égide du politiquement correct, version moralisante de l’horizontalité … Le politiquement correct a dépassé l’extraordinaire affadissement langagier qui est une de ses caractéristiques pour devenir un appareil idéologique d’Etat, avec un pouvoir de persuasion qui donne lieu à un révisionnisme linguistique que seuls les régimes totalitaires avaient mis en œuvre. » (Richard Millet)

« Il est donc devenu, même avec la caution de Lévi-Strauss, impossible de s’interroger sur le seuil de tolérance ou sur la couleur des gens, leur origine, le caractère de ce qui est français, la nation, la faillite de l’enseignement, la culture comme universalisation du mensonge, bref tout ce qui dégrade un réel que la Propagande tente d’escamoter mais qui ne cesse de ressurgir dans la violence de sa vérité. » (Richard Millet)

« Là où la société règne, toute pensée s’éteint. » (Jean-Claude Milner) – La pression sociale fabricante de conformisme ?

« La servitude commence toujours par le sommeil. » (Montesquieu) – La pensée unique, moyen du sommeil, pour arriver à l’objectif, la parfaite servitude ; tous Gogos-Bobos.

« Dans les arts, la presse, le cinéma, l’édition, la morale a remplacé le talent et l’esprit de sérieux a censuré la liberté d’opinion … parole cadenassée, écrits surveillés, rire formaté … le conformisme est la règle absolue de survie : ne surtout pas dévier de la ligne majoritaire, consommer les mêmes cochonneries, lire les mêmes âneries, regarder les mêmes inepties, se plier aux injonctions venues d’en haut et s‘ennuyer à mourir … L’aréopage de connards chargés d’établir la liste des meilleurs films français de ces dernières années… » (Thomas Morales) – Soumis à la meute politico-médiatique aussi inculte qu’arrogante et cupide, ne pas s’étonner de l’impressionnante dégringolade de la culture française (lire Perry Anderson et la presse anglo-saxonne), du déclin de notre cinéma, et j’en passe.

« Ils ne disent jamais, eux, ce qu’ils pensent (de quoi que ce soit) parce qu’ils coïncident avec ce monde qui ne peut se développer qu’à condition de ne jamais être pensé. » (Philippe Muray – sur les censeurs officiels)

« Le désir de se venger sur les mots quand la réalité échappe de plus en plus. » (Philippe Muray)

 « Il est logique qu’à un monde sans antagonismes, sans frontières, sans souverainetés localisées, corresponde aussi une opinion unifiée ; par rapport à laquelle le désaccord serait un crime. » (Philippe Muray)

« Parler de liberté n’a de sens qu’à la condition que ce soit la liberté de dire aux gens  ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. » (George Orwell) – Décidément un tel personnage n’aurait jamais pu faire un apparatchik convenable ou un énarque utilisable.

« En dehors du désir de supprimer les mots dont le sens n’était pas orthodoxe, l’appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. La ‘novlangue’ était destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but …  Nous rendrons impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. » (George Orwell – 1984)

« Les esprits qu’on empêche de changer de pensée ; ils cessent d’être esprit. » (Nietzche)

« L’objection, l’écart, la joyeuse méfiance, l’ironie sont des signes de santé ; tout absolu relève de la pathologie. » (Nietzsche)

« Le serpent qui ne peut pas muer meurt. De même les esprits qu’on empêche de changer de pensées ; ils cessent d’être esprit. » (Nietzsche)

« Pas de berger, mais un seul troupeau ! Tous souhaiteront la même chose, tous seront égaux : quiconque pensera autrement entrera de son plein gré à l’asile des fous. » (Nietzsche)

« Sous la forme du politiquement correct, la bien-pensance refuse l’histoire et le simple fait de nommer les choses … Au nom de ce qui devrait être, le politiquement correct empêche l’analyse et du même coup la modification de ce qui est … Il interdit tout mouvement. » (Dominique Noguez)

