435,2 – Désinformation, Intoxication, Propagande, Manipulation

– « L’infox continue. » (Basile de Koch)

– « Faire apprendre sans faire savoir au destinataire qu’il apprend. » (?) – Technique de base de tous les média. Conditionnement préalable des exécutants journalistes afin d’obtenir les services adéquats et fidèles sur la durée. « Couvrir un mensonge avec les habits de la vérité. » (Philippe Breton). Travestir avec les mots « On ne dit pas libre-échange contre protection, on dit ouverture contre fermeture. Qui serait contre l’ouverture ? Evidemment, dit ainsi, l’ouverture c’est bien, la fermeture c’est mal. » (Natacha Polony)

– Information qui n’émane pas des informateurs patentés ou peut aussi bien émaner de ceux-ci. Tout dépend des intérêts en jeu. On l’a vue à l’œuvre pour la deuxième invasion de l’Irak, en  2011/12 pour l’Iran et la Syrie, en 2014 pour l’Ukraine, en 2015 pour Daech, organisation sciemment épargnée par l’Occident pour la tourner contre la Russie. C’est une longue tradition. L’Occident : prix Nobel de manipulation, trahison et désinformation.

– Cette désinformation est, bien entendu, programmée en haut lieu. Mais elle fait aussi l’affaire des petits exécutants (journalistes, présentateurs…) qui se font ainsi mousser, parfois même simplement parce que l’enflure est une condition pour qu’ils gardent leur poste.

– Son but est d’entraîner ce qu’on appelle l’aliénation, soit le fait de croire vrai et avantageux ce que la désinformation vous impose, alors même que c’est contraire à la fois à la vérité et à vos intérêts. L’aliénation s’exerce dans le champ du collectif certes, mais également dans le champ individuel des intérêts particuliers (couples, famille, petits groupes…). 

– Il y a aussi des informations qui sont unanimement jugées comme sans intérêt. Ce qui révèle une belle cohérence intellectuelle chez nos médiatiques.  Ainsi, le fait que l’avion qui ramenait le président Poutine d’une conférence des BRIC passait au même cap à 30 minutes d’intervalle que l’avion de la Malaysian airlines, très ressemblant, récemment abattu en Ukraine. Cela n’implique rien, mais, en Occident, on pourrait peut-être le dire si on était bien sûr de n’avoir rien à cacher.

– Le début des grands montages de propagande menteuse est dû aux Américains. Ce qui ne sera une surprise que pour les Gogos-laquais-couchés. Lors de l’invasion de Cuba par les marines américains et la déclaration de guerre à la faible Espagne, au printemps 1898. « Gigantesque campagne d’opinion en faveur de la guerre en direction du public et des gouvernants, où se distingue la presse sensationnaliste de Randolph Hearst ; Citizen Kane. » (Armand Mattelart) – Mensonges, trucages, montages, faux, appel à l’émotion tordue… par le texte, les photos, toute la panoplie de l’intoxication classique américaine est déjà là. Amorce de l’hypocrite droit d’ingérence d’aujourd’hui, déjà implicite dans la doctrine Monroe.

– « Plus rien ne permet de discriminer entre info et intox, les théories les plus rocambolesques trouvent droit de cité (théories du complot). » (Sébastien Charles – avec Gilles Lipovetsky) – Théories, pas toujours aussi rocambolesques. Il est évident que, depuis le début du XX° siècle (invasion de Cuba en 1898 par les Etats-Unis, début de la grande intox), l’Occident anglo-saxon a accumulé tellement de mensonges, de provocations et de sinistres manipulations (allant jusqu’à inventer le débranchement de couveuses de prématurés koweïtiens par le méchant Saddam Hussein), qu’aucun esprit droit et libre (excluons le Gogo-Bobo et la dame patronnesse avouée ou manquée) ne peut croire sur parole un émissaire de ce monde.

– La disqualification de l’adversaire ou des thèses adverses est le premier postulat de la propagande : faire entendre leur caractère potentiellement, ou ouvertement, raciste, antisémite… par fabrication pure, ou association et glissement d’idées, ou association et glissement d’images, par adjonction de références ou de noms, ou d’événements. Que ces thèmes rajoutés n’aient rien à voir n’a aucune importance puisqu’il s’agit seulement de marquer les esprits, d’ailleurs généralement incultes et soumis tels que le système scolaire les a préparés à l’être.

– S’adressant aux peuplades stupides et larmoyantes d’Occident, l’image est le meilleur moyen d’intoxication des esprits (dans la mesure où on peut parler d’esprits chez les gogos).

– Si le texte parle à l’intelligence, laisse le temps à la réflexion, permet la contradiction argumentée, respecte la liberté sans la forcer, l’image, avec les possibilités de manipulation qu’offre son choix et sa présentation, son impact émotionnel, sans même compter les trucages, s’adresse aux sens, à l’impression immédiate, donc à l’émotion. Elle est instrument de manipulation. Convaincre et séduire, raison et sentiment, le discours et l’image.

– Le trucage le plus simple, largement pratiqué, consiste à accompagner une image authentique d’un commentaire textuel ou verbal qui la déplace chronologiquement ou spatialement afin de la charger d’un sens qu’elle n’a pas (généralement, image de la période x ou d’un lieu y et texte concernant une période postérieure ou un endroit autre et n’ayant rien à voir) ; établissement artificiel et trompeur d’une relation entre deux éléments distincts. Le trucage plus élaboré et aussi largement pratiqué consiste à la fabriquer avec des acteurs d’occasion. La seule exigence étant de disposer du réseau médiatique pour la répandre comme vérité.

– Les Assises et autres Etats-généraux dont nos dirigeants raffolent ne sont là evidemment que pour éblouir les imbéciles et faire œuvre de propagande pour la personne de ces dirigeants

-En matière de manipulation, on peut voir aussi à la rubrique Décision, Choix, 195,1, des extraits du livre de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens.

A la rubrique Mots, 470,2, on trouvera une liste de termes utiles pour désinformer, salir…

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« La tâche de ceux qui nous livrent l’image du monde consiste à confectionner à notre intention un Tout mensonger à partir de multiples vérités partielles … ce qui est ainsi visé c’est la coïncidence du monde réel et du modèle … Pas de différence entre le Juif véritable et le stimulus diffusé par la propagande nazi. » (Günther Anders)

 « Là où l’on ment, et où ne ment-on pas ? On ne ment pas avec des mots mais avec des photos, on ment en photographiant … en fabriquant des stéréotypes devenant l’incarnation de la réalité … des formes-conditions a priori non seulement de l’entendement, mais du sentiment, des comportements et des actes, des matrices culturelles universelles telles que les plus spéculatifs des philosophes n’auraient pu les imaginer. » (Günther Anders)

« Ce n’est plus celui qui a la plus grosse bombe qui l’emportera dans les conflits de demain, mais celui qui racontera la meilleure histoire. » (John Arquilla, spécialiste américain, eux-mêmes spécialistes du mensonge) – « Un programme que vont illustrer les guerres humanitaires de la fin du XX° siècle et du début du XXI°. » (François-Bernard Huyghe)

« La vraie censure ne consiste pas à empêcher de dire, mais à obliger à dire. » (Roland Barthes)

« Procédé dit de la ‘Vaccine’ : un peu de mal avoué dispense de reconnaître beaucoup de mal caché … On inocule un mal contingent pour prévenir un mal essentiel … Le mal immanent de la servitude est racheté par le bien transcendant de la religion, de la patrie, de l’Eglise (de l’institution en général) … Procédé de mystification qui consiste à vacciner le public d’une pointe de mal, pour mieux ensuite le plonger dans un Bien Moral désormais immunisé … Confesser le mal par une petite inoculation de mal accidentel d’une institution de classe pour mieux en masquer le mal principiel. On immunise l’imaginaire collectif par une petite inoculation de mal reconnu … On reconnaît quelques subversions localisées… » (Roland Barthes – Mythologies) – Bien sûr nous ne sommes pas parfaits … Oui, assurément, là nous avons commis  une erreur …

« Ce que la bouche s’accoutume  à dire, le cœur s’accoutume à le croire. » (Baudelaire) – Ce que les oreilles entendent…

« Quand la demande est maximale (et aujourd’hui partout la demande d’événements est maximale), elle court-circuite les données initiales et produit un effet de réponse incontrôlable … Les Américains n’ont pas fait autre chose dans la guerre du Golfe. Par l’excès de leur déploiement et de leur mise en scène, par l’épreuve démesurée de leur puissance et de leur maîtrise de l’information, ils ont décrédibilisé et la guerre et l’information … L’Europe du XV° et du XVIII° siècle communiquaient d’une façon plus vivante et plus libre que l’Europe télévisuelle et interactive du XX° siècle … Ce tribunal moderne de l’information, qui prend toute la tournure d’une inquisition … Jamais plus on ne pourar regarder de bonne foi une image de télévision. » (Jean Baudrillard) – Sans compter l’enflure médiatique, la course à l’audience, la prétention des soi-disant journalistes et des non moins soi-disant experts, l’intoxication délibérée, le mensonge institutionnalisé et rétribué… Mille exemples…

« La déréalisation de nos vies, la perte, frénétiquement imposée, du simple sens de ce qui est. Condition de la survie très provisoire d’une modernité … Le processus de déréalisation est processus d’inversion du réel, conduisant à affirmer en permanence le contraire de ce qui paraît pourtant devant les yeux de tout un chacun. » (Matthieu Baumier) 

