575,4 – Gauchistes, Humanitaires, Internationalistes (et …..ismes), Humanisme

– Même combat. Les mêmes idiots utiles (aurait dit Lénine) au service du capitalisme financier anglo-saxon qui a inventé la mondialisation et le métissage obligé pour échapper à la baisse tendancielle du taux de profit. Toujours fiers et heureux de travailler objectivement contre leurs convictions et de se mettre au service de leurs prétendus adversaires (qui rient sous cape).

– Quelques humanitaires vedettes ne s’occupent que d’autrui. Ils acceptent humblement et pour l’exemple de se laisser filmer à l’autre bout du monde en portant des sacs de riz ou en sauvant ‘au péril de leur vie’ un enfant Irakien ramené dans leur sac à dos ( mon premier est un va t-en guerre bien connu, trop, mon deuxième fut un présentateur TV, aussi arrogant qu’avide de célébrité).

– Même sans ambitions politiques ou médiatiques, il est certes plus séduisant d’aller excursionner au Tibet plutôt que de s’occuper de sa voisine grincheuse dans un trou de Bretagne ; on peut comprendre sans applaudir pour autant. De même qu’il est plus valorisant de parader en 4 x 4 à Haiti ou dans quelque pays pauvre (ou de plus l’accès aux femmes locales est économique) que de faire les courses de sa voisine citée plus haut.

– De même que les dirigeants socialistes sont très majoritairement de grands bourgeois (se renseigner), les jeunes gauchistes ne viennent pas du peuple mais de la bourgeoisie, le plus souvent fortunée (et qui entend bien le rester, pour cela le gauchisme est un excellent placement). 

– L’humanisme benêt ne suffisait pas. On va passer (discrètement pour l’instant, mais il faut connaître le terme) au transhumanisme. Il s’agit tout simplement d’accroître la longévité par les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et cognitique). Voilà ce sur quoi on travaille dans les centres de recherche Google ; c’est demain. Bonjour l’envie et les conflits. Juste après-demain, c’est la fabrication, puis l’élimination.

– « La promesse de la surhumanisation est la charlatanerie par excellence, sous l’impulsion de la technologie, de la démocratie, des institutions mondiales. » (Thomas Molnar)

– «  Humanisme, scie patriotique ou embrassade universelle. » (Julien Benda)

-« L’invention de l’humanitaire signifiait que toute l’activité se déroulait en dehors de cette préoccupation. » (Pierre Thuillier)

– « ’L’humanisme’ n’est pas autre chose que la négation même du supra humain. » (René Guénon)

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« C’était fatal : l’action humanitaire devait un jour dégénérer en tourisme humanitaire. » (Hervé Algalarrondo – Sur l’indécent défilé des vedettes de Saint-Germain des prés à Sarajevo en 1993/94 et leurs parades à la télévision au retour) – Depuis cette ronde de voyeurs arrogants et corrompus n’a pas cessé, ici ou là, partout où se montrer, s’exhiber, est profitable. 

« L’amour de l’humanité, sans parler des crimes que l’on commet en son nom, n’est bien souvent qu’un prétexte pour se dispenser de ses plus prochains devoirs. » (Lucien Arréat)

« L’amour est, de nature, étranger au monde et c’est pour cette  raison plutôt que pour sa rareté qu’il est non seulement apolitique, mais même antipolitique ; la plus puissante, peut-être, de toutes les forces antipolitiques. » (Hannah Arendt)Sur l’humanitaire – « Arendt comprend qu’on ne peut envisager le salut dans le cadre étroit de la cité  terrestre, et elle en déduit que l’amour de l’humanité aura toujours quelque chose de politiquement suspect …  Hegel perçoit les dangers liés aux ‘tyrannies de l’intime’, c’est-à-dire l’exportation de la demande d’amour hors de sa sphère légitime … Historiquement, les époques de valorisation de l’intime coïncident avec la décadence du politique. Ainsi le déclin de l’empire romain correspond à un affaiblissement de la vie publique et à une promotion de la sphère privée. » (Michaël Foessel – qui cite Hannah Arendt) – A méditer par la horde des dominants-bien-pensants. 

« L’amour de l’humanité, sans parler des crimes que l’on commet en son nom, n’est bien souvent qu’un prétexte pour se dispenser de ses plus prochains devoirs. » (Lucien Arréat)

« C’est une tragique époque, car elle doit voir à la fois ces deux vérités : qu’en ce monde, rien d’autre que l’homme, finalement, ne mérite qu’on se dévoue à son service (parce que rien d’autre n’est là à quoi on puisse  se dévouer) et que l’homme pourtant ne vaut finalement pas la peine qu’on se donne pour lui. » (Père Hans Urs Von  Balthasar)

« Les jeunes Occidentaux qui ne rêvent que de travailler dans l’humanitaire (après avoir fait un ‘master humanitaire’ car c’est devenu une discipline à part entière) et à partir au loin pour tenter de sauver quelques ‘damnés de la Terre’ qui n’aspirent eux qu’à rejoindre un pays occidental qu’ils considèrent comme une ‘Terre promise’. » (Olivier Bardolle)

« L’homme n’étant pas un, on ne voit pas comment il pourrait être pris comme unité de mesure. » (Georges Bastide) – L’homme n’est pas la mesure de toutes choses, contrairement à ce que prétendait le sophiste Protagoras, donc il n’est pas le sujet de référence des valeurs, heureusement ! Ce qui ruine la thèse qui fait de l’humanisme un absolu.

« Comment peut-on dénoncer les OGM et prôner la PMA ? » (Eugénie Bastié – sur les écologistes) – Comme s’il fallait être cohérent pour séduire les imbéciles et accéder aux charges juteuses.

« Ceux qui font bronzer leur bonne conscience au soleil de la solidarité … la souffrance universelle sanctifiée par le caviar et le champagne. » (Jean Baudrillard – sur les humanitaires et les partisans bruyants des Droits de l’homme)

« La prolifération du bien à l’infini entraîne la prolifération parallèle de son jumeau, le mal absolu. » (Jean Baudrillard) – Ce que font semblant d’ignorer les croisé(e)s de l’humanitaire, de l’humanisme, de la bien-pensance obligée, les inquisiteurs et inquisitrices, du politiquement correct  qui nous préparent de beaux lendemains !

« On a longtemps dénoncé l’exploitation capitaliste et économique de la misère de ‘l’autre monde’. Or il faut en dénoncer aujourd’hui l’exploitation morale et sentimentale ; le cannibalisme caritatif étant pire que la violence oppressive … Retraitement humanitaire de la misère et affichage de notre condescendance charitable … Cette matière première spirituelle qu’est la misère des peuples laquelle sert à l’alimentation psychologique des pays riches et à l’alimentation médiatique de notre vie quotidienne … Tutelle vampirique, ingérence humanitaire … Phase ultime du colonialisme … Nous sommes les consommateurs du spectacle toujours délectable de la misère et de la catastrophe, et du spectacle émouvant de nos propres efforts pour la réduire ; nous veillons à reproduire la misère comme gisement symbolique, comme combustible indispensable à l’équilibre morale et sentimental de l’Occident … Pour notre décharge, on peut dire que cette misère, c’est nous qui l’avons produite pour une large part, et , qu’alors qu’il est bien normal que nous en profitions … Nous avons besoin de cette drogue qui nous sert d’aphrodisiaque et d’hallucinogène, dont les pays pauvres sont les meilleurs fournisseurs, comme des autres drogues d’ailleurs. » (Jean Baudrillard)

« On montre tout … Mais on ne montre ni ne dit rien des causes de la famine ou de la maladie chronique … Notre responsabilité n’est pas impliquée, et elle ne vient pas gâcher la fête de l’absolution mutuelle. La conscience est en même temps piquée et apaisée, dans le même geste charitable. » (Zygmunt Bauman)

