445,1 – Intellectuels, Philosophes, Experts

– Ce qui est dit des intellectuels s’applique tout autant aux journalistes, malgré leur fabuleuse inculture.

– « Pérorer, morigéner, vitupérer, sermonner, moraliser, imposer, diriger, remodeler, condamner, excommunier, le ‘parti-prêtre’, disait Michelet. » (Eric Zemmour) – J’ajoute dénoncer.

– Certains sont qualifiables d’entrepreneurs politico-intellectuels, suivant une expression de Laurent Bouvet.

– Le terme d’intellectuels et sa catégorisation est dû à Clémenceau lors de l’affaire Dreyfus.

– Autorités morales expliquant, jugeant et donnant des leçons profitables à tous. Invités de choix sur les plateaux de télévision afin de nourrir l’esprit du vulgaire. Arrivés au sommet de leur art et de leur réputation sont admises à indiquer à qui il faut faire la guerre, sans évidemment voir plus loin que le bout de leur nez, et souvent que l’épaisseur de leur portefeuille. Ces personnages, pétitionnaires professionnels,  communient dans la religion du consensus, qui au temple des droits de l’homme, qui au sanctuaire de l’action humanitaire, qui dans l’Eglise de l’antiracisme. Une posture indispensable à leur statut est le résistencialisme à des quantités d’ …ismes, tels que : fascisme, racisme, capitalisme, impérialisme, libéralisme…

– « Cette intelligentsia qui n’a clairement pas avancé d’un pouce depuis l’époque où elle proférait fièrement qu’elle préférait ‘avoir tort avec Sartre que raison avec Raymond Aron’ … ‘Les esprits réduits à l’état de gramophone’ (Orwell). » (Jean-Claude Michéa)

– Le rôle des intellectuels, philosophes, sociologues officiels, c’est-à-dire quasi explicitement chargés de surveiller l’orthodoxie de la société quant à l’idéologie dominante, et pour cela sans cesse exhibés, est aujourd’hui de détruire toute aspiration à la verticalité (fut-elle laïque), toute transcendance, toute noblesse, toute grandeur et de cantonner le monde à la pure et désespérante horizontalité des horizons fermés et médiocres, de promouvoir la sottise, le désespoir…

– Karl Marx voulait que les philosophes passent du souci de l’interprétation du monde à l’effort de le transformer. Le résultat historique, bien connu, fut brillant ; en plus d’entraîner la disparition accessoire de l’espèce des vrais philosophes pour ne laisser subsister que des  pantins. « Essayer de l’améliorer suffit. » (Louis Pauwels). On dirait plutôt que ce qui importe aujourd’hui est de le conserver ! Comme le disait Albert Camus « Chaque génération se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait qu’elle ne le refera pas, mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. »

– Les intellectuels de jadis, ou ceux d’aujourd’hui que l’on cache soigneusement (ou même qu’on fait taire), étaient, ou sont, ceux qui se souciaient, ou se soucient, plus de savoir si une idée, une analyse, était, ou est, vraie ou fausse que de se demander dans quelle mesure elle était, ou est, politiquement correcte. Michel Onfray vient d’ailleurs de nous le rappeler, « Je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist.. ».

– Ceux de jadis « n’avaient pas à changer le monde, mais à rester fidèles à un idéal dont le maintien était nécessaire à la moralité de l’espèce humaine » (Julien Benda) et donc à sa survie. Ils expliquaient le monde, ils n’avaient pas la prétention de le refaire – à leur profit et suivant leurs obsessions maladives. Du discours de connaissance qui faisait l’honneur du corps, on est passé au discours normatif (et narcissique) imposant des conduites au troupeau.

– Il reste quelques vrais intellectuels ou philosophes. Ce sont ceux qui ne font pas de bruit. Ce, d’autant plus que les média prennent grand soin de ne pas les montrer ; ils pourraient donner d’autres idées que celles de la vulgate, évoquer le Beau, le Bon et le Vrai.

– Les experts constituent une nouvelle classe en rapide expansion grâce aux média, dite expertocratie. Sur les plateaux télé, n’importe quel individu ayant écrit un livre sur le Kamchatka ou le rhume des foins est baptisé expert ; à condition certes que le livre soit bien-pensant.

Valeurs des clercs (intellectuels) de jadis, suivant Julien Benda (La trahison des clercs) : Statiques : la justice abstraite, la vérité abstraite, la raison abstraite, soit semblables à elles-mêmes par-dessus la diversité des circonstances, de temps, de lieu ou autres – Désintéressées : justice, vérité, raison ne visant à aucun but pratique. La pensée n’ayant pas à se vouloir au service de qui et de quoi que ce soit – Rationnelles : ne reposant sur aucun autre sentiment que la raison et surtout pas sur quelque émotion que ce soit. Ainsi, par exemple, l’enthousiasme, le courage, la foi comme l’amour humain, ne sauraient être considérés comme des valeurs cléricales.

– La plupart des prétendus clercs d’aujourd’hui, laquais médiatiques boursouflés, ne comprendraient même pas ce que signifient ces termes.  

– Il existe des intellectuels de grande qualité et honnêteté. Mais, en fait, ce ne sont pas de vrais intellectuels. La preuve : on ne les voit pas à la télévision.

– Certains ont fait « profession de savoir plus qu’ils ne savent » (Descartes). Il convient d’être attentif aux « préjugés particuliers des gens d’étude » (Adolphe Franck). D’autant plus qu’ils ont tendance  à se montrer « serviles sous le despotisme » (Benjamin Constant) – Cités par Marc Crapez.

– Pour illustrer la bassesse de certains intellectuels français. L’ignoble Jean-Paul Sartre, qui allât pisser sur la tombe de Chateaubriand sur l’ilot du grand Bé. Pour marquer son mépris, osa préciser la non moins abjecte Simone de Beauvoir (l’admiratrice des camps de concentration maoîstes). La horde des intellectuels organiques (au sens Gramsci, officiels, bénis des média) admirateurs du vulgaire assassin Cesare Battisti, et crachant sur ses victimes (cracher sur les petits, leur jouissance).

– « Sur la ‘subversion subventionnée’ des intellectuels : « L’intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions le tenir pour tel jusqu’à ce qu’il nous ait prouvé le contraire. » (Georges Bernanos) – « Ceux que les réalités irritent d’autant plus totalement qu’elles sont rudes et qu’indisposent automatiquement ce qui est normal, national, régulier. » (Charles de Gaulle) – « Ils adoptent un nom affreux, mais aujourd’hui ils n’en méritent pas un plus beau. » (Simone Weil) – « Je me méfie des idées et des opinions confortables, dont celui qui les professe peut tirer profit. » (André Gide) – « L’ignoble mot d’engagement’. » (André Breton) – « Enclins à la servilité comme à l’adulation courtisane. » (Benedetto Croce) – « Ils s’agitent en imposant leurs idées, sous le drapeau de l’antiracisme, du multi-culturel, du post-national, du post-moderne, que sais-je encore. » (François Furet) – « Les prophètes de salon. » – (Philip Rieff) – « La classe sacerdotale de la nouvelle révélation. » (Thomas Molnar) – Ne reconnaît-on pas quantité de nos écrivains, philosophes, experts, éditorialistes et autres bouffons ?

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« Le tort des philosophes est de se croire en possession d’une tournure d’esprit qui leur confère l’infaillibilité du jugement et l’universalité des compétences. Qu’ils dogmatisent dans leur domaine, c’est leur droit. Mais ils sont insupportables lorsqu’ils ont la prétention de tout expliquer : civilisation, talent, politique, histoire et littérature. » (Antoine Albalat)

« Quiconque a vu les images d’un Sartre vacillant, hissé sur un tonneau, prenant la parole à Billancourt en 1970 devant les ouvriers de Renault, ne peut s’empêcher de penser qu’à côté la très délirante Marguerite Duras est un monstre d’équilibre : elle ne vaticine qu’à domicile. » (Hervé Algalarrondo) – Le spectacle minable et grotesque donné par le leader des intellectuels français juge ceux-ci.

« Tout ce qui vient du rien tend de soi vers le rien. » (saint Thomas d’Aquin)

« Le moi pensant qui se meut parmi les universels, les essences invisibles, se trouve, à strictement parler, nulle part, c’est un apatride … La raison de cette indépendance est que la philosophie ne s’arrête pas sur les instances particulières, les objets offerts aux sens,, mais s’attache aux universaux, aux objets qu’on ne peut localiser. » (Hannah Arendt)

 « La philosophie est pour ainsi dire le dialogue des moyens et de la fin, du relativisme et de la vérité. » (Raymond Aron) – Du temps où les philosophes médiatisés n’étaient pas de vulgaires agitateurs arrivistes.

« Impitoyables aux défaillances des démocraties, indulgents aux plus grands crimes, pourvus qu’ils soient commis au nom des bonnes doctrines. » (Raymond Aron – sur les intellectuels compagnons de route de communisme, et des catholiques dits de gauche) – Le communisme tombé, la frange bruyante et excitée des intellectuels n’a pas changée, elle va toujours du côté du plus fort.

« L’éloge du fanatisme par par le non fanatique, une philosophie de l’engagement qui se borne à interpréter l’engagement des autres et ne s’engage pas elle-même, laissent une étrange impression de dissonance. » (Raymond Aron) – Voir nos grands philosophes de Saint-Germain-des-Prés. Raymond Aron est bien gentil en n’évoquant qu’une impression de dissonance.

« Pour l’intellectuel qui cherche dans la politique un divertissement, un objet de foi ou un thème de spéculation, la réforme est ennuyeuse et la révolution excitante. L’une est prosaïque, l’autre poétique. » (Raymond Aron)

« Le penchant à la critique est pour ainsi dire l’équation professionnelle des intellectuels … La critique n’est plus depuis longtemps preuve de courage, au moins dans nos sociétés libres d’Occident … En critiquant, on échappe à la responsabilité des conséquences déplaisantes qu’entraîne une mesure, même heureuse dans l’ensemble ; on se soustrait à l’impureté des causes historiques. » (Raymond Aron) 

« Tous les régimes offrent des chances à ceux qui possèdent le talent de manier les mots et les idées. Ce n’est plus le chef de guerre …  qui accède au trône, mais l’orateur, celui qui a su convaincre les foules, les électeurs ou les congrès, le doctrinaire qui a élaboré un système de pensée. » (Raymond Aron)

« Combien d’intellectuels ont été vers le parti révolutionnaire par indignation morale, pour souscrire finalement au terrorisme et à la raison d’Etat ! » (Raymond Aron) – Du temps où tous les intellos étaient cocos. Maintenant, c’est encore plus simple, leurs descendants ne souscrivent plus à posteriori à quelque idée, dépourvus d’idée, mais non de réalisme, ils pratiquent eux-mêmes le terrorisme, la délation et l’inquisition en échange du caviar, du champagne et des gras pâturages.

« Quand l’intellectuel ne se sent plus attaché ni à la communauté ni à la religion de ses pères, il demande aux idéologies progressistes de remplir l’âme entière … L’intellectuel qui ne se sent plus lié à rien, ne se satisfait pas d’opinions, il veut une certitude, un système. La Révolution lui apporte son opium … Athées avec joie, hostiles à la vie religieuse, des intellectuels de gauche ont voulu répandre l’incroyance comme les missionnaires répandent la croyance, convaincus qu’ils libéraient les hommes en tuant les dieux et en abattant les autels … Si la trahison consiste à valoriser le temporel et à dévaloriser l’éternel, les intellectuels de notre temps sont tous traîtres … Asservie par sa victoire à un parti-Eglise, à une idéologie durcie en dogme, l’intelligentsia de gauche est vouée à la révolte ou au reniement. » (Raymond Aron) – Rien de changé depuis soixante ans, du communisme à presque pire, sauf que tellement abêtie et corrompue la majorité des pseudo-intellectuels n’a même plus l’ouverture de la révolte, ne reste que le reniement de toutes valeurs.

« Aucune intelligentsia ne se refuse aussi obstinément que l’intelligentsia française à renoncer à ses illusions, aucune ne gagnerait autant à  reconnaître les vrais problèmes de la France. » (Raymond Aron) – Mais cela est maintenant interdit par la terreur idéologique au pouvoir.

 « Ce que le Pouvoir demande au philosophe, ce n’est plus seulement d’obéir, c’est de justifier l’obéissance. » (Raymond Aron) – Et tous les laquais avides et cupides de se précipiter pour prendre les ordres.

« Il ne cesserait de mériter le nom d’intellectuel que le jour où il partagerait le fanatisme … des idéologues, le jour où il souscrirait à l’inquisition des juges théologiens. » (Raymond Aron) – Non seulement ce jour est arrivé, mais encore le prétendu intellectuel des média s’est lui-même érigé en juge, en dénonciateur et en bourreau.

« On appelle ‘maîtres à penser’, des hommes très remarquables dans leur domaine, et que l’on prend au sérieux là où ils n’y connaissent rien. » (Raymond Aron). « Monde déresponsabilisé où le chercheur est moins respecté que le chanteur, où le médecin peut jouer au diplomate, le diplomate à l’avocat, l’avocat à l’écrivain, l’écrivain au journaliste, le journaliste au juge, le juge au curé et le curé au syndicaliste… »  (Ivan Rioufol)

« Concilier la liberté avec le déterminisme, l’autonomie avec l’autorité, l’individualisme avec l’étatisme, ce sont des jeux innocents où se plaisent les théoriciens ; ils n’accordent ensemble que des mots et ne concilient que des situations imaginaires. » (Lucien Arréat)

« Marchands de paroles. » (saint Augustin – qui débuta lui-même ainsi)

« Je plains ce philosophe qui se pique et se déchire aux épines qu’il se forme. » (saint Augustin)

« A aucune époque, on ne peut observer la moindre relation entre le nombre des personnes instruites et le nombre des génies. Il suit que l’immense majorité des intellectuels n’a tout simplement rien à dire. » (Jean Baechler) – C’est sans doute pourquoi, pour faire semblant d’exister, les plus voyants et bruyants pétitionnent, dénoncent et rugissent avec rage et fureur.

« La communauté intellectuelle est victime d’une manière de schizophrénie, où le développement constant du savoir et de l’agilité intellectuelle, est doublé par un développement équivalent de la perte du réel et du bon sens. On dit n’importe quoi avec de plus en plus de subtilité. » (Jean Baechler) – A force de servilité, à force de se courber, à force de se conduire en laquais…

« Tous ces aristocrates de la pensée tiennent à afficher qu’ils ne pensent pas comme tout la vile foule. » (Maurice Barrès)

« Je ne sais pas si on peut faire autre chose que détruire, dans l’état historique actuel. » (Roland Barthes – en 1970) – Merci M. Barthes, pour les enfants que vous n’avez jamais voulu pour vous. Typique de l’intellectuel parisien pervers et destructeur. 

« Si l’intellectuel critique est en voie de disparition, il semble par contre qu’il ait distillé sa phobie du réel et de l’action dans tout le réseau sanguin et cérébral de nos institutions. » (Jean Baudrillard)

« La lâcheté intellectuelle est devenue la véritable discipline olympique de notre temps. » (Jean Baudrillard)

« Partout le Nouvel Ordre Intellectuel suit les voies frayées par le Nouvel Ordre Mondial. » (Jean Baudrillard) – Evidemment puisqu’il est au service.

« Férocité métaphysique main dans la main avec conformisme politique … ‘Qu’est-ce que c’est que ces intellectuels (français) qui ne jurent que par Sade, Nietzche, Artaud, et qui signent des pétitions démocratiques pour les droits de l’homme ou contre la guerre ?’ Idéologues intellectuellement incorrects, et qui ont un inconscient politiquement correct … Dont toutes les références sont subversives et le comportement parfaitement conforme … En somme, on peut transgresser en majuscules, tout en adhérant en minuscules. » (Jean Baudrillard – citant Francis Fukuyama)

« L’attitude des intellectuels, impitoyables aux défaillances des démocraties, indulgents aux plus grands crimes, pourvus qu’ils soient commis au nom des bonnes doctrines. » (Nicolas Baverez) – Sur les compagnons de route du parti communiste (Sartre…). La tradition perdure, toujours aux côtés de la pourriture.

« J’ai toujours pensé que l’art, la littérature, la philosophie, etc., ne devraient pas constituer la principale source de revenus de ceux qui les pratiquent. Il serait souhaitable que celle-ci dépendit plutôt d’un travail socialement utile, accompli éventuellement à temps partiel. L’effet serait de ’normaliser’ un peu ces personnages, de contenir leur narcissisme, et surtout cela diminuerait considérablement la production obligée et la  diffusion d’œuvres inutiles … Spinoza continuât à polir des lentilles.» (Piergiorgio Bellocchio)

« Phénomène typiquement français : la radicalité de salon. Cet intellectuel très radical dans ses propos ne s’occupe en réalité que de son avancement social … Il a une place reconnue dans ‘l’establishment’. En France, et contrairement à d’autres pays, ceux qui pensent que la société est une horreur totale, le déclarent et le répètent, occupent des places très importantes dans la société. » (Miguel Benasayag)

« Clercs : cette classe d’hommes dont l’activité ne poursuit pas des fins pratiques, mais qui demande sa joie à l’exercice de l’art ou de la science ou de la spéculation métaphysique, c’est-à-dire à la possession d’un bien intemporel. » (Julien Benda) – Par extension, tout vrai intellectuel.

« Les clercs modernes : répudiation d’un idéal fixe, répudiation d’un idéal non vivant (il doit être capable de passion), répudiation d’un idéal transcendant au monde sensible, religion de l’actuel, opportunisme, croyance que l’idéalisme peut recevoir des leçons de l’expérience… » (Julien Benda)

 « La position qui ne veut connaître que des états du cœur et repousse l’exercice, difficile et souvent douloureux, de la raison et du jugement est la négation de la qualité de clerc … Par l’impunité qu’elle assure d’avance à l’injustice, elle est un des plus forts soutiens de la barbarie dans le monde. » (Julien Benda)

« Plus grand est le clerc qui, loin de toute action publique, donne sa vie à la recherche du juste et du vrai et qui, pour rappeler les hommes au respect de ces valeurs, paraît un jour sur la place publique, que celui qui, pour la même noble cause, passe sa vie sur cette place. » (Julien Benda)

« Les clercs qui consacrent leur vie à l’action politique en ont au fond l’amour ; j’ose ajouter qu’ils en ont la religion. » (Julien Benda)

« A la fin du XIX° siècle se produit un changement capital : les clercs se mettent à faire le jeu des passions politiques ; ceux qui formaient un frein au réalisme des peuples s’en font les stimulants … Le clerc s’est fait de nos jours ministre de la guerre … L’humanité faisait le mal mais honorait le bien. Cette contradiction était l’honneur de l’espèce et constituait la fissure par où pouvait se glisser la civilisation … Critérium pour connaître l’action du clerc : s’il remplit son office, il est immédiatement honni par le laïc, dont il gêne l’intérêt (Socrate, Jésus..), s’il est loué par des séculiers, on peut dire qu’il est traître à sa fonction …  En ne conférant de valeur à la pensée que si elle implique chez son auteur un ‘engagement’, un engagement politique et moral, non pas quant aux questions de cet ordre posées dans l’éternel (comme chez un Aristote, ou un Spinoza), mais un engagement dans la bataille du moment en ce qu’elle a de contingent ... Et en s’opposant, au nom de l’amour, à l’action de la justice … L’amour, commandement du cœur et non de la raison, étant le contraire d’une valeur cléricale. » (Julien Benda – La trahison des clercs) – Le titre de l’œuvre dit tout. Le clerc engagé de ces façons, trahit sa vocation (exemple, Sartre), comme s’il abandonnait les caractères des valeurs cléricales : fixité, désintéressement, rationalité.

« Ils préfèrent l’émotion à la raison, la posture esthétique à l’obéissance au réel. Ils adoptent les passions. Ils exaltent l’attachement au particulier en flétrissant l’universel. » (Julien Benda – évoquant les intellectuels modernes)

« Le clerc s’est fait de nos jours ministre de la guerre. » (Julien Benda)

« La loi du clerc (l’intellectuel) est, quand l’univers entier s’agenouille devant l’injuste devenu maître du monde, de rester debout et de lui opposer la conscience humaine. » (Julien Benda)

« Ils sont des serviteurs du temporel. Au lieu de le servir par l’épée, ils le servent par l’écrit. Ils sont la ‘milice spirituelle du temporel’. » (Julien Benda) – Les intellectuels modernes. Sans oublier de se servir.

« Dans le bon ordre des choses, le clerc, fidèle à son essence, flétrit le réalisme des Etats ; sur quoi ceux-ci, non moins fidèles à la leur, lui font boire la ciguë. Le grave désordre du monde moderne c’est que les clercs ne flétrissent plus le réalisme des Etats, mais au contraire l’approuvent ; c’est qu’ils ne boivent plus la ciguë. » (Julien Benda)

« Adoptant un système politique qui poursuit un but pratique, ils sont obligés d’adopter des valeurs pratiques, lesquelles, pour cette raison, ne sont pas cléricales. » (Julien Benda) – Les intellectuels modernes.

