375,11 – Partis

– Ne songent qu’à s’emparer des places et privilèges exorbitants que s’attribuent les élus. N’ont d’ambition que de s’emparer de l’Etat pour le mettre au service d’un groupuscule, le plus souvent composé d’idéologues politiciens de profession. Leurs chefs sont désignés par les puissances financières qui contrôlent les média. Le reste est cinéma pour gogos.

– Quand la clique politico-médiatique ostracise un parti et lui crache dessus, c’est certes pour dissuader les gens de le soutenir et de voter pour lui, mais c’est plus encore pour effrayer de potentiels candidats valables de le représenter. Ce qui aboutit au même résultat de façon encore plus lâche et hypocrite.

– Le regretté Pierre Dac avait fondé le Parti d’en rire. Aujourd’hui, devant l’indécence et la stupidité du spectacle qu’ils offrent, on fonderait plutôt le Parti d’en pleurer.

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« La victoire à la loterie pour les organisateurs de la loterie. » (William Abitbol – sur le financement public des partis, organisé par les deux plus grands)

« Tous les partis visent également à l’absolutisme, à l’omnipotence dictatoriale. Heureusement qu’ils sont plusieurs et qu’on pourra les mettre aux prises. » (Henri-Frédéric Amiel) – Certes, oui. Mais s’ils s’entendent en coulisses comme en France ?

« Si l’on veut bien voir que l’énorme machinerie politique des partis a réussi, un peu partout, à étouffer la voix des citoyens, même dans des pays où la liberté de parole et d’association demeure encore intacte … En Occident, ces libertés ne sont plus susceptibles d’ouvrir la voie à une action qui permette le plein exercice de la liberté … La transformation du système politique en administration, ou des républiques en bureaucraties, et la désastreuse réduction du champ de l’action publique dont elle s’accompagne … Pareto (XIX° – XX°) reconnaissait déjà que ‘la liberté par quoi j’entends le pouvoir d’agir, se réduit chaque jour, excepté pour les criminels, dans les pays prétendument libres et démocratiques’. » (Hannah Arendt) – Les partis ont confisqué la voix du peuple.

« La pluralité des partis, par le seul mécanisme de la concurrence, conduit à percevoir de plus en plus nettement la multiplicité et la variabilité des partages, des institutions et des valeurs. A la limite, il n’y a plus rien sur quoi les sociétaires s’entendent unanimement. » (Jean Baechler) – Surtout à droite où on aime tant les petites querelles qui alimentent si bien la machine à perdre. A gauche quand on aperçoit le gâteau, ou, horreur, quand il risque de vous échapper, on sait serrer les rangs et la fermer.

« Nos partis sont des Français regroupés suivant leurs tempéraments plutôt que sur des programmes. » (Maurice Barrès – cité par Alain-Gérard Slama) – Pour ce dernier le clivage droite-gauche s’explique beaucoup plus par des questions de tempérament que par des options idéologiques. Point de vue probablement exact, mais il faudrait considérer également les supputations sur les opportunités offertes par chaque camp à un moment donné d’arriver aux hautes fonctions et grands privilèges. Ne pas confondre militant et idéaliste-altruiste.

« Un homme de comité à force de raisonner les moyens, arrive à se complaire en eux plus qu’en leur objet … Développement exclusif de la capacité de calculer des forces … Voilà comment on peut être un politique sans avoir l’esprit de gouvernement, et avec plus de goût pour l’intrigue que pour le pouvoir. » (Maurice Barrès) – Exemple François Hollande.