 « Elevez vos écoliers à vénérer l’Eglise pour avoir si longtemps travaillé à empêcher le spirituel de choir dans le national. Honorez-là quels qu’aient été‚ ses mobiles, quand, au concile de Trente, elle repousse l’emploi des langues nationales pour la messe, maintient le latin. Honorez l’ordre des Jésuites quand, en pleine guerre de Trente ans, leur général commande à ses collègues : ‘Ne disons pas ma patrie. Cessons de parler un langage barbare.’ Ne glorifiez pas le jour où la prière s’est nationalisée. » (Julien Benda)

« Tout ‘l’humanisme’ occidental passe par une ‘laïcisation du judéo-christianisme’. » (Alain de Benoist – reprenant Emmanuel Levinas)

« Si l’humanisme signifiait un acte de foi dans la grandeur et la dignité de l’homme, on ne le trouverait nulle part exprimé avec plus de force que dans l’Ecriture.  Au premier chapitre de la Genèse Dieu bénit les hommes et leur dit : « Dominez sur… » L’Ancien Testament affirme que l’homme est fait à l’image de Dieu et le Nouveau Testament que Dieu s’incarne en un homme. » (Emmanuel Berl)

« Ce n’est pas l’athéisme idéologique qui prend la place du christianisme, mais plutôt l’agnosticisme, l’indifférence en matière de religion, ou le succès d’une religiosité nouvelle ‘l’humanitarisme’, qui a l’air d’envahir toutes les confessions chrétiennes, en les anesthésiant, en les relativisant, en dissolvant leurs formes propres. » (Alain Besançon) – Mais l’humanitarisme cher aux bisounours ne va pas durer.

« Ceux qui parlent magnifiquement au nom de l’humanité entière consultent, autant que personnes, des passions qui ne concernent qu’eux et des mouvements privés qu’ils n’avouent pas. C’est toujours plus ou moins l’ambition de se mettre en tête et de mener, le désir du bruit et du pouvoir, la satisfaction d’écraser ses adversaires, de démentir ses envieux, de tenir jusqu’au bout un rôle applaudi. » (Sainte-Beuve – Volupté) – Nos intellectuels, acteurs, comédiens, chanteurs, se rassemblant au coup de sifflet pour gémir et hurler de concert.

« Les humanistes et les progressistes (ce sont en général les mêmes) n’ont pas le droit, pensera-t-on, d’être autre chose que des optimistes. Par le travail et par la vertu du Progrès, ce qu’il y  a de meilleur en l’homme va inévitablement se traduire en œuvres dans l’histoire. La société en sera embellie et portée à un plus haut point de perfection. » (Jean Borie – ironique)

« Nous ne pouvons plus nous bercer d’illusions. Il est facile de prêcher un humanisme réduit aux règles du vivre-ensemble, mais comment le fonder ? La pensée moderne est à court d’arguments pour justifier l’existence même des hommes. En cherchant à bâtir sur son propre sol, à l’exclusion de tout ce qui transcende l’humain, nature ou Dieu, elle se prive de son point d’Archimède (de tout point d’appui extérieur à elle-même) … Ce ‘plus haut’ que nie l’humanisme exclusif … Cette exclusion la rend incapable de porter un jugement sur la valeur même de l’humain. » (Rémi Brague)

« Quiconque dénonce les ‘maîtres du monde’ prouve surtout qu’il aspire à en faire partie. » (Pascal Bruckner)

« Combien d’organisations humanitaires se disputent blessés et agonisants comme des parts de marché, des magots qui leur reviennent ? » (Pascal Bruckner)

« Ils entretiennent la honte comme les techniciens vérifient les machines … Le discours misérabiliste veut avant tout des gens malheureux … Les misérables existent uniquement pour permettre aux  athlètes du devoir, aux martyrs de l’opprobre, de faire chaque matin l’exercice de leur cœur déchiré en brandissant leurs gémissements comme des haltères … En popularisant la représentation d’êtres infra-humains incapables de survivre sans les béquilles de notre bonté, on souligne leur infirmité et notre exquise sollicitude …  L’auto-flagellation est la voie royale vers la haine du genre humain … De l’éloge à l’anathème, de l’adoration de l’autre à son exécration dès lors qu’il ne soutient pas les placements de bonté, de gentillesse qu’on avait mis en lui … Dès lors que le guerillero, l’indigène ou le sauvage se révèle autrement…»  (Pascal Bruckner – sur les humanitaires – Le sanglot de l’homme blanc)

« Mais ils ne font pas que parler entre eux d’eux-mêmes, les ‘volunteers’. Ils savent faire la fête aussi. A Idomeni, au milieu des migrants, ‘Woodstock’ … du bon son pour s’éclater, et, ensuite, la danse, la transe, la fête orgiaque … En démocratie, nous avons le droit d’être indifférents au sort des migrants, de ne pas en vouloir… Mais nous n’avons pas le droit de les mépriser à ce point qu’ils ne soient plus pour nous que les spectateurs de notre vacuité, de notre vanité et de notre crétinerie. Que ceux qui n’en ont rien à faire, des migrants, restent au moins chez eux et les laissent en paix. » (Pierre Brunet – vu au camp d’Idomeni en Grèce) – Humanitaires, petits bourgeois qui vont s’éclater, là comme à Calais et partout.

« On aime l’humanité en général pour ne pas avoir à aimer les êtres en particulier. » (Albert Camus – L’homme révolté)

 « Nietzsche a bien vu que l’humanitarisme n’était qu’un christianisme privé de justification supérieure, qui conservait les causes finales en rejetant la cause première … Dans sa théorie de la surhumanité, comme Marx avant lui avec la société sans classes, tous deux remplacent l’au-delà par le plus tard … A l’esclave, à ceux dont le présent est misérable et qui n’ont point de consolation dans le ciel, on assure que le futur, au moins est à eux. L’avenir est la seule sorte de propriété que les maîtres concèdent de bon gré aux esclaves. » (Albert Camus)

« Hegel avait rejeté tous les idéaux humanitaires. Il considèrera ‘l’amour universel du genre humain’ comme n’étant rien moins qu’une ‘invention insipide’. » (Ernst Cassirer)

« Pour éviter les tensions qu’entraînent ses devoirs envers quelques-uns et pour reconnaître les droits de tous, il poserait comme principe d’une charité (ou d’une justice) universelle idéale la négation de la charité effective due à son prochain immédiat. A se vouloir le témoin de l’universel, il se prendrait pour un dieu responsable du tout alors qu’il est seulement responsable de la part que lui alloue sa condition d’homme. » (Père Michel de Certeau) – On reconnaîtra nos belles âmes.

« Trop de clercs, en se faisant les défenseurs de la guérilla montagnarde … exprimeraient ‘leur’ malaise plutôt qu’ils n’accorderaient (leur soutien) en raison de l’analyse économique, sociale et politique … Leur discours serait une thérapeutique (à leur propre usage). » (Père Michel de Certeau – sur le clergé adepte de la théologie de la libération) – C’est bien évident et cela s’applique partout et toujours à la grande majorité des gauchistes. Le père de Certeau n’était pourtant pas un affreux réactionnaire quand il admirait le castrisme et la révolution culturelle maoïste !

