020,2 – Enfance

– Les yeux des petits enfants dévorant le monde.

– L’enfant est devenu l’idole de notre temps. Pourquoi cette idéalisation de l’enfance ? Nostalgie de la pureté (très relative d’ailleurs) ? Admiration pour son égoïsme, son égocentrisme ? Notre peur de la mort ?

– Des adultes respectables, ne disons pas expérimentés, (on peut être magistrats et stupides ou haineux) croient même, et en matière judiciaire ce qui est particulièrement grave, à la parole de ceux que Freud ou Lacan qualifiait de PPM (petits pervers polymorphes), ce qui n’enlève rien à leur charme.

« Période de vulnérabilité et d’impressionnabilité absolues. » (Nancy Huston)

« L’infantilisation est un vecteur du nouvel ordre moral. » (Richard Millet)

– Père et grand-père, je me permets de dire aux pères : soyez présents, profitez de vos jeunes enfants, entourez-les, éduquez-les, jouez avec eux … Ce temps ne reviendra plus.

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« Il est des moments où l’absence d’ogres se fait cruellement sentir. » (Alphonse Allais)

« L’enfant a besoin d’être particulièrement protégé et soigné pour éviter que le monde puisse le détruire. Mais ce monde aussi a besoin d’une protection qui l’empêche d’être dévasté et détruit par la vague des nouveaux venus qui déferle sur lui à chaque génération. » (Hannah Arendt)

« Vouloir que les enfants n’aient point d’enfance. » (Hannah Arendt – sur les théories pédagogiques les plus avancées, l’enfant individu complet et autonome)

« Les adultes refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants … C’est comme si chaque jour les parents disaient : ‘Vous devez faire de votre mieux pour vous en sortir … Je vous mets dans une situation que j’ai contribué à construire et que je n’assume nullement.’  » (Hannah Arendt)

« Dans l’enfance, tout était objectivement plus grand, les êtres (les ‘grandes personnes’) comme les paysages. » (Marc Augé)

« On m’y contraignait pourtant, et je m’en trouvais bien, sans agir bien, car je n’aurais rien appris, si on ne m’y avait forcé. » (saint Augustin)

« L’enfant n’entre pas dans le monde en riant, mais en pleurant. » (saint Augustin)

« L’enfant que j’étais est mort, et moi j’existe. » (saint Augustin)

 « La faiblesse du corps est innocente chez l’enfant, mais non pas son âme … J’ai vu et observé un petit enfant jaloux : il ne parlait pas encore et il regardait, tout pâle, et l’œil mauvais, son frère de lait.  » (saint Augustin)  – Laissez un enfant sans aucune éducation, sans contraintes… et vous verrez bien de quel côté il tombera. Il suffit d’avoir vu des enfants dans une cour de récréation, et même dès la crèche, pour savoir qu’ils ne sont pas indemnes des conséquences de ce qu’on appelle le péché originel. Lacan parlait des PPM, petits pervers polymorphes

« Nous pouvons oublier l’enfant que nous avons été. Lui ne nous oublie pas et veille. » (Jean Bastaire)

« Le génie, c’est l’enfance retrouvée, à volonté. » (Baudelaire)

« Mais le vert paradis des amours enfantines,

« L’innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,

« Est-il déjà plus loin que l’Inde et la Chine ?

« Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs… »  (Baudelaire – Spleen et idéal)

« L’enfant voit tout en nouveauté, il est toujours ivre. » (Baudelaire)

« L’imaginaire de Disneyland … machine de dissuasion mise en scène pour régénérer en contre-champ la fiction du réel. D’où la débilité de cet imaginaire, sa dégénérescence infantile. Ce monde se veut enfantin pour faire croire que les adultes sont ailleurs, dans le monde ‘réel’, et pour cacher que la véritable infantilité est partout, et c’est celle des adultes eux-mêmes qui viennent jouer ici à l’enfant pour faire illusion sur leur infantilité réelle. » (Jean Baudrillard – Simulacres et simulation)

« Les enfants incarnent avant tout les consommateurs de demain. » (Zygmunt Bauman) – Donc que le monde les soigne.

