410,1 – Honneur / Déshonneur

– Deux termes qui n’ont plus aucune signification. Sauf que, les média aimant tellement la boue, il arrive que relever du second facilite l’accès aux émissions télévisées avec gonflement de l’audimat sacré à la clef.

– Imagine-t-on aujourd’hui les requins qui ont volé (divers hommes d’affaires, dirigeants de l’ex-Crédit Lyonnais…) et ruiné les Français (tous les politiques) se suicider, comme jadis, des faillis, des commerçants, des banquiers qui n’avaient pas pu tenir parole. Sens de l’honneur peut-être exagéré, mais au moins il y en avait  (ils en avaient).

– Des milliards d’allocations sont versées en contrepartie de simples déclarations sur l’honneur ! Confiance ou lâcheté ?

– Si pour un particulier en vue, perdre son honneur, n’est plus d’aucune conséquence, il semble qu’il en aille de même pour les collectivités, en bénéfice comme en perte. Ainsi l’Occident, l’Europe, la France, tous unis dans l’abjection meurtrière, ne semblent pas avoir tiré un bénéfice quelconque auprès des franges extrémistes musulmanes d’avoir abdiqué le sien en bombardant les Serbes pour se concilier l’Islam. Le rôle de mercenaire est bien ingrat !

– Saint-Simon distinguait les honneurs conquis, accordés, manqués, refusés et ceux enfin qu’on n’atteint qu’au prix de l’honneur. De l’honneur et des honneurs.

– Une médaille-distinction mise à la disposition des politiciens pour acheter des services, renvoyer des ascenseurs, flatter des comparses…

– Il n’y a pas d’honneur sans fierté. Cette qualité en est la base. Ne nous étonnons donc pas que l’honneur ait disparu quand la classe dominante a perdu toute fierté.

– Concours : Que faut-il faire aujourd’hui pour se déshonorer ? Est-ce encore possible ?

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« Le plus grand des biens extérieurs. » (Aristote)

« Le fruit c’est l’honneur de l’arbre. » (Anne Barratin)

« L’honneur est fidélité à la norme qu’on s’est donnée, à l’image qu’on se fait de soi-même. Montherlant dit qu’il faut tenir même les promesses qu’on a faites à un chien, car ce qui engage, ce n’est ni le contenu de la promesse ni son destinataire, mais le fait d’avoir promis. » (Alain de Benoist)

« La morale aristocratique peut se définir … comme la capacité d’agir contre ses intérêts. C’est très exactement l’inverse de l’agent économique de la théorie libérale … Toute morale aristocratique repose sur l’honneur. Pouvoir se regarder en face avec fierté … Et l’honneur est une question d’état d’âme, non de niveau d’esprit. » (Alain de Benoist)

« L’éthique de l’honneur correspond aussi aux valeurs aristocratiques et aux valeurs populaires, dans ce qu’elles peuvent avoir de commun par rapport aux valeurs bourgeoises. » (Alain de Benoist) – L’auteur est bien bon de concéder des valeurs à la bourgeoisie, devenue conglomérat de Gogos-Bobos.

« Le soin du détail extérieur, l’apparence de frivolité dont use la maîtrise de soi pour se défendre des curiosités indiscrètes, la lenteur du geste et du regard, le refus des honneurs médiocres, la conviction que les cœurs ne peuvent guère communiquer, la certitude d’avoir des devoirs, sentir que l’on a toujours quelque chose à distribuer, le goût de la forme, la méfiance envers toutes les manifestations de laisser-aller, la conviction que la politesse est une vertu, le pouvoir d’oubli de préférence au pouvoir du pardon, l’amour de la naïveté et la faculté d’émerveillement, le scrupule devant les généralisations hâtives, la capacité de supporter de longues inimitiés, le dégoût de la démagogie, de la familiarité triviale, de la vulgarité, le goût du travail bien fait, se sentir de plain-pied avec la vie tout en gardant ses distances, être convaincu que le savoir-vivre et le savoir-mourir ne font qu’un » On peut parler aussi de « loyauté, courage, bravoure, contrôle de soi, sens de la décision, amour du défi, goût de la rigueur, de la contrainte sur soi, la volonté, la rectitude. » (Alain de Benoist – évoquant l’honneur)

« L’homme est prêt à accepter des honneurs et une dignité dont les anges eux-mêmes craindraient de se charger. » (Georges Bernanos)