« L’humanité moderne entend avoir dans ceux qui se disent ses docteurs, non des guides, mais des serviteurs. C’est ce que la plupart d’entre eux ont admirablement bien compris. » (Julien Benda)

« Spinoza était ivre d’éternité; les séculiers sont dans leur rôle en étant ivres de contingence. » (Julien Benda)

« Le cataclysme des notions morales chez ceux qui éduquent le monde. » (Julien Benda) – Déjà en 1926.

 « ‘Ils sont là quelques justes qui m’empêchent de dormir’ disait le réaliste de ses anciens docteurs. » (Julien Benda) – S’il s’en trouvait aujourd’hui (et il y en a, ceux dont vous n’entendrez jamais parler), on les ferait taire par tous les moyens.

« En ne conférant de valeur à la pensée que si elle implique chez son auteur un ‘engagement’’, un engagement politique et moral, non pas quant aux questions de cet ordre posées dans l’éternel (comme chez un Aristote, ou un Spinoza), mais un engagement dans la bataille du moment en ce qu’elle a de contingent. ». Et « En s’opposant, au nom de l’amour, à l’action de la justice … L’amour, commandement du cœur et non de la raison, étant le contraire d’une valeur cléricale. » (Julien Benda – La trahison des clercs) – Le titre de l’œuvre dit tout. Le clerc engagé de ces façons, trahit sa vocation (exemple, Sartre), comme s’il abandonnait les caractères des valeurs cléricales : fixité, désintéressement, rationalité.

« L’action des clercs (des vrais, Vinci, Malebranche, Erasme, Kant, Goethe…) demeurait surtout théorique ; ils n’ont pas empêché les laïcs de remplir toute l’histoire du bruit de leurs haines et de leur tueries ; mais ils les ont empêchés d’avoir la religion de ces mouvements et de se croire grands en travaillant à les parfaire. Grâce à eux, on peut dire que pendant deux mille ans l’humanité faisait le mal mais honorait le bien. Cette contradiction était l’honneur  de l’espèce humaine et constituait la fissure par laquelle pouvait se glisser la civilisation. » (Julien Benda)

« Notre siècle (le XX°) aura été le siècle de l’organisation intellectuelle des haines politiques. Ce sera un de ses grands titres dans l’histoire morale de l’humanité. » (Julien Benda)

« C’est un ‘professionnel’, il ne sait pas ce qu’il dit mais il le dit bien … Ton d’expert, manières assurées, débit sec et rapide. Par tout ce qu’il veut paraître, il dit : ‘Vous pouvez me faire confiance, la réalité est comme cela et pas autrement’ … Le ‘je ne sais pas’ est interdit d’antenne, ‘professionnalisme’ oblige. » (Philippe Bénéton) – Concerne aussi bien les fameux experts que les journalistes

 « Les intellectuels organiques, de Gramsci. Chargés de la prise du pouvoir culturel, préalable nécessaire à la prise du pouvoir politique ; fournir à l’opposition l’homogénéité idéologique qui lui est nécessaire pour devenir prépondérante au niveau des infrastructures. » (Alain de Benoist) – Il n’y a que la droite stupide pour laisser ainsi la place. Déjà en 1788, la noblesse se pressait dans les salons où on démolissait tout. Puis, en 1945, de Gaulle abandonna la culture,  les média d’alors, l’Education et l’Université aux communistes en échange de leur faux soutien ; plus le monopole de l’épuration ! Mais, évidememnt, grand bourgeois, de Gaulle devait même ignorer qui était Gramsci.

« Les intellectuels ont toujours eu une propension à doter leurs émotions libidinales de signification philosophique … On se doute que le besoin de philosophie découle d’une combinaison malheureuse de grandes ambitions et de faibles capacités. » (Peter Berger – sociologue américain)

« Couramment on vient consulter sur un point difficile  des hommes incompétents parce qu’ils sont arrivés à la notoriété par leur compétence en de tout autres matières. On flatte ainsi chez eux, et surtout on fortifie dans l’esprit public l’idée qu’il existe une faculté générale de connaître les choses sans les avoir étudiées, une ‘intelligence’. » (Henri Bergson)

« On ‘prenait des positions’. On ne s’apercevait pas que c’était au contraire la position qui venait de vous prendre. » (Emmanuel Berl)

« En tant qu’intellectuels, nous ne pouvons contracter avec un parti que des alliances, à toute minute révocables ; car nous ne pouvons en aucun cas considérer une doctrine comme définitive. » (Emmanuel Berl)

« A l’opposé de Sartre, je trouve que le devoir d’un intellectuel est de ne jamais s’engager, parce que, lorsque vous vous engagez, les autres s’engagent sur vous et vous profitez de cet engagement. Et si après ça, vous vous retournez, vous n’êtes plus un homme qui réfléchit, vous êtes un traître … Une fois que vous aviez adhéré au surréalisme, il fallait signer tout ce que Breton voulait. Vous ne pouviez pas toujours le faire sans malhonnêteté intérieure. » (Emmanuel Berl) – Et bien pis avec des doctrines totalitaires comme le communisme, comme nos idéologies actuelles devenues totalitaires, telles le féminisme et les multiples abominations des soi-disant luttes intersectionnelles, la cancel-culture, etc.

 « La trahison du clerc se définit par la servilité de l’esprit abandonnant sa propre cause et laissant l’univers prévaloir contre lui. Lorsque l’esprit préfère à soi-même le monde. … J’appelle conformisme cette inaptitude du clerc qui ne sait plus que mettre en forme ce qui est : mascarades, cortèges, cérémonies. » (Emmanuel Berl) – C’était encore du temps où les laquais au service de l’idéologie dominante pouvaient encore être considérés comme des intellectuels, où on pouvait parler d’esprit à leur propos.

« L’intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel jusqu’à ce qu’il nous ait prouvé le contraire. » (Georges Bernanos)

« Leur idée, la seule idée qui leur reste, c’est que le monde suit son chemin comme une locomotive lancée sur des rails. » (Georges Bernanos) – Sur les intellectuels officiels, dits d’Etat, ceux qu’on voit sans cesse.

« On a affaire à une version de l’intellectuel tout à fait étrangère au registre de l’engagement responsable et exemplaire … L’essentiel pour ces intellectuels-là semble être de se laisser envahir par les émotions, par l’inspiration et le sublime, bref, par l’irrationnel qui soude en profondeur les foules survoltées … L’expression ‘d’intellectuel pathétique’ (?) … Qu’il s’agisse pour eux d’échapper au sentiment d’un déclin, à l’angoisse, au dégoût ou à l’ennui, ils ont cédé aux événements comme à une exaltante invitation … Fascinés par les situations-limites, par les phénomènes de foule, par l’apocalypse ou la mort d’où pourraient surgir le nouveau et l’inouï… ils ont fait de la démesure leur métier, du mal leur tentation. » (Jean-Michel Besnier – sur des intellectuels des années trente, ballottés entre fascisme et communisme, le lyrisme des surréalistes, les métaphysiques révolutionnaires) – Et aujourd’hui, n’entend-t-on pas leurs successeurs au moindre événement chargé d’émotion ?

« Un chameau, c’est un cheval dessiné par une commission d’experts. » (Francis Blanche) 

« L’intellectuel devient alors un moraliste, un politique, un mystique même, comme le sera Péguy qui accablera le capitaine Dreyfus qu’il a défendu en des termes aussi injustes que ceux qui ont servi à le condamner … à quelle altération s’expose l’intellectuel devenu le messager de l’absolu, le substitut du prêtre, l’homme supérieur marqué par le sacré. » (Maurice Blanchot) – Péguy, dont la véhémente partialité est bien connue, n’est qu’un exemple de ces  intellectuels engagés-excités.

« L’écrivain, l’artiste, le savant détournent l’influence qu’ils ont acquise, l’autorité qu’ils doivent à leur activité propre pour les faire servir à des choix politiques, à des options morales. Ce fut les cas de Zola, de Sartre. » (Maurice Blanchot) – Et de tant d’autres aujourd’hui, la horde des pétitionnaires arrivistes…

« Si destructive que soit une croyance politique elle trouve toujours pour la défendre des intellectuels dont les ambitions dépassent les capacités. » (Gustave Le Bon)

« En foule les hommes s’égalisent toujours, et, sur des questions générales, le suffrage de quarante académiciens n’est pas meilleur que celui de quarante porteurs d’eau … Devant des problèmes sociaux, pleins de multiples inconnues, et dominés par la logique mystique ou la logique affective, toutes les ignorances s’égalisent. » (Gustave Le Bon) – Alors, question, pourquoi institue-t-on tant de comités, d’autorités… ?

« Les doctrinaires et les mécontents fabriqués par l’Université agissent surtout en ébranlant les idées et sont, par l’anarchisme intellectuel qu’ils engendrent, un des plus corrodants agents de destruction. » (Gustave Le Bon)

« Les ‘lettres’ lorsqu’elles font corps sont nécessairement asservies. Elles plieront sous le parti dominant, parce que le parti qui domine sent l’avantage d’avoir pour soi les trompettes de la renommée, et qu’il s’attache à les séduire ou à les intimider … Les gens de lettres avaient usurpé un grand ascendant dans la société … Les dogmes fondamentaux de cette secte étaient la liberté indéfinie de la presse, la tolérance illimitée des opinions. C’étaient ses armes offensives et défensives : elle attaquait avec la liberté de la presse, elle se défendait avec la tolérance des opinions ; principes de circonstance, qu’elle a violés sans pudeur, lorsqu’elle n’a plus eu à craindre que l’opinion, ni à immoler que la pensée ! » (Louis-Ambroise de Bonald)

« Les intellectuels devenus les porte-parole d’un ‘nomadisme’ de bon ton derrière lequel transparaît fréquemment l’épure idéologique d’un cosmopolitisme abstrait. » (François Bonardel) – Sur les prétendus intellectuels, jet-setters,  commis stipendiés de la mondialisation.

« Devient un intellectuel quiconque abuse sciemment de sa notoriété acquise dans un domaine particulier (arts, science, philosophie, auteurs de n’importe quoi, clowns médiatiques…) pour faire pression sur l’opinion et les pouvoirs publics. » (Françoise Bonardel) – Il y a aujourd’hui une multitude de ces minables escrocs.

 « Un homme choisissant de vendre ses idées n’est-il pas peu ou prou un mercenaire à la solde d’acheteurs fortunés ? ‘Intermédiaires des bureaux de propagande’. » (Françoise Bonardel)

« Non seulement les intellectuels ignorent ou maquillent la réalité, mais, en plus, ils ont une nette propension à défendre les causes totalitaires. » (Pierre Boncenne) – Serait-ce parce que ce sont celles qui payent le mieux, au moins en termes de notoriété ?

« Il suffit d’un peu de toupet, d’une immodestie tranquille et de la complaisance ambiante pour se voir intronisé docteur en pensées générales ou particulières. » (Pierre Boncenne)  – Il n’est donc pas si difficile d’arriver. Le tout est d’avoir de bons copains bien placés et d’entonner l’hymne de la bienpensance politiquement correcte et donc généreuse.

« Un effet indirect de la centralisation française, à savoir qu’elle favorise la formation d’une mince élite politico-médiatico-culturelle traversée par des phénomènes de connivence qui n’a pas de strict équivalent dans les démocraties voisines. » (Raymond Boudon – à propos du soutien inadmissible et indécent à Roman Polanski, s’il s’était agi d’un simple péquenot ! Mais poursuivre un cinéaste !) – Copinage généralisé d’une petite clique de dominants arrogants.

« En France, depuis la deuxième moitié du XVIII° siècle, les intellectuels ont fait une concurrence sérieuse aux autres sources d’autorité … Le discrédit dans lequel étaient alors tombées les sources traditionnelles de l’autorité, qu’il s’agisse du pouvoir politique ou des autorités religieuses, créait un appel d’air, dans lequel s’engouffrèrent les ‘philosophes’. Pour des raisons de centralisation notamment, cet appel d’air est resté en France plus actif qu’ailleurs … Combinée à la conjoncture manichéenne de la guerre froide, ces données structurelles favorisèrent le règne d’un Sartre. » (Raymond Boudon) – Aujourd’hui en tenant les média, seules sources d’audience et de revenu, n’importe quel pouvoir peut y installer ses laquais et reléguer les seuls véritables intellectuels, critiques et potentiellement dangereux pour lui, à l’obscurité complète. Aucun pouvoir ne saurait s’en priver.

 « Quand ils ont échoué, ils émigrent, ou se lavent les mains des catastrophes que leur prétention a engendré. Un des préceptes négatifs les plus dangereux qu’ait d’ailleurs enfanté les moralistes est celui de la paix universelle … Quand ils le proclament, on peut être assuré que le sang va couler quelque part, et que la tragédie commence. » (Pierre Boutang – sur les experts que l’auteur appelle les moralistes) –Aujourd’hui, ils n’ont même plus cette décence, et ils continuent à parader dans les média.

« Tous les hommes pensent, seuls les intellectuels s’en vantent. » (Philippe Bouvard)

« Dissolvons le peuple et élisons en un autre. » (Bertolt Brecht) – Il y a longtemps que nos intellectuels appliquent cette sage maxime à un peuple qui ne pense pas comme eux, donc mal. C’est aussi la pratique de la mondialisation pour remplacer très concrètement une population par une autre.

« Certains intellectuels que je connais, et dont les déterminations morales sont plus que sujettes à caution, ayant essayé sans succès de la poésie, de la philosophie, se rabattent sur l’agitation révolutionnaire … et parviennent à y faire plus ou moins illusion. » (André Breton – Manifeste 1 du surréalisme )  – Aujourd’hui, les mêmes ne se rabattent plus sur l’agitation révolutionnaire, mais sur le service à l’inquisition dominante et la diffusion des haines de tout ce qui n’est pas servile et asservi à la pourriture ambiante. 

« Pour le plus grand nombre, le mobile de la pensée n’est plus le désir inconditionné, non défini, de la vérité, mais le désir de la conformité avec un enseignement établi d’avance. » (André Breton – sur les intellectuels staliniens des années quarante, cinquante ; de même aujourd’hui sur les laquais de la féroce pensée unique.

« L’important est d’être dans le média pour exister, d’être au centre, même si le message n’a plus finalement qu’une importance secondaire. » (Philippe Breton)

« Personne de fausses prétentions intellectuelles … fondamentalement superficiel. Exagérément émotif et féminin dans ses réactions … Arrogant … Plein de vanité et de mépris pour l’expérience des hommes plus sensés et plus capables … Confus dans sa façon de penser, plongé dans un mélange de sentimentalité et d’évangélisme violent. Partisan doctrinaire du socialisme et du libéralisme … pédant plein de lui-même. Porté à considérer une question sous tous les aspects au point de se vider le cerveau. Un cœur saignant mais anémique. » (Louis Bromfield – Un des plus intellectuels parmi les anti-intellectuels, selon Raymond Aron)

« Les intellectuels en sont arrivés à voir leur carrière en termes financiers. Ils recherchent des créneaux (un domaine de spécialité), rivalisent pour être le centre d’attraction … On peut réussir sur le marché des idées avec n’importe quel type d’idées … mais compatibles avec votre personnalité … On ne peut pas être un radical relax, le radical doit être véhément, querelleur et malheureux, ni un modéré en colère, le modéré doit être civil, tranquille et parler lentement. » (David Brooks)

« L’intellectuel est un perturbateur qui met le réel en crise et débusque des problèmes là où les choses semblent aller de soi. Mais cette belle entreprise risque toujours de dégénérer en besoin compulsif de ferrailler, de chercher un os à ronger pour la polémique. L’admirable passion de tout remettre en cause devient alors une hostilité sans objet, une aversion absolue. » (Pascal Bruckner)

« Cette attirance pour la figure du rebelle qui hante plus spécialement artistes, intellectuels, journalistes, écrivains, politiques… » (Pascal Bruckner) – Compensation classique à leur servilité et posture marketing à l’usage des innombrables gogos.

« Depuis le siècle des Lumières, l’intellectuel européen cumule trois fonctions : critique des préjugés de son temps, éclaireur de l’action collective, guide d’un parti ou d’un camp. Il en rajoute au XIX° siècle une quatrième, celle de prophète laïc, pasteur du peuple, investi d’un pouvoir spirituel : dire à son époque les vérités qu’elle ne veut pas entendre … rebelle qui s’insurge, visionnaire qui pressent … Habité par une certitude morale, il n’a d’autre viatique que son indignation. Il soulève les masses par son charisme, crée une ‘communauté émotionnelle’ (Max Weber) pour ouvrir de nouveaux chemins dans une histoire figée. » (Pascal Bruckner – sur l’écologie, le dressage à la panique et le doux spectacle de la terreur) – Quels hommes (et femmes) admirables. 

« Les intellectuels ne font que déraisonner avec autorité sur les choses de leur incompétence. » (Ferdinand Brunetière)

« La philosophie est la science des problèmes résolus. » (Léon Brunschvicg)

« Comme jamais on ne songe à aller plus loin que la spéculation, il n’en coûte rien de la faire magnifique. » (Edmund Burke)

« On les voit défendre tantôt l’abus de pouvoir le plus patent, tantôt les idées de liberté les plus démocratiques et les plus insensées. » (Edmund Burke) – Suivant leurs intérêts, leurs obsessions ou leur haine.

« Est clerc celui, quel qu’il soit, qui se pose comme en sachant plus que ses voisins. » (Samuel Butler)

« Une véritable intransigeance intellectuelle ne peut pas ne pas être solidaire d’une intransigeance morale … Il est en effet inconcevable qu’une concession sur un point n’aboutisse pas à quelque relâchement dans les autres, tant la constitution de l’être humain s’affirme unitaire. » (Roger Caillois) – C’est sans doute pourquoi nos idoles cumulent la stupidité et l’immoralité.

« Concentrer une pensée pessimiste et une action optimiste, c’est là le travail du philosophe. » (Albert Camus)

« L’intellectuel, c’est celui qui sait résister à l’air du temps. » (Albert Camus) – Cette espèce a quasiment disparu, au moins des écrans de télévision.

« Des régiments d’intellectuels organiques … n’ont d’autre fonction dans la cité que d’assurer que toute pensée antipathique restera impensée, ou, s’il est trop tard, inexprimée, étouffée ; et si elle n’est pas tue, c’est leur travail de la foudroyer, de l’annihiler, de l’ensevelir sous les statistiques, de garantir qu’elle ne se répandra pas. Leur mission citoyenne est d’apporter la preuve, jour après jour, que la réalité, à défaut d’être nécessairement rose, est ‘sympa’ … Pour assurer la paix sociale ils reçoivent tacitement mission d’assurer que le monde est bien fondamentalement tel qu’il doit être idéologiquement. » (Renaud Camus) – Et ainsi d’assurer la claque pour des dirigeants qui dirigent si bien.

« Dans les bonnes manières du microcosme intellectuel parisien, il est devenu indécent  de rappeler (et même de se rappeler) ce qu’Untel racontait l’année dernière. » (Cornelius Castoriadis) – Et même la veille.

« Ils allaient au peuple parce qu’ils n’en sortaient pas. » (Jean Cau)

« Je découvre que ces intellectuels étaient tous d’origine bourgeoise mais qu’ils adoraient le peuple et qu’ils adoraient la gauche … Voilà une grande surprise ! Ils n’ont jamais vu un ouvrier de leur vie, ils ont des domestiques, ils ont des bonnes, mais ils sont de gauche. Il y avait là une attitude névrotique, un règlement de compte personnel… » (Jean Cau – sur son expérience du quartier saint Germain des Prés) – Jean Cau s’exprime avant même que l’appartenance à la gauche ne devienne pour certains une pure affaire de profit.

« Ils ont accepté d’enthousiasme Staline et s’enrouent à louer Mao-Tsé-Toung … A condition que le Maître soit fort, ils chantent. » (Jean Cau – sur les intellectuels de notre temps)

 « Aux quatre coins du monde et aux six de l’hexagone, ils plièrent l’échine devant les monstres rouges et, s’ils ne célébrèrent pas la gloire d’Hitler, ce fut pour mieux chanter celle de Staline et de Mao. Ils ont besoin de sacré et, à défaut d’adorer Dieu, ils s’inclinent devant la puissance et s’agenouillent devant Moloch » (Jean Cau) – Laquais, cireurs de pompes, au caviar (meilleur que la soupe).