« L’enfance est notre dernier refuge, la boîte noire de nos vies, l’utopie que nous refusons de quitter, et ce refus est devenu l’idéologie dominante. Nous avons déclaré la guerre au temps. Pourquoi notre enfance nous paraît-elle si sacrée ? Parce que nous avons peur. Nous avons perdu confiance dans les lendemains qui chantent. Il ne nous reste pas d’autre utopie que cette ignorance perdue. Elle est notre nouvelle religion. » (Frédéric Beigbeder)

« L’activité adulte exige des traits psychologiques prohibés chez les enfants … Dans la plupart des sociétés … les enfants sont intégrés très tôt dans la société adulte ; par ailleurs, la ségrégation des enfants est une caractéristique de la société bourgeoise. » (Ruth Benedict – citée par Christopher Lasch) – « Ne pas mentir est une défense qu’on ne fait qu’aux enfants. On ne demande jamais à un adulte de ne pas mentir. » (Henry de Montherlant)

« N’était ce doux scandale de l’enfance, l’avarice et la ruse eussent, en un siècle ou deux, tari la terre. » (Georges Bernanos)

« La part en chacun de nous qui est digne d’être sauvée. » (Georges Bernanos)

« Si l’enfance existe encore en vous, gardez-la. Il est peu croyable qu’il vous en reste assez pour vous aider à vivre, mais ça vous servira sûrement pour mourir. » (Georges Bernanos)

« Une fois sorti de l’enfance, il faut très longtemps souffrir pour y rentrer, comme tout au bout de la nuit on retrouve une autre aurore. » (Georges Bernanos – Dialogues des carmélites)

« Ma vie est déjà pleine de morts. Mais le plus mort des morts est le petit garçon que je fus. » (Georges Bernanos) – Immense tristesse de l’enfance perdue.

« Nos enfants ne sont pas des amis. Ils ne le deviennent que beaucoup trop tard, quand nous sommes morts. » (Georges Bernanos)

« Certes, notre pauvre espèce ne vaut pas cher, mais l’enfance émeut toujours ses entrailles, l’ignorance des petits lui fait baisser les yeux ; ses yeux qui savent le bien et le mal, ses yeux qui ont vu tant de choses. » (Georges Bernanos)

« Restez fidèle à l’enfance ! Ne devenez jamais une grande personne … Le Bon Dieu a dit … ‘Devenez semblable aux enfants’. » (Georges Bernanos) – Evangiles : Mt. Mc. Lc.

« Assurer l’avenir de ses enfants, dit-on. – Depuis si longtemps que les pères s’occupent de l’avenir de leurs enfants, n’est-il pas étrange que les enfants ne pensent pas à l’avenir de leurs pères ?… » (Léon Bloy – Exégèse des lieux communs – 1, LXXXIV)

« Les enfants sont ce qu’on les fait, dit-on. – Consolante maxime, et quel avenir elle nous entrouvre ! C’est, sans doute, l’intention de la nature que les petits des bourgeois soient des bourgeois. Quelquefois, pourtant, cela rate. Alors le malheureux boutiquier endure l’opprobre d’avoir un enfant poète. Le cas, heureusement, est trop rare pour être pris en considération. La nature, généralement, est obéie. Il y aura donc toujours des bourgeois… » (Léon Bloy – Exégèse des lieux communs – 1, CLXXIV)     

« Les enfants sont comme les marins ; où que se portent leurs yeux, partout c’est l’immense. » (Christian Bobin)

« L’enfant qui joue est la consolation de Dieu. » (Christian Bobin)

« Cherchant en lui l’enfant qu’il avait été, je ne trouvais en lui que son assassin. » (Christian Bobin)

« Les enfants en bas âge prennent toutes les forces de ceux qui s’occupent d’eux et, en un millième de secondes, par la grâce d’un mot ou d’un rire, ils donnent infiniment plus que tout ce qu’ils avaient pris. » (Christian Bobin)

« C’est en tout cas le premier événement grave de la vie que le jour où les enfants font leurs adieux aux accessoires de leurs  rêves. » (Robert Brasillach)