« Souvent un parti politique possède une caisse électorale. Il la remplit par des ventes de services, s’il occupe le pouvoir, ou par des ventes d’espérances s’il est dans l’opposition. » (Maurce Barrès)

« Le parti socialiste est un parti de gens heureux. Ils bénéficient des retombées de la mondialisation, des nouvelles technologies, d’un travail sûr… » (Christian Baudelot et Michel Gollac) – C’est bien là l’avantage de n’avoir plus d’ouvriers et d’ouvrières. On est entre beau monde. – « La promesse de ‘changer la vie’ n’a pas été perdue pour tout le monde. Leur occupation du pouvoir a au moins concrètement changé la vie de quelques milliers d’entre eux. Une nouvelle classe de parvenus s’est constituée … le cynisme et le technocratisme ont été les deux mamelles de ce processus. » (Eric Dupin) 

« La tentation du centre est le recours des Français qui ne comprennent rien et qui ont peur de tout. » (Cyril Bennasar) – Gogos ou Bobos, ou cumulards ?

« Ce qui effraie le plus dans les partis, ce n’est pas ce qu’ils disent, c’est ce qu’ils négligent ou refusent de dire. » (Louis Blanc)

« Prisonniers de dogmes qu’ils savaient périmés, de programmes qu’ils avaient renoncé à réaliser, les grands partis unissaient, fallacieusement, des hommes qui, sur les grands problèmes du moment, on le vit bien après Munich, s’étaient formé les opinions les plus opposées. Ils en séparaient d’autres, qui pensaient exactement de même. Ils ne réussissaient pas, le plus souvent, à décider de qui serait au pouvoir. Ils servaient simplement de tremplin aux habiles, qui se chassaient l’un l’autre du pinacle. » (Marc Bloch) – Rien de changé depuis 1940, sauf en pire.

« Les partis en minorité ne refusent jamais de s’allier contre celui qui triomphe. » (Gustave Le Bon) – Le beefsteak d’abord.

« ‘Il existe trois types de factions : celles qui reposent respectivement sur l’intérêt, sur un principe et sur l’affection’. Seules la première et la troisième catégories lui paraissent intelligibles. La deuxième lui semble une aberration (en effet, les intérêts du peuple et de la noblesse diffèrent, on se sent plus proches de ses voisins…), mais, les factions fondées sur la différence des principes … le phénomène le plus singulier et le plus inexplicable … » (Raymond Boudon – citant David Hume récusant l’existence des partis de type idéologique)

« Selon l’étude ‘Eurobaromètre’ de l’U E, les citoyens qui ne font pas confiance aux partis politiques sont, en France, toujours plus de 80% depuis 2003 (sauf seulement 76% en 2007). » (cité par Laurent Bouvet) – Et les partis détiennent toujours le pouvoir et encaissent ses bénéfices ! Ce en démocratie ! Remarquable verrouillage au profit d’un groupuscule. Citoyens toujours cocus, toujours contents.

« Cadres et élus d’un mouvement politique sont le produit d’une concurrence et d’une sélection interne féroces. Les compétences qui sont mises en œuvre par ceux qui survivront sont à rechercher plutôt dans les savoir-faire de la ruse, de la violence et du consensus comme arme. Ceux qui déploient de véritables compétences démocratiques ont peu de chances d’exister dans ces appareils de pouvoir … En somme … on élit pour être des praticiens de la démocratie des hommes et des femmes qui ont dû, pour arriver à cette position, déployer des compétences précisément antagonistes avec la démocratie … Hiatus majeur. » (Philippe Breton)

« Panser local, démissionner global ! » (Gaël Brustier, Jean-Philippe Huelin) – Essence de l’action des partis et du politique.

« L’esprit de parti abaisse les plus grands hommes jusqu’aux petitesses du peuple. » (La Bruyère)

« Les partis ne sont plus que des amicales de professionnels, des machines à recycler les perdants, les incapables et les éternels revenants, des broyeurs de bonne volonté. » (Daniel Carton) – Reste la mission essentielle pour les militants les plus accrocheurs : leur fournir les postes de grand luxe, les appartements, les bagnoles, les gardes du corps, les larbins et les retraites de même niveau. Cela vaut bien quelques sacrifices au départ.

« La dissociation entre la capacité de promotion et la capacité de travailler efficacement atteint un point limite dans les partis politiques …  Le choix des leaders principaux revient à désigner les personnages les plus ‘vendables’. » (Cornelius Castoriadis)

« L’impuissance de nos partis à ressourcer la politique dans la mystique qui présida à leur naissance. » (Bruno de Cessole – commentant Péguy) – Allons, voyons, la mystique n’est guère sonnante et trébuchante. 

