205,1 – Destin

– Seront évoqués aussi ce qu’on appelle le Sort, la Fortune.

Amor fati (locution prêtée à Marc Aurèle),  amour du destin, amour de la destinée. Ni fatalisme ni résignation passive, c’est le fait d’accepter, héroïquement, son destin. Toute réalité est bonne, et donne une occasion de la maîtriser.

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« Chacun développe le paquet qu’il a choisi … Celui qui a choisi l’ambition n’a pas cru choisir basse flatterie, envie, injustice ; mais c’était dans le paquet. » (Alain – sur un conte de Platon, La grande prairie)

« ‘Nous avons tous nos moments fatalistes’ et la raison en est qu’aucune autre théorie ne réussit aussi bien à endormir le besoin d’agir, la velléité de faire un projet, en deux mots toute manifestation du Je-veux. ‘Ce raisonnement paresseux (le fatalisme) nous conduirait à rester dans la vie complètement inactifs’. » (Hannah Arendt – citant Ryle et Cicéron)

« Nulle loi, humaine ou inhumaine, n’ordonne le chaos vers un aboutissement, radieux ou horrible. » (Raymond Aron) – Sur le prophétisme des fanatiques et l’avenir inévitable qu’ils sont incapables de décrire et qu’ils prétendent annoncer.

« A force d’humilier la raison devant l’instinct et de dissoudre la volonté dans l’inconscience et l’automatisme, nous n’aurons fait qu’ajouter ou substituer au vieux fatalisme du ‘dehors’ un fatalisme du ‘dedans’. » (Lucien Arréat)

« Pour nous, tout est déchiffrable à l’avance, nous avons d’extraordinaires moyens d’analyse, mais pas de situation. Nous vivons théoriquement bien au-delà de nos propres événements. D’où la mélancolie profonde. A d’autres il reste une lueur de destin, de quelque chose qu’ils vivent, mais qui leur reste, à jamais indéchiffrable. Nous avons liquidé l’ailleurs. D’autres cultures plus étranges vivent dans la prosternation (devant les étoiles, devant le destin), nous vivons dans la consternation (de l’absence de destin). Rien ne peut venir que de nous. Et c’est en quelque sorte le malheur absolu. » (Jean Baudrillard)

« Nous ne voulons plus d’un destin. Nous voulons une histoire. » (Jean Baudrillard) – Et, pire est notre prétentieuse prétention, nous entendons la fabriquer.

« Car enfin mourir – ou aussi bien vivre – est un destin, une fatalité, ce n’est pas un droit. » (Jean Baudrillard)

« ‘Amor fati’, maxime de Nietzsche, de Montherlant… Ce n’est pas le goût du pire, ni la simple acceptation du sort. C’est le vouloir possessif et conscient de ce qui doit être. » (Alain de Benoist)

« Destin : justification du tyran pour ses crimes ; excuse de l’imbécile pour ses échecs. » (Ambrose Bierce)

« Tu penses que la Fortune a changé à ton égard : tu te trompes ! Elle a toujours les mêmes pratiques : c’est dans sa nature. Elle est restée à ton égard constante, à vrai dire, dans son inconstance même. Tu as découvert le double visage de cette puissance aveugle …Tu t’es livré à la domination de la Fortune : tu dois te soumettre aux pratiques de ta maîtresse. Essaies-tu vraiment d’arrêter sa Roue en plein élan ? Mais, si elle vient à s’arrêter, alors elle cesse d’être la Fortune. Notre nature, la voici, le jeu interminable auquel nous jouons, le voici : tourner la Roue inlassablement, prendre plaisir à faire descendre ce qui est en haut et à faire monter ce qui est en bas. Monte si tu en as envie mais à une condition : que tu ne considères surtout pas comme injuste de descendre lorsque ma règle du jeu l’exigera. »  (Boèce)

« A mon avis, l’homme est mieux servi par un destin contraire que par un sort favorable. » (Boèce)

« Toute destinée, si longue et si compliquée soit-elle, compte en réalité un seul moment : celui où l’homme sait une fois pour toutes qui il est. » (Jorge Luis Borges)