« Phénomène d’allergie fondé sur la croyance ou la quasi-croyance (de type magique) que les mots sont les choses : féministes ne supportant plus le masculin, anticolonialistes craignant de dire ‘nègre’ … ne supportant plus qu’on appelle un chat un chat, un sourd un sourd … Le politiquement correct, comme le franglais ou la manie des néologismes, c’est la peur de ce que nous livre l’histoire : des mots qui ont déjà servi et qui ont fini par avoir bien des sens … C’est la peur de la polysémie, le goût, lié peut-être à la société de consommation,  du neuf à tout prix … A la limite, plus un mot du tout ! C’est parler qui est incorrect … Se voir, se toucher, voilà ce qui compte … Recherche éperdue de l’euphémisme, de l’égalité dans l’ordre des signifiants, à défaut de l’égalité dans celui des signifiés … On prend tout au pied de la lettre, on avance pied à pied, précautionneusement. » (Dominique Noguez)

« La pensée-gramophone. » (George Orwell)

« En dehors du désir de supprimer les mots dont le sens n’était pas orthodoxe, l’appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. La ‘novlangue’ était destinée, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but …  Nous rendrons impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. » (George Orwell – 1984

 « L’absence de couleur esthétique observée en Amérique est selon lui dans l’exacte dépendance d’un moralisme omniprésent … De là, les mœurs sévères qu’on observe en Amérique, la gravité des individus, le sentiment qu’à tout instant chacun est averti de ce qu’il doit sentir et de ce qu’il doit faire … Un monde vide d’émotions esthétiques …  ‘sans ombres, sans ambiguïté, sans mystère, rien d’autre qu’une prospérité banale, visible au grand jour tout simplement’. » (Mona Ozouf – évoquant le romancier Henry James)

 « Nous devrions applaudir tout ce qui vient défier et pulvériser la bienséance bourgeoise dans notre monde ultra-réglementé d’employés formatés. » (Camille Paglia) – Or c’est l’inverse, les censeurs sont tellement impuissants et castrés, qu’ils pourchassent tout ce qui n’est pas soupe tiedasse.

L’imposition féroce d’un « ordre moral mou et son cortège de devoirs insidieux. » (Xavier Patier) – Devoir de tolérance à sens unique, de voyeurisme privé, d’apitoiement universel et infantile… afin de couvrir d’un joli voile toutes les transgressions, turpitudes et corruptions des puissants.      

« J’accuse le parti intellectuel moderne d’avoir une métaphysique, de la vouloir imposer à tout le monde par les moyens de la force gouvernementale, en matière d’histoire et de sociologie … pour assurer sa domination dans le temporel en l’ayant assurée dans le spirituel. » (Charles Péguy) – Métaphysique est un grand mot pour ce qui n’est plus que corruption morale et matérielle

« Au moins les anciennes sanctions n’étaient-elles point hypocrites. Elles désignaient celui qu’elles voulaient frapper. » (Charles Péguy)

« Plus une société devient démente, plus le langage a pour charge de planquer cette démence derrière un lexique fréquentable. » (Daniel Pennac)

« La perversion de la cité commence par la fraude sur les mots. » (Platon)

« Toute pensée, en un mot, était ressentie par eux comme un outrage personnel. » (Edgar Poe)  – Pour les militants du politiquement correct.

« Dans une société établie, le droit à la non-conformité doit être protégé par les institutions. » (Karl Polanyi) – Cela n’est vrai en France que si cette non-conformité sert la politique officielle de destruction des mœurs, des coutumes et de toute valeur ; si, au contraire, l’attitude non-conforme tend à les conforter, elle sera moquée et impitoyablement pourchassée.