« Dans nos démocraties libérales … maintenir le plus grand nombre … dans les couches les plus soumises et les plus déterminables des organisations et de la vie sociale. On y parvient en faisant vivre les gens dans un onirisme idéologique fait d’idées émollientes et sans authentique référence (apprendre à se connaître, être soi-même, se sentir libre, savoir se remettre en cause, se faire ses propres opinions, prendre soin de soi…). Ces idées molles nous éloignent de toute analyse de nos positions d’agent social et nous anesthésient contre tout vécu   de la soumission et de l’obéissance. Nombre de ces idées prédisposent en outre aux influences sournoises et à la manipulation. » (Jean-Léon Beauvois)

« Plus les gens parlent, plus ils sont saturés d’informations, moins ils agissent. » (Miguel Benasayag) 

« Quand on veut rétablir les lieutenants de louveterie, il faut crier que les loups sont là. D’ailleurs, si on le crie tous les jours, il se peut qu’un jour on dise vrai. » (Julien Benda – ou comment faire passer des mesures exceptionnelles, censure, lois d’exception… en criant au loup, quitte à l’inventer un peu)

« – ‘Stopcrime’ : la faculté de s’arrêter net, comme par instinct, au seuil d’une pensée dangereuse, ne pas percevoir les erreurs de logique, ne pas comprendre les arguments les plus simples s’ils sont contre ‘l’Ingsoc’, éprouver du dégoût pour toute suite d’idées capable de mener dans une direction indésirable – ‘Blackwhite’ : Quand les faits démentent les mots du Parti, les faits doivent se plier, pouvoir dire que le noir est blanc, le dire, plus le croire, et plus encore le savoir irréfutablement – ‘Doublethink’ : suppose dissolution systématique de la mémoire, la dernière version officielle est le passé et aucune autre version ne peut jamais avoir existé, garder à l’esprit deux croyances contradictoires, dire des mensonges délibérés tout en y croyant sincèrement. On sait qu’on falsifie la réalité, mais avec un supplément de double pensée, on se persuade qu’on ne la falsifie pas … La tâche du militant révolutionnaire n’est pas de détromper son adversaire ni de le persuader de la vérité. Elle est de détruire la réalité qui se trouve derrière la conviction de l’adversaire. » (Alain Besançon – reprenant 1984 de George Orwell) – Ne reconnaît-on pas la presse de gauche ? la dictature du politiquement correct ?

« Quand il s’agit de faire pénétrer lentement  des idées et des croyances dans l’esprit des foules, les meneurs ont principalement recours aux trois procédés suivants : l’affirmation, la répétition, la contagion. L’action en est assez lente, mais les effets durables … Plus l’affirmation est concise, dépourvue de preuves et de démonstration, plus elle a d’autorité. » (Gustave Le Bon)

« ‘On sait’ maintenant que la peine de mort n’a aucune valeur dissuasive. ‘On sait’ qu’une organisation politique obéissant au principe de la séparation des pouvoirs est préférable à un pouvoir concentré. ‘On sait’ que le protectionnisme est en général un principe pervers. ‘’On sait’ que les souverainistes sont méchants et vilains … ‘On sait’ que la séparation de l’Eglise et de l’Etat, que la liberté d’opinion, que le droit à l’éducation, à l’égalité des femmes, à l’Etat de droit, au droit de propriété, au droit d’ingérence, au principe de subsidiarité… On constate facilement que toutes ces idées sont l’objet d’une appréciation positive dans les sociétés occidentales modernes. » (tiré de Raymond Boudon) – Ou comment se foutre du monde ! Toutes ces idées, et bien d’autres, présentées comme des évidences par l’utilisation perverse et sans explications de l’expression On sait, ne font nullement l’objet d’un consensus mais sont imposées par la pression qu’exerce la clique politico-médiatique.

« ‘Le langage politique, des conservateurs aux anarchistes, a pour fonction de rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable, et de donner à ce qui n’est que du vent une apparence de consistance.’ (George Orwell) … Il doit principalement consister en euphémismes, pétitions de principe et imprécisions nébuleuses (qu’y a-t-il sous les expressions ‘pacification’, ‘transfert de population’ ou ‘rectification de frontière’, ‘d’élimination des éléments suspects’ … cette phraséologie est nécessaire si l’on veut nommer les choses sans évoquer les images mentales correspondantes. » (Jacques Bouveresse – résumant Karl Kraus) 

« Les techniques de propagande et de manipulation ne sont rien d’autre que des techniques de pénétration par l’autorité publique de l’espace de l’intériorité pour y contrôler la parole à sa racine. » (Philippe Breton)

« La propagande, paradoxalement, va de pair avec la démocratie. Dans un contexte où la pure coercition suffit, où la hiérarchie s’exerce sans partage, où le mythe, sous sa forme archaïque, en impose suffisamment, la propagande n’a pas de sens. Elle est une invention typique de la décomposition des systèmes démocratiques. » (Philippe Breton) – Lien avec la décomposition ? Peu clair. Elle n’attend pas la décomposition, même si elle se renforce avec celle-ci et commence à se doubler du retour de la coercition.

– « L’idée de ‘déni’ est une des plus belles trouvailles du XX° siècle. C’est la clé pour comprendre notre temps : crainte de nommer les choses, soif d’amoindrir les faits, penchant pour le jugement moral, devoir de détourner les yeux devant la réalité réputée infectieuse. Oui, la réalité est sale et par conséquent les mots doivent être changés, tels des pansements ; c’est la conviction d’une époque hygiéniste. » (Stéphane Breton)

« Hitler s’aperçoit de l’échec de ses réunions, quand elles ont lieu le dimanche matin … Il en découvre vite la raison : le public vient l’esprit dispos et, examinant ses arguments, résiste à son éloquence. Il décide alors de parler le soir et le plus tard possible …  ‘Dans tous les cas, il s’agit de l’affaiblissement du libre arbitre de l’homme…’ Puis on ajoute mise en scène, lumières, musique … Le chef, seul point éclairé d’une salle obscure, procédé classique pour provoquer l’hypnose… Aucun recours n’est prévisible contre les entreprises d’une stratégie cynique et concertée, qui sait parfaitement que, si l’esprit d’examen et les facultés lucides peuvent l’emporter chez l’individu isolé, il n’en est absolument pas de même dans une foule. Dans l’enthousiasme collectif, qu’une technique élémentaire y suscite sans peine, les freins intellectuels et jusqu’aux inhibitions morales perdent la presque totalité de leur efficacité. » (Roger Caillois) – Si Hitler (Goebbels) n’a sûrement rien inventé, il a à coup sûr répandu ses méthodes, au moins celle-ci.

« Il s’est formé parmi nous une caste qu’on pourrait appeler  celle des ‘Amis du Désastre’. Sa fonction paraît être, soit de nier purement et simplement les évolutions fâcheuses, soit d’expliquer, lorsque c’est impossible, qu’elles sont loin d’être aussi fâcheuses qu’il y paraît, ou qu’elles sont les prémices, peut-être un peu longuettes, soit, de grands bonheurs à venir. Les Amis du Désastre exercent leur talent, assez logiquement dans les domaines où le désastre semble le plus manifeste : l’éducation, la sécurité, le langage et le paysage … Ces ‘intellectuels organiques’ ont la triste fonction d’expliquer au peuple qu’il ne sait pas ce qu’il dit, qu’il ne voit pas ce qu’il voit, qu’il ne ressent pas  ce qu’il ressent … Il est faux que la violence aille en augmentant ; c’est seulement qu’on porte plainte plus facilement. » (Renaud Camus)

« Il n’est nul besoin de cacher les nouvelles défavorables ni d’inventer de faux triomphes, il suffit de faire comme si les premières n’avaient pas d’importance par rapport aux seconds qui sont surestimés avec l’appui de toutes les institutions, à la rescousse desquelles se précipitent les grands médias et l’élite intellectuelle officielle, jusqu’à que soit créé un phénomène de mode … Les démocraties réduisent la vérité à un problème psychologique affectant les insociables et les ratés. » (Stanko Cerovic – Dans les griffes des humanistes) – C’est la version démocratique des asiles psychiatriques de l’ex-URSS. 

« La propagande qui se sert des mots pour tuer les mots en leur faisant dire leur contraire. » (Bernard Charbonneau)

« Tout mensonge répété devient une vérité. » (Chateaubriand) – Et les média s’y entendent pour nous matraquer avec leurs mensonges.

« La propagande est à la société démocratique ce que la matraque est à l’Etat totalitaire. » (Noam Chomsky)

« Si nous avions un vrai système éducatif, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. » (Noam Chomsky)

« La doctrine du pouvoir : les calomnies s’impriment, la réponse, non. » (Paul-Louis Courier) – C’est aussi devenu la doctrine des média, imprimés ou non .

« L’endoctrinement sans doctrine appelé ‘communication’, l’opium du ‘people’. » (Régis Debray)

« Fausse alarme, propos non vérifié, citation tronquée, mis en une de l’anodin, paniques immotivées, montée en neige du nul, grand scandale hebdomadaire, caméra bien placée faisant du petit attroupement une manifestation monstre, ou l’inverse, l’anecdote tenant lieu d’argument, la vue générale comme juxtaposition de cas singuliers : ces subterfuges sont le pain quotidien d’un monde éberlué qui, peut-être, croit sincèrement que ‘les images parlent d’elles-mêmes. Opportune crédulité … Dans une démocratie d’opinion, la fabrication de l’opinion joue les premiers rôles. » (Régis Debray) 

« La difficulté, et même l’impossibilité, d’opposer à l’information par l’image  la contre-information par le mot … L’image fait masse, fait tribu. Elle est contagieuse et émotive, immédiatement. Bien sûr, toute immédiateté est imposture (ce pour quoi les média trompeurs privilégient le direct !), mais la dénonciation de l’imposture suppose une analyse, un recul, un déploiement dans la durée, bref un discours. Le défilement en accéléré de l’imaginaire court-circuite le moindre discours critique … On ne peut répondre à une télévision que par une autre, et encore si on a d’autres sources d’images à disposition. (Régis Debray) – J’ai vu, donc c’est vrai. Ainsi va le Gogo- Bobo.

