415,1 – Identité

 « C’est une chose qui possède la vertu d’être elle-même. » (Vincent Descombes) – Ce qui est évidemment intolérable dans le chaos actuel.

-Avec les téléphones portables, le courriel, nous avons abordé l’extraterritorialité. Nous n’avons plus qu’une adresse électronique.

– Notion de plus en plus floue ayant fait l’objet de débats (ou de combats) périodiques, avant d’être interdite. Mais il reste que le qualificatif d’identitaire est une des multiples expressions utilisée par la classe politico-médiatique pour assassiner quelqu’un. Du moins s’il est question d’identité française.

« Mot tabou … qui appelle le qualificatif ‘identitaire’, arme fatale de disqualification. » (Natacha Polony)

– Survivance incompatible avec la sainte mondialisation. D’ailleurs comment un pays qui n’a plus d’identité (autre que négative et déprimante : lamentations, repentances et diabolisation de notre passé, immoralité étalée, jalousie constante) pourrait-il en fournir une à de nouveaux arrivants ? On peut comprendre leur peu d’enthousiasme pour endosser un habit fait de loques. Les immigrés ont le droit, d’ailleurs légitime, de conserver leur identité, les indigènes, les locaux, eux, sont priés, fortement, de renoncer à la leur.

– Finit de se dissoudre avec l’utilisation des pseudonymes en usage avec les réseaux dits sociaux et dans la pluralité des positions et la discontinuité des fonctions.

– Grave question pratique : comment va-t-on faire quand les enfants n’auront plus ni père ni mère, mais deux pères ou deux mères (ou plus de chaque d’ailleurs) ? Une solution charmante serait que chacun à sa naissance soit immatriculé par son numéro d’ADN : ADN-XXX.YYYYY.ZZZZZ-11.22.33.44…. la vieille notion de sexe étant négligée puisque soumise à variation tout au long de l’existence.

– Suivant un maître (Zen ?) : il faudrait tendre à la désidentification, soit réduire toutes nos identifications partielles qui empêchent la pleine conscience de soi (obnubilé par la profession, le statut, la musculature, les performances intellectuelles, sportives, sexuelles, certaines émotions systématiquement utilisées) et nous font jouer un rôle, revêtir un habit…

– L’identité-classe (communisme), l’identité-race (nazisme).

– La question d’identité est fortement liée au multiculturalisme. Toute l’histoire (jusqu’à récemment, la Yougoslavie, le Rwanda, Sunnites et Chiites…) enseigne que si on veut que différentes communautés affirmées s’entendent il faut les séparer (ou les intégrer fortement sous un idéal distinct, fort et commun, souvent le fait d’une dictature ou au moins d’une poigne forte). C’est ce qu’a oublié M. Amartya Sen dans son livre Identité et Violence, extraordinaire tissu de bien-pensance infantile, de poncifs, de sidérantes banalités officielles, d’approximations et de contrevérités, que même un intellectuel laquais anglo-saxon ou européen chargé d’imposer la doxa mondialiste, moderniste et destructrice n’aurait pas osé reprendre, tels quels au moins. Dommage, c’est d’autant plus surprenant, et même contradictoire, que M. Sen cite souvent les massacres hindouistes-musulmans lors de la partition des années 1947, sans voir ni reconnaître que c’est le mélange qui en est le terreau sinon la cause efficiente, fallait-il les laisser continuer à se massacrer pour sacrifier au dieu multiculturalisme ? Alors, quand il nous donne son avis sur l’histoire occidentale ! De pire en pire. Un brillant économiste, à juste titre nobélisé, devrait s’abstenir, même par soumission mimétique, de s’aventurer hors de son domaine.

« Identitaire : étiquette destinée à jeter la suspicion sur quiconque dit son attachement à la France. » (Bérénice Levet)

« Repli identitaire » – L’identité étant tellement haïssable (c’est-à-dire gênante pour la fabrication de zombis), ce ne peut être qu’une position dévaluée de repli. Emmanuel Macron utilise beaucoup l’expression.

– Au catalogue des expressions exprimant la lâcheté des politico-médiatiques, et au même rang que l’inepte Vivre ensemble : l’expression stupéfiante d’Identité heureuse. Laquelle d’ailleurs, si on en croit Natacha Polony, ne peut être belle que mauritanienne ou tibéto-birmane ou … et certainement pas bourguignonne ou occitane…

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« La recherche de l’identité est un voyage initiatique ; se perdre pour se retrouver, mourir pour renaître, descendre aux enfers pour revenir à la lumière. C’est une aventure éminemment individuelle. » (Francesco Alberoni)

« Nous en sommes encore réduit, pour vivre humainement à vivre au milieu de choses qui nous racontent des histoires. » (Jean Améry – cité par Alain Finkielkraut) – L’exilé sait bien qu’il est besoin d’avoir une terre à soi pour ne pas en avoir besoin ; de garder vivante l’idée de celle qu’on a quittée.

« La hiérarchie fournit de puissants moyens d’identification … Chaque échelon de l’échelle sociale est un facteur d’identification … On n’a pas besoin d’être un ‘alpha’ (un leader) pour savoir qui on est … Nous cherchons l’identité comme nous cherchons le soleil ; nous craignons l’anonymat comme nous craignons l’obscurité. » (Robert Ardrey)

« C’est par le verbe et l’acte que nous nous insérons dans le monde humain, et cette insertion est comme une seconde naissance dans laquelle nous confirmons et assumons le fait brut de notre apparition physique originelle … En agissant et en parlant les hommes font voir qui ils sont, révèlent activement leurs identités personnelles uniques et font ainsi leur apparition dans le monde humain … Révélation du ‘qui’. » (Hannah Arendt)

« En tant qu’Antonin, ma cité et ma patrie, c’est Rome ; en tant qu’homme, c’est le monde. » (Marc-Aurèle)

« Les identités religieuses et culturelles ont déjà ‘plus d’épaisseur’ que l’identité civique. Elles apportent plus d’émotions, de liens de parenté, de solidarité, même si cela s’accompagne parfois de plus d’exclusion. » (Benjamin Barber) – En déduire que l’appartenance forte à une communauté (fut-elle littéraire, scientifique, sportive…) l’emporte sur la citoyenneté qu’on a par trop négligée et même dévaluée (nationalismes guerriers, puis critiques de toutes sortes, repentances à n’en plus finir, multiculturalisme destructeur…)

 « Nous n’avons plus le temps de nous chercher une identité dans les archives, dans une mémoire, ni dans un projet ou un avenir. Il nous faut une mémoire instantanée, un branchement immédiat, une sorte d’identité publicitaire qui puisse se vérifier dans l’instant même … En termes de mode ou d’apparences, ce qui est recherché n’est plus seulement la beauté ou la séduction, mais le look … Comme il n’est plus possible de tirer argument de sa propre existence, il ne reste plus qu’à faire acte d’apparence, sans se soucier d‘être, ni même d’être regardé. » (Jean Baudrillard)

« De même, dans le clonage, rien ne s’oppose plus à la reconduction du Même. Jadis la reproduction sexuée s’y opposait encore, aujourd’hui on peut enfin isoler la matrice génétique de l’identité, et on va pouvoir éliminer toutes les péripéties différentielles qui faisaient le charme aléatoire des individus. » (Jean Baudrillard)

« Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux

« Que des palais romains le front audacieux. 

« Plus que le marbre dur, me plaît l’ardoise fine.

« Plus mon Loir gaulois que le Tibre latin.

« Plus mon petit Liré que le mont Palatin.

« Et plus que l’air marin la douceur angevine. »  (Joachim du Bellay)

« Notre identité se promène entre les différentes composantes qui font de nous ce que nous sommes … Le colonel anglais du Pont de la rivière Kwai devenu ‘colonel-pont-ingénieur’, le cadre d’entreprise devenu seulement ‘cadre’, le ‘supporter de football qui ne sera que supporter, le financier qui ne pense et ne ressent plus à partir d’une ‘identité générale d’être humain’, etc. » (Miguel Benasayag)

« Une communauté d’idée et de sentiments touchant certains problèmes fondamentaux, une certaine identité dans la manière de concevoir le monde extérieur, de classer les objets, d’en hiérarchiser les valeurs, bref une certaine unité d’orientation spirituelle, un certain esprit commun. » (Julien Benda) – « Dans leur immense majorité les êtres humains ont besoin d’une identité collective, de se sentir faire partie d’un groupe reconnaissable … Ce sentiment d’appartenance confirme chacun dans son existence (Tzvetan Todorov) – « L’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine. » (Simone Weil – voir à la rubrique Âme humaine, 290, 3) – Quelques rappels sur l’Identité. 

« Le monisme ignore l’amour. Il affirme non l’identité de la personne, mais l’identité de toutes les personnes, la présence en toutes d’un seul et même principe : ‘toi, c’est moi’. Or, au contraire, l’essence de l’amour consiste précisément en ceci qu’il découvre la personne d’autrui qui n’est identique à nulle autre. L’amour est dualité. » (Nicolas Berdiaeff) – Explication indirecte (et entre mille autres !) de la haine dont les dominants poursuivent la moindre allusion au terme identité, puisqu’il s’agit d’interdire toute individualité, personnalité, distinction…

« Je reste persuadé que l’identité une fois abolie, la fraternité cesse d’être possible. » (Emmanuel Berl) – La fraternité, la reconnaissance de l’autre est impossible si l’un comme l’autre ne sont pas stabilisés et un minimum cohérent dans une identité appréhendable.

« Renoncer à la thésaurisation des savoirs offerts à la convoitise au profit de la formation de soi (‘bildung’) nommée en Europe culture … Qu’est-ce que se cultiver si ce n’est édifier sa propre identité à partir d’affectations assumées et d’altérations surmontées. » (Françoise Bonardel)

« La mondialisation ne sera qu’un leurre tragique si elle court-circuite le processus par quoi chaque individu tentait jusqu’alors de s’approprier son humanité au sein d’un cadre culturel certes relativement limité, mais qui n’en était pas moins pour lui un ‘monde’ au sein duquel façonner son identité. » (Françoise Bonardel) – Le cosmopolitisme forcé écrase cette part indispensable d’enracinement.

« A force de célébrer cet extérieur à soi, c’est nous qui sommes devenus extérieurs à nous-mêmes, nouveau chapitre de la haine de soi. » (François Bousquet) – Danger d’un altruisme, qui d’ailleurs ne reflète qu’un narcissisme exacerbé.