« On ne doit pas dire … ‘Respecter’ est devenu synonyme de ‘Taisez-vous’. Pour faire taire, on ne brûle plus en place publique … les anciens supplices ont été remplacés par le mot ‘respect’ … On ne peut plus ébranler et réclamer le droit d’ébranler sans se voir interdit de parole … réflexe unanimiste et vision d’une démocratie variante de ‘C’est mon choix’. » (Natacha Polony)

« La pensée unique, la traduction en termes idéologiques à prétention universelle des intérêts d’un ensemble de forces économiques. » (Ignacio Ramonet)

 « Paradoxalement, une période de bouillonnements, de crises et de périls de tous ordres comme la nôtre coïncide avec un consensus idéologique écrasant, imposé par les média, les sondages et la publicité grâce à la manipulation des signes et des symboles, et au contrôle des esprits. » (Ignacio Ramonet) – Désolé, rien de paradoxal. C’est dans les périodes d’incertitudes et de troubles que les pouvoirs dominants renforcent la politique de terreur (car il s’agit bien de  terreur, même si soft).

« De plus en plus de citoyens libres se sentent englués, poissés par une sorte de visqueuse doctrine qui, insensiblement, enveloppe tout raisonnement rebelle, l’inhibe, le trouble, le paralyse et finit par l’étouffer. Cette doctrine, c’est la pensée unique, la seule autorisée par une invisible et omniprésente police de l’opinion. L’arrogance, la morgue et l’insolence de cette doctrine … moderne dogmatisme. » (Ignacio Ramonet – Géopolitique du chaos)

« Il annonce (Alexis de Tocqueville) une sorte d’étouffement de la démocratie par elle-même, par l’achèvement extrême auquel elle parviendra … Dictature douce de l’opinion publique … homogénéité des sentiments, des goûts, des idées, des mœurs, soumettant les citoyens à l’esclavage, non d’une contrainte extérieure mais de la toute-puissance de leur propre consentement mutuel. Plus se perfectionne la démocratie égalitaire, et plus spontanément les hommes se ressemblent entre eux, plus ils veulent les mêmes choses … La toute-puissance de la majorité fait disparaître jusqu’au besoin de s’écarter de l’opinion dominante. L’homme original dépérit … sans qu’on ait besoin de le persécuter, faute d’audience, faute même de contradicteurs. L’égalité des conditions, base de la démocratie, au sens … de l’égalité non des richesses mais des statuts engendre l’uniformité de la pensée. » (Jean-François Revel – évoquant Tocqueville – Comment les démocraties finissent) – L’enfer du conformisme, aussi obligatoire que vide.

 « Toute résolution suppose de renoncer à d’innombrables possibilités, d’où la crainte permanente de faire le mauvais choix.. Comment apaiser cette anxiété ? En regardant et en imitant ce que font les autres. Le conformisme calme la peur de se tromper. » (Olivier Rey)

« Personne ne sait ce que signifie ‘être Charlie’ ; mais il est ignominieux de ne pas être Charlie … Celui qui n’est pas Charlie tombe sous le coup d’une condamnation a priori. » (Ingrid Riocreux) 

« On serait tenté de définir le ‘politiquement correct’ comme le consensus du mensonge, ou plutôt le consensus des semi-vérités : tout le monde sait que c’est faux, ou à peine vrai, mais c’est ce qu’il convient de dire, notamment en public. On n’est pas contraint de le penser … c’est juste un discours obligé, le ‘lieu commun’ par excellence, un discours tout fait, un ensemble de dogmes… » (Ingrid Riocreux)

« Après les ‘faux musulmans’, les ‘pseudo-supporters’. Quand c’est mauvais, c’est pas vrai. Le discours médiatique compose en permanence un monde idéal présenté comme réel. Conséquence logique : quand la réalité entre en conflit avec celle qu’on veut nous peindre, c’est le réel qui ment. Nous sommes habitués à cela : nous savons par exemple que les méchants musulmans ne sont pas de vrais musulmans. Ils ‘se prétendent’ musulmans mais ils ‘n’ont rien à voir avec l’islam’. Pire, ils trahissent l’islam qui est une religion de paix. Les supporters qui insultent, qui cognent ne sont pas de vrais supporters, et patati et patata… » (Ingrid Riocreux)

« On loue ou on blâme la plupart des choses parce que c’est la mode de les louer ou de les blâmer. » (La Rochefoucauld)

« On loue ou on blâme la plupart des choses parce que c’est la mode de les louer ou de les blâmer. » (La Rochefoucauld) – Et aussi parce qu’aujourd’hui c’est devenu une obligation démocratique.

