285,2 – Estime de soi

– Son niveau à un moment est une des causes des événements qui nous arrivent et il est entraîné ensuite par le retentissement de ceux-ci sur nous-mêmes. Le degré d’estime de soi  conditionne largement nos moindres réussites ou échecs quotidiens, le résultat des initiatives que nous pouvons prendre.

– L’être conditionne l’action tout comme l’action modèle l’être. L’un nourrit l’autre et réciproquement. On est dans un système constamment interactif. On ne saura jamais qui de la poule a fait l’œuf ou de l’œuf a fait la poule, et c’est d’ailleurs sans importance, l’une fait l’autre et l’autre fait l’une.

– Le Français est le champion de la haine de soi. Commis sans discernement ni recul sur une longue période, l’excès d’altruisme (ou le plus souvent d’altruisme simulé pour la galerie : bien-pensants, humanitaires en peu de lapin, belles âmes en tout genre) entraîne presque infailliblement à la perte d’estime de soi, et cette perte se transforme très vite en haine de soi, et des autres bien sûr. Une société de la bien-pensance est une société de la haine généralisée, comme on le voit en France aujourd’hui. 

– Elle ne s’obtient qu’à travers l’approbation d’autrui.

– Faisons très attention aux expert(e)s en savants grignotages de l’estime de soi.

– Elle ne s’obtient qu’à travers l’approbation d’autrui. Elle postule que l’on s’aime soi-même (Aime ton prochain comme toi-même).

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« Je ne suis pas content parce que j’ai réussi, c’est parce que j’étais content que j’ai réussi. » (Alain)

« Nous ne sommes jamais plus mécontents des autres que lorsque nous sommes mécontents de nous. » (Henri-Frédéric Amiel)

« Comment quitter ce moi-prison, dans lequel nous étouffons, pour aller vers un moi-violon, dont nous apprendrions tranquillement à jouer … Une bonne estime de soi permet de ne pas être le jouet des influences sociales et de leurs injonctions factices : performance, abondance, apparence … des postures de bonheur, d’amour, d’amitié vendues par les publicités et tellement éloignées de la réalité (le rôle toxique des pubs de magazine sur l’estime de soi des femmes) … Pilonnage permanent, comme une pollution dont on ne s’aperçoit pas. » (Christophe André)

 « Les six Dimensions de l’estime de soi : – Hauteur (évaluable au discours sur soi, à l’attitude face à l’action…) – Stabilité (évaluable à la réactivité, au, rôle d’amortisseur, à la constance…) – Harmonie (évaluable à la multiplicité des intérêts, à l’absence  d’écarts entre  personne privée et personnage public…) – Autonomie (évaluable par le rapport existant aux pressions sociales…) – Coût (évaluable par le bas niveau de stress, par l’impact émotionnel modéré aux événements, par la réponse aux critiques, le peu de crispation…) – Place et importance des questions liées à l’estime de soi dans la vie de la personne (évaluable par l’importance accordée à l’image, à l’opinion d’autrui, à l’amour-propre, à l’action gratuite en termes d’image de soi…). » (Christophe André)

 « Nourritures pour l’estime de soi : – La reconnaissance sociale, manifeste (obtenir des signes d’affection ou d’estime) ou indirecte (autoreconnaissance en référence aux idéaux dont on pense se rapprocher) – Le sentiment d’efficacité personnelle. » (Christophe André)

 « Se sous-positionner ou l’art de la dérobade des personnes à basse estime de soi … A force de penser à ce que les autres pensent de nous, on en oublie de se penser soi-même … Si vous ne vous occupez pas de vous-même, qui le fera à votre place ? … L’estime de soi commence par l’acceptation de soi … Ayant construit et intégré une bonne image globale d’eux-mêmes, les sujets à bonne estime de soi sont capables de tolérer et d’accepter leurs imperfections … de s’affirmer (oser demander, refuser, avoir un avis différent, négocier, exprimer son mécontentement, dire ‘non) … Estimons-nous, sans nous admirer. » (Christophe André)

« ‘Nul ne peut être heureux s’il ne jouit de sa propre estime’ … S’accepter, vivre en amitié avec soi-même, des relations positives aux autres (soutien social), autonomie (le bonheur s’accommode mal de la dépendance), un sentiment de contrôle sur son environnement, des buts dans l’existence, se soucier de son développement personnel (s’enrichir psychologiquement et émotionnellement). » (Christophe André – citant J. J. Rousseau)

