045,7 – Harcèlement (sexuel)

– L’explosion hystérique.

– Fâcheuse pratique masculine s’exerçant auprès de toutes les femmes plaisantes passant à proximité. Comportement préemptif qu’aucune femme ne songerait à pratiquer, au moins depuis une Egyptienne de la haute, épouse Putiphar, sur un certain Joseph, devenu patriarche ensuite malgré la vindicte de la dame (Bible). Et si quelqu’un suggérait aux hommes de raconter le vice approfondi des vengeances qu’exercent, et qu’ont exercé de tout temps, nombre de femmes dont ils ont discrètement ignoré les offres manifestes ?

– La formule consacrée (et la plus indulgente) est : comportement inapproprié.

– Interdire le jeu de la séduction, l’arme des moches (féministes évidemment) sur les mieux loties.

– Le traumatisme est tel qu’il faut parfois de nombreuses années pour que l’infortunée victime arrive à surmonter sa terreur, et même parfois à s’en souvenir. 

– La loi, vigilante, essaye d’abolir ce scandale permanent. Celle-ci n’ayant pas prévu si nos filles trouveront des hommes demain (de moins en moins vraisemblable), une autre loi à venir créera certainement un corps de jeunes contractuels (en CDD d’abord) chargés d’intervenir à bon escient et de les rassurer, symboliquement cela va sans dire, sur leur valeur. Futur gisement d’emploi à considérer pour un candidat en manque d’idées de promesses électorales (hypothèse invraisemblable).

– Toutes (100% dit un sondage, score à la soviétique) les femmes sont harcelées dans les transports. Voilà bien une preuve du manque de goût (là esthétique) des hommes et quel désespoir pour l’exceptionnelle donzelle ou arrière grand-mère qui ne l’aurait jamais été et dont le témoignage aurait échappé aux vigilantes et scrupuleuses sondeuses.

– Si les passe-droits comme les petits arrangements de canapé ne sont plus praticables, il va falloir du talent pour réussir. Certains et certaines vedettes ont dû passer juste à temps.

– Conseil stratégique aux actrices débutantes : ne balancez vos porcs que quand vous êtes devenue célèbre (coup double : célébrité et richesse, moralité en plus) ou quand vous n’avez plus aucune chance de le devenir (alors juste punition de l’inefficacité trompeuse). « Les clameurs viennent évidemment d’un milieu privilégié, celui des stars de l’écran … Chacun sachant bien que le monde du spectacle a été fondé par des ligues de vertu. » (Vida Azimi) – Lesquelles ne vont quand même pas jusqu’à regretter leur célébrité et la richesse acquise, et à faire don de la dernière aux moches qui n’ont pas réussi à réussir.

– La grande lutte de « celles qui couchent pour réussir et de ceux qui réussissent pour coucher. » (Gabriel Robin)

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« C’est quand on serre une femme de trop près qu’elle trouve qu’on va trop loin. » (Alphonse Allais)

« Il ne s’agit pas seulement de réprimer les petits chefs, les seigneurs de bureau, mais de limiter toute relation entre les sexes. Toute séduction est violence, tout désir est guerre, tout secret est aliénation. Il faut l’exhiber, pour mieux le réprimer. » (Patrick Poivre d’Arvor, Eric Zemmour)

« Les avances sexuelles non désirées font partie de la nature et même de la culture. ‘Pour recevoir une attention sexuelle désirée il faut en donner et en recevoir pas mal de non désirées Si on ne permettait à personne de prendre le risque d’offrir une attention sexuelle non sollicitée, nous serions tous des créatures  solitaires’. » (Elisabeth Badinter – citant Katie Roiphe) – Cette solitude est bien ce que souhaite  le groupuscule féministe de combat.