« Tous les enfants sont des sorciers. » (Jacques Brel)

« Tant que les bureaucrates qui croient connaître quelque chose à l’enseignement ne comprendront pas que les enfants aiment les défis (intellectuels, entre autres) et ne désirent pas spontanément être pris pour des imbéciles… » (Jean-Paul Brighelli – sur l’éducation nationale)

« On ne peut donner que deux choses à nos enfants : d’abord des racines et ensuite des ailes. » (proverbe – sur le multiculturalisme)  – A défaut d’avoir intégré sa propre culture, on ne peut rencontrer les autres cultures, à défaut de se connaître soi-même on ne peut rencontrer l’autre. – « N’avoir qu’une culture nationale est mortel pour l’esprit ; ne pas en avoir est aussi mortel. » (Pascal Bruckner)

« Les enfants n’ont ni passé ni avenir, et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent. » (La Bruyère)

« Les enfants sont hautains, dédaigneux, coléreux, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés ; ils rient et pleurent facilement ; ils ont des joies immodérées et des afflictions amères sur de très petits sujets ; ils ne veulent point souffrir de mal, et aiment à en faire : ils sont déjà des hommes. » (La Bruyère)

« Un enfant n’est rien par lui-même, ce sont ses parents qui le représentent. C’est par eux qu’il se définit, qu’il est défini aux yeux du monde. » (Albert Camus)

« L’enfant, pense le siècle, n’a pas besoin de leçons de liberté … Bon prétexte pour l’abandonner à son infantile liberté, qui n’est pas plus libre que le naturel prétendu … la liberté s’apprend, c’est l’un de ses paradoxes ; dans un premier temps, elle a besoin de maîtres. » (Renaud Camus)

« Une enfance malheureuse, cette panacée pour avocats. » (Jean Cau)

« Tant qu’à aimer quelque chose, on risque moins avec les enfants qu’avec les hommes, on a au moins l’excuse d’espérer qu’ils seront moins carnes que nous autres plus tard. » (Louis-Ferdinand Céline)

« Être différent des autres est la hantise des enfants. » (Gilbert Cesbron)

« Voyez ce nouveau-né qu’une nourrice porte dans ses bras. Qu’a-t-il pour donner tant de joie à ce vieillard, à cet homme fait, à cette femme ? Deux ou trois syllabes à demi-formées, que personne n’a comprises : et voilà des êtres raisonnables transportés d’allégresse. » (Chateaubriand)

« On élève toujours les enfants en fonction d’un monde qui n’existe déjà plus. » (Chateaubriand) 

« Les enfants que je n’ai pas eu ne savent pas tout ce qu’ils me doivent. » (Emil Cioran)

« Perdre l’enfance, c’est perdre tout. » (Jean Cocteau)

« L’enfance sait ce qu’elle veut. Elle veut sortir de l’enfance. Le malaise débute lorsqu’elle en sort. Car la jeunesse sait ce qu’elle ne veut pas avant de savoir ce qu’elle veut. Or ce qu’elle ne veut pas c’est ce que nous voulons. Elle nous fréquente pour jouir du contraste … Cette minute entre l’enfance et la jeunesse est la pire. » (Jean Cocteau)

« Toute une génération de parents s’est abîmée dans le spectacle de ses enfants jusqu’à la niaiserie. Autrefois, on disait de son petit qu’il allait devenir quelqu’un. Désormais, il faut avant tout qu’il reste lui-même. Par un coupable paradoxe, on le livre à l’influence exclusive de la télévision et de l’école. Au lieu de rester lui-même, il devient donc n’importe qui. L’essentiel est qu’il garde en tout cette puérilité, cette spontanéité merveilleuse… » (Christian Combaz)

« Ton fils n’est pas ton fils, mais le fils de son temps. » (Confucius)

« Nous habitons un monde interprété par d’autres où il nous faut prendre place. » (Boris Cyrulnik) 

« Je me souviens fort bien, disait-il parfois, que quand j’étais enfant, j’étais un monstre. La connaissance du devoir ne s’acquiert que très lentement, et ce n’est que par la douleur, le châtiment et l’exercice progressif de la raison que l’homme diminue peu à peu sa méchanceté naturelle. » (Delacroix – cité par Baudelaire)