« L’Etat moderne a une funeste méfiance de la liberté. Il traite tous les citoyens en perpétuel collégiens soumis à l’acceptation passive d’une vérité officielle. » (Romain Rolland)

« Les intimideurs de la culture, de la politique, sont pareils aux animaux qui se gonflent pour effrayer. Ils prennent des airs terribles. Ils se déguisent en inquisiteurs. Ces dénonceurs professionnels du mensonge social sont les vrais menteurs. Prêcheurs de licences, ils se donnent des airs de moralistes … Incultes, ils se prétendent créateurs d’une nouvelle culture. Parasites, ils se posent en défenseurs des travailleurs. » (Raymond Ruyer)

« ‘On y trouverait donc … sur tous les sujets possibles, tout ce qu’il faut dire en société pour être convenable et aimable’ (Flaubert annonçant son Dictionnaire des idées reçues). Je ne suis pas convenable, mais n’ai pas eu la prétention ni le courage d’écrire l’édition 2002 d’un tel dictionnaire. Et puis, il existe déjà : lisez ‘Le Monde’, vous saurez ce qu’il convient d’aimer : la gauche plurielle, le processus Matignon,, les ‘rave-parties’, les parentés homosexuelles, le cinéma français, les romans écrits par les femmes d’intérieur ; je veux dire, qui racontent leurs intérieurs … et ce qu’il est convenable de détester : la France moisie, le libéralisme, la pudeur sexuelle… En revanche vous pourrez continuer d’ignorer des faits sociaux ou politiques importants, mais n’entrant pas dans le politiquement correct. » (Michel Schneider – Big mother). Evidemment ces listes d’exemples sont à mettre à jour depuis 2002, citons seulement dans les amours fortement suggérées, toutes les formes de cosmopolitisme, d’antiracisme et d’élitisme, l’Europe… et dans les détestations obligatoires, toutes les formes de populisme, M. Poutine et la Russie… Le quotidien cité y veille.

« Les hommes les mieux disposés, professant en principe le respect de la pensée libre, l’esprit critique, l’analyse objective ne savent pas en réalité tolérer  la pensée différente de la leur. Celui qui ‘pense autrement’ ((‘la liberté, c’est la liberté de penser autrement’, Rosa Luxembourg) apparaît tout de suite comme un ennemi. Au moins comme un hérétique dont l’hérésie contient une grosse goutte de trahison. » (Victor Serge)

« Les voix discordantes, on les fait taire. En leur coupant la parole, en les insultant, en les caricaturant, en déformant leurs propos, ou en les ensevelissant sous le silence. » (Jean Sévillia) – Un seul exemple, en simplifiant et sans préjuger du fond : En 1971, pétition des 343 pour l’avortement ; félicitations, émotions, tintamarre et vacarme élogieux et à n’en plus finir, soutiens de tous la planète intello, artistique, médiatique … En 1973, 18.031 médecins déclarent leur refus de l’avortement. Leur appel est à peine mentionné dans les journaux. Suivent des pétitions d’infirmières, d’élus locaux… même black-out. Et encore à l’époque, on ne pratiquait pas trop la technique de l’amalgame, aujourd’hui 18.031 médecins seraient traités de l’inévitable qualificatif de fascistes et traînés dans la boue.

« Je viens d’un monde où il est interdit de parler ; j’arrive dans un monde où on peut tout dire mais où ça ne sert à rien. » (Alexandre Soljénitsyne) – ‘Tout dire’ : c’était encore vrai et en Amérique et dans les années quatre-vingt ; cela ne l’était déjà plus en France, et depuis !

