625,2 – Epuration

– Périodes dans la vie des collectivités ou des peuples pendant lesquelles les purs lynchent les impurs, ou du moins ceux qui n’ont pas su faire preuve de prévoyance en retournant leur veste à temps. « On entendait un peu partout le bruit des vestes qui se retournaient. » (Jean d’Ormesson) – Jolie expression. Ainsi devient-on le plus sanguinaire épurateur.

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« On appelait désormais ‘trahison’ l’expression de sentiments et d’opinions qu’il était interdit d’avoir. » (Maurice Bardèche) – C’est bien pratique pour engendrer une population d’esclaves. On ne saurait exclure que ces pratiques de l’épuration qui a suivi la Seconde Guerre mondiale ne redevienne d’usage courant pour assurer l’obéissance unanime à l’oligarchie mondiale.

« Ceux qu’on n’avait pas pu condamner à la prison, on les condamnait à la misère (révocation), ce qui est presque aussi bien … J’étais coupable seulement de ne pas avoir été un dissident, un révolté, un combattant de l’ombre ; ou simplement un hypocrite … Des lois qui faisaient obligation de la dissidence. » (Maurice Bardèche) – Par rapport au gouvernement légal.

« La France n’a jamais connu de régime plus médiocre que celui qui, en 1945, s’est imposé à elle comme libérateur, n’a cessé de prostituer depuis, ou plutôt de ridiculiser, le mot de libération. » (Georges Bernanos) 

« Période propice à l’épuration des opposants idéologiques, mais aussi au règlement opportun des détestations claniques ou boutiquières, voire aux déboires conjugaux et, plus sommairement, au dégueulis de l’humeur haineuse. » (Jean-François Colosimo – sur 1791 et suite) – Mais on peut étendre. 

« Au jour de la victoire, le peuple la consacre encore pour une épuration ou une chasse aux sorcières, actes sans lesquels la conscience qu’il se donne de sa victoire ne serait pas plénière, absolue, achevée. » (Jean Guitton) – Et aussi par cupidité (confisquer des biens et se les approprier est hautement civique) et goût du sang.

Aujourd’hui, en dehors de la chasse aux récalcitrants : « purge du vocabulaire, lavage de cerveaux, épuration sémantique. » (Philippe Muray)

« Epuration ! Epuration ! Tel est le mot favori de ces fanatiques … Les résistants de septembre, infinis dans leur nombre et leurs prétentions, faisaient sonner bien haut qu’ils se moquaient de la justice, elle leur appartenait comme une femme appartient au vainqueur … La Résistance était devenue une grande famille, chaque Français ami de sa concierge et de ses voisins (c’est-à-dire tous les Français ayant échappé à l’épuration) recevait un diplôme de franc-tireur, une carte d’espion, une panoplie de terroriste … En avait-on déboulonné des rails ! Et combien d’inscriptions à la craie sur les murs ! … Les chevaux arrivés depuis longtemps, on pouvait encore parier sur le vainqueur. En échange d’une faible somme, on se rangeait dans le camp des Justes, des Perspicaces, des Victorieux … On ne s’était jamais autant massacré, on ne s’était jamais autant aimé. La bourgeoisie adorait les terroristes, avec une sensible préférence pour les terroristes morts. Les communistes raffolaient de l’Armée ; d’ailleurs ils étaient tous colonels … Le radicalisme était de venu clérical, sous le nom de M. R. P. … Quand les massacres s’achevèrent … alors nos idéalistes, d’une voix douce et polie, nous avertirent qu’ils s’étaient bouchés les oreilles tout ce temps-là, car ils étaient adversaires de la peine de mort … Quant aux gens de lettres on décida (aussi) de les épurer. Avec dévouement, leurs confrères, en Corps constitué, se vouèrent à cette tâche. » (Roger Nimier) – Livraison par de Gaulle de la France aux communistes à cette époque et don du privilège d’exercer l’épuration politique sanglante et sauvage, donc de neutraliser, exterminer, tous ceux qui pouvaient leur faire obstacle – « L’épuration est le pacte de sang que de Gaulle est contraint de conclure avec les communistes, comme Napoléon fut obligé d’exécuter le duc d’Enghien pour s’assurer le soutien des Jacobins régicides à la veille de son sacre impérial. » (Eric Zemmour). » (Roger Nimier)

« Le fantasme de la pureté est terrifiant, il est dément. Qu’est-ce que la quête de purification, sinon une impureté de plus. » (Philip Roth)

« Le caractère sanglant et sauvage de l’Epuration, sans même parler des carrières brisées, des honneurs bafoués, etc., ne fait pas de doute et tranche par exemple sur la courte et petite ‘terreur blanche’ de 1815. La terreur, à la fois rouge-communiste et gaulliste de 1944-45 fut une vraie terreur … Les fusillés par les Allemands  … sont estimés à 4.000 environ ou au maximum à 5.200 en incluant les massacres de type Oradour (à comparer aux dizaines de milliers de victimes des bombardements anglo-saxons). Or, au moment de l’épuration, plus de 1.500 condamnations à mort sont exécutées. Quant aux victimes de l’épuration sauvage, leur nombre n’est bien sûr pas estimable. Elles seraient au moins de 10.000 selon la plupart des historiens actuels ; mais la tendance n’est-elle pas à la minoration de toutes les victimes ‘non politiquement correctes’ de la seconde guerre mondiale, qu’il s’agisse des bombardés de Hambourg ou de Dresde, des maréchalistes assassinés, etc. Le ministre de l’intérieur, Adrien Tixier,  avait donné en novembre 1944 alors que l’épuration était loin d’être terminée le chiffre de 100.000 victimes (Robert Aron : 40.000 à 50.000 victimes, Jean Pleyber : 68.000, Henri Amouroux entre 10.000 et 15.000), victimes relevant de la vengeance et non d’une nécessité militaire en tout état de cause … Le mensonge d’une France résistante toute entière dressée contre l’Occupant nazi perdure encore … L’image que les Français avaient d’eux-mêmes … était trop peu glorieuse pour ne pas souhaiter la gommer par une illusoire vengeance épuratrice déguisée en héroïsme du cinquième quart d’heure. » (Pierre le Vigan – Soudain la postmodernité) – Ayant assisté adolescent à ce qu’on appelle la libération, je peux certifier que dans mon trou du centre de la France il n’y a rien d’exagéré, et de loin, dans ce sinistre constat, que j’ai même édulcoré, sauf à ajouter : les tortures sadiques, la volonté communiste d’en profiter pour  massacrer le plus d’opposants réels ou virtuels possibles, et bien sûr la cupidité pour s’emparer des biens grâce au miracle juridique de l’indignité nationale. 

« L’épuration est le pacte de sang que de Gaulle est contraint de conclure avec les communistes, comme Napoléon fut obligé d’exécuter le duc d’Enghien pour s’assurer le soutien des Jacobins régicides à la veille de son sacre impérial. » (Eric Zemmour) – Livraison de la France aux communistes à cette époque et don du privilège d’exercer l’épuration politique et sauvage, donc de neutraliser, exterminer, tous ceux qui pouvaient leur faire obstacle. 

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