700,3 – Médiocrité, Vulgarité

-Deux domaines dans lesquels excelle la télévision grand public en particulier, mais encore plus certaines radios (publiques !) comme France-Inter et notre société en général.

– Quelqu’un sait-il encore ce que veut dire le terme : Avoir de la tenue ? Dans cette société où dominent bien pire que le simple laisser aller, vulgarité, débraillé, grossièreté, avachissement, saleté… non seulement affichés mais revendiqués et donnés en exemple…

– La mise en scène permanente de soi-même, caractéristique de notre époque dévoyée, révélant la vacuité d’animaux sur deux pattes.

– Ce qu’une enquête sur la nouvelle génération baptise généreusement : usage d’un libre arbitre assez prononcé. (cité par Jean Sévillia) – Toujours l’obligation de l’euphémisme imposée par la lâcheté générale.

– On abuse du tutoiement, lequel ne reflète que le refus de la limite à l’égalité de tous (Dominique Schnapper). Inapproprié il révèle la vulgarité. Il ne s’emploie qu’après un temps de vouvoiement, et seulement si un interlocuteur placé au-dessus de soi, par l’âge notamment, en prend lui-même l’initiative. « La dictature médiatique des prénoms atteint sa pointe achevée avec la poignée de main » (Michel Schneider). Chez certains, présentateurs de télévision notamment, en plus de leur vulgarité congénitale, ces procédés ressortent du terrorisme consistant à abaisser l’autre pour mieux le dominer. Chez d’autres, artistes divers, politiciens de la même boutique, il veut donner l’illusion de la franche amitié et du copinage (surtout dans les milieux où on se haït cordialement).

– « Tu de masse, tu grégaire, tu moderne, tu de l’égalitarisme pervers… » (Philippe Muray)

« A l’origine le tutoiement doit traduire une intimité confiante, mais si les gens qui se tutoient ne sont pas intimes, il rend subitement une signification opposée, il est l’expression de la grossièreté, un monde où le tutoiement est d’usage commun n’est pas  un monde d’amitié mais un monde d’irrespect général » (Milan Kundera)

– La bise (quatre fois) est-elle devenue un devoir civique ? Le serrement de mains systématique et obligatoire, alors que je lis le journal ou ne songe à rien, n’était donc pas déjà suffisamment dérangeant ? 

– Un faciès soigneusement mal rasé sur un col largement ouvert sans cravate vous classe-t-il vraiment dans les êtres libérés parfaitement indépendant de toute astreinte à quelque mode impérativement exigée ? Le port d’une cravate vous classe-t-il au mieux dans les coincés, au pire dans les fascistes ? Le débraillé est-il garant de classe et d’intégrité ? – « Rien n’est plus dégradant que le règne du décontracté, du cool, de l’avachi, du ‘je suis comme je suis’, du ‘laisser aller’. » (Bérénice Levet)

– Avec les embrassades entre chefs d’Etat et de gouvernements, le tutoiement, l’usage des prénoms on dépasse carrément la vulgarité pour entrer dans l’hypocrisie, et pire encore, dans l’obscénité. « Bisous, caresses, taquineries et papouilles … et les officiels tiennent désormais la poignée de main ou l’accolade à l’ancienne, pour des marques de froideur, au bord de l’incident diplomatique. » (Régis Debray) « Le tutoiement entre politiques et journalistes, cet insupportable tutoiement, devenu signe de ralliement d’une caste, assurance tous risques et gage de compréhension mutuelle … Je tutoie, tu tutoies, nous nous tutoyons. Pas devant micros et caméras. Jamais ! Il faut que le ’tu‘ reste entre soi, avant et après le début d’émission, jamais pendant. Le peuple requiert quand même quelques mises en scène … Pareils  sur les radios, dans les journaux, on dit ‘tu’, on écrit ‘vous’. » (Daniel Carton)-  « Le monde où le tutoiement est d’usage commun n’est pas un monde d’amitié générale, mais un monde d’omniprésent irrespect. » (Milan Kundera) – « Les seules ‘salles de rédaction’ où règne une solidarité et une confraternité véritables sont celles, exceptions rarissimes, où l’affreux tutoiement est banni. » (Robert Poulet – il y a déjà près de cinquante ans) – Si, lorsqu’il est déplacé, le tutoiement n’implique pas la fausseté. Il est assuré que le vouvoiement implique le respect et présume plus de la droiture. Il n’est donc pas surprenant que notre époque de larves impose le tutoiement.  – « La simplicité affectée est une imposture délicate. » (La Rochefoucauld)

– Peut-on imaginer nombrilisme et médiocrité plus grandes que cette nouvelle hideuse manie des Selfies ? « On s’auto-aime, face présentable et ludique de la masturbation intégrale » (?). Une société qui en est là est prête à crever comme Narcisse au fond de son étang.

– Peut-on imaginer faces plus lunaires et éblouies d’être là que ces visages entrevus dans un public admirant sa propre servilité (rires et applaudissements sur commande) dans les auditoriums de télévision.

– Où peut-on trouver plus de vulgarité que chez certains prétendus humoristes, notamment à France-Inter ?

– Peut-on mieux développer ses propres talents de médiocrité et de vulgarité qu’en se complaisant à regarder certaines émissions dites de variété présentées par les marionnettes encensées par la presse, les Cyril Hanouna, Laurent Ruquier… aujourd’hui.

– Pour illustrer la bassesse de certains intellectuels français. L’ignoble Jean-Paul Sartre, qui allât pisser sur la tombe de Chateaubriand sur l’ilot du grand Bé. Pour marquer son mépris osa préciser la non moins abjecte Simone de Beauvoir (l’admiratrice des camps de concentration maoîstes).

-Symbole de la vulgarité  de notre époque : les t-shirt à message. A la rigueur excusable sur un adolescent, encore que ce soit le prédisposer à la médiocrité, carrément obscène sur un adulte.

– Un magnifique exemple de vulgarité nous fut donné par le couple présidentiel posant dans les salons de l’Elysée lors de la fête de la musique, entouré du groupe techno Kiddy Smile : des artistes se revendiquant fils d’immigrés, noirs et pédés, habillés de shorts et de maillots en résille. Je vous épargne les paroles de leurs chansons. » (Ivan Rioufol) – On peut être fils d’immigrés, noirs et homosexuels et être digne, surtout à l’Elysée, mais si les maîtres des lieux ne le sont pas !

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« Je crois que Dieu pardonnera à tout le monde, sauf aux médiocres. » (Jean Anouilh)

« Le monde est bien bossu quand il se baisse. » (Balzac)

« Une pensée basse, une  pensée énervée qui n’a plus même la fierté de ses propres références, ni non plus l’énergie de les dépasser, et qui gaspille ce qui lui reste dans les procès, les griefs, les justificatifs, les vérifications historiques … Autodéfense d’une société qui, faute d’avoir pu générer une autre histoire, est vouée à ressasser l’histoire antérieure pour faire la preuve de son existence. » (Jean Baudrillard – sur les repentances, les accusations et excommunications, les mises à l’index, sur la petitesse de notre époque)

« Les années 1990 et 2000 furent les meilleures de nos vies. Nous avons vécu au-dessus de nos moyens, nous avons dépensé l’argent que nous n’avions pas, nous avons voyagé, festoyé, pollué, bref, nous nous sommes goinfrés en râlant pour ne pas avoir l’air trop repus et trop satisfaits, parce que ça faisait ringard d’être content. » (Frédéric Beigbeder) 

« Le Moyen Âge a donné le scandale de beaucoup de vices, mais il n’a jamais été vulgaire. » (Georges Bernanos) –  Le nôtre cumule vice et vulgarité.