« La notion de ‘politiquement correct’ est supplantée depuis quelques années, par celle de ‘pensée dominante’, qui transcende les clivages politiques et enferme le débat public dans de standards dont il est impossible de se défaire. » (Bertrand Soubelet) – Effet, devenu cause, de la lâcheté, servilité, stupidité, imposées autoritairement. 

« Au début du XXI° siècle, la synchronisation des consciences est en train de se parfaire et de se parachever avec les futurs objets mobiles communicants et hypermédias qui, suivant partout leurs usagers,, comme les actuels téléphones mobiles… » (Bernard Stiegler)

«  Personne ne remarque plus que le pouvoir du consensus le maltraite, l’exploite et le mutile, au point de rendre méconnaissable son humanité. » (Botho Strauss)

« La guerre est déclarée à tout ce qui ne porte pas l’uniforme du siècle. » (André Suarès)

« Le conformisme des gens intelligents est plus inquiétant que celui des sots. » (Georges Suffert)

« Rare félicité des temps, où il est permis de penser ce qu’on veut, et de dire ce qu’on pense. » (Tacite)

 « La forme modérée du conformisme qui consiste à ‘vouloir être d’accord avec un grand nombre de gens’, voire, idéalement, avec tout le monde. ‘Preuve de mauvais goût’ notait Nietzsche, ‘sublimation d’une lâcheté,’ tempêtait Bernanos … Être comme il faut, être comme tout le monde … Relisons Léon Bloy : ‘Les hommes dont il ne faut pas ne peuvent jamais être comme il faut. Par conséquent, exclusion, élimination immédiate … de tous les gens supérieurs … Plus on est semblable à tout le monde, plus on est comme il faut. C’est le sacre de la multitude’ … Le conformiste se confond avec l’esprit faux. Ralph Waldo Emerson l’a caractérisé : ‘Ce conformisme les rend non pas faux dans quelques cas, auteurs de quelques mensonges, mais faux dans tous les cas. Leur vérité n’est jamais tout à fait vraie. Leur deux n’est pas le véritable deux, leur quatre pas le véritable quatre … La confiance en soi est l’aversion envers le conformisme’. » (Pierre-André Taguieff) – Qui peut penser au bourgeois, au Bobo, lisse et bien élevé ?

« Egalitarisme, humanisme (ou individualisme moral…), progressisme : ces ‘ismes’ axiologiques … qui filtrent ce qu’il convient de penser et de dire d’idéologiquement acceptable ou de socialement convenable … Ce que Tocqueville appelait les ‘passions dominantes ‘ de l’âge démocratique … Le socle des valeurs et des normes auxquelles il faut se conformer … pour exister socialement … L’obéissance au ‘pouvoir social’. » (Pierre-André Taguieff) – Profond dégoût de ce troupeau de moutons.

« Chacun est prié d’ajouter foi à ce qui est dit, d’aimer ce qu’il faut aimer, de trouver enthousiasmant ce qui veut être trouvé enthousiasmant ; et à tout le moins de faire semblant. » (François Taillandier) 

« Refuser les lieux communs du temps, ne pas se plier aux génuflexions d’usage. » (François Taillandier) – C’est encourir la haine de la meute médiatique chargée d’imposer la pourriture.

« Le besoin de s’accorder avec le public … de penser et d’agir dans le sens de l’opinion, devient d’autant plus fort et d’autant plus irrésistible que le public est plus nombreux, l’opinion plus imposante. » (Gabriel Tarde) – D’où l’intérêt de mentir au début pour amorcer la pompe et emballer la machine.