« Aujourd’hui le décervelage s’accomplit par la répétition ‘ad nauseam’ du même  discours dans tous les organes de presse, et par les gouvernants toutes tendances confondues … On reconnaît la domination de la pensée à une désignation particulière des adversaires. Ceux-ci sont décrits systématiquement comme des arriérés ou comme des imbéciles … Ils ne pensent pas. » (Chantal Delsol) – Encore heureux si on n’appelle pas au lynchage pur et simple.

« La forme la plus actuelle de la désinformation est la surinformation. Parmi trop de nouvelles, il devient de plus en plus difficile de faire le tri entre les mensonges, volontaires ou non. » (Jean-François Deniau)

« Une information n’est plus vraie ou fausse, mais potentiellement utile ou néfaste à telle cause ou à tel parti. » (Duverger, Ménard) – Le fameux ‘fact-checking’ ne sert qu’à imposer la version officielle des dominants ; évidemment, rien à voir avec la vérité qui d’ailleurs n’intéresse personne.

« Rares sont ceux qui regardent avec leurs propres yeux et qui éprouvent avec leur propre sensibilité. » (Albert Einstein)

« La propagande dite ‘noire’, terme américain : diffusion de fausses nouvelles, campagne de diffamation, création d’organismes camouflés sous une raison sociale quelconque, soutien matériel et financier d’organismes étrangers… et bien sûr activités plus violentes et plus sanglantes). » (Yves Eudes – La conquête des esprits) – Rien à apprendre sur la CIA.

« ‘Celui qui croit que l’histoire est uniquement faite par les hommes qui tiennent le devant de la scène et qu’elle est déterminée par les facteurs économiques, politiques, sociaux et culturels les plus apparents’, celui-là ne voit et ne cherche rien de plus ; et c’est cela que recherche toute force qui veut agir en sous-main … Le préjugé positiviste. » (Julius Evola – citant Disraeli)

« La tentation est alors grande de substituer …Le jugement à l’explication … La communication consiste à sélectionner, parfois en les déformant, des faits, à leur adjoindre des allusions, des impressions, des sentiments ou ressentiments, pour que l’ensemble face système et serve un message … Un arrangement partiel des faits, un déchiffrement dont l’interprétation peut faire message … l’hypothèse plausible suivant laquelle nous vivons des temps idéologiques sans le percevoir. » (Jean-Paul Fitoussi) – L’hypothèse est effectivement fort plausible.

« La chasse aux ‘fake news’ offre aux censeurs d’appréciables marges de manœuvre afin de filtrer l’information. Qui décide de ce qui est vrai ? Sur quels critères, Juge t-on les faits ou les opinions ? La démarche fournit en tout cas un parfait alibi pour museler les détracteurs véhéments. » (Jean Fulmini – à propos des ambitions politiques de Mark Zuckerberg)

« Aux lanceurs d’alerte désintéressés voulant dénoncer des scandales d’Etat ont succédé des pirates et des multinationales cherchant à déstabiliser leurs cibles à des fins peu avouables … L’intérêt de l’arme du ‘leak’ (arme utilisée par tout le monde, facile de pirater une boîte mail, d’insérer de fausses dépêches…) réside dans l’impunité qu’elle autorise notamment aux pirates informatiques qui sont bien souvent à l’origine des fuites massives … Les ‘lanceurs d’alerte rémunérés’ ! (et commandités) … Qui sont ces pirates ? Pour qui travaillent-ils ? » (Pierre Gastineau et Philippe Vasset – Armes de déstabilisation massive, le business des fuites de données)

« Nous ne parlons pas pour dire quelque chose mais pour obtenir un certain effet. » (Goebbels) – Même suicidé, il a fait de nombreux émules.

« Ce que l’on croit devient notre réalité … Nos croyances vont nous amener à filtrer la réalité, c’est-à-dire à filtrer ce que l’on voit, entend et ressent …Ce que vous croyez sur le monde vous conduit à donner un sens à tout ce qui est ambigu ou incertain, et cela renforce vos croyances, une fois de plus. » (Laurent Gounelle – L’homme qui voulait être heureux) – Double effet de l’intoxication politico-médiatique : déformer des événements ponctuels, la réalité immédiate, et, conséquemment, à plus long terme et plus profondément, nous faire percevoir le monde suivant le conditionnement qu’on nous a imposé par à coups, sans plus à avoir à intervenir. D’où l’importance de la propagande à  et dés l’école.

« Les idées et les opinions ne ‘naissent’ pas  spontanément dans le cerveau de chaque individu ; elles ont eu un centre de formation, d’irradiation, de diffusion, de persuasion, c’est un groupe d’hommes ou bien même un seul individu qui les a élaborées et présentées sous leur forme politique d’actualité. » (résumé d’Antonio Gramsci par un autre auteur) – Pas un Gogo, pas un Bobo, son frère de lait, ne se demandera par qui.

« Des éléments de langage sont une série de phrases, d’expressions, de mots-clés et de slogans, distribués à un ou plusieurs personnages politiques : du ‘prêt-à-répéter’ aux médias … Car nous avons un ressenti de plus en plus positif envers un message à mesure qu’il nous est répété en boucle, c’est ‘l’effet de simple exposition’ … En agissant comme une escadrille de bombardiers armés des mêmes éléments de langage, une petite équipe de personnalités politiques peut à la longue faire passer un mensonge pur et simple pour une vérité dans le débat public, en l’assénant en boucle, encore et encore. » (Thomas Guénolé – Petit guide du mensonge en politique) – Et, ils ne s’en privent pas. 

« En 1975, Pasolini expliquait que la manipulation de l’opinion passerait désormais par la création d’un ‘antifascisme facile’, qui a pour objet un fascisme archaïque qui n’existera plus. Trente ans plus tard, Lionel Jospin confessera que la lutte antifasciste contre le FN n’était ‘que du théâtre’. » (Christophe Guilluy – Ecrits corsaires pour le premier ; Répliques, France Culture 29/9/2007, pour le second)

« Le discours ‘d’ouverture’ au monde et aux autres apparaît pour ce qu’il est : un écran de fumée destiné à dissimuler l’émergence d’une société fermée, séparée, au plus grand  bénéfice des classes supérieures. En quelques décennies, protégée dans ses nouvelles citadelles, la nouvelle bourgeoisie s’est approprié le patrimoine, les emplois, les richesses, le pouvoir politique et culturel … La mise en avant de la société ‘ouverte’ permet à contrario de définir une société ‘fermée’, celle du repli, et ainsi de présenter les perdants de la mondialisation comme des gens aigris ayant des problèmes avec l’altérité … Mise sous le tapis de la question sociale … Cette société de ‘l’ouverture au monde’ est en réalité un petit monde fermé. Sûres de leurs choix économiques et sociaux et de leur supériorité morale, les nouvelles classes urbaines fabriquent l’essentiel des représentations et du discours unique … Toute représentation alternative, surtout si elle contribue à rendre visible le conflit de classe, est au mieux contestée, au pire ostracisée ou fascisée. La rhétorique de ‘l’ouverture’ (à l’autre, au monde) permet ainsi de disqualifier toute représentation qui contesterait l’ordre économique et social existant … Les opinions populaires qui contestent la mondialisation et le libre-échange sont opportunément réduites à la question du racisme … Face aux contestations du modèle économique et sociétal dominant, la classe dominante n’a plus d’autre choix que de dégainer sa dernière arme, celle de l’antifascisme … Véritable arme de classe, l’antifascisme présente un intérêt majeur. Il confère une supériorité morale à des élites délégitimées en réduisant toute critique des effets de la mondialisation à une dérive fasciste ou raciste … Il s’agit de défendre des intérêts de classe, pas de protéger des ‘minorités‘ … Si elle perd la guerre des représentations, la classe dominante est nue. Elle devra alors faire face à la question sociale et assumer les choix économiques et sociétaux qui ont précarisé les classes populaires. » (Christophe Guilluy – Le crépuscule de la France d’en haut)  – Et c’est là que le concours de la gauche, de ses milliardaires au parfum et de ses gauchistes de base aliénés (universitaires, journalistes…) est indispensable pour maintenir la fiction antifasciste et antiraciste .

« L’organisation de l’enthousiasme. » (Elie Halévy) – Toutes les propagandes guerrières. Les média adorent.

« Puisque l’idéal et les goûts de la majorité des hommes peuvent être déterminés par des circonstances que nous pouvons déterminer, autant employer délibérément ce pouvoir pour diriger leurs idées dans un sens que nous estimons désirable. » (Friedrich A Hayek – sur l’argument de nombreux intellectuels, les intellectuels-laquais de l’empire du Bien)

 « On obtiendra l’adhésion des gens faciles et dociles à duper qui n’ont pas de convictions personnelles bien définies et acceptent tout système de valeurs à condition qu’on leur répète des slogans appropriés assez fort et avec suffisamment d’insistance. » (Friedrich A Hayek) – Les média sont là pour ça.