« Le Parti, l’Action exige le sacrifice de cette vérité qui porte l’intellectuel vers lui. ‘Se perdre au sein d’un grand parti, confondre sa volonté avec une énorme volonté collective : quelle paix, quelle force ! Dès que l’on ouvre la bouche, on parle au nom de toute la Terre, l’avenir devient votre œuvre personnelle ; ça vaut la peine d’encaisser bien des choses’ … De la pureté de l’art ou des idées à l’impureté radicale de la politique … On acquiert des mérites, on se sacrifie, masochisme post-chrétien qui attire vers cet abîme d’ignominie … ‘Se salir les mains’… Hantise de l’action … Le bilan de toutes les tentatives d’engagement des écrivains, de Lamartine à Malraux, est d’ailleurs à peu près nul … Les seuls intellectuels qui aient agi dans l’histoire sont ceux qui ont cru d’abord à leurs idées … Rousseau ou Karl Marx … L’artiste reçoit de son maître des pinceaux, un studio, surtout un éditeur et un public ; il paye toutes les commodités de la liberté. .. Quiconque est payé dépend de qui le paye. » (Bernard Charbonneau – citant Simone de Beauvoir – Les mandarins) – le salaire de la servilité.

« Un traître c’est un homme politique qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre, un converti, c’est le même qui s’inscrit à votre parti. » (Clémenceau – expert en matière de trahison)

« Tous les partis qui se sépareront du peuple finiront par se perdre et peut-être le perdre avec eux. » (Condorcet)

« Les professions de foi de pureté sont le propre de surenchères qui ne demandent qu’à être calmées. » (Marc Crapez – sur les mœurs en vigueur dans les partis politiques) – Moyennant quelques avantages, sièges…

« La structure du  parti devient non seulement de plus en plus suspecte (essentiellement par réaction individualiste classique) mais radicalement inadaptée aux nouvelles conditions (télé-techno-médiatiques) de l’espace public, de la vie politique, de la démocratie et des nouveaux modes de la représentation qu’elle appelle. » (Jacques Derrida) 

« Victime d’un parti, dans le parti contraire on trouve des amis ; c’est la règle ordinaire. » (Alexandre Coupé de Saint-Donat)

« Il y a une volonté du peuple qui est latente, dont le peuple n’a pas pris conscience, qu’il n’arrive pas à exprimer, mais qui est quand même bien sa volonté, ce peuple a alors besoin d’un intermédiaire, qui comprend mieux que lui-même sa volonté … ce sera le rôle du parti. » (Jacques Ellul) – Dans tous les partis, l’obtention des places n’étant bien sûr qu’un objectif négligeable.

« Dans le jeu de la démocratie, les partis ne sont plus autre chose que des masses de manœuvre pour assurer le pouvoir à telle équipe. » (Jacques Ellul)

« Tous ceux qui ont traversé les partis dans les structures de base savent à quel point la réflexion politique y est rare et les minuscules opérations tactiques fréquentes. » (Alain Etchegoyen)

« Les partis sont devenus des systèmes hermétiques qui fonctionnent en vase clos … Le parti favorise votre ascension tant que vous obtempérez à ses désirs … Corporatisme … chacun s’entraide à l’intérieur et personne ne vient de l’extérieur renouveler les talents. » (Jean-Christophe Fromantin)

« A l’intérieur du parti lui-même, les tendances se haïssent avec persévérance et minutie. Elles s’enverraient volontiers à l’échafaud, comme les fractions du jacobinisme, si les caractères étaient à la hauteur des sentiments. » (André Frossard – faisant parler le diable)

« Les partis sont des machines politiques bien trop obsédées par la conquête des pouvoirs pour faire une place significative à un travail d’analyse désintéressé. » (Marcel Gauchet)