« On ne rendra pas plus facile le pardon des péchés en disant qu’il n’y a pas de péchés à pardonner. Une certaine pitié peut conduire à l’anarchie. Pour être trop humain on peut être réellement l’ennemi de la race humaine. » (Chesterton)

« La civilisation, son œuvre, sa folie, lui apparaît (à l’Occidental) comme un châtiment qu’il s’est infligé et qu’il voudrait à son tour faire subir à ceux qui y ont échappé jusqu’ici : venez en partager les calamités, soyez solidaires de mon enfer. » (Emil Cioran)

« Les grandes barbaries de ce siècle sont à la recherche des moyens de réaliser l’unité de l’humanité. L’une choisit la race, l’autre la classe opprimée, celle-ci ayant vocation à devenir l’humanité elle-même. Dans les deux cas, on est devant un immense effort de la volonté marqué par un écrasement des hommes au nom de l’idée d’humanité. » (Guy Coq)

« La prétention à une justice mondialisée … représente bien l’émergence d’un début de souveraineté mondialisée se donnant le droit d’intervenir dans la vie des pays au nom d’une forme d’absolutisme moral (et évidemment de sordides intérêts cachés) … A tout le moins, on parlera de la tentation totalitaire du progressisme mondialisé … Les promoteurs de l’humanitarisme mondialisé ne sont pas loin du moralisme le plus intransigeant … La mise en scène d’une justice planétaire laisse croire à la confirmation de la prédiction de Bertrand de Jouvenel selon qui un Etat universel reposerait nécessairement sur l’abolition de la démocratie et sur la tentation d’une hégémonie idéologique globale. » (Mathieu Bock-Côté)

« Ils ont la ‘haine du peuple  au nom du peuple’ … Ils sont passés de la ‘cause du peuple’ à la ‘crainte du peuple’ … Chez ces ‘gauchistes recyclés’ joue en effet ‘une composante qui est loin d’être nulle de dégoût pour l’ignominie naturelle de la plèbe, de ‘peur du peuple, dont on n’observe pas assez souvent combien souvent à gauche elle accompagne l’avant-gardiste ambition de le conduire’. » (Marc Crapez – citant Marcel Gauchet et Paul Yonnet) – Sur certains intellectuels gauchistes et ceux qui font de la gauche une marque déposée.

« Rien n’est humain comme l’humanisme ; mais rien n’est inhumain comme l’humanitarisme. » (Léon Daudet)

« Avant même de signifier la dignité, la primauté, la centralité de l’être humain, l’humanisme désignait l’amour du révolu et la redécouverte des langues mortes, grec et latin, à travers la poésie, l’histoire et la rhétorique. » (Régis Debray) – C’était avant qu’on ne songea que plus les sujets seraient sauvages et barbares, plus ils seraient faciles à éblouir, à diriger, à matraquer…

« Le stéthoscope s’étant avéré plus d’une fois maillon intermédiaire entre le missel et le missile … Nos premiers ethnologues, géographes… furent des religieux chrétiens, s’immergeant dans  la société indigène, apprenant les langues locales, enquêtant sur les mœurs … Nos volontaires en rotation passent deux mois là où le Pére blanc passait vingt ans (quand les conditions le permettaient) … Restant en contact avec le siège parisien, les infos et les préjugés des siens, en 4 x 4 climatisé, avec ordinateur portable, logeant dans le beau quartier de la ville avec un traitement dix ou cent fois supérieur à celui des ‘partenaires’ locaux, tributaires et victimes du satellite, du GPS et de l’Airbus, difficile de s’acculturer, ou même de rencontrer et d‘écouter l’autre … L’humanitaire de crise et l’aide d’urgence … ne peuvent échapper aux plis et contraintes d’un tourisme devenu la première industrie mondiale. » (Régis Debray)

« Elles sont partout et décident de tout, mais en ordre dispersé, sciemment. C’est la domination par la ‘gouvernance’ ; on ne sait plus identifier le lieu du pouvoir … Depuis le tremblement de terre de 2010, le microcosme humanitaire vit de la catastrophe haïtienne, et parfois très bien. Il se révèle souvent financé par des fondations privées qu’ont créées les entreprises chargées de reconstruire le pays par fragments, quand elles n’escomptent pas y piller les ressources naturelles. » (Alain Deneault – sur les ONG) – Ressources notamment minières, or. A propos de financement, qui finance les nombreux bateaux et leurs équipages et la logistique supposés venir en aide aux migrants en méditerranée, prendre le relais des passeurs, serait-ce seulement d’’humbles et modestes petits donateurs ?

« L’amour de l’humanité est une abstraction à travers laquelle on n’aime guère que soi. » (Dostoïevski)

« Plus j’aime l’humanité en général, moins j’aime les gens en particulier. » (Dostoïevski – Les frères Karamazov)

« Et pourquoi devrais-je donc aimer votre humanité future, que je ne verrai jamais, qui ne me connaîtra pas, et qui à son tour disparaîtra sans laisser ni traces ni souvenirs ? » (Dostoïevski – L’adolescent)

« La dégoulinade de bons sentiments a poussé plus d’un commentateur à prophétiser l’advenue d’une ‘mondialisation de la solidarité’. Les bornes de l’indécence ont été franchies plusieurs fois (un géophysicien tirant parti du désastre d’un tsunami pour réclamer des sous pour sa discipline !) … ‘Il y a quelque chose de malsain a transformer un désastre en une histoire heureuse qui nous tient chaud au cœur … à en faire une histoire qui parle de nous, qui avons donné, beaucoup plus que d’eux, dont les vies ont été brisées’ » (Jean-Pierre Dupuy – citant David Brooks)

« Les peuples humains finissent par voir surgir devant eux des peuples inhumains qui ne s’embarrassent point de sentimentalité et les réduisent en esclavage. » (Jean Dutourd) – Pour nos humanistes.

« Par ‘humanisme’ nous entendons une vision globale tout entière centrée sur l’homme, sur la condition humaine, ce qui est humain devenant alors l’objet d’un culte, pour ne pas dire d’un véritable fétichisme … C’est l’orientation prométhéenne, soit le choix de la liberté du rebelle, contre le choix de la liberté du souverain, de l’orientation olympienne (la souveraineté des hommes qui regardent ce qui est humain avec distance, des hommes qui ont pour idéal la ‘civilisation de l’être’) … C’est l’aspiration non à la liberté du Maître mais à celle de l’esclave affranchi. » (Julius Evola)

« Être n’est pas de l’empire du langage, mais de celui des actes. Notre humanisme a négligé les actes. Il a échoué dans sa tentative. » (Saint-Exupéry)

« Le principe des principes de l’humanisme moderne : le rejet du principe d’autorité. » (Luc Ferry)

« Je suis très méfiant à l’égard d’un humanisme abstrait qui part d’une idée et tente de faire rentrer le monde dedans. Je suis aussi très méfiant sur les professions d’horreur synthétiques qui émanent des défenseurs d’une telle idée. Une idée de l’humanité qui n’est pas ancrée dans des relations personnelles solides produit une rhétorique vide qui peut facilement être combinée aux actions les plus atroces … La plus grande partie de la misère (atrocités) dans notre monde est causée non pas par des individus méchants mais par des gens qui ont objectivé leurs désirs et leurs inclinations personnels et qui, ainsi, sont devenus inhumains. » (Paul Feyerabend)

« Dans certaines associations humanitaires, on n’y aime guère les hommes, on aime à s’occuper d’eux… La génération humanitaire, dégrisée de la grande histoire, ne s’intéresse plus qu’au malheur de l’espèce : sa solidarité prend la forme d’un immense maternage. Sa prédilection pour les désolés anonymes ressort davantage du principe de précaution que de l’élan fraternel … Sur le plan intellectuel au moins, cette morale de l’extrême urgence est une morale de l’extrême confort. » (Alain Finkielkraut)

« Le missionnaire de l’Humanité-Dieu … ne voit pas l’humanité comme un monde, comme une fragile pluralité ; il la voit comme un train lancé à vive allure vers l’omniscience et l’omnipotence …  Qu’importe que mille humanités meurent ? ‘Une humanité réussira’. » (Alain Finkielkraut – citant Renan)

« La politique des bons sentiments – le développement de l’idéologie humanitaire sur les ruines de la politique traditionnelle – ne peut tenir lieu de projet d’avenir. Ce serait une façon pieuse d’ériger l’impuissance en valeur morale. » (Jean-Paul Fitoussi)

« On ne peut sans cesse adapter son discours à l’auditoire qui vous écoute. Cela favorise, certes, la popularité, mais ça ne peut tenir lieu de convictions. » (Jean-Paul Fitoussi – sur les contestataires type altermondialistes, qu’il considère cependant sans défaveur)

« La technocratie est une forme d’humanisme. Les technocrates, en effet, considèrent qu’ils sont les seuls à détenir le jeu de cartes qui permettrait de définir ce qu’est le ‘bonheur des hommes‘ et de le réaliser. » (Michel Foucault)

« Vous ne pouvez pas imaginer dans quelle mare moralisatrice de sermons humanistes nous étions plongés dans l’après-guerre. Tout le monde était humaniste. Camus, Sartre, Garaudy étaient humanistes. Staline était humaniste. »  (Michel Foucault – cité par Alain Finkielkraut) – Maintenant c’est encore pire.