« Les gens tombent plus facilement d’accord sur un programme négatif, la haine, l’envie… que sur des buts positifs. C’est presque une loi de la nature humaine. » (Friedrich A. Hayek) – Il n’y a qu’à voir la gauche et son exploitation forcenée de l’envie.

« La manière dont en quelques jours, la conformité totale de l’opinion a été obtenue. Toute opposition à l’engagement français s’est trouvée subitement marginalisée du haut en bas de la société. Sans qu’une quelconque censure ait été établie (du moins officiellement), la presse (et l’ensemble des média) … s’est pleinement alignée sur le point de vue officiel. En quelques jours la société française est devenue totalitaire (non, a révélé son caractère totalitaire) … D’autant plus étonnant que jamais depuis 1918 un tel consentement n’avait été obtenu dans des guerres qui, pourtant, intéressaient bien plus directement la France … que les Etats-Unis, beaucoup plus directement engagés, n’ont connu aucun phénomène analogue. » (Roland Hureaux – sur la guerre dite du Golfe en 1991) – La servilité des média français n’est plus à démontrer : chasse en meute contre les petits, référendums européens, guerre du Kosovo et agression contre la Serbie, manipulations tordues en Ukraine aujourd’hui et haine de la Russie.

« L’intoxication vise des acteurs ou dirigeants via une source qu’ils croient rare secrète. Elle provoque des réactions faussées. La désinformation suppose, elle, un public … Elle dirige des passions. » (François-Bernard Huyghe)

« Faire passer tout discours réfutant le vôtre (pour résumer : tout blanc chez nous, tout noir chez l’adversaire) pour une fabrication des services adverses ou de forces œuvrant dans l’ombre. » (François-Bernard Huyghe)

« Les désinformations qui ont échoué (mais qui ont marché le nombre de jours suffisants pour faire saliver les imbéciles médiatisés) sont les seules dont on puisse parler : les charniers de Timisoara qui annoncent les faux charniers ultérieurs du Kosovo, de Libye, pures inventions occidentales, Saddam est à quelques semaines d’avoir la bombe atomique, les couveuses de prématurés débranchés par les Irakiens au Koweit … Par contre, la mise en scène soviétique  sur le massacre de Katyn faussement attribué aux Allemands aura presque tenu un demi-siècle … Les ‘D’ de l’Otan : destroy, deceipt, deny, degrade, disrupt, discredit : ‘L’hitlérisation’ des Serbes. » (François-Bernard Huyghe – considérations éparses sur la désinformation – La désinformation, les armes du faux)

« La contre-désinformation se développe sur un modèle inquisiteur et moralisateur. » (François-Bernard Huyghe) – Voir la campagne sur les prétendues fake news afin de restaurer le monopole de la doxa.

« Les réseaux sociaux (la démocratisation du faux) sont de redoutables moyens de diffusion de la rumeur, du scepticisme de masse et des délires. » (François-Bernard Huyghe) – Ils sont aussi aisément manipulables par des professionnels.

« De façon spécieuse, par l’art des discours, ils attirent d’abord les simples à la manie des recherches. Par une vraisemblance frauduleusement agencée, ils séduisent l’esprit des ignorants. » (saint Irénée – sur les Gnostiques)

« Les ingénieurs d’âmes. » (Jdanov – reprenant l’expression de Staline pour définir le rôle des écrivains) – On croirait retrouver nos actuels intellectuels-sociologues-médiatisés, courbés et couchés.

« Comme on le sait, la censure, aujourd’hui, ça n’existe plus, la liberté est totale. Mais un journal, une radio (comme la télévision) peuvent opérer des choix dans l’information (comme dans leurs invités). » (Pierre Jourde)

« Sur le plan pratique, se laisser voir, c’est donner prise à l’autre et le laisser avoir barre sur soi ; sur le plan théorique, le vrai manipulateur se confond avec le fonctionnement du dispositif, se dissout en lui. » (François Jullien) – Dispositif : équivalent dans la pensée chinoise qu’analyse l’auteur, de situation, d’environnement, d’état des forces et tendances…

« La propagande a le plus urgent besoin d’un état tel que l’ennemi du pouvoir, de la classe, du peuple, soit, certes, mis hors d’état de nuire, et déjà succombe presque sous le ridicule, mais, tout de même, sans que l’espèce en soi entièrement éteinte. Les dictatures ne peuvent vivre de pur assentiment, si la haine et, par elle, la terreur n’y ajoutent leur contrepoids. » (Ernst Jünger) – Et pas seulement les dictatures. Ces manipulations sont pratiquées par tous les pouvoirs.

« Les choses ne sont pas ce qu’elles sont, elles sont ce qu’il est dit qu’elles sont. Et les mots pour les dire les remplacent tout à fait. » (Hervé Juvin)

« Les conforts de la double pensée … Je réagis au choc brutal de la réalité sur l’illusion d’une façon caractéristique du vrai croyant. J’étais étonné, éberlué, mais … j’avais des yeux pour voir, et un esprit conditionné pour éliminer ce qu’ils voyaient. Cette ‘censure intérieure’ est plus sûre et plus efficace que n’importe quelle censure officielle. Cela m’aidait à surmonter mes doutes et à remodeler mes impressions dans la forme désirée. La censure intérieure chez le vrai croyant est aussi tyrannique que l’obéissance imposée … L’homme terrorise lui-même sa conscience, il a un rideau de fer dans le crâne pour protéger ses illusions contre l’irruption du réel … Je vivais dans un monde mental qui était un ’univers clos’. » (Arthur Koestler – sur la  censure et ses réactions de communiste lors d’un voyage en URSS au début des années 1930 et au spectacle des villages déserts, des foules misérables et affamées dans les gares, des nourrissons squelettique après la grande famine qui suivit la collectivisation forcée des terres.) – Combien de nos politiciens, de nos journalistes, de nos prétendues élites vivent aujourd’hui dans un univers aussi clos ?

« La manipulation des signes et des symboles par les grands média, les sondages et la publicité assure un nouveau contrôle des esprits qui rend insolite et impossible à entendre  toute évocation de ce qui contredit le consensus non critiqué qu’elle génère. » (Thomas de Koninck)

« Elle croit tout ce qu’on lui dit. Pourvu qu’on le dise avec assez d’insistance. Pourvu aussi que l’on flatte ses passions, ses haines, ses frayeurs. Il est donc inutile de chercher à rester en deçà des limites de la vraisemblance : au contraire, plus on ment grossièrement, massivement et crûment, mieux sera-t-on cru et suivi. Inutile également de chercher à éviter la contradiction : la masse ne la remarquera jamais ; inutile de chercher à coordonner ce que l’on dit aux uns avec ce que l’on dit aux autres : personne ne croira ce que l’on dit aux autres, et tout le monde croira ce que l’on dit à lui ; inutile de viser à la cohérence : la masse n’a pas de mémoire ; inutile de lui dissimuler la vérité : elle est radicalement incapable de la percevoir ; inutile même de lui cacher qu’on la trompe : elle ne comprendra jamais qu’il s’agit d’elle. » (Alexandre Koyré – sur la masse) – Il s’agit des Gogos-Bobos. Le peuple, resté peuple, sait très bien, lui, quand on le cocufie. En effet, l’auteur ajoute : « Les membres de la ‘masse’ se recrutent bien souvent parmi ceux des ‘élites sociales’. »

« Lorsque vous devez choisir qui croire, les chiffres officiels ou vos propres yeux, vous devriez toujours croire vos yeux. » (Paul Krugman) – « Ce n’était pas seulement la validité de l’expérience mais l’existence même d’une réalité extérieure qui était tacitement niée … L’hérésie des hérésies était le sens commun … Le Parti disait de rejeter le témoignage des yeux et des oreilles. » (George Orwell) – Ce n’est plus le Parti, mais le gang politico-médiatique, y a-t-il une différence ?

« Le propagandiste sait que les vérités partielles trompent plus efficacement que les mensonges … En utilisant des détails exacts pour donner, par implication, une image trompeuse de l’ensemble, le propagandiste doué parvient à faire de la vérité l’atout le plus important de l’erreur. » (Christopher Lasch)

« On a débaptisé l’eau de Cologne devenue eau de Louvain, les chiens de berger allemands devenus bergers alsaciens, la rue de Berlin devenue rue de Liège, et les propriétaires de la rue Richard Wagner l’ont renommée rue Albéric Magnard. » (Paul Léautaud – guerre de 14-18) – On a aussi enlevé sa nationalité à Beethoven pour le déclarer belge, donné la croix de guerre à un pigeon voyageur et envisagé d’en affubler la tour Eiffel !  Avant cette guerre, par haine de l’Allemagne, on ne jouait aucun opéra de Wagner à Paris. On n’est plus dans la propagande, mais dans la stupidité à l’état pur ; stupidité méprisante et haineuse, domaine dans lequel les Français hélas excellent et dans lequel aucun autre peuple ne leur arrive à la cheville.