« L’honneur n’est pas toujours ce qui nous unit, mais il est toujours ce qui nous rassemble. » (Georges Bernanos- sur la similitude de fond entre hommes d’honneur même opposés)

« Le monde a tout ce qu’il lui faut, et il ne jouit de rien parce qu’il manque d’honneur. L’honneur est un absolu. Qu’a-t-il de commun avec les docteurs du relatif ? » (Georges Bernanos)

« Nous croyons qu’il y a un honneur de la politique, nous croyons non moins fermement qu’il y a une politique de l’honneur, et que cette politique de l’honneur vaut politiquement mieux que l’autre. » (Georges  Bernanos – Nous autres Français) – Imaginons sans peine les ricanements de nos politiciens, de nos vedettes médiatiques, de nos braillards donneurs de leçons…

« Le péché de l’élite actuelle est de manquer du sentiment de l’honneur. Cette déficience est ancienne. Notre élite est bourgeoise, et la bourgeoisie s’est toujours méfiée de l’honneur. Le caractère absolu de l’honneur choque son goût de la modération, de la mesure. En ceci elle s’accorde avec les dévots, qui n’y voient qu’un piège de l’orgueil. » (Georges Bernanos) – Que diraient-il devant nos élites actuelles rampantes !

« Le Monde a perdu l’honneur, le monde ne peut pas vivre sans honneur … les raisons de l’honneur ne tiennent pas debout. Mais les peuples ne peuvent pas se passer d’honneur, nous paierons cher d’avoir cru en nous plutôt qu’en lui … Si réduit que soit le nombre des aristocrates, peut-être a-t-on le droit de dire que l’honneur populaire et l’honneur aristocrate ne se distinguent entre eux que par une tradition différente de sentiments communs, simples et forts … Ces imbéciles (les réalistes) prenaient l’honneur pour un raffinement alors qu’il est un instinct, comme l’amour, que chacun fait l’honneur à sa manière, comme l’amour. » (Georges Bernanos – Nous autres Français)

« L’honneur des familles, dit-on. – Autrefois, lorsque l’abolition du sens des mots n’avait pas encore été promulguée, l’honneur d’une famille consistait à donner des Saints ou des Héros, tout au moins d’utiles serviteurs de la chose publique …  Aujourd’hui, l’honneur des familles consiste uniquement, exclusivement, à échapper aux gendarmes… » (Léon Bloy – Exégèse des lieux communs – 1, LII)

« L’honneur. – Quel pourrait bien être aujourd’hui le sens de ce vieux mot ? Un individu devenu chevalier de la Légion d’honneur pour avoir tripoté fructueusement dans la politique, dans l’art ou dans la finance, peut fort bien n’avoir jamais été au champ d’honneur, n’avoir pas le moindre sentiment d’honneur, ignorer le point d’honneur, reculer devant une affaire d’honneur, ne pas faire honneur à ses affaires et obtenir pourtant à la fin les honneurs suprêmes… » (Léon Bloy –Exégèse des lieux communs – 2, LXVIII)

« L’honneur est comme une isle escarpée et sans  bords                                            « On ne peut plus y rentrer dès qu’on est dehors. » (Boileau satires)

« L’honneur est comme le vêtement ; il y en a sur mesure et il y en a de confection. » (Gustave Le Bon)

« L’honneur dans l’homme d’église est la décence et la gravité, dans l’homme d’épée la bravoure, dans le magistrat l’intégrité, dans le gentilhomme la loyauté, dans l’homme de lettres la vérité, dans le commerçant la bonne foi, dans l’artiste même le bon usage de son talent … L’honneur est la vertu propre de chaque profession et la vertu commune de toutes les professions. » (Louis-Ambroise de Bonald)

« L’honneur signifie que tout n’est pas possible. » (Pierre Boutang) –Si, si. L’auteur n’a rien compris aux sociétés évoluées. Pas étonnant que pouvoirs et média l’aient boycotté.

« Le déshonneur est avant tout une défaite interne, en nous-mêmes, dans laquelle nous ne sommes pas vaincus par un ennemi plus fort  que nous et dont nous respecterions la victoire, mais abattus par notre propre déchéance. » (Pierre Boutang) – Déshonneur, ça existe donc ? 