 « Beaucoup d’estime de soi sont à développement tardif, après trente ou quarante ans, notamment chez les personnes qui ont dû se construire elles-mêmes. » (Christophe André)  – Autodidactes…  

« Le silence représente souvent une épreuve lors des problèmes d’estime de soi: il active alors des pensées d’insuffisance personnelle …’ C’est pour éviter que remontent à la surface tous mes complexes engloutis et refoulés que je me débrouille pour parler tout le temps’ » (Christophe André – citant une patiente)

« L’action  nourrit, façonne, construit l’estime de soi. » (Christophe André)

« Avoir confiance en soi, être sûr de soi, être content de soi … termes et expressions du langage courant pour désigner l’estime de soi) » (Christophe André, François Lelord)

« Trois piliers : l’amour de soi (l’élément le plus important). la vision de soi (le regard qu’on porte sur soi, l’évaluation), la confiance en soi (sur ses capacités) » (Christophe André, François Lelord)  

« L’importance du physique dans l’estime de soi … De toutes les compétences qui alimentent l’estime de soi, l’aspect physique est la plus immédiate, celle qui dépend le moins du contexte … l’importance de la taille entre autres. » (Christophe André, François Lelord)

« Savoir renoncer, savoir gérer ses aspirations …Tenir  le juste milieu entre l’ambition excessive qui nous empêcherait de nous satisfaire de ce que nous obtiendrions (toujours plus) et l’attitude pantouflarde qui nous pousserait à interrompre trop tôt nos efforts dès l’atteinte d’un objectif (ça me suffit). » (Christophe André, François Lelord)

« Tout ce qui augmente l’acceptation sociale augmente (un peu) l’estime de soi ; tout ce qui la diminue réduit (beaucoup) l’estime de soi. » (Christophe André, François Lelord)

« Basse estime de soi et décisions : laborieuses et différées, inquiétude sur les  conséquences, prise en compte de l’entourage, renoncement rapide… » (Christophe André, François Lelord) 

« ‘Connais-toi toi-même’ disent les sages. Le conseil est perfide, car, à se connaître mieux, chacun ne s’estimerait plus guère. » (Lucien Arréat)

« Le personnage qu’elle affectait d’être détruisait l’autre peu à peu. » (Georges Bernanos)

« L’important est de ne faire qu’un avec sa propre course. » (Robert Brasillach) – Cohérence.

« Il vaut mieux être moins et être ce qu’on est. Être et paraître sont deux. » (Chamfort)

« Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t’es promis à toi seul ; là est ton contrat. » (René Char)

« Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi. » (Jean Cocteau)

« Je suis convaincu qu’aucun homme ne se rend clairement compte de l’habileté avec laquelle il ruse pour échapper à la triste vision de la connaissance de lui-même. » (Joseph Conrad)

« L’on ne peut pas garder toujours les yeux fermés … La lumière avait détruit l’assurance acquise dans l’ombre lointaine … Il n’est pas bon de s’apercevoir que l’on n’est pas capable de faire de son rêve une réalité, parce que l’on n’est pas assez fort ou pas assez intelligent. » (Joseph Conrad)

« L’ignorance de notre ignorance induit une sorte d’angle mort épistémique dont la principale conséquence est de favoriser l’excès de confiance en soi. » (Dunning – cité par Sebastian Dieguez) – Même si la confiance en soi est très différente de l’estime de soi, objet de cette rubrique.

« La nation française, si vaniteuse au XVIII° siècle, était la plus aimable d’Europe … Être contente d’elle lui donnait toutes les vertus qui font qu’un peuple devient un modèle pour les autres peuples : bonne grâce, générosité, politesse, bravoure, désir d’être réellement supérieur en tout et envié. » (Jean Dutourd) – Des bénéfices induits par le fait d’être content de soi, du moins si c’est à juste titre.