« L’âge des guerres identitaires n’est sans doute pas terminé … en particulier à partir de l’édification de la religion en critère d’identité absolu. » (Laurent Bouvet)

« L’individu libéral y est conçu comme pouvant “choisir” librement les traits de l’identité personnelle qu’il souhaite mettre en avant dans la société, au gré de telle ou telle autre situation, tout particulièrement lorsque tel ou tel trait de cette identité est ‘minoritaire’, ‘dominé’ ou ‘discriminé’. Ce ‘choix’ se transformant le plus souvent dans la société libérale en revendication de droits. » (Laurent Bouvet)

« L’époque est plutôt au fractionnement identitaire et à ses revendications, ce que certains nomment l’intersectionnalité par exemple. Au terme de cette logique, le croisement infini de nos spécificités identitaires finirait par nous laisser seuls à revendiquer des droits particuliers, tous persuadés de souffrir d’une forme de discrimination, renonçant pour cette raison à vivre ensemble sans ressentiment. » (Gérald Bronner – Déchéance de rationalité) – Où est passé l’Universel ?

« L’identité n’est pas une clôture mais un point de départ qui permet de donner une suite au passé, de l’infléchir. Elle est toujours à reconstruire. » (Pascal Bruckner) – Une base.

« La crise identitaire est au cœur du mal-être populaire, même si personne ne le dit. Elle n’est pas, contrairement à ce que raconte la gauche, rejet de l’autre, mais refus d’une dépossession de soi et de devenir autre chez soi … Toutes les identités subsidiaires, voire parodiques, étaient recevables, sauf l’identité nationale. » (Patrick Buisson) Tout pourrir, le slogan discret de l’oligarchie politico-médiatique esclave du gauchisme culturel.

« Plus le désir porte à l’imitation des dominants et plus vacille ce qui contribuait à nourrir le sentiment d’une identité propre et qui permettait de tenir en espérant les égaler. » (Alain Caillé) – L’envie est destructeur d’identité.

« Dans le libéralisme et l’individualisme, la question d’une identité collective, d’un ensemble auquel on puisse, à des égards essentiels, s’identifier, auquel on participe et dont on se soucie, du destin duquel on se sent responsable, ne peut et ne doit pas se poser, elle n’a aucun sens. » (Cornelius Castoriadis) – Mais ce n’est pas par absence de sens, c’est au contraire parce qu’elle avait trop de sens, que la question récente de l’identité française a fait se déchaîner tous les destructeurs de la société. Remplacer une population, oui, mais clandestinement.

« Il y a une crise de l’identité, en ce sens que ce qui ne fonctionne pas, c’est la correspondance avec des rôles, ou des possibilités de rôles, prédéterminés que le sujet puisse investir, valoriser et reprendre à son compte … ‘Les sociétés qui échouent à proposer aux gens des rôles qui leur soient propres, un ensemble d’identités stables, solides, leur permettant d’affronter des temps difficiles, ne remplissent pas leurs devoirs … Une société devrait pouvoir dire quel genre de caractère mérite, selon elle, respect et admiration, dire : ‘Voici le genre de personne que nous honorons, que nous respectons’. » (Cornelius Castoriadis – citant son intervieweur de la radio anglaise, Michael Ignatieff) – En fait la société médiatique française le dit bien parfois, sauf que les exemples sont trop souvent pourris.

« Deux forces contraires sont en lutte pour  remodeler notre monde …Tandis que le monde se globalise, les revendications identitaires se multiplient … Cette tension entre le mouvement d’intégration économique et la tendance à l’autonomie sociale est à l’origine de la crise de légitimité que traversent les institutions traditionnelles … La multiplication de sources d’autorité et de pouvoir : coincé entre la logique des réseaux mondiaux et celle des identités particulières ( religieuses, sexuelles, nationales, ethniques ou culturelles), l’Etat-nation n’est plus qu’un lieu de pouvoir parmi d’autres … Plus la tradition perd son emprise, et plus la vie quotidienne se recompose en termes d’interactions dialectiques du local et du mondial, plus les individus sont forcés de négocier des choix de vie parmi toute une série d’options … Il est des mouvements qui refusent la mondialisation dans l’intérêt du capital et l’informationnalisation dans l’intérêt de la technologie. Ces lieux où des passés de rêve et des avenirs de cauchemar hantent un monde chaotique de passions, d’élans de générosité, de préjugés, de peurs, de fantasmes, de violences, de stratégies boiteuses et de coups de chance. L’humanité, en un mot … D’un côté, les élites dominantes mondiales qui habitent l’espace des flux se composent de plus en plus d’individus sans identité (les ‘citoyens du monde’) ; de l’autre, ceux qui résistent à leur asservissement économique, culturel et politique sont de plus en plus attirés par l’identité communautaire. » (Manuel Castells – Le pouvoir de l’identité – considérations éparses sur l’impact de la mondialisation)

« Plus la tradition perd son emprise, et plus la vie quotidienne se recompose en termes d’interactions dialectiques du local et du mondial, plus les individus sont forcés de négocier des choix de vie parmi toute une série d’options … Le projet de vie réfléchi devenant un élément crucial de la structuration de l’identité personnelle. » (Manuel Castells – Le pouvoir de l’identité) – Et un facteur de stress supplémentaire !

« La France est d’abord une identité. L’ôter, la pervertir, c’est … l’aliéner car les peuples qui ne savent plus ‘qui ils sont’ deviennent fous et sont, dés lors, prêts à se ruer derrière l’homme ou dan le système qui leur redonnera, même dans le sang et le feu, cette identité. » (Jean Cau)

« Inconnus ce matin, plus inconnus ce soir, nous ne nous en persuadons pas moins que nous effaçons ce qui nous précéda. Et toutefois, chaque minute, en fuyant, nous demande : Qui es- tu ? et nous ne savons que répondre. » (Chateaubriand)

« Car, forcément, au jeu des évidences idéologiques et des lieux communs, il va de soi que ce qui est désigné comme étant « identitaire » (sans qu’on sache trop finalement de quoi il s’agit), c’est mal, c’est sale. Ne jamais oublier d’ailleurs d’y accoler « repli », « dérive » ou « péril » pour plus de conviction. On parle désormais de « danger identitaire » comme d’une chose aussi naturelle que de l’eau qui mouille ou du feu qui brûle, c’est une évidence non prouvée, une parole d’évangile et l’adjectif substantivé «identitaires » est devenu la version fashion de « fascistes » que les esprits sains n’osent plus trop prononcer tant le terme a été ridiculement galvaudé. En somme, l’identitaire c’est le nouveau point Godwin de la « pensée » politique française. » (Anne-Sophie Chazaud)

« On ne peut se croire libre quand on se retrouve toujours avec soi, devant soi, devant le même. Cette identité, fatalité et hantise, nous enchaîne à nos tares, nous tire en arrière, et nous rejette hors du nouveau, hors du temps. »  (Emil Cioran) – Ou, comme Narcisse, nous fait plonger dans l’étang où nous nous mirions.

« Si nous étions davantage nous-mêmes, et surtout si nous l’étions un peu plus tôt dans notre vie, nous sèmerions moins de désordre en nous débattant dans la confusion, l’agitation, la possession, et l’insatisfaction des identités d’emprunt. » (Christian Combaz)

« Ce que la construction européenne propose en substitution à l’appartenance citoyenne, c’est l’appartenance à n’importe quel collectif identitaire … L’identité nationale, la seule identité non respectable et interdite par l’Europe. » (Vincent Coussedière)

« C’est l’Islam qui tend à être identitaire (et non les mouvements ainsi qualifiés en France qui ne visent qu’à conserver la pluralité des coutumes sur lesquelles est fondé l’être-ensemble social du peuple français), et ceci à travers l’islamisme. Dans celui-ci ‘faire peuple’ ne se construit que par l’imitation de ce qu’impose l’Islam … Certains mouvements identitaires féministes ou homosexuels n’ont pas fait l’objet de réactions populaires … On interprète le populisme comme identitaire pour le déconsidérer. » (Vincent Coussedière – simplifié)

« Après l’identité religieuse, puis l’identité nationale  et l’identité sociale, notre société nihiliste … s’est forgé un nouveau concept identitaire : l’identité sexuelle … Ce n’est pas tant l’identité sexuelle qui est remise en question, que l’identité hétérosexuelle, fustigée comme conservatrice, réactionnaire, fasciste… A l’idéalisme unitaire et factice de l’ancien ordre, on a substitué un simple émiettement, tout aussi uniforme, et si peu ambigu que chaque miette est parfaitement étiquetée, catégorisée, fixée,… » (Maurice G.  Dantec)

« Plus l’émancipation s’accroît, plus l’enracinement se voit diminué, récusé, vilipendé. L’un et l’autre s’accusent réciproquement. Cependant, l’enracinement n’a jamais le beau rôle, parce qu’il ne bénéficie pas du prestige de l’avenir. L’émancipation s’avance au nom du progrès et d’un progrès que nul ne peut endiguer … Il se trouve que dans cette guerre des dieux qui se livre entre émancipation et enracinement, les élites se trouvent plutôt du côté de l’émancipation, et les peuples, plutôt du côté de l’enracinement. » (Chantal Delsol)

« Nous passons de la lutte des universels à la lutte des particuliers … On ne s’invective plus au nom des idéologies, mais au nom des identités … Je ne suis plus adepte de tel ou tel Grand Soir, je suis jeune, basque, femme, ou protecteur de la nature … Les clans identitaires ne se parlent pas, ou alors, communiquent par l’invective … Chacun recevra sa part de richesse, de pouvoir et de considération ; système des quotas. Mais surtout, chaque clan identitaire réclame des lois adaptées à sa culture, à son mode de vie. » (Chantal Delsol) – Ou, comment faire éclater une société.

« On s’habitue à l’autre d’autant plus facilement qu’on ne possède plus guère d’identité propre à revendiquer. » (Chantal Delsol) – L’ouverture du zombi.