« Les dons les plus précieux de l’esprit ne résistent pas à la perte d’une parcelle d’honneur. » (André Breton)

« L’honneur est cette vertu déraisonnable qui vient prendre le relais de la justice et de la raison devenues impuissantes. » (Albert Camus)

« Une forme morale, à la fois, et sociale du paraître qui eut cours pendant des siècles, et dans presque toutes les civilisations, c’est l’honneur … Tout juste tolère-t-on encore, et dans de certains cercles, sa variante profane et presque commerciale, la ‘bonne réputation’. » (Renaud Camus)

« La petite bourgeoisie coïncide exactement avec elle-même et avec la société, et elle n’imagine pas d’instance extérieure à elle qui puisse lui faire honte de quoi que ce soit. A l’extérieur, elle sait bien qu’il n’y a rien, ou plutôt qu’il n’y a qu’elle-même, le pareil de son même… La honte a tout à voir avec l’honneur dont elle est le revers, et l’honneur est un autre nom pour la parole. » (Renaud Camus) – Dont chacun éprouve qu’elle a disparu, au moins au sein de la clique politico-médiatique.

« Les honneurs publics sont toujours des déshonneurs privés. Je me flatte que ma boutonnière n’ait jamais eu à rougir. » (un personnage de Bruno de Cessole)

« Celui-là ne mérite pas le nom d’homme d’honneur qui craindrait plus d’être flétri aux yeux d’autres qu’aux siens propres. » (Hyacinthe de Charencey)

« Le préjugé de l’honneur … disparaît avec l’avènement de la lucidité, avec le règne des lâches, de ceux qui, ayant ‘tout compris’ n’ont plus rien à défendre. » (Emil Cioran)

« L’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur est un devoir. » (Pierre Corneille – Le Cid)

« De nos jours, défendre son honneur consiste à en appeler aux tribunaux, ce qui est moins risqué (qu’un bon vieux duel) et peut en outre rapporter gros. Quand un plaideur dit : ‘j’en fais une question de principe’, c’est que précisément il en fait une question d’argent. » (Léon Daudet) – Mais il restera toujours des imbéciles, même chez les magistrats, pour le croire.

« L’honneur de l’ancienne société se méritait pour ainsi dire individuellement. Chacun devait démontrer dans l’existence qu’il réalisait son statut d’homme. L’honneur relevait donc d’un effort … L’homme d’autrefois concrétisait sa dignité par l’accomplissement d’une éthique ; l’homme contemporain, par l’obtention de droits. Le premier gagnait son honneur par une épuisante identification à une image extérieure à soi ; le second exige le respect à travers la revendication de ses droits. Sa grandeur tangible s’exprime dans l’obtention du SMIC… »  (Chantal Delsol)

« On n’a plus d’honneur si on a une fois manqué à l’honneur. ‘Il ne sert qu’une fois, comme les allumettes’. » (Jean-François Deniau – citant ?)

« On est d’autant plus à cheval sur son honneur que l’on se tient plus mal en selle. » (Louis Dumur)

« Pour être un parfait homme d’honneur il faut savoir tout sacrifier ; même son honneur. » (Louis Dumur)

« Il y a un faux honneur, qui est l’honneur ; et un véritable, qui est l’honnêteté. » (Louis Dumur)

« Comme les honneurs foisonnent quand l’honneur manque … Les honneurs déshonorent. » (Gustave Flaubert)

« Honneur. – Il faut être soucieux du sien, mais peu de celui des autres. » (Gustave Flaubert – Dictionnaire des idées reçues)

« Décoration (de la légion d’honneur). – Quand on l’obtient, toujours dire  qu’on ne l’a pas demandée. » (Gustave Flaubert – Dictionnaire des idées reçues)

« L’honneur, laissons-le à qui le voudra. Mais le danger, la peine réclamons les toujours. » (Charles de Foucauld)

« C’est un malhonnête homme, je ne veux pas lui serrer la main. Et comme je ne peux pas refuser ma main à un officier français devant des touaregs, je m’en vais. » (Charles de Foucauld, à propos d’une officier trop dur avec les indigènes)

« Tout est perdu, fors l’honneur. » (François 1er) – Imagine-t-on un Président de la république se soucier de cette antiquité, et même de savoir ce dont il s’agit ?