« Ce travers (prédire que la réalisation de ses désirs ou fantasmes deviendra réalité dés la semaine prochaine) a toujours habité les intellectuels parisiens : puisque nous sommes contre (ceci ou cela), c’est par accident, aberration, saloperie que (ceci ou cela) existe et perdure … Dans les bars de Saint-Germain-des-Prés, la chute de Franco fut prédite mille fois pour le lendemain… » (Jean Cau)

« L’admirable dans les anciens philosophes (Platon, Théophraste…), c’est le désir de conformer leurs mœurs à leurs écrits. » (Chamfort)

« Le philosophe qui fait tout par vanité a-t-il le droit de mépriser le courtisan qui fait tout par intérêt ? » (Chamfort)

« Les intellectuels progressistes ne diffèrent point des bourgeois réactionnaires : sur le plan politique et économique, ils sont pour l’industrialisation à outrance, mais sur le plan culturel et privé ils sont pour la clarté, le silence et la solitude. Ils aiment bien les masses, mais pour passer leurs vacances ils n’aiment pas les stations trop fréquentées. Politiquement progressiste, l’intellectuel … est moralement réactionnaire. » (Bernard Charbonneau) – Tout pourrir à Paris, et se planquer périodiquement dans le Lubéron, à l’île de Ré ou aux Seychelles…

« Penser tout et ne faire rien, c’est à la fois le caractère et la vertu du génie philosophique. » (Chateaubriand)

« ‘Oui, les droits de l’homme existent ! Oui, Dieu est un problème complexe ! Oui, le mal c’est le mal et le bien c’est le bien !…’ selon la régie française des jobards du consensus et son développement fulgurant : le truand culturel à la française  est même devenu un produit d’exportation ! » (Gilles Châtelet)

« La cohorte des guérisseurs-saltimbanques désormais classiques de la modernité : socio-politologues, médiateurs, etc. » (Gilles Châtelet – Vivre et penser comme des porcs)

« Notre civilisation a décidé, et très justement, que juger de l’innocence ou de la culpabilité des hommes était trop important pour être confié à des professionnels … Pour tout sujet sans importance elle fait appel à des spécialistes … Lorsqu’elle veut que quelque chose de très sérieux soit accompli, elle rassemble douze hommes ordinaires. C’est ce que fit, si je me souviens bien, le Fondateur du christianisme. » (G. K. Chesterton)

« Les prophètes, contrairement aux philosophes, ignorent le calme. Ils sont l’inquiétude personnifiée. Le contentement leur est insupportable … C’est pourquoi on a souvent révéré et respecté les philosophes tandis qu’on a toujours honni et persécuté les prophètes. » (Léon Chestov) – Que cela plaise ou non, nous sommes les descendants du prophétisme juif et de la raison grecque, de Jérusalem et d’Athènes. Aujourd’hui, on ne respecte plus que les agités, les furieux, les démagogues…

« Il n’y a pas au monde une absurdité‚ qu’il n’y ait eu au moins un philosophe pour la soutenir. » (Cicéron)

« Deux types de philosophes : ceux qui réfléchissent sur les idées, et ceux qui réfléchissent sur eux-mêmes. Pour le philosophe objectif, seules les idées ont une biographie ; pour le philosophe subjectif, seule l’autobiographie a des idées. » (Emil Cioran)

« Rien ne compromet autant un philosophe que le besoin d’être applaudi. » (Emil Cioran)

« Rien n’est à sa place … point de départ de la réflexion philosophique. » (Emil Cioran)

« Dés qu’on me parle d’élite, je sais que je suis en présence d’un crétin. » (Emil Cioran)

« Le faux intellectuel, l’universitaire nul et prétentieux, qui s’érige en révolutionnaire pour dissimuler son néant. » (Emil Cioran)

« Dans ces sociétés dites avancées où le plombier est aussi rare que le génie, seul prolifère le faux intellectuel, l’universitaire nul et prétentieux, qui s’érige en révolutionnaire pour dissimuler son néant. » (Emil Cioran) – « Des clercs ratés qui masquent leur impuissance par des pensées creuses » ajoute Olivier Bardolle qui cite.

« Je sortais enfin de ce monde hideux de Taine et de Renan et des autres Moloch du XIX° ( les automates m’ont toujours inspiré une horreur hystérique ), de cette mécanique gouvernée par des lois parfaitement inflexibles et, pour comble d’horreur, connaissables et enseignables. » (Paul Claudel)

« N’invitez jamais plusieurs hommes de lettres à la fois ; un bossu préfèrera toujours la compagnie d’un aveugle à celle d’un autre bossu. » (Paul Claudel)

« Pour fabriquer l’actuelle idéologie dominante il faut être, philosophiquement et spirituellement, nul. » (Michel Clouscard – sur les nouveaux philosophes) – Tout le monde les reconnaîtra, ne serait-ce qu’au bruit qu’ils font, au pouvoir que la lâcheté des politiques leur concède,  et à l’audience que leur donne les médias.

« La France est en crise ? Le grand public est en recherche de ‘sens’ ? Eh bien, offrons-lui des experts. Plus ils sont diplômés, médiatiques, arrogants, plus ils impressionneront le peuple. Désormais ils ont même un agent, comme les vedettes … Un quart d’heure de parlotte pour plusieurs milliers d’euros (dépend du rang). » (Sophie Coignard) – Et puis non seulement, ça garnit les créneaux de la télé et les pages des journaux, en dehors des poches des bénéficiaires, mais ça aide à ancrer l’idéologie dominante. Tout benef. !

« En France, l’intellectuel qui veut une assurance vie doit être affilié, souscrire un contrat auprès d’une des petites bandes qui règne sur la presse, l’édition et une partie de la télévision. Pour que le réseau se mobilise, en cas de besoin. » (Sophie Coignard) – Services croisés. Par ces intellectuels entendre : auteurs, journalistes, ‘experts’… quasiment tout homme public. L’univers où rôdent les meutes et où se pratique la vendetta sournoise est bien trop dangereux pour risquer de l’affronter seul.

« Nos lecteurs savent que la grande crise politique et morale des sociétés actuelles tient, en dernière analyse, à l’anarchie intellectuelle. » (Auguste Comte)

« Afin  de donner à tous la consigne correcte d’interprétation de son propos, on présentera les esprits libres comme des polémistes, c’est-à-dire des individus cherchant la querelle pour la querelle et multipliant les provocations simplement pour jouir de la lumière des médias. Le polémiste n’est pas un essayiste ou un intellectuel valable : c’est un trublion médiatique seulement présent pour amuser les foules, mais sans profondeur ni valeur. » (d’après Mathieu Bock-Côté) –Encore ne le tolèrera-t-on à ce niveau que s’il ne secoue pas trop la bien-pensance obligatoire.

« Ces gens-là n’auraient rien à dire si d’autres avant n’avaient rien dit. » (abbé Charles Cotin)

« La tentative de restauration d’un suffrage censitaire qu’est le pétitionnement des intellectuels. » (Marc Crapez)

« Ils préfèrent plaisanter avec ‘le sang des autres’ (Albert Camus) ou ‘avec la tête des autres’ (Marcel Aymé). »  (Marc Crapez)

«  Le rejet du bon sens peut aller de pair avec un solide mépris du peuple. » (Marc Crapez)

« Il faut se défier de la ‘sensiblerie’ de ces intellectuels cossus et efféminés. On ne saurait trop prémunir le peuple contre ‘les philanthropes. Il n’y a pas de plus grands ennemis’. » (Marc Crapez – citant ?) – les intellectuels grands bourgeois dits de gauche, grand amateurs d’honneurs, champagne et caviar.

« Dans l’ordre politique, la mentalité intellectualiste y développe des conséquences déterminées, en particulier une hostilité nettement dédaigneuse à l’égard des simples, prolétaires, petites gens, hommes d’action, nourris de dictons et de proverbes, disciplinés par la coutume, attachés à la tradition. » (Marc Crapez) – Ce qui explique le mépris que les partis de gauche, partis de pseudo intellectuels, portent au peuple.

« Les hommes de plume pourfendent le dogmatisme et les conventions, mais multiplient les révérences. » (Marc Crapez) – Nombreuses sont les vocations de laquais. Service aux puissants, ‘haro’ sur les petits.

« Esprit de dévotion qui se scandalise facilement (vigilance), caractère moutonnier (pétition), hauteur de l’enjeu (engagement), intellectualisme oscillant d’une arrogante susceptibilité à un complexe d’infériorité (sociologie critique) et souci de correction tant au sens d’acquisition des bonnes manières que de rectification des travers supposés des autres (correction politique). » (Marc Crapez – quelques caractéristiques des intellectuels progressistes)

« Contrairement à l’idée reçue, les écrivains ne sont pas des anticonformistes radicaux. La plupart du temps, ils jouent la comédie de l’indépendance pour donner le change à leur public ; Ils attaquent les conformismes de leurs adversaires pour consolider les conformismes de leurs amis et de leurs obligés. » (Maurice G. Dantec) – Pourquoi restreindre aux écrivains ? Toutes les grandes gueules, intellectuelles, politiques, médiatiques font de même.

« La posture de l’intellectuel qui prend position trois fois par jour. » (Frank Debié – cité par Marc Crapez)

« Lukàcs vérifie au mieux la règle fondamentale qui juge tous les intellectuels de ce siècle : ce qu’ils respectent mesurent exactement leur propre réalité méprisable. » (Guy Debord – La société du spectacle) – Accessoirement, petite vacherie du disciple envers un de ses maîtres. Georg Lukàcs méritait mieux, surtout si on le compare aux actuels laquais médiatiques de la police de la pensée en France auxquels s’applique parfaitement la citation.

« Tous les experts sont médiatiques-étatiques, et ne sont reconnus experts que par là. Tout expert sert son maître, car chacune des anciennes possibilités d’indépendance a été à peu près réduite à rien par les conditions d’organisation de la société présente. » (Guy Debord – La société du Spectacle) – Voilà sans doute pourquoi on confie toute question importante à un comité d’experts.

« Je ne suis pas un journaliste de gauche, je ne dénonce jamais personne. » (Guy Debord)

« Un paresseux affairé, un redresseur de torts tout à la fois fébrile et négligent, un donneur de leçons irresponsable, bref un ‘désintellectualiseur’ oeuvrant à vider le monde de sa complexité pour n’y voir que matière à indignation, pétitions, scandales et poses avantageuses. » (l’intellectuel suivant Régis Debray – cité par Alain Finkielkraut)

« Moins on est d’utilité publique, plus on soigne sa publicité. » (Régis Debray – sur les intellectuels –Bilan de faillite)

« Produire de l’irréel socialement utile, en creusant au mieux l’écart entre le mot et le fait» (Régis Debray – sur la mission tacitement confiée aux intellectuels par notre société).

« Ce n’est pas le niveau d’instruction qui fait l’intellectuel, c’est le projet ‘d’influencer les gens’. Ce projet moral est d’essence politique : il vise à la direction des autres … C’est comme directoire de l’opinion… » (Régis Debray)

« L’intellectuel n’est pas venu au monde ès qualités pour parler mais pour être écouté ; ni pour bien voir le monde qui l’entoure mais pour en être vu ; et bien moins pour le connaître que pour s’en faire reconnaître. Or, les canaux de communication, les instruments de la visibilité sociale, les moyens pratiques d’obtenir la reconnaissance appartiennent aux maîtres de notre monde (ceux qui en ont la propriété ou la maîtrise). S’ils ont financé les travaux de canalisation, il est juste qu’ils aient la haute main sur les robinets. » (Régis Debray)

« Ils s’entr’égorgent, s’entre-louent, s’entr’élisent. Sélectionnent, consacrent, enterrent. Tout ce qui publie, invente, joue, opine, dépend d’eux. Combien sont-ils ? Cinquante ? Deux cents ? Courtisans-courtisés, promus et promoteurs, touche-à-tout intouchables, ils dictent ses lois à la république des lettres, des arts et des idées : la Terreur douce … Cete société de pensée a maintenant les moyens technologiques et politiques de faire penser la société entière  … Les clercs n’ont pas trahi. Ils font, de mieux en mieux, leur métier d’hommes d’Etat. En Occident, la police des esprits est devenue un service public. C’est parce qu’il règne dans les têtes que l’ordre règne dans la rue. Diriger l’opinion, c’est gouverner la république. » (Régis Debray –   Le pouvoir intellectuel en France) – Déjà en 1978. Et on critique les dictatures officielles !

 « Plus culturisé un pays, plus sauvages ses intellectuels (par la saturation du marché intellectuel). Seuls les grands fauves survivent. Si je n’étouffe pas les autres, c’est moi qu’on asphyxie. Et dans cette jungle, survivre c’est tuer, grandir c’est abaisser, se propulser c’est expulser … La lutte à mort pour arracher son petit morceau de média à quoi se résume désormais la carrière de l’intellectuel hexagonal. » (Régis Debray)

« Les intellectuels sont par réflexe et vocation du côté de ceux qui ont les journaux (les micros, les écrans, les salles de concert et d’exposition). L’ennui, c’est que le réflexe tienne lieu de réflexion. » (Régis Debray) – Ce qu’ont bien compris les milliardaires chargés des intérêts de la gauche. S’emparer des média, c’est tenir les intellectuels. Tenir les intellectuels, c’est tenir le peuple. N’est-ce pas une domination simple et économique ? 

 « Un régime de domination qui marche à la communication marche à l’intelligentsia. Il place donc celle-ci sur le plus haut piédestal possible … La surévaluation des intellectuels par la société bourgeoise est une nécessité fonctionnelle du système. » (Régis Debray) – Mais aujourd’hui les prétendus intellectuels ne font que dissimuler la vraie intelligentsia du pouvoir que sont les possesseurs des moyens de communication.

« La frontière qui permet de discriminer à l’intérieur de l’ordre entre une haute et une basse intelligentsia, c’est la faculté qu’a ou non chaque membre d’accéder aux moyens de diffusion de masse … » (Régis Debray) – Dans la première, les ‘fondés de discours’, les personnes socialement fondées à publier une opinion individuelle concernant les affaires publiques, ce indépendamment de leur incompétence et de leur partialité, la seule condition étant leur célébrité, donc généralement leur servilité.

« Un intellectuel sans média, n’est plus un général sans troupes, mais un général pour rire. » (Régis Debray)

« Notre fonction. Non pas expliquer, explorer, reconstituer, comprendre mais chapitrer,  morigéner, dénoncer, fustiger. Raisonnement facultatif, allumage recommandé. » (Régis Debray)

« On ne demande plus au philosophe des théories sur la vérité du monde … On lui demande éventuellement de dire … comment on peut être heureux. » (Chantal Delsol)

« Chez les intellectuels, la référence l’emporte toujours sur le vécu, l’explication sur le désir. Ils préfèrent raisonner que ressentir … Ils ont envie d’être, mais ils n’impliquent jamais leur être … Ils ne peuvent pas se surprendre, ils se regardent trop … Dans l’alphabet de la création, le désir et la vie viennent avant l’idée. » (Gérard Depardieu)

« L’intellectuel selon Foucault ne reconnaît la validité d’aucun ensemble, ni idéal ni existant. Il n’imagine pas qu’on puisse condamner le soulèvement d’aucune singularité. Classiquement, une société dans laquelle toute singularité est légitime est une cité soumise à un tyran. Le tyran exerce précisément le pouvoir d’après les singularités de son désir et non d’après la ‘grande nécessité de l’ensemble’. Dans cette cité, le mensonge est de dire ‘nous’, la vérité de dire ‘je’. » (Vincent Descombes) – Ne se sent-on pas chez nous ? 

« Leur programme (au moins celui de beaucoup) se réduit à s’enfermer dans une éthique de la conviction soigneusement détachée d’une éthique de la responsabilité. » (Vincent Descombes) – C’est aussi valorisant qu’irresponsable. Pour ces deux morales, voir au début de la rubrique Morale, éthique, 460,3

« Quand un philosophe me répond, je ne comprends plus ma question. » (Pierre Desproges) 

« Personne ne croit aux experts, mais tout le monde les croit. » (Auguste Detoeuf)

« Nous sommes environnés d’intelligences imperturbables … On dirait que leurs erreurs ne les concernent pas ; quand ils se trompent, c’est que l’Histoire est moins intelligente qu’eux. Cette prétention de l’esprit cache une anxiété profonde. Si l’on se gave ainsi de certitudes, c’est pour tenir la vie à distance, et les autres, et soi-même … Pensée totalisante, réfractaire à l’objection, à l’autocritique et même au questionnement, solidifiée comme une banquise … Trop de gens prennent des systèmes comme on prend des tranquillisants. » (Jean-Marie Domenach)

« Si l’on quitte la philosophie scolaire officielle et qu’on va s’installer dans la Kabbale ou en Inde, ou chez les néoplatoniciens perses, ou encore en Chine, chez les taoistes, on rencontre des paysages intellectuels ou théoriques, des corps de questions, de concepts, des problématiques qui diffèrent de cette philosophie (l’occidentale). » (Roger-Pol Droit) – Des questions que nous nous posons, sont ailleurs écartées (commencement/fin du monde, création, liberté/déterminisme, existence d’une substance de base ou non…)

« Dans l’optique actuelle, ne peuvent exceller que les auteurs et les critiques qui renoncent à embrasser quoi que ce soit de réel. Le seul ‘vrai’ auquel il est permis d’aspirer consiste à abdiquer toute prétention à la vérité, à abjurer solennellement tout préjugé référentiel. » (Paul Dumouchel) – L’intellectuel-zombie (ou aux ordres).

« Etranges philosophes, qui, parce qu’ils s’arrêtent, se croient arrivés. » (monseigneur Dupanloup)

« Le rôle de l’intellectuel … est né de la désacralisation progressive de l’Occident moderne. Les hommes ayant renoncé à chercher le sens de leur histoire en un lieu extérieur à l’espace social, il a fallu qu’une classe particulière s’occupât de le dire. Or cette tâche a toujours revêtu un caractère paradoxal. La pensée critique et démystificatrice n’a jamais procédé qu’en reproduisant de nouveaux principes universels et qu’en fabriquant de nouveaux mythes. La Nature, la Raison, l’Histoire constituèrent tour à tour des pseudo-transcendances qu’il fallut, tour à tour, démystifier. Il est probable que cette tâche sysiphienne touche aujourd’hui à sa fin, faute de munitions. Mais loin de freiner le cycle absurde, cette perspective ne peut que l’accélérer. Il n’y a plus de critère fixe, d’arbitre extérieur, maître ou principe qui puisse avoir le dernier mot. » (Jean-Pierre Dupuy)

« Je comprenais qu’un vrai intellectuel doit assimiler tout pouvoir au mal absolu, alors même que le monde des intellectuels est la guerre de tous contre tous où ce qui compte, à la limite, n’est pas tant d’avoir du succès que d’empêcher l’autre d’en avoir … Je me trouvais pris au piège de la fascination, de l’envie et de la haine, qui lient les rivaux l’un à l‘autre d’autant plus qu’ils se maudissent et leur font prendre pour le centre du monde la province étriquée de leurs querelles. » (Jean-Pierre Dupuy – sur ses débuts)

« Toutes les fois que les intellectuels ont pris le pouvoir, ils ont fait des catastrophes. On a inventé les universités pour les garder à l’écart. » (Umberto Ecco) – Il ne s’agit pas d’un Vaclav Havel, mais des intellectuels français.

« L’intellectuel est une personne qui utilise plus de mots qu’il n’en faut pour dire plus qu’il n’en sait. » (Eisenhower – cité par Marc Crapez)

« Toujours prudents et soucieux de leurs intérêts, les héros intellectuels de notre temps font de la politique pour éviter de se prononcer sur la validité de leurs propres stéréotypes, et signent des manifestes pour s’empêcher de réfléchir … Ainsi vous gagnez sur les deux tableaux, celui de l’audace spirituelle et celui de  la réussite matérielle : la gloire et l’argent. » (Jacques Ellul)

« Ces savants, ces intellectuels quand ils entrent dans le domaine de partisan engagé sont plus stupides (frappés de stupeur) qu’un oiseau fasciné par une couleuvre. » (Jacques Ellul) – Ceux qui ont tout vu en quinze jours de voyage organisé de l’Allemagne hitlérienne, de l’URSS stalinienne, de la Chine de la révolution culturelle, du Vietnam du Nord, de Cuba castriste… Les Henri Béraud, Joliot-Curie, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, aujourd’hui ?

« C’est cet homme qui se reconnaissait incompétent …  et qui en même temps formulait pour les jeunes les mots d’ordre, qui donnait l’exemple de la prise de position, de l’engagement que tout intellectuel digne de ce nom se devait d’adopter. » (Jacques Ellul – sur Sartre) – Les Sartre sont devenus légion aujourd’hui.