« Le conformiste est l’homme du troupeau qui respecte les formes sans s’inquiéter du fond … Après le conformisme de la vertu nous avons le conformisme du vice. …Le vent a tourné, mais les girouettes ne choisissent pas davantage leur direction. » (Gustave Thibon)

« La conception de la liberté (issue de mai 68) est tellement enfantine qu’elle s’autoréprime dans le conformisme du politiquement correct. Plus de normes, donc plus de marges. Des droits aux factions, aux confessions, aux corporations, aux communautés, donc plus d’exigences… » (Denis Tillinac)

« Plus les conditions deviennent égales, moins les hommes sont individuellement forts … plus ils se laissent aller aisément au courant de la foule et ont de peine à se tenir seuls dans une opinion qu’elle abandonne. » (Alexis de Tocqueville) – « Le qu’en-dira-t-on et la titraille font rentrer les meilleurs dans leur trou. » (Régis Debray)

« Nous devons admettre qu’il n’y a pas grand-chose d’actif dans la pensée unique : vénération de l’argent (signe certain d’une angoisse du vide, l’amour de l’or en général est typique de celui qui n’a rien à aimer en particulier), affirmation de la tolérance (sauf pour ce qui est droit et sain), rejet de la nation (quoi de plus négatif que cette glorification du néant) … Il n’y a rien dans la pensée unique, qui est en réalité une non-pensée, ou une pensée zéro … Ni le catholicisme (suit énumération des religions et des idéologies, jusqu’au fascisme) n’avait osé proposer au monde une pareille frénésie panglossienne d’acceptation de tout ce qui arrive. Le trait central et unificateur de la pensée zéro est une glorification de l’impuissance, une célébration active de la passivité (de la lâcheté) … le noyau mou de la pensée zéro, c’est l’implosion de l’individu qui résulte de l’implosion du groupe … Ce qu’on a l’habitude d’appeler pensée unique n’est qu’une juxtaposition de lambeaux négatifs, portés à un moment donné par les hauts fonctionnaires, les politiques et les universitaires (et les gens des média et de la sainte ‘com’) qui constituent le milieu parisien … c’est le milieu porteur, défini par un territoire (quelques hectares) qui donne à la pensée zéro ses contours et son contenu de bric-à-brac … Elle mériterait aussi bien le nom de ‘purée globale’. » (Emmanuel Todd)

« C’est une stratégie du déluge qui est enclenchée. On ramasse le maximum, et puis l’on s’en va, pour terminer sa vie dans un camp retranché pour vieillards dorés. Marx, qui était sensible à la grandeur historique du capitalisme, et vivait à sa manière l’optimisme des bourgeois conquérants de son temps, aurait méprisé le monde de la pensée zéro. » (Emmanuel Todd)

« Une âme conformiste cherche toujours à s’assurer qu’elle n’est pas seule à avoir une idée. Pour elle, la peur de la solitude passe avant la passion de la vérité. Elle a besoin de se rassurer auprès des autres. » (Bertrand Vergely)

« Adorer le ‘gros Animal’ c’est se conformer en pensées et en actions aux préjugés et réflexes de la foule, sans effort de recherche personnelle de la vérité et du bien. Encore Platon n’avait-il guère idée de ce que serait un jour les moyens de dicter aux foules leur prétendue opinion ! » (Simone Weil)

« Quand tout le monde est d’accord, c’est qu’il y a un loup. » (adage –sur le consensus)

« L’uniformité engendre le conformisme dont l’autre visage est l’intolérance. » (?)

« La dictature culturelle du politiquement correct a dégénéré en un authentique système totalitaire. » (?) – Sur les démissions forcées de certains dirigeants économiques ou politiques pour une phrase (légitime), un soutien (légal). Système de délation organisée

« La génération mauviette du ‘politiquement correct’. » (?)

Ci-dessous, extraits du livre d’Alain-Gérard Slama, L’angélisme exterminateur, essai sur l’ordre moral contemporain.