« L’honneur et la vengeance sont des valeurs qui expriment la priorité des références collectives sur l’individualisme. L’individu qui se prend pour sa propre fin ne trouve pas glorieux de mourir pour l’honneur. » (Vincent de Gaulejac)

« En aucun pays le mal qu’on nomme soif de distinction n’attaque un aussi grand nombre de personnes qu’en France. » (Heinrich Heine)

« La lutte que la bourgeoisie entame au seuil des temps modernes contre la notion fondamentale de l’honneur aristocratique … Désormais, le  sujet entre comme une grandeur dotée d’une histoire individuelle sur le terrain disputé de l’estime sociale. » (Axel Honneth – La lutte pour la reconnaissance)

« Il y a des gens qui observent les règles de l’honneur comme on observe les étoiles, de loin. » (Victor Hugo)

« On parle de dignité plutôt que d’honneur, terme qui implique des devoirs. La dignité, chacun y a droit en vertu du respect des différences et de l’obéissance à la valeur suprême de la subjectivité. » (Claude Jannoud)

« Le faux honneur d’être fidèle. » (Don Juan – suivant Molière)

« Tant de gens échangent volontiers l’honneur contre les honneurs. » (Alphons Karr)

« On est d’autant plus chatouilleux sur la question de l’honneur que l’on en a moins. » (Karl Kraus) – « Plus les erreurs se multiplient, plus les les règles et les procédures sont renforcées. Jamais … on n’avait éprouvé le besoin d’édicter autant de codes de bonne conduite. Il n’y en avait simplement pas. La bonne conduite allait de soi. » (Bernard Poulet – Le pouvoir du Monde. Quand un journal veut changer la France)

 « Outre les récipiendaires du fait de leurs titres (ministres, ambassadeurs), on la distribue à des chanteurs, des sportifs, des proches du pouvoir qu’on récompense de prétendus bons et loyaux services … Quand on lit la liste des personnalités publiques décorées depuis plusieurs décennies, on s’interroge sur leurs ‘mérites éminents acquis au service de la nation’ … Cohabitent sur cette liste de véritables héros civils et militaires avec ce que l’on appelle désormais les ‘people’ … Napoléon avait bien compris que ‘c’est avec des hochets  qu’on mène le monde’, mais il entendait distribuer le sien au nom de la devise qu’il lui avait apposée. » (Barbara Lefebvre – sur ce qu’est devenue la légion d’honneur)

« Nous tournons l’honneur en dérision et sommes choqués de trouver des traîtres parmi nous. » (C. S. Lewis)

« L’honneur a infiniment plus de prix que les places d’honneur. » (Georg Christoph Lichtenberg)

« L’indignité est devenue l’ordinaire. » (Charles Melman – sur l’exhibitionnisme de beaucoup d’émissions et surtout de l’impudeur (personnelle et morale) des participant(e)s, comme des animateurs et animatrices.

« Je n’ai rien à faire dans un temps où l’honneur est puni. » (Henry de Montherlant)

« L’honneur est la morale de l’égocentrisme. » (Edgar Morin)

« Rien de plus fragile que l’honneur. Il est à la merci du moindre manquement. » (Jean d’Ormesson)

« L’honneur c’est comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois. » (Marcel Pagnol)

« La notion de dignité est certes indissociable de la liberté, mais aussi de ce que nous nommions autrefois l’honneur, notion indéfinissable objectivement … L’homme ne peut être digne qu’en se pliant à une certaine discipline existentielle, conforme à sa conception de la vertu. » (Paul-François Paoli)

« Nous n’avons qu’un honneur. Il est tant de maîtresses, dit le vieux don Diègue. » (Charles Péguy)

« Le gouvernement ferait mieux de se consacrer à la relance de la croissance. » (l’économiste Thomas Piketty – refusant la légion d’honneur)

« Je préfère être disgracié pour avoir réfléchi que récompensé pour avoir été servile. » (Bussy-Rabutin)

« En France, le deuil des convictions se porte en rouge et à la boutonnière. » (Jules Renard) – Légion d’honneur.

« Je défie qu’on puisse faire honte à un homme élevé sans honneur ; mais quand on ne peut faire honte, il faut faire peur. » (Rivarol)

« Le ridicule déshonore plus que le déshonneur. » (La Rochefoucauld)

« On n’abdique pas l’honneur d’être une cible. » (Edmond Rostand – Cyrano de Bergerac)

« Il ne suffit pas de refuser la légion d’honneur, encore faut-il ne pas la mériter. » (Erik Satie)

« Honneur, l’un des sobriquets de la vanité ; au pluriel c’est encore pire. » (Jean-Baptiste Say)