« S’estimer correctement soi-même implique de ressentir la honte ou le dégoût de soi si l’on ne vit pas à la hauteur d’une certaine exigence de qualité morale. » (Francis Fukuyama)

« Un monde maniaco-dépressif. Une démocratie lacrymale où tout le monde pleurniche. Même les intellectuels de plateaux n’analysent plus grand-chose, inaudibles entre deux sanglots, entre deux délations tristes ou invectives au ras des chrysanthèmes … La conséquence morbide de cette démocratie lacrymale est que toutes les causes finissent par se valoir … nivelées par les larmes … Juste des gens qui pleurent, juste des pleurs, la flotte salée dégueulasse… Maman ! Regarde Maman ! Regarde comme j’ai bien geint ! » (Nicolas Gardères)

« C’est une grande faute de se croire plus qu’on est, et de s’estimer moins qu’on ne vaut. » (Goethe)

« Commence par faire ce que tu as à faire, et tu sauras vite ce que tu es. » (Goethe)

« Estime-toi, si tu veux que l’on t’estime. Sois plutôt avare que prodigue de toi. » (Baltasar Gracian)

« Si je me dédouble j’accepte mes infidélités successives. » (Jean Guitton)

« Si je ne suis pas pour moi qui le sera ? Mais si je ne suis que pour moi, qui suis-je ? » (rabbin Hillel)

« Distinction de trois formes de reconnaissance mutuelle (nécessaires à l’estime de soi) … – Les relations d’amour et d’amitié, attachements d’ordre affectif – La reconnaissance juridique, personne responsable, sans degrés de distinction avec autrui dans les droits civils, politiques et sociaux – L’adhésion à un groupe solidaire, estime sociale qui permet à l’individu de se rapporter positivement à ses qualités et à ses capacités concrètes, ce, dans le cadre d’un horizon de valeurs commun aux individus concernés. » (Axel Honneth – reprenant les travaux de Hegel et de George Herbert Mead sur la reconnaissance)

« La lutte pour la reconnaissance (distincte de la connaissance pure, simple procédé cognitif), opposée à sa négation, le mépris, lequel se manifeste notamment par l’invisibilité sociale … Cette relation de reconnaissance requiert des actes et des gestes expressifs (gestes corporels, sourires…), c’est par eux que les sujets manifestent la valeur positive de leurs partenaires d’interaction … Par reconnaissance, entendre un acte expressif par lequel la connaissance est octroyée avec le sens positif d’une affirmation, la dispense d’une valeur sociale … Être reconnu permet ‘d’apparaître en public sans avoir honte’ (Adam Smith) … Bénéficier d’une identité vivable et à peu près stable (elle peut exister même pour un esclave, ’l’oncle Tom’) …  Mais les formes de reconnaissance peuvent devenir des moyens de domination sociale en contraignant à produire une image de soi conforme aux exigences de la société (le ‘battant’, l’héroïque soldat, l’employé dévoué … médailles et distinctions)   … On peut parler d’idéologies de la reconnaissance … effectives à condition que ces ‘systèmes de conviction’ soient crédibles aux yeux des personnes concernées, valorisants (une femme d’aujourd’hui sera peu sensible à des éloges sur ses qualités de ménagère) et différenciés … Susciter des modes de comportement dont l’adoption s’accompagne d’un accroissement de l’approbation publique et du sentiment de sa propre valeur … Accroissement du pouvoir régulateur … ainsi, des aspirations individuelles (à la reconnaissance) ont été captées par des schémas institutionnalisés, de sorte que le sujet les rencontre désormais comme des exigences venues de l’extérieur … constitution d’un profil original, présentation d’un prétendu ‘soi authentique’ (et autres foutaises). » (Axel Honneth – suite de considérations éparses sur la reconnaissance sociale et le rapport avec l’estime de soi, ainsi que sur les dérives de domination.) 

« C’est l’absence de buts demandant un effort pour être atteints  qui engendre l’ennui et que souvent ce dernier, s’il dure, conduit à la dépression …Pour éviter de sérieux problèmes psychologiques, un homme doit donc se donner des buts qui supposent des efforts pour être atteints, et il doit connaître un minimum de succès dans la poursuite de ces buts. Quand les gens peuvent satisfaire sans efforts leurs besoins physiques, ils s’inventent souvent des objectifs artificiels, auxquels ils consacrent la même énergie, avec le même investissement émotionnel que s’il s’agissait d’assurer leur survie … ‘Activités de substitution’ celles-ci désignant une activité dirigée vers un but artificiel que les gens se donnent à seule fin d’avoir un but quelconque à poursuivre ainsi que pour éprouver un sentiment de ‘réalisation’ … C’est par ‘l’auto-accomplissement’ : avoir un but et l’atteindre par un effort autonome que s’acquièrent estime de soi, confiance et sentiment de puissance. Sport, bridge, échec, philatélie, recherche érudite, etc. » (Théodore Kaczynski)