« En chassant la galanterie et la séduction comme des tares moyenâgeuses, la ‘guerre des sexes’ n’a fait que remettre au goût du jour les plus primitifs des instincts. » (Eugénie Bastié)

« Comment, cinquante ans après mai 68, la course aux jouissances s’est-elle transformée en chasse aux agressions ? … Que les apôtres de l’indulgence et de la compréhension réclament sans cesse que de nouveaux délits soient inscrits dans la loi ? » (Eugénie Bastié)

« Le masculin émasculé et dépossédé de son pouvoir en a profité pour s’effacer et disparaître ; quittant le masque phallique d’un pouvoir devenu de toute façon de plus en plus dangereux … Victoire paradoxale du mouvement d’émancipation féminine : qui a trop bien réussi et laisse le féminin devant la défaillance du masculin … d’où résulte non plus la revendication des femmes contre le pouvoir de l’homme,  mais le ressentiment des femmes contre ‘l’impouvoir’ du masculin … Celui qui se libère n’est jamais celui qu’on croit … Déception d’une libération sexuelle tournant à l’échec pour tout le monde, et qui s’exprime contradictoirement dans le phantasme du harcèlement sexuel … Le harcèlement sexuel comme ruse de l’espèce pour ressusciter l’angoisse de la sexualité, et plus particulièrement une ruse de la femme pour ressusciter le désir (celui de l’homme, mais le sien aussi) ? … Stratégie très banale … La haine venue de la désillusion succédant à la violence libératrice, et la demande d’interdit succédant à la levée problématique de tous les interdits, il s’ensuit une sorte de révisionnisme sentimental, familial, politique, moral, aujourd’hui partout triomphant, déferlante inverse de toutes les libérations du XX° siècle … la haine sur laquelle ouvre la question du harcèlement sexuel n’est peut-être que le repentir d’une liberté, d’une expression du désir qui se paieraient aujourd’hui d’une nouvelle servitude volontaire ? » (Jean Baudrillard – Ecran total)

« Le harcèlement sexuel : caricature phobique de toute approche sexuelle, refus inconditionnel de séduire et d’être séduit … Il faudrait mettre le spermatozoïde à l’index, car son effort pour pénétrer l’ovule est bien le prototype du harcèlement sexuel … Un fois tracée la ligne de démarcation, celle d’une différence inexpugnable entre les sexes, il n’y a plus de possibilité de rapprochement autre que la violence. » (Jean Baudrillard)

« Inutile d’insister sur les possibilités d’extorsion et de chantage qu’ouvre cette notion de harcèlement … Le viol est partout : dans le regard des passants, leur démarche, leurs gestes et jusqu’à l’air qu’on respire, il plane au-dessus de chaque femme comme une immense et permanente menace. Tel est le message qui nous vient des Etats-Unis … la moindre vibration ou élan vers une personne du sexe opposé est déjà grosse d’une arrière-pensée maligne qu’il faut stériliser à sa source. Même certaines œuvres d’art offusquent les yeux, constituent des actes d’agression et mériteraient d’être dissimulées à la vue de tous … L’amour du détail scabreux … On fouaille, on débusque, on se pourlèche d’expressions crues, de vulgarité, on brasse à pleines mains l’obscénité avec une gourmandise d’inquisiteurs … on se vautre dans la cochonnerie pour mieux la pourfendre. » (Pascal Bruckner)

« Le harcèlement sexuel peut être constitué par un acte unique y compris lorsque le harceleur n’a pas usé de pressions graves et n’a pas recherché un acte de nature sexuelle. » (arrêt de la Cour de cassation, de 2017 – cité par Jean-Claude Michéa, à la suite de deux dames, elles fort enthousiastes d’une telle ineptie) – Vous vous sentez à l’abri ? Peut-on demander son chemin à  une dame alors que l’on est de mauvaise humeur et que le ton risque de s’en ressentir ?

« Le puritanisme anglo-saxon nous dessèche chaque mois davantage, il a déjà réduit à peu près à rien la gaudriole impromptue des arrière-boutiques. » (Louis-Ferdinand Céline) – Et c’était encore bien avant que toute initiative ne soit susceptible d’être qualifiée de harcèlement.

« Les consultations menées par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes montrent que ‘toutes les femmes’, oui, absolument toutes ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexiste ou d’agression sexuelle dans les transports en commun … En lisant attentivement la même prose, j’ai même compris qu’on pouvait être victime de harcèlement de rue sans le savoir. » (Paulina Dalmayer, ironisant) – Pour la première remarque c’est bien le moins que l’on pouvait attendre d’un haut conseil à l’égalité, toutes égales, toutes harcelées et harcelables.