«  Un homme s’identifie peu à peu avec la forme de son destin. » (Jorge Luis Borges)

« Si on le brave le destin abandonne la plus haute étoile. » (Byron)

Le jeu comme mise en cause du destin « Dans le jeu, l’homme s’écarte du réel. Il recherche une activité libre et qui ne l’engage qu’autant qu’il en a convenu d’avance. Il limite les conséquences … Les choses n’ont que l’importance qu’on leur donne … et on a toujours licence de se retirer, dés qu’on le désire … Le jeu constitue une sorte de ‘havre’ où l’on est maître du destin … On y choisit soi-même ses risques … Activité libre où l’homme se trouve dégagé de toute appréhension à l’égard de ses gestes. Il en définit la portée. Il en établit les conditions et la fin … Ce, même pour les jeux de hasard. » (Roger Caillois) – D’où on peut constater que le sport actuel n’a plus rien à voir avec le jeu. Débaptisons les Jeux olympiques pour le Business olympique.

« Le bonheur est la plus grande conquête que l’on fait contre le destin qui nous est imposé. » (Albert Camus)

« Un destin n’est pas une punition. » (Albert Camus)

« Créer, c’est donner une forme à son destin. » (Albert Camus)

« ‘Aléa jacta est ;’ le sort en est jeté. » (César)  

« Il n’y avait pas de testament dans l’héritage que nous avons reçu. » (René Char) – Pas de conseils, pas de ligne de conduite tracée.

« Qui ne voit le drame possible d’une Humanité perdant soudain le goût de sa destinée ?    Certains symptômes morbides comme l’existentialisme sartrien prouvent que cette éventualité n’est pas un mythe. » (Teilhard de Chardin)

« L’homme sait que le destin est invincible. Par conséquent, il est absurde de lutter. … Qu’une chose à faire : se soumettre au destin… et transformer sa volonté de manière à accepter l’inévitable comme ce qui doit être … C’est en cela que consiste la sagesse … Toute la philosophie ancienne est fondée la-dessus. Tout d’abord la raison révèle à l’homme ce qui est possible et ce qui est impossible ; ensuite, cette même raison le persuade que tendre vers l’impossible est une folie … Le bien suprême c’est la tranquillité de l’âme que l’on n’atteint que par la soumission absolue à la raison, et par la renonciation à sa volonté propre et personnelle. » (Léon Chestov)

« On ne découvre une saveur aux jours que lorsqu’on se dérobe à l’obligation d’avoir un destin. » (Emil Cioran)

« Pour n’avoir su opposer à une si noble superstition (nos destinées inscrites dans les astres) que les lois de l’hérédité, notre science s’est disqualifiée. Nous avions chacun notre étoile ; nous voilà esclaves d’une odieuse chimie, ultime dégradation de l’idée de destin. »(Emil Cioran)

« Qui ne croit pas au destin prouve qu’il n’a pas vécu. » (Emil Cioran)

« L’idée de fatalité a quelque chose d’enveloppant et de voluptueux : elle vous tient chaud. » (Emil Cioran)

« Honneur à ceux qui ne baissent pas les yeux devant la destinée. » (Clémenceau)

« Le destin n’aime pas qu’on embrouille son fil. » (Jean Cocteau)

« La quiétude, c’est le bien de ceux qui ont à jamais choisi une part de leur destin et rejeté l’autre. » (Colette) 

« Le temps est une promesse, non un destin. » (Chantal Delsol)

« L’irruption de la transcendance dans le monde clos de l’immanence fait émerger en même temps la liberté humaine … La destinée dépend, non d’éléments extérieurs aux humains, mais de la réponse qu’ils donneront eux-mêmes à la demande d’un Dieu qui n’est pas la nécessité, qui ne s’impose pas, qui demeure extérieur et retiré … Une culture livrée au ‘fatum’ se préoccupe du futur pour en arracher les secrets à qui les détient, les astres ou les dieux. Elle voudrait savoir mais elle n’a rien à faire. Une culture sans ‘fatum’ sait que l’avenir dépend de ses décisions, et que celles-ci peuvent changer la figure de son monde. Ainsi est-elle tout naturellement fatiguée et fébrile …  C’est l’apparition de l’espérance, de son idée même … Face à l’habitude mondiale et millénaire du temps circulaire, l’espérance est d’une nouveauté inouïe … elle apparaît comme un chemin d’aurore … Partout le destin est répétition inéluctable du passé, l’anti-destin signifie la jeunesse éternelle du monde. » (Chantal Delsol)