« Historiquement, jamais l’Etat ne fut si mal gouverné qu’aux périodes où le pouvoir était tombé aux mains des philosophards et des plumitifs. » (Erasme)

« L’intellectuel compassionnel … ne connaît qu’un seul parti : celui de la victime ; une seule doctrine : la morale … l’intellectuel engagé, peu de métiers peuvent assurer à ceux qui les exercent la certitude de marcher aux côtés du juste, du Vrai et du Bien. » (Guillaume Erner)

« Si tous les hommes sont égaux, au nom de quoi certains d’entre eux confisqueraient-ils à leur profit la raison ou le jugement ? … Qu’est-ce qui habilite encore l’intellectuel sur sa branche à prescrire sans cesse et à faire la leçon ? » ( Alain Finkielkraut)

« La mission des intellectuels ne consiste plus seulement à se battre pour la liberté de la justice, mais pour les faits. Nier les réalités qui dérangent, telle est la nouvelle ‘trahison des clercs’. » (Alain Finkielkraut – citant l’ouvrage célèbre de Julien Benda)

« L’engagement de beaucoup d’intellectuels était naguère motivé par la honte d’être bourgeois. Ils expiaient leurs privilèges en se mettant au service des prolétaires. Voici venu le temps de la honte d’être blanc et de la honte d’être homme. Ceux qui se sentent coupables de leur visage pâle cherchent la rédemption dans le soutien inconditionnel aux Indigènes de la République.» (Alain Finkielkraut) – Et dans tout ce qui peut les mépriser, les diminuer. On reconnaît bien là la vieille et honteuse servilité masochiste du gang intellectuel officiel français.

« Cela me libère de l’obligation d’avoir raison et n’exige de moi que d’être intéressant. » (Stanley Fish – cité par Tzvetan Todorov) – Dans la société moderne où sont passés les déconstructeurs, puisque et où rien n’est vrai.

« Philosophie. – On doit toujours en ricaner. » (Flaubert – Dictionnaire des idées reçues)

« Quand les philosophes s’entêtent une fois d’un préjugé, ils  sont plus incurables que le peuple même, parce qu’ils s’entêtent  également et du préjugé et des raisons qui le soutiennent. » (Fontenelle)

Mais les intellectuels ont toujours trahi, au moins depuis le XVIII° siècle et la préparation de la Révolution. « Avant celle-ci on ne constate en Europe aucune montée du nationalisme ou de l’absolutisme, et encore moins du despotisme, éclairé ou non, sauf en Russie, par le knout et le pal de Pierre le Grand, et plus tard sous le règne à peine moins cruel de Catherine II, despotisme admiré par Voltaire, d’Alembert, Diderot, Buffon et Grimm. » (Claude Fouquet)

« Combien d’intellectuels français ont ensuite radoté après Marx sur ‘la violence accoucheuse de l’histoire’. » (Claude Fouquet)

« Ne prenez pas sujet de joie de ce que les esprits vous sont soumis. » (saint François d’Assise – aux prédicateurs de l’ordre)

« Si je voulais punir une de mes provinces, je la ferais administrer par un philosophe. » (Frédéric II)

« Aucun prince ne commencera la guerre avant d’avoir obtenu l’indulgence plénière des philosophes. Désormais ces messieurs vont gouverner l’Europe comme les papes l’assujettissaient autrefois. » (Frédéric II – cité par Eric Zemmour) – C’est même devenu pire de nos jours, ce sont ces pitres arrogants qui imposent de faire la guerre, tel BHL dictant la cible de Libye à Sarkozy et guidant l’agression contre l’Ukraine russophone. 

« Philosopher ne consiste pas à chercher la vérité, mais à se tailler un empire dans l’inédit de la pensée, et qui y parvient a droit à la considération de ses pairs et au respect des ignorants. » (André Frossard)

« Depuis que la Russie s’embourgeoise, c’est Mao tsé Toung et sa courageuse révolution culturelle qui servent de référence aux intellectuels toujours à la pointe du combat mondial. » (Marc Fumaroli – dans les années 1970) – Pas une cause pourrie qui n’ait suscité l’enthousiasme des intellectuels de gauche parisiens.

« Impitoyables pour les pailles qu’ils relevaient dans l’œil du royaume de Louis XV, ils étaient étrangement aveugles pour les poutres du despotisme oriental. Le même strabisme moral et politique a troublé la vue au XX° siècle de nombreux philosophes français, anges exterminateurs lorsqu’il s’agit de la France et de son histoire, et néanmoins prêts à tous les sophismes pour justifier ou admirer, hors de nos frontières, des injustices, des archaïsmes, voire des crimes, pour le moins comparables. » (Marc Fumaroli  sur les Voltaire du XVIII°siècle admirant Frédéric II et Catherine II et constatant que rien n’a changé avec les intellectuels staliniens et maoîstes d’hier, avec les inquisiteurs anti…. et haineux d’aujourd’hui) – « La sincérité de leurs vues libérales et de leurs bons sentiments pour le peuple en général est si problématique que je suis plus que persuadé que ce prétendu ‘petit-lait’ de philanthropie tournera bien vite en poison fatal à la première manifestation populaire d’orage patriotique. » (William Beckford – cité par Marc Fumaroli) ‘

« L’étonnant n’est pas que l’intellectuel partage l’esprit de son temps, c’est qu’il en soit la proie au lieu de tenter d’y ajouter sa touche. » (François Furet)

« Ils ont eu leur siècle d’or au XX° siècle. Ils ont été propulsés au pinacle par le culte de la révolution et par le culte subséquent de la radicalité critique (pas la radicalité intellectuelle du chercheur, la radicalité politiquement et socialement payante) … Celle qui consiste en maximalisme dans l’opposition au monde tel qu’il est … la radicalité est un filon extraordinaire … Marketing et bonne conscience marchent la main dans la main. » (Marcel Gauchet) – Innombrables avantages de cette posture : absence de travail, profondeur sans frais, authenticité morale, conscience des secrets de l’avenir, de plus, cette radicalité bruyante et simpliste se voit et s’entend, ce qui compte (à tous les sens du terme).

« Les intellectuels à l’ancienne mode ne comptent plus dans celle-ci (la réflexion de la société sur elle-même) que pour autant qu’ils participent de la sphère médiatique et qu’ils plient leur discours à ses règles. » (Marcel Gauchet) – Soit à tout le fatras mensonger du politiquement correct et à la bien-pensance moderniste.

« L’expert, le technicien d’un domaine spécialisé, l’économie au premier chef, dont le rôle, médiatiquement parlant, n’est pas de soulever les consciences, mais de garantir aux populations que les manettes sont en de bonnes mains. » (Marcel Gauchet)

« Par définition, les élites intellectuelles sont les couches sociales les moins décidées à reconnaître qu’elles peuvent se tromper. » (Marcel Gauchet)

La philosophie : « Les romans des penseurs. » (Sophie Germain)

« Quand un philosophe vous répond on ne comprend même plus ce qu’on lui avait demandé. » (André Gide)

« Les spéculations purement intellectuelles dépouillent l’univers de son manteau sacré. » (Jean Giono)

« Le monde intellectuel étant dépourvu de hiérarchie et donc privé de critères objectifs, chacun y est fatalement soumis au jugement indirect de ses pairs. De fait, le nombre de personnes sujettes aux affections paranoïaques y est considérable. » (René Girard)

« Laissons aux docteurs qui ont la chance d’échapper à cette misère le soin de démontrer qu’elle est uniquement ‘misère allemande’, qu’il convient de brûler Heidegger pour six mois de sympathie nationale-socialiste et qu’il faut glisser sur cinquante années passées par d’autres à saluer le socialisme (national) de la patrie de l’archipel du Goulag. » (André Glucksmann)

« A l’écrivain engagé, la tâche de ‘faire l’histoire’ … Il s’attribue romantiquement le mandat de guider et l’aura du mage. » (André Glucksmann)

« Ou bien il sauve les valeurs … les conserve jalousement à l’abri de toute profanation et donne dans le quiétisme attentif d’une ‘éthique de la conviction’. Ou bien il prend parti, mais paie le prix d’une ‘éthique de la responsabilité’ et ses valeurs se maculent. Hésitant entre la vanité d’une connaissance impuissante et la cécité d’une action sans concept. » (André Glucksmann – reprenant la distinction de Max Weber)

« L’intellectuel prêcheur n’a de cesse qu’il administre la preuve, fût-ce aux dépens de son intellect, de l’existence du bien ; il ouvre la voie royale, il coupe la route du mal … Propension à la prédication et volonté de maîtrise vont de pair, l’effort dévot qui promet de dominer le cours des aventures humaines copie l’arraisonnement mathématique de la nature par la science moderne. » (André Glucksmann)

« La drogue dure de l’intellectuel moderne est la napoléonisme, ou penchant à s’ériger en organisateur ; à défaut prédicateur, annonciateur, contempteur, dénonciateur – d’apocalypse … Qu’est-ce qu’un intellectuel sans lutte finale pour le bien dont il s’imagine héros ou héraut ?  » (André Glucksmann)

« L’écrivain missionné entretient ses lecteurs de ce qui pourrait aller bien si… » (André Glucksmann)

« Ils se situent toujours du bon côté dans les débats en jouant sur deux tableaux à la fois : celui de la modernité et celui de la morale. Le partisan de la modernisation n’a de cesse de revendiquer le ‘mouvement’, le ‘changement’, ‘l’ouverture’ et la ‘tolérance’, tout en continuant de s’affirmer comme l’héritier légitime de la Révolution française et du mouvement ouvrier. »  (Jean-Pierre Le Goff – cité par Marc Crapez) – Merci de supprimer le dernier mot, ouvrier, pour un intellectuel, de gauche évidemment, c’est devenu un gros mot.

« Les intellectuels français, tellement à gauche depuis la seconde Guerre mondiale, n’ont fait que lourdement se tromper, du communisme au tiers-mondisme en passant par l’islamisme. » (Gilles-William Goldnadel) – Ce qui n’enlève rien à leur arrogance insultante.

« La philosophie est l’algèbre du pathos. » (Edmond et Jules de Goncourt)

« Il crie magnifiquement ce qui ne vaut pas la peine d’être pensé. » (Rémy de Gourmont – sur Victor Hugo)

« La crainte fabuleuse, mythologique, d’être laissé sur le sable par l’histoire, de ne pas avoir été de son époque – comme on rate le dernier métro (le grand cauchemar qui hante l’intellectuel de cette époque, Lautréamont l’a décrit : c’est celui de l’enfant qui ‘court derrière l’omnibus’). » (Julien Gracq)

« Il ne s’est trouvé jusqu’ici qu’une catégorie de gens pour soutenir qu’une ‘paire de bottes vaut mieux que Shakespeare’ ; les écrivains. » (Julien Gracq – reprenant une remarque d’un populiste russe, Bielinsky)

« L’élément populaire ‘sent’, mais il ne comprend pas ou ne sait pas toujours ; l’élément intellectuel ‘sait’, mais il ne comprend pas et surtout ne ‘sent’ pas toujours. » (Antonio Gramsci) – Décalage entre le peuple et les intellectuels. Distance entre le ‘sentir’ et le ‘savoir’ du ‘comprendre’.

« Les intellectuels ne sortent pas du peuple … ils ne se sentent pas liés au peuple (sauf sous l’angle de la rhétorique), ils n’en connaissent ni n’en éprouvent les besoins, les aspirations, les sentiments diffus ; par rapport au peuple ils sont des êtres détachés, assis sur des nuages, c’est-à-dire une caste. » (Antonio Gramsci) – C’est toujours vrai même, et peut-être surtout, pour l’écrasante majorité des intellectuels qui se disent de gauche.

« Intellectuels : commis du groupe dominant pour les fonctions subalternes de l’hégémonie … A eux la tâche d’empêcher, rôle et fonction de médiation, tout déphasage entre la structure et la superstructure (la base économique, système et rapports de production et l’appareillage idéologique : thèmes, institutions-outils, formes culturelles et intellectuelles les servant) … superstructure dont ils sont les ‘fonctionnaires’ … L’intellectuel dit organique appartenant (au moins de fait) à une organisation intimement liée à une classe essentielle chargé de donner son homogénéité au groupe social auquel il appartient ou est rattaché et de susciter l’assentiment des masses aux orientations données par la classe hégémonique à la vie socio-économique … également chargé d’absorber les intellectuels traditionnels, caste relativement indépendante du groupe social dominant, donc possiblement dangereuse. » (suivant Antonio Gramsci)

A cet intellectuel organique s’oppose « l’intellectuel traditionnel, vestige d’une classe dominante déchue, à laquelle il était organiquement lié quand elle était hégémonique, exemple : les ecclésiastiques, liés à l’aristocratie foncière dominante à l’époque précapitaliste. Les intellectuels traditionnels sont souvent d’extraction rurale, alors que les intellectuels organiques sont plutôt urbains. » (résumé d’Antonio Gramsci par un autre auteur) – N’oublions pas que Gramsci écrit dans l’Italie des années 1930.

« La définition gramscienne des intellectuels ne repose pas sur la distinction entre le travail manuel et le travail intellectuel. Tout travail contient  à des degrés divers les deux dimensions … Tous les hommes sont intellectuels, pourrait-on dire, mais tous les hommes ne remplissent pas dans la société la fonction d’intellectuels. » (idem)

« Le concept gramscien d’intellectuel est très large : y entrent non seulement les ‘grands’ intellectuels que sont par exemple les professeurs, les magistrats et les journalistes, mais aussi les  ‘petits’ intellectuels : notaires, officiers, techniciens, maîtres d’école, policiers même … peut être considéré comme un intellectuel toute personne qui œuvre au ‘consentement spontané ‘ des masses, en intervenant dans le champ de la culture et des idéologies, et/ou qui participe à l’appareil de coercition de l’Etat, c’est-à-dire qui exerce des tâches de ‘commandement’ ou de ‘domination directe’. » (idem)

« Tout groupe qui s’achemine vers le pouvoir lutte pour l’assimilation et la conquête ‘idéologique’ des intellectuels traditionnels, assimilation et conquête qui sont d’autant plus rapides et efficaces que le groupe en question élabore en même temps ses propres intellectuels organiques. » (idem)

« Comme l’intellectuel a d’habitude peu de contacts avec les autres hommes, en tout cas en a moins que l’ouvrier, le technicien ou l’homme politique, comme par suite il ne peut agir directement autour de lui, il se croit obligé d’adopter des opinions extrêmes afin de compenser le peu d’étendue de son action. Il sera d’autant plus tenté de le faire … que sa situation sociale paraîtra aux autres plus avantageuse. » (Jean Grenier) – D’où la pente à gauche, sans compter que là aussi sont les vastes privilèges.

« Puissance de la mode, despotisme des stéréotypes. Pour être aujourd’hui respectable, il faut surtout ne pas le paraître … Le bon goût est de toujours paraître à l’avant-garde. » (Nicolas Grimaldi)

« Ne serait-il pas utile de dénoncer enfin l’aliénation dans laquelle l’intellectuel maintient le prolétaire en en faisant la pièce maîtresse sur l’échiquier de ses conflits. » (Béla Grunberger, Janine Chasseguet-Smirgel) – Aujourd’hui le migrant. Il est si valorisant de découvrir des victimes.  «  Les misérables ont été trop souvent le gisement ou l’alibi des intellectuels pour conquérir les places du savoir et du pouvoir. » (tiré de jean Baudrillard par Ludovic Leonelli)

« Le désir d’être original à tout prix … Mieux vaut pour la renommée d’un philosophe, inventer une erreur nouvelle plutôt que de redire une vérité qui a déjà été exprimée par d’autres. » (René Guénon) – Pour les philosophes, pour les pseudo-intellectuels, pour les journalistes, pour les hommes publics, pour tous les faisans.

« L’idéologie de l’expertise, selon laquelle la prétendue connaissance scientifique d’un dossier peut suffire à fonder une décision, est une dangereuse illusion, à laquelle cède trop souvent le pouvoir politique. » (Jean-Claude Guillebaud) – Idéologie qu’idolâtrent les média et, en conséquence, ce magma qu’est la prétendue opinion publique.

« Le refus d’engager la pensée. Les calembredaines de l’engagement sartrien ni les dévoiements idéologiques de faux intellectuels ne sont venus entraver sa liberté d’esprit ni entacher l’exercice de son jugement. » (Louis Guilloux – sur Georges Palante) – Du temps où être intellectuel ne signifiait pas se prostituer au pouvoir, à l’argent, aux média….

« Les gens ordinaires n’ont jamais exprimé le désir de rompre le lien qi a toujours uni une fraction du monde culturel et intellectuel à la société populaire. C’est au contraire le monde culturel et intellectuel qui a rompu avec les classes populaires. » (Christophe Guilluy)

« Comment réussit-on en France ? C’est simple En se reniant. ‘J’étais stalinien’, ‘Nous étions gauchistes’ … La légitimité ne se conquiert qu’à l’aide d’un passé récusé. On se méfie des héros, on aime les traîtres … Le droit à la parole, on le refuse aux prophètes, ou aux diseurs de vérité, mais on l’accorde généreusement aux irresponsables … Sartre a dû à ses idées fausses, les unes se substituant aux autres, de garder l’antenne idéologique si longtemps … Voltaire, exilé à Fernay, en Suisse, ou Rousseau, hâtèrent les événements de  la fin du XVIII° siècle … Sartre se contenta de suivre le courant du boulevard Saint-Germain. Il fut aussi sinueux et contradictoire que le fleuve du temps lui-même (y compris pendant l’Occupation) … ‘Si Jeanson me l’avait demandé, j’aurais porté les valises du F L. N.’ Pourquoi avait-il besoin qu’on l’en prie ? Ou bien était-ce que, déjà, il n’avait pas de main ? » (Jean-Edern Hallier) – On peut désapprouver fortement  ces porteurs de valise, et néanmoins reconnaître qu’ils avaient au moins des mains, contrairement  au sinistre bouffon – « Oui, disent-ils, j’ai applaudi Staline ou Mao, mais l’intention de mon enthousiasme n’était pas dirigée vers Staline en chair et en os ou vers Mao tel que les Chinois l’ont connu. Mon soutien allait en réalité à la noble idée de révolution, à la belle image du dirigeant prolétarien, au personnage exaltant qu’ils auraient dû être pour tenir convenablement le rôle qui leur était attribué dans notre représentation. » (Vincent Descombes)

« La chouette de Minerve (l’oiseau de la sagesse, qui voit dans l’obscurité) ne prend son envol qu’au crépuscule. » (phrase célèbre et énigmatique de Hegel) « Le soupçon de Hegel : la perception de la réalité, apparaît seulement lorsqu’elle a  accompli et terminé son processus de formation. » (Enrique Valiente Noailles) – Le retard pris par la conscience sur l’action.  On ne comprend qu’après l’Idée qui inconsciemment agissait dans l’homme d’action. C’est au soir de la vie qu’on commence à penser en se détachant, ou bien la réflexion, la méditation est nocturne, ou bien la philosophie est discrète,  à l’écart de l’action, ou bien encore la conscience, l’esprit, n’émerge qu’au moment où tout va finir (catastrophisme actuel), la connaissance doit attendre pour la comprendre que la réalité soit réalisée ou en passe d’être, etc. etc.

« Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (Martin Heidegger – reprenant Leibniz) – Soit, qu’en est-il de l’être ? De tout existant ? Pourquoi et que signifie « il y a » ? Ou la question fondamentale de la philosophie.

« Ce sont des hommes qui savent faire passer le droit et un idéal de justice avant leurs personnes, leurs instincts de nature et leurs égoïsmes de groupe. » (Lucien Herr) – L’auteur étant mort depuis près d’un siècle, il ne peut heureusement pas constater l’aplatissement servile des intellectuels-laquais-officiels d’aujourd’hui devant ceux qui distribuent les prébendes.

« La pensée n’a absolument rien à voir avec les représentations. Elle ne se réalise pas en images, mais en concepts et en formules. C’est exactement là où les images prennent fin que commence la philosophie … Pour toi, le monde consistait en images, pour moi en concepts. Je te disais toujours que tu n’étais bon à rien comme penseur … mais que tu étais par contre souverain dans le domaine des images. » (Hermann Hesse – Narcisse et Goldmund) – L’artiste, le sensitif et l’intellectuel, le raisonneur. Exemple (de H. Hesse) de pensée dépourvue de représentations : les mathématiques.

« Toute idée exprimée implique une responsabilité acceptée. » (Victor Hugo)

« La tentation idéologique, comme l’a montré Jean Baechler, touche d’abord les demi-intellectuels, ceux que Régis Debray appelle la ‘basse intelligentsia’ : étudiants, enseignants de second niveau, gens de presse… » (Roland Hureaux) – rajoutons, par bonté, grande partie des classes moyennes supérieures, urbaines.

« La philosophie, chose de la raison, doit même, dans son fond le plus ultime, se définir comme héroïsme de la raison … Mais un flot puissant et sans cesse croissant, comparable au flot de l’incrédulité religieuse, celui d’une philosophie qui renonce à être science, submerge l’humanité européenne. » (Husserl) – Sur la montée de l’irrationalisme, sur les prétendues philosophies à la mode, les philosophies de combat ou/et servant de défouloir aux obsessions maladives de leur auteur.