« Certaines causes louables (les droits des femmes, la protection de l’enfance) ont pris dans notre société, un caractère tellement sacré que leur traitement échappe à la raison …  Les crimes sexuels représentent une part croissante des faits condamnés par la justice, et l’on peut supposer que les dénonciations  abusives ont augmenté dans les mêmes proportions. Toute nuance disparaît dans l’appréciation des faits, tout est ‘viol’ … Tout individu mâle est potentiellement dangereux ; toute femme et tout enfant sont potentiellement menacés. » (Benoît Duteurtre  – suite au rappel de l’affaire d’Outreau, dont la leçon a été bien oubliée)

« Certes, le harcèlement (sexuel, moral) existe, mais l’obsession du harcèlement signifie la peur de l’autre, de son intrusion possible. Notre société veut que chacun soit clairement individualisé, étranger à tout contact non désiré. » (Eugène Enriquez) – Et bientôt, plus de contact du tout. Tous des zombies dans notre bulle, avec notre ipod (j’ignore les autres noms de ces charmants doudous).

« Les traits ‘masculins’ qui garantissaient autre fois la survie garantissent désormais, sauf à les contrebalancer par des traits ‘féminins,’ la destruction. La virilité que les femmes vénéraient autrefois pour la protection qu’elle leur  apportait se voit désormais de plus en plus condamnée au motif qu’elle les met en danger. » (Mark Gerzon)

« Un monde où les hommes sont des ‘porcs’ et les femmes des victimes ? » (Roland Jaccard) – Quel monde plaisant. 

« Quelque horreur qu’inspire une violence amoureuse à la personne qui en est l’objet, il est à remarquer qu’elle en inspire encore davantage aux femmes à qui elle n’est point faite. » (Alphonse Karr) – Abusif et presque injurieux. On ne pourrait plus dire cela de nos jours, et même étant dégoûté par l’actuelle censure, je crois que c’est mieux.

« ‘Alors on va bientôt être harcelées’ (une fille de 14 ans  entendant que 100% des femmes sont, ou ont été, harcelées) . En entendant cela, les gamines s’imaginent qu’elles vont être des victimes. » (historiette contée et commentée par Brigitte Lahaie) – Délicieuse ambiance et libre éducation réussie.

« Comme la virilité adulte est victime d’un nuage de suspicion si lourd, les jeunes hommes doivent choisir entre deux options tout aussi décevantes l’une que l’autre : soit ressembler plus aux femmes, soit embrasser un style masculin qui ne laisse aucune place à l’amour et à l’amitié avec l’autre sexe. » (Christopher Lasch – s’inspirant d’un auteur américain, Bly ? – écrivant bien avant la vague du harcèlement)

« L’homme n’est pas menaçant simplement par son désir, mais par sa présence même, par ce qu’il est … La délation érigée au rang de vertu … Dès le départ, le féminisme militant est travaillé par un esprit martial … Il ne vise pas seulement la conquête de droits pour les femmes, il se conçoit comme lutte contre un système, le système patriarcal … L’appel tonitruant à la loi est un autre indice de la conversion de la France au féminisme américain (et donc à l’envie du fric) … Pourquoi tant tenir à ce terme de ‘harcèlement’ ? Il séduit pour ses affinités avec l’humiliation, l’intimidation. Il marque un premier pas vers la violence. Qu’un homme ennuie, impatiente, fatigue, difficile de porter plainte, mais que, par la grâce d’une requalification, il harcèle, et le voilà susceptible d’être poursuivi, même en pénalisant le regard (or, que reproche la femme à son époux, de ne plus jamais poser son regard sur elle !). » (Bérénice Levet)

« Libération, embrigadement. Vive la parole libérée à condition que tout le monde parle au pas. » (Elisabeth Lévy)

« Il a suffi de deux mois d’hystérie collective pour que les femmes soient officiellement déclarées espèce protégée ; ce qui fait au passage des hommes une espèce surveillée. » (Elisabeth Lévy – sur le délire du harcèlement et la campagne de délation)