« En démocratie d’opinion, le réel est fabriqué par le complexe économico-médiatique. C’est lui, Bien incarné, qui décide ce qui  ‘fait sens’ et ce qui ‘ne le fait  pas’, ce qui est noble et ce qui est sordide. Une procession de cinquante féministes et autant de « people », par exemple, est rien moins qu’ ‘historique’. En revanche, cent mille ouvriers, artisans, employés qui défilent pour réclamer de mieux vivre de leur travail et d’exercer effectivement le pouvoir, c’est au mieux étrange, au pire fascisant. » (Nicolas Lévine)

« La technique fielleuse de l’association par contiguïté, ou de l’amalgame est employée dans ses plus séduisants raffinements. » (Elisabeth Lévy) – Dite aussi : Etiquetage. Explications : Joindre systématiquement à un nom un qualificatif ressenti comme péjoratif : le milliardaire Dupont, le bouillant Durand, l’agitateur Martin, le partial Machin, le boutefeux Truc, l’autoproclamé professeur, le pseudo intellectuel, le sulfureux X, l’extrémiste Y, le controversé Z, l’ancien militant d’Occident …  Il ne s’agit pas d’informer, mais d’influencer, ce traitement est réservé aux gens de droite « Imaginez-vous des centaines d’articles sur Lionel Jospin et Julien Dray qui commenceraient par évoquer leur passé trotskiste, ou bien le passé d’Henri Weber ou de Cambadelis ? » (Paul-François Paoli – Comment peut-on être de droite ?) – Faire voisiner dans une même phrase, même tirée par les cheveux, un nom et un événement ou un fait déplaisant ou ressenti douloureusement : X ——– la saint Barthélémy, les chambres à gaz, les camps, la guerre, un massacre, l’exclusion, le racisme, l’antisémitisme, la pauvreté, le colonialisme, le nazisme, le fascisme (toujours inépuisables) … le lecteur borné, ou simplement rapide et confiant de nature, ne verra que du feu dans l’artificialité du lien, surtout si on prend soin d’écarter un peu le nom et la suggestion manipulatrice, de faire semblant de seulement faire preuve de connaissances historiques, sans aucune volonté de nuire bien sûr ; Jeu d’enfant. Renaud Camus est un pétainiste attardé, un antisémite forcené … Pétain prenait grand plaisir à la séance hebdomadaire de l’Académie française. On vient juste de rappeler que Renaud Camus s’y est porté candidat. « Confondre habilement la revendication, quasi inexistante, de retour à l’ordre moral et la demande, bien réelle, d’autorité permet, par contiguïté, de discréditer la seconde. » (Elisabeth Lévy) – « Les appels au retour de l’ordre moral et de l’autorité… » (jouxtant ou à proximité de la citation qu’on veut incriminer)

« Tout événement (ou personne) déplaisant peut être doté d’un acolyte historique, ce qui permet, non seulement, de disqualifier l’adversaire d’aujourd’hui, mais également de rappeler aux consciences oublieuses à quel point il convient de déprécier tout ce qui appartient au passé. » (Elisabeth Lévy)

« Triple dispense, intellectuelle, pratique et morale, sur lesquelles reposerait le ‘mensonge idéologique’. 1 – Sélection (ou invention) des seuls éléments favorables à une orientation préconçue et méconnaissance intentionnelle de possibles données contraires. 2 – Rejet des leçons concrètes tirées de l’expérience. 3 – Exonération de toute morale et retournement des valeurs de telle sorte que le crime devient justice ou le pouvoir dictatorial une ‘démocratie populaire’. » (Simon Leys – reprenant l’analyse de Jean-François Revel dans l’ouvrage de celui-ci, La connaissance inutile)

« La théorie du ‘behaviorisme’ affirme que tous les hommes deviendraient égaux, s’ils pouvaient se développer dans les mêmes conditions extérieures, et qu’ils deviendraient des hommes idéals, si ces conditions étaient idéales. Ainsi, les hommes ne peuvent pas, ou plutôt ne doivent plus posséder des qualités héréditaires de nature à déterminer leur comportement ou leurs besoins sociaux … Les hommes de pouvoir en Amérique, en Chine ou en Union soviétique, sont aujourd’hui unanimes à penser que la capacité illimitée de l’homme à être conditionné est extrêmement désirable … La doctrine pseudo-démocratique fait apparaître tout ce qui est humain comme indésirable et avantageux tout ce qui permet une meilleure manipulation des masses. » (Konrad Lorenz) – Et pas que dans les pays cités ! Je crois comprendre que ce que l’auteur appelle doctrine pseudo-démocratique est la doctrine de l’enfant naissant comme une page vierge que l’on peut former, ou déformer, à loisir.

« Il s’agit toujours d’obtenir le réflexe conditionné, c’est-à-dire de faire qu’un certain vocabulaire, systématiquement accroché à certains noms, lie à ces noms les sentiments que ce vocabulaire appelle lui-même d’habitude. Prêter ses tares à son adversaire pour que le lecteur ne comprenne pus rien est également un procédé banal. Exemple : le ‘parti américain’. » (André Malraux – à propos des staliniens) – Mais ceux-ci ont fait des émules…

« Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants … Chaque nouvelle classe qui prend la place de celle qui dominait avant elle est obligée, ne fût-ce que pour parvenir à ses fins, de représenter son intérêt comme l’intérêt commun … de donner à ses pensées la forme de l’universalité, de les représenter comme étant les seules universellement valables. » (Marx/ Engels – L’idéologie allemande) Du temps de Karl Marx, la classe dominante pensait encore. Aujourd’hui, les pantins de service (politique, médiatique, journalistique) n’ont plus que des intérêts, soutenus par le copinage.

« Autrefois, photographier la guerre était le domaine des reporters et des photographes professionnels ; aujourd’hui ce sont les soldats eux-mêmes qui se font photographes, s’échangeant des images entre eux et les envoyant par mail à leurs amis à l’autre bout du monde. » (Michela Marzano) – Etendons au-delà du phénomène de la guerre. Tout le monde est devenu photographe, cinéaste, enregistreur avec les possibilités d’extension du voyeurisme et des manipulations que cette généralisation implique.

« C’est toujours le même ‘clinamen’ (écart, déviation) : si on parle ‘idée’ pour le nazisme, on répond ‘réalité des crimes’ ; si on parle ‘réalité des crimes’ pour le communisme, on répond ‘idée’. » (Jean-François Mattéi)

« Nous vivons au temps des tripatouilleurs. » (François Mauriac)

« Le ‘placement d’idées’ comme le dit Jean-Yves Le Naour … Les producteurs de séries télé sont très souvent contactés par tel ou tel organisme … Beaucoup de gens souhaitent utiliser les fictions télé pour faire passer leur message et sont prêts à payer très cher pour cela.. » (Sophie Mazet)

« Le synchronisme absolu des commentaires politiques, l’ampleur des mensonges diffusés et l’inévitable mobilisation des artistes officiels peuvent alors être comparés, sans la moindre exagération, à la propagande normale des Etats totalitaires. » (Jean-Claude Michéa – sur l’uniformité idéologique quand les institutions capitalistes sont confrontées à une menace réelle (référendums européens) ou fantasmée (élection présidentielle de 2002)

« Le procédé reste le même depuis Goebbels et Beria : décontextualiser, amalgamer, extrapoler, intimider, insulter, mentir, éliminer pour composer une version fallacieuse du réel. » (Richard Millet) – Rapprocher d’événements historiques qui n’ont rien à voir.

« Au sein de ces cohortes (techniciens de l’opinion, ‘spin doctors’ lanceurs de jargon, économistes diseurs de mauvaise aventure, dignitaires de l’université mondiale…), la vérité se module en techniques de décervelage ; l’effet de vérité se mesure à l’aune de l’efficacité et l’efficacité, à l’aune de l’asservissement. » (Jean-Claude Milner)

« On veut bien traiter les masses comme si elles étaient dépourvues de raison mais il ne faut pas l’avouer puisqu’on leur dit le contraire. » (Serge Moscovici – sur les appareils de propagande des partis)

« Nous avons la nausée des mots qui ne servent plus, dans l’absence totale de pensée, qu’à disqualifier l’adversaire. » (Emmanuel Mounier) – Que dirait-il aujourd’hui du langage politique et médiatique !

« Voici l’envers de la pris d’otage sur Balzac. L’exécution sartrienne. Les deux limites de la méthode dixneuviémiste pour récupérer ceux qui la fuient. D’un côté conversion, de l’autre condamnation. Balzac pouvait servir à quelque chose ; pas Baudelaire : tout ce qui lui arrive est bien fait pour lui … Bien fait pour sa syphilis, sa maîtresse vulgaire, sa solitude… » (Philippe Muray  – sur la récupération du Balzac monarchiste et catholique par les marxistes) – Deux méthodes bien pratiquées aujourd’hui. On trahit X, récupérable, en jouant sur son inconscient, soit en entendant dans ses  dires, écrits, le contraire de ce qu’il dit, écrit et pense au fond ; Y, irrécupérable, est à salir par tous les moyens.

« Il faut s’inquiéter de ne point s’inquiéter. » (cardinal Newman)

« Peut-être un homme meurt-il vraiment quand son cerveau s’arrête, quand il a perdu l’aptitude à enregistrer une idée neuve. » (George Orwell – sur les propagandistes, hommes changés en orgue de barbarie qui vous moud de de la propagande.) – Le gang politico-médiatique est alors, suivant cette définition, plein de morts-vivants.

« Vous croyez que la réalité est quelque chose d’objectif, d’extérieur, qui existe en lui-même … Mais je vous dis, Winston que la réalité n’est pas extérieure. La réalité n’existe que dans l’esprit humain, nulle part ailleurs. » (George Orwell – 1984) – Principe couramment utilisé, le sentiment d’insécurité par exemple, toutes les questions dont il est interdit de parler et débattre.