« L’identité est une qualité que l’on peut conserver, ce qui veut dire que c’est aussi une qualité que l’on peut perdre ou que l’on peut vouloir défendre contre ce qui menace de la détruire … Une certaine manière de se comporter, un moyen d’affirmer une appartenance communautaire ou de revendiquer un lien social procurant un sentiment de dignité et une place dans le monde. » (Vincent Descombes) – Mais ceux qui veulent détruire toute identité (humanistes-mondialistes haineux et au service) détruiront tout et d’abord ceux qui veulent conserver leur identité.

« Mon identité au sens moral est forcément plurielle. Chacune de ces identités ne correspond qu’à une partie de ma personne. Elle est même deux fois plurielle, à tout instant car je ne suis jamais réductible à une seule qualité, et dans la durée, car je ne reste pas (heureusement) fixé à un seul personnage … Chacun de nous a plusieurs identités. Ne serait-ce que l’identité d’un homme, de type biographique et l’identité d’un ‘moi’, (d’un ‘self’), qui repose sur la conscience d’être le même sujet pensant que quelqu’un dans le passé … possibilité de conflit entre mon identité pour les autres et mon identité pour moi-même. » (Vincent Descombes)

« Crise d’identité : l’individu est confronté à l’incompatibilité de deux systèmes de valeurs ; – être le bon fils suivant l’ancienne moralité et le brillant jeune homme selon la nouvelle moralité, maintenir une certaine idée de soi et accepter de combattre le monde ou bien consentir à modifier, interpréter, cette représentation de façon à la rendre compatible avec les nécessités de la vie – conflit entre l’identité subjective que l’individu se reconnaît et l’identité objective que la société attribue à cet individu. » (Vincent Descombes) – Aussi, conflit entre diverses appartenances sociales ou communautaires.

« L’homme d’une société traditionnelle, lorsqu’il doit se présenter, se définit comme le nœud de divers rapports de complémentarité statutaire (parent … époux … maître … aîné … compatriote…). En revanche, l’homme moderne se présente comme un individu, comme quelqu’un qui ‘se trouve’ avoir diverses qualités sociales, mais qui peut se penser lui-même indépendamment de ces qualités (il aurait pu naître dans un autre pays…). » (Vincent Descombes)

« Le paradoxe qu’il y a à vouloir éteindre le racisme en exacerbant les identités … Forme de discrimination à fronts renversés qui servira à essentialiser les individus en fonction de leur couleur de peau ou de leur origine et à transformer la société française en une nouvelle tour de Babel. » (Alexandre Devecchio – s’inspirant de Paul Yonnet) – C’est bien le but recherché.

« Je ne peux pas avoir de travail et je ne peux pas ne pas en avoir. » (Dany-Robert Dufour) – « L’identité sociale est la seule identité réelle … C’est toujours une déficience de l’identité sociale qui en vient à perturber l’identité personnelle, et non le contraire, comme on aurait tendance à le penser. » (Clément Rosset) – « Si l’identité sociale ‘craque’, alors tout craque et le moi avec. »  (Dany-Robert Dufour)

« Le nouveau capitalisme a très vite repéré le parti qu’il pouvait tirer de la contestation … endossant un ‘parfum libertaire’ fondé sur la proclamation de l’autonomie de chacun et sur ‘l’extension indéfinie de la tolérance dans tous les domaines’. C’est pourquoi il porte avec lui la désinstitutionnalisation, soit moins de tout ce qui pourrait entraver la circulation de la marchandise … En vertu de sa logique d’expansion continue, on pourrait dire que le marché a grand intérêt à l’existence d’identités, y compris d’identités sexuelles, extrêmement flexibles, variables et mouvantes … Son rêve est de pouvoir fournir des kits en tout genre, y compris des panoplies identitaires : des discours, des images, des modèles, des prothèses, des produits … Faire exister des individualités transitoires susceptibles d’acheter ou consommer autant d’identités que possible. » (Dany-Robert Dufour)

« Choisir entre reconnaître l’autre … en tant qu’être humain comme vous, d’une reconnaissance égalitaire parce que équistatutaire, ou le reconnaître en tant ‘qu’autre’ que vous, d’une reconnaissance hiérarchique qui lui assigne une autre valeur qu’à vous … ‘Si les avocats de la différence réclament pour elle à la fois l’égalité et la reconnaissance, ils réclament l’impossible.’ » (Louis Dumont – interprété par Vincent Descombes)

« Une réaction du genre de celle de Herder doit vraisemblablement se produire toutes les fois qu’une culture particulière se sent menacée  par la culture universaliste moderne … Herder qui appela ‘volk’ (peuple), la communauté culturelle (plutôt que proprement sociale) … revendiquant la valeur originale, spécifique, de toute communauté culturelle … protestation passionnée contre l’universalisme français des ‘Lumières’, réputé superficiel et vain, réducteur de la complexité, et comme tel oppresseur. » (Louis Dumont) – Comprendre les autonomismes actuels, même les fortes réticences arabes. « Réactions d’immunité identitaire » (Régis Debray)

« ‘Dans notre civilisation tout se passe comme si chaque individu avait sa propre personnalité pour totem’. Nous assistons en effet à une totemisation de soi, d’où évidement la question de l’identité. » (Alain Ehrenberg – citant Claude Lévi-Strauss)

« Dans l’Occident moderne, la primauté passe de l’intériorité à l’extériorité, il n’existe d’identité sociale que divulguée dans un espace public où un autre vous regarde. L’identité est, pour nous, d’abord lisible dans le paraître et dans l’action. » (Alain Ehrenberg)

« La professionnalisation de l’identité sous l’égide de l’image estompe la différenciation entre espace intime de l’identité (Qui suis-je ?) et espace public (Que fais-je ?). Elle assimile l’identité et son apparence où je suis ce que je parais … Le qui suis-je ? est mesuré à l’aune d’un que fais-je ? » (Alain Ehrenberg)

« L’impossibilité de s’abstraire de soi, de se penser en société se paie très concrètement en troubles de l’identité (pathologies narcissiques et états-limites). » (Alain Ehrenberg)

« Les sociétés (dites) évoluées accordent une plus grande valeur à ce par quoi les hommes se différencient les uns des autres, à leur ‘identité du je’, qu’à ce qu’ils ont en commun, leur ‘identité du nous’ (famille, village, tribu, corporation, Etat…). Mais cette inversion du rapport ‘je-nous’ ne va pas de soi, ne va pas sans résistances (communautarisme entre autres). » (Norbert Elias)

« Manière de façonner son identité … l’individu prolonge avec ses choix vestimentaires le travail sur son identité … Raison pour laquelle le souci de la mode atteint son summum dans les périodes où chacun cherche à se définir (à l’adolescence, c’est et compréhensible  et excusable). « (Guillaume Erner)

« ‘Le déprimé est fatigué d’avoir à devenir lui-même’ (Alain Ehrenberg). La société traditionnelle pouvait susciter des frustrations ou des dilemmes, au moins dispensait-elle l’individu d’avoir à se chercher une identité. » (Guillaume Erner)

« La revendication identitaire se trouve constituer une des figures que prend le ressentiment quand les utopies égalitaires ont fait faillite. » (Marc Ferro)

« L’homme a beau faire et beau dire pour liquider la morale de clan : ses maximes universalistes ne sont que de ‘luxueuses abstractions. La personne profonde n’est pas un bien personnel mais patrimonial’. » (Alain Finkielkraut – citant Régis Debray )- Prévalence ou subsistance d’un acquis, collectif, ancestral, sur l’individu.

« Avec la politique de la reconnaissance, ce ne sont plus les convictions qui peuplent l’espace public, mais les identités. Or, tandis que les convictions s’argumentent, les identités s’affirment et sont irréfutables. Il y a des raisonnements meilleurs que d’autres, des opinions plus justes ou plus probantes, il n’y a pas de meilleure identité.  Contester la validité d’une revendication identitaire, c’est mettre en question l’être même de celui qui l’exprime, c’est donc attenter à son humanité. Ou le mariage gay ou l’homophobie, ou la reconnaissance ou le crime : cette impitoyable alternative bannit du débat tout autre affect que la haine … Le multiculturalisme ensauvage les rapports humains. » (Alain Finkielkraut)

« L’homme ne conquiert pas son humanité par la liquidation du passé qui le précède, la répudiation de ses origines ou le dessaisissement de la conscience sensible au profit d’une raison surplombante et toute-puissante. Abstraction faite de son ancrage et de son appartenance dans un milieu particulier, l’homme n’est plus rien qu’un homme. Et n’étant plus rien qu’un homme, une pure conscience sans attaches ni résidence, il n’est plus un homme. Ce n’est pas l’exterritorialité qui l’humanise, c’est, au contraire, la place qu’on lui fait et l’inhérence à un monde déjà doué de signification … Ce qu’il a appris c’est que si aucun particularisme n’est en droit de revendiquer l’intégralité de son être, il fallait ‘avoir une terre à soi pour ne pas en avoir besoin’…  Il sait encore dire ‘Je’, mais le ‘Nous’ ne résonne plus.. » (Alain Finkielkraut – s’inspirant de Hannah Arendt sur les personnes déplacées et citant Jean Améry)

« Fin de l’existence incluse … L’appartenance subie s’efface au profit de la relation choisie … ‘le bonheur si je veux’, chacun peut donner n’importe quel prénom de la terre à son enfant, se brancher, sans quitter sa chambre, sur n’importe quel divertissement, accéder aux catastrophes en direct, explorer affalé les plus lointaines cultures … faire du lèche-vitrines aux antipodes … On était dans un endroit ou dans un autre, dedans ou dehors, chez soi ou à l’étranger, bourgeois ou bohème, casanier ou nomade. Ce ‘où’ a vécu … A l’ère du courrier électronique, l’adresse, qui était autrefois l’humble et obligatoire réponse à la question ‘Où ?’, est elle-même devenue mobile. » (Alain Finkielkraut)

« Sous le prisme du romantisme pour autrui, la nouvelle norme sociale de la diversité dessine une France où l’origine n’a droit de cité qu’à la condition d’être exotique et où une seule identité est frappée d’irréalité : l’identité nationale … Pour la première fois dans l’histoire, les trois conditions de possibilité de l’entretien avec les morts : le silence, la solitude et la lenteur, sont attaquées en même temps. L’identité nationale est ainsi broyée, comme tout ce qui dure, dans l’instantanéité et l’interactivité des nouveaux média. Il n’est même pas besoin d’historiens et de philosophes pour la déconstruire, la technique suffit. » (Alain Finkielkraut)

« Tant qu’il s’agit de me défendre contre la présence physique de l’envahisseur, la force de mon identité m’éblouit et me rassure. Mais dés lors qu’à cet envahisseur se substitue l’identité elle-même, ou plutôt ma propre effigie (nationale) postée sur l’axe de l’authenticité et m’enveloppant de son regard, je ne devrais plus avoir en toute logique de droit de la contester. On ne se révolte pas contre soi…’Nous’ c’était le pronom de l’authenticité retrouvée (dans la lutte), c’est désormais celui de l’homogénéité obligatoire (dans le succès) (Alain Finkielkraut) – Sur l’évolution des nations décolonisées restant captives de leur propre idéal collectif provisoire, aussi sur toute libération au nom d’une identité niée et retrouvée dans le processus de libération.