« Devant ces numéros d’oie blanche s’agitant pour savoir laquelle est la plus traumatisée, on commence par hurler de rire. D’ailleurs en privé toute la France se marre … Seulement en public pas question de rigoler. Personne ou presque n’ose moufter contre le vent. Cette obligation de schizophrénie est bien la preuve que ce féminisme victimaire s’impose comme une vérité officielle par une forme de terreur idéologique. Personne n’y croit, mais tout le monde  doit faire semblant. » (Elisabeth Lévy)

« Quand des actrices célèbres et primées expliquent qu’elles se sont tues sur les agissements d’Harvey Weinstein, pour ne pas mettre leur carrière en danger, j’ai du mal à les plaindre. Et quand elles ne parlent que pour se joindre à un lynchage déjà presque fini, j’ai du mal à admirer leur courage. Le tout Hollywood qui mangeait dans la main du producteur quand il était puissant nous fait le chœur des vierges outragées maintenant qu’il ne peut plus ni lui nuire, ni lui servir, et que cracher sur lui fait de chacun un héros. » (Elisabeth Lévy – Le grand délathon a commencé – à propos de l’ignoble campagne hystérique de délation dite Balancetonporc) – Jusqu’à quelle bassesse descendra l’Occident ? Dommage que les réseaux sociaux n’aient pas existé pendant l’occupation, le hashtag : Balancetonjuif (Eric Zemmour) aurait certainement connu un grand succès. – « Un déferlement assez ignoble » (Catherine Deneuve)

« Plus la sexualité est libre, plus la loi pénale encadre de près les comportements irrespectueux ; moins la sexualité est associée au mal, plus la justice condamne des actes autrefois considérés comme peu graves. » (Gilles Lipovetsky) – Une parmi les milliers de contradictions qui transforment notre monde en un monde de fous et de schizophrènes.

« Ironie des surenchères de l’antiharcèlement sexuel : il s’agissait de libérer les femmes des avances sexuelles intempestives, ce sont les hommes  qu s’émancipent un peu plus du ‘besoin’ des femmes, de la centralité de celles-ci dans leur existence. » (Gilles Lipovetsky) – 88% des étudiantes de Princeton harcelées, seules 8% des Américaines n’ont jamais été harcelées. On se fout de qui ? « Transparence, rapport contractualisé … Charte étudiante, tout comportement sexuel devant faire l’objet d’un accord explicite de la femme, consentement verbal préalable au moindre geste. » – Pays de fous (et de folles).

« Les femmes ont certes conquis le droit d’exprimer plus ouvertement leur désir. Mais le théâtre de la séduction n’est pas devenu pour autant égalitaire. L’initiative reste dévolue aux hommes et, phénomène remarquable, les femmes continuent de préférer qu’il en soit ainsi … La disjonction des rôles séductifs n’est quasiment pas remise en cause par les femmes … Ce ne sont pas les hommes qui tiennent à la conservation de cet ordre dissymétrique … L’inversion des rôles d’initiative suscite généralement chez eux plus d’enthousiasme que de rejet. » (Gilles Lipovetsky)

« La loi de sa coquetterie était de provoquer en refusant les conséquences. Elle feignait d’ignorer, mais en réalité connaissait ou devinait le processus du désir masculin, plus impérieux que le sien, et en jouait : séductrice et victime, prête à se vexer en cas de non-agression, à réclamer des dommages-intérêts en cas d’agression. » (Alfred Fabre-Luce – sur la femme d’hier – Les mots qui bougent) – Rien de changé aujourd’hui sauf (sans toutefois généraliser) l’intensité et les manœuvres de la haine dans le premier cas, et l’obsession virulente des dommages-intérêts dans le deuxième.