« Un mot qui fut mis en honneur à la Renaissance, et qui résumait par avance tout le programme de la civilisation moderne, celui ‘d’humanisme’. Il s’agissait en effet de tout réduire à des proportions purement humaines, de faire abstraction de tout principe d’ordre supérieur, et, pourrait-on dire symboliquement, de se détourner du ciel sous prétexte de conquérir la terre … La civilisation du Moyen Âge tomba dans le plus complet oubli, et avec quelle rapidité, sauf à être qualifiée d’époque de ténèbres, d’ignorance et de barbarie … L’humanisme, en mettant les préoccupations humanitaires au premier plan, c’était déjà une première forme de ce qui est devenu le ‘laïcisme’ contemporain …  En voulant tout ramener à la mesure de l’homme, pris pour une fin, on a fini par descendre …  au niveau de ce qu’il y a en celui-ci de plus inférieur, à ne chercher que la satisfaction des besoins inhérents au côté matériel de sa nature … Partis de l’Occident, le désordre et la confusion menacent maintenant d’envahir le monde tout entier. » (René Guénon) – Ils ne menacent plus. C’est fait.

 « Le Biafra attendait que l’on s’intéresse à sa cause et nous ne nous sommes prudemment occupés que de ses souffrances. Il en est mort. » (Jean-Claude Guillebaud) – Et encore, en 1968, l’an I de la générosité mondiale, la naissance de l’humanitaire sans frontières, s’occupait-on des souffrances des locaux plus que de l’impudente et impudique gloriole d’un ministre ou futur ministre ou people escorté pour son passage là-bas de deux heures par cameramen et courtisans médiatiques pour le JT du soir ou du lendemain. « Nous n’y verrons pas le ministre de passage, en forme et suréquipé, déposé par un avion du Glam (champagne à volonté) sur les lieux du dénouement indicible. Nous ne le verrons pas non plus repartir quelques heures plus tard par la même voie rejoindre à Paris sa famille, ses bureaux, ses voitures à chauffeur, ses lieux de villégiature, etc. Les à-côtés de la vertu occidentale … seront coupés au montage. » (Régis Debray)

« Rien de plus malléable qu’une bonté sans pensée ; rien de plus terroriste qu’une bonté qui s’appuie sur un savoir congelé, sur une pensée irrévocable, et qui prétend avoir réglé, une fois pour toutes, le problème de l’Autre. La première ne délibère pas, mais répond, avec une disponibilité inlassable, aux appels qui lui sont adressés : ce qui permet au diable aussi bien qu’à Dieu de la prendre à son service. La seconde a délibéré et ne fait jamais que mettre en pratique ses conclusions morales. Et c’est parce que la sagesse et l’amour ne sont pas des divertissements… mais des charges lourdes à porter, que l’humanité oscille entre les deux pôles d’une morale sans délibération et d’un impérialisme sans morale. »  (Alain Finkielkraut)  – Parler de bonté pour ces personnages (humanitaires…) ne peut concerner qu’un petite, pour ne pas dire infime, minorité.

«  «  L’humanitaire était devenu un discours, une idéologie, une promesse de carrière … L’humanitaire devint une institution respectable … Il y eut beaucoup d’ONG … Certains ‘doctors’ étaient maintenant plus célèbres que des ministres ou des acteurs de cinéma … Dans cette ébriété fusionnelle de la compassion, du scandale exotique, de l’altruisme, de la bonne foi … Autour de l’humanitaire bivouaque aujourd’hui toute une tribu de bateleurs d’estrade et de ‘communiquants’ … Ce n’est pas d’aujourd’hui que les bons sentiments font l’affaire des malins. Seulement, la rhétorique humanitaire, quand elle se dégrade en pure démagogie, est plus dévastatrice qu’aucune autre puisqu’elle consiste en une confiscation du Bien. » (Jean-Claude Guillebaud) – Suite et assemblage de considérations éparses sur l’humanitaire, à côté d’autres reconnaissant ses mérites, au moins à l’origine.

« Pour Heidegger (lettre sur l’humanisme), le désenchantement du monde, son asservissement par la technique, l’assujettissement de ‘l’humanitas’ à la rationalité marchande ne sont pas des atteintes portées à l’humanisme, mais l’aboutissement de l’humanisme lui-même (point de départ : les Lumières, radicalisation criminelle : l’utopie communiste). C’est-à-dire du projet d’artificialisation complète de la nature par la culture humaine, d’un arraisonnement du naturel par le culturel, d’une volonté de maîtrise absolue du réel par la rationalité humaine … La science, la technique, la technoscience ne constituent donc en rien un naufrage de l’humanisme traditionnel mais tout au contraire son étrange triomphe. » (Jean-Claude Guillebaud)

« L’armée des ex-gauchistes occupe les prébendes, alternant le bouche-à-bouche sordide avec l’appareil socialiste exsangue et l’embrassade avec les droites financières, et dans tous les cas de figure se fait liberticide au nom de la liberté même de s’abstraire des vieilles valeurs. »  (Guy Hocquenghem)

« ‘Cette ‘camaraderie’ corrode les plus belles âmes. Elle rouille leur fierté, tue le principe des grandes œuvres, et consacre la lâcheté de l’esprit. En exigeant cette mollesse de conscience, chez tout le monde, certaines gens se ménagent l’absolution de leurs traîtrises, de leur changement de parti.’ Amitié vile que celle qui soude les cyniques de bas étage (il existe un cynisme de haut vol, mais c’est un exercice solitaire), faite de mépris réciproque et d’arrangements de conscience. Amitié et camaraderie qui sont aussi de la haine, haine de soi et des autres, haine du groupe pour le dehors et le dedans. » (Guy Hocquenghem – visant les ex-gauchistes, ex-soixante-huitards – citant Balzac)

« Ah, si le public des gogos pouvait vous voir, courbés en baise-main devant la moindre ministresse, cirant consciencieusement les pompes du moindre attaché, puis vous ébaudissant, petit four en main, de vos grasses rétributions, vous congratulant pour vos subventions ! … Et tant d’autres (après énumération de noms) , ayant reçu pour denier de Judas une petite ambassade, une direction de centre culturel à l’étranger, une place à la villa Médicis ou un lit à l’hôpital de la culture d’Etat … Drogué aux médias, à l’applaudimètre. » (Guy Hocquenghem – sur les artistes avides et opportunistes)

« L’islamo-gauchisme, tentative désespérées de marxistes décomposés, pourrissants, en état de mort clinique, pour se hisser hors des poubelles de l’histoire en s’accrochant aux forces montantes de l’Islam. » (Michel Houllebeck)

« Celui qui aime les autres est fou. L’hypocrisie suprême c’est qu’on ne veuille pas l’avouer. L’hypocrisie ce sont les alibis, c’est le sourire de l’humanisme, l’hypocrisie c’est que tout cela se fait au nom de la justice. On n’ose plus dire : tout cela est au nom de la charité. » (Eugène Ionesco)

« L’humanitarisme est sans doute … la manière la plus malhonnête de célébrer nos propres vertus sans se soucier des conséquences les plus catastrophiques de notre aide. » (Roland Jaccard) – Masturbation des bonnes consciences (si j’ose dire).