« Rien n’est manifestement plus profitable à l’homme que de se considérer comme élu. Celui qui croit en soi, quel qu’il soit, est supérieur à l’homme sans assurance. Le manque de noblesse du chrétien typique, qui croit à la lettre, provient de son inquiétude plébéienne. » (Hermann von Keyserling) – Au contraire des calvinistes primitifs et des musulmans.

« Si l’on ne se compare à personne on devient ce qu’on est. » (Krishnamurti)

« Quand vous m’aurez dit une parole qui parle vraiment de vous, vous serez guérie. » (Jacques Lacan – à une patiente)

« Je ne m’estime pas. Je ne puis estimer quelqu’un qui m’estime. Je ne puis estimer que quelqu’un qui ne m’estime pas…. Seule une personne méprisable peut estimer quelqu’un d’aussi méprisable que moi … » (Ronald Laing)

« Ceux qui ont été ‘laissés en arrière’, sachant qu’ils ont eu ‘toutes les occasions’, ne peuvent pas légitimement se plaindre de leur sort. Pour la première fois dans l’histoire des hommes, l’inférieur ne dispose de rien sur quoi appuyer sa considération de lui-même. » (Christopher Lasch)

« On ne peut pas recevoir une bonne opinion de soi ; on doit la gagner. La pratique thérapeutique et pédagogique actuelle, qui est toute empathie et compréhension espère fabriquer la bonne opinion de soi sans risque. Même des  sorciers ne pourraient pratiquer un miracle médical de cette ampleur. » (Christopher Lasch)

« Une grande estime de soi est le premier fondement de la morale, aussi bien que des nobles desseins et des actions honorables. » (Giacomo Leopardi)

« En activant le développement d’ambitions démesurées et en en rendant l’accomplissement impossible, la société narcissique favorise le dénigrement et le mépris de soi. » (Gilles Lipovetsky)

« La motivation de l’homme n’est pas la volonté de puissance mais l’accomplissement de soi … sans raison de vivre la personne subit un ‘vide existentiel’ … Briser l’égocentrisme qui caractérise souvent le névrosé … Répondre à deux interrogations : ‘A quelles tâches dois-je faire face ?’ et ‘de quelles capacités personnelles dois-je répondre’ … Transcender son existence individuelle en trouvant un but à sa vie, une tâche concrète, unique en une cause ou une personne. » (une logothérapeute, thérapie par la recherche du sens, due à Victor Frankl)  

« Celui qui porte trop loin le désir de se faire aimer arrive bientôt au mépris, s’il dérive tant soit peu de sa route. » (Machiavel)

« Être sûr de soi, ce qui est une forme d’autonomie, donc d’exclusion de l’autre, favorise l’accueil de cet autre … C’est la faiblesse qui engendre à la fois repliement sur soi et agressivité … Une entité sûre d’elle intègre et rayonne. » (Michel Maffesoli) – D’où les campagnes officielles forcenées de dénigrement de la France, ne peuvent que renforcer ce qu’elles prétendent combattre, l’exclusion. Mais peut-être leur intention est-elle la généralisation du chaos ?

« Il ne saurait être question pour moi d’appartenir à un club qui m’accepterait comme membre. » (Groucho Marx) – La boutade va fort loin. Elle touche les gens qui n’apprécient que ceux qui les méprisent et qui dévaluent d’entrée ceux qui les considéreraient comme leurs égaux, ou pire comme leurs supérieurs. Adulation malsaine de la supériorité d’autrui et de sa propre infériorité.