« On entre en politique pour les deux mêmes objectifs : le sexe et l’argent. Si elles se positionnent en victimes sexuelles aujourd’hui, ce n’est pas pour défendre l’intérêt général, mais parce que c’est le meilleur moyen, pour elles, de se tailler une place au plus prés du podium, voire sur le podium lui-même … Le cul en politique, ça ne sert pas qu’à s’asseoir, ça sert aussi à complaire au pouvoir, à conquérir le pouvoir, à asseoir son pouvoir, à démontrer son pouvoir. Le pouvoir ça n’a pas de sexe. Et chaque sexe en use de la même manière. » (Yves Mamou)

« L’homme est une créature dotée de deux pieds et de huit mains. » (la belle Jane Mansfield)

« …Le renforcement scélérat de la loi sur le harcèlement sexuel … au milieu d’un fatras d’autres lois dites pour rire de ‘modernisation sociale’, grâce auquel désormais, en violation de toute philosophie du droit, la charge de la preuve incombe à l’accusé… » – Retour à la vieille procédure inquisitoriale indispensable aux régimes totalitaires. « Par ailleurs, du moment qu’une loi associe ‘harcèlement’ à ‘sexe’, c’en est fait du sexe. » (Philippe Muray) – Ce qui est bien l’objectif.

« Nous entrons dans un monde de coupeurs de couilles déguisés en libérateurs » (Philippe Muray)

« Les femmes cependant demandent autre chose.

« Bien plus, sans les aimer, du moment que l’on ose,

« On leur plaît. la faiblesse est si chère à leur cœur

« Qu’il leur faut un combat pour avoir un vainqueur. » (Alfred de Musset – A quoi rêvent les jeunes filles) – Musset, affreux mâle blanc hétérosexuel, écrivait dans l’ignorance du contrat et du consentement mutuel.

« Toute réglementation sur le harcèlement sexuel devrait inclure de sévères sanctions à l’encontre de ceux ou celle qui profèrent de fausses accusations dont pour l’instant on ne parle guère. » (Camille Paglia) – Et même pas du tout !

« Une pluie de pleurnicheries sociétales dégoulinantes de compassion artificielle et de sollicitude ‘gynécocentrique’ accompagnée de l’habituel réflexe de la castration par la répression pénale. La bêtise ordinaire poursuit ainsi inlassablement son œuvre de pollution démocratique et juridique …  Les sœurs en lutte contre les frères en rut. » (Anne-Marie Le Pourhiet)

« Accepter d’être protégé, c’est déjà renoncer à sa dignité. » (Alain-Gérard Slama)

« Les partenaires doivent donner leur accord mutuel avant l’acte sexuel, mais peuvent changer d’avis au cours des ébats qui doivent alors s’interrompre … Il est même possible de rétracter son consentement a posteriori, quand on estime avoir été ‘induit en erreur’ … D’où requalification en ‘agression sexuelle’. » (Géraldine Smith – reprenant les règles du ‘consentement’ adoptées par la grande majorité des Etats américains) – Si on remonte les trois propositions : – D’abord promotion indiscutable du rêve érotique absolu – Ensuite, de quoi booster l’angoisse masculine de ne pas être à la hauteur pendant – Et enfin, et peut-être surtout,  quelle souricière édifiée au profit des faiseuses de fric – C’était la rubrique : Les victoires du féminisme

« Christianisme (contre la morale plus souple de l’empire romain) … La réforme protestante comme la réforme catholique sont un coup de tonnerre dans un ciel relativement serein. Fini de rire. Le sérieux est de règle aussi bien chez Luther et Calvin que chez les Jésuites. La morale actuelle dans ses grandes lignes date de cette époque. Certes, il a existé une Renaissance aimable et légère. Mais elle ne touche qu’une petite fraction de la société de l’époque. Dans son fond, la morale véhiculée par la révolution culturelle de la Renaissance est bien plus puritaine que celle de la fin du Moyen Âge. Dans ces deux cas, la mutation des mœurs portée par une révolution culturelle débouche sur ce qu’il faut bien appeler une espèce de puritanisme. Il y a, devant nous, un autre exemple infiniment plus proche. La révolution culturelle chinoise a-t-elle été une libération des mœurs ou bien l’inverse ? Ce qui est tombé sur la Chine c’est une impitoyable rigueur des comportements … Christianisme, Renaissance, Chine  actuelle, dans ces trois cas la révolution culturelle a entraîné ‘in fine’, non pas un relâchement et une libération des mœurs, mais un durcissement des règles imposées aux hommes, aux femmes, aux couples, aux enfants, etc.. Ceux qui, aujourd’hui, confondent un peu trop vite évolution culturelle et libération sexuelle feraient bien d’y regarder à deux fois. » (Georges Suffert – écrit au début des années 1970) – Prémonitoire, car aujourd’hui, près de cinquante ans après, nous sommes bien en face d’une sorte de révolution culturelle (ne serait-ce que par la disparition et la haine portée à toute culture vraie) accompagnée d’une répression fille d’une soi-disant morale ; meute féroce en chasse perpétuelle et aveugle : législation totalitaire, poursuites, dénonciations, mises au pilori : Réseaux sociaux, Balanceton porc, Meetoo, etc