« L’honneur, c’est l’opinion que d’autres ont de nous … Ce n’est pas d’abord la vérité de notre nature mais sa seule apparence qui détermine cette opinion d’autrui sur nous, c’est-à-dire notre honneur, et c’est seulement dans la mesure où cette opinion coïncide avec la vérité qu’elle est vraie. C’est pourquoi l’honneur et la valeur sont deux choses différentes … Les choses ne passent pas pour ce qu’elles sont, mais pour ce qu’elles paraissent’ (Balthasar Gracian). » (Schopenhauer)

« Notre honneur vient de dedans, et non du dehors, auquel cas il serait passif, il a sa racine en nous, même s’il fleurit au dehors ; il repose sur ce que nous faisons et ne faisons pas et non sur ce qui nous arrive du dehors. Nul autre que nous-même ne peut nous le donner ou nous l’ôter. » (Schopenhauer)

« L’honneur d’un homme ne repose pas sur ce qu’il fait, mais au contraire sur ce qu’il subit, ce qui lui arrive, sur les propos (injurieux) d’autrui, sur des coups reçus – propos ou coups non lavés dans le sang (duel) … On pourrait qualifier l’honneur chevaleresque ‘d’honneur du poing’  ou du plus fort (‘faustrecht’), fragment égaré du droit médiéval qui s’est égaré de façon scandaleuse jusqu’en plein dix-neuvième siècle … Un homme passe pour tel que ses faits et gestes le font apparaître et l’honneur ne devrait nullement dépendre de ce que n’importe qui a dit de lui, ou d’un coup reçu, tel qu’un cheval ou un âne peut en donner de plus dangereux … Colère, oui ; honneur, non ; ce ne sont pas affaires d’honneur … La parole et l’acte ne peuvent jamais apporter l’honneur ou l’opprobre qu’à celui dont ils émanent, et à nul autre … L’honneur réside en l’opinion le concernant, laquelle ne peut être modifiée par des choses qui adviennent de l’extérieur … Que l’honneur blessé par l’extériorité d’un simple propos puisse être restauré par la pure extériorité d’un duel, absurdité portée à son comble. » (Schopenhauer – sur le caractère purement conventionnel et antinaturel de l’honneur chevaleresque, spécialité de l’Occident, comme il fut inconnu dans l’Antiquité classique) – Les duels au sabre des étudiants allemands.

« L’honneur est une essence qui ne se voit pas ; beaucoup semblent l’avoir qui l’ont perdu. » (Shakespeare)

« La notion qui fonde toute coutume vivante, c’est l’honneur. Tout le reste, fidélité, humilité, bravoure, esprit chevaleresque, maîtrise de soi, résolution, en découle.  Et l’honneur est une question de sang, non de raison. On ne réfléchit pas (dans certaines situations au moins) sinon on a déjà perdu l’honneur. » (Oswald Spengler –  Le déclin de l’Occident)

« L’honneur est une certaine sorte de joie que quelqu’un ressent en lui-même quand il perçoit que sa façon d’agir est estimée et prisée par d’autres, sans qu’ils aient en vue aucun autre avantage ou profit. » (Spinoza)

« L’honneur sans argent est comme ces vieilles médailles qui n’ont cours qu’auprès de quelques amateurs d’antiquité. » (baron de Stassart)

« Dans le tragique carnaval de la vie, l’honneur de l’homme est de ne pas trahir  ‘les promesses absolues que la récréation de quatre heures fait aux écoliers chimériques et que la vie ne tiendra pas’. » ( Alexandre Vialatte – cité par Bruno de Cessole)

« Pesez ce que vaut, parmi nous (militaires), cette expression populaire, universelle, décisive et simple : Donner sa parole d’honneur … Plus lent à donner sa parole, plus fidèle à l’observer … Il y a quelque chose d’aussi beau qu’un grand homme, c’est un homme d’honneur … L’honneur correspond à l’acceptation lucide de sa destinée, de son impuissance … Il atteste la permanence de la liberté dans un monde entièrement soumis à la fatalité … C’est la conscience, mais la conscience exaltée . C’est le respect de soi-même et de la beauté de la vie jusqu’à la plus pure élévation et jusqu’à la passion la plus ardente. » (Alfred de Vigny – Considérations sur l’honneur – Servitude et grandeur militaires)

« Un homme grand : un homme qui sait ce qu’il aime, et qui le garde. L’honneur, c’est reconnaître et dire ce que l’on aime, dire que l’on est inférieur à ce que l’on aime, dire que l’on va garder ce que l’on aime, et enfin le garder effectivement … C’est le service. » (Marin de Viry – à propos de la monarchie)

« L’honneur : si le respect est identique pour tous et immuable, l’honneur a rapport à un être humain considéré, non pas simplement comme tel, mais dans son entourage social … Il est satisfait si la collectivité dont il est membre lui offre une part à une tradition de grandeur enfermée dans son passé et publiquement reconnue au dehors. » (Simone Weil – L’enracinement)

« La soif d’honneurs est la mort de la pensée. » (Ludwig Wittgenstein) – La vacuité satisfaite de nos dirigeants encensés.