« L’immense majorité des négativistes … sont ‘génophobes’ … Le fait de n’avoir pas d’enfants est chez eux bien plus qu’un choix : un principe irréfragable. C’est logique, car si l’on est convaincu que l’espèce humaine devait disparaître, le moins qu’on puisse faire c’est de ne pas mettre d’enfants au monde … ‘Avoir commis tous les crimes, hormis celui d’être père’. » (Nancy Huston – citant Emil Cioran – et à propos des philosophes de l’Occident moderne : Spinoza, Pascal, Kant, Hegel, Schopenhauer, Kierkegaard, Nietzsche, Emil Cioran, Milan  Kundera, Samuel Beckett, Thomas Bernhard, Tous ceux-ci n’étant pas d’ailleurs des négativistes – et des scribouillards, scribouillardes actuels se prétendant écrivains, écrivaines…) – «  Avoir un enfant vous oblige à aimer le monde, ou du moins à faire semblant. » (Nancy Huston – citant Milan Kundera (L’identité) : « Il est impossible d’avoir un enfant et de mépriser le monde tel qu’il est, parce que c’est dans ce monde que nous l’avons envoyé. C’est à cause de l’enfant que nous nous attachons au monde, pensons à son avenir, participons volontiers à ses bruits, à ses agitations, prenons au sérieux son incurable bêtise. »  – « Attitude  adolescente permettant de rester toute sa vie dans la position gratifiante de l’enfant lésé qui se révolte contre ses parents et les invective. » (Nancy Huston)

« Si mauvais que deviennent nos descendants, tant qu’ils respecteront la règle simple de ne pas prétendre croire en ce à quoi ils n’ont pas de raison de croire sous prétexte que ce serait dans leur intérêt de le prétendre, ils n’auront pas sombré dans les bas-fonds de l’immoralité. » (Thomas Huxley) – Et bien, nos intellectuels officiels du gang politico-médiatique ont sombré.

« De façon spécieuse, par l’art des discours, ils attirent d’abord les simples à la manie des recherches. Par une vraisemblance frauduleusement agencée, ils séduisent l’esprit des ignorants. » (saint Irénée – sur les Gnostiques)

« Traditionnellement, l’une des principales fonctions de l’intellectuel est le devoir d’irrespect. » (Roland Jaccard) – Voyons un peu nos intellectuels officiels rampants.

« Il n’y a plus qu’une seule discipline olympique aujourd’hui: la lâcheté. Tout au moins dans le milieu intellectuel. » (Roland Jaccard – sur les lâchages par tous des accusés, à raison ou à tort,  par la meute) – Il est vrai que personne n’aime l’affronter. 

« Le peuple … n’est pas très bien vu par les intellectuels progressistes. En France, dans leur bouche, le mot ‘populiste’ a un sens injurieux … Cette indifférence méprisante, on l’observe chez la plupart de ceux qui ont le monopole de la parole, qu’ils soient écrivain, philosophe, journaliste, cinéaste. L’évocation du peuple relève désormais du folklore. » (Claude Jannoud)

« On observe souvent chez ses cadets (de Sartre) le même arbitraire, la même revendication universaliste, le même besoin de décréter … Les intellectuels français s’arrogent seulement le droit et le pouvoir de légiférer sur l’universel, sur ce qui convient au reste du monde … L’universalisme est par essence totalitaire … Il est l’essence et l’alibi du totalitarisme de gauche. » (Claude Jannoud)

« Les ingénieurs d’âmes. » (Jdanov – reprenant l’expression de Staline pour définir le rôle des écrivains) – On croirait retrouver nos actuels intellectuels-sociologues-médiatisés, courbés et couchés.

« Comment un philosophe, à force de dire ce qu’il pense, fait le jeu du Front national. » (Laurent Joffrin – sur Michel Onfray) – Le crime suprême, dire ce qu’on pense. Effectivement, face à la terreur semée par les inquisiteurs, peu d’intellectuels peuvent s’y risquer.

« ‘Je, d’où, où, pour, comment’, c’est toute la philosophie : l’existence, l’origine, le lieu, la fin et les moyens ou les devoirs. » (Joseph Joubert)

« Jusqu’où l’engagement de l’intellectuel est utile pour les gens qu’il prétend aider ou si l’utilité pour les bénéficiaires n’est pas dépassée par l’utilité pour soi-même … la partie théâtrale de l’engagement a parfois dépassé les normes nécessaires. » (Tony Judt – cité par Elisabeth Lévy) – Engagement sincère ou souci promotionnel.

« Beaucoup de ceux que l’on regarde en France comme des intellectuels influents exercent surtout leur influence sur des intellectuels sans influence. » (Tony Judt)

« S’il est vrai que le vrai intellectuel est celui dont les amis ne pourront jamais être sûrs intellectuellement. » (Jacques Julliard)

« Les intellectuels se détournèrent alors de l’émancipation des masses pour se consacrer à l’émancipation des mœurs … fin d’une alliance historique … entre les élites progressistes et le peuple. Les adieux au prolétariat… » (Jacques Julliard) – Avec la déconsidération du marxisme, précédant la chute du communisme.

« Les intellectuels secondaires, lecteurs de Libé. » (Jacques Julliard) – Et du Monde et de la presse bien-pensante – « La France des Abonnés. » (Christian Combaz – Gens de Campagnol – vraisemblablement allusion à Canal +) – Qualification des petits suiveurs empressés de l’oligarchie.

« Le plus imprévisible, le plus baroque, par cet antiracisme racialo-mondain, bien plus virulent, bien plus absurde que naguère les ‘gilets jaunes’.. Avec pour escorte les milieux du show-biz, plus hypocrites, plus pharisiens, plus opportunistes encore que jadis ; et aussi les ‘intellectuels de gauche’ plus suivistes, plus chiens couchants qu’à l’époque stalinienne, et je sais l’énormité de ce que j’avance! » (Jacques Julliard) 

« La philosophie, ce monstre à plusieurs têtes. » (Justin)

« Les intellectuels de notre époque, narcisses gâtés et vaniteux sont tellement tournés vers eux-mêmes, vers leur propre importance et à l’écoute de leurs discours bruyants et bavards  qu’ils n’entendent pas ce que dit le silence du peuple. » (Karel Kosik) – Quant à ceux qui l’entendent (Christopher Lasch, Jean-Claude Michéa, Christophe Guilluy, Alain Finkielkraut, Renaud Camus, etc.) on s’efforce de les faire taire ou de les rendre inaudibles, par la censure et l’insulte.

« Les experts nous permettent de prendre des décisions en toute connaissance de cause, mais dans l’ignorance totale des conséquences. » (Grégoire Lacroix)

« C’est en réduisant l’homme ordinaire à l’incompétence que se créa le ‘consensus des gens compétents’. » (Christopher Lasch) – Voir les multiples comités, think tank, et autres cercles de la raison…

 « Le développement du management tout comme la prolifération des experts représentent de nouvelles formes du contrôle capitaliste, qui permettent au capital de transcender sa forme personnelle et d’infiltrer chaque partie de la  société. » (Christopher Lasch – à propos de la famille) – Mais on doit étendre.

« ‘La colonisation du monde vécu’ (Jürgen Habermas) signifie que rien ne doit être exempt de médiation pédagogique ou thérapeutique … Toute conduite doit être administrée par des experts possédant les dernières technologies du moi … L’invasion de l’intimité par le ‘complexe tutélaire’ de l’Etat moderne. » (Christopher Lasch)

« Toute l’eau de la mer ne suffirait pas à laver une tâche de sang intellectuelle. » (Lautréamont)

« En l’espace de trois décennies, ils ont accumulé une somme stupéfiante de consternantes sottises, d’affirmations péremptoires, de malversations intellectuelles … Ils ont adhéré aux idéologies les plus folles et les plus meurtrières … Ils ont tenu des propos aussi grotesques que grandiloquents … Mais cela ne les empêche pas de continuer à sévir dans la police de la pensée… » (C. Lavirose – sur les intellectuels admirateurs de Staline, Mao, Pol Pot…)

« Ayant adopté sur le monde le point de vue du spectateur, ces derniers (les soi-disant penseurs) se bornent, au mieux, à  commenter l’actualité quand ils ne se contentent pas de mettre en scène leurs propres états d’âme. Indignation, compassion, admonestation constituent leur registre préféré. » (Dominique Lecourt)

« Les légistes de la langue traditionnelle sont supplantés par une autre espèce d’omniscients, les experts de l’innocence et mangeurs de la faute, producteurs eux aussi, à leur tour, de la parole rassurante. Il faut à tout prix (je veux dire : quel que soit le prix en croyances et l’étendue du massacre mental) que s’opère une transposition rigoureuse, imposant à la masse d’aimer sa dépendance, le salut par les pontifes porteurs du sens de l’Etat. L’usine à slogans bienfaiteurs saura-t-elle répondre à la demande d’une certaine soumission ? » (Pierre Legendre)

« Désormais, la posture importe plus que les idées, la parole plus que la pensée, l’opinion publique plus que les idéologies. Si les intellectuels accusent, trépignent, excluent plus que jamais, bien peu se soucient du fond et de l’origine de la réflexion, la plupart se contentent de poses médiatiques. Il faut avoir un avis sur tout et vite, car le premier qui parle a souvent raison. Nombre d’intellectuels investissent donc dans le seul placement qui rapporte : le pouvoir et ses réseaux. En un mot : l’influence. Aujourd’hui, ils apparaissent plus comme des penseurs zappeurs, pressés de rebondir sur chaque événement. » (Emmanuel Lemieux – Le pouvoir intellectuel) – Quitte à créer des événements bidons (grotesques polémiques…) afin d’exister et de manifester une fois de plus leur servilité de meute et leur soumission à la doxa.

« La prétention intellectuelle est partout. Dans les journaux, les affiches, les cafés-philo, au verso des emballages de Carambar, à ‘Questions pour un champion’, un débat à Beaubourg ou une ‘Théma’ d’Arte. » (Emmanuel Lemieux) – Ridicule essai de compensation à une inculture et à une grossièreté généralisées.

« Le grand intellectuel a été zappé par le grand médiacrate … ayant un avis sur tout … Les médiacrates sont les nouveaux riches de l’intelligentsia. Ils vous sautent aux yeux  … Ces activistes de la parole remplissent désormais la fonction sociale de l’idiot du village médiatique. Ils peuvent dire tout et n’importe quoi, changer d’opinion ou d’idées, varier dans leurs certitudes. Ils détiennent le droit à la naïveté et à la surexposition. Cela n’a strictement aucune importance … Dans cette catégorie existe une branche très puissante, celle des télécrates, les maîtres cathodiques du talk-show. » (Emmanuel Lemieux) – Dire n’importe quoi, certes oui, mais à condition d’obéir servilement à la doxa. S’en écarter, même timidement, condamne à la mort médiatique.

« Avec les sociologues, les historiens, et les psychanalystes, la catégorie des ‘oracles’ et autres augures modernes, cohorte d’experts recrutés par les télévisions et les hommes politiques … sont sommés par les médias d’expliquer une énigme de société, un problème sexuel, une actualité brûlante ou des élections byzantines. » (Emmanuel Lemieux) – On a reconnu la fameuse fonction décryptage.

« L’intellectuel, suivant la formule de Sartre, se mêlait de ce qui ne le regardait pas ; il entend désormais décider ce ce que nous pouvons regarder. » (Elisabeth Lévy) – Et même de ce dont nous pouvons parler.

« Le ‘pouvoir intellectuel’ finit toujours en ‘pouvoir’ plutôt qu’en ‘intellectuel’. » (Elisabeth Lévy)

« Sur la question du maoïsme, certains représentants de l’élite intellectuelle française ont effectivement battu un record mondial de stupidité. » (Simon Leys) – Et pas seulement que sur cette question, et pas seulement qu’hier.

 « La pire manière d’avoir tort c’est d’avoir raison trop tôt. Avoir raison trop tôt, c’est aussi, dans le monde universitaire, montrer que l’on a des idées à soi, que l’on manifeste un esprit d’indépendance. Du coup, on ne sait plus comment vous considérer, vous êtes gênant et vous n’êtes plus fiable. Tout cela, je l’ai ressenti. » (Simon Leys – à propos de l’ostracisme, et même des torrents de haine de la part de la meute intello-médiatique parisienne qui a suivi la parution de son œuvre lucide, implacable et documentée sur la folie meurtrière de la Révolution culturelle en Chine, Les habits neufs du président Mao)

« Ce dont un expert ès affaires chinoises a besoin avant toute chose, ce n’est pas tant  d‘expertise chinoise, mais d’expertise dans l’art d’être expert (un mode de fonctionnement qui, bien entendu, peut servir hors du champ de la sinologie) … Par définition l’expert est assez ignorant dans son domaine supposé de compétence, sauf par mégarde … Très habile dans l’art de faire semblant… il doit dire ce rien avec éloquence … de manière pondérée et réfléchie … le plus important réside dans sa faculté de proposer des avis balancés … et de se soulever jusque dans les hautes sphères de l’objectivité. Il ignore les passions et considère toute situation sous de multiples aspects. » (Simon Leys)

« Il se livrait au trafic d’opinions. Il était professeur de philosophie. » (Georg Christoph Lichtenberg)

« L’intellectuel ascétique a cédé le pas aux chercheurs et intellectuels nomades, nouveaux touristes hypermobiles et transnationaux … Dans l’université hypermoderne, l’important c’est moins la qualité que le nombre des publications ; et pouvoir arborer les signes de reconnaissance que sont les congrès et colloques qui se tiennent de par le monde compte davantage que l’avenir de la discipline. » (Gilles Lipovetsky, Jean Serroy)

« Ce qu’on appelle ‘renouveau éthique’ ne signifie aucunement renaissance d’une culture des devoirs de l’homme, mais foi et illusion scientiste dans le savoir-décider des experts en matière de fins. » (Gilles Lipovetsky) – Ou comment abdiquer et se soumettre.

« Prenons-y garde, nous aurons peut-être un jour à nous reprocher un peu trop d’indulgence pour les philosophes et pour leurs opinions … La philosophie trop audacieuse du siècle a une arrière-pensée. » (Louis XVI) – Que n’a-t-il suivi son intuition !

« Les belles carrières de certains intellectuels sont de belles existences d’animaux domestiques. La société qu’ils servent n’a cessé de les choyer. Leur principal emploi fut de lui tenir le miroir. » (cardinal Henri de Lubac)

« Pamphlet, caricature, vulgarisation grossière, manœuvre politique, arrogance et brutalité tenant lieu de preuve, insinuations désobligeantes, psychanalyse de bazar : tout cela se pare aujourd’hui volontiers du beau nom de ‘philosophie engagée’. » (cardinal Henri de Lubac)

« Les ‘intellectuels’ sont plutôt, me semble-t-il, des esprits qui se situant à la place de l’homme, de l’humanité, de la nation, du peuple, du prolétariat, de la créature ou de quelque entité de cette sorte, c’est-à-dire s’identifiant à un sujet doté d’une valeur universelle, décrivent, analysent de ce point de vue une situation ou une condition et prescrivent ce qui doit être fait pour que ce sujet se réalise ou du moins pour que sa réalisation progresse … La responsabilité des intellectuels est indissociable de l’idée (partagée)d’un sujet universel. » (Jean-François Lyotard) – Pour les intellectuels en service officiel, leur univers actuel se réduit trop souvent à leur compte en banque.

« La tentation reste et restera toujours grande de mettre le nom qu’on a pu conquérir dans une responsabilité au service d’une autre … Confusion et usurpation indigne. » (Jean-François Lyotard) – Hors de leur domaine, ces célébrités ne sont rien. C’est ainsi qu’on voit des écrivains se faire les larbins de hurleurs et hurleuses, perdre toute dignité en manifestant misérablement ou en signant de grotesques pétitions ; de plus en plus rarement par stupidité moutonnière, de plus en plus souvent par intérêt pour soigner leur publicité. Corruption partout.

« L’intellectuel est passé du statut de maître-penseur à celui d’expert. C’est dire la haute idée qu’on a de lui : il a été à la soupe. » (Michel Maffesoli)

« Le mépris constant des intellectuels, toutes tendances confondues, pour le peuple et son savoir. » (Michel Maffesoli) – Ah, l’horrible populisme !

« L’indécrottable moralisme qui, toutes tendances confondues, sert de terreau à la production intellectuelle. Que ce soit dans sa version ecclésiastique ou dans  sa version laïque, massivement le clerc s’est toujours voulu l’interprète du ‘devoir-être’ … La modernité accentua ce phénomène. L’esprit de sérieux y régna sans partage. » (Michel Maffesoli)

« Les prédicateurs de bons sentiments se contentent de ‘penser’ dans le sens du poil. D’où cette ambiance de domesticité caractérisant l’air du temps. Il faut avoir une mentalité de larbin, plier sa croupe, avoir une plume servile, en bref ‘être conforme’, si l’on veut avoir quelque chance d’être entendu par ces institutions où le croupissement de la pensée tient lieu de passeport … écrire des platitudes moralistes pour obtenir le suffrage des imbéciles et des lâches. » (Michel Maffesoli)

« Des princes de l’esprit des siècles passés … à leurs pâles reflets que sont les histrions contemporains, batteurs d’estrade médiatique … il s’agit en tous lieux et en toute situation de ‘répondre de’, de ‘répondre pour’ … Il est éclairant d’observer que soit dans le traité savant, soit dans la multiplicité d’articles ou d’entretiens journalistiques, la préoccupation morale reste le fondement de nombreuses analyses intellectuelles. » (Michel Maffesoli) – Quand ils veulent cacher leur médiocrité ou mentir au peuple, les Tartuffes s’abritent toujours derrière quelque morale.

« Un littérateur complètement absorbé par les rites de son clan culturel n’est assurément pas moins aliéné qu’un ouvrier sur une chaîne de montage … Produire des livres ou des boulons ne change rien à ‘affaire … Milan Kundera a décrit le lien pervers qui peut parfois s’instaurer entre un lyrisme totalisant exalté et le totalitarisme politique. » (Claudio Magris) – Le XX° siècle nous en offre de nombreux exemples, et encore le XXI°. 

 « La classe lettrée dans son ensemble a toujours constitué l’assise spirituelle du pouvoir dominant ; ses membres ont été de tout temps, tout à la fois, les bouffons zélés, les comptables dévoués et les plumitifs serviles des puissants du jour. » (J. W. Makhaïski)

« Les intellectuels, dés qu’ils reçoivent le droit de gouverner l’Etat, cessent immédiatement de se rebeller et s’efforcent seulement de conserver l’ordre qui les consacre en gouvernants et en maîtres. » (J. W. Makhaïski)

« Les philosophes antiques étaient des pèlerins errants, comme s’il fallait éprouver le corps pour penser juste. » (Hélie de Saint Marc)

« Les philosophes ne connaissent pas l’univers, mais un livre d’images. Ils feuillettent les pages de ce beau livre, et ils croient toucher la réalité. » (Jacques Maritain)

« Les créateurs des systèmes philosophiques ont eu au point de départ une intuition … pour voir quelque aspect du réel avec intensité … mais ils en arrivent à ne plus voir que cela, à s’obséder là-dessus, à prétendre tout ramener à cela, tout expliquer par là, d’où la construction d’un système, ce qui les condamne inévitablement à méconnaître d’autres aspects du réel et à tomber par là dans l’erreur … Par exemple le matérialisme, en ne regardant que la réalité matérielle de l’homme, nie ce qu’il y a de spirituel en lui, et l’inverse est vrai aussi … Le dualisme, saisissant bien que l’homme est à la fois matériel et spirituel, méconnaît son unité substantielle. » (Jacques Maritain)

« C’est dans la pratique que l’homme a à faire preuve de la vérité, c’est-à-dire de la réalité et de la puissance de sa pensée, la preuve qu’elle est de ce monde. » (Marx/Engels – L’idéologie allemande) – A rappeler à nos idéologues dictateurs des média pratiquant le déni systématique de tout ce qui ne leur convient pas.

« Ces épiciers de la pensée pleins d’emphase et d’arrogance qui se croient infiniment au-dessus des préjugés nationaux. » (Marx – Engels) – Les philosophes, sociologues, économistes officiels des débats aussi officiels.

« La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose, du même coup, des moyens de la production intellectuelle. » (Marx – Engels) – L’essentiel, pour cette classe, est de se cacher derrière de pseudo-idéaux de gauche, de recruter et stipendier les idiots utiles, qui ne manquent jamais (média gauchistes propriétés et au service du grand capital).

« Le philosophe ou l’homme de culture, celui qui prend le risque de dépasser ce qui relève du prochain et du voisin, comme le dit Socrate, pour porter ses regards ‘tout en haut’. » (Jean-François Mattéi) – Nos intellectuels médiatiques regardent leur compte en banque.

« La nouvelle trahison des clercs, par son dénigrement systématique de l’héritage de l’Europe au profit d’idéologies européennes dévoyées en URSS, au Cambodge ou en Chine, justifia intellectuellement la mort de cent millions de personnes.  Cette ‘haine spirituelle’ (Husserl). » (Jean-François Mattéi) – Sur la myopie historique à l’égard du marxisme, qui continue de nos jours : horribles camps fascistes, acceptables camps communistes, horribles crimes et crimes tus.