« Le recours aux stratégies pénales et éducatives révèle au fond l’incapacité de notre société post-démocratique à s’interroger sur elle-même et à sortir de l’a priori qui la porte à ne se voir que comme un entassement de désirs et de griefs individuels. » (Paul Thibaud) – Effectivement, quel beau spectacle que notre société de sauvagerie, de haine et de délation.

« On peut se plaindre maintenant de ce qu’une image, un geste, un propos créent ‘un contexte dégradant intimidant ou hostile’ ou témoignent, en tous les cas, d’une ‘indifférence endurcie envers l’expérience des femmes’, lesquelles pourraient, dans certains cas, aller jusqu’à ‘se sentir mal à l’aise’, et obtenir des réparations’ » (Tzvetan Todorov) – Exemples américains, mais comme nous leur empruntons tout !

« Tout le délire autour du harcèlement, ce procès d’intention fait à l’autre, est déjà un signe pathologique de la haine du prochain ou de la prochaine. C’est la fin de l’altérité sexuelle … Folie d’espèce que les peuples développés génèrent. » (Paul Virilio) – Oui, dans ses excès.

« Dans notre société féminine, toute séduction est assimilée à une manipulation, à une contrainte, à une violence insupportable de l’infâme macho. » (Eric Zemmour) – Ce qui n’empêche qu’il y ait de véritable harcèlement.

« Le corps des femmes redevient un sanctuaire identitaire, une arche sainte qu’il faut préserver de tout sacrilège, malgré elle s’il le faut. Il n’est plus menacé par la perte de la virginité, mais par le viol. Nous revenons au temps des duègnes : il faut protéger le corps féminin de l’expression du désir masculin. » (Eric Zemmour)

Ci-dessous, extraits du livre de  Cristina Nehring, L’amour à l’américaine.