« Pour eux (les partis), la République devait être leur propriété et le peuple n’existait, en tant que souverain, que pour déléguer ses droits et jusqu’à son libre arbitre aux hommes qu’il désignerait … Que l’Etat fût faible c’est à quoi, d’instinct, ils tendaient afin de mieux le manier et d’y conquérir plus aisément, non point tant les moyens d’agir, que les fonctions et les influences. » (Charles de Gaulle)

« Ce que les gens appellent ‘l’esprit partisan’ n’est rien d’autre que le fait de choisir le même bouc émissaire que ses voisins. » (René Girard)

« Le détournement de l’agressivité au sein d’un groupe spécifique et contre un élément externe (ou un élément interne qu’on expulse) crée une cohésion forte au sein de ce groupe. » (René Girard)

« On est en droit de se demander si un parti au pouvoir adopte la même attitude que lorsqu’il n’y est pas. » (David Ben Gourion) – Admirons l’interrogation.

« La bureaucratie est la force routinière et conservatrice la plus dangereuse ; si elle finit par constituer un corps solidaire, qui existe pour lui-même et se sent indépendant de la masse, le parti finit par devenir anachronique et, dans les moments de crise aiguë, il se vide de son contenu social et demeure comme perché dans les nuages. » (résumé d’Antonio Gramsci par un autre auteur)  – Le parti socialiste en France, si on ajoute le fait que sa trahison des classes populaires s’explique également par la corruption de ses dirigeants issus de la grande bourgeoisie ou faisant le forcing pour l’intégrer. 

« On préférerait même quelqu’un qui ne ferait rien mais se montrerait extrémiste en paroles. » (Jean Grenier) – Plutôt que quelqu’un qui manifesterait son désaccord sur certains points.

« Portés au pouvoir par des catégories protégées ou gagnantes des effets de la mondialisation (provisoirement !), soutenus par un pouvoir économique et financier mondialisé, il est difficile d’imaginer que les partis de gouvernement puissent prendre en compte les attentes de catégories qui contestent cette politique (les classes populaires). » (Christophe Guilluy)

 «  Le système de représentation traditionnel, qui a fait la promotion d’un modèle économique et sociétal contraire aux intérêts des plus modestes, n’a plus aucune légitimité …Le constat s’applique à l’ensemble de la gauche mais aussi à la droite. Le divorce est définitif et structurel. Les intérêts des catégories modestes sont désormais trop divergents de ceux des catégories supérieures. Les représentations de la société française et du monde sont désormais irréconciliables, le consensus n’est plus envisageable. » (Christophe Guilluy)

« Le parti unique est le parti des seuls purs, celui de la conspiration instituée, reconnue, installée. Rousseau avait d’ailleurs dit que la démocratie suppose un parti unique exprimant seul la ‘volonté générale’. » (Jean Guitton)

« Des gens tombent plus facilement d’accord sur un programme négatif, la haine, l’envie… que sur des buts positifs. C’est presque une loi de la nature humaine …. Et, le fait d’agir pour le compte d’un groupe semble libérer les hommes de maintes entraves morales qui interviendraient s’ils agissaient d’une façon individuelle. » (Friedrich A. Hayek)

« Un parti aujourd’hui n’est pas fait de gens d’accord sur des valeurs, mais de gens unis pour des objectifs particuliers. » (Friedrich von Hayek)

« L’islamo-gauchisme, tentative désespérées de marxistes décomposés, pourrissants, en état de mort clinique, pour se hisser hors des poubelles de l’histoire en s’accrochant aux forces montantes de l’Islam. » (Michel Houllebecq)

« Rien ne me paraît plus tristement stupide que de vendre sa vie à un parti politique quelconque. » (Eugène Ionesco)

« Sans doute, on s’obstine, probablement à cause d’une vieille tournure d’esprit à avoir des programmes, mais on tient rarement à les faire aboutir. » (Robert de Jouvenel) – Au contraire, l’honneur, comme partout, est dans la trahison. Vous comprenez, la réalité…