« A parents libérés, enfants abandonnés … Ne pas disjoindre la prétendue ‘libération des enfants’, du ‘congédiement des parents’, brusquement déliés de leur traditionnel devoir d’éducation envers la génération nouvelle. » (Dany-Robert Dufour)

Quand on demandait à Jean Paulhan dans son enfance à quoi il pensait, au lieu de répondre : ‘A rien’, il répondait : ‘A tout’. » (cité par jean Dutourd)

« Laissez venir à moi les petits enfants …  Si vous ne devenez pas comme ces enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume de Dieu. » (Evangiles)Jésus, on s’en doutait, avait tout compris de la beauté du monde.

« Les petites filles naissent civilisées. » (Faulkner – cité par Dominique de Roux)

« L’ancien régime familial exigeait d’eux (les parents) que leur enfant fût ‘bien élevé’. Ils lui enseignaient donc, écrit Marcel Gauchet, ‘à se regarder comme un parmi d’autres’. Le nouveau régime veut qu’il soit ‘épanoui’ … La muflerie s’installe. » (Alain Finkielkraut)

« Traiter l’enfant comme un adulte, affirmer qu’il est responsable de ses actes, qu’il faut le croire sur parole et prendre ses adhésions pour argent comptant, ce n’est pas le respecter ou le défendre, c’est garantir l’impunité à ceux qui le manipulent. C’est l’exposer, alors qu’il est sans défense, à tous les conditionnements et à toutes les convoitises. » (Alain Finkielkraut)

« C’est un lieu commun que de dire que les hommes éminents proviennent, en règle générale, de familles nombreuses ; mais ce n’est pas lié à une vertu éminente à la famille nombreuse en soi. C’est parce que, dans une famille nombreuse, les esprits des enfants sont plus souvent susceptibles d’être livrés à eux-mêmes ; chaque enfant n’est pas définitivement marqué par les croyances particulières, les erreurs, les convictions, les aversions et les spectres qui ont hanté la mère … Dans les familles nombreuses, aucun enfant ne peut avoir un contact trop direct avec les parents. » (Francis Scott Fitzgerald) 

« Désir d’enfant : non plus l’invention d’une descendance qui serait transcendance, mais l’extension narcissique de l’amour de soi, non plus le lieu de la transmission d’une filiation, mais l’endroit d’une impossible fusion. » (Sophie Flamand – Fusion)

« Enfants. – Affecter pour eux une tendresse lyrique, quand il y a du monde. » (Flaubert – Dictionnaire des idées reçues)

« Gamin. – Toujours suivi ‘de Paris’. A invariablement beaucoup d’esprit. » (Flaubert – Dictionnaire des idées reçues)

« Le problème pour l’enfant est de renoncer à idéaliser ses parents tout en continuant à les aimer. » (Vincent de Gaulejac – traitant d’enfants de parents humiliés, dévalorisés. Mais on peut dire que tous les enfants sont, un jour, confrontés à cette sorte de déception et de contrainte)

« D’un côté désir que l’enfant soit la continuation de leur vie, qu’il se retrouve en eux, qu’il devienne ce qu’ils sont, qu’il fasse ce qu’ils ont fait. Logique de reproduction qui conduit à l’imitation, à la répétition, au conformisme. De l’autre désir que l’enfant réalise tous les désirs qu’ils n’ont pu satisfaire, qu’il fasse tout ce qu’ils n’ont pu réaliser, qu’il soit ‘quelqu’un’, c’est-à-dire un autre. Logique de différentiation qui encourage la singularité, l’autonomie et l’opposition. Cette contradiction se retrouve chez l’enfant partagé entre, d’une part le désir de réaliser les vœux d’idéal du Moi de ses parents et, d’autre part, le désir d’échapper à l’illusion, à la tyrannie de cet enfant imaginaire. » (Vincent de Gaulejac – sur le projet parental et son impact sur l’enfant – La névrose de classe)

« Vos enfants, vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. » (Khalil Gibran – conseils aux parents)

« On est de son enfance comme d’un pays. » (Julien Green)

« De deux adolescents qu’il y avait là tout à l’heure il (le nouveau-né, le nouveau conçu) accouche d’une maman forte et d’un père gaga. » (Fabrice Hadjadj) – Incidence du miracle de la conception.