« Les médiocres auront raison de vous. Les médiocres ont raison de tout. » (Georges Bernanos, à de Gaulle)

« Les actions les plus simples, les plus ordinaires, étaient comme marquées, et comme chargées d’un poids qui les inclinaient vers le bas. » (Alain Besançon)

« L’amour d’un peuple pour les histrions qui lui lancent à pleines mains l’ordure au visage. » (Léon Bloy – pressentant sans doute des animateurs (trices) de variétés et divertissements télévisés.

« Dès lors, voici que le sens même de notre évolution sur le fil fragile de la vie s’étiole et s’estompe. Voici que l’on glorifie, tels des veaux d’or, les plus incultes d’entre nous et que les squelettes de leur nullité ainsi exhibés deviennent grammaire du nombre et encyclopédie des ténèbres de l’esprit. Voici que le geste devient phrase, que le borborygme impose son discours, que la primarité se substitue à la logique, à la compréhension et à l’explication. Pas un seul jour, pourtant, qui ne démontre par l’absurde que le niveau de langage est indissociable du niveau de la pensée exprimée et que la maîtrise du verbe, la rigueur de l’expression écrite et de la parole sont seules capables de ne pas rendre à la poussière du temps le potentiel de progrès obtenu dans le parcours des millénaires. » (Gérard Blua) – Valorisation de la vulgarité, de la médiocrité par une époque honteuse.

« Les bijoux en lourdes parures, les habillements fantastiques et compliqués de broderie, de plumes, de coquillages, qui étaient la vêture ordinaire des peuplades partout photographiées au XIX° siècle ; et maintenant on les aperçoit aux informations en jeans sales, t-shirt d’une marque de bière, casquette de compagnie pétrolière. » (Baudouin de Bodinat – sur les bienfaits de la modernité mondialisatrice – Au fond de la couche gazeuse)

« Hélas ! A deux pas des portes de la nuit, Orphée son Eurydice

« Vit et perdit à jamais.

« Oui cette histoire vous concerne,

« Vous qui, dans la lumière céleste

« Cherchez à conduire votre âme

« Car si on laisse son regard

« Se tourner vers l’antre du Tartare,

« Ce qu’on a de précieux avec soi

« On le perd en regardant en dessous de soi. » (Boèce)

« L’âge moderne représente le triomphe de la médiocrité collective. » (Gustave Le Bon)

« L’affirmation pour chacun du droit d’affirmer et de choisir ses valeurs a produit, Tocqueville l’avait prédit, un déferlement de ‘vulgarité’ ; elle a aussi nivelé les valeurs artistiques. » (Raymond Boudon) – Voir où nous sommes descendus.

« Médiocrité : la moyenne à son plus bas niveau. » (Albert Brie)

«  Nous sommes si anesthésiés par le défilé de médiocrités qui se sont succédé depuis que nous ne reconnaîtrions plus un vrai leader, s’il apparaissait. » (Jean-Paul Brighelli – sur les politiques)

« La vulgarité est bien le symptôme d’une société qui n’est habitée par rien d’autre qu’elle-même et prétend accorder légitimité à toutes les expressions collectives ou individuelles. Elle est la contrepartie de la souveraineté populaire dés lors que celle-ci, outrepassant ses compétences, prétend exercer son magistère dans les manières et dans les arts. » (Pascal Bruckner) – Je la crois plutôt le produit de la vulgarité naturelle des animateurs médiatiques, justement recrutés et promus pour cette disposition.

« Il n’y a que la médiocrité qui dure ; tout ce qui est intense est destiné à bientôt périr. » (Paul Brulat)

« La vulgarité est le fruit d’une modernité intempérante et sa propagation reflète les errements de la postmodernité. » (Bertrand Buffon)

« Le besoin d’avoir raison ; marque de vulgarité. » (Albert Camus)

« Le langage, perçu soit comme pure expression de soi-même (je parle comme je suis, je suis moi-même, je m’exprime…) , soit comme instrument le plus neutre possible d’un échange … ‘L’être soi-même’, posé comme seule mesure des comportements et des mots aboutit à un impérialisme du moi, qui est très précisément le contraire de la fonction traditionnelle et courtoise du langage … élément de ce qu’on a appelé l’idéologie du ‘sympa’. » (Renaud Camus) – Echantillon de termes : Dégueulasse, chiant, chier…

« A aucune époque, dans aucune civilisation …le trivial, le vulgaire, l’ordurier, le scatologique n’ont tenu, dans les conversations normales, la place qu’ils occupent parmi nous … Si la grossièreté est un trait d’époque répandu ailleurs, la scatologie, en revanche, et si j’ose dire,   nous est propre  … On souhaiterait que quelqu’un se chargeât de tirer quelquefois la chasse d’eau. » (Renaud Camus)

« Ils ne sont pas en retard d’une scie, d’une niaiserie publicitaire, d’une incorrection consacrée non plus que d’une grossièreté bien à la mode, et que rien de ce qui est commun ne leur est étranger. » (Renaud Camus – sur nos compatriotes semblant s’ingénier à se copier les uns les autres) – Et à copier la vulgarité médiatique.

« La société devient de plus en plus brutale, non seulement violente et délinquante, criminelle, mais tout simplement grossière, agressive, nulle, incivile, à mesure qu’elle est plus idéologiquement et médiatiquement bien-pensante ; comme si l’exigence là la libérait de toute contrainte ici. » (Renaud Camus)

 « Un homme ne peut pas donner de preuves plus tristement éclatante de sa propre petitesse, que son refus de croire aux grands hommes … Tout homme sincère sent bien qu’il s’élève lui-même en manifestant sa soumission à ce qui le dépasse. »  (Thomas Carlyle)

« Pour être populaire il faut être médiocre. » (Daniel Carton) – Suffit de regarder la liste des people, de considérer leurs admirateurs, mêmes vulgarité, médiocrité, bassesse, petitesse des deux côtés, sauf que les premiers en profitent et que les seconds payent pour en profiter.

« Dans le système hégélien le culte  de l’Etat sera combiné avec celui du héros. La grandeur de ceux-ci n’aura rien à voir avec les prétendues ‘vertus’. La grandeur signifiant le pouvoir, le vice deviendra aussi grand que la vertu … Sur l’interprétation psychologique de l’histoire, minimisant tous les grands gestes comme tous les héros, en les réduisant à des motivations insignifiantes et médiocres : ‘C’est la vue des valets de chambre psychologiques pour lesquels il n’y a pas de héros, non que ceux-ci ne soient des héros, mais parce que ceux-là ne sont que des valets de chambre’. » (Ernst Cassirer – citant Hegel et l’interprétant) – Le mépris hégélien des interprétations psychologiques ; à lire par nos tout petits journalistes.