« Le sommet de l’efficacité ne consiste pas à interdire quelque chose mais à organiser les conditions pour que cette chose n’existe pas. Ce principe s’applique à la perfection aux idées et au façonnement des personnalités, des pensées et des comportements. Casser la puissance d’un concept consiste à le rendre illégitime. » (Natacha Polony et le comité Orwell – sur le soft totalitarisme actuel)

« Si vous n’êtes pas pour l’ouverture, c’est que vous êtes pour la fermeture, le repli sur soi. Vous vous interrogez sur conséquences des flux migratoires ? Vous êtes un xénophobe. Si vous n’êtes pas un libéral, c’est que vous êtes un partisan de l’autoritarisme, antichambre du fascisme. » (Natacha Polony – sur la manipulation du langage) – « Nier les réalités qui dérangent, telle est la nouvelle ‘trahison des clercs’. » (Alain Finkielkraut)

« De plus en plus de citoyens libres se sentent englués, poissés par une sorte de visqueuse doctrine qui, insensiblement, enveloppe tout raisonnement rebelle, l’inhibe, le trouble, le paralyse et finit par l’étouffer. Cette doctrine, c’est la pensée unique, la seule autorisée par une invisible et omniprésente police de l’opinion. L’arrogance, la morgue et l’insolence de cette doctrine … moderne dogmatisme … Une période de bouillonnements, de crises et de périls de tous ordres comme la nôtre coïncide avec un consensus idéologique écrasant, imposé par les média, les sondages et la publicité grâce à la manipulation des signes et des symboles, et au contrôle des esprits. » (Ignacio Ramonet – Géopolitique du chaos) – Désolé, rien de paradoxal. C’est dans les périodes d’incertitudes et de troubles que les pouvoirs dominants renforcent la politique de terreur (car il s’agit bien de terreur, même si soft).

 « Profiter de la distraction du ‘village planétaire’, occupé à suivre avec passion un grand drame de l’information, pour conduire quelque action critiquable. Cela s’appelle  ‘l’effet paravent’, un événement sert à en cacher un autre ; l’information occulte l’information (envahir Panama pendant la passionnante révolution roumaine de 1989 : semer et réanimer le désordre au Moyen-Orient pour dévier l’attention des frasques de M. Clinton et de Melle Monica Lewinski). » (Ignacio Ramonet) – Ainsi va la grande politique. Monter une grande opération émotionnelle type Marche des beurs pour masquer le tournant de la rigueur et l’abandon de la sidérurgie lorraine ; milliers d’exemples de ces divertissements (au sens pascalien) pour gogos adeptes du larmoiement sur commande.

« Si la falsification de l’information est surtout à gauche, de notre temps, c’est que la vision du monde propre à la gauche ne peut se perpétuer, sinon dans la pénombre … L’échec des économies de commandement, la nocivité patente de l’excès de dirigisme et les impasses reconnues de l’Etat-providence. Pour les hommes que cette vision du monde fait vivre, moralement ou politiquement, matériellement ou intellectuellement, accepter la lumière, c’est-à-dire le constat et l’analyse des faits, reviendrait à disparaître, à obturer la source même de leur croyance et de leur influence. »  (Jean-François Revel) – On peut ajouter au début l’arrogance et l’intolérance, le refus de reconnaître la moindre erreur, les perpétuels changements de cap après qu’on ait copieusement arrosé ses copains (1981 – 1983, puis 2012 – 2014 …)

« ‘Fournir des clés de compréhension’, ‘faire de la pédagogie’,’ éclairer les lecteurs’, ‘décrypter les enjeux’. » (Ingrid Riocreux) – Pièges pour intoxiquer.

« Sacralisation de la cause et bonne conscience expliquent les phénomènes de falsification, de mensonge et de manipulation mis en œuvre dans les médias : si la cause est bonne tous les procédés sont excusables. » (Ingrid Riocreux)

« Dans le langage médiatique, l’expression est constamment péjorative : qu’un peuple élise un dirigeant populiste ou choisisse l’option anti-progressiste lors d’un référendum, et le voilà qui ‘saute dans l’inconnu’. » (Ingrid Riocreux)

 « La manipulation désigne le décalage entre un locuteur qui connaît les règles du jeu et un auditeur qui les ignore mais qui est néanmoins sommé de jouer … Le résultat de la partie est connu d’avance … Pour ne pas devenir de la manipulation, la liberté de convaincre doit se heurter à la liberté de l’auditeur de ne pas être convaincu, ce qui suppose de sa part une connaissance, au moins théorique, des techniques de persuasion. » (Ingrid Riocreux) – Exemple de manipulation aussi simpliste qu’efficace : « Tel pays applique ‘encore’ la peine de mort … Certains pays appliquent ‘déjà’ l’euthanasie … Que font là ‘encore’ et ‘déjà’. Sont-ce des informations ? Ou ces mots sont-ils porteurs d’un sens de l’Histoire que l’on veut imposer au lecteur. » (Ingrid Riocreux) – Lamentables pays retardataires et pays progressistes avancés à vite rattraper.

« Il y a des Aylan autorisés et des Aylan interdits, et le respect dû aux morts a bon dos. En réalité, la photo d’un enfant échoué sur une plage n’a pas valeur d’information. Chaque été, des enfants se noient dans les piscines privées et on ne nous montrera jamais un cadavre. En outre cette photo était censée ‘parler d’elle-même’, mais précisément, les média ont fait dire ce qu’ils voulaient à cette image, de manière très contrôlée. Aylan n’était pas victime de la guerre ou de Daesh mais de la forteresse ‘Europe’. Nous sommes donc mis en accusation par cette photo, la révolte qu’elle nous inspire se retourne contre nous … La même manipulation eut été impossible avec le cadavre de la fillette à la poupée écrasée par le camion du terroriste à Nice » (Ingrid Riocreux – à propos du petit Aylan ; cet enfant syrien trouvé mort sur une plage, et dont la photo a fait instantanément et miraculeusement le tour du monde)

« Après les ‘faux musulmans’, les ‘pseudo-supporters’. Quand c’est mauvais, c’est pas vrai. Le discours médiatique compose en permanence un monde idéal présenté comme réel. Conséquence logique : quand la réalité entre en conflit avec celle qu’on veut nous peindre, c’est le réel qui ment. Nous sommes habitués à cela : nous savons par exemple que les méchants musulmans ne sont pas de vrais musulmans. Ils ‘se prétendent’ musulmans mais ils ‘n’ont rien à voir avec l’islam’. Pire, ils trahissent l’islam qui est une religion de paix. Les supporters qui insultent, qui cognent ne sont pas de vrais supporters, et patati et patata… » (Ingrid Riocreux)

« Le complotisme est bien moins une réaction visant la réalité des faits eux-mêmes que leur traitement. Le complotisme naît d’un sentiment de manipulation qui, faute de trouver sa vraie cible, traque de supposés mensonges, alors qu’on peut manipuler quelqu’un en lui disant des choses vraies, mais en les disant de telle manière qu’il en tire les conclusions que l’on espère lui imposer. Dans l’affaire Aylan (le petit migrant noyé retrouvé sur une plage turque), qu’est-ce qui suscitait l’agacement, en réalité? C’était l’exploitation propagandiste de cette photo au profit de l’accueil large et inconditionnel des migrants. De même, quand des gens s’interrogent sur une possible mise en scène dans l’exploit de Mamadou Gassama sauvant l’enfant suspendu dans le vide : ce qui insupporte, c’est le discours médiatique développé autour de cette histoire, un discours marqué par l’idéologie immigrationniste. Autrement dit, le complotisme est moins une conviction réelle et scientifiquement fondée, même s’il s’en donne l’allure, qu’une réaction face à l’instrumentalisation allergisante des faits, allègrement pratiquée par des médias unanimes et donneurs de leçons. (Ingrid Riocreux) – C’est-à-dire par les médias serviles et menteurs.

 « Relève du complotisme, selon les journalistes, toute remise en cause de la thèse officielle … Que l’on nous mette en garde contre la propagation d’informations fausses ou de rumeurs, c’est très bien. Mais pourquoi nous donne-t-on l’impression qu’il s’agit de dangers survenus récemment … avec internet ? Il y a toujours eu des rumeurs … On aboutit à des prescriptions du type ; ‘lisez ou regardez ceci, pas cela’, ‘écoutez ceci, pas cela’ … Ces programmes sont des rabatteurs au service des médias d’autorité (comprendre soumis) … Si c’est interdit, c’est qu’on veut nous empêcher de  voir, de savoir … Pourquoi nous interdit-on de nous méfier … Les ‘fake news’ peuvent être diffusés à grande échelle, avec aplomb, par les médias les plus respectés et par des journalistes qui vous regardent d’un regard suspicieux si vous affichez une moue sceptique … La désintox a souvent le parfum de l’intox. » (Ingrid Riocreux) – Rappelant : Tchernobyl et la frontière, les charniers de Timisoara, les couveuses koweitiennes, les armes irakiennes de destruction massive, l’interview truquée de Fidel Castro au ’20 heures’ de TF1, la couverture médiatique des printemps arabes, la destruction de la Libye dictée par la pression médiatique, les prétendus ‘guerres propres’, sans morts ni blessés,  ne montant que les dégâts causés par les méchants, l’absence de terroristes parmi les migrants (on nous a dit qu’ils n’avaient faits qu’emprunter la route de ceux-ci, nuance).