« Paradoxe de notre époque : jamais l’enfant n’y fut plus protégé, et jamais il n’y eut tant d’avortements. » (Fabrice Hadjadj)

« L’enfant occidental contemporain est couvé, barricadé, surprotégé de tout sauf de la laideur, dont il est bombardé, de la violence, et de la société de consommation qui le cible dés son plus jeune âge … du premier biberon anti-régurgitation au premier préservatif qui lui sera distribué à l’école, la vie de l’enfant n’est qu’un parcours du non-combattant : préservé des microbes, des additifs, des conservateurs … des sorties scolaires sans assurance, du vélo sans casque … de la voiture sans siège adapté… » (Charlotte Liébert-Hellman) 

« Car tout commencement a un charme propre. C’est lui qui nous protège et nous aide à vivre. Allons donc, mon cœur, dis adieu et guéris ! » (Herman Hesse – Le jeu des perles de verre)

« Mon père et ma mère sont morts ; le pays de l’enfance n’est plus qu’un souvenir plein de nostalgie ; aucun chemin n’y conduit plus. » (Hermann Hesse)  

« Moi qu’un petit enfant rend tout à fait stupide. » (Victor Hugo) – Il n’était, et n’est pas le seul.

« L’immense majorité des négativistes … sont ‘génophobes’ … Le fait de n’avoir pas d’enfants est chez eux bien plus qu’un choix : un principe irréfragable. C’est logique, car si l’on est convaincu que l’espèce humaine devait disparaître, le moins qu’on puisse faire c’est de ne pas mettre d’enfants au monde … ‘Avoir commis tous les crimes, hormis celui d’être père’. » (Nancy Huston – citant Emil Cioran – et à propos des philosophes de l’Occident moderne : Spinoza, Pascal, Kant, Hegel, Schopenhauer, Kierkegaard, Nietzsche, Emil Cioran, Milan  Kundera, Samuel Beckett, Thomas Bernhard, Tous ceux-ci n’étant pas d’ailleurs des négativistes –et des scribouillards, scribouillardes actuels se prétendant écrivains, écrivaines…) – «  Avoir un enfant vous oblige à aimer le monde, ou du moins à faire semblant. » (Nancy Huston – citant Milan Kundera (L’identité) : « Il est impossible d’avoir un enfant et de mépriser le monde tel qu’il est, parce que c’est dans ce monde que nous l’avons envoyé. C’est à cause de l’enfant que nous nous attachons au monde, pensons à son avenir, participons volontiers à ses bruits, à ses agitations, prenons au sérieux son incurable bêtise. »  – « Attitude  adolescente permettant de rester toute sa vie dans la position gratifiante de l’enfant lésé qui se révolte contre ses parents et les invective. » (Nancy Huston)

« Les hommes ne se reproduisent plus, comme le font les êtres de nature, sous le signe du hasard, de la chance ou du destin. Les femmes produisent d’autres hommes et elles décident des  hommes qu’elles produisent, d’abord en nombre, ensuite en qualité et en personnalité, au terme de procédures, de choix et de services, dont l’un des caractères apparents est qu’ils répondent et répondront davantage à des règles d’investissement, ou de caprice. ..  Un nouveau modèle économique apparaît : celui du marché des hommes. » (Hervé Juvin) – Dès aujourd’hui.

« Un enfant peut désormais avoir jusqu’à cinq parents : la productrice de l’ovocyte (la donneuse), le producteur de semence (le donneur), la mère porteuse, la mère sociale, le père social. » (Peter Kemp – écrivant il y a plus de vingt ans) – On fait et fera beaucoup mieux avec le statut du, ou des, beaux-parents, les mariages homosexuels et les adoptions. Hurrah ! On n’arrête pas le progrès. D’ailleurs les expressions Père et Mère sont dépassées, remplacées par les termes affectueux et romantiques de Parent1 et Parent2, bientôt 3, 4, 5… Déjà que la construction des arbres généalogiques était assez compliquée ! Et, bon courage les notaires, vastes perspectives les plaideurs avides. Quant au désarroi des enfants, même et surtout devenus grands, ce ne saurait être le souci d’un politicien.