« Ils ne veulent plus être en tête parce qu’on y est abattu le premier mais parce qu’on y ramasse de l’argent. » (Jean Cau – sur les prétendues élites d’aujourd’hui par rapport aux véritables d’avant-hier)

« La merde a de l’avenir. Vous verrez qu’un jour on en fera des discours. » (Louis-Ferdinand Céline) – Ce jour est arrivé.

« On anéantit son propre caractère dans la crainte d’attirer les regards et l’attention et on se précipite dans la nullité. » (Chamfort)

« A voir le soin que les conventions sociales paraissent avoir pris d’écarter le mérite de toutes les places où il pourrait être utile à la société, en examinant la ligue des sots contre les gens d’esprit, on croirait voir une conjuration de valets pour écarter les maîtres. » (Chamfort)     

« Ce qui est si agaçant chez les gens médiocres c’est qu’ils ne se doutent pas de ce qu’ils sont … à les voir on deviendrait misanthrope et prétentieux ; on gagne à s’en préserver. » (Jacques Chardonne) – Donc aujourd’hui, être très sélectif avec la télévision, pépinière de médiocres.

« Collés à l’immédiat, les gens se nourrissent de vulgarité. De quoi peut-on parler avec eux sinon des hommes, des faits-divers, des objets et des soucis ; jamais des idées … La noblesse de l’abstraction leur est inconnue … La vulgarité : l’absence d’abstraction. » (Emil Cioran) – Ce qui reste aujourd’hui de la conversation, un babillage insipide et épuisant, haché par des sonneries téléphoniques. – L’auteur n’a guère pu connaître la vulgarité, bien pire, elle immonde, de certains animateurs télé et d’une certaine presse dite satirique.

« Rien ne trahit tant le vulgaire que son refus d’être déçu. » (Emil Cioran)

« Les ailes nous manquent, mais nous avons toujours assez de forces pour tomber. » (Paul Claudel)

« Le comble du mauvais goût est, aujourd’hui, d’avoir l’air propret, c’est-à-dire benêt, guindé, naïf, engoncé … S’habiller est démodé. Votre ouverture d’esprit est proportionnel à celle de votre col … Un refus de se soumettre au devoir de son état (on disait autrefois à son devoir d’état) devenu terriblement banal y compris au plus haut sommet de l’Etat … La cravate en quinconce, la veste en accordéon et le pantalon tire-bouchon … Les petites blagues de gamin déplacées, la manière d’abaisser la fonction (face à Leonarda), les manières de Goujat (avec Valérie Trierweiler) … Puis sont arrivés Benalla, les gandins louches de Saint-Martin avec leur doigt d’honneur, les bains de foule s’approchant de la pratique de la vulgarité  et tout l’aréopage bigarré moins pressé de servir que de se servir … les tee-shirt à message porté dans la tribune présidentielle un 14 juillet par une membre du gouvernement… » (Gabrielle Cluzel) –On aura reconnu ce bouffon de François Hollande, ce jeune freluquet inculte d’Emmanuel Macron, l’arrogante sotte de Sibeth Ndiaye. La dictature du sans cravate, du port de la barbe

« De grands seaux de vannes lourdingues … Pour ne pas être mis à l’index, pour être ‘comme il faut’, il faut donc sacrifier à la divinité vulgarité ? » (Gabrielle Cluzel – à propos d’un film présentant un bon fond par ailleurs) – Oui, l’étalage d’une bonne dose de vulgarité est indispensable au succès populaire, sinon les médias vont massacrer l’ouvrage et l’auteur.

« Appelons obscène (se montrer hors de la scène) une société qui, parce qu’elle ne supporte plus la coupure scénique, confond le ‘surmoi’ et le moi’’, le ‘nous’ et le ’je’. (Régis Debray) – D’où la vulgarité envahissante.

« Une intelligentsia à l’américaine, dans une France à l’européenne, mettra au premier plan le sourire, la dentition, le cheveu et cette adolescence de la bêtise qui a nom pétulance. » (Régis Debray) – c’est fait.

« Les classes populaires ne sont plus rejetées, moquées, dédaignées, en raison de leur vulgarité … mais pour des raisons idéologiques ; elles ralentissent les avancées du progrès. » (Chantal Delsol) – Il est vrai aussi  que la vulgarité a atteint les classes dominantes, et avec quelle intensité !

 « Rangez ces ouvrages compliqués, les livres comptables feront l’affaire. Ne soyez ni fier, ni spirituel, ni même à l’aise, vous risqueriez de paraître arrogant. Atténuez vos passions, elles font peur. Surtout aucune ‘bonne idée’, la déchiqueteuse en est pleine. Ce regard perçant qui inquiète dilatez-le et décontractez vos lèvres ; il faut penser mou et le montrer, parler de son moi en le réduisant à peu de chose … Les médiocres ont pris le pouvoir … La principale compétence d’un médiocre, reconnaître un autre médiocre. » (Alain Deneault – La médiocratie)

« Les plus malins se satisfont d’adages tels que : ‘il faut jouer le jeu’, expression floue s’il en est et en cela convenant à la pensée médiocre … ‘C’est pas pour de vrai’, on joue, c’est seulement un vaste simulacre … Des expressions telles que ‘mesures équilibrées’, ‘juste milieu’ ou ‘compromis’ se sont érigées en notions fétiches … Une série de mots centristes, dont celui de ‘gouvernance’, le plus insignifiant de tous, est l’emblème … C’est l’ordre politique de ‘l’extrême centre’. » (Alain Deneault)

« ‘Jouer le jeu’ signifie trop de choses, souvent contradictoires, pour qu’on puisse échapper à l’arbitraire du strict rapport de forces et au maquignonnage le plus navrant … Aussi passe par la participation à certains rituels qui ne sont pas obligatoires (se montrer à telle soirée, contribuer ostensiblement au financement de telle association, féliciter tel collègue pour son excellent article qu’on n’a pas lu) et marque un rapport de loyauté à un corps, à un réseau, à un tout … mais sur le respect desquels veille une autorité impitoyable … règles floues, jeu flou. » (Alain Deneault)