« Ils devraient comprendre pour quelles raisons leur utopie humaniste ‘est perçue comme mièvre et insipide par des gens qui conservent encore un goût pour les saveurs plus fortes de la vie’. » (William James – cité par Christopher Lasch) – Encore l’auteur écrivait-il avant que l’humanisme ne se dévergonde et ne révèle son arrogance insupportable.

« L’humanitaire, ce paravent indispensable de la bonne conscience, langue de bois de cette fin de siècle. » (Claude Jannoud)

« La collusion perverse entre le nihilisme et l’humanisme, phénomène fondateur de la modernité. La modernité a entraîné le nihilisme, mais ce nihilisme est tellement énorme, phénoménal qu’il n’ose pas se regarder en face : un humanisme de façade en est le cache-misère et le complément indispensable. Ce qui lie humanisme et nihilisme, c’est la dénégation. Tout peut se dire, mais rien n’est nommé… L’humanisme a fabriqué un homme et un monde imaginaires, une moralité qui prétend pallier l’effondrement des valeurs. Il a remplacé les vieilles idéologies par le flou. Il est une composante majeure, irremplaçable, du processus de déréalisation. » (Claude Jannoud)

« L’humanisme a fabriqué un homme et un monde imaginaires, une moralité qui prétend pallier l’effondrement des valeurs. Il a remplacé les vieilles idéologies par le flou. Il est une composante majeure, irremplaçable, du processus de déréalisation. » (Claude Jannoud)

« Le discours humaniste est d’autant plus intransigeant qu’il est abstrait et d’autant plus loquace qu’il s’appuie sur le remords diffus des contemporains d’un siècle où barbarie et civilisation technique ont accumulé les forfaits en tout genre. L’humanisme a valeur de rédemption, d’absolution, d’auto-protection. » (Claude Jannoud)

« Collusion entre l’humanisme et la terreur. Les systèmes totalitaires, les goulags, la fulgurance technique ont une communauté génétique. Tuer, torturer pour des motifs nobles est une vieille habitude chez les hommes. » (Claude Jannoud)

« Les progressistes ont tendance à haïr tout ce qui renvoie une image de force, d’habileté et de réussite … Le progressiste est anti-individualiste et procollectiviste … Il n’a pas confiance en ses propres capacités à résoudre ses problèmes et à satisfaire ses besoins. Il est opposé à la notion de compétition parce que, dans le fond, il se sent minable … Son sentiment d’infériorité est tellement ancré qu’il ne peut pas s’imaginer fort et doté d’une valeur propre. Cela explique son goût pour le collectivisme : il se sent fort uniquement en tant que membre d’une grande organisation ou d’un mouvement de masse … Ni la compassion ni les principes moraux ne suffisent à expliquer l’activisme des progressistes. L’agressivité et le goût du pouvoir sont des composantes bien trop importantes de leur comportement. Nombre de leurs actions ne sont d’ailleurs pas calculées rationnellement en vue d’aider les gens qu’elles sont censées soutenir … Les problèmes (raciaux)  leur servent de justification pour exprimer leur propre agressivité et leur désir frustré de pouvoir … S’il n’y avait plus de problèmes sociaux, les progressistes en inventeraient afin d’avoir un prétexte pour faire du foin … Le progressisme est en contradiction avec la nature sauvage et la liberté humaine … Collectiviste, il cherche à faire du monde entier un tout unifié … Quand les progressistes étaient en minorité dans les universités, ils s’étaient faits les ardents défenseurs de la liberté d’expression, aujourd’hui qu’ils ont imposé leur mode de pensée, à l’exclusion de tout autre, c’est le ‘politiquement correct’ … Ils ont la conviction que leur idéologie est moralement juste et que c’est un devoir de l’imposer à tous … Idéologie totalitaire de caractère quasi religieux (ce qui est contraire incarnant le péché) cherchant à envahir tout recoin de la vie privée et à modeler toute pensée … instinct de puissance … Ce sont en général les assoiffés de pouvoir qui parviennent à la tête des mouvements progressistes … Le progressiste aime à aligner les poncifs de gauche, ‘racisme’, ‘sexisme’, ‘homophobie’, ‘capitalisme’, impérialisme’, ‘néocolonialisme’, génocide’ (‘féminicide’ ?), ‘progrès social’, ‘justice sociale’, ‘citoyenneté’, etc. » (Théodore Kaczynski – La société industrielle et son avenir – considérations éparses sur cette espèce redoutable, le progressiste)

« Il est plus facile de professer en paroles un humanisme de bon aloi, que de rendre service à son voisin de palier. » (Henri Laborit)

« L’urgence humanitaire devient un simulacre qui évite de trancher … Volonté de ne pas agir sur l’origine ou les conséquences politiques d’une crise … Aide aux victimes, évitement politique … Agir pour ne pas choisir … Les professionnels de l’urgence sont amenés à susciter les demandes d’urgence. » (Zaki Laïdi)

« Le don humanitaire est celui qui exclut, par définition et de fait, la capacité du receveur de rendre et de répondre au don … Quoi rendre à celui qui ne veut rien en retour ? … Plus encore que par le marché, c’est par les dons non rendus que les sociétés finissent par s’identifier à l’Occident et perdent leur âme. » (Serge Latouche) – Ce qui ne veut pas dire qu’il faut rester les bras croisés en regardant.

« Je n’aime pas la façon dont qu’ont eu un certain nombre d’ex-gauchistes d’utiliser la position (souvent d’ailleurs imaginaire) qu’ils occupaient dans le quart de monde militant pour s’en assurer une nouvelle dans le monde tout court. Il est des circonstances où savoir perdre sa mise est une question d’éthique, d’élégance. » (Antoine Liniers – cité par Jean-Pierre Le Goff) – Enfin un ex-gauchiste honnête et droit.

« Les intérêts de l’espèce s’opposent malheureusement aux exigences humanitaires … Les sentiments d’humanité que nous devons avoir pour chacun en particulier s’opposent aux intérêts de l’espèce humaine en général. La pitié que nous éprouvons envers les asociaux (qui n’y sont pour rien, précise et développe l’auteur) nous empêche de protéger les êtres normaux. D’ailleurs, on ne peut même plus employer les qualificatifs de ‘supérieur’ ou ‘d’inférieur’ en parlant des hommes, sans être soupçonnés de plaider pour la chambre à gaz. » (Konrad Lorenz) – Du temps où les inquisiteurs aussi hypocrites que bien-pensants n’interdisaient  encore pas de parler un peu. Et où la pitié s’exerçait autrement qu’en mots creux.

«  L’humanitarisme imposé par la sensiblerie de l’intelligentsia bien-pensante, le ‘principe de coupure’ qui a abouti à l’asepsie de la vie politique que l’on connaît aujourd’hui : tout doit être encadré, égalisé, canalisé … Distinction  à l’origine du moralisme et/ou d’une politique à la recherche de la perfection … Chacun n’est pas d’abord lié a l’autre, réalité concrète, mais à la société, réalité abstraite. » (Michel Maffesoli)

« Nous ne voulons pas voir que des populations ne veulent pas vivre ensemble. Au nom de l’humanitarisme, nous sommes inhumains. » (Pierre Manent – simplifié) – L’humanitarisme est trop souvent l’alibi de l’impérialiste mondialiste.

 « Au nom de l’urgence humanitaire, n’importe qui est autorisé à faire n’importe quoi … Abandonnée à sa seule logique, l’exigence humanitaire signifie la guerre de tous contre tous. » (Pierre Manent) – Ce qui est bien pratique pour certains intérêts.