« On peut renier son enfance mais on ne l’efface pas. » (Arthur Koestler)

« Les enfants sont sans passé et c’est tout le mystère de l’innocence magique de leur sourire. » (Milan Kundera)

« L’infantophilie et l’infantocratie ambiantes … Nous allons tous devenir aussi bête que les enfants» (Milan Kundera)

« Ils auraient craints d’attenter à notre liberté, ce fameux alibi apparu dans les années 1960-70 pour mieux se délester de toute responsabilité. » (Bérénice Levet – à propos de l’éducation des enfants)

« L’une des caractéristiques de la génération 68 est qu’elle a interrompu la transmission en prolongeant à l’infini ce moment où l’on reçoit des soins sans en prodiguer soi-même : c’est ainsi que l’aventure humaine risque d’être déséquilibrée du côté de l’enfance. » (Elisabeth Lévy)

« Les jugements en bien ou en mal qu’un enfant entend porter dés ses plus jeunes années doivent être comptés pour beaucoup ; ces premières impressions se gravent profondément dans son esprit… »(Machiavel)

« Nous feignons d’oublier que chaque génération d’enfants porte en germe tous les goujats, toutes les crapules et tous les mufles de demain. » (François Mauriac) – Bienheureux aveuglement.

« On ne saurait mesurer l’indifférence des enfants à l’égard des adultes, même de ceux auxquels ils paraissent le plus étroitement liés. » (François Mauriac)

« En reprenant la devise que Beaumarchais prêtait aux courtisans (et qui s’applique intégralement aux élites modernes), on pourrait dire que la maxime enfantine par excellence a toujours été ‘demander, recevoir et prendre’. » (Jean-Claude Michéa)

« L’infantilisation planétaire. » (Jean-Claude Milner) – « Impatience du ‘zappeur’, refus de l’effort et de l’attente nécessaire à la satisfaction du désir, multiplication des gadgets et des ’toys’, généralisation du langage enfantin dans le discours public (les ‘papas’ et les ‘mamans’, en attendant les ‘tontons’ et les ‘tatas’), recours au tutoiement systématique et usage du prénom, bise obligatoire… » (Alain de Benoist)

« L’enfant a de moins en moins le temps d’être un enfant, les parents et l’école lui demandent de devenir le plus tôt possible intelligent et de réussir à tout prix. » (Olivier Mongin)

« La duplicité opportuniste du page, qui se fait l’allié de la femme contre l’homme. » (Montherlant – Fils de personne) – Remplacer ‘page’ par tout jeune garçon, ou fille à l’inverse. 

« Il est certain que la psychanalyse n’aurait jamais vu le jour sans cette intuition que les enfants sont des menteurs. » (Philippe Muray)

« L’enfant marche joyeux, sans songer au chemin ; il le croit infini, n’en voyant pas la fin. »  (Alfred de Musset)

« Là où se trouvent des enfants se trouve aussi un âge d’or. » (Novalis)

 « L’homme croit être né dans l’innocence, bien que ses souvenirs d’enfance soient sans doute ce qu’il y a au monde de plus confus et de plus impur. Mais il les fausse, pour pouvoir se ménager dans le passé un refuge imaginaire dont la douceur contraste avec les accomplissements, presque toujours mélancoliques, de la maturité. » (Robert Poulet – Contre la jeunesse)

« Il est une espèce de méchanceté enfantine, voire de cruauté, qui découle de la curiosité … Faire souffrir un être c’est agir sur le monde, sur la vie, prouver et se prouver qu’on existe, exister … Le monde des enfants … Beaucoup plus horrible que le nôtre, à tel point que celui-ci, par comparaison, paraîtrait presque doux, presque noble, et c’est tout dire ! » (Robert Poulet)