« L’Europe se targue de donner l’exemple, en empruntant, pour ne jamais exclure personne, la voie rédemptrice de l’indétermination. Fuir éperdument le spécifique, l’enracinement, le charnel, l’héritage, l’appartenance : telle est la mission autocivilisatrice que s’assigne l’Europe en tant qu’Union européenne … ‘L’identité européenne est une identité  dont le principe consiste à s’ouvrir à d’autres identités’. » (Alain Finkielkraut – évoquant Natan Sharansky et citant Jean-Marc Ferry) – Ou comment devenir un zombie.

« Pour qu’il y ait identification, il faut qu’il y ait des situations où il y a sens à s’identifier. Or ces situations ne sont pas données par la nature ; elles sont fonction d’une organisation sociale et symbolique … Il faut qu’il y ait prévalence de modèles culturels … Il y a faiblesse des identifications parce qu’il n’y a plus de sens à s’identifier. Il y a ‘désidentification’ parce qu’il y a ‘désidéalisation’ … Le phénomène (du hors moule) fait aussi naître quelques doutes quant à la consistance des personnalités forgées ainsi dans le ‘ne pas être comme’. » (Marcel Gauchet)

« L’illusion du cantonnement ne peut tenir qu’un temps. La logique de l’ensemble finit toujours par s’imposer. On ne peut vouloir l’économie sans voir surgir dans son sillage les corrélats structurels de son fonctionnement … On peut compter sur les effets déstabilisants de cette contagion pour fissurer la belle harmonie actuelle entre l’amélioration des niveaux de vie, la reconnaissance internationale et la réassurance culturelle. Aucune culture héritée n’est de taille à dominer des outils qui ne sont neutres qu’en apparence … toutes en seront ébranlées. Autrement dit, les problèmes d’identité soulevés par la mondialisation ne font que commencer. » (Marcel Gauchet)

« La métamorphose des croyances en identités, rançon du pluralisme poussé jusqu’au bout où toute ambition universaliste …. perd son sens … Identité qui ne cherche pas à convaincre, en même temps qu’elle est  imperméable à l’objection … intransigeante sur le chapitre de la reconnaissance … La croyance, les croyances, se muent en identités, ce qui signifie une autre manière de les habiter intérieurement, une autre manière de les revendiquer extérieurement … On était soi, ou plutôt on devenait soi, dans la mesure où on parvenait à se dégager de ses particularités, à rejoindre l’universel en soi … Alors que (maintenant) vous avez à rejoindre intérieurement ce qu’il vous est donné d’être extérieurement (ce qui vous identifie aux yeux des autres et vous fournit à vous-mêmes des repères pour vous situer vis-à-vis d’eux) … Les appartenances sont multiples et hétérogènes (homosexuel, Breton et protestant…) … Ces rattachements choisis ne représentent jamais un englobement unique et contraignant … Fortement liés au principe de minorité … Instrument de dissociation par rapport à la société globale … La sécession identitaire inséparable de la volonté de se faire reconnaître en tant que composante de plein droit de la communauté globale, en faisant valoir ce qu’on a de spécifique. » (Marcel Gauchet)

« Les individus sans appartenance sont plutôt des individus traversés par des appartenances multiples. » (Vincent de Gaulejac)

« Le mouvement des sociétés modernes qui confronte l’individu à la possibilité d’une distance par rapport à une position héritée et donc à des conflits d’identité lorsque sa trajectoire le conduit à changer de rang … Changement de métier, de région et surtout de classe sociale lié aux processus d’ascension ou de descension sociale … Ceux dont la trajectoire sociale est marquée par des ruptures importantes et qui sont confrontés à des systèmes de référence doubles et contradictoires … Les individus placés dans une situation intermédiaire entre la classe d’origine et leur classe d’appartenance … Gestion difficile puisqu’ils doivent à la fois se dégager de leurs origines et essayer d’intégrer les nouveaux milieux sociaux correspondant à leurs nouvelles situations sociales … Le multipositionnement … Le déplacement social entraîne une série de conflits affectifs, idéologiques, culturels, relationnels , politiques, qui se cristallisent dans le rapport de l’individu à sa place et à son identité … Laquelle résulte des différentes positions occupées (versant identité sociale) et du rapport subjectif à ces positions (versant identité psychique) … Autant les conflits vécus dans les trajectoires ascendantes sont constamment liés à l’existence des classes sociales et aux contradictions qui caractérisent leurs rapports, autant les trajectoires descendantes renvoient les individus à eux-mêmes. Il s’agit moins d’humiliation sociale que de blessure narcissique, de conflits d’identification que de perte d’identité, de culpabilité que de sentiment de persécution, de reniement des autres que de dévalorisation de soi-même … Le déplacement social produit une coupure d’abord entre le sujet et son milieu d’origine, puis à l’intérieur de lui-même entre la partie qui reste attachée à sa position initiale et la partie de lui-même qui intériorise le langage, les habitus, le code culturel de son nouveau groupe d’appartenance. » (Vincent de Gaulejac – considérations éparses sur La névrose de classe)

« Nous vivons contrefaits, plutôt que de ne pas ressembler au portrait que nous avons tracé de nous : c’est absurde. » (André Gide)

« L’identité patchwork. » (Jean-Pierre Le Goff – celle  de l’individu moderne)

« Les individus ont le plus grand mal à se construire une identité solide et à s’apprécier à une juste mesure. » (Jean-Pierre Le Goff – en conséquence de toutes les injonctions à l’autonomie, à la responsabilité de soi-même en tous domaines, de l’érosion des repères symboliques de la vie commune en société, de la décomposition de l’ordre social ancien, de l’incohérence générale, du manque de cadre structurant, de modèle de conduite, de règle morale claire…)

« Les Anywheres (ceux de n’importe où) et les Somewheres (ceux de quelque part). »  (David Goodhart)

« A mesure que les identités fixes, fondées sur le groupe, ont fait place aux expériences plus mobiles et individuelles du voyage dans la vie, la promesse d’une plus grande liberté a rendu l’individu davantage responsable de son destin. Les anciennes identités de  classe, plus fortes, apportaient un réconfort contre le sentiment d’échec personnel : les gens pouvaient comprendre leur relative infortune comme une conséquence de leur position dans la hiérarchie sociale. » ((David Goodhart)

« La surreprésentation des priorités des Partout (les anywhere) … Ils ont une identité ‘portative’ définie par leur réussite professionnelle … ‘Plaçant la liberté au-dessus de la sécurité,  l’autonomie au-dessus de l’autorité, la diversité au-dessus de l’uniformité et la créativité au-dessus de la discipline’ (Christian Welzel), du moins en Occident … Regroupés sous l’acronyme ‘Weird’ (Western, Educated, Industrialised, Rich and Democratic )… Contrairement aux libéraux, les conservateurs (comme la plupart des cultures – que le gang mondialiste cherche à détruire) réagissent à trois éléments supplémentaires : la loyauté au sous-groupe, l’autorité et le sacré. » (David Goodhart) – Balivernes pour des Bobos-Partout.

« Je suis loin d’être le seul à avoir observé qu’un certain mouvement antiraciste contribuait paradoxalement à remettre de la race partout où il n’en y avait plus. Au nom du progrès social, la race est redevenue une notion pivot autour de laquelle tout semble graviter dans un interminable tourbillon d’irréalité. Avec ses nouvelles obsessions, la gauche régressive fournit même des munitions aux groupuscules d’extrême droite – bien présents aux États-Unis – qui devaient attendre le retour de la question raciale avec impatience. Pour ces groupes dont il ne faut pas nier l’existence ni surestimer l’importance, la remontée du racialisme via la gauche apparaît comme une tendre ironie de l’histoire. »  (Jérôme Blanchet-Gravel) 

« En 2020, il ne suffit plus seulement d’être du bon camp, mais aussi de la bonne couleur et du bon sexe … On demandera même aux féministes blanches de s’effacer un peu sinon de se taire. » (Jérôme Blanchet-Gravel) – Voilà quand même un point positif.

« Notre identité n’est pas chose faite, toujours déjà constituée, mais une perspective toujours ouverte, l’attente de possibles indéterminables. » (Nicolas Grimaldi)

« Nous avons autant besoin d’appartenance, d’un ‘chez soi’, que de liberté. » (Jean-Claude Guillebaud)

« ‘Face à la modernité, toutes les tribus humaines sont en voie de disparition.’ Cette disparition annoncée révèle partout la phobie du mélange, quand ce n’est pas la hantise du métissage … Aux élites de la ‘jet set’ l’impatience magnifique du mondialisme ; au ‘vulgum pécus’, la crainte du déracinement et le recroquevillement sur soi-même. » (Jean-Claude Guillebaud – citant Michaël Walzer)

« Les questions identitaires sont d’autant plus fortes en milieux populaires que, contrairement aux classes supérieures, elles n’ont pas les moyens de la mise  à distance. » (Christophe Guilluy)

« La route qui monte et celle qui descend sont une et identique. » (Héraclite)

« On ne peut causer de plus grands dommages à une nation qu’en la dépouillant de son caractère national, de ce qu’il y  a de spécifique dans son esprit et dans sa langue. » (Johann Gottfried Herder)  – Mais comme l’objectif de l’oligarchie de nulle part est de détruire les nations…

« Si je ne suis pas pour moi qui le sera ? Mais si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? » (rabbin Hillel)

« L’appartenance aux milieux sociaux les plus divers, les contacts renforcés avec des formes de vie étrangères, la généralisation des comportements sexuels expérimentaux ont substitué l’image d’un individu prêt à intégrer dans sa perception de lui-même des possibilités d’identité très diverses. » (Axel Honneth) – Ce qui ne facilite certes pas son intégration psychique.