« Le débat n’est point entre humanisme et christianisme. Il est entre deux conceptions de l’humanisme : une conception théocentrique ou chrétienne et une conception anthropocentrique dont l’esprit de la Renaissance est premièrement responsable … Le malheur de l’humanisme classique est d’avoir été anthropocentrique. » (Jacques Maritain) – Ce qui le condamnait, et le condamne, à de piètres, et souvent hypocrites, larmoiements du genre droits de l’homme et autres fariboles. 

« Une civilisation qui connaîtrait le prix de la vie humaine, mais qui établirait comme ses valeurs suprêmes la vie périssable de l’homme, le plaisir et qui par suite redouterait la mort comme le plus grand des maux, qui éviterait saintement tout risque de sacrifice et tremblerait de penser à la mort, une telle civilisation ne serait pas civilisation, mais dégénération. Son humanisme serait une délicatesse de lâches. » (Jacques Maritain) – L’Occident.

« L’humanisme heideggerien (la Lettre sur l’humanisme), s’il pouvait un jour réaliser son programme, devrait s’épanouir dans une société d’hommes cessant de mettre l’humain au centre des choses, après avoir compris qu’il n’est pas propriétaire du monde ni seigneur des lieux mais seulement ‘voisin de l’Être’. Il y aurait là une humilité ontologique contraire à tous les délires de grandeur des humanismes métaphysiques qui bestialisent l’idéal humaniste en le soumettant à la volonté de puissance. » (Yves Michaud) – L’euro-taoisme prêté à Heidegger (ou à Peter Sloterdijk).

« L’idéalisme humanitaire cosmopolitique … Martin Wight regroupait sous la bannière de Kant ‘les subversifs, les libérateurs et les missionnaires’ en prenant comme illustration la Réforme protestante, les révolutionnaires français et les communistes internationalistes. C’est dire jusqu’où peut mener l’idéalisme radical … L’idéalisme politique contemporain (figures mondaines, ONG, militants et théoriciens des droits de l’homme …) relève en son fond de l’idéalisme kantien en le teintant non pas de rationalité mais de bienveillance … Une crise est vue comme un combat entre bons et méchants, avec un souci exclusif des victimes (les bons Tutsis contre les méchants Hutus) … Description sur le mode ‘western’ (avec ‘Hitler’ au bout de deux phrases) … La politique idéaliste semble réussir dans l’immédiat de l’action urgente, mais les effets à plus long terme sont en général catastrophiques (conflits figés, présence de l’ONU à durée indéfinie, camps de réfugiés devenant des villes, économies parallèles artificielles, chaos politiques durables) … Faire ‘l’autruche humanitaire’ … Bhlisme (l’idéalisme de la bling bling politique), kouchnérisme (l’idéalisme du baba humanitaire) et l’hulotisme (l’idéalisme de l’ULM-écologie), variétés de l’affairisme compassionnel et communicationnel … dignes de la rubrique mondaine. » (Yves Michaud)

« Les mouvements ‘progressistes’ qui ne défendent plus que les seuls intérêts culturels des nouvelles classes moyennes des grandes métropoles du globe, autrement dit, ceux d’un peu moins de 15% de l’humanité. » (Jean-Claude Michéa)

« A l’image de Rousseau, j’avoue ne pas beaucoup croire à l’authenticité morale de ces nobles engagements militants qui se révèlent à l’expérience parfaitement compatibles avec le mépris le plus tranquille de ceux qui nous entourent. C’est d’abord dans notre vie quotidienne et dans la manière dont nous traitons nos proches, que nos dispositions proclamées à  l’humanité peuvent réellement se vérifier. » (Jean-Claude Michéa)

« Il est très malsain d’avaler les sentiments avec une grande cuiller. » (Robert Musil – évoquant les pleureurs-culpabilisateurs professionnels)

« Les libéraux aiment passionnément les peuples opprimés, sauf celui qu’ils oppriment. Secourir les Grecs, pleurer sur le Bulgare, on n’a pas inventé de meilleur moyen pour oublier l’ouvrier lyonnais et concilier une âme tendre avec le souci de ses intérêts. » (Roger Nimier) – Aujourd’hui, la remarque conviendrait mieux aux écolos et autres humanistes…

« Elle éprouvait la sympathie la plus vive à la vue d’une personne infirme. On peut même dire qu’elle souhaitait voir des infirmes tant cela libérait en elle de compassion. » (Joyce Carol Oates)

« Il avait fait une croix sur sa personnalité, sa volonté et sa fierté. Et si longtemps il  avait été celui qui croyait nuire … Persuadé de déranger, alors qu’il ne savait que servir, et imiter. Il n’avait été qu’un suiveur, exalté, conditionné de tout temps au très-bien-vivre-ensemble, amputé de ses défenses et de sa pensée. » (Laurent Obertone )

« Tous les partis de gauche dans les pays industrialisés reposent fondamentalement sur une hypocrisie, car ils affichent de combattre quelque chose dont, en profondeur, ils ne souhaitent pas la destruction. Ils ont des objectifs internationalistes, et en même temps ils sont bien décidés à maintenir un niveau de vie qui est incompatible avec ces objectifs … L’attitude humanitaire est nécessairement le fait d’un hypocrite … ‘Vous vous moquez des uniformes qui veillent sur votre sommeil’.» (George Orwell) – citant Rudyard Kipling, se moquant du pacifisme des bourgeois de gauche, pré-Bobos) – Rien de changé depuis le colonialisme anglais.

« L’humanisme est le culte de l’homme en général, de l’espèce homme. Il hait l’individu … Il ne se livre en toute sincérité à personne, il n’est qu’une sympathie toute théorique, un intérêt qui s’attache à l’homme en tant qu’homme et non en tant que personne. » (Georges Palante)

« La solidarité est un sentiment anti-individualiste. L’homme qui agit sous l’empire de la solidarité compte pour peu de chose l’individu en tant que tel. Les sentiments solidaristes sont des sentiments anonymes, impersonnels, abstraits, c’est-à-dire que ce ne sont pas des sentiments … Triomphe du poncif, du banal, de l’officiel et du faux. » (Georges Palante)

« Fils de paysan contre fils de bourgeois. » (Pier Paolo Pasolini – désignant du doigt un flic italien face à un étudiant romain manifestant) – On comprend qu’après de telles constatations, les crapules gauchistes bourgeoises l’aient détesté, et qu’on l’ait trouva assassiné.   

« C’est alors que l’on ‘découvrit’ ou que l’on inventa le personnage de Mère Térésa … Bien que son action concrète à Calcutta eût commencé en 1948, personne n’en avait entendu parler … La figure mythologique de Mère Térésa, ancrée et légitimée par la tradition religieuse dans laquelle elle s’inscrit, a permis de rendre acceptables socialement des pratiques qui passaient pour être d’un autre âge, en rendant leur critique impossible … Mère Térésa a été choisie par l’histoire pour symboliser la nouvelle bonté, naguère déconsidérée, et transformée en figure mythologique de telle sorte que la mise en cause des actions humanitaires est devenue impossible … La bonne volonté est devenue principe d’action. » (Perrot, Rist et Sabelli) – Il s’agissait de casser la philosophie pratique des changements structurels devenus impossibles pour le libéralisme triomphant de retour, de se contenter de soigner les  symptômes de la misère plutôt que de s’attaquer à ses causes. Figure choisie par l’histoire pour conforter quelque orientation ou justifier indirectement un changement de cap (les exemples de métamorphisation d’individus concrets pour leur accorder une valeur symbolique telle qu’elle entraîne l’apparition d’une croyance commune nécessaire à une époque sont nombreux, un seul : Pasteur et le Progrès) ; Calcutta, lieu emblématique de la misère. Il va sans dire que n’est évoqué que le personnage construit, et non la personne concrète de Mère Térésa, qui n’est pas en cause même si cette pluie mondiale et soudaine d’honneurs (des dizaines de prix et distinctions, dont le prix Nobel de la paix) auraient peut-être pu lui faire soupçonner qu’on lui faisait jouer le premier rôle dans une énorme manipulation que cette grande dame n’aurait certainement pas approuvée si elle avait pu la deviner.