« Quelle place reste-t-il au désir quand toute interaction entre hommes et femmes représente une menace potentielle ? L’amour qui compte parmi les plus précieux des risques s’évanouit dès qu’on cherche à le contrôler … Une société sécuritaire et un pays de répression, de peur et de victimisation … Le nouveau fondamentalisme érotique ressemble, par plusieurs aspects, au fondamentalisme islamique … Quand la moindre exploration dans la vie quotidienne est proscrite, on rend indispensable l’excès dans la vie imaginaire (celle qu’on mène seul avec son écran) … La loi ‘yes means yes’, ‘l’affirmative consent’ (révocable à tout moment de l’échange) impose que la partie qui n’est pas à l’initiative ne se contente pas de s’abstenir de dire ‘non’ ; elle doit prononcer avec sérieux et à haute voix, à chaque étape de l’échange ‘oui’ (et dont on puisse faire la preuve, sinon l’autre pourra être accusé de viol, même dans le cas de couples existants depuis longtemps) … On peut regretter sans être victime … Le fameux ‘différentiel de pouvoir’ (notion juteuse en procès) eût empêché les si fructueuses unions d’Héloïse et d’Abélard, d’Auguste Rodin et de Camille Claudel, de J. P. Sartre et de Simone de Beauvoir,, de Martin Heidegger et d’Hannah Arendt, de Socrate et de ses élèves … L’alchimie entre élève et professeur est ce qui anime le meilleur du travail intellectuel, même aujourd’hui … D’ailleurs où trouve-t-on des relations symétriques ? (faut-il interdire les relations entre étudiants et non-étudiants, entre bons et mauvais étudiants, entre riches et pauvres ?) … La jeunesse est aussi un pouvoir … Les étudiant(e)s sont parfaitement capables de trouver un professeur par eux-mêmes et de le séduire … Ils et elles ont la même capacité de commettre des erreurs et à s’en remettre. Ils et elles n’ont pas besoin d’être traités avec condescendance par la législation qui témoigne de notre obsession sécuritaire …  Une des forces stupéfiantes de l’amour et du sexe est justement qu’ils peuvent se jouer des barrières sociales, professionnelles et linguistiques, désarmer la différence, balayer l’histoire, passer outre les différences de pouvoir … Pour les ‘inspecteurs du harcèlement sexuel’ des universités américaines, pour ‘l’industrie du harcèlement sexuel’ , aucune marque de gentillesse n’est suffisamment innocente … On apprend aux filles à retourner dans les jupes de leur mère, à redevenir ces jeunes filles craintives, en pâmoison, effrayées par la chose sexuelle (plus la nouveauté de l’attrait du fric et du sadisme pour les apprenties perverses) … Résultat nous sommes dirigés vers d’innombrables services de rencontre et clubs pour célibataires où nous dépensons des sommes considérables pour rencontrer des gens normaux dans  des contextes anormaux et hautement stressants, ou nous rejoignons des associations qui ressemblent à des marchés aux bestiaux. »  – Et si l’obsession de détraqué(e)es  était au service des usines à fric ?

« Le nouveau fondamentalisme érotique a métamorphosé en acte agressif et répréhensible le simple regard d’un individu du sexe opposé croisé dans la rue. Ce fondamentalisme ressemble, par plusieurs aspects, au fondamentalisme islamique … Il nous ramène aux burqas et aux échafauds. » (Cristina Nehring)

– Il existe un autre type de harcèlement, non-sexuel, le harcèlement dit moral qui semble toucher prioritairement les anémiés et les inconsistants. Peut permettre, très accessoirement bien sûr, de bénéficier de confortables dommages et intérêts. Ce type de harcèlement a pris le relais des conflits classiques patrons-employés en rajoutant de détestables colorations psychologiques, morales et un aspect aussi lamentable de victimisation, pleurs et gémissements ; plus la confusion entraînée par une notion aussi confuse dont le seul intérêt est de permettre tous les chantages, de se délecter dans la dénonciation, le jet de boue.

« Le harceleur est un individu narcissique et séducteur, le plus souvent masculin, avide de pouvoir … A l’inverse la victime a les traits de l’innocence, de la fragilité et de la souffrance … Il faut être deux pour que la relation perverse fonctionne (ce qui ne veut pas dire que les deux consentent … mais que le montage pervers les dépasse) … Situations et témoignages sont publiés tels quels, sans l’ombre d’un recul réflexif … Seul le point de vue de la victime … Identification émotionnelle du lecteur … Les vraies victimes s’interrogent, doutent, cherchent à sortir de leur malheur … Les fausses victimes perverses n’ont nul questionnement sur elles-mêmes et se complaisent dans une position victimaire … ‘Il ne faudrait pas que tout devienne harcèlement … Ne va-t-on pas, en manipulant cette matière dangereuse qu’est le mental, faire plus de dégâts’ (Tiennot Grumbach) … Entre ‘maltraitances psychologiques’, ‘menaces diffuses et fréquentes’, ‘humiliations publiques’… et ‘incompréhension’, ‘règlements de comptes’, ‘cabales’… à quel genre d’expert thérapeute va-t-on avoir recours pour y voir clair ? … L’agressivité qu’on entend combattre et éradiquer au nom de la lutte contre le harcèlement se retrouve dans la véhémence de  la dénonciation publique. Médias et justice deviennent les instruments d’une ‘lapidation’ symbolique … Est enclenché un processus de suspicion et de ressentiment qui paraît sans fin. » (Jean-Pierre Le Goff – La France morcelée)

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