« La liberté humaine consiste non pas à se soumettre, mais à prêter sens à la nécessité, c’est ‘l’amor fati’. ‘Ne cherche pas à ce que ce qui arrive arrive comme tu le veux, mais veille que ce qui arrive arrive comme il arrive, et tu couleras des jours heureux’. » (Chantal Delsol – citant Epictète ) – « Se complaire dans les événements, les accueillir avec joie, les accepter avec plaisir, les aimer… » (Marc-Aurèle)

« Le caractère d’un homme fait son destin. » (Démocrite)

« Je vais vous montrer le bout d’un tunnel. Rares sont ceux qui dans le réel, ont vu le bout d’un tunnel ! D’ailleurs, dans un tunnel, il n’y a que le bout d’intéressant ! » (Raymond Devos)

« Nous croyons conduire le destin mais c’est lui qui nous mène. » (Diderot)

« Le destin, contrairement à de captieuses images romantiques, n’est pas une force errante, une attirance indéterminée ; il est ce qui est décidé, ce qui se tient fermement pour chacun ; et au fond c’est bien ainsi qu’il est personnellement ressenti. Le destin n’est pas en avant de nous, mais en arrière. Le situer en avant, c’est forcément se retourner vers l’arrière. » (Jean-Marie Domenach)

« ‘Maîtriser son destin’, ’Construire son destin’, ‘Choisir son destin’ … Nous ne mesurons plus le poids de scandale métaphysique qui s’attache à ces expressions du discours publicitaire… Comment pourrions-nous déterminer cela même qui nous détermine ? Comment les hommes pourraient-ils agir sur une puissance extérieure à la volonté humaine ? » (Jean-Pierre Dupuy)

« Ne cherche pas à ce que ce qui arrive arrive comme tu le veux, mais veille que ce qui arrive arrive comme il arrive, et tu seras heureux. » (Epictète) – « Se complaire dans les événements, les accueillir avec joie, les accepter avec plaisir, les aimer… » (Marc-Aurèle)

« On a toujours raison, le destin toujours tort. » (La Fontaine)

« Il en faut revenir toujours à son destin – C’est-à-dire à la loi par le Ciel établie – Parlez au diable, employez la magie – Vous ne détournerez nul être de sa fin. » (La Fontaine – La souris métamorphosée en fille)

« On rencontre sa destinée – Souvent par les chemins qu’on prend pour l’éviter. » (La Fontaine – L’horoscope)

« C‘est au XIX° siècle que l’Histoire remplace Dieu dans la toute-puissance sur le destin des hommes, mais c’est au XX° siècle que se font voir les folies politiques nées de cette substitution. » (François Furet, historien contemporain) – « Ruse hégélienne de la raison, lutte marxiste des classes, loi darwinienne de l’évolution : dans tous les cas le mal est bon et la violence utile car ils servent les fins supérieures et rapprochent l’humanité de sa destination. » (Alain Finkielkraut)

« Le destin est seulement la forme accélérée du temps. » (Jean Giraudoux)

« En tant que l’avenir est possible et ouvert à l’action transformatrice, notre vie est ‘destinée’. En tant qu’elle est un passé, une archive indestructible, dont pas une ligne ne peut être changée, elle est ‘destin’. » (Emmanuel Godo)

« Faut que tu sois ainsi, nul n’échappe à sa tête.

« Ainsi dit Apollon, ainsi dit le prophète.