« ‘Il faut jouer le jeu’ en appelle tantôt à se plier de manière obséquieuse à des règles établies aux seules fins d’un positionnement de choix sur l’échiquier social, tantôt à se jouer complaisamment de ces règles … tout en maintenant sauves les apparences … Consiste à ne se soumettre à rien d’étranger à la loi de l’avidité … Les expressions fétiches : ‘faire comme il faut’, ‘mesures équilibrées’, ‘juste milieu, ‘compromis’, ‘gouvernance’… neutralisation de l’esprit par une série de mots centristes … N’ont ainsi droit de cité que la fadeur, le gris, l’évidence irréfléchie, le normatif et la reproduction … la médiocratie nous incite de toutes parts à sommeiller dans la pensée, à considérer comme inévitable ce qui se révèle inacceptable et comme nécessaire ce qui est révoltant … le terme ne désigne pas tant la domination des médiocres que l’état de domination exercé par les modalités médiocres elles-mêmes, les inscrivant au rang de monnaie du sens et parfois même de clé de survie … Le tout passe par la participation à certains rituels qui ne sont pas obligatoires (se montrer à telle soirée, contribuer à telle action caritative, féliciter tel collègue…) …Le jeu comprend des règles par degrés, allant de la stricte convention à la franche hostilité … ensemble de conventions liées à la loyauté … Tout faire pour éviter d’être sorti du jeu, ceux auxquels ‘on ne la fera pas’. Les esprits forts, ceux qui ‘ont compris’. » (Alain Deneault – traitant principalement des universités et des universitaires – La médiocratie)

– « Eviter d’inscrire ‘in situ’ la pensée que l’on développe. Ne pas parler ‘d’argent’, plutôt évoquer la ‘monnaie’. Ne pas traiter des ‘classes’ mais des ‘catégories sociales’… Il est aussi pris comme un gage de modération que de fabriquer des substantifs à partir de participes présents tels que ‘migrance’, ‘consultance’, ‘survivance’, ‘militance’, ‘gouvernance’. Ce temps de verbe est passif et il renvoie par conséquent à un état de fait sans histoire … il traite les choses sur un mode désincarné. » (Alain Deneault – La médiocratie)

« Beaucoup de médiocres réussissent ; la médiocrité rassure. » (Auguste Detoeuf)

« Conduite et caractère de l’homme vulgaire : il n’attend jamais de lui-même profit ou dommage, mais des choses extérieures. » (Epictète)

« La façon vulgaire de s’exprimer… Etant donné que, souvent, un tel jargon n’est pas le parler de la classe d’origine, du milieu social d’où l’on sort, le phénomène rentre lui aussi dans le plaisir de de la dégradation, de l’abaissement, de la souillure. » (Julius Evola) – Décadence, déclin, avez-vous dit ? Direction, la chute.

« Ceux qui sont du côté de la quantité contre la qualité, de la matière contre l’esprit. »  (Julius Evola)

« Il n’y a rien de plus vulgaire que les surnoms. » (William Faulkner)

« L’âge de la solennité est révolu : l’heure a sonné de l’intimité générale. Même dans les grandes occasions, on parle avec son cœur, c’est-à-dire n’importe comment. … Il n’y a aucune dérogation à l’impératif d’avachissement. Et le respect qui consistait à mettre les formes, se flatte maintenant de les abolir … Les égards sont ringards. La décontraction est universellement et continuellement de rigueur. Nulle formule de politesse … Le mot ‘prof’ manifeste, si l’on peut dire, l’effacement de la hauteur. Le prestige se dissipe, la transcendance s’aplanit… » (Alain Finkielkraut) – Pour les hommes, une horde, tous sans cravate et tous barbus … pas des imitateurs, même pas des laquais, des moutons.

« Du matin au soir, le public que nous formons est invité à se marrer … Le rire contemporain proclame haut et fort l’idéal de la ‘désidéalisation’. Que l’homme passe infiniment l’homme, qu’il puisse avoir une vocation spirituelle, qu’il ne se réduise pas à ses fonctions organiques, voilà une possibilité que ce rire entend faire disparaître du monde. Il s’acharne contre la transcendance, il ne tolère aucune éminence, il traque la grandeur sous quelque forme que celle-ci se manifeste, il venge la médiocrité de l’affront que la supériorité lui inflige, il fait de l’âme une vieillerie, une inconvenance, un objet de chahut et il travaille inlassablement à ce que chacun soit tout d’une pièce : surtout pas de distinction, surtout pas de dissonance, surtout pas de conflit intérieur, surtout pas de remords ! … Il tranche les têtes qui dépassent et punit, à coups de caricatures,, tous les arriérés, tous les retardataires, tous les réactionnaires, tous ceux qui contreviennent, par leur anachronisme, aux évidences narquoises de l’esprit du temps … Les amuseurs baignent dans l’immanence et leur jovialité triomphante apporte à l’homme démocratique la double bonne nouvelle du nivellement de l’être et de la mort du rire de Dieu.» (Alain Finkielkraut) – On a reconnu les amuseurs des média chargés d’abrutir la jeunesse.

« Nous sommes tous enfoncés au même niveau, dans une médiocrité commune. L’égalité sociale a passé dans l’esprit, on fait des livres pour tout le monde, de l’art pour tout le monde, de la science pour tout le monde, comme on construit des chemins de fer et des chauffoirs publics. L’humanité a la rage de l’abaissement moral, et je lui en veux de ce que je fais partie d’elle. » (Flaubert)

« L’idéal de transparence qui règne aujourd’hui presque sans partage. Les exhibitions un peu bouffonnes des hommes publics ne sont qu’un élément parmi d’autres d’une difficulté spécifiquement contemporaine à envisager l’intime autrement que sur un mode ironique. » (Michaël Foessel – La privation de l’intime) – L’indécence vulgaire.

« Je croyais qu’il était du marbre dont on fait les statues. Il est de l’émail dont on fait les bidets. » (Marie-France Garaud – conseillère de George Pompidou puis promotrice du paltoquet Jacques Chirac – qualifiant ce dernier qu’elle a  contribué à faire roi) – La lucidité est louable, encore eût-il fallu s’en apercevoir à temps. A un certain âge et niveau, le manque de discernement est coupable. Mais c’est bien dit.

« La médiocrité se définit par la recherche constante de la moyenne partout … Ne pas faire de vagues, ne pas faire de mécontents… » (Driss Ghali)

« L’acquiescement immédiat du vulgaire ne va qu’à la vulgarité. » (André Gide)

« L’homme reconnaît et apprécie seulement ce qu’il est lui-même en l’état de faire ; et puisque certaines gens se meuvent dans la médiocrité, ils ont besoin de honnir bien haut et de dénigrer … ce qui, bien que prêtant réellement à la critique, ne manque pas d’avoir quelque valeur, afin que la médiocrité qu’ils prônent en soit rehaussée d’autant. » (Goethe)

« Le vulgaire ne compte pas les coups qui portent, mais ceux que tu manque. » (Baltasar Gracian)

« Une bonne moyenne ? C’est parfait. C’est ce qu’il faut à une démocratie. » (le président Jules Grévy inaugurant un salon de peinture) – Si encore, la nôtre était dans la moyenne.