« Qu’est-ce donc pour Simone Weil qu’un parti ? D’abord une machine à fabriquer de la passion collective. Ensuite une organisation destinée à faire pression sur la pensée de ses membres. Enfin un appareil exclusivement préoccupé de sa propre croissance, sans aucune limite … Les partis ne sont plus les écoles primaires de la démocratie. Ils ne sont plus que des lieux de sélection du personnel politique, selon des critères de plus en plus opaques et de plus en plus douteux. » (Jacques Julliard)

« Les princes manquent et les puissants ont tous accédé au pouvoir par les échelons de la lutte des partis : ce qui réduit dés l’abord leur aptitude à des actes qui viseraient au bien de tous. » (Ernst Jünger)

« Il existe chez nous un parti que les tribunaux ne peuvent pas interdire, qui a le droit de se présenter aux élections, mais ses électeurs n’ont pas le droit de voter pour lui, et ses dirigeants n’ont pas le droit de gagner. Ce qui, on en conviendra, est assez pratique pour ses adversaires. » (Elisabeth Lévy)

« Le parti s’articule entre une partie active et une parti passive, et la seconde ne doit être mise en mouvement qu’occasionnellement et au commandement de la première … Les membres sont des spectateurs prenant plus ou moins part aux événements, mais jamais avec toute leur personnalité … Ces organisations reposent sur la division du travail, sur la bureaucratisation, sur une mesure et une distinction précise des droits et des devoirs. » (Georg Lukàcs – sur les partis traditionnels, bourgeois ; sur ce que ne doit pas être le parti communiste)

« De même que dans la vie privée, on distingue entre ce qu’un homme dit ou pense de lui et ce qu’il est et fait réellement, il faut distinguer, encore davantage, entre la phraséologie et les prétentions des partis et leur constitution et leurs intérêts véritables, entre ce qu’ils s’imaginent être et ce qu’ils sont en réalité. » (Karl Marx)

« Les partis qui luttèrent à tour de rôle pour le pouvoir considérèrent la conquête de cet immense édifice d’Etat comme la principale proie du vainqueur. » (Karl Marx)

« Le régime des partis rend légale, normale, et consacre la subversion de la diversité matérielle et passionnelle contre l’unité raisonnable. La démocratie est le visage politique du mal romantique. Le penchant pour la liberté, au cœur de l’homme et du sol français, avait fait naître l’ordre le plus humain : il entraîne depuis que ses freins indispensables lui ont été ôtés, la plus inhumaine anarchie. » (Charles Maurras)  

« Les média se substituent aux partis tant comme mécanisme de sélection de la classe politique que comme instruments de mobilisation de l’opinion. » (Yves Mény et Yves Surel)

« A l’image du secteur économique où la cartellisation sert à écarter ou à éliminer les concurrents par la distorsion des règles du marché, les partis cartellisés contrôlent la compétition politique en la réservant à ceux qui sont déjà présents sur le marché de l’offre … Barrières installées par les formations en place : modes de scrutin, découpages électoraux, clauses d’exclusion, accès aux média, patronage et clientélisme, clôture de l’agenda politique, consociativisme des élites. » (Yves Mény et Yves Surel)

« Le parti de demain. » (Jean-Claude Michéa  – qualifiant la gauche)

« Les mouvements ‘progressistes’ qui ne défendent plus que les seuls intérêts culturels des nouvelles classes moyennes des grandes métropoles du globe, autrement dit, ceux d’un peu moins de 15% de l’humanité. » (Jean-Claude Michéa)

« Du point de vue contre-révolutionnaire, les partis sont corrompus par l’obligation de servitude à une clientèle … Par-dessus la tête d’électeurs innocents et naïfs, les chefs de partis s’entendaient pour maintenir le pays dans une situation de conflit, perpétuant ainsi la nécessité prétendue d’une structure de partis … Atmosphère de drame perpétuel, détournant l’attention populaire de la réalité des événements … Pendant ce temps, partage du gâteau… » (Thomas Molnar) – Pour cette mascarade, le concours empressé des média est évidemment indispensable.