« Ce qui nous définit ce n’est pas l’universalité mais la partialité. » (David Hume) – Nous ne vivons ni isolés ni en communion affective avec la terre entière, mais dans des ensembles très limités.

« Il existe pratiquement un nombre infini de sources d’identité. Certaines peuvent être classées dans les catégories suivantes : – Attributive : âge, ascendance, sexe, famille, ethnie, race… – Culturelle : clan, tribu, ethnie (en tant qu’elle représente un mode de vie), langue, nationalité, religion, éducation… – Territoriale : voisinage, village, ville, province, Etat, région, pays, zone géographique, continent, hémisphère… – Politique :  faction, clique, leader, mouvement, cause, parti, idéologie, Etat… – Economique :  travail , occupation, profession, employeur, entreprise, secteur économique, classe sociale… – Sociale : amis, club, équipe sportive, collègues, groupes de loisirs, statut social… » (Samuel Huntington)

« Rien de plus déstabilisant, de plus insécurisant, de plus affolant pour l’individu que de voir brusquement dispersées, tel un jeu de quilles, toutes ses assises identitaires. » (Nancy Huston) – Merci la mondialisation et à nos élites serviles.

« L’identité est construite grâce à l’identification. Le soi est tissé d’autres. » (Nancy Huston) 

« Aucune civilisation, aucune culture n’a jamais disposé d’autant d’instruments d’homogénéisation de la société, or aucune n’a connu pareille crise d’identité. » (Roland Jaccard)

« Le XXI° siècle sera probablement celui des conflits de symboles, d’identités et de croyances. » (Pascal Jouxtel)

« Les ‘minorités visibles’, expression abominablement raciste, se sont construites (ou plutôt révélées) sur la dénégation de l’identité nationale. » (Jacques Julliard)

« Pour que le nouvel arrivant conserve son identité, il faut que les anciens occupants renoncent à la leur, ou n’en conservent que ce qui peut être partagé avec d’autres. » (Jacques Julliard – sur l’immigration)

« Nous sommes nés à un moment donné, en un lieu donné, et nous avons, comme les crus célèbres, les qualités de l’an et de la saison qui nous ont vus naître. » (Carl Jung)

« Qui peut penser qu’un continent riche, dont la population est incapable de se reproduire et emploie toutes ses forces à se désarmer moralement et militairement, restera un continent vide ? Les sociétés européennes frappées d’interdit et de stupeur devant l’immigration qui les bouleverse de l’intérieur, et dont les conséquences à terme ont quelque chance d’être celles de la guerre … sanctionnant toute expression populaire de l’identité … pour substituer aux liens d’appartenance, de foi et d‘origine la règle et la loi … Où toutes les identités sont respectables, sauf l’identité française, néerlandaise, allemande ou portugaise. » (Hervé Juvin)

« La carte de crédit ne remplace pas la carte d’identité. » (Hervé Juvin) – Hélas si, au moins pendant la tranche de vie que l’on passe à côté de ses pompes.

« Quand on soulève le couvercle de la Nation pour la  déconstruire, on récolte moins souvent l’utopie mondialiste ou la paix entre citoyens que la passion ethnique, religieuse, clanique ou mafieuse … Détruisez la Nation et vous substituez à ce principe d’union des différences et de dépassement des oppositions, un principe de reflux vers ces ‘identités meurtrières’ que dénonçait Amartya Sen … Montée des extrêmes, grandes peurs, grandes solitudes qui provoquent les grandes haines, tout cela n’est que le début des effets délétères mais prévisibles et connus, de la décomposition nationale sous l’effet du mondialisme. »  (Hervé Juvin)

« Deux formes de désespoir, l’un par absence de possible, l’autre par défaut de nécessité (ivresse des possibles qui jamais ne se transforme en nécessité, donc en réalité). » (selon Kierkegaard) – Dans ce dernier cas, tout est possible et tout restera virtuel, à tout le moins superficiel. Où nous mène la théorie du genre, plus d’identité.

« Si jadis l’Histoire avançait beaucoup plus lentement que la vie humaine, aujourd’hui, c’est elle qui va plus vite, qui court, qui échappe à l’homme. Si bien que la continuité et l’identité d’une vie risque de se briser. » (Milan Kundera)

« La guerre des identités, de genre, d’origine, de culture, a pris le pas sur la lutte pour l’égalité. Partout, c’est la revendication de l’égalité culturelle qui s’est affirmée et qui l’a emporté sur l’idéal d’égalité. » (Ernesto Laclau)

« Le déracinement déracine tout, sauf le besoin de racines. » (Christopher Lasch)

« La signification de l’identité renvoie à la fois aux personnes et aux choses. Toutes deux ont perdu leur solidité dans la société moderne, leur fermeté et leur continuité. Le monde constitué d’objets durables a été remplacé par des produits jetables conçus pour l’obsolescence immédiate. Dans un monde pareil  on peut adopter une identité ou s’en débarrasser comme on change de chemise. » (Christopher Lasch – cité par Zygmunt Bauman)

« Le besoin d’identité ne peut s’alimenter aux seuls repères quantitatifs qui tiennent lieu de systèmes de sens. La crise de l’Occident … tient plutôt et d‘abord à la destruction du social susceptible de prendre en charge les conditions du bon fonctionnement de la machine, de la machine technicienne. » (Serge Latouche)

«  Plus l’arbre plonge loin ses racines dans les ténèbres de la terre, plus son feuillage monte haut. » (Louis Lavelle)

« On peut cesser d’être anglais, chrétien, mais on ne devient pas pour autant un arabe. » (colonel Lawrence) – Plus facile de laisser tomber sa peau que d’en revêtir une autre.

« ‘La colombe légère, qui, dans son libre vol, fend l’air dont elle sent la résistance, pourrait s’imaginer qu’elle volerait bien mieux encore dans le vide’. Sauf que dans le vide, nous dit Kant, elle ne volerait pas du tout … ‘Faute de point d’appui, on se condamne à ne faire aucun chemin’ conclut le philosophe. » (Bérénice Levet)

« L’éducation consiste en une série de désidentifications : désidentification religieuse (catholique exclusivement), désidentification nationale et, dernier avatar de ce processus, désidentification sexuée et sexuelle … Cette non-transmission engendrant des êtres pensant comme ‘on’ pense, sentant comme ‘on’ sent, jugeant comme ‘on’ juge…» (Bérénice Levet)

« L’identité est tenue pour une chose aimable et admirable quand, venant d’ailleurs, elle peut se prévaloir de son caractère minoritaire et, mieux encore, de l’oppression subie mais elle devient une abomination quand elle est banalement nationale, majoritaire et ancienne. » (Elisabeth Lévy)

« Aux ‘identités’ épuisées succèdent la profusion orgiastique, empathiques des ‘identifications’ proxémiques. » (tiré de Michel Maffesoli –Au creux des apparences)

« Glissement d’une logique de l’identité à une logique de l’identification … laquelle agrège chaque personne à un petit groupe ou à une série de groupes. » (Michel Maffesoli) – Agrégations toutes provisoires d’ailleurs. 

 « Quant à l’individu, il y a bien longtemps que son identité, sexuelle, idéologique, professionnelle, a volé en éclats, et qu’il se trouve confronté, d’une manière interne, à sa propre pluralisation, et d’une manière externe, à l’exacerbation d’une altérité des plus cruelles. » (Michel Maffesoli) – Grâce à la collaboration active du gauchisme et de ses militant(e)s (lois sociétales et démolition de toutes les structures), l’individu se trouve enfin complètement aliéné et démantelé conformément au rêve le plus fou du Grand Capital, lequel sait dire merci à ses bienfaiteurs (subventions, bienveillance, financement de sa presse…).

 « La multiplication des identifications successives qu’une même personne peut avoir … Les identifications multiples, les communions, musicales, sportives, religieuses… Retour des nouvelles tribus à des valeurs archaïques, fondamentales premières…  qui préfèrent entrer dans le plaisir d’être ensemble, dans l’intensité du moment, dans la jouissance de ce monde ; fêtes collectives et grands rassemblements … L’air du temps, où l’individu dans son identité, son sexe, son idéologie, sa profession, ses rapports institutionnels (familiaux, partisans…) n’a plus la certitude d’antan, mais s’emploie à chercher refuge dans des groupes restreints, qui telle une niche vont lui apporter une sûreté que ne lui donne plus son identité. »  (Michel Maffesoli)  – Les appartenances multiples et éphémères. Zapping, stress.

« Parlant de la mode qui sévit au sein des ‘groupes étroits’, Georg Simmel remarque qu’il s’agit là d’une ‘violence brutalement faite à l’individualité’ … Il n’est aucun domaine qui lui échappe : du plus frivole à celui réputé le plus sérieux, on retrouve le besoin de s’identifier. Modes vestimentaires bien sûr, mais aussi culinaires, langagières, musicales, sportives … jusqu’aux idées. » (Michel Maffesoli) – Conformisme.  

« La question du droit à la différence tend à occulter celle de l’identité. Nous le voyons dans  l’appauvrissement actuel des valeurs européennes dont le faux universalisme se réduit, selon Pierre Manent, à une ‘ouverture à l’Autre’ qui fait que ‘nous ne mentionnons l’Europe que pour l’annuler’. Dés lors ‘nous n’avons pas d’existence propre, nous ne voulons pas’, … d’aucune façon qui serait particulière, d’un être propre. » (Jean-François Mattéi) – Ce n’est pas vrai qu’à l’échelle européenne. Nous sommes des zombies.

« Tout le fonctionnement social va dans le sens de la déstructuration : perte de la référence à l’espace, perte de la situation dans le temps, présent continuel, disparition de l’idée de connaissance fondée ou non au profit d’une autoreprésentation et d’une autoconnaissance de l’individu et de la société, flux continuel, tout devenant irréel par excès de possibilités, ce qui veut dire en fin de compte perte de la référence à soi comme sujet assuré de lui-même : l’identité moderne … est une identité fragmentée, une identité en morceaux … Ce sujet vide … dans la fuite des présents, le brouhaha, le vacarme et le changement perpétuel, est condamné à la nervosité : il oscille entre la jouissance excitée et la panique … La disparition des normes extérieures de la conduite va de pair avec la dissolution des fondations intérieures de l’identité … Il ne reste plus qu’à s’en sortir, qu’a se maintenir adapté, à se débrouiller… » (Yves Michaud)

« L’identité ne peut se construire que sur la base abstraite et intellectuelle de l’adhésion à des principes. » (Yves Michaud) – Où sont ces derniers ?