« Le désaccord avec-soi-même est le pire des maux. » (André Maurois)

« La plus grande chose du monde c’est de savoir être à soi. » (Montaigne)

« Autrefois, on respectait les convenances, la tradition, les coutumes ou les lois établies. On respectait les formes, ses engagements, le sommeil de ses voisins. Et on était invité à se respecter, c’est-à-dire à agir de manière à conserver l’estime de soi-même. Autant de choses qui font bien rire le vivant contemporain… » (Philippe Muray) 

« Mon embarras n’est pas d’acheter Chateaubriand, mais de le payer le prix qu’il s’estime. » (Napoléon Bonaparte)

« Qui se méprise s’estime en tant que contempteur. » (Nietzsche)

« Les hommes vertueux le sont non parce qu’ils ont été éduqués ainsi, mais parce qu’ils sentent le besoin d’être vertueux pour s’estimer eux-mêmes.  C’est le besoin de se sentir noble qui est au fondement de la vertu, plus que l’amour de la vertu elle-même. » (Paul-François Paoli)

« Ne sois pas un autre, sois toi-même. » (Paracelse)

« Il faut faire, pour valoir quelque chose en ce monde, ce qu’on peut, ce qu’on doit et ce qui convient. » (Rivarol)

« On n’aurait guère de plaisir si on ne se flattait jamais. » (La Rochefoucauld)

« L’estime de soi-même est le plus grand mobile des âmes fières. » (J. J. Rousseau)

« Tout affaiblissement de la foi en soi-même se manifeste d’abord par la dés-idéalisation de son propre passé. Les Français ne croient plus aujourd’hui en Charlemagne, en saint Louis, en Bayard, en Louis XIV, et plus guère en Napoléon. Ils préfèrent Mao ou Che Guevara … Une nourriture psychique qui fait appel à des histoires mythiques étrangères devient intoxicante. » (Raymond Ruyer) – On peut restreindre à son histoire personnelle.

« Moins on est content de soi plus on s’abaisse. » (Maurice Sachs) – Un expert.

« Cet empressement, cette hâte pour arriver là où personne ne vous attend, cette agitation dont la curiosité est la seule cause, vous inspire peu d’estime pour vous-même. » (madame de Staël)

« Il arrive souvent qu’on nous estime à proportion de ce que nous nous estimons nous-mêmes. » (Vauvenargues)

« Le vrai lieu de naissance est celui où pour la première fois on a porté un coup d’œil intelligent à soi-même. » (Simone Weil)

« Charité bien ordonnée commence par soi-même. » (proverbe)

« Tu vaudras aux yeux des autres ce que tu seras à tes yeux. » (proverbe)

« Tu vaudras aux yeux des autres ce que tu vaudras à tes propres yeux. » (Dicton latin)

« Être le meilleur ami de soi même et le rester quoi qu’il arrive. » (?)

« La confiance de plaire est souvent un moyen de plaire infailliblement. » (?)

« Se mentir à soi-même ; le meilleur moyen de ne jamais se trouver. » (?)

« L’estime de soi conduit à la générosité vis-à-vis d’autrui. » (?)

Ci-dessous quelques extraits du livre de Belinda Cannone, Le sentiment d’imposture.

 « Imposteur : qui n’est pas à sa place dans sa place … Le vrai : celui qui se donne pour quelqu’un qu’il sait n’être pas, qui en impose et l’autre, l’imposteur souffrant d’être pris pour celui qu’il croit n’être pas … Conviction d’occuper une case qui n’avait pas été prévue pour soi … Le ‘moi’ ne correspondrait pas à la représentation idéale qu’ils se font de la case, ou plutôt de celui qui pourrait légitimement l’occuper  … Culpabilité d’occuper une place indue, honte à l’idée qu’on s’en aperçoive …’Je suis trop petit pour la place’ (Max Jacob) …  Remède du conformiste : appliquer les postures les plus communes … La plupart du temps, autrui semble penser que nous occupons légitimement notre place … mais dans le secret de notre chimère, nous ne croyons pas à cette légitimité, nous pensons qu’autrui s’est trompé et nous tremblons d’être découvert … ‘Malgré les apparences, je ne suis pas comme les autres, comme il faudrait être, je suis taré, et je peux être découvert’ … Quelque chose ne va pas en moi, doublé du sentiment permanent de me comporter mal … ‘Excusez-moi d’exister’ … Terrible besoin de n’être pas en faute … Mutabilité actuelle du métier et du lieu d’exercice qui enlève toute  certitude quant à son identité professionnelle … plus d’identité professionnelle ferme, d’où un sentiment d’imposture… Sentiment qui ne vient qu’à ceux qui réussissent … Il survient à celui qui a déjà commencé à entreprendre et à réussir, à celui qui se trouve déjà dans la place. »

  • Ci-dessous extraits des 19.600 pages du journal de Henri-Frédéric Amiel « Cet homme qui s’est amputé de la vie pour consigner tout à son aise l’image de cette vie. » (Edmond Jaloux). Formidable exemple de lucidité en même temps que d’absence de volonté et de mésestime de soi. En espérant qu’aucun de mes lecteurs ne se retrouvera dans cette analyse impitoyable.