« Il est difficile de créer des idées, facile de créer des mots, d’où le succès des philosophes. » (André Maurois)

« Ils font les dignes et les libres, alors qu’ils ont le mors en bouche et le harnais au dos. Ils nient la servitude pour en encaisser les profits. » (Charles Maurras)

« Leur opinion privée fait l’opinion publique. Mais, cette opinion privée, il reste à savoir qui la fait. La conviction, la compétence, le patriotisme, répondra-t-on, pour un certain nombre de cas. Pour d’autres, plus nombreux encore, l’ambition personnelle, l’esprit de parti, la discipline du parti. En d’autres enfin moins nombreux qu’on ne le dit et plus nombreux qu’on ne le croit, la cupidité … Nulle opinion, si éloquente et persuasive qu’on la suppose n’est absolument défendue contre le soupçon de céder, directement ou non, à des influences d’argent. » (Charles Maurras)

« L’Etat-Argent administre, dore et décore l’Intelligence ; mais il la musèle et l’endort. Il peut l’empêcher de connaître une vérité politique et, si elle voit cette vérité, de la dire, et, si elle l’a dit d’être écoutée et entendue. Jeûner, les bras croisés au-dessus du banquet, ou, pour ronger les os, se rouler au niveau des chiens. » (Charles Maurras – sur le choix qu’ont les intellectuels, se vendre ou jeûner)

« La raison pour laquelle ce sont toujours les mêmes ‘spécialistes’ qui sont invités à la télévision n’est pas du tout leur compétence. Ce qui ne signifie pas qu’ils sont incompétents, mais simplement que d’autres le seraient tout autant. Ils ont en revanche un grand mérite aux yeux des rédactions : ils répondent quand on les appelle. Pour les journalistes l’expert appelé à la rescousse doit répondre à plusieurs critères : efficacité (il doit être bref et concis), disponibilité (il doit habiter en île de France) et orthodoxie (il doit être partisan de l’économie de marché). Ce dernier critère n’est applicable que si le sujet discuté est lié à l’économie, mais les deux premiers sont toujours nécessaires … Les informations des journalistes proviennent de personnes (les ‘sources’) considérée comme fiables, non pas parce qu’elles sont susceptibles de dire la vérité, mais parce qu’elles sont faciles à trouver et acceptent de communiquer. » (Sophie Mazet)

« Si, aux yeux d’Orwell, cette liberté de pensée et d’expression se trouvait, aujourd’hui, terriblement menacée, c’était justement parce que ‘nombre de nos intellectuels sont en train de renier cette tradition. Ils ont adopté la théorie selon laquelle ce n’est pas d’après ses mérites propres mais en fonction de l’opportunité politique qu’un livre doit être publié ou non, loué ou blâmé. Et d’autres, qui en réalité ne partagent pas cette manière de voir, l’acceptent par simple lâcheté. » (Jean-Claude Michéa – citant George Orwell)

« L’intellectuel, c’est ce manipulateur de signes qui peut à tout moment, par la logique de son activité, déconnecter inconsciemment de l’objectivité sensible … Perte totale du sens des nuances … impossibilité d’éprouver des différences de degré, d’intensité ou d’essence (parfaitement perceptible dans les clameurs gauchistes et contestataires, grands mots sur des épiphénomènes) … Anesthésie du sens des réalités, défaillance de la fonction du réel … Perte du sens commun qui nous avertit qu’il y a ‘des choses qui ne se font pas’, qu’il y a des limites … Si l’intelligentsia moderne  a, dans son ensemble, rompu avec le réalisme spontané de l’homme ordinaire, c’est fondamentalement parce qu’elle a cessé d’être morale … ‘La tendance des intellectuels  à ne trouver légitime que l’Etat où leurs idées sont au pouvoir (donc eux-mêmes) … Les idées totalitaires sont enracinées dans l’esprit de tous les intellectuels’.» (Jean-Claude Michéa – citant George Orwell)

« Le militantisme est le chemin le plus court permettant à l’intellectuel de retrouver, dans l’appareil hiérarchique des partis, ce pouvoir qui le fascine (et ses avantages substantiels). Dans cette optique, l’histoire du mouvement socialiste devient l’histoire de la prise en main progressive, par des intellectuels auto-baptisés révolutionnaires professionnels, des mouvements spontanés d’une classe ouvrière qui se dressait contre l’ordre industriel non pas selon les impératifs de la science mais au nom de la plus élémentaire justice … Expropriation du socialisme ouvrier, qui désire la justice, par le socialisme intellectuel, qui désire le pouvoir.. » (Jean-Claude Michéa – résumant George Orwell) – L’expropriation est achevée depuis une bonne cinquantaine d’années. Qui a vu un ouvrier au parti socialiste ?

« Sur une plaine toute plate le plus petit tas de terre semble une colline, on jugera de la platitude de notre bourgeoisie actuelle en prenant le calibre de ses ‘grands esprits’. » (John Stuart Mill) – On peut remplacer le terme bourgeoisie par celui à notre convenance.

« Au premier temps de l’appel à servir succéda le second : ‘cessez de nous offusquer par trop de preuves d’un savoir excessif ou d’une pénétration désagréable’, ajoutèrent les notables. Il ne suffit pas de servir, il faut aussi se montrer humble … De là, l’intellectuel d’aujourd’hui, pusillanime devant les forts, dur aux faibles, ambitieux sans dessein, ignorant sous les oripeaux de la pédanterie, imprécis en style pointilleux, inexact en style détaillé. Un roquet de compagnie. Le plus souillé de ces petits animaux est bien l’universitaire tel qu’il est devenu. » (Jean-Claude Milner) – Et les journalistes alors ?

« Questionnaires, manuels de statistiques élémentaires, règlements inextricables, lexiques convenus et syntaxes misérables, lambeaux de pidgins, ainsi se compose la figure de l’expert, indéfiniment variée et indéfiniment monotone. » (Jean-Claude Milner)

« D’engagé, l’intellectuel s’est transformé en enragé. » (Philippe Muray)

« L’intellectuel de confort n’a d’autre issue que l’acquiescement sans condition. Le semblant de ‘pouvoir sacerdotal’ qu’on lui laisse est à ce prix. » (Philippe Muray)

« …Le but est d’obtenir que le ‘plouc’ n’ait plus une seule idée à soi, ni d’autres désirs que ceux qui ont été sélectionnés par les nouvelles élites mondialisées. Il n’est pas question de laisser le rustre en paix parce que cela signifierait que pourraient encore perdurer, dans des coins obscurs, d’inquiétantes radicalités, des singularités, des antagonismes, peut-être des souverainetés, et même des pensées marginales… » (Philippe Muray)

« …La classe ‘culturante’ se situe très au-dessus des changements de majorité politique parce qu’elle n’entretient avec le réel absolument aucun rapport, et c’est par là qu’elle perpétue son hégémonie sur les majorités politiques transitoires… » (Philippe Muray)

« La régression d’une proportion non négligeable de la classe parlante française au stade mental des sociétés préciviques se marque par deux autres traits ; le rôle croissant de l’imitation moutonnière et le sacrifice rituel de boucs émissaires. » (Philippe Nemo – La régression intellectuelle de la France)

« Jusqu’à présent toute philosophie fut la confession de son auteur. Une sorte de mémoire involontaire. » (Nietzsche)

« Le philosophe étant nécessairement l’homme de demain ou d’après-demain, s’est de tout temps trouvé en contradiction avec le présent ; il a toujours eu pour ennemi l’idéal du jour. » (Nietzsche) – Du temps où les philosophes, au moins ceux qu’on exhibe, ne servaient pas la soupe, le caviar plutôt.

« La philo n’est pas mal non plus. Malheureusement, elle est comme la Russie : pleine de marécages et souvent envahie par les Allemands. » (Roger Nimier)

«  Deux choses ont caractérisé les intellectuels, la lâcheté et l’aveuglement. » (Pierre Nora) – Du moins les intellectuels officiels des plateaux de télévision et des journaux.

« La vulgate parisienne a souscrit au marxisme-léninisme, au maoïsme, au freudo-lacanisme, au structuralisme, aujourd’hui elle frétille avec la théorie du genre, demain elle se trouvera un autre sucre d’orge à sucer avant de reconnaître, comme toujours, quinze ans plus tard, qu’elle s’était trompée. » (Michel Onfray)

 « Paris est un village dans lequel triomphe l’inceste intellectuel : pourvu qu’il soit prescripteur, il suffit qu’un seul dise une sottise pour qu’elle se trouve reprise par tous et devienne une vérité. » (Michel Onfray)

 « Elle dit sur les méthodes de travail des intellectuels qui ne travaillent pas, car ils se pillent et se citent, se passent mutuellement rhubarbe et séné, commentent les commentaires et glosent les gloses. » (Michel Onfray – sur une question à propos de l’escroquerie intellectuelle faisant de Sade un révolutionnaire, un libérateur, un penseur) 

« J’ai alors compris l’état de décomposition du microcosme intellectuel parisien, son panurgisme et sa réaction venimeuse quand on transgresse ses transgressions institutionnalisées. » (Michel Onfray – à propos de l’accueil fait à un de ses livres)

« Les docteurs qui collectionnent les paroles bien sonnantes et les phrases retentissantes. » (Origène)

« Les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires. » (George Orwell) – Surtout les soi-disant intellectuels officiels, achetés pour leurs services, ceux qu’on voit et qu’on entend.

« Sartre est une grosse outre gonflée de vent … Les éditeurs français reçoivent maintenant l’ordre d’Aragon et de quelques autres : défense de publier des livres indésirables. » (George Orwell – cité par Simon Leys) – Défense qui fut vrai longtemps après Aragon et le reste, mais pour d’autres motifs. Aujourd’hui, toujours au moins défense de parler de certains auteurs et livres (quand on n’a pu les interdire) autrement que pour vomir en chœur.

« Vous devez faire partie de l’intelligentsia pour écrire des choses pareilles ; nul homme ordinaire ne saurait être aussi stupide. » (George Orwell – sur ? – repris par Simon Leys, encore bien indulgent, à propos des écrits sur la Chine de Roland Barthes)

« Certaines opinions sont si stupides que seul un intellectuel peut les soutenir. » (George Orwell)

« Ce qui me rend malade à propos des gens de gauche, spécialement des intellectuels, c’est leur absolue ignorance de la façon dont les choses se passent dans la réalité. » (George Orwell) – On pourrait en dire autant de la bourgeoisie bien-pensante de droite.

« Les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires. » (George Orwell)

« N’importe quel intellectuel anglais aurait plus honte s’il se tenait au garde-à-vous pendant le ‘God Save the  King’ que s’il volait la caisse des pauvres. » (George Orwell)

« L’attaque directe et consciente contre  l’honnêteté intellectuelle est le fait des intellectuels eux-mêmes … La plupart des intellectuels, pour ne pas dire tous, se sont ralliés à une forme de totalitarisme ou à une  autre. » (George Orwell – dans les années 1930)

« Ces gens qui vivent dans le monde des idées et ont très peu de contacts avec la réalité matérielle. » (George Orwell) – « C’est dire que l’insensibilité morale de l’intellectuel totalitaire trouve son origine dans la pauvreté de son monde vécu … Sa fascination de la puissance provient de l’intuition qu’il va en devenir le prochain maître. » (Bruce Bégout)  – « Esprits réduits à l’état de gramophone. » (George Orwell) – « Leur vœu secret … l’avènement d’une société hiérarchisée où l’intellectuel puisse s’emparer du fouet. » (George Orwell) – Voir Sartre et tous les intellos-communards des années 1930 à 1990 au moins. Voir aujourd’hui leurs successeurs, la horde servile, lyncheuse des Biens-pensants officiels, des inquisiteurs, bien soumis, bien intellectuellement corrompus, idoles des média. 

« Pour les intellectuels ‘d’avant-garde’, l’idée qu’il y avait dans le monde de leurs pères des choses dignes d’être défendues (Quand on sait à quel point chez les intellectuels bourgeois le ressentiment œdipien peut être un des fondements de leur engagement révolutionnaire) revenait à remettre en question l’un des tabous majeurs sur lesquels s’édifiait leur identité personnelle. » (George Orwell) –  Leur fureur devant tout ce qui relève du passé.  Ne s’applique pas qu’aux intellectuels mais à tous les destructeurs.

« Qu’y a-t-il de plus affecté, de plus agressif et de plus opiniâtrement dénué d’humour qu’un intellectuel parisien derrière son texte ampoulé. Le Parisien est un provincial qui prétend parler au nom de l’universel. » (Camille Paglia)

« Tout se passe, en France, comme s’il fallait pour qu’un philosophe accède à la reconnaissance publique qu’il adopte des positions politiques extravagantes (Gilles Deleuze comparant les Palestiniens aux Indiens, les crétineries de Sartre sur la liberté des travailleurs sous Staline, les aberrations de Sollers et Kristeva sur la Chine des années 72-73, pays qui avait résolu les problèmes sexuels où s’empêtraient hommes et femmes de l’Occident bourgeois…). » (Paul-François Paoli)  – Extravagantes, mais quand même dans le sens admis, la démolition de toute valeur saine.

« Choisir ses opprimés en fonction de l’aversion que l’on voue aux oppresseurs. Ce tropisme est celui du parti intellectuel depuis Dreyfus … L’idéologue redresseur de tort est, depuis toujours, moins excité par la misère des victimes que par le profil du bourreau. » (Paul-François Paoli) – Importance du choix de ses opprimés préférentiels, et même exclusifs, pour accéder à la notoriété médiatique.

« Quelle misère qu’un monde sans un bon ennemi à honnir, en chair et en os … le bon vieil ennemi de classe a disparu, le bon papa fouettard, le sale patron à vilipender, le clérical excitant … Déjà privé d’utopie, l’intellectuel progressiste n’a même plus de quoi nourrir ses fureurs. » (Paul–François Paoli – simplifié) – D’où la hideuse horde des imprécateurs, des calomniateurs et des dénonciateurs garants du Bien est bien obligé d’en inventer, de lancer des préavis de guerre civile. Quelques bons vieux termes abondamment exploités accolés de la terminaison isme ou iste font l’affaire.

« L’intellectuel marxiste-léniniste de ce siècle aura eu le libre choix de ses erreurs, puis la liberté de les relativiser, de les taire, ou de les dénoncer soi-même. Il aura passé parfois la première partie de sa vie à se tromper et la deuxième à mettre ses errements en perspective sans renoncer d‘une once à son magistère ; coup double : engouement pour l’idéal, puis autoanalyse psychopolitique … Attendris sur leurs propres excès, experts indulgents de leurs propres erreurs, nos sectateurs redeviennent féroces dans la traque de leurs ennemis mythiques … Quand l’intellectuel marxiste a droit à tous les retournements, l’intellectuel de droite reste suspect à vie. » (Paul-François Paoli)

« Germanophiles avant-guerre, soviétophiles après, ces élites qui se sont courbés devant Boumedienne et Mao sont pour certaines déjà soumises à l’imperium musulman. Elles qui se délectent de toutes nos faiblesses semblent éprouver une étrange dilection pour la force quand celle-ci provient d’ailleurs … Un goût secret pour la force dans une époque vouée à toutes les faiblesses. » (Paul-François Paoli – reprenant Soumission de Michel Houellebeck et l’inconscient collaborationniste de certaines élites françaises)

« Nos élites intellectuelles fascinées par les transgressions, mais qui ne veulent pas en payer le prix, bien abritées qu’elles sont derrière le rempart des droits de l’homme. » (Paul-François Paoli – reprenant René Girard)

« La France, pays de ‘collabos’ ? Et comment ! Germanophiles dans les années 30, soviétophiles dans les années 50, maophiles dans les années 70, islamophiles aujourd’hui : certaines de nos élites intellectuels ont si souvent succombé à la fascination totalitaire que ce serait un jeu d’enfants de le montrer. ‘Vous cherchez un maître, vous l’aurez’ a lancé Lacan à de jeunes maoïstes. » (Paul François Paoli)

« Le premier devoir d’un intellectuel : se livrer avant toute autre chose, et sans complaisance d’aucun genre, à un examen critique des faits … Il n’y a pas de raisonnement valable sans bon sens ni référence à des faits concrets. Sinon le raisonnement devient fanatisme … Nous autres intellectuels, nous avons toujours tendance à identifier la ‘culture’ avec notre culture, puis la morale avec notre morale et l’idéologie avec notre idéologie. » (Pier Paolo Pasolini)

« L’un des lieux communs les plus typiques des intellectuels de gauche, c’est leur volonté de désacraliser, de désentimentaliser la vie … Ne pas craindre la sacralité et les sentiments, dont le laîcisme de la société de consommation a privé les hommes en les transformant en automates laids et stupides, adorateurs de fétiches. » (Pier Paolo Pasolini)

« L’un des lieux communs les plus typiques des intellectuels de gauche, c’est la volonté de désacraliser et (inventons le mot) de désentimentaliser la vie. » (Pier Paolo Pasolini – cité par Jean-Claude Michéa)

« Le dégoût des clichés se poursuit en haine de la société courante et des sentiments communs. » (Jean Paulhan) – C’est-à-dire en haine du peuple.

« Ces philosophes qui croient à l’absolue logique de la vérité n’ont jamais eu à discuter à couteaux tirés avec une femme. » (Cesare Pavese)

« J’accuse le parti intellectuel moderne d’avoir une métaphysique, de la vouloir imposer à tout le monde par les moyens de la force gouvernementale,   en matière d’histoire et de sociologie… pour assurer sa domination dans le temporel en l’ayant assurée dans le spirituel. L’entrée d’un jeune homme dans le grand parti intellectuel moderne lui confère automatiquement aujourd’hui toutes les puissances de la domination temporelle. » (Charles Péguy)

« L’automatisme intellectuel a une incroyable force. Vieillis avant l’âge par la fausse culture, les esprits automatiques ne répondent plus. » (Charles Péguy)

« Les partis intellectuels – politiques eux-mêmes – sont beaucoup plus dangereux que les partis politiques – proprement dit – parce qu’ils atteignent l’homme beaucoup plus profondément. » (Charles Péguy)

« Les haines intellectuelles modernes ont adopté, ont emprunté tout l’arsenal des haines politiques anciennes et modernes, et notamment des haines politiques modernes, qui sont particulièrement bien outillées. » (Charles Péguy)

« Insoucieux de la contradiction, ils encensent le même monde sous le nom de moderne, et le flétrissent sous le nom de bourgeois et de capitalistes. » (Charles Péguy – sur les intellectuels de gauche) – Les actuels sont aussi pervers et encore plus arrogants.

« Une grande philosophie n’est pas celle qui installe une vérité définitive, c’est celle qui introduit une inquiétude. » (Charles Péguy)

« Les intellectuels vont naturellement du côté de la puissance … Ils cumulaient, ils joignaient ensemble toutes les quiétudes que donne le régime établi, la puissance, la domination, la conservation…» (Charles Péguy) – Et le fric.

« Un intellectuel est quelqu’un qui est rassuré quand il n’a pas compris. » (Pierre Perret)

« L’industrie pétitionnaire … Comment expliquer qu’un si grand nombre d’intellectuels, puisque tel est leur statut officiel, puisse de nos jours accepter aussi facilement de se livrer, toute honte bue, à des opérations de basse police … ‘La passion policière qui pousse certaines gens à dénoncer voisins, parents, relations ou collèges ne trouve de véritable exutoire que dans les périodes de bouleversements, de guerres, d’occupation … Mais même en temps normal, elle n’en demeure pas moins latente chez les ratés, les envieux, les médiocres … la vénalité en est rarement absente, mais ce serait une erreur d’y voir son moteur exclusif … La recherche d’avantages personnels s’augmente le plus souvent d’autres mobiles non moins puissants : des sentiments d’infériorité ou de frustration (le succès d’autrui apparaissant comme une véritable provocation), le désir de se donner de l’importance, une forme d’exhibitionnisme, et surtout un respect inné du Pouvoir, de l’Ordre établi, des Autorités, l’instinct flic, la haine de tout ce qui apparaît non conforme, différent, hétérodoxe, hérétique.’»  (André Perrin – citant Simon Leys)

« Alors qu’aucun anthropologue ne se satisferait, pour décrire le fonctionnement ou la symbolique d’une société particulière, de reproduire simplement des propos qui lui ont été tenus par ses informateurs. Au nom de quel principe l’anthropologie des sociétés modernes devrait-elle se borner à prendre au mot les informations distillées par les sociologues et les philosophes, pour ne mentionner qu’eux ? » (Perrot, Rist et Sabelli)

« Le comble de la suffisance intellectuelle est de croire qu’on peut apprendre quelque chose en s’écoutant monologuer. » (Georges Picard)

« C’est à nous à l’habituer à mieux. » (Gaëtan Picon, hiérarque de la culture avec Malraux) – Tout est dit sur l’arrogance méprisante des intellectuels, comme des politiques, vis-à-vis du public populaire. Les seigneurs, les aristocrates, de jadis étaient plus humbles et plus bienveillants. Ils ne crachaient pas sur le peuple, ils l’aidaient.