« A la platitude morale qui guette l’univers entier, se joint déjà l’idolâtrie dont l’enfance est l’objet, sentiment qui fait de l’Europe et de l’Amérique … une immense ‘nursery’, où les adultes ne joueront plus bientôt qu’un rôle de domestiques. » (Robert Poulet)

« Nous savons que certain enfants sont prêts à avouer n’importe quoi s’ils sentent que des adultes l’exigent. Une fois rendues ‘officielles’ par la machinerie légale et judiciaire, leurs histoires leur reviennent comme d’ailleurs et s’imposent à leur croyance. » (Jean-Michel Rabaté –Tout dire ou ne rien dire) – Voir le procès d’Outreau et l’ignoble juge Fabrice Burgaud.

 « Les adultes savent si bien se méprendre sur le compte des enfants. » (Olivier Rey) – Ces « petits pervers polymorphes » disait Lacan. Si on ne croit pas au péché originel, on est prié d’observer des enfants livrés à eux-mêmes dans une cour de récréation.

« L’idolâtrie du bas âge est un moyen de satisfaire, à défaut de pouvoir dominer, la passion d’égalité et le ressentiment envers tout ce qui risquerait de la mettre à mal. L’enfance peut être adorée sans crainte parce qu’elle est petite, dépendante, et en tant qu’enfance parfaitement impersonnelle.» (Olivier Rey)

« Rien n’étonne quand tout étonne : c’est l’état des enfants. » (Rivarol)

« Les enfants crient ou chantent tout ce qu’ils demandent, caressent ou brisent tout ce qu’ils touchent, et pleurent tout ce qu’ils perdent. » (Rivarol)

« C’est une bonté sotte et cruelle que de consulter les enfants sur l’état qu’ils ont à prendre : il faut choisir pour eux, et ne pas les jeter dans des indécisions qui leur font perdre toute confiance en nous, sans leur en faire trouver davantage en eux-mêmes. Il en est de même des peuples et de leur gouvernement. » (Rivarol)

« Tout ce que nous pouvons faire pour nos enfants c’est de bien choisir leur mère. » (Jean Rostand)

« Le plus sûr moyen de rendre votre enfant misérable c’est de l’accoutumer à tout obtenir. » (J. J. Rousseau)

« Les enfants sont des professeurs naturels de bonheur. Les enfants ont l’appétit naturel de vivre. Ils passent d’un désir précis à un autre désir précis. » (Raymond Ruyer) 

« On n’ose pas influencer les enfants. C’est une erreur : Il faut les initier à la vie d’homme. » (Fernando Savater)

« A la question ‘Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ?’ il faudrait ajouter cette autre question :  ‘A quels enfants allons-nous laisser le monde ?’ » (Jorge Semprun – cité par Olivier Bardolle) 

« Qui peut mieux qu’un enfant nous arracher à toutes nos amarres ? » (Christiane Singer) 

« Penser que l’enfant vaut toujours mieux que l’adulte nous vouerait … à je ne sais quelle dégradation ou perversion progressives … Le nouveau-né est un petit animal, sans autre loi que l’égoïsme … C’est pourquoi on lui pardonne tout … et on l’éduque … L’hominisation ne suffit pas, il faut encore l’humanisation, transmise par la famille, l’école, la société … Les ‘pervers polymorphes’ de Freud … la violence des enfants n’est pas une aberration, une monstruosité, une exception. Elle est la règle de la vie, de la nature, de la pulsion, dont on ne sort que par une autre règle, qui est de douceur et de respect. » (André Comte-Sponville) – Et aussi de contrainte et de sanction.

« La morale, c’est ce qui reste de l’obéissance quand on l’a oubliée. Mais on ne peut oublier, intérioriser, dépasser, surmonter que ce qu’on a connu … Pauvres enfants sans loi. » André Comte-Sponville)

« L’esprit d’enfance, c’est l’intime connexion d’une radicale absence de prétention et d’un désir sans limite. » (Martin Steffens)

« Un fils est un créancier donné par la nature. »(Stendhal)

« Ce pur enfant, rose de chasteté,

« Qu’a-t-il à voir avec la volupté ?