« Toute théorie apparemment généreuse de fraternité universelle (nous sommes tous frères et sœurs) conduit à une logique d’exclusion mortifère : puisqu’il semble impossible de nier que ‘certains’ ne sont pas mes frères (ceux qui ne me ressemblent pas, par exemple) … c’est au nom de ce sophisme menteur et assassin que l’universalisme humaniste en arrive à se transformer en machine de mort qui cherchera à éliminer par tous les moyens ceux que l’on va traiter de ‘sous-hommes’ pires que des animaux. » (Jean-Michel Rabaté –Tout dire ou ne rien dire)

« La perfection de l’humanité ne sera pas l’extinction des nationalités, mais leur harmonie … Détruire une nationalité, c’est détruire un son de l’humanité. » (Ernest Renan)

« Les humanistes de salon sont en train de semer les germes d’une possible guerre civile en France et ailleurs. » (Ivan Rioufol) – Mais leur bonne conscience vaut bien cet incident.

« Les doctrines sont d’autant plus redoutables qu’elles sont plus humanitaires. » (Georges Roupnel)

« Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher loin dans leurs livres des devoirs qu’ils dédaignent de remplir autour d’eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins. » (J. J. Rousseau) – Remords d’avoir mis ses cinq enfants à l’asile pour pouvoir écrire, et se faire entretenir, en paix ?

« Le dernier trait de l’universalisme des progressistes, ce qui en fait, en un sens, le couronnement logique de leurs systèmes, est de n’être au fond que la conséquence ultime, mais normale et inéluctable d’un mouvement historique qui fait passer l’homme de la barbarie misérable des origines à la plénitude de l’âge d’or. » (Frédéric Rouvillois) – A défaut d’âge d’or, on trouve les âges sanguinaires.

« L’idée moderne de l’amour des hommes en général … Tandis que dans la conception chrétienne, l’amour de l’humanité est fondé sur l’amour du monde, l’humanitarisme moderne s’accompagne d’une haine du monde, le monde, la nature y sont purs objets de domination humaine en vue des fins humaines … aussi va-t-il à l’encontre de tout ce qui est respect des hommes du passé, de leurs traditions ou de leurs volontés, il remplace le prochain et l’individu par l’humanité comme collectivité … Il part d’une souffrance provoquée par la vue d’une douleur, d’une joie provoquée par des sensations agréables, non d’une sympathie à l’égard de ceux qui sont dans la joie ou dans la douleur … Doué d’un ‘cœur de révolutionnaire’, il se révolte contre tout ce qui lui semble s’opposer au progrès d’un bonheur sensible … N’ayant de valeur positive que dans la mesure où les actes ont une efficacité, il n’attribue à l’amour que le rôle d’un facteur qui contribue à l’accroissement du bonheur général … La norme quantitative refoule la norme qualitative, et l’amour de l’humanité gagne de plus en plus jusqu’au moment où la Révolution française fait rouler les têtes sur l’échafaud … Il n’est plus surabondance d’une vie qui se donne par amour, mais une façon de s’hypnotiser sur les manifestations extérieures de la souffrance ou de la misère et de transporter en soi les sentiments de dépression qu’elles inspirent, fausse pitié moderne … comme le dit Goethe : ‘Je crois, moi aussi, que l’humanité finira par triompher. Mais je crains bien qu’en même temps, le monde ne devienne un vaste hôpital où chacun serait l’infirmier de son voisin.’ … Dépendant du ressentiment, historiquement et psychologiquement il n’a pas été d’abord orientation vers les valeurs positives, mais protestation, réaction (haine, envie, rancune…) à l’égard de minorités gouvernantes en possession reconnue de certaines valeurs positives. L’humanité est d’abord, non pas objet d’amour, mais simple contre partie de l’objet de haine. Cet amour de l’humanité exprime surtout une négation refoulée, une réaction contre Dieu (voir Ivan Karamazov). » (Max Scheler) – L’amour de l’humanité de certains enfants contrepartie de la haine pour leur famille – Suite de considérations éparses sur l’humanitarisme moderne.

« Le concept d’humanité est un instrument idéologique particulièrement utile aux expansions impérialistes, et sous sa forme éthique et humanitaire, il est un véhicule spécifique de l’impérialisme économique … ‘Qui dit humanité veut tromper’ (Joseph Proudhon) … Le fait de s’attribuer ce nom aussi sublime manifeste une prétention effrayante à faire refuser à l’ennemi sa qualité d’être humain et à le faire déclarer ‘hors la loi’ et ‘hors humanité’. » (Carl Schmitt)

« La sensiblerie n’est pas l’humanité. » (Jaime Semprun)

« Les foules rassemblées par les promoteurs de telle ou telle bonne cause platonique s’occupent surtout à s’admirer elles-mêmes d’être là réunies dans l’euphorie d’une généreuse unanimité dont elles sont bien tranquilles qu’elle est sans conséquence, qu’elle ne les engage à rien. » (Jaime Semprun)

« Les nations européennes, abruties par l’humanitarisme … » (Georges Sorel)

« Il avait peur du socialisme et il n’est pas douteux qu’il entendait par socialisme la niaiserie humanitaire qu’il voyait paraître dans le monde des bourgeois stupides ; c’est ainsi qu’il a supposé que le catholicisme serait peut-être le complice du socialisme. » (Georges Sorel – sur Renan) – Trop bien vu.

« Cessons de rêver l’homme, cessons de faire de l’humanisme une religion, ce ne serait qu’un narcissisme généralisé ou hypostasié. » (André Comte-Sponville)

« L’humanisme est le contraire d’une religion ; sa religion le contraire d’un dogmatisme. L’homme n’est pas Dieu ; il ne saurait sans ridicule, s’approprier l’absolu. » (André Comte-Sponville – à propos de Montaigne) – A méditer par tous nos humanitaires arrogants, puants de moraline, nos GO du bien, nos sauveteurs imbus des prérogatives qu’ils s’accordent

« Le siècle qui vient de s’achever a suffisamment montré que le modèle classique d’un humanisme capable de tenir tête à la barbarie, à l’inhumain, grâce à une certaine culture, à une certaine éducation …  était illusoire … Un humanisme sans fondement théologique est par trop fragile pour satisfaire aux besoins humains, pour satisfaire la raison elle-même … Qu’il y ait dans l’athéisme conséquent et rigoureux, ce qui est très rare, la possibilité d’une grand morale stoïque, cela ne fait pas de doute … Pourtant, comme l’a montré Emmanuel Levinas, cela reste très difficile : pourquoi faire l’effort énorme d’une justice envers l’autre ? Quelle sera la récompense de l’altruisme social ou politique ? S’il n’y a pas la possibilité d’un jugement plus qu’humain, au-delà de l’humain, alors à quoi bon ! » (George Steiner)

« En ce siècle où l’homme s’acharne à détruire d’innombrables formes vivantes, après tant de sociétés dont la richesse et la diversité constituaient de temps immémorial le plus clair de son patrimoine, jamais il n’a été plus nécessaire de dire … qu’un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre ; et que même un séjour d’un ou deux millions d’années sur cette terre, puisque de toutes façons il connaîtra un terme, ne saurait servir d’excuse à une espèce quelconque, fût-ce la nôtre, pour se l’approprier comme une chose et se conduire sans pudeur ni discrétion. » (Claude Lévi-Strauss)

« Ces êtres ont froid. Ils cherchent à se blottir. Et comme leur méprise est poignante ! Ils meurent de froid et ils se pressent contre des idoles plus froides qu’eux. » (Gustave Thibon)

« Les disciples de Mao, de Trotski, de Castro auront bien mérité de l’ordre marchand et technicien : ils ont régné sur les esprits, cet ordre règne sur le monde. Ou plutôt : ce désordre. » (Denis Tillinac) – Ils furent bien aidés par la légendaire lâcheté et l’incommensurable stupidité de la bourgeoisie et de ses représentants politiques.