« S’agit-il d’un adversaire que son érudition et sa vigueur d’esprit rendent redoutable : ils chercheront à le réduire à l’impuissance en organisant autour de lui la ‘conspiration du silence’. Conduite d’autant plus blâmable que, dans le même temps, sans fin ni mesure, ils ‘accablent d’éloges qui se met de leur bord’. » (saint Pie X) – Aujourd’hui, en plus on le salit par tous les moyens.

« Un intellectuel, c’est quelqu’un qui réfléchit avant d’écrire et de parler, qui réfléchit avant de réfléchir, et qui réfléchit même sur l’utilité de la réflexion avant la réflexion proprement dite. » (Bernard Pivot)

La jeune paysanne thrace qui éclata de rire en voyant Thalès tomber dans un fossé, pendant qu’il observait le mouvement des corps célestes et le railla : « de son zèle à savoir si bien ce qui se passe au ciel, lui qui ne savait voir ce qu’il avait devant lui, à ses pieds. » (historiette contée par Platon)

« Bonnes gens, ne réfléchissez plus, un expert s’en charge pour vous … psychologie de bazar et culte de la performance. » (Natacha Polony – sur l’éducation des enfants) – Quelqu’un qui ne s’égarerait pas dans la presse dite féminine ou sur les innombrables chaînes de télé., ne saurait imaginer la quantité d’experts que peut receler un pays comme la France, en tout, de la stratégie interplanétaire la plus secrète à la culture avancée des nourrissons en passant par le renouveau surprenant de la flore en Patagonie.

« A force de chercher, il se perd lui-même. » (Vasko Popa)

« Ces complaisances aux idées courantes et aux pouvoirs établis auxquelles se laissent glisser des serviteurs de l’esprit, passent les bornes de la bassesse ou de la sottise. » (Robert Poulet) – Servilité de nos intellectuels officiels, ceux que vantent les média. On leur dit d’encenser, ils encensent. On leur dit de mordre, ils mordent. On leur dit de ne jamais en parler, ils se taisent…

« L’intellectuel de gauche est venu au marxisme, non parce qu’il avait été convaincu par la lecture du ‘Capital’, ni parce qu’il avait trouvé dans le ‘matérialisme dialectique’ une satisfaction spirituelle, mais pour des raisons purement sentimentales (révolte contre une famille bourgeoise, le plus souvent) … Car l’intellectuel de gauche a un programme purement destructif  (que les intellectuels bourgeois démolissent, les militants se chargeront de reconstruire). » (Raymond Queneau) – L’auteur omet des raisons presque aussi importantes : l’ambition d’exercer le pouvoir, de se conduire joyeusement en bourreau, la cupidité ordinaire. Aujourd’hui, les successeurs des mêmes sont attirés par les minorités combattantes et par l’Islamisme. Même abjection. Tels de nouveaux Jean-Paul Sartre. 

« Du début jusqu’à la fin de son histoire la philosophie fut fascinée par la proximité du pouvoir (par l’ascendant qu’il exerce sur l’esprit de celui qui enseigne) … Pourquoi le philosophe court-il après le tyran ? Pourquoi Platon s’empresse-t-il vers Denys ? Pourquoi Aristote suit-il l’empereur Alexandre ? Pourquoi Sénèque l’empereur Néron ? Pourquoi Descartes la reine de Suède ? Pourquoi Diderot l’impératrice de Russie ? Pourquoi Hegel l’empereur Napoléon ? Pourquoi Heidegger le chancelier Hitler ? » (Pascal Quignard – Mourir de penser) – Pourquoi Sartre idolâtrait-il Staline ? Pourquoi Bernard-Henri Lévy….  – Servilité propre aux intellectuels, arrivisme, fascination…

« Le sociologisme, les habits neufs du gauchisme. Un type humain : l’intellectuel organique. Naguère fasciné par le prolétaire d’usine puis par le guérillero anticolonialiste, l’intellectuel organique s’enflamme aujourd’hui pour les marginaux, déviants, les criminels … Ces ‘sociologues’ qui occupent massivement les pages centrales consacrées aux idées du ‘Monde’ ou de ‘Libération’ où ils exposent non des découvertes ou des hypothèses scientifiques plausibles, mais leurs préférences politiques et parfois leurs talents polémiques. » (Xavier Raufer – citant Michel Surya et Claude Fouquet) – Sous les dictatures communistes, l’intellectuel organique était celui qui vendait sa plume contre quelques avantages. L’espèce prospère en démocratie.

« L’intervention de l’intellectuel dans les affaires publiques se déroule sous l’empire de considérations, de pressions, d’intérêts, de passions, de lâchetés, de snobisme, d’arrivisme, de préjugés, d’hypocrisies en tout point semblables à ceux qui meuvent les autres hommes. » (Jean-François Revel) – Et souvent en pire, en raison de l’orgueil démesuré de beaucoup de membres de cette caste.

 « Dans leur immense majorité, tout en revendiquant un rôle de guides, les intellectuels se considèrent au gré de leur convenance comme dégagés de toute obligation vis-à-vis de la vérité et de toute responsabilité morale … L’intellectuel se considère à la fois comme ‘engagé’ et irresponsable … Cette irresponsabilité s’affirme d’abord au stade proprement intellectuel de l’élaboration de la conviction, ensuite par le refus de répondre des conséquences … des erreurs commises. » (Jean-François Revel)

« On est frappé par le conformisme des intellectuels, leur manque fréquent d’originalité dans leurs appréciations, leur docilité aux modes, et le bel ensemble avec lequel ils se sont rués têtes baissées dans toutes les modes philosophiques (marxisme, théologie de la libération, révolution culturelle chinoise, atrocités des khmers rouges…) … Ils ont rarement un point de vue personnel sur les doctrines en vogue. » (Jean-François Revel) – Cette mentalité de laquais explique peut-être leur goût pour le totalitarisme, car « seul le totalitarisme ménage aux intellectuels un monopole. » (même auteur)

« Les déclarations fausses, odieuses, mensongères qu’ont pu proférer un Frédéric Joliot-Curie, un Albert Einstein, un Bertrand Russell quand ils s’aventuraient hors de la physique ou de la logique mathématique constituent un florilège… suivent exemples. Le génie n’est pas automatiquement transférable hors de sa sphère de compétence. » (Jean-François Revel – condensé) – Respectons ces savants, les savants, dans leur domaine, mais s’abriter derrière une réputation flatteuse n’excuse pas le délire dans d’autres domaines, il s’agit même là d’un abus de prestige. On peut être prix Nobel et stupide ou même corrompu dans d’autres domaines. Il en va de même pour ces artistes qui se mêlent de tout, pour certains religieux. « Ces prises de position … déversant de lourdes erreurs dans des esprits désarmés … influencent des millions (ou seulement des milliers) de personnes, par l’effet d’un transfert illégitime d’autorité d’un domaine à l’autre. » (même auteur)

« Comme un intellectuel préfère parler plutôt que penser, il n’est pas étonnant qu’il cherche à se préserver de la pensée dans les mots. » (Jean-Paul Richter)

« Les intellectuels engagés sont devenus enragés. » (Ivan Rioufol) – Garder ses rentes.

« Si le pouvoir absolu d’un seul s’établit en France, la philosophie opposera moins de digues à la tyrannie que la religion. » (Rivarol)

« La philosophie moderne n’est autre chose que les passions armées de principes … Si les anciens philosophes cherchaient le souverain bien, les nouveaux n’ont cherché que le souverain pouvoir … Ils ont pris sous leur étendard : la nouveauté pour principe, la destruction pour moyen, et une révolution pour point fixe, ils n’ont pas aspiré à moins qu’à la reconstruction du tout, par la révolte contre tout ; sans songer qu’ils étaient eux-mêmes dans le monde, ils ont renversé les colonnes du monde … Ils verront qu’en déliant les hommes on les déchaîne, qu’on ne peut leur donner une arme défensive qu’elle ne devienne bientôt offensive, et ils pleureront sur le malheur de l’espèce humaine. » (Rivarol) – De même de nos réformateurs en matière dite sociétale.

« Ils ont dit : périssent nos colonies, périsse  le monde, plutôt qu’un seul de nos principes. » (Rivarol)

« Le dévot croit aux visions d’autrui, le philosophe ne croit qu’aux siennes. » (Rivarol)

« Les philosophes n’ont négligé aucune des routes de l’erreur, expliquant tantôt des apparences par des réalités, et tantôt des réalités par des apparences. Cicéron avait remarqué qu’il n’y avait rien de si absurde qui n’eût déjà été dit par quelque philosophe. » (Rivarol)

« Un de ces valets littéraires qui savent quitter les genoux des grands quand leurs grandeurs disparaissent. » (Rivarol)

« C’est un terrible avantage que de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. » (Rivarol)

« Le vrai philosophe est celui qui se place, par le seul effort de sa raison, au point où le commun des hommes n’arrive que par le bienfait du temps. » (Rivarol) – N’allez pas chercher ces personnalités rares sur les plateaux de télévision. On ne les invitera pas, de peur qu’ils ne disent ce qui nous attend.

« L’homme prendra toujours pour ses amis les ennemis de ses ennemis. Les gouvernements n’étaient pas aimés ; les philosophes les attaquaient, et le peuple les crut ses amis ! » (Rivarol) – Alors que les dits philosophes ou intellectuels n’entendaient que flatter le peuple et s‘en servir.

« La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir ; mais les maux présents triomphent d’elle. » (La Rochefoucauld) 

« Les pires ennemis, rompus à la guerre de plume, savent très bien que le silence étouffe mieux que l’injure et font taire leur animosité pour mieux l’exercer … … La voix d’un seul qui conserve la raison jette dans la fureur les autres qui veulent l’oublier, dans la terreur que cette voix ne les réveille et qu’ils ne se retrouvent dégrisés et tout nus.» (Romain Rolland) – « Le monde les hait parce qu’ils ne sont pas du monde. » (Evangiles) – Non sans s’être auparavant déchaînés, avant le silence, dans la manipulation, le mensonge et l’insulte.  Demander aux enterrés par la meute, Renaud Camus, Jean Cau, Dominique Venner et tant d’autres.

« Cette haine assassine,  soufflée par des rhéteurs sans risques … On pourrait presque dire que cette guerre est la leur, tant ils y ont apporté de passion forcenée … Non seulement ils n’ont rien fait pour diminuer l’incompréhension mutuelle, pour limiter la haine ; mais, à bien peu d ‘exceptions près, ils ont tout fait pour l’étendre et l’envenimer … Le roi de la meute, Barrès, avec une rage écumante, se jetait à la gorge non plus seulement des Allemands, mais des pacifistes français »(Romain Rolland – en 1914-18) – Mais, les intellectuels, au moins les officiels, ceux qui hantent les plateaux de télévision, ceux qui ne sont pas marginalisés, interdits de parole audible par la meute médiatique dominante, n’ont pas changé, Il fallait voir leur enthousiasme quand l’OTAN écrasait les civils serbes sous les bombes, il faut connaître le rôle d’un Bernard-Henri Lévy (et d’autres) dans la lamentable intervention en Libye, dans l’affaire Ukraine contre Russie… S’ils se cachent derrière l’humanitarisme, c’est pour contempler le sang des autres, et parfois pour aider à leurs petites affaires. Ce qu’avait bien vu Julien Benda dans La trahison des clercs (même rubrique, début)

« Depuis le commencement de la guerre, les intellectuels ont beaucoup fait parler d’eux, dans un camp comme dans l’autre, On pourrait presque dire que cette guerre est leur guerre, tant ils y ont apporté de passion forcenée. » (Romain Rolland – écrivant fin 1914 – Au-dessus de la mêlée) – Même Henri Bergson !  D’où, en 1929, le cri  horrifié d’un Julien Benda (La trahison des clercs). Les successeurs de ceux de 1914 (les adulateurs de Staline, de la révolution culturelle, des Khmers rouges… les J. P. Sartre… les ‘voyeurs’ de Sarajevo ensuite) ont continué, cinquante ans après, à se vautrer dans l’infamie (rachat de leur impuissance physique ?)

« Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin dans leurs livres des devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins. » (J. J. Rousseau) – Prévoyait-il BHL, l’homme de la société du spectacle, « le héraut des droits de l’homme à travers le monde, combattant partout … des Bosniaques aux Libyens, mais jamais pour les Français. » (Eric Zemmour) – Insoucieux des conséquences locales, mais peut-être soucieux des retombées pour lui ?

« Caste mandarinale avec tous les dangers des castes : tendance à raisonner en l’air, manque d’instinct et de cœur, perméabilité aux modes idéologiques, rejet systématique du sens commun et des sagesses traditionnelles décrétées préjugés… » (Raymond Ruyer)

« Le caractère le plus constant depuis le XVIII° siècle  de ceux qui se croient au-dessus des autres par leur intelligence … c’est bien le rejet des tabous et des préjugés, des croyances traditionnelles ou instinctives … Les intellectuels avancés sont portés à croire que la société tout entière bouillonne, comme leur vase clos, d’ardeurs subversives, d’amour de l’anarchie et des palabres, ou de sexualité libertaire. Ils sont tout surpris de constater, à l’occasion, qu’ils sont peu suivis, et mal acceptés au fond. » (Raymond Ruyer) – Mais que leur importe puisqu’ils tiennent les média.

« Les écrivains jouent sur les deux tableaux. Ils prétendent au rôle de directeurs de conscience et l’exercent en fait. Ils veulent tenir la place des prêtres dans la vie morale du pays. Mais si quelqu’un leur demande des comptes, ils se réfugient avec indignation derrière les privilèges sacrés de l’art pour l’art. » (Raymond Ruyer) – Toutes les catégories de pseudo-intellectuels « qui abusent de leurs fonctions pour des propagandes immoralistes … et s’abritent derrière les droits sacrés de la recherche, de l’innovation, de l’expérimentation… » (Idem)

« C’est une grande satisfaction pour un ‘penseur’, d’apporter la peste à tout un peuple, et de s’y voir néanmoins acclamé et statufié par des millions de naïfs qui se croient libérés. » (Raymond Ruyer) – Allusion au mot de Freud débarquant à New-York ?)

« Ce qui est particulier dans notre siècle, c’est le règne des idéologies et la constitution d’énormes publics contaminables. Au lieu d’un Bouvard et d’un Pécuchet … il en existe des millions. Corrélativement, diminue le contrepoids, c’est-à-dire la masse des agriculteurs, des ouvriers, des gens d’affaires, de tous ceux qui sont directement en contact avec les choses et qui se guident sur l’expérience directe et le sens commun. La société est déséquilibrée par la masse croissante de ceux qui sont en contact avec les mots, les idées, les spéculations théoriques, qui s’occupent de les assimiler, de les répandre, et de vivre … dans les expériences mentales plutôt que dans les expériences réelles. » (Raymond Ruyer)

« Le philosophe Edgar Morin s’extasiant devant les communes hippies de Californie. » (Raymond Ruyer – ironique à juste titre)

« Les intellectuels vont de système en système, comme un mauvais nageur d’une bouée à une autre. Trop heureux de se cramponner un moment, peu lui importe de savoir comment la bouée est attachée au fond. » (Raymond Ruyer)

« Il y a en France cinq ou six ‘philosophes’ dont le moindre propos est repris par les média. » (Edouard Sablier) – Ce sont les intellectuels organiques, ceux qui se sont grassement vendus pour compenser leur stupidité, leur corruption et leur haine. Tout le monde connaît les noms. Voir les mensonges haineux déversés sur ordre contre la Serbie jadis, la Russie aujourd’hui qu’il s’agit de déstabiliser, de balkaniser et de soumettre à l’Occident.

« La télévision a promu une nouvelle classe d’intellectuels : composée d’animateurs-producteurs, de journalistes, d’écrivains publicistes, d’experts en tout genre … Son rôle n’est plus d’analyser ou d’éclairer l’expérience qu’on s’emploie par ailleurs à faire disparaître mais d’occuper l’espace symbolique ainsi laissé vacant … Sautant d’un plateau de télévision à l’autre, ce télé-prédicateur… Un affairement de tous les instants peu propice au travail intellectuel mais conforme au bourdonnement incessant que produit l’univers des affaires et de la politique … Les ‘faiseurs de nuages’ de Marx. » (Christian Salmon)

« Les systèmes philosophiques ne sont que des transpositions de la vie personnelle de leur auteur, et il est plus que légitime de confronter le théorique au biographique. » (repris  de Lou Andréas Salomé– cité par Roland Jaccard) . – C’est bien évident, mais pas pour les purs esprits.

« L’intellectuel est quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. » (Jean-Paul Sartre) – Un connaisseur !

 « Quand je dis un homme de droite, je veux dire un salaud. » (Jean-Paul Sartre) – Voilà comment s’exprimait le philosophe, le leader des intellectuels de gauche.    

« Une diversité d’hommes ayant acquis quelque notoriété … et qui abusent de cette notoriété pour sortir de leur domaine et critiquer la société et les pouvoirs établis au nom d’une conception globale et dogmatique … de l’homme. » (Jean-Paul Sartre) – Un expert. Les intellectuels officiels d’aujourd’hui ne critiquent plus les pouvoirs établis, ils vont à la caisse.

« Un intellectuel est quelqu’un qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse de le contester. » (Jean-Paul Sartre)

« La pétition n’est plus ce qu’elle était. Avant, on consentait à être pétitionnaire quand on était intellectuel. Maintenant, on attend de la pétition qu’elle vous sacre intellectuel … Corrélation entre l’importance de l’œuvre et la fréquence des accès de pétitionnite … Il n’est pas de cause trop petite pour se faire un nom. On a l’affaire Dreyfus qu’on peut. » (Michel Schneider)

« Rien n’est pire, pour l’intellectuel utopiste qu’une société à laquelle il ne peut plus rien reprocher. » (Helmut Schoeck)

« Philosopher, c’est anticiper. » (Michel Serres)

« A gauche, les intellectuels sont en quête d’une mission. Ils ne croient plus au marxisme ni à l’apothéose par le tiers monde. Mais ils ont foi dans les droits de l’homme … Eternels avocats des opprimés, les intellectuels n’ont plus de prolétaires ni de guerilleros à défendre. Heureusement une cause les attend : celle des immigrés … La  Rive gauche enfourche un nouveau cheval de bataille. » (Jean Sévillia)

« Jamais ne vécut philosophe qui put en patience endurer le mal de dents. » (Shakespeare)

« Le néant des débats intellectuels d’aujourd’hui face à cette radicale nouveauté : l’autorité sans partage de l’expertise sur ce qu’il convient de penser de chaque sujet de société. » (Alain-Gérard Slama) – Jointe à la terreur que fait régner la nouvelle inquisition.

 « Le propre du discours de ‘l’expertise’, qui considère a priori la conscience individuelle comme défaillante, est qu’il ne connaît pas de limites. Il n’est aucun domaine où l’organisation…’J’ai examiné le problème, et il en résulte que’…» (Alain-Gérard Slama)

« Il est tout à fait d’un philosophe ce sentiment : s’étonner. » (Socrate)

« Chien de garde de l’idéologie dominante, fonction objective du sociologue d’Etat. » (Alain Soral) – Celui qui est sur toutes les télés.

« L’intellectuel a pris la place du prélat d’Ancien Régime dans la vie publique, non plus comme gardien du dogme de l’Eglise, mais comme combattant de la vérité au service de l’intérêt général dans une République une et indivisible … L’intellectuel communautaire parle au nom de sa communauté et son but est d’en renforcer l’influence, le statut, au détriment d’autres communautés rivales contre l’intérêt général et contre la République. » (Alain Soral)

« Des gens qui ont pour profession l’exploitation de la pensée …. Les intellectuels ne sont pas, comme on le dit souvent, les hommes qui pensent : ce sont les gens qui font profession de penser et qui prélèvent un salaire aristocratique en raison de la noblesse de cette profession » (Georges Sorel)

« La démocratie bourgeoise se raccroche … à la théorie des capacités et s’efforce d’utiliser le respect superstitieux que le peuple a instinctivement pour la science ; elle emploie les moyens les plus charlatanesques pour rehausser son prestige, multiplie les brevets, et s’efforce de traiter le moindre lettré en un mandarin ; les parasites s e distinguent par un amour immodéré pour la science afin de jeter de la poudre aux yeux… » (Georges Sorel) – Les fameux experts d’aujourd’hui.

« Toute philosophie des lumières part d’un optimisme intellectuel sans borne, qui est toujours lié au type du grand citadin, et elle aboutit au scepticisme absolu. » (Oswald Spengler) – Belle anticipation du minable Bobo actuel.