« La vulgarité est-elle un caractère sociologique, un trait psychologique, une attitude morale, ou un critère tout simplement esthétique ? Par opposition à ce qui est distingué, ou subtil, ou raffiné, la vulgarité est un critère esthétique. » (Nicolas Grimaldi – s’inspirant de l’expérience de Sebastian Haffner)

 « Le vulgaire éprouve toujours une peur instinctive de tout ce qu’il ne comprend pas, et la peur n’engendre que trop facilement la haine … Il y a d’ailleurs des négations qui ressemblent elles-mêmes à de véritables cris de rage, comme par exemple celles des soi-disant ‘libres-penseurs’ à l’égard de tout ce qui se rapporte à la religion. » (René Guénon)

« L’action antitraditionnelle devait nécessairement viser à la fois à changer  la mentalité générale et à détruire toutes les institutions traditionnelles en Occident … Si l’on songe à l’incompréhension totale dont les XVII° et XVIII° siècles ont fait preuve à l’égard du moyen âge … Il fallait tout d’abord réduire l’individu en quelque sorte à lui-même (ce fut l’œuvre du rationalisme qui dénie à l’être la possession et l’usage de toute faculté d’ordre transcendant) … Il fallait ensuite tourner entièrement l’attention de l’individu vers les choses extérieures et sensibles afin de l’enfermer … dans le seul monde corporel, considéré désormais comme la seule réalité (préparant ainsi la voie au matérialisme) … L’homme ‘mécanisait’ toutes choses, et finalement en arrivait à se ’mécaniser’ lui-même … Après avoir fermé le monde corporel aussi complètement que possible, il fallait, tout en ne permettant aucune communication avec les domaines supérieurs, le rouvrir par le bas, afin d’y faire pénétrer les forces dissolvantes et destructrices du domaine inférieur. » (René Guénon)  – Pour cela, l’extrême vulgarité de notre époque est d’un grand secours.

« Quand nous cédons au médiocre, nous clamons dans la part seigneuriale de nous-même que nous ne voulons pas ce que nous voulons. » (Jean Guitton) – Allez dire ça aux auditeurs des humoristes branchés et orduriers, aux fans des Guignols.

– Un grand exemple de médiocrité donné par le minable politicard Alain Juppé éructant en 2009 à l’égard du grand Benoît XVI : « Ce pape commence à poser un problème. » – Quand on sait la différence de qualité, à tous les points de vue, entre ce minable politicard soumis et Joseph Ratzinger, on est atterré par tant de bassesse.

« La folie des petitesses. » (Ionesco)

« Il est devenu difficile d’exprimer des sentiments tendres, des sentiments de respect, d’effroi, d’idéalisation, de révérence. Il est presque ‘de bon ton’ d’être irrévérencieux … La culture de l’effronterie est aussi la culture de l’irrévérence, de la démystification et de la dévalorisation des idéaux. » (Christopher Lasch) – La vulgarité de certaines émissions de Télé, talk show…, la grossièreté de certains animateurs,  dont l’objectif, quasiment avoué, est de tout pourrir.

« L’humoriste des émissions de radio ou de télévision dispose de deux minutes trente pour nous faire rire sur l’actualité, entre un chanteur en promo et un fait-divers atroce … On reconnaît un humoriste à ce qu’il s’en prend aux riches, dénonce les homophobes, condamne le racisme et attaque le Front national. Comme ce répertoire-là est assez limité, l’humoriste utilise quelques trucs humoristiques. Le premier consiste à dire du mal de Nadine Morano : c’est facile, c’est pas cher, on appelait cela jadis le ‘comique de répétition’. Un autre truc, d’une efficacité confirmée, vise à choquer le bourgeois en sortant des vulgarités. Mots grossiers, blagues salaces, vannes ordurières ; la nouvelle génération d’humoristes se régale de pets, de touche-pipi et de caca-boudin … c’est un peu infantile certes, mais qu’est-ce que ça fait marrer. » (Bernard Lecomte) – « On se demande comment Jacques Chancel a su captiver son auditoire pendant un demi-siècle sans avoir recours à ces procédés comiques que sont le pipi, le caca et le cucul. Heureusement les heures les plus noires de la culture télévisuelle sont derrière nous. » (?)

« Aujourd’hui, même le plus guindé de nos élus accepte d’aller se faire engueuler chez Ruquier – et de feindre de rire de blagues pas drôles. Dans ces conditions, ceux qui, avec leurs grands airs, intentent à Hanouna un procès en vulgarité font penser à une mère maquerelle qui défendrait la vertu. » (Elisabeth Lévy) – La petitesse de nos élus (sauf exceptions) ne cesse de croître.

« Rien n’est plus ingénieux, plus obstiné, plus méchant, voire, en un sens, plus perspicace, que la médiocrité pourchassant toute forme de supériorité qui l’offusque. » (cardinal Henri de Lubac)

« Rien de plus exigeant que le goût du médiocre. Sous une apparence toujours modérée, rien de plus intempérant. Rien de plus sûr en son instinct. Rien de plus impitoyable en ses refus. Il ne souffre aucune grandeur, il ne fait grâce à aucune beauté. » (cardinal Henri de Lubac)

« Ce n’est pas le pécheur qui connaît le péché, c’est le saint. C’est le héros qui sait ce qu’est la médiocrité, non le médiocre. » (cardinal Henri de Lubac)

« Interprétation banalement moralisante de ceux qui n’ont pas étudié historiquement le sujet ; interprétation étroitement historiciste de ceux qui ne l’ont pas approfondi spirituellement : il est bien rare qu’un grand sujet ne soit pas livré à l’un ou à l’autre de ces deux genres d’interprétation; à l’une ou à l’autre de ces médiocrités alternantes. » (cardinal Henri de Lubac)

« Le vulgaire se prend toujours aux apparences et ne juge que par l’événement. » (Machiavel)

« La médiocrité refuse toujours d’admirer et souvent d’approuver. » (Joseph de Maistre)

« C’est cette forme d’existentialisme, primauté de l’existence mais payée par la suppression de la nature intelligible ou de l’essence, que nous retrouvons dans l’existentialisme athée d’aujourd’hui … Une existence sans essence, un sujet sans essence … on s’installe dans l’impensable … L’existence n’actue rien, j’existe mais ne suis rien, l’homme existe mais il n’y a pas de nature humaine … un sujet sans nature … Cette étonnante abjuration de toute grandeur  est probablement ce qu’il apporte à notre époque de plus original et de plus apprécié (hélas). » (Jacques Maritain  – sur l’existentialisme sartrien) – Même si l’existence précède, et oriente, l’essence (suivant l’axiome fameux), elle ne la fait pas disparaître. la monstrueuse et stupide théorie dite du genre découle directement de cet existentialisme .

  « Le médiocre est toujours à son meilleur niveau. » (Somerset Maugham)

« Le slogan ‘Touche pas à mon pote’ étant d’une insigne vulgarité syntaxique et sémantique … comme tout ce qui relève du militantisme. » (Richard Millet) – Si on fait abstraction de la manipulation politique, la cause méritait mieux. 

« L’infantilisation planétaire. » (Jean-Claude Milner) – « Impatience du ‘zappeur’, refus de l’effort et de l’attente nécessaire à la satisfaction du désir, multiplication des gadgets et des ’toys’, généralisation du langage enfantin dans le discours public (les ‘papas’ et les ‘mamans’, en attendant les ‘tontons’ et les ‘tatas’), recours au tutoiement systématique et usage du prénom, bise obligatoire… » (Alain de Benoist) 

« Puisque nous ne la pouvons aveindre, vengeons-nous-en à en mésdire. » (Montaigne – De l’incommodité de la grandeur) – Montaigne qui ne partageait certainement pas cette bassesse.