« Ce loup, depuis tant d’années, ne servait en réalité qu’à interdire toute pensée, toute sensation, tout propos non-conformes à ceux des adversaires du loup ? Dans ce sens, ce sont les vigilants du Bien et toutes les milices vertuistes qui ont le plus à perdre à cet effondrement. » (Philippe Muray – à propos de la scission du Front National en 1999)

« Un parti c’est une opinion qui a trouvé des baïonnettes. » (Napoléon Bonaparte)

« Le refus de voir ce qu’on voit ou de le voir comme on le voit est la condition première à remplir pour tous ceux qui sont d’un parti : l’homme de parti devient nécessairement un menteur. » (Nietzsche)

« Dans tous les partis, comme à l’armée, les soldats servent le drapeau et les chefs se servent du drapeau. » (Charles-Nicolas de Nugent)

« En politique on ne s’entendra jamais. Mais c’est peut-être ce que veulent les partis. C’est peut-être le jeu des partis. » (Charles Péguy)

« Le parti est la folie de beaucoup au bénéfice de quelques uns. » (Alexander Pope)

« La logique du système majoritaire : que les partis de pouvoir s’occupent non pas de répondre aux engagements pris envers des électeurs, dont ils pensent qu’ils seront, de toute façon, obligés de voter pour eux, mais d’aller glaner, chez les électeurs du parti opposé, le petit supplément qui assure la victoire. » (Jacques Rancière) – D’où les trahisons systématiques de nos politiciens.

« Si le système représentatif était à l’agonie chaque fois qu’un parti de gauche trahit ses promesses électorales, il serait effectivement mort depuis un bon siècle. » (Jacques Rancière)

« L’on ne connaît pas ce que c’est que le parti, quand on s’imagine que le chef en est le maître ; son véritable service y est presque toujours combattu par les intérêts, même assez souvent imaginaires, des subalternes. » (cardinal de Retz)

« Il faut souvent changer d’opinion pour être toujours de son parti. » (cardinal de Retz) 

« En appeler au jugement et à la collaboration populaires, ce sera pour eux s’efforcer de séduire la masse des individus en se faisant aussi peu différents d’eux que possible et en ne leur proposant rien qu’ils ne sachent ou ne désirent déjà. D’où la platitude du paysage politique. » (François Ricard)

« Le parti le plus fort s’est trouvé naturellement le plus juste. » (Rivarol)

« Un des muets de l’Assemblée nationale … il est dévoué à la bonne cause, il se lève pour la bonne cause, il reste assis pour la bonne cause, il tape du pied pour la bonne cause, et il ne se tait même que pour une bonne cause. » (Rivarol)

« Des jeunes fréquentent la sphère politique en raison des opportunités de carrière qu’elle est susceptible de leur offrir, ces aspirations ne nécessitant pas de formation approfondie ni spécifique. » (Raffaele Simone) – Dans la plupart des cas, seulement du culot et l’absence de tout scrupule pour des gains (sur tous les plans) possiblement gigantesques. « On entre en politique pour les deux mêmes objectifs : le sexe et l’argent. » (Yves Mamou)

« Les partis ne s’affrontent plus aujourd’hui au titre d’opinions à discuter, mais en tant que groupes de pression sociaux et économiques, ils évaluent leurs intérêts et leurs possibilités d’accès au pouvoir respectifs, et sur cette base factuelle, ils concluent des compromis et des coalitions. » (Carl Schmitt)

« La faculté du Parti à transformer le négatif en positif et la répudiation en rédemption fournit exactement la thérapie psychique qui manquait à ceux qui avaient perdu toute foi religieuse et tout attachement civique. » (Roger Scruton)  

« Un véritable homme de parti méprise et haït la sincérité, et, en effet, cette vertu le rend, plus qu’aucun vice, incapable d’agir comme homme de parti. » (Adam Smith)

« Le parti, c’est la démocratie ! » (le cri du cœur d’un socialiste – cité par Marie-France Garaud) – C’est surtout le marchepied de l’ambition forcenée et de l’avidité.