« Ayant rejeté le principe humaniste (la place exceptionnel de l’homme dans la nature et l’unité du genre humain), Lévi-Strauss critique aussi, en bonne logique, ses conséquences politiques les plus voyantes, les conceptions modernes de la liberté et de l’égalité … ‘En isolant l’homme du reste de la création, en définissant trop étroitement les limites qui l’en séparent, l’humanisme occidental hérité de l’Antiquité et de la Renaissance, l’a privé d’un glacis protecteur … Cet espèce d’humanisme dévergondé issu, d’une part, de la tradition judéo-chrétienne, et, d’autre part, de la Renaissance et du cartésianisme, qui fait de l’homme un maître, un seigneur absolu de la création’ … humanisme occidental étriqué, amalgame malheureux du christianisme (l’unité du genre humain) et du cartésianisme (l’homme au sommet de la nature). » (Tzvetan Todorov – analysant et citant Lévi-Strauss)

« L’humanisme est lui-même entré en crise, parce qu’il ne peut plus, entre autres, se résoudre en un appel à un fondement transcendant. On peut bien accepter la thèse selon laquelle l’humanisme est en crise parce que Dieu est mort. » (Gianni Vattimo) – Il ne lui reste qu’à faire le grotesque homme-dieu. C’est fait.

« Si la lutte contre la souffrance se met à servir la logique du marché, tôt ou tard cette logique du marché va reproduire le système de la souffrance qui sert sa logique, pour son plus grand profit … Qu’un homme politique poursuivi par la justice décide de s’abriter derrière une action humanitaire afin de faire diversion est révélateur quant à l’’utilisation cynique de la souffrance pour se bâtir une image. Qu’un autre homme politique prétende inventer la charité parce qu’il se fait filmer en train de pratiquer celle-ci en dit long sur la façon … dont on manipule la générosité … Entremêlons la dénonciation du mal ainsi que la charité à nos stratégies de vente, ainsi nous serons inattaquables … je ferai de la publicité à ta souffrance si ta souffrance fait de la publicité à ma publicité. » (Bertrand Vergely) – Je n’ai pas identifié le premier homme politique (il y en a tellement dans ce cas), dans le deuxième, tout le monde  a reconnu ce pantin arriviste richissime   de Bernard Kouchner – « Quand tu fais l’aumône ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle … pour obtenir la gloire qui vient des hommes … afin que ton aumône reste dans le secret. » (Evangiles)

« La notion d’histoire comme continuité dirigée est chrétienne. L’humanisme et ce qui s’est ensuivi n’est pas un retour à l’Antiquité, mais un développement de poisons intérieurs au christianisme. » (Simone Weil)

« En devenant ‘altermondialistes’ … les ‘antimondialistes’ se soumettaient à  l’universalisme abstrait de leurs adversaires … Ils dénigraient le capitalisme, mais continuaient de se référer à l’universalisme des droits de l’homme qui en constituait la matrice. Ils se faisaient les hérauts d’une ‘autre mondialisation’, d’une ‘mondialisation plus humaine’, une ‘mondialisation citoyenne’ … Ils dénigraient le libéralisme économique, mais faisaient l’apologie du libéralisme sociétal, sans comprendre … que les deux étaient liés. » (Eric Zemmour) – De parfaits imbéciles, comme tout gauchiste, les idiots les plus utiles.

« Joindre aux avantages du monde les bénéfices de la persécution. » (?) – Au moins d’une prétendue persécution pour les premiers nommés dans le titre de cette rubrique.

« Les apparatchiks de l’humanitaire. » (?)

« L’humanisme sans Dieu nous a promis quantité de ‘lendemains qui chantent’ ; on a plutôt entendu des airs militaires préludant à des canonnades. » (?)

« La référence à l’humanitaire : entreprises, célébrités, artistes, journalistes, politiques, la référence à l’humanitaire est devenue obligatoire. » (?)

« L’humanisme Ford-Staline. » (?)

Ci-dessous, extraits, remaniés, de l’ouvrage de Stanko Cerovic, Dans les griffes des humanistes, sur l’agression honteuse et barbare de l’OTAN contre la Serbie dans les années 1990.  L’auteur donne de nombreux exemples et preuves, que je n’ai pas repris, car j’y serais encore.

« L’alliance militaire regroupant tous les pays développés du monde mettait en branle sa machine de guerre, propre et sadique … opposant les dix-neuf pays les plus riches du monde à des villages balkaniques … Les commentateurs expliquent le caractère démoniaque de la société et des hommes contre lesquels l’OTAN doit intervenir … Il lui faut se créer un ennemi digne d’elle  … du jour au lendemain, la Yougoslavie devient la source d’un mal affreux … Il fallait donner une légitimité à la guerre de l’OTAN, en salissant l’adversaire (spécialité anglo-saxonne) grâce à l’aide des organisations humanitaires arguant de massacres construits de toutes pièces, ressortant des photos de cadavres inidentifiables (quelle carrière posthume !), le mensonge humanitaire, ‘suivons les lois du cœur sans nous soucier du droit’ … la ‘transe humanitaire’ de l’Occident et la première guerre ‘morale’ de l’histoire … L’emphase des ’humanitaires’ et des médias, menteurs lâches au service de la propagande : ‘On n’a jamais vu ça’, ‘Cela dépasse l’imagination’, ‘horrible’, insupportable’, ‘bouleversant’ et ‘bidonnages’ médiatiques comme d’habitude … La vérité appartient forcément aux institutions démocratiques et aux journaux réputés … La nécessité de susciter le sentiment du danger en Europe afin de sauver l’OTAN ( qui ne se justifiait plus depuis la fin de la guerre froide et qui est devenu le principal moyen de gouverner le monde) et la prééminence américaine constitue le fil conducteur … fournir aux deux une nouvelle raison d’être … avec la soumission des gouvernements européens … La phase 2, plan délibéré de l’OTAN, consista à passer aux objectifs civils, l’OTAN n’a pas gagné une guerre contre une armée, mais contre des civils, privés d’électricité, privés d’eau,  en les bombardant (ces missions sur les civils étant confiées aux seuls pilotes américains, pourquoi ?) … La situation au Kosovo a empiré (crimes, épuration ethnique) depuis que l’OTAN l’a ‘libéré’ … La morale était entrée dans l’histoire et l’Occident, Amérique en tête, s’était transformé en un oasis de sentimentalité et de générosité … On évoqua Munich ! l’antifascisme obligatoire, Clinton se compara à Churchill et, bien sûr, Milosevic devint un nouvel Hitler, Civilisation contre barbarie (le cliché préféré) … Vingt mille tonnes de bombes et rien dans les médias sur les destructions opérées (sur les morts et les mutilés encore moins) … L’OTAN quasi organisation humanitaire … Aucun bilan des frappes, pas de bombardements, pas de victimes … L’inculpation par le TPI, cette farce de tribunal prétendument indépendant, des dirigeants serbes, visait deux buts, empêcher une solution de compromis et renforcer le soutien de l’opinion publique qui commençait à faiblir … On faisait la guerre au crime, au nom du ‘progrès et du droit’, ainsi que des principes moraux (rigolade générale, mais forcément discrète) … Cette inculpation préparait le terrain pour la guerre totale qu’on allait mener contre les civils et légitimait l’intervention de l’OTAN. »

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