« La médiocrité est un garde-fou. » (Montesquieu)

« Par ‘mœurs honnêtes’, j’entends surtout cette qualité d’un être, grâce à laquelle le mal le dégoûte comme une vulgarité. » (Henry de Montherlant)

« La persécution des valeurs nobles dans une société qui ne laisse se développer que ce qui plaît au plus grand nombre. » (Henry de Montherlant– par Alain de Benoist) – Il n’est même pas du tout assuré que la pourriture abondamment diffusée plaise à ces cibles ; plus sûr encore et de lui l’imposer et de lui faire croire…

« Les mots nous manquent parfois pour décrire notre état d’hébétude face à cette machine qui engloutit tout sur son passage. Elle anéantira la moindre parcelle de beauté et de poésie. Elle finira par salir nos âmes endolories. Elle ne s’arrêtera donc jamais comme si la vulgarité avait envahi tout l’espace. Nous asphyxions de tant de veulerie esthétique et d’approximations artistiques. L’harmonie, l’allure, l’élégance, le bon goût seraient-ils devenus des insultes dans un monde hystérique qui avance par mode, par faiblesse et par cupidité ? » (Thomas Morales – sur la saleté vulgaire qui envahit notre monde dans les rires gras)

« Celui qui ne veut pas voir la hauteur d’un homme regarde avec d’autant plus d’attention ce qui en lui est bas et superficiel – par ce regard il se trahit lui-même. » (Nietzsche)

« Entre l’être et la paraître, aucun hiatus, une adéquation parfaite, une façon rutilante et repue d’être ce qu’on est. Plus qu’une plénitude, un gonflement (de semblables gonflements seraient observables dans les traits visant d’autres classes, dans l’arrogance aristocratique, par exemple) … Pas l’ombre d’un doute, pas une once d’impureté ou de complexité … L’homme vulgaire, c’est celui dont les déterminations, les surdéterminations de classe ne sont rectifiées ou nuancées par nulle autre, en particulier par aucune de ces valeurs positives comme la beauté, la force, la souplesse, la retenue ou la grâce. » (Dominique Noguez)

« Nous vivons à une époque où le spectacle transmis par la télévision ne mène pas précisément au culte des grands hommes et où la dérision a remplacé l’admiration. » (Jean d’Ormesson) – Voir les émissions dites de divertissement, les talk show, où règne la vulgarité crasse.

« Loi de la ‘double crêpe’ : plus quelqu’un écrase ceux qui sont au-dessous de lui, plus il s’écrase devant ceux du dessus. » (Erik Orsenna)

 « La caractéristique du moment, c’est que l’âme médiocre, se sachant médiocre, a la hardiesse d’affirmer les droits de la médiocrité et les impose partout … Le nouveau type d’homme qui prédomine, l’homme-masse … Sa principale caractéristique consiste en ce que, se sachant vulgaire, il proclame le droit à la vulgarité, et se défend de se reconnaître des instances supérieures …  Comme on dit en Amérique du Nord ‘être différent est indécent’. » » (José Ortega y Gasset) – D’ailleurs les média comme les célébrités poussent à cette médiocrité qui les sert.

« La morgue de ces princes roturiers qui confondent leurs privilèges avec des droits. » (Martin Page)

« Ce n’est pas  l’amour de la médiocrité qui est criminel, c’est la confusion entre la médiocrité et l’excellence. » (Paul-François Paoli) – Nos médias dits  de divertissement, nos fêtes lamentables, nos politiques…

« Toutes les pluies du monde n’ajouteront point un millimètre à une montagne; mais des pluies peu importantes peuvent lui enlever par la cime des mètres et des mètres de hauteur. Ils espèrent qu’à force de déliter tout ce qu’il y a de grand ils réussiront peut-être à tout ramener à leur plat niveau. Et qui sait, c’est peut-être eux qui finiraient par paraître grands. » (Charles Péguy)

« Rien d’aussi sûr et d’aussi profond dans le monde que l’instinct avec lequel les médiocres reconnaissent et saluent le médiocre, soit les autres médiocres, soit l’événement médiocre. » (Charles Péguy)

« Le monde moderne est celui de la ‘panmuflerie’. » (Charles Péguy)

« Il semblerait que la sodomie ait le vent en poupe, si j’ose dire. » (André Perrin – citant nombre de déclarations des ‘humoristes’ de France-Inter, de sportifs de renom adulés, d’éminents politiques sur l’usage en société, dans la Presse, lors de débats télévisés, du terme enculé et de ses délicates variantes … Un exemple entre cent : « Monsieur le ministre allez-vous faire enculer. » (le sinistre larbin Guy Bedos à Eric Besson, 29 mars 2010 sur France 4). Rendons hommage au président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, incontestablement plus civil en se contentant  de traiter un groupe de députés d’abrutis.

« En fait, j’aurais dû venir avec une paire de couilles et la poser sur la table. Comme ça, peut-être que j’aurais eu le droit de parler ! » (Brune Poirson – secrétaire d’Etat – à la télévision !) – Admirons le niveau de nos élites – y inclus féminines – leur immonde vulgarité.  Il y aurait tant d’autres exemples  de cette bassesse. La noblesse d’antan avait bien des défauts, mais elle ne se vautrait pas dans le caniveau.

« La révélation de la bassesse ravit toujours la foule. Il est petit comme nous ! Il est vil comme nous !… » (Pouchkine) – Voilà pourquoi certains de nos politiciens sont aimés des foules.

« Les Français désapprouvent le livre de Valérie Trierweiler, mais ils l’achètent. » (Presse) – A l’intention des crétins qui se retrouvent dans les deux catégories.

« Dés que l’on fait un pas hors de la médiocrité, on est sauvé. » (Ernest Psichari)

« Les médiocres s’emballent pour des hommes, jamais pour des idées. » (Charles Régismanset)

« Les esprits médiocres condamnent d’ordinaire tout ce qui passe à leur portée. » (La Rochefoucauld)

« Simone Weil réclamait des sanctions non seulement pour les atteintes aux principes de moralité publiquement reconnus, mais pour la ‘bassesse du ton et de la pensée, la vulgarité et une atmosphère morale sournoisement corruptrice’. » (Raymond Ruyer – citant Simone Weil) – Laquelle était le contraire d’une coincée ou d’une réac. (comme on dit). Qui ne serait pas sanctionné aujourd’hui où triomphe l’immonde ?

« Le philosophe Edgar Morin s’extasiant devant les communes hippies de Californie. » (Raymond Ruyer – ironique à juste titre)

« La vraie grandeur de l’homme est de se savoir médiocre, et non pas de s’y résigner mais d’y trouver sa loi. » (Armand Salacrou)

« La médiocrité ne s’imite pas. » (Jean-Paul Sartre)

« Une des grandes preuves de médiocrité est de ne pas savoir reconnaître la supériorité là où elle se trouve. » (Jean-Baptiste Say)

« On se permet de plaisanter sur sa propre bassesse, sur ses propres vices, de les avouer avec impudence, de se jouer avec des âmes timides qui répugnent encore à cette avilissante gaieté. » (Germaine de Staël) – Qui ignorait encore nos prétendus humoristes et notre télévision.