« Et fallait-il qu’un luxe d’innocence

« Allât finir la fureur de nos sens ? » (Jules Supervielle) – « Le plus improbable des retournements … L’innocence jaillissant de la lubricité … Disproportion ahurissante. » (Fabrice Hadjadj)

« L’aventure que traverse n’importe quel enfant, c’est d’être poussé sur un théâtre, sans l’avoir demandé, sans savoir quel rôle il doit jouer, ni comment le jouer. L’enfant observe les adultes.  Il se demande qui ils sont. Parce qu’ils ne le disent pas très volontiers. » (François Taillandier)

« Nous les surmédicalisons dés le premier âge, nous les bourrons de céréales et de fluor, nous les saturons de loisirs, nous leur offrons des baskets ‘Nike’, des consoles ‘Sega’, des connexions internet et des téléphones portables. Nous les amenons chez l’orthophoniste à la première faute d’écriture, chez le psychothérapeute à la première crise de jalousie devant le petit frère ; nous assiégeons l’école, persuadés qu’elle ne fait jamais assez ni assez bien. Et cependant je dis : nous les avons laissé tomber. Depuis dix, vingt ans, nous les avons balancé sans remords excessifs dans le mégamixer de l’époque, lequel d’ailleurs s’occupe non seulement d’eux mais de nous tous … un enfant a besoin de protection. On ne peut pas le jeter comme ça dans l’imprévisibilité et la brutalité de la vie. Les règles, les rites, les interdits, les initiations progressives le rassurent et le confortent. Tout cela est en train de finir. Démantelé à la pelleteuse et au bouteur. Les plus inconscients ne s’en aperçoivent pas ou trouvent cela très bien. D’autres s’inquiètent mais se soumettent. On n’a guère entendu protester. La cause est entendue. » (François Taillandier – sur l’abandon, et même le mépris, des règles, des valeurs, des interdits – Les parents lâcheurs)

« Voilà trop longtemps que l’enfant occupe le centre. Il serait bon qu’il s’efface et regagne le bord. » (Catherine Ternynck)

« D’une telle fascination (pour l’enfance) nous ne pouvons plus méconnaître le double danger : que l’adulte grisé s’infantilise et que l’enfant résiste à se laisser humaniser. » (Catherine Ternynck – Sur Le Petit Prince)

  « Enfance et infantilisme. – La parodie de l’innocence est le stigmate de la  dernière décrépitude. » (Gustave Thibon)

« Les enfants ne sont pas bons, ils sont féroces. Il suffit qu’ils se sentent les plus forts. » (Michel Tournier)

« L’enfance est terriblement sérieuse, un enfant engage tout son être. » (Vercors)

« Cessons de pleurer sur ’ce mal d’enfant’ des lesbiennes qui est une invention fabriquée de toutes pièces pour faire prospérer le marché de la fertilité. » (Marie-Hélène Verdier) – Evidemment, que derrière ces PMA, GPA et tutti quanti se dissimulent à peine les grosses machines à fric.

« Quand un couple fait un enfant, l’enfant est une personne. Quand on fait faire un enfant par un tiers, l’enfant n’est plus une personne, mais un objet voire une marchandise dans un trafic. » (Bertrand Vergely)

« C’est la logique de l’enfant désiré qui façonne l’individu moderne, et organise sa psychologie. Il s’y produit une hypertrophie du Moi et on éduque les enfants pour qu’ils soient capables de produire eux-mêmes leur propre norme. Cela produit beaucoup d’angoisse chez l’enfant . » (Paul Yonnet)

« L’évolution a fait de l’enfant un roi, un élu, surpuissant et impuissant, capable de tyrannies multiples… » (Paul Yonnet)

« Les enfants sont des soucis certains et des réconforts incertains. » (proverbe)

« L’enfant qui sait marcher est un dieu pour l’enfant dans son berceau. » (proverbe)

« On ne peut que donner deux choses à ses enfants : des racines et des ailes. » (proverbe juif)

« Le service après vente est illimité pour les enfants. » (?)

« Tous les enfants américains appartiennent à la famille de leur mère. » (?) – S’il n’y avait que les Américains !

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