« Cette manie des philosophes français (et de tous les intellectuels, journalistes, politiques…), héritée des stratégies du soupçon, qui leur fait rechercher ce qui peut se cacher derrière une thèse (Qui est celui qui s’exprime ?  Veut-on faire passer en douce un message religieux ? Qui va-t-on défendre… ?) et à rechercher, pour valider un discours, d’où il parle, au moins autant qu’à analyser ce qu’il dit. » (Monique Canto-Sperber)

« La fin de la philosophie n’était plus la contemplation désintéressée de l’éternel mais le soulagement de la condition de l’homme. » (Léo Strauss)

« Ils ne savent rien, mais ils disent tout … Hostiles au Brexit jusqu’à l’aveuglement et n’y comprenant rien, de pseudos-experts médiatiques français répètent avec un art consommé du psittacisme un certain nombre d’approximations hâtives, de demi-vérités et d’erreurs d’appréciation. » (Jeremy Stubbs) – En France, les experts médiatiques, comme les éditorialistes, ne sont pas là pour travailler, comprendre et expliquer, mais pour dire ce qu’on n’a même plus besoin de leur dire de dire.

« La philosophie, cette théologie sans Dieu. » (André Suarès)

 « Les intellectuels étaient à la recherche d’une religion de remplacement. Ils ne supportaient ni la mort de Dieu, ni les exigences d’une morale de la liberté dont ils se faisaient pourtant les héros. » (Georges Suffert- Les intellectuels en chaise longue))

« Partout les mêmes thèmes, les mêmes modes, les mêmes passions … par la substitution comme valeur suprême, pour les intellectuels, de la politique à la littérature … La forme de l’œuvre est secondaire, c’est la rigueur de l’engagement qui est la clef du succès … Pour pénétrer dans les rangs du parti intellectuel on n’a d’autre passeport à fournir que celui de son opinion … Que faire s’il ne faut ni lire ni écrire ? Rien. Tout est là. S’informer simplement. Savoir où il faut être et quand. Admirer. Admirer encore. Répéter ce que l’on  a entendu. Se couler comme l’eau de pluie dans le lit du torrent. Choisir ses fréquentations. Et signer des pétitions. » (Georges Suffert) – A condition bien sûr de choisir le camp du Bien. Ne serait-ce parce que, appartenir à celui-ci assure l’accès aux média, donc de substantiels profits.

 « Le terrorisme des précieux, la confiscation de la morale … l’auto-admiration mutuelle, la valorisation de l’inculture, l’élitisme du langage, tout cela commence à agacer … Les intellectuels se sont munis dans la démocratie libérale, comme dans les régimes totalitaires, d’une arme unique : la morale. Elle est à la fois le programme et la méthode du parti. Par définition, elle échappe à toute critique, puisqu’elle est la critique … La dénonciation précède l’enquête, elle n’est d’ailleurs qu’une prise de position politique déguisée. » (Georges Suffert)

 « Le terrorisme intellectuel commence au moment où  l’un fait sentir à l’autre que s’il ne se plie pas à ses pratiques et à ses mots, c’est qu’il est un ignorant et un lâche … Le membre du parti intellectuel sait ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est beau et ce qui est laid, ce qui va arriver et ce qui ne peut pas se produire. Il se fonde sur quelques préceptes dogmatiques et il est dépositaire des clefs de la connaissance du bien et du mal. » (Georges Suffert)

« Nous ne sommes plus à l’époque des ‘deux cent familles’ qui régissaient la France, mais à celle des deux cent intellectuels qui lancent les modes depuis leur cénacle parisien. » (Georges Suffert) – S’ils se contentaient de lancer des modes, cela au moins épargnerait au peuple d’encaisser leurs leçons et de subir leurs insultes.

« Le parti intellectuels’ affirme dépositaire de la culture et prêche la contre-culture, rend ses arrêts au nom de la morale et proclame la déchéance des valeurs morales. » (Georges Suffert – Les intellectuels en chaise-longue)

« Le parti intellectuel aime les masses, mais en même temps il ne les supporte pas ; il ne vit que pour le peuple et méprise tos les spectacles que celui-ci à la faiblesse d’aimer. » (Georges Suffert)

« On n’exige pas seulement de l’intellectuel qu’il analyse des causes, mais qu’il y adhère et les défende … rôle de militant. » (Ezra Suleiman – en France) – Avec tous les solides avantages de la position si on se place du côté de la meute.

« Les intellectuels ‘cosmopolites et progressistes’, toujours porte-parole irresponsables et pusillanimes des puissances régnantes sont récemment devenus ‘mondialistes et mouvementistes’. Parti pris confortable pour ‘ventres pleins’, comme eût dit Orwell. » (Pierre-André Taguieff)

« Le philosophe qui fait bravo. » (François Taillandier – pensant à qui ? – à votre idée ?)

« Il est inconcevable que tel écrivain, qui se ferait scrupule de mentir dans sa vie privée, mente impudemment, de gaieté de cœur, à cent mille, à cinq cent mille personnes qui le lisent (ou l’écoutent) ; et que beaucoup de gens sachent cela et qu’ils continuent à le tenir pour un honnête homme. » (Gabriel Tarde) – Politiciens, journalistes, prétendus philosophes…

« La plupart des philosophes qui passent pour avoir fondé la liberté (ceux du XVIII° siècle, Helvétius, d’Holbach ou Mably) étaient partisans d’un despotisme éclairé dont ils auraient été ministres. Ils avaient le culte de la force. Ils honoraient chez Frédéric II ou Catherine II, ce qu’ils reprochaient à Louis XIV. Ils ont applaudi au rapt de la Silésie et au partage de la Pologne. Ils étaient du côté des parties prenantes. » (André Tardieu) – Rien à voir avec nos admirateurs-encenseurs des Staliniens, des Maoïstes, des Khmers rouges, philosophes admirables de désintéressement, de clairvoyance, de bonté humaine…

« Les écrivains et les intellectuels se sont révélés des enjôleurs particulièrement inventifs, c’est pourquoi les chefs d’Etat les ont souvent admis dans leur intimité. » (Tzvetan Todorov) – Dans les sociétés totalitaires dit l’auteur. Mais est-ce particulier à celles-ci ?

« Si les écrivains demandaient de pouvoir tout dire, en toutes circonstances, cela signifierait qu’ils réclament pour leur parole une irresponsabilité totale, autrement dit qu’ils acceptent que la société n’en tienne aucun compte … Revendiquer le rôle de maîtres de conscience et, en même temps, se réclamer de l’irresponsabilité de l’écrivain. » (Tzvetan Todorov)

« En l’absence d’adultes, on se met à faire confiance aux experts. » (Georges Trow)

« « Les professions délirantes.» (Paul Valéry – sur les intellectuels)

« Toute philosophie pourrait se réduire à rechercher laborieusement ce que l’on sait naturellement. » (Paul Valéry)

« Le métier des intellectuels est de remuer toutes choses sous leurs signes, noms ou symboles sans le contrepoids des actes réels. » (Paul Valéry)

« Car ce n’est pas être homme que d’invoquer l’Humanité. Je connaissais ces hommes pour n’être exempts d’aucune faiblesse d’hommes ni d’hommes de lettres ; et je les voyais dans ce cas particulier s’enflammer ou faire les enflammés pour une cause. » (Paul Valéry – sur l’affaire Dreyfus) – Mais l’indignation bidon de certains intellectuels est de tout temps.

« L’intellectuel occidental sait ou croit savoir ce que les autres ne savent pas. Il pense rarement le réel, en tant que tel, par l’observation des faits, par l’expérience …  ce qui serait à ses yeux méprisable. Il le pense en référence à des concepts, à des modèles abstraits … Les faits étant examinés non en eux –mêmes, mais selon leur adéquation avec le concept … Dans la séduction du concept et du raisonnement bien ficelé, le radicalisme des intellectuels trouve l’une de ses explications. Tout est simple et absolu dans l’abstraction, d’autant que s’y ajoute la griserie cassante du discours. » (Dominique Venner) – Contrant cette obsession des Universaux (rubrique 290, 5 début), un cynique précurseur des nominalistes disait : ‘Je vois bien un cheval, je ne vois pas la chevalité’ et Joseph de Maistre ‘voyait bien des hommes, non l’humanité.’ 

« Voltaire a forgé ce climat de guerre civile froide propre à la vie intellectuelle française. Les Jacobins traiteront leurs adversaires en criminels à exécuter ; les communistes en ennemis de classe à ostraciser. Le sectarisme des progressistes perdure jusqu’à aujourd’hui ; leur propension à judiciariser, psychiatriser, animaliser les conflits politiques ; à refuser à leurs adversaires leur liberté, leur raison, jusqu’à leur statut d’être humain parfois. Leur faculté sidérante à se poser en victimes alors qu’ils sont bourreaux. Leur réécriture fallacieuse de l’Histoire. Tout est déjà dans Voltaire. » (Eric Zemmour) – Il suffit d’entendre les glapissements de haine dont de prétendus intellectuels emplissent les ondes dès que quelqu’un aborde ce qu’il est interdit de dire.

« Les ‘intellectuels’ ont malheureusement les mêmes privilèges dans le mouvement ouvrier que dans la société bourgeoise. » (Simone Weil)

« Les hommes de parti n’attendent au fond que cela des intellectuels : que ces préposés à la vérité fassent une exception au profit d’une cause réputée supérieure. Ils attendent d’eux qu’ils deviennent des préposés au mensonge, au moins par omission.C’est ce que Julien Benda a appelé la ‘trahison des clercs’. » (Simone Weil) – Maintenant les membres omniprésents  de la meute médiatique ne trahissent même plus pour quelque cause prétendue supérieure, mais encore plus vulgairement pour le fric.

« Un artiste, un érudit, un esthète, invectiver contre les injustices sociales comme le premier pamphlétaire venu, c’est un spectacle à faire pleurer les anges. » (Oscar Wilde) – Plus prosaïquement, c’est se prostituer.

« La philosophie est une lutte contre la manière dont le langage ensorcelle notre intelligence. » (Ludwig Wittgenstein)

« La philosophie n’est pas une doctrine mais une activité. » (Ludwig Wittgenstein)

« Il y a toujours plus d’herbage pour le philosophe dans les vallées de la bêtise que sur les hauteurs arides de l’intelligence. » (Ludwig Wittgensrein)

« Il n’y a rien de pire que la haine de l’intellectuel. » (William Yeats) – S’applique à celle que certaines personnes bornées portent à toute idée, aussi bien qu’à celle que se portent les intellectuels entre eux, aussi bien qu’à celle de beaucoup de ceux-ci pour le peuple et ses préoccupations.

« Ce qui s’est passé depuis une trentaine d’années en France, c’est qu’un bon nombre d’intellectuels ont renoncé à l’autorité spirituelle pour les séductions du pouvoir. Ce sont ainsi constitués des réseaux de pouvoir reposant sur l’intérêt, la complaisance, la compromission, qui font la pluie et le beau temps dans l’espace public devenu de plus en plus médiatisé et médiatique…. Caste qui associe argent, pouvoir et média, qui dicte sa loi, qui annihile (en organisant le silence) ou consacre (en organisant le tintamarre), caste dont les membres sont toujours grassement servis … Ce sont les ‘shows médiatiques’ qui apportent la reconnaissance, l’œuvre n’a aucune importance. » (Yves-Charles Zarka)

 « Aujourd’hui, l’intellectuel est devenu un histrion sans œuvre ni autorité, mais doté d’une place dans les réseaux de pouvoirs pour se maintenir dans la visibilité médiatique. Agis de telle sorte que tu continues à être visible ! Tel est son impératif catégorique, la loi qui commande ses faits et gestes … Nouvelle figure de l‘intellectuel : l’intellectuel-prédateur-médiatique … L’intellectuel doit divertir, figure dérisoire de l’intellectuel déchu ; c’est comme cela qu’on l’aime aujourd’hui, c’est cela que les animateurs de plateau télé souhaitent … Être manipulé ou ne pas être dans l’espace public, telle est la dure loi qui règne dans le monde intellectuel aujourd’hui … L’époque des intellectuels histrions des média, mutation résultant de trois phénomènes : – Extension du domaine de la marchandisation aux œuvres de l’esprit – Emprise  considérable des média, fonction de divertissement, il faut faire rire, il faut divertir, il faut être provocateur, en somme, faire le spectacle … mais aussi le journaliste décide  de ce dont il faut parler et de ce qu’il faut taire, de ce qui est réussi et de ce qui est raté, c’est lui qui dresse le palmarès des intellectuels, qui désigne les cinquante meilleurs, ceux qui comptent ou compteront – Avec l’Evaluation se sont introduits dans les universités des dispositifs bureaucratiques de contrôle qui paralysent toute innovation, toute prise de risque, toute grande ambition, mais favorisent en revanche la médiocrité, le conformisme, la servilité … Nombre de publications, nombre de citations par articles, nombre de ‘like’ ! … L’unité qui domine l’Université n’est plus la grande figure scientifique ou intellectuelle mais le laboratoire de recherche. » (Yves-Charles Zarka)

 Note sur les dispositifs d’évaluation (relatifs aux Universités) : « L’inversion idéologique consiste à faire passer pour une mesure objective, factuelle, chiffrée ce qui est un pur et simple exercice de pouvoir … Pouvoir qui prétend normer et réglementer le savoir, qui engendre une normalisation généralisée des savoirs et des pratiques, excluant des individus, des groupes, des démarches intellectuelles, voire des champs disciplinaires entiers … Procédure extraordinaire par laquelle le pouvoir se donne unilatéralement le statut d’autorité, sans contrôle … on ne va pas tout de même évaluer l’évaluation et les évaluateurs … Idéologie qui cache un système de pouvoir … Pouvoir disciplinaire, pouvoir de sanction, qui a la caractéristique d’avoir bonne conscience … Pouvoir qui se donne lui-même, sans le dire, non pas simplement comme énonciateur de vérité, mais plus que cela comme instaurateur de valeur, comme norme de la vérité … L’évaluation suppose l’établissement d‘une échelle de valeurs, positives et négatives … en masquant le caractère subjectif et relatif des valeurs posées à un moment donné … Les premiers bénéficiaires sont ceux que l’on juge bien-pensants, conformes ou susceptibles de se conformer, de s’adapter à des objectifs préalablement fixés … Négativité : l’évaluation entraîne l’effort pour se conformer aux exigences de l’évaluation et complaire aux évaluateurs, plutôt que d’avoir pour objectif la production (de savoirs…). » (Yves-Charles Zarka)

« Elle ouvrait le bal de ces intellectuels français libéraux et progressistes qui ne cessèrent depuis lors de se chercher un maître étranger, qu’il soit anglais, allemand, russe, américain. Et demain, chinois indien, arabe. » (Eric Zemmour – sur  madame de Staël glorifiant Wellington après Waterloo)

« Soyons réalistes, nous les universitaires de gauche : nous voulons apparaître critiques tout en profitant au maximum des privilèges que le système nous offre. Alors bombardons le système de demandes impossibles : nous savons bien …  que ces demandes ne seront pas satisfaites, aussi sommes-nous sûrs que rien ne changera et que nous maintiendrons ainsi notre statut de privilégiés. » (Slavoj Zizek)

« Pendant des dizaines d’année, seule une élite très restreinte a su qui étaient Claudel, Péguy, Rolland, Suarès ou Valéry … Vivre tranquillement, travailler tranquillement pour un cercle tranquille, au-delà de la ‘foire’ était pour eux plus important que de se pousser en avant. » (Stefan Zweig) – Comme tous les vrais intellectuels de tout temps. On avait alors affaire à de vrais intellectuels, non aux excités malpropres, incultes, grossiers, arrogants, soumis et souvent stipendiés que nous imposent des média identiques. Chacun trouvera les noms qui conviennent, le choix est vaste.

« Jamais aussi peu d’hommes n’ont fait autant de bruit. » (?)

« Un con qui rame ira toujours plus loin qu’un intellectuel qui s’assoit en face de Jean Paul Sartre. » (?)

« Un philosophe doit juger le vulgaire, et non pas juger comme le vulgaire. » (?)

« Les intellectuels ont quantité de raisons d’aimer les imbéciles. » (?)

« Être un donneur de leçons, passer à la télé. » (?)

« Les experts n’ont pas d’aptitude particulière à représenter le public ou l’intérêt général. S’ils ont une vocation à expliquer le développement scientifique, on ne voit pas quelle légitimité ils ont pour aboutir à des recommandations éthiques. » (?) – Sur les multiples comités où ils font la loi et sur la place que leur accordent les média.

« Leur passion fondamentale est l’indignation, leur œuvre essentielle, la dénonciation. » ( ?) – Certains seulement, les intellectuels officiels, mais qu’on voit et qu’on entend beaucoup. Il est vraisemblable qu’on en verra même au Panthéon, pour services rendus à la police de la pensée, ou, plus modestement, pour contribution à l’imbecillité générale.

« Les chiens de garde du gaucho-européisme. »  (?)

Enfin, tiré de Gilles Châtelet quelques jugements sur un de nos brillants intellectuels, jadis grand conseiller du Prince Mitterrand : « Les prestations intellectuelles de X, considéré outre-Manche et outre-Atlantique comme une entité burlesque tout à fait hors du commun, un des intellectuels-saltimbanques les plus zélés de la future neurocratie mondiale, stade avancé de l’ordre cyber-mercantile … Son atout maître : la ‘surclasse nomade’ du XXI° siècle, élite volatile de prédateurs dont il estime certainement être un des prototypes les plus distingués. »

Ci-dessous, extraits remaniés de l’ouvrage de Alan Sokal et Jean Bricmont, deux physiciens reconnus, Impostures intellectuelles, publié après que les deux auteurs, aient démontré ces impostures par un canular célèbre dans un article publié étayant ses divagations par des citations d’intellectuels célèbres (parmi lesquels, Gilles  Deleuze, Jacques Derrida, Félix Guattari, Luce Irigaray, Jacques Lacan, Bruno Latour, Jean-François Lyotard, Michel Serres et Paul Virilio… ) dont les œuvres ont été un important produit d’exportation, surtout vers les Etats-Unis … les auteurs américains cités étant souvent, au moins en partie, des disciples ou des commentateurs des auteurs français (et de la fameuse et désastreuse théorie et pratique française de la ‘déconstruction’)

« Parler abondamment de théories scientifiques dont n’a, au mieux, qu’une très vague idée, importer des notions de sciences exactes dans les sciences humaines sans donner la moindre justification, exhiber une érudition superficielle en jetant sans vergogne des mots savants à la tête du lecteur dans un contexte où ils n’ont aucune pertinence (impressionner, intimider) … Des textes incompréhensibles, pour la bonne raison qu’ils ne veulent rien dire …  Face à ces critiques les défenseurs de Lacan et des autres auteurs ont tendance à se replier sur une stratégie de ni/ni ; leurs écrits ne doivent être évalués ni comme discours scientifique, ni comme raisonnement philosophique, ni comme œuvre poétique, ni… jeux de mots et  syntaxe fracturée (surtout chez Lacan), textes sacrés servant de base à l’exégèse révérencieuse des disciples … Il semble y avoir une tradition consistant à utiliser des notions mathématiques hors de leur contexte … Densité de mots scientifiques et pseudo-scientifiques, utilisés sans égard pour leur signification, insérés dans des phrases par ailleurs dénuées de sens, donnant une apparence de profondeur à des observations banales (on peut se demander ce qui resterait de la pensée de Jean Baudrilllard si l’on en retirait tout le vernis verbal qui la recouvre) … Mélange de confusions monumentales et de fantaisies délirantes, analogies scientifiques les plus arbitraires qu’on puisse imaginer … chute dans l’ivresse verbale (sur Paul Virilio, notamment) … Le théorème de Gödel (qu’on ne me demande pas d’expliquer) source presque inépuisable d’abus intellectuels, extrapolé arbitrairement pour être appliqué au domaine politique et social, pour expliquer le ‘secret des malheurs collectifs’ alors qu’il n’y a aucune relation entre le théorème et l’organisation sociale (sur Régis Debray, notamment) … ‘Qu’on ne s’attende pas à ne trouver ici qu’une discussion de théories. Mallarmé y voisine abondamment avec Mao-Tsé-Toung, Hölderlin avec Hegel, et le théorème de Gödel avec la situation des ouvriers immigrés’ (phrase remarquable d’Alain Badiou dans ‘Théorie du sujet’ où sont mélangés allégrement politique, lacanisme et théorie des ensembles) … Tout ce qui est obscur n’est pas nécessairement profond … L’effet néfaste que l’abandon de la pensée claire a sur l’enseignement et sur la culture (les étudiants apprennent à répéter et à élaborer des discours auxquels ils ne comprennent pas grand-chose) … ‘La croissance des modes intellectuelles postmodernes dans les universités, qui impliquent que tous les faits qui prétendent à une existence objective sont simplement des constructions intellectuelles, pas de différence claire entre les faits et la fiction ‘ (Eric Hobsbawm) … A l’heure où la superstition, l’obscurantisme et les fanatismes se portent à merveille, il est à tout le moins irresponsable de traiter avec légèreté ce qui, historiquement, a été le seul rempart contre ces folies, à savoir la vision rationnelle du monde. » – Certes, mais on ne peut ignorer le fait que cet abandon (soutenu par les théories de la déconstruction) soit dicté par la volonté de sabotage de la civilisation.

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