« Développe en vivant la forme empreinte en toi

« Que ne peut morceler ni temps, ni roi, ni loi. » (Goethe – Paroles orphiques)

« A mesure que les identités fixes, fondées sur le groupe, ont fait place aux expériences plus mobiles et individuelles du voyage dans la vie, la promesse d’une plus grande liberté a rendu l’individu davantage responsable de son destin. Les anciennes identités de  classe, plus fortes, apportaient un réconfort contre le sentiment d’échec personnel : les gens pouvaient comprendre leur relative infortune comme une conséquence de leur position dans la hiérarchie sociale. » ((David Goodhart)

« Nous rendant maîtres de notre destin, la liberté nous en rend en même temps responsables. Nulle excuse, nul alibi : toute erreur alors est une faute, la nôtre. Les ‘affres de cette liberté’. » (Nicolas Grimaldi – citant Dostoïevski et la légende du grand inquisiteur dans les frères Karamazov)

« L’amour du destin est peut-être une sagesse individuelle, il est surtout un abandon de poste. Il nous convainc de déserter paisiblement l’Histoire. » (Jean-Claude Guillebaud)

« Je pensais qu’il était insensé et dangereux d’intervenir dans le destin d’autrui. » (Hermann Hesse)          

« Le destin abat ceux pour lesquels il vient du dehors, comme la flèche abat le gibier. Mais il renforce ceux pour lesquels il vient du dedans, au plus intime d’eux-mêmes et il en fait des dieux. » (Hölderlin)

« Les peuples somnolaient, mais le destin prit soin qu’ils ne s’endormissent point. » (Hölderlin)

 « Une destinée est un carrefour ; le choix des directions est redoutable. » (Victor Hugo)

« Notre destin actuel semble être celui d’un ‘sauve-qui-peut’ général face à des forces impersonnelles qui procèdent de la mondialisation, de la bureaucratie et de la technologie, dans une société sans dessein, sans espoir collectif, incapable d’imaginer et de promouvoir un futur commun différent. » (Daniel Innerarity)

« Ce temps qu’on ne peut ni ralentir ni arrêter ni à fortiori renverser est la forme la plus inexorable de notre destin, et par conséquent de notre finitude … Ennemi inexterminable. » (Vladimir Jankélévitch)

« Tôt ou tard, le temps aura le dernier mot … Mieux vaut assumer spontanément le destin pour n’avoir pas à le subir … Donc, mieux vaut tôt que tard… » (Vladimir Jankélévitch – à propos du  pardon)

« Entre ce qui dépend de moi et un destin qui n’a jamais dépendu de moi, il y a le destin déposé à tout moment par ma liberté … Car la liberté fabrique et secrète du destin … Ce destin- là n’est pas immémorial mais d’origine libre. » (Vladimir Jankélévitch)

« L’infini de la destinée est limité au-dedans par un destin qui est une double mort : au futur par la mort tout court, au passé et à chaque moment par l’impossibilité de recommencer une vie mal vécue ou de ne pas avoir vécu ce que l’on a vécu, donc par l’irrévocable. » (Vladimir Jankélévitch) – Une vie manquée par sa faute : l’enfer du grand âge.

« Le mauvais goût est le destin de l’époque. » (Claude Jannoud)

« Le destin est ce qui nous arrive au moment où on ne s’y attend pas. » (Tahar Ben Jelloun)

« Ce qu’on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l’extérieur comme un destin. » (Carl Jung)

« Le caractère, dit-on, forme le destin. Notre propre expérience nous l’enseigne, où nous voyons, rétrospectivement, que les mêmes fautes sont toujours revenues nous nuire. Il est difficile, sinon impossible, de les éviter car les occasions qui les provoquent s’offrent à nous sous des déguisements étonnants et toujours changeants. » (Ernst Jünger)

« Nous n’avons pas le choix entre la perfection totale et l’autodestruction totale ; notre souci temporel, c’est le souci sans fin, l’inachèvement sans fin. » (Leszek Kolakowski) 

« La globalisation, version moderne du destin. » (Karel Kosik) – ‘TINA’ ; there is no alternative. Slogan de Margaret Thatcher.