« Un parti n’est pas un organisme racial, mais une collection de têtes, et par conséquent aussi supérieur en esprit aux ordres anciens qu’ils lui sont supérieurs en instinct. Il est l’ennemi mortel de toute division organique en ordres, dont la simple existence est contradictoire avec sa nature. Pour cette raison précisément, le concept de parti est toujours lié à celui de l’égalité, qui est absolument négatif, dissolvant, socialement nivellateur. On ne reconnaît plus les idéals de l’ordre, mais seulement les intérêts professionnels (aussi sur le terrain de l’égalité bourgeoise, la possession de l’argent prend-elle immédiatement la place du rang généalogique) … Plus radicale sera l’extinction politique du groupement organique par ordres et par professions, plus informe et plus déshéritée sera la masse des électeurs et plus elle sera livrée sans condition aux nouvelles puissances : aux comités directeurs des partis qui dictent leur volonté à la foule par tous les moyens … qui mènent entre eux la lutte pour la domination  … Le peuple serait très étonné s’il voyait les adversaires de parti faire la causette entre eux, après s’être injurié en séance (pour la galerie). » (Oswald Spengler)

« Agrégats d’individus, Ennemis mortels d’un ordre social naturellement constitué, Aliénés à cette notion négative, destructrice et uniformisante d’égalité… » (Oswald Spengler – sur les partis)

« L’homme d’honneur peut-il consentir à jouer le rôle de chef d’un parti quelconque, rôle ignoble ? Car s’il veut se maintenir, il ne s’agit point de commander mais d’obéir, d’obéir aveuglément à l’onduleuse impulsion des masses trop souvent dirigées par les plus honteuses passions. » (baron de Stassart)

« Dans tous les partis plus un homme a d’esprit moins il est de son parti. » (Stendhal)

« Où que ce soit un parti est un mensonge en armes. La haine est le parti des partis. » (André Suarès)

« Il est souvent plus facile de former un parti que d’arriver pas à pas à la tête d’un parti déjà formé. » (Vauvenargues)

« La droite sans Dieu et la gauche sans idéal, les deux grands partis officiels … Incapables de faire mieux que de vivre de leur rente de situation … orientant leurs activités vers tout ce qui assure leur rente, laquelle est réglée sur les résultats électoraux donc sur les promesses, et donc sur la dette. » (Marin de Viry)

« Ceux qui, en haine de celui qui gouverne, haïssent leur propre pays, et qui, pour perdre un homme seul, voudraient que la France se perdit. » (Vincent Voiture)

« Des partis, sans aucune base doctrinale, simples appareils à briguer des postes, s’opposent les uns aux autres et fabriquent pour chaque campagne électorale un programme en fonction de leurs chances. » (Max Weber)

« Le mal des partis politiques saute aux yeux. Le problème à examiner, c’est s’il y a en eux un bien qui l’emporte sur le mal et rende ainsi leur existence désirable. Machine à fabriquer de la passion collective ; organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres ; la première fin, et l’unique fin,  de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite. Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration. S’il ne l’est pas en fait, c’est seulement parce que ceux qui l’entourent ne le sont pas moins que lui … Le parti est à lui-même sa propre fin … Organismes officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice … Sa croissance constituant un des critères du bien, il s’ensuit une pression collective sur la pensée des hommes … On trouve naturel, raisonnable, et honorable que quelqu’un dise : ‘comme conservateur’ ou ‘comme socialiste, je pense que…’, c’est ne pas penser … On ne peut être attentif à la fois d’une part à discerner la vérité, la justice et le bien public, d’autre part à conserver l’attitude qui convient à un membre d’un tel groupement … Quand il y a des partis dans un pays il en résulte un état de fait tel qu’il est impossible d’intervenir efficacement dans les affaires publiques sans entrer dans un parti et jouer le jeu … Chacun est une petite Eglise profane armée de la menace d’excommunication … La passion collective est l’unique énergie dont disposent les partis pour la propagande extérieure et pour la pression exercée sur chaque membre … Tout député peut être en désaccord, pour toutes les attitudes concrètes, avec un collègue de son parti, et en accord avec un homme d’un autre parti … L’opération de ‘prendre parti’, s’est substituée à l’opération de la pensée. On est ‘pour’ ou ‘contre’. Ensuite on cherche des arguments, selon le cas, soit pour soit contre …Le parti communiste s’est chargé de porter à la perfection la décadence et la nullité d’un parti (c’est ce qui a fait sa force !). » (Simone Weil – Note sur la suppression générale des partis politiques – considérations éparses)