« La vanité porte ses regards vers les degrés inférieurs, voilà sa jouissance ; l’envie, au contraire dirige les siens vers le sommet de l’échelle sociale, c’est ce qui fait son tourment. » (baron de Stassart)

« Jadis, il y avait sans doute des êtres idiots, mai la bêtise n’était pas institutionnalisée. Aujourd’hui nous avons TF1, M6 et Canal +. Nous avons Nikos, Cauet, Delarue, Arthur. De la médiocrité à la vulgarité … La médiocrité, apanage de notre époque. » (Martin Steffens –Vivre ensemble la fin du monde) – La liste se renouvelle sans cesse.

« Les lignes de démarcation séparaient le haut du bas, le grand de l’humble, le civilisé du primitif arriéré, le savoir de l’ignorance, le privilège social de l’état servile, les années de la jeunesse, les hommes des femmes. Et, dans chaque cas, le ‘de’ traduisait la supériorité. C’est l’écroulement, plus ou moins complet, plus ou moins reconnu, de ce système d’échelons fondant la valeur (peut-il y avoir valeur sans hiérarchie ?) qui est maintenant le trait dominant de notre paysage intellectuel et social … Un flou généralisé a pour ainsi dire subverti les catégories d’âge, les distinctions de sexe, les classes, l’échelle de l’intelligence eu  du pouvoir. » (George Steiner) – Un magma de médiocrité. Sauf si on excepte la peu regrettée prétendue supériorité des hommes sur les femmes.

« Rien n’est odieux aux gens médiocres comme la supériorité de l’esprit : c’est là, dans le monde de nos jours, la source de la haine. » (Stendhal) – Voir comportement des gens des média.

« Un groupe musical s’est baptisé ‘Nique ta mère’ … Qui a protesté contre l’ignominie … la monstruosité … C’est qu’on n’allait pas, évidemment, interdire, censurer ! Vous n’y pensez pas ! De quoi aurait-on l’air ! Un peu d’humour, tout de même ! Laissons faire ! Laissons faire ! » (François Taillandier) – Jusqu’où descendrons nous ? Notre pourriture ne fait-elle pas le lit de l’Islamisme extrême ? Question interdite.

« Il est à la fois suffisant et insuffisant. » (Talleyrand)

« Il y a deux sortes d’hommes qui sont incurablement privés de noblesse : ceux qui ont besoin d’être heureux pour être bons et ceux qui ont besoin d’être malheureux pour songer à Dieu. » (Gustave Thibon)

« Ce sentiment (la révolte) traduit pour moi l’essence de la vulgarité et de l’infantilisme. » (Gustave Thibon) 

« Au-delà du bien, l’amour. En-deçà du mal, la vulgarité. Mal sans douleur, sans châtiment et sans remède. » (Lanza del Vasto – cité par Gustave Thibon)

« On méprise les grands desseins lorsqu’on ne se sent pas capable des grands succès. » (Vauvenargues)

« Ce prétendu bon sens négatif, dérisoire, qui rétrécit simplement toutes choses et dont les observations ne portent jamais que sur des réalités insignifiantes, sur celles que leurs passionnés zélateurs appellent emphatiquement des ’choses terre à terre’. » (un personnage de Villiers de l’Isle Adam – L’Eve future)

« Médiacratie, par bien des côtés, devient synonyme de médiocratie, de pouvoir de la médiocrité. » (François-Henri de Virieu)

« J’ai trouvé pire que la mort, la vulgarité. » (Oscar Wilde)

« Même un âne peut donner un coup de pied à un lion mort. » (proverbe persan)

« Le vulgaire compare et ne généralise pas. Il attend tout des autres. » (?)

« Il n’y a  aucune dérogation à l’impératif d’avachissement. » ( ? – sur une si belle société)

« Le spectacle de la veulerie des hommes, cet empressement à rire au moindre mot, ces mines de connivence, ce frétillement de courtisans… » (?) – Sur les spectateurs, spectatrices, se pressant pour assister aux émissions télévisées ; sur la petite foule entourant n’importe quelle célébrité, n’importe quel politicien en déplacement. Cohorte de laquais obséquieux.

Ci-dessous, extraits d’un petit ouvrage d’Ivan Rioufol La tyrannie de l’impudeur.

 « Suffisance, amour de soi, besoin de paraître : cette autosatisfaction collective qui fait que chacun pense être une référence, au minimum l’égal de l’autre, généralement son supérieur, et qu’il entend le faire savoir à un public prêt à tout avaler … Cette vanité collective est née en 1968, avec l’éclosion des concepts d’autogestion, d’autonomie, d’autocontentement. Un individualisme égalitariste et sarcastique en est resté, qui s’est engraissé de quelques principes à la mode : la transparence, l’authenticité, l’impertinence … Il n’est pas nécessaire d’avoir quelque chose à dire pour se faire entendre. Comme il est recommandé de faire connaître son avis quand on ne sait rien du sujet. L’époque ne souffre que la spontanéité. Elle  a aussi un faible pour l’outrance … Elle raffole des exhibitions et des effets de manche … Elle aime le bruit et le vent, le vedettariat et la provocation … Seule la pulsion est créatrice … Ainsi la grossièreté s’est imposée … Superficialité, dérision et imposture … Nous avons créé un environnement à notre image : minuscule, futile et vulgaire … Du ‘quant à soi’ étriqué, l’époque est passée au copinage débridé (médiocrité du tutoiement généralisé, extrême vulgarité de la bise). »

Quelques extraits de portraits d’après le Petit dictionnaire des grands hommes de la Révolution de Rivarol. On reconnaîtra les immenses qualités de maints de nos grands hommes actuels, on imaginera, ou on se souviendra, des beautés et des charmes d’une révolution où émergeât la lie d’un peuple, ou bien de quelques entreprises dites de libération.