« Un tombeau reste toujours la meilleure fortification contre les tempêtes du destin. » (Georg Christoph Lichtenberg)

« Le christianisme, cette grande révolte contre le ‘fatum païen’, remplaça le destin impersonnel par une providence personnelle. » (Karl Löwith) 

« La différence entre la Providence et la croyance au destin ou au hasard consiste en ce que la Providence divine se sert pour atteindre son but universel de la volonté humaine, libre en dépit de sa corruption. La doctrine d’un destin aveugle néglige la dialectique de la nécessité providentielle et de la liberté de la volonté. alors que, au contraire, la doctrine du hasard épicurienne rabaisse la liberté à un simple caprice. » (Karl Löwith)

« C’est à la Fortune (dieu, hasard) qu’on impute tous les malheurs qui nous accablent ; tandis que si on éprouve quelque bonheur, on s’imagine ne le tenir que de son propre mérite. » (Machiavel)

« Les hommes par temps calme prévoient difficilement la tempête. »(Machiavel)

 « Choses ressenties comme inéluctables, retour des mêmes phénomènes, le fait que tout suive obscurément son cours sans qu’il soit possible véritablement d’intervenir, recours à la voyance … religiosité ambiante, tout cela est bien le signe d’une sorte d’acceptation de la fatalité, l’indice du remplacement de l’Histoire, au cours rationnel sur lequel on peut agir, par le destin qu’il faut assumer … L’acceptation de la ‘propension des choses’ (François Jullien : Chine, Japon) qui évoluent en fonction de leurs dispositions propres … Négation même du fondement philosophique de l’Occident moderne, soit le libre arbitre et la décision de l’individu ou des groupes sociaux agissant pour faire l’Histoire … Le propre du destin consiste à intégrer, et à vivre l’idée de la mort prochaine, de l’inachèvement et de la précarité de tout un chacun et de chaque chose … La vie comme jeu est comme une sorte d’acceptation d’un monde tel qu’il est, d’un monde marqué du sceau de l’éphémère. » (Michel Maffesoli – considérations éparses sur le destin)

« Les vulgates judéo-chrétiennes et hégéliano-marxistes ont fait reposer leur attente parousique sur la dénégation de cette ‘vie-ci’ par rapport à une ‘vie là-bas’ qui serait meilleure et débarrassée de toute vicissitude … Tout autre est la sensibilité tragique, celle du cycle, qui accepte, avec sagesse, ce qui est. Qui met une forme d’intensité à vivre ce qui est. » (Michel Maffesoli) – Mon action ou mon destin. Deux manières de vivre ‘sa vie’, d’apaiser la blessure de la finitude.

« Où est le commencement de nos actes ? Notre destin, quand nous voulons l’isoler, ressemble à ces plantes qu’il est impossible d’arracher avec toutes leurs racines. » (François Mauriac)

« Que faire du vide ? Que faire dans le désert ? Que faire du désert psychique et spirituel … On célèbre la démocratie … et on s’en plaint, on se lamente de ses mœurs, de sa liberté vide ou avide, éclatée et livrée à elle-même, invalide, paralysée … pauvreté des liens entre les individus … monde triste, terne, froid, glacé où l’expérience de la liberté n’est guère réjouissante. On vit mal dans les démocraties vieillissantes… » (Olivier Mongin) – Néanmoins ?

« Le destin, qui toujours nous guette, se jetterait sur nous, s’il flairait ces instants de moindre résistance. » (Henry de Montherlant – à propos de la peur et des faiblesses)

« Aujourd’hui je ferai bon accueil à tout, même au malvenu

« Même pour le destin, je rentre mes piquants. » (Nietzsche)

 « Aucune réalité humaine n’exprime aussi bien l’idée de destin que les paroles malheureuses et leurs conséquences inexpiables. » (Amélie Nothomb)

« Le destin c’est le caractère. » (Novalis)

« Quand je considère la petite durée de ma vie absorbée dans l’éternité précédente et suivante … le petit espace que je remplis et même que je vois, abîmé dans l’infinie immensité des espaces que j’ignore et qui m’ignorent, je m’effraie et m’étonne de me voir ici plutôt que là, car il n’y a point de raison pour moi ici plutôt que là, pour moi à présent plutôt que lors. Qui m’y a mis ? Par l’ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps m’a-t-il été destiné ? » (Blaise Pascal)

« La plupart des hommes ont des incidents. Quelques uns ont des destins. » (Louis Pauwels)

« Sans destination, il n’est pas de destinée. » (abbé de Rancé)