« La protection de la liberté de penser exige qu’il soit interdit par la loi à un groupement d’exprimer une opinion … car il tend à les imposer à ses membres (se taire ou en sortir, mais alors avec souffrance) … Même l’amitié à cet égard est un danger … L’intelligence est vaincue dés que l’expression des pensées est précédée, explicitement ou implicitement, du petit mot ‘nous’ … et à la suite l’amour du bien s’égare …  La solution pratique immédiate, c’est l’abolition des partis politiques … dont la lutte est intolérable … Le parti unique qui en est d’ailleurs l’inévitable aboutissement …Les gens de 1789 n’auraient jamais cru possible qu’un représentant du peuple put abdiquer sa dignité au point de devenir le membre discipliné d’un parti. Rousseau avait d’ailleurs montré que la lutte des partis tue automatiquement la république. » (Simone Weil) – Simone Weil connaissait assez les partis pour juger de leur nocivité. 

 « Si un parti survit, cela signifie que son existence arrange certaines composantes influentes de la société, et qu’il les sert de quelque façon en échange de leur soutien. Cela explique leur absence d’idéologie nette et systématique … Dans le cadre du multipartisme, plusieurs partis peuvent être considérés comme des fractions, des cliques ou des mafias d’un seul parti gouvernant …  Les entreprises qui ont pignon sur rue s’efforcent par tous les moyens d’empêcher l’apparition de concurrents potentiels. C’est là, à mon sens, une explication plus convaincante de l’ostracisme qui frappe les partis de la droite dure que les principes moraux dont se targuent leurs rivaux … Avec des corrections insignifiantes, la ‘classe politique’ qui s’est formée en Occident sur le substrat des partis correspond à la description des fonctionnaires du parti d’un pays communiste … même stabilité du noyau. » (Alexandre Zinoviev)

« Le plus sûr moyen de détruire un parti est d’accomplir son programme. » (?)

« Plus leurs opinions sont proches, plus les groupes se sentent frères et, par conséquent, plus ils se détestent. » (?)

« La grande parade vers le ‘nulle part’ des partis politiques traditionnels. » (?) – Ce n’est que partiellement vrai. Les dirigeants savent où sont les places.

PS : Récompense somptueuse pour un ouvrier qu’on y rencontrerait au milieu de la troupe des grands bourgeois. Ne change pas de doctrine par manque d’intelligence, de personnalité, de courage et peut-être, qui sait ? Par intérêt.

« Parti libéral mâtiné de ‘gauchisme culturel’. » (Jean-Pierre Le Goff)

« Le PS s’effondrera-t-il définitivement en même temps que la classe moyenne ? » (Christophe Guilluy) – Qu’il a pris plaisir à détruire.

« A la plupart des théoriciens socialistes, il a manqué d’être pauvre. » (Charles Péguy)

UMP : Parti de gens de droite dirigé par des gens de nulle part, les uns et les autres effrayés et culpabilisés en permanence. Change de nom avec chaque patron. Ne change pas de doctrine pour cause d’absence de … hormis une admirable constance dans la soumission.

UMPS : Entité virtuelle du type blanc bonnet et bonnet blanc. Les membres se lancent des boules de neige en fronçant les sourcils.

PC : « La différence entre le beaujolais et le PC c’est que le beaujolais est sûr de faire 12%. » (Coluche)

« Le PC a disparu avec la classe ouvrière et les grandes industries. » (Christophe Guilluy) – Que ses représentants et sa filiale, la CGT, ont consciencieusement tués, la classe comme l’industrie.

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