« Comment un être humain peut-il se forger une identité et construire un itinéraire dans une société faite d’épisodes et de fragments ? » (Jean-Claude Michéa) – D’où la prolifération des zombies et le grand marché des psychotropes.

« La notion d’identité, qu’elle soit régionale, nationale, européenne ou autre, n’a strictement aucun sens dans le cadre de la logique libérale (sous ce rapport, le rejet par la gauche française du concept d’identité nationale est donc parfaitement cohérent) … Cette phobie de toutes les identités qui définit la sensibilité libérale s’explique en premier lieu par le fait que tout sentiment d’appartenance (à une culture, à une classe, au genre humain même…) est par définition incompatible avec le projet d’atomisation du monde … qui est au cœur du capitalisme. » (Jean-Claude Michéa) – Donc projet cher à la gauche.

« C’est que les peuples, pas plus que les individus, n’abdiquent impunément leur originalité. » (Jules Michelet)

« Naguère espace de tolérance, l’école est devenue le lieu d’exacerbation des différences ethniques ; un hall des droits de l’homme, une salle des pas perdus … Tout se passe comme s’il y avait une volonté politique de miner l’identité française au profit d’un improbable métissage ethnico-culturel dont on sait qu’il ne produit que ghettos, clivages … dont le seul langage commun est le rock, le rap et toute la sous-culture audiovisuelle et vestimentaire américaine. » (Richard Millet)

 « L’inappartenance nationale est la condition de l’internationalisme, fondement du Nouvel Ordre moral ; globalisation identitaire qui demeure, pour peu qu’on ne soit pas américain, une identité par défaut et condamne les autres nations à une sous-américanité malheureuse … La bi-nationalité est une manière de n’appartenir à rien tout en jouissant des avantages fournis par deux Etats, solution de facilité par indétermination propre au monde horizontal. » (Richard Millet – sur Ingrid Betancourt, ex-idole des imbéciles, cette dame (Franco-Colombienne-Seychelloise) dont l’existence ne consiste plus que dans la scénarisation spectaculaire de sa vie pour un studio hollywoodien) – Les grotesques adolescents zombies qui se proclament, en toute simplicité, citoyens du monde. Ils vont voir ce que ce si gentil monde leur réserve.

« Un peuple qui n’enseigne plus son histoire est un peuple qui perd son identité. » (François Mitterrand) – Ce qui n’a pas empêché ce grand homme de faire fi, une fois de plus, de ses proclamations.

« …’Est artiste qui décide qu’il est artiste et prend le risque de l’affirmer’ : c’est comme ça parce que c’est comme ça, c’est comme ça parce que je le veux, mon désir fait loi. On n’est plus dans la reconnaissance par les autres qu’exigeait naguère encore l’acquisition du statut d’artiste, on est dans l’auto-nomination, dans l’auto-sacre. Principe infernal d’identité : je suis artiste parce que je suis artiste. Un de ces jours, on naîtra artiste… » (Philippe Muray – sur, notamment, les innombrables intermittents du spectacle) 

« Le ‘coming out’, petit théâtre rituel par lequel une identité singulière entend se faire reconnaître comme telle, ou plutôt approuver pour ce qu’elle est. » (Philippe Muray) – Applaudissements répétés.

« L’idée de ‘race’ étant tombée en discrédit, le terme ‘multiculturalisme’ semblait plus adapté … mais plutôt que d’identifier les identités elle les a  fracturées. Plutôt que de bâtir une société indifférente à la couleur de peau et à l’identité, elle  a en réalité donné à l’identité et à la couleur de peau une place prépondérante … Loin de perdre en importance (effet aussi inverse que stupidement escompté) … L’Europe du XXI° siècle est obsédée par la question de la race … Si les  groupes sociaux et les associations se réclament explicitement de la race, pourquoi les Européens s’en priveraient-ils ?» (Douglas Murray) –  Parce que à eux, masochistes honteux,  c’est interdit.

« La France avait eu en propre d’être à la fois le plus ancien des Etats-nations et celui qui avait vu se maintenir le plus longtemps les formes de son identité traditionnelle : impériale, militaire, centraliste, étatiste, paysanne, chrétienne, universaliste et laïque. Voilà que toutes ces formes, sans exception ont été atteintes, et toutes en même temps. » (Pierre Nora) – Survivances insupportables pour le nivellement mondialiste et ses laquais, les Bobos locaux.

« Ce suicide identitaire qu’ont représenté l’abandon progressif des humanités classiques et l’adoption des nouvelles formes d’apprentissage de l’histoire et des lettres. » (Pierre Nora) – Le bouquet avec l’obsession du numérique.

« Assembler divers éléments pour former un tout cohérent appelé ‘identité’ ne semble pas être une préoccupation majeure de nos contemporains, qui ont dû accepter une attitude à la Don Juan et en tirer les conséquences. Bien au contraire : une identité cohérente, unifiée et stable serait un fardeau, une contrainte, une restriction à la liberté de choix. » (Joanna Nowicki)

« Il n’y a pas d’identité sans principe de distinction. On n’existe qu’en se différenciant … Toute notion d’identité suppose la distinction avec un autre, et non la confusion. » (Paul-François Paoli)

« Les humains ont besoin de représentation qui les distinguent sous peine d’éprouver un sentiment de dissolution qui peut mener à la psychose, dont le racisme est une des expressions. L’érosion du signifiant national a contribué à ouvrir la boîte de Pandore des identités de proximité, plus chaudes, plus communautaires. » (Paul-François Paoli) – Nier les différences, c’est précisément susciter le racisme.

« Tout se passe comme si tous les peuples du monde avaient le droit de revendiquer une identité spécifique sauf le peuple français qui n’a pour lui que des ‘valeurs’, celles de la république bien entendu, pour se convaincre d’exister. » (Paul-François Paoli)

 « Le culte de l’indistinction appelé ‘métissage’, ‘bi et transgenre’, où chacun est sommé de flotter entre deux eaux pour affirmer une individualité qui ne fait que se calquer sur celle des autres … dans la joyeuse indifférence consommatrice. » (Natacha Polony)

« Accoler les deux termes ‘identité’ et ‘nationale’, c’est frôler le fascisme. » (Natacha Polony – évoquant les injures de ceux des politiciens-journalistes qui haïssent la France)

« Tout le problème des constructions identitaires contemporaines est qu’elles relèvent essentiellement d’une projection narcissique. C’est une marche des fiertés permanente. Et l’identité mise en avant ne l’est que parce qu’elle nous distingue d’une supposée majorité, parce qu’elle fait de nous un être spécial. » (Natacha Polony – à propos du communautarisme)

« Que ne perd-on pas quand le moment vient où on croit avoir acquis son identité, où on se félicite qu’elle ait cessé d’être flottante, de dériver au hasard des rencontres, au gré des jours et des nuits. » (Jean-Bertrand Pontalis)

« Désormais nul n’a le droit de se dire prolétaire, noir, juif ou femme s’il ne l’est pas, s’il n’en a pas la  qualité native et l’expérience sociale … La phrase de mai 1968, ‘Nous sommes tous des juifs allemands’ serait aujourd’hui imprononçable. Car, depuis ce temps il a été admis … que seules sont légitimes les revendications de groupes réels qui prennent en personne la parole pour décliner eux-mêmes leur propre identité. » (Jacques Rancière) – Plus question de se mettre à la place d’autrui, un interdit de plus. Chacun chez soi, à vie,  interdiction d’en sortir.

« Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire n’en font qu’une constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. » (Ernest Renan – cité par Jean Sévillia) – C’est aussi le principe d’identité d’une famille unie, de n’importe quel groupe humain cohérent et soudé.

« La question de l’identité nationale apparaît quand la réponse ne va plus de soi. L’émergence de la question est le symptôme d’un doute identitaire … Une situation d’insécurité identitaire expose les citoyens à la tentation de se procurer des produits de substitution de type culturel ou cultuel : ‘être français’ devient ‘être catholique’, ou de type ethnique, ‘être français’ devient ‘être blanc’… » (Dominique Reynié)

« ‘Elle avait oublié son moi, elle avait perdu son moi, elle en était libérée ; et là il y  avait le bonheur’ (Milan Kundera) … Elle se sent délivrée, lavée de ‘la saleté de son moi ‘: les soustractions successives , enfin, aboutissent à zéro … ‘Comme un voyageur qui a fait abandon de son bagage et marche à l’aventure, sans souci de ce qu’il laisse après soi ‘(Paul Valéry) … Dans un monde apaisé, accordé, débarrassé de tout manque et de tout conflit et dans lequel l’être éprouve qu’il réalise pleinement sa nature … L’apaisement n’est pas de se hausser au-dessus du monde, il n’est pas de se replier sur soi. Il est, simplement, de jeter les armes et de disparaître : de consentir à être mortelle. » (François Ricard – analysant L’immortalité de Milan Kundera)

« Je ne suis moi que dans le regard qu’autrui m’adresse, dans le nom qu’il me donne et dans l’image qu’il me renvoie de moi-même ; sans ce droit que j’accorde aux autres de la confirmer sans cesse, mon identité s’effrite et se réduit à la combinaison aléatoire de quelques gestes et de quelques traits qui n’ont en eux-mêmes aucune signification et n’appartiennent en propre à personne. » (François Ricard)