« Lancer deux mensonges d’un coup pour que l’on se demande lequel est la vérité. » (Dominique de Roux – sur les procédés d’intoxication)

« Choisir le terme de telle manière qu’il soit favorable à notre thèse : Clergé / Calotins – Zèle pieux / Fanatisme – Equivoques / Cochonneries – Reconnaissance / Pot de vin… » (Schopenhauer)

« Le soupçon de manipulation générale peut  être un ultime refuge, une façon commode de ne pas faire face à l’irrationalité totale de la décadence, en lui prêtant une rationalité secrète … Reniement des libertés dont on ne veut plus courir le risque, à commencer par celui de trouver des vérités dont on devrait faire quelque chose. » (Jaime Semprun – sur la popularité des thèses complotistes) – Souvent l’apanage de gens qu’on a saturé de mensonges.

 « Les ‘fausses fenêtres’, on le sait (et non le gogo ne le sait pas), constituent le meilleur moyen de minimiser ce que l’on veut cacher. Pendant la décennie 70, les grandes consciences disposent à cet égard d’une arme inusable : les dictatures de droite. Franco ou Pinochet érigés en symboles du mal, leurs adversaires sont lavés de tout péché, communistes y compris. En sens inverse, en vertu de l’amalgame antifasciste, les anti communistes sont accusés de connivence avec tout régime autoritaire. » (Jean Sévillia) – N’est-ce pas simple ? Au pire, si on est acculé, on fera abstraction des volumes et conditions et on égalisera (6.500 morts sous la junte militaire argentine, 100.000.000 chez les braves cocos), en arguant en plus de la pureté des intentions des copains (100 millions d’erreurs, c’est bien triste !).

 « L’amalgame : le terrorisme intellectuel invente un nouveau concept : le danger du retour à l’ordre moral … Alors que le sexe est partout, on cherche les bataillons de puritains et de dames d’œuvres prêts à étrangler le droit de ceux qui rêvent de faire l’amour à deux, à quatre, à quinze… Mais ce fantasme, antifascisme appliqué aux mœurs, fonctionne comme les autres : c’est une arme destinée à intimider, à paralyser, à déconsidérer … Les tenants de ‘l’ordre moral’ sont chargés de tous les maux : exclusion, discrimination, racisme… » (Jean Sévillia) – L’amalgame consiste à inventer une immatriculation, négative évidemment, à la répéter en boucle, et à en faire découler automatiquement tous les péchés du monde.

« Aux informations, les comptes rendus se partagent entre le sarcasme, l’ironie, le mépris ou l’amalgame. » (Jean Sévillia – sur ceux qui traitent de manifestations, rassemblements non dispensateurs de chienlit, aurait dit de Gaulle, par exemple, récemment ceux concernant la Manif pour tous ) – Usuellement la télévision montre quelques spécimens particulièrement déplaisants ou grotesques, quitte à les emmener avec soi pour le cas où on ne réussirait pas à en trouver sur place.

« L’un des piliers de la rationalité occidentale, la capacité de distinguer la réalité de la fiction, s’est gravement fragilisé …  et l’un des symptômes de la psychose est la perte de la capacité de distinguer la réalité de l’imagination … ‘Les masses modernes ne croient à rien de visible, à la réalité de leur expérience ; elles ne font confiance ni à leurs yeux ni à leurs oreilles, mais à leur seule imagination’ (Hannah Arendt). » (Raffaele Simone) – Ce pourquoi il est si facile de les intoxiquer, de les désinformer.

« Plus on renonce à changer le réel, plus on se met à jouer sur les mots … L’incantation du signifiant … selon la tradition du ‘sésame’, le mot qui fait sens et transfigure le réel par son seul énoncé. » (Alain Soral)

« Le besoin de s’accorder avec le public … de penser et d’agir dans le sens de l’opinion, devient d’autant plus fort et d’autant plus irrésistible que le public est plus nombreux, l’opinion plus imposante. » (Gabriel Tarde) – D’où l’intérêt de mentir dés le début pour amorcer la pompe et emballer la machine.

« L’homme d’un seul livre est à craindre, dit-on ; mais qu’est-ce auprès de l’homme d’un seul journal ! » (Gabriel Tarde)

« On finit par ne plus apercevoir ce qu’on ne regarde plus, et par ne plus regarder ce qu’on voit toujours. » (Gabriel Tarde) – D’où l’efficacité des processus de censure d’une part et de bourrage de crâne d’autre part.

« Ce genre de travail de recherche prolifère, notamment dans les instances publiques des sciences sociales. La rigueur scientifique n’est surjouée que pour donner une présentation supposée objective de la recherche : on s’attarde sur les doutes quant aux méthodes de questionnement ; puis les conclusions sont, sans lien avec ces contorsions, définitives et nettes sans que l’on ait compris comment on y parvient après. » (Henri Temple – sur les publications au service de l’immigrationnisme et de l’ultralibéralisme)

  « La propagande est la plus la plus facile et la plus efficace des tyrannies. » (Gustave Thibon)

« Ayez d’abord des faits à citer, puis truquez-les autant que vous voudrez. » (Mark Twain)

« Pour qu’un mot existe, il faut que la chose qu’il désigne puisse être mise à distance afin de pouvoir l’évoquer … Le mot de machisme n’existait même pas quand le pouvoir masculin prenait toute la place. » (Philippe Val) – C’est bien pourquoi les pouvoirs autoritaires (ce qui inclut les démocraties actuelles) veillent soigneusement à proscrire l’usage de certains mots (afin de supprimer la chose, la réalité, qu’ils désignaient) ou à en imposer d’autres (afin de créer la chose, la réalité, ou de la gonfler démesurément).

« La révolution de l’information réelle est également celle de la désinformation virtuelle … Avec la globalisation en temps réel des télécommunications dont Internet est le modèle sauvage, la révolution de l’information se révèle aussi celle d’une délation systématique qui engendre un phénomène panique de rumeurs, de soupçons, qui s’apprête à ruiner les bases déontologiques de la vérité. » (Paul Virilio)

« Alors qu’hier le manque d’information, la censure … actuellement c’est l’inverse qui se produit. On désinforme en submergeant le téléspectateur d’informations, de données apparemment contradictoires. On censure la vérité des faits par la surinformation … Désormais, plus c’est moins ! … Téléguidage de la confusion, chaos des opinions … D’où ce sentiment de ‘déréalisation’ qui affecte les populations. » (Paul Virilio) – Décerveler les gens, les perdre.

« Le premier symptôme d’une bonne opération de désinformation, c’est quand tout le monde dit la même chose. » (Vladimir Volkoff) – Le conformisme cher au cœur du Bobo.

« La technique de l’influence est différente de la désinformation. Elle ne consiste pas à tromper quelqu’un, mais à faire branler le couteau dans le manche, peu importe dans quelle direction, à plier le fil de fer tantôt dans un sens tantôt dans l’autre, à ‘balancer le bateau’ disent les Anglo-Saxons…   Une révolution peut-être déclenchée non seulement à partir de conditions socio-économiques objectives, mais aussi à partir d’une opinion conditionnée à croire qu’elles existent, même au mépris de l’évidence … Déboulonner l’ordre ancien sans rien proposer de précis pour le remplacer. Ce n’est que lorsque l’ordre ancien est devenu totalement incapable de se défendre qu’on peut introduire l’ordre nouveau … Des moyens techniques dont Karl Marx ne rêvait même pas : les mass-médias … Dans vingt-cinq ans (écrit au tout début des années 80) la prise d’un otage ou l’assassinat d’un lampiste auront plus de retentissement qu’une guerre coloniale au XIX° siècle … Ne jamais agir soi-même, mais toujours par un intermédiaire ou, de préférence, par une chaîne d’intermédiaires (effet de levier) … Rien de direct, toujours des relais… L’influence s’exerce toujours à travers des intermédiaires. C’est le jeu de ces points d’appui successifs qui permet de faire passer dans la société-cible l’opinion-flèche … Ne jamais lutter sur son propre terrain ni sur celui de l’adversaire, lui régler son compte ailleurs, dans un autre pays, un autre contexte social, un autre domaine intellectuel que celui où il y a véritablement conflit … Jouer le rouge et le noir, le pair et l’impair … le fin du fin, c’est de ne pas présenter une forme qui puisse être définie clairement. Ainsi les espions les plus perspicaces, les esprits les plus sagaces ne pourront pas établir de plan contre vous …  L’agent d’influence, tantôt avec la droite, tantôt avec la gauche, il sciera systématiquement l’ordre existant … Noyauter des institutions (associations, journaux…) respectés du public … Discréditer l’adversaire … Pour casser un fil de fer, il faut et il suffit de le tordre patiemment dans les deux sens opposés … Contre-vérité non vérifiable, mélange vrai-faux, déformation du vrai, modification du contexte, estompement (tout mélanger), vérités sélectionnées, commentaire appuyé, illustration, généralisation, parts inégales. »  (Vladimir Volkoff – Le montage, manuel de l’agent d’influence) – Nos média et certains lobbies ont bien appris la leçon du communisme moscoutaire. Rajoutons l’immatriculation (adjonction systématique à un nom de personne ou de mouvement d’un adjectif usuellement péjoratif, cf plus haut, commentaire avec une citation d’Elisabeth Lévy) – On ébranle aussi bien et plus économiquement une société en qualifiant l’orthographe de discriminatoire, répressif et réactionnaire, en inventant l’écriture inclusive et le transgenre qu’en lançant une colonne de blindés.

« Une chose dont on ne parle pas n’a jamais existé. » (Oscar Wilde) 

« Le terme de propagande n’est devenu péjoratif que depuis peu. A l’origine, il ne s’agissait que de répandre, de diffuser des croyances ou des idées. » (?)