« Jamais les opinions et les comportements n’ont été à ce point bornés par les préjugés … L’extension du contrôle social et la montée de l’intolérance … Malheur à celui qui ose rompre l’harmonie … La majorité consensuelle dicte sa norme et il suffit que quiconque semble suspect de s’en écarter, pour être, soit identifié aux extrêmes, soit considéré comme inaudible et, dans tous les cas, rejeté dans les ténèbres du ‘négatif’ … Notre démocratie plus apparente que réelle … Sorte de totalitarisme non fasciste qui ronge les volontés … Nous abandonnons notre conscience à la direction des experts … Nos pensées sont des mécanismes et nos actes des gestes … Le conformisme régnant est tellement pesant qu’on ne peut plus librement parler de rien dans la France d’aujourd’hui si on veut éviter de se voir prendre à partie (‘La peur du vide’, le désert d’Olivier Mongin) … Un mot ‘morale’ domine l’époque, omniprésent dans les discours, dans les média…  … Pas un jour sans que soit annoncée quelque mesure de redressement des mœurs, de lutte contre la corruption, sollicité l’avis de quelque sage ou créé un nouveau comité, sans que soit allongée la liste des délits … On se complaît à développer un sentiment de culpabilité collective … Dans tout Ordre moral (continuité d’un climat déployé sans limites sous Vichy), l’esprit de justice se trouve associé à l’esprit de contrôle ; une idéologie de la prévention … qui équivaut à considérer a priori l’individu comme irresponsable … Vigilance en matière de mœurs, invocation tous azimuts de la responsabilité collective, procès ininterrompu des responsables, diabolisation de l’adversaire, recherche du salut par la Vertu, célébration des ’héros’ d’une nuit à la morale de secouristes, hygiénisme, charité, critique de l’argent, de la consommation … Plus une société conçoit l’exercice de la responsabilité sous le rapport de la prévention, plus elle se rapproche du système de pensée totalitaire …Toute politique qui tend à incarner le Bien universel et à l’imposer tend à être totalitaire … Pression d’un véritable chantage pesant sur l’autonomie de la personne … Qu’est-ce qu’une responsabilité qui ne se choisit pas ? … La liberté du choix individuel sacrifiée à une idéologie de la sécurité … On n’éveille pas la responsabilité des individus en les traitant en irresponsables … Quand le juge se veut expert ou quand l’expert se veut juge, ces deux figures incarnations de notre moderne idéologie … La perception du langage qui prévaut dans nos démocraties policées est la même que celle des pays totalitaires : elle repose sur le nominalisme, l’amalgame et le manichéisme (les structures mentales de l’intolérance) … La langue de bois du consensus et de la vertu … Le citoyen fondé à exiger que le pouvoir soit aussi moral que lui et qu’il ignore l’éthique de la responsabilité pour n’obéir qu’à l’éthique de la conviction (grotesque et hypocrite pouvoir alors que celui-ci) … La castration est le stade suprême de l’apaisement des conflits … L’idéologie du consensus politique poursuit ses objectifs en s’efforçant d’éliminer tout ce qui nuit au consensus social … Le même individu, qui saurait peut-être dire non à une décision politique, est désarmé devant une institution savante … L’idéologie du consensus, mélange dissolvant d’utilitarisme et d’ordre moral, est à la fois, comme toutes les idéologies, un moyen et une fin. Son but : neutraliser les conflits, est également sa technique de domination. Elle règne par l’harmonie et le compromis … Ce qu’il est essentiel pour le pouvoir de briser, c’est la résistance des mentalités à un principe avancé, les modalités sont une simple affaire de temps … Lorsque la démocratie méconnaît la limite de sa juridiction et qu’elle empiète sur le domaine de la morale, elle tombe dans une tyrannie insupportable et est condamnée à employer les plus détestables moyens, l’espionnage des mœurs, l’inquisition des consciences … ‘Lorsque toute la vie est pénétrée de rapports juridiques, il se crée une atmosphère de médiocrité morale qui asphyxie les meilleurs élans de l’homme’ (Soljenitsyne) … ‘L’homme qui laisse le monde choisir pour lui sa manière de vivre, n’a besoin que de la faculté d’imitation des singes’ (John Stuart Mill) … ‘L’on oublie que c’est surtout dans le détail qu’il est dangereux d’asservir les hommes … La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point ; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l’usage de leur volonté’ (Alexis de Tocqueville). »

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