« Il n’y a plus d’honneur. Ne restent que des honneurs. » (Eric Zemmour – Destin français)

« « Plus d’honneur que d’honneurs. » (devise d’une famille de nobliaux de jadis) – De quoi faire se rouler par terre de rire 99% de nos élites politico-médiatiques.

« Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneurs. » (adage) – Du temps où la notion d’honneur existait. 

« Honneur oblige. » (dicton) – L’honorabilité, les honneurs, obligent à une certaine conduite et les défaillances sont d’autant plus condamnables. Evidemment c’était ainsi dans l’ancien temps.

« L’honneur et le profit ne se tiennent pas dans le même sac. » (proverbe)

« Parole d’homme, honneur d’homme. » (proverbe) 

« La hiérarchie du salaire a supplanté l’échelle de l’honneur. » (?)

« L’honneur se perd dans les honneurs. » (?)

 « La société féodale, différente en cela de toutes celles qui ont précédé ou ont suivie, reposait sur un engagement d’honneur : elle tirait sa force de celle du serment féodal liant entre eux vassal et seigneur par le double lien de fidélité et de protection qu’ils se garantissaient mutuellement. Sans cette puissance du serment, elle était inévitablement, en l’absence de tout pouvoir central, vouée à l’anarchie. » (?) – Serment, Honneur, mots inconnus de nos prétendues élites.

« L’honneur, c’est toujours d’être contre ce qui dans l’instant est présenté comme l’opinion publique (qui est en fait l’opinion publiée, laquelle est fort différente) car il ne s’agit toujours de la part du clergé médiatique pervers et manipulateur que de susciter un esprit de meute pour cacher sa corruption et servir ses intérêts » (?) – Remarque émise, je crois, à propos des guerres honteuses de l’Otan contre la Yougoslavie serbe, opérations que l’on aimerait bien rééditer à propos de l’Ukraine si la Russie n’était pas un autre morceau !

Selon Nietzsche, sont des traits aristocratiques (l’aristocratie ne se confond pas avec une classe, telle la noblesse, ni strictement avec une élite, qui peut être composée de dominants sans scrupules ni envergure – Même s’il peut y avoir des recoupements et avec la première et avec la seconde).

« Le soin du détail extérieur, l’apparence de frivolité dont use la maîtrise de soi pour se défendre des curiosités indiscrètes, la lenteur du geste et du regard, le refus des honneurs médiocres, la conviction que les cœurs ne peuvent guère communiquer, la certitude d’avoir des devoirs, sentir que l’on a toujours quelque chose à distribuer, le goût de la forme, la méfiance envers toutes les manifestations de laisser-aller, la conviction que la politesse est une vertu, le pouvoir d’oubli de préférence au pouvoir du pardon, l’amour de la naïveté et la faculté d’émerveillement, le scrupule devant les généralisations hâtives, la capacité de supporter de longues inimitiés, le dégoût de la démagogie, de la familiarité triviale, de la vulgarité, le goût du travail bien fait, se sentir de plain-pied avec la vie tout en gardant ses distances, être convaincu que le savoir-vivre et le savoir-mourir ne font qu’un » – On peut parler aussi de « loyauté, courage, bravoure, contrôle de soi, sens de la décision, amour du défi, goût de la rigueur, de la contrainte sur soi, la volonté, la rectitude. » (Alain de Benoist – évoquant l’honneur)

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Exceptionnellement, en raison de son énormité, une remarque personnalisée et sur l’actualité : « Il est infiniment triste de voir ce que nous sommes en train de faire de notre honneur. L’abaissement du chef de l’Etat dans l’affaire Leonarda, manifestant qu’il ne comprend plus rien à l’honneur qui s’attache à nos institutions fondamentales, la cohérence de l’institution familiale, la dignité de la loi, la hauteur de la fonction présidentielle, va de pair avec la chiennerie de média  prêts à vendre l’honneur de la France pour un peu de sensationnel. » (Marie-Joëlle Guillaume) – Indigne et minable, notre pays, risée du monde.

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