« Un homme qui s’en remet à autrui pour décider de son destin n’est qu’une épave bonne pour la casse. » (Ayn Rand – citée par Eric Sadin – à propos des ambitions de la robotisation et de la  connectique généralisées des apôtres de la Silicon Valley)

« L’esprit, c’est l’ordre du terminal ; l’inconscient, l’ordre du primordial. L’esprit est histoire, l’inconscient est destin. » (Paul Ricœur)

« Chaque fois que l’on met l’estampille ‘providentielle’ ou l’estampille ‘fatale’ sur une forme historique, réalisée ou attendue, on se voue, soit au conservatisme borné, soit au fanatisme de la croisade. » (Raymond Ruyer)

« La destinée historique de l’homme n’est pas de créer des sociétés plus justes ou plus fraternelles, ou plus heureuses, ou plus productives, ou plus puissantes, ou plus artistes, ou plus savantes, ou plus religieuses. Ou, du moins, toutes ces valeurs sont subordonnées à celle-ci : Être capable de durer. » (Raymond Ruyer)   

« Nous ne luttons pas pour que le peuple devienne heureux. Nous luttons pour lui imposer un destin. » (Ernst von Salomon – écrivain et chef de corps francs allemand, mais ce texte pourrait être repris par n’importe quel rouge)

« Lorsqu’on sait ce que le destin dispense à chacun, on demeure interdit devant la disproportion entre un moment d’oubli et la somme prodigieuse des disgrâces qui en résulte. » (Schopenhauer)

« Le destin conduit celui qui veut, traîne celui qui ne veut pas. » (Sénèque)

«  Rien d’autre que l’enchaînement et l’enchevêtrement des causes. » (Sénèque)

« Le destin conduit celui qui veut et traîne celui qui ne veut pas. » (Les philosophes stoïciens)

« Le destin nous poursuit comme un dément armé d’un rasoir. » (Andreï Tarkovski)

« La valeur d’un homme se mesure à sa résistance aux chocs de l’imprévisible, c’est-à-dire à la somme des hasards qu’il peut intégrer dans sa destinée. » (Gustave Thibon)

« Qu’est-ce qu’une destinée réussie ? Celle de l’homme qui n’a pas eu besoin de renier son essence pour trouver sa place dans l’existence – qui a ‘suivi sa voie’, même s’il n’a pas fait ‘son chemin’. » (Gustave Thibon)

« Ce qu’un homme pense de lui-même, voilà qui règle son destin. » (Henry David Thoreau)

« L’homme sans Dieu, sans culture, sans racines, sans horizon, sans autre attache au monde qu’un vague sensualisme claudique vers son fatum comme le ‘Meursault’ de Camus, le ‘Roquentin’ de Sartre, le ‘Loup des steppes’ de Hesse, ‘L’homme sans qualités’ de Musil. » (Denis Tillinac)

« Seul ce qui est sans fondement, assis sur le vide, peut être absolument universel … L’Europe institutionnelle  voudrait nous voir réunis  seulement par le destin … le passé est biffé … Pas de racines (ni chrétiennes ni autres) … Elle suppose qu’en se désarrimant de toute source,  en se donnant seulement des objectifs moraux universels comme la paix et la solidarité, elle mettra en place un destin universel qui réunira toutes les cultures … mais tout destin repose sur des fondements passés. Un destin ne s’appuie pas sur le vide … ‘Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres’ »  (Alexis de Tocqueville) 

« Le destin accompagne celui qui le suit, et entraîne celui qui le refuse. » (adage stoïcien)

« Le destin guide celui qui l’accepte et traîne celui qui le refuse. » (adage romain)

« Pour connaître la route devant toi, demande à ceux qui en reviennent. » (proverbe)

« Celui qui est né pour être pendu ne sera jamais noyé. » (proverbe)

« A force de travail il changeât le hasard en destin. » (?)

« Plus qu’un destin écrit par quelque puissance inconnue et imprévisible nous avons une vocation, soit la pleine réalisation de nous-mêmes dans un monde tel qu’il est ici et maintenant. » (?)

« Dans toutes les existences, on remarque une date, un moment, où bifurque la destinée, soit vers le succès, soit vers la catastrophe. » (?) 

 

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