 « Barnave, jeune homme célèbre par sa sanguinaire éloquence… et si jamais les Français se corrompent assez jusqu’à redevenir humains et fidèles, le seul souvenir de Barnave leur rendra leur antique barbarie. »

« Beaucœur, plus connu sous le nom de coupe-tête… »

 « Biron (duc de), possède à un suprême degré cette fausseté d’âme qui tient lieu de génie dans une anarchie… »

« M. Brevet de Beaujour a été soupçonné de n’être parvenu à tant d’honneur qu’en contrefaisant la médiocrité ; mais jamais soupçon ne fut plus injuste, ni déguisement plus inutile. Il est arrivé naturellement à tout, et il n’a eu besoin que de se faire connaître pour désarmer l’envie… »

 « Quand le peuple a besoin de quelque vengeance pour vivre, c’est à M. Brissot de Warville qu’il s’adresse… »

« Chaque orateur a son champ de bataille et son auditoire … c’est dans la rue que M Desmoulins s’est établi avec son éloquence… »

« Chamfort … il a prouvé qu’il ne s’est jamais rendu qu’au souverain, qu’aujourd’hui la nation est souveraine, que par conséquent il doit se vendre à la nation. »

« Clermont-Tonnerre, son génie vient le sauver de toutes les faiblesses de la reconnaissance… »

« Croix, un des muets de l’Assemblée nationale …Il se lève pour la bonne cause, il reste assis pour la bonne cause, il tape du pied pour la bonne cause, et il ne se tait même que pour une bonne cause… »

« Demeunier … simple gazetier, ne prévoyait pas qu’un jour il aurait des idées … qu’il deviendrait l’objet d’une commune admiration. »

« Dubois, simple garde-française mais déserteur immortel. C’est un des 60.000 vainqueurs de la Bastille… »

« Dubois de Crancé, il a servi lui-même dans sa jeunesse sans pouvoir se décider à être militaire, et il a senti de bonne heure tous les dangers de cette profession… »

 « Dupont, peu de génies savent se prêter ainsi à toutes les formes de gouvernement, pour être sans relâche utiles à leur pays… »

« Fabre d’Eglantine, vice-président du district des Cordeliers ; mais combien n’eût-il pas mérité de la patrie, s’il lui eût sacrifié ses ouvrages dramatiques !… »

« Fauchet (l’abbé), il est impossible de réunir plus de titres patriotiques que M. l’abbé Fauchet. Il est, à la fois,.. »

« Garat, Il déguise la vérité dangereuse, il encense la force triomphante, il atténue les horreurs d’une catastrophe, enfin on peut le regarder comme l’optimiste de la révolution … Il y a des gens qui sont toujours près d’éternuer ; Garat est toujours près d’avoir de l’esprit et du bon sens… »

« Garran de Coulon, un des meilleurs dénonciateurs du baron… »

« Goupil de Préfern, vieux magistrat … après avoir fait un peu de tout pendant sa vie, il n’a pas voulu mourir sans se montrer républicain… »

« Gouttes (l’abbé), il est du petit nombre des vénérables curés qui ont abandonné le clergé dans ses justes malheurs… »

« Gouvion, major général, il voulait refuser les quinze mille francs d’appointement … mais il a réfléchi que ce serait faire sentir à la nation sa misère, et il a tout accepté par délicatesse… »

« Gouy d’Arci … On a voulu le rendre méprisable et le tourner en ridicule, mais il n’a eu besoin que de parler et de se montrer pour rendre tout cela inutile… »

« Grouvelle, un de ces valets littéraires qui savent quitter les genoux des grands quand leurs grandeurs disparaissent. Il a même surpassé en ce genre tous ses honnêtes confrères… »

« Hullin, illustre blanchisseur … il a aussi porté quelques coups à M. de Launay, et dans un jour d’insurrection, il n’en faut pas davantage pour être immortel… »

« Jessé, envoyé de Paris, il a inoculé tout le Languedoc de sa peur patriotique … et ce n’est toujours qu’en entretenant ses commettants de sa propre méfiance qu’il les a décidés à quelques massacres nécessaires… »

« Laclos, conseiller, confident, ami du duc d’Orléans, on apprend à jouer toutes les qualités, excepté le courage, et le malheureux Laclos n’a pu donner le sien à son élève… » – Lequel duc, dit Philippe égalité, condamna son cousin, Louis XVI, à mort.

« La Fayette, sa gloire n’a encore rien coûté aux ennemis de la France … nommé général de la milice bourgeoise, il fut bientôt digne de cette place ; il en saisit bientôt l’esprit qui est d’obéir à la multitude, de lui commander tout ce qu’elle désire, et de ne lui reprocher sa rage que quand elle est assouvie. Cette grande habileté a peut-être entraîné quelques atrocités ; mais la révolution, ce grand mot, excuse tout, embellit tout… »

« Lanjuinais, si on eût pu distinguer ce qu’il pensait à travers ce qu’il disait ; mais l’obscurité adoucit les traits les plus amers… »

« La Poule, peu de grands hommes se sont élevés si naturellement … A quoi doit-il donc son élévation ? A son seul abaissement … Le peuple croit se couronner lui-même en couronnant le dernier des hommes… »

« Le Chapelier, génie ardent, qui a le premier sonné le tocsin dans toute la Bretagne et qui a changé ses farouches habitants en bons parisiens… »

« Liancourt (duc de), qui tenait à la Cour par ses places et à la nation par ses principes, et qui a su tout conserver et tout accorder … Un succès aussi général est fort rare, et demande un homme d’une médiocrité invincible… »

« Marat, l’ami intime du peuple, et qui veillait si chaudement à ses intérêts… »

« Mirabeau, ce grand homme a senti de bonne heure que la moindre vertu pouvait l’arrêter sur le chemin de la gloire, et jusqu’à ce jour il ne s’en est permis aucune. Des milliers de Français se sont dévoués pour la patrie, lui s’est vendu pour la patrie, et cela est bien plus sûr … Capable de tout pour de l’argent, même d’une bonne action … Il ne s’est pas commis un grand crime dont il ne se soit avisé le premier … C’était l’homme du monde qui ressemblait le plus à sa réputation : il était affreux… »

« Morel, un des illustres dénonciateurs de M. de Favras, par une constance au-dessus de l’humanité ; il s’est voué pendant un an à l’espionnage, à l’hypocrisie … à tout ce que la trahison a de plus infâme … on a cru aisément un homme qui sacrifiait à son pays tout ce qui lui restait de probité, et on a noblement récompensé une perfidie si patriotique… »

« Necker, cet ancien grand homme est clairement le père de la révolution, mais il la regarde aujourd’hui comme bâtarde et il affecte de ne pas la reconnaitre : qui a donc pu déranger ainsi son grand caractère ?… »

 « Orléans (le duc de), il s’est laissé loué, adorer, estimer même et il se serait laissé couronner si le trône n’avait pas été le poste le plus périlleux de la monarchie… » – Lequel duc, dit Philippe égalité, condamna son cousin, Louis XVI, à mort.

« Périgord, évêque d’Autun, Décidé de bonne heure à sacrifier le clergé à la nation, il a senti qu’il était plus sûr de le trahir que de l’attaquer, et il s’est fait évêque…Le roi l’a un peu aidé dans cette opération ; mais comme il méprisait le bienfait, il devait oublier le bienfaiteur… » – Talleyrand.

« Poix (le prince de) qui s’est mis au-dessus de toutes les révolutions en flattant toujours la puissance qui gouverne. C’est donc à la nation qu’il fait aujourd’hui sa cour… »

« Quatremère, célèbre rapporteur de la conspiration de Favras. Il éclaira cette affaire en avouant ingénument qu’il ‘fallait une victime au peuple’… »

« Rebwell, les arguments de la lanterne lui ont paru bientôt sans réplique, et il n’a plus voulu régner que sous elle ; il accuse, il dénonce donc sans cesse… »

« Robespierre, le grand homme le plus petit et le plus fougueux du sénat français. La fragilité de son individu n’a fait qu’irriter son éloquence et qu’augmenter sa gloire… »

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