« On s’en tient à vos faits et gestes, pas à ce qui peut vous passer par la tête … Or c’est un domaine qui relève de l’identité sociale, le seul à avoir un cours officiel. Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres … L’identité personnelle est un hôte familier mais aussi un hôte invisible (même à moi-même) … Ce manque à être de l’identité personnelle trouve son palliatif le plus ordinaire dans l’acquisition d’une identité d’emprunt. L’imitation de l’autre permet seule à ma personnalité de se constituer (manque d’autonomie du désir, manque d’autonomie tout court : la ‘mimésis’ décrite par René Girard, ‘Mensonge romantique et vérité romanesque’). Incapable d’exister par moi-même, j’emprunte son identité à un autre, dont l’étayage assure l’éclosion et la survie du moi. Le ‘Je’ tire toute sa substance du ‘Tu’ qui la lui alloue (Lacan) … Ce que je prends pour mon ‘moi’ est un moi d’emprunt … C’est toujours une déficience de l’identité sociale qui en vient à perturber l’identité personnelle, et non le contraire comme on aurait tendance à le penser … Je commence à m’inquiéter ‘quant à moi’, non pas quand je cesse de le reconnaître, de me reconnaître, mais quand ce sont les ‘autres’ qui cessent de me reconnaître … ‘Qu’on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges ou des offices, car on n’aime personne que pour des qualités empruntées’ (Pascal) … Le sentiment d’être aimé, l’état amoureux, entraîne automatiquement un sentiment d’être tout court, de se trouver soudain doté d’une identité personnelle, non pas don de soi à l’autre mais retrouvaille d’un soi à la faveur de l’autre (au détriment ?), nanti d’un soi propre, d’une identité personnelle. Si on m’aime, c’est que je suis … ‘L’amour est la joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure’ (Spinoza) … La perte de l’objet aimé, ou possédé, entraîne automatiquement le naufrage d’une identité qu’on considérait comme un bien personnel alors qu’il n’était qu’un bien d’emprunt, tributaire de l’amour de l’autre … Les renseignements que l’individu possède sur lui-même par l’intermédiaire de son identité sociale suffisent amplement à la conduite de sa vie personnelle. Les questions du type ‘qui suis-je réellement ?’ ont toujours été un frein tant à l’existence qu’à l’activité … Inutile à la vie, la croyance en une identité personnelle est en revanche indispensable à toute conception morale de la vie, à la justice. Le credo du libre arbitre, c’est-à-dire le dogme d’une identité personnelle. » (Clément Rosset – considérations éparses sur l’identité et le moi – Loin de moi)

« L’identité de la France est de ne plus en avoir, mais d’accueillir et de célébrer toutes celles qui lui viennent du dehors. » (Jean-Christophe Rufin – analysant un livre d’Alain Finkielkraut)

« Dans toutes nos démocraties, on s’est trop préoccupé de l’identité de celui qui arrivait et pas assez de l’identité du pays qui l’accueillait. » (Nicolas Sarkozy)

« L’appel à la raison à vocation universelle, à la capacité de se détacher de ses origines et à la légitimité de la loi apparait de plus en plus étranger aux hommes démocratiques … Dans la dialectique entre les deux pôles, celui de l’identité (fait, mémoire, émotion partagée, fusion avec le semblable)  et celui de la citoyenneté (histoire, choix, appel à la raison, détachement par rapport à soi-même), le premier tend à devenir prépondérant … ‘Au rebours de l’ancienne règle qui voulait qu’on se dépouille de ses particularités privées pour entrer dans l’espace public, c’est au titre de son identité privée qu’on entend compter dans l’espace public’ (Marcel Gauchet) … Jusqu’à quel point le privilège donné à la particularité contre l’aspiration à la transcendance, aux émotions et aux passions aux dépens du contrôle de la raison et de la loi remettent-ils en cause les moyens de vivre avec l’autre ? … Affaiblissement du civisme et épuisement de la transcendance républicaine sous l’effet de l’extension de l’idée et des valeurs démocratiques … Remise en question de l’utopie de la représentation et de la distinction entre les individus concrets, d’un côté, et la Cité ou le peuple au sens politique, de l’autre … La démocratie d’opinion est le règne de l’expert en communication … Le vote comme l’opinion publique elle-même, devient plus réactif et émotionnel. L’électorat réagit comme le public à une offre …  L’ethnique semble de moins en moins contrôlé par le principe civique. » (Dominique Schnapper) – Derrière est la question : contre ces excès et même ces abus, des multiples formes de parité partout exigée à l’incapacité  d’adopter la moindre réforme structurelle, combien de temps va tenir la démocratie ou un semblant de cette forme ?

« Le débat public n’oppose plus les sensés et les insensés, mais les sensibles et les insensibles. On ne pense plus, on éprouve, ce qui ne va pas sans dommages … car, tandis que ‘les convictions s’argumentent, les identités s’affirment’. » (Michel Schneider – citant Alain Finkielkraut)

« Aucune catégorie ne saurait définir une personne dans sa totalité ni constituer sa seule et unique identité. Toute personne appartient nécessairement à plusieurs groupes. Notre identité étant nécessairement plurielle, il nous appartient de décider de l’importance relative des différentes associations et affiliations dans un contexte donné … de décider de l’importance que nous attachons à telle identité par rapport aux autres catégories auxquelles nous appartenons … L’illusion d’une identité univoque reçoit le soutien désastreux …  des communautaristes convaincus, pour qui l’identité communautaire prime sur tout mais est aussi prédéterminée, pour ainsi dire par la nature elle-même, sans intervention de la volonté humaine. » (Amartya Sen) – Sexe et orientation sexuelle, âge, citoyenneté, origine, ascendance, classe sociale, profession, croyances philosophiques, religieuses ou politiques,  groupes d’amitié ou d’engagement, goûts divers (alimentaires, culturels, sportifs…) … La liste de nos diverses identités possibles serait interminable.

« Lorsque saint Paul nous ‘relève de la Loi’, il libère d’abord notre identité propre .de ce lien collectif. Alors la notion et les conduites d’appartenance pavent la Méditerranée. La culture grecque, politique et cosmique, la tradition d’Israël, sainte, celle de Rome, juridique, la terre habitée toute entière qui sépare hommes libres et esclaves, mâles et femelles … saint Paul abandonne ces formats, entreprise nouvelle de  propagation universelle d’une subjectivité non référée à une culture … ‘Il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni mâle ni femelle’ (Gal, III, 28) … Saül voit les conséquences de la loi, la construction de l’appartenance sur la violence collective, la  ‘libido’ d’appartenance qui porte à la plupart des crimes de l’histoire … Le meurtre d’Etienne … selon la loi dont la lettre tue en effet. » (Michel Serres – Rameaux)

« C’est une erreur dangereuse de sacrifier la liberté au nom de l’identité, mais, réciproquement, c’est une erreur non moins désastreuse que de se délester de l’identité au nom de la liberté comme l’ont fait les Européens de notre temps. » (Natan Sharansky)

« L’individu libéré de tout lien, de toute relation familiale, amicale et sociale qui constitue une identité, morcelé, harcelé par tant d’invites désordonnées, proie facile de toutes les iniquités et de toutes les insignifiances … Il zappe sa vie d’une excitation à l’autre et a recours à des succédanés de plus en plus torves. » (Christiane Singer)

« Une représentativité basée sur les attributs physique plus que sur les idées devient la norme … Effets pervers des politiques mises en œuvre pour lutter contre les inégalités entre ‘races’. La discrimination positive, une survalorisation de l’identité pensée comme un produit fini et non pas comme une production en cours, et l’obsession de la diversité, entendue comme le droit de chacun à protéger et à entretenir sa différence, ont aiguisé les antagonismes …  Une société multiculturelle faite de camps retranchés et d’identités figées, un monde où l’empathie n’existe pas et l’ouverture une faiblesse. (comme en témoigne l’interdiction violente de ‘l’appropriation culturelle’). » (Géraldine Smith – Vu en Amérique et bientôt en France) – Quant à la vieille notion de compétence, au placard – « L’Amérique a combattu le racisme en fétichisant les races, en enfermant chaque catégorie dans une assignation identitaire …Elle est devenue une collection de tribus en état de belligérance larvée les unes avec les autres. » (Pascal Bruckner)

« Quel est l’avenir d’une société multiculturelle glorifiant la diversité et l’ouverture aux autres pendant que tous les groupes qui la composent érigent des barrières pour mieux préserver leurs différences ? » (Géraldine Smith – Vu en Amérique et bientôt en France)

« Historiquement, l’identité a connu trois sources qui sont aussi des critères d’allégeance communautaire. Les sources archaïques : ethniques ou religieuses, les plus durables, les plus enracinées, les moins ‘choisies’. Les sources modernes : identités nationales qui empruntent aux précédentes mais s’inspirent non seulement d’un passé commun mais aussi d’un  projet d’avenir partagé. Les identités sociales, corporatistes ou idéologiques. » (Paul Soriano)

« L’identité ne devrait guère survivre à la mémoire (rendue inutile par le just in time de la disponibilité des informations, internet) … L’identité post moderne est librement adoptée, éphémère, jetable : à la carte en somme … Elle pioche indifféremment dans la panoplie des croyances et styles de vie de tous les lieux et de tous les temps, accommode les ingrédients les plus frivoles (préférences sexuelles, alimentaires, vestimentaires, néo-religieuses de synthèse) … L’identité est désormais sans durée ni territoire assignable, sans profondeur. » (Paul Soriano) – Le règne des zombies, les stupides citoyens du monde.

 « Une démocratie dans laquelle le peuple n’a plus le droit de discuter de son identité est une démocratie sans le peuple, une coquille vide. » (Malika Sorel-Sutter – sur la France)

« En France, tout le monde a le droit d’être fier de son identité et d’en exprimer publiquement la traduction au quotidien, sauf les Français de culture française … sauf à être accusés de racisme, de xénophobie  et à présent d’islamophobie. Pour un peuple la négation constante de son identité est une frustration sans borne et représente une véritable humiliation. » (Malika Sorel-Sutter) – Grande jouissance des élites qui haïssent le peuple.

 « Dés lors que la nation se donnait pour projet son propre dépassement (certains ont pu dire : son propre abandon), il n’est pas surprenant qu’elle n’ait plus requis avec la même force la cohésion identitaire dont elle avait besoin au temps de sa pleine affirmation. » (François Taillandier) – Europe, Mondialisation, Soumission. La nation ne s’est pas donnée un tel projet suicidaire. Ce sont de pseudo-élites vendues qui lui ont imposé ces reniements, sans même hésiter à violer ses volontés (référendum de 2005 sur la constitution européenne).