« C’est ce journal qui me permet de résister au monde hostile, à lui seul je puis compter ce qui m’afflige ou me pèse. Ce confident m’affranchit de beaucoup d’autres. Le danger c’est qu’il évapore en paroles aussi bien mes résolutions que mes peines ; il tend à me dispenser de vivre, à me remplacer la vie. » (Henri-Frédéric Amiel) – Lucidement. Discernant bien le Péril de tout journal intime.

 « Le désir et la volonté caractérisent les mâles : j’ai comme perdu mon sexe … je ne compte sur rien … Doute profond, isolement amer, apathie aride … Ma nature s’ingénie à faire le désert autour d’elle, et ne peut souffrir le désert … Elle découvre et accumule toutes les raisons de ne pas agir, et ne peut se consoler de l’inaction … Elle fuit ce qui l’attire … Ennuis, remords et regrets m’ont toujours fermé l’accès du désir … Je doute parce que je refuse de conclure, d’affirmer, de résoudre, et que je crains toujours d’être dupe … Pour n’être pas refusé par la destinée, je ne lui ai rien demandé. Pour n’être pas humilié, je n’ai rien voulu. Pour n’être pas vaincu, je n’ai pas lutté. Pour ne pas me tromper, je n’ai rien affirmé et je n’ai pas choisi. Pour rester indépendant, j’ai abdiqué toute ambition et renoncé à tout pouvoir … Pour n’être pas mal, j’essaie de n’être pas … La peur d’aboutir me met à l’affût de tous les vetos … Fortune, passion, pouvoir, gloire, bonheur ne me paraissent pas vraisemblables et accessibles pour moi … Le silence se fait sur toi, tu ne remues pas plus le sol qu’un mort … je ne sais rien conclure, rien faire, rien vouloir … Indolence … Goût à méditer sur ses propres privations, à savourer ses amertumes, à prendre possession de ses ennuis … Incurie … Mollesse, plus de nerf, de ressort, de vigueur, de mordant, de volonté … Tout a diminué chez toi, tout a baissé … Enchaîné par des fils d’araignée, mangé par des futilités, annulé par l’habitude de l’ajournement … Ne me croyant nécessaire à rien ni à personne, me sentant remplacé partout… Ton idole, c’est l’abstention, la démission, l’irresponsabilité … Cache-toi, ne bouge pas, reste où tu es, contente-toi du calme … Peut-on aventurer tout son avenir sur une seule possibilité ? … Faiblesse, inconstance, lâcheté devant l’inconnu … Toujours commencer, ne jamais finir … Tu t’es coupé les ailes … Homme de  peu de foi … Avec plus de dureté, je n’aurais pas perdu ma vie … ‘L’homme trop circonspect manque sa destinée. Il laisse fuir l’instant … Et l’enfant se réveille avec des cheveux blancs’ … … … Je ne fais qu’aller et venir, errer, ajourner, projeter, muser, bricoler, baguenauder, sans but, sans espoir, sans idée, sans dessein … Langueur, inquiétude, inconstance, découragement … Songer à carrière, renommée, bonheur, succès t’a toujours paru avilissant … ignoble comme l’est l’intérêt personnel … J’ai eu plus de cœur que de volonté … De ceux qui perdent tout en raffinant tout … Comment prendre un parti irrévocable, quand on ne sent ni opiniâtreté ni persévérance ? … Il me faudrait du bon sens pour renoncer à tous les rêves et de la décision pour prendre un parti et passer à l’exécution … Je n’ai pas su identifier la générosité ni la sagesse… discerner … Du désir d’agir correctement et sans faute naît chez moi l’immobilité … Le parfait seul me contente, c’est pourquoi je m’abstiens … Tout obstacle qui me dispense d’agir rencontre une certaine complicité dans le fin fond de mon cœur. »

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