 « Mon identité est l’horizon à l’intérieur duquel je peux prendre position, le cadre à l’intérieur duquel les choses pourraient prendre une signification stable, à l’intérieur duquel certaines possibilités de vie pourraient être perçues comme bonnes ou significatives, comme mauvaises ou futiles … Mon allégeance de base … Nous sommes tous définis par ce que nous considérons comme des engagements universellement valables (catholique ou anarchiste, Arménien ou Québécois…), par notre existence dans un espace de questions concernant les ‘biens’ que nous estimons fortement, espace antérieur à tout choix ou changement culturel contingent. » (Charles Taylor)

« Ces êtres dont la vie adulte n’est que le confluent indécis de la puberté retardée et de la sénilité‚ précoce. Pas d’autre identité pour eux que celle du personnage social – masque sur un visage absent qui dissimule aux yeux des hommes les effets misérables de ce retard et de cette avance. » (Gustave Thibon)

« Constater une analogie n’est pas établir une identité. » (Gustave Thibon)

« Moins le sujet est interchangeable, plus ses échanges sont authentiques : c’est l’incommunicable qui donne sens et couleur à la communication. Inversement, les êtres sans identité n’ont pas de vrais échanges : voulant tout recevoir sans rien donner, ils ‘néantisent’ à leur image tout ce qu’ils reçoivent. Confinés dans les limites de leur personne, ils en deviennent impersonnels … Le propre de l’hystérie étant de n’avoir pas d’identité … et par conséquent la capacité de les prendre toutes, avec la facilité du caméléon. » (Gustave Thibon)

« Pour que l’altérité soit féconde, il faut savoir décliner sa filiation. » – Ce que l’on veut empêcher afin de finir de transformer les individus en zombies ou « Sans héritage et sans mémoire, l’homme est une brute, ou l’esclave d’une brute. » (Denis Tillinac)

« Dévaloriser son identité individuelle et ne se voir que comme le membre d’un groupe, et plus grave encore, d’un groupe auquel on n’a pas choisi d’appartenir : sexe, race, ethnie. » (Tzvetan Todorov)

« L’universel, c’est le local moins les murs. » (Miguel Torga)

« Si les personnes d’origine étrangère ont une identité si précieuse qu’il faille se mobiliser pour la préserver, pourquoi n’en irait-il pas de même pour les natifs au carré ? » (Michèle Tribalat) – Soit pour les Français de souche si méprisés ?

« C’est se condamner à ne s’atteindre jamais que de rechercher son identité dans une religion, idéologie, nationalité, race, culture, tradition, mythe, image. S’identifier à ce que l’on possède en soi de plus vivant, cela seul émancipe. (Raoul Vaneigem) – Quelle illusion prétentieuse.

« Devant les menaces de la ‘civilisation faustienne’ finissante, par un mouvement instinctif de survie, tous les peuples, grands et petits, font retour à leur identité. Islamisme, judaïsme, hindouisme, confucianisme, indianisme, africanisme, en sont des manifestations. Frappés à l’âme par l’oubli d’eux-mêmes et par leur culpabilisation, seuls les Européens ne le font pas. » (Dominique Venner) –  Il faut dire à leur décharge que le gang mondialiste veille particulièrement à les en empêcher.

« Un arbre sans racines est une chose bien chancelante. » (Stefan Zweig)

« J’ai découvert, à cinquante-huit ans,  qu’en perdant sa patrie on perd plus qu’un coin de terre délimité par des frontières. » (Stefan Zweig) – Lequel, personnage et auteur, avait un peu plus de consistance que tous les citoyens de monde en peau de lapin, les mondialistes façon Erasmus et autres alter-cons.

« Qui ne se souvient pas de son pays natal ne pourra jamais devenir un homme. » (dicton vietnamien)

« L’évaluation permanente ou l’insécurité identitaire. » (?)

« Seuls le sang, la famille, l’histoire, le temps identifient un être. Le sang est la meilleure carte d’identité. » (?)

« L’histoire de ma vie est toujours encastrée dans l’histoire des communautés dont je tire mon identité, qu’il s’agisse de la famille ou de la cité, d’une tribu ou d’une nation, d’une cause ou d’un parti. » (?)

« De quoi est-on l’obligé quand on n’est affilié à rien ? … L’homme sans nombril est un droit-de-l’hommiste déchaîné mais un citoyen détestable. L’arrachement aux héritages ne se monnaye nullement en attachement au bien commun. » (?)

« Est-ce bien cet homme que vous avez vu hier ? – Oui, à peu près le même. » (?)

« L’identité française : dessiner des culs, boire des pots en terrasse et faire la fête. » (?) – Voir nos magazines, écouter nos humoristes, regarder nos média. Enthousiasmant.

Ci-dessous, extraits (remaniés) du livre de Claude Arnaud, Qui dit je en nous.

« L’identité ne s’hérite plus, elle se bricole … Notre époque semble seule à dédaigner ces grandes controverses (l’énigme de notre apparition et les conditions de notre vie commune) ; ni l’origine ni la finalité de la vie ne l’intéresse plus trop ; notre opium n’est plus au ciel, ni même sur terre, mais en nous … Avec la fin des croyances collectives et l’essor de l’individualisme, on n’appartient plus qu’à soi … Modifier son corps (tatouages, transformations, mutations, les deux sexes ne sont plus séparés que par un bloc opératoire…), réécrire son identité, sont devenus des droits fondamentaux … Le droit de devenir exactement celui que l’on désire être, lequel, risque alors de susciter une avalanche incontrôlable d’impostures … Notre contemporain préfère se consacrer à l’invention en continu de lui-même, par la réélaboration permanente de ses liens sociaux, professionnels, affectifs et sexuels … On se  voudrait plutôt  indépendant de sa fonction ou différent de son métier (ne serait-ce qu’en raison du changement) … Ennemis déclarés de l’autoritarisme et du dogme, ne croyant plus aux vérités éternelles ni même à l’universalité de nos valeurs, ‘Rien de ce que nous faisons ne peut être défendu de façon absolue et définitive’ (Wittgenstein) … Emergence d’individus à faible structure, nature d’acteur, croyant que changer d’habit, de décor et de texte suffit pour changer d’être … Moins le legs de nos ancêtres pèse sur nous, plus nous avons de marge pour nous définir, plus aussi cette définition devient souple et incertaine … Narcisse a besoin de multiplier les représentations pour se sentir exister … Progression donc de la tendance à se raconter, de l’industrie de l’aveu … A défaut d’identité forte, unifiée, besoin d’une forme de visibilité sociale élargie par la notoriété … Auteur de son destin et interprète de son personnage … Notre siècle encourageant la construction d’un moi mobile, androgyne et métissé … L’être enraciné est devenu d’une telle rareté … La région, la famille n’étant plus à même de conférer une identité à vie, l’invention de soi est devenue un impératif économique … Jamais le marché de l’identité n’aura été aussi ouvert, aussi volatil aussi (on peut devenir par procuration ce qu’on veut, se faire indien ou bouddhiste à peu de frais) : l’authenticité s’y brade au même prix que l’artifice … Seuls auteurs de nous-mêmes, nous sommes toujours plus en quête d’identité … L’immense marché des muscles et des peaux, des sexes et des os, des ovaires et des gênes s’entrouvre : il sera bientôt aussi achalandé que nos foires aux bestiaux … ‘Nous préférons tous voir l’humanité périr plutôt que de voir la connaissance revenir sur ses pas.’ (Nietzsche) … Aujourd’hui, on est sorti dans le désordre, et sans l’avouer clairement,  de l’ère chrétienne … Comme un retour aux valeurs de l’Antiquité, valorisation de la vie en soi et non du principe qui la fonde … Mais le paganisme que nous réinventons à notre insu ne connaît d’autres dieux que nous-mêmes … Après des siècles de valorisation de l’intangibilité, on assiste  à la relance d’une personnalité sans principes, capable de se contredire ou de se réinventer … de renouer avec une forme de paganisme antique, une nature qui n’obéit à aucune loi logique, où tout s’y produit, et son contraire aussi … la roue des métamorphoses … Où on se recycle en permanence, où tout se crée et se transforme … Le ‘surmoi’, cette introjection du dieu unique dans nos consciences, est entré en déclin. » – « Le fantasme de se créer soi-même ex nihilo après avoir fait table rase du passé est d’abord une entreprise nihiliste qui balaie ce qui fait barrage à la barbarie. » (Pierre-André Taguieff)

Ci-dessous, extraits (remaniés) de l’ouvrage d’Elisabeth Badinter, L’Un est l’Autre.

 « De toute évidence les femmes vivent mieux leur bisexualité que les hommes, assurées de leur féminité, elles utilisent et manifestent leur virilité sans réticence … Elles attendent des hommes qu’ils vivent aussi bien qu’elles leur propre altérité … Seule une minorité d’hommes réagit positivement à ce nouveau modèle … La bisexualité est d’autant mieux vécue que l’individu a acquis un solide sentiment de son identité sexuelle. Or il semble que le garçon l’acquiert toujours plus difficilement que la fillette … L’allaitement est un renversement des rôles futurs : ‘la mère introduit et il reçoit’ … La toute première expérience de la petite fille est celle d’un contact intime avec sa propre nature. Sa mère et elle répondent au même type. Tandis que le petit garçon apprend qu’il doit abandonner sa passivité, se différencier de l’être qui lui est le plus proche, sous peine de n’exister jamais … Pour parodier Simone de Beauvoir, ‘on ne naît pas homme, on le devient’ … La masculinité n’est pas présente à la naissance, elle est même menacée de façon latente par l’expérience de félicité vécue avec la mère … ‘Le  mâle transporte toujours avec lui le besoin pressant de régresser à l’état originel d’union avec la mère ’ (R Stoller) … Il est constamment en position de défense contre le féminin … Le sentiment d’être mâle étant moins solidement ancré chez les hommes, l’homosexualité est ressentie comme une menace mortelle pour leur identité … Dès le début la fille peut s’accepter telle qu’elle est, alors qu’un effort est demandé au mâle pour acquérir son identité sexuelle. Elle apprend à être, lui apprend à réagir … En enlevant aux hommes le réconfort de modèles sexuels différenciés, nos sociétés leur rendent plus difficile encore l’acquisition du sentiment d’identité … En enlevant aux enfants mâles les repères sociaux de leur virilité, nous avons amplifié une difficulté naturelle qui devient chez beaucoup une source d’un vrai malaise … La ressemblance des sexes leur fait secrètement horreur parce qu’ils y voient la perte de leur spécificité au profit d’une féminisation excessive de l’humanité. »

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