« La surinformation est un excellent moyen de masquer l’essentiel et d’arriver à imposer l’indifférence, la lassitude, et même le rejet. » (?) 

« La diffusion de ‘mythes incapacitants’ (chantage aux sentiments, arrangements futurs, terreur programmée…) qui visent à annihiler non les moyens de l’adversaire, mais la volonté qu’il pourrait avoir de s’en servir. » (?)

Ci- dessous, extraits de trois ouvrages de Christian Salmon : Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits La cérémonie cannibale – Ces histoires qui nous gouvernent (sur le spectacle en politique après l’économie). On nous sature avec les fake news et les théories du complot issues de n’importe où (saturation prétexte à  museler le peu qui reste de liberté d’expression). Mais qui a commencé, qui utilise le plus le mensonge comme arme, sinon les politiques officiels (obéissants à leurs gourous et autres communicants) et les média ?

« Le ‘storytelling’ ou ‘l’art de raconter des histoires’ … ‘Lorsque la légende devient un fait établi, on imprime la légende’ (célèbre réplique du film, Qui a tué Liberty Valance ?’) … Il n’y a pas, il n’y a jamais eu nulle part  aucun peuple sans récit … Le storytelling met en place des engrenages narratifs, suivant lesquels les individus sont conduits à s’identifier à des modèles et à se conformer à des protocoles … Pour effacer de sales histoires (‘Nike’ou ‘Wall-Mart’ et les enfants ou ouvrières fabriquant dans des conditions déplorables) et sauver les marques, il fallut inventer des histoires édifiantes, opposer une contre-narration … On est passé du produit au logo, puis du logo à la ‘story’, de l’image de marque à l’histoire de marque … Une des premières histoires à grande échelle utilisée en politique : la lutte victorieuse de George W. Bush contre l’alcool … Les bavardages, les commérages ou rumeurs gagnent un nouveau statut, désormais perçus comme vecteurs d’expériences et de connaissances … accompagnant l’idéologie du changement permanent … Raconter une histoire capable de constituer l’identité narrative du candidat en résonance avec l’histoire collective … ‘Ronald Reagan, le premier président américain à gouverner largement à coup d’anecdotes’ (Peter Brooks) … ‘Quand la politique vous condamne à mort, commencez à raconter des histoires, si fabuleuses, si captivantes, si envoûtantes que le roi oubliera sa condamnation capitale’ (Karl Rove, conseiller-communicant de présidents américains) … Celui-ci s’efforce de transformer toute élection en un théâtre moral, d’inventer des histoires de bons et de méchants (la stratégie dite de Schéhérazade) … L’industrie du mensonge (Fox News diffusant des nouvelles avec lesquelles les gens étaient d’accord, ‘créant un mensonge que tous les téléspectateurs pouvaient choisir de croire’) … La collection d’histoires inventées destinées aux journaux irakiens … En France, la droite ne revendiquait plus l’indépendance nationale ni la gauche le progrès social ; Des deux côtés (Nicolas – Ségolène) triomphait le kitsch, on se mit à raconter des histoires (scènes de ménage…) … Plutôt que des convictions, on vit s’affirmer des ‘valeurs’, au lieu des compétences, on afficha sa compassion … L’enjeu électoral se concentra alors presque logiquement autour des victimes, des personnes à forte résonance émotionnelle, on eut droit à la surenchère des compassions …  Ce furent les fameuses ‘séquences émotions’ (terme de communicant) …  ‘A vos larmes, citoyens !’ (Jean Baudrillard) … En prenant sur soi la part du malheur social, l’homme politique compassionnel se défausse ainsi de sa responsabilité politique et s’affuble d’une conscience morale qui lui permet de demandera u peuple de se sacrifier. » (Christian Salmon)

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– Ci-dessous, quelques petits extraits simplifiés d’un livre de Vladimir Volkoff : Petite histoire de la  désinformation. Malgré la police de caractères, il s’agit ci-dessous de citations ou quasiment.

En introduction, le premier principe avant cette énumération est de disposer « par noyautage, d’un journal respecté du public. Si on se garde bien de le compromettre ouvertement, toute la presse lui emboîte le pas et multiplie vos fournitures à l’infini. » (livre : Le montage)

. Début d’émission, première page, long article ou au contraire entrefilet perdu quelque part  dans la masse – que personne ne lira, mais qui permettra de s’abriter derrière le : On en avait  parlé !

. Accentuer un événement ou au contraire le taire, inverser le sens d’un autre, souligner un  détail en omettant l’essentiel, ne jamais solliciter la raison mais l’émotion et les sentiments  d’envie, d’admiration, de détestation.

. Se camoufler et s’exprimer à travers des masques honorables : associations, organismes,  personnages bien vus du naïf public…

. S’abriter derrière l’écran de l’anonymat : Une rumeur court que…, d’éminentes  personnalités, des sources bien informées, pensent que…

. Employer le conditionnel : on penserait savoir que…

. Mélanger 90% de faux avec 10% de vrai.

. Faire preuve de prétendue impartialité : des pierres contre des tanks… En conclure que les  deux camps sont irrémédiablement violents.

. La meilleure façon d’interdire certaines façons de penser, c’est d’en imposer d’autres.

. Les bons thèmes de désinformation doivent être simples et échapper à la vraisemblance et à  la logique, car un thème vraisemblable ou logique donne prise à la contestation, ce qu’il faut  éviter par-dessus tout.

. Anesthésier l’esprit par des choix tranchés en créant un manichéisme fondamental où les  bons sont tout bons et les vilains tout méchants (sanctifier les uns et diaboliser les autres).

. Créer l’hystérie en répandant le thème mobilisateur du complot, des vilains. Les bons  agissent dans la lumière alors que les méchants restent cachés et sont donc d’autant plus dangereux – et vicieux autant qu’extraordinairement puissants. Lancez des appels à la vigilance, alertez, mettez en garde…

. Dites-leur (aux lecteurs, spectateurs, auditeurs…) ce qu’ils veulent entendre, et seulement  cela.

. Trier (ou même inventer) le courrier des lecteurs ; et maintenant les commentaires des  internautes.

. Utiliser le trésor des adjectifs et adverbes : magnifique, dévoué… ou honteux, scandaleux… et accompagner d’adjectifs choisis ainsi : ordre moral, rassemblement ou manifestation hétéroclite, intervention nauséabonde

. User pareillement des mots clés évocateurs d’un côté ou de l’autre : libérer ou occuper, tués ou assassinés, victimes ou bourreaux, libéraux ou intégristes, solidarité ou discrimination,  démocratie ou dictature, générosité, tolérance, camp, charnier, purification ethnique, racisme,  impérialisme, brutalité, sottise, double peine, peste, virus, rouges, fascistes, nazis… Ne pas hésiter devant les plus grosses outrances, plus c’est gros, mieux ça passe.

. Pratiquer l’exagération systématique avec des mots tels que Barbarie, Sauvagerie, en appelant Racisme ce qui n’est que Xénophobie (personne ne connaît la différence qui est cependant grande), en insérant des références continuelles à l’histoire pour des broutilles : Holocauste, Munich, Capitulation Auschwitz, Hitler…  Ce ne « sont pas des marques déposées » dit ironiquement Pascal Bruckner.

 . Renvoyer sans cesse à l’Histoire (déformée) même si l’actualité n’a rien de comparable ;  c’est un gage de haute culture et de sérieux, d’autant plus si on s’adresse à un public inculte.

. Ne s’adresser à l’intelligence du public qu’en surface ; en profondeur s’adresser à sa  sensibilité : au cœur, aux tripes, au bas-ventre, les passions étant toujours plus fortes en  l’homme que les convictions.

. Poids des mots, choc des photos, disait la publicité d’un hebdomadaire (que je ne vise  pas dans ce paragraphe). L’impact d’une image, truquée ou extraite d’archives qui n’ont rien  à voir avec le sujet, d’un dessin, est bien supérieur à celui de n’importe quel texte.

. A défaut de disposer d’événements, fabriquez-les. Même le mensonge démonté (jamais  reconnu) il en restera toujours quelque chose (le fameux charnier de Timisoara en Roumanie  dans les années 1990 – bidonnage).

. Vademecum : – Discrédite le bien – Compromets les chefs – Ebranle leur foi, Livre-les au   dédain – Désorganise les autorités – Sème la discorde entre citoyens – Excite jeunes contre  vieux – Ridiculise les traditions – Répands la luxure…

. Dix recettes pour la composition d’informations tendancieuses (à cette énumération de  procédés, on croirait être abonné à l’un des journaux officiels des Gogos-Bobos) : – La contre-vérité non  vérifiable – Le mélange vrai-faux (donne crédibilité) – La déformation du vrai – La modification  du contexte – L’estompement (tout mélanger, masse de détails) – Les vérités sélectionnées  – Le commentaire appuyé (sur un détail annexe mais utile ou hors de propos et pouvant être  glissé opportunément là) – La  généralisation (sortir de l’événement et des faits et en tirer  ce qu’on veut en tirer) – Les parts  inégales (tri ou invention du courrier des lecteurs) – Les  parts égales (interviewer d’un côté un personnage respectable et de l’autre l’idiot du village ;  preuve d’impartialité) …

. Pour déboussoler une société et lui faire perdre conscience d’elle-même : Ne pas tirer fort toujours dans la même direction, plutôt tordre alternativement n’importe qu’elle position dans des sens contraires, comme on finit par rompre le fil de fer le plus résistant par des torsions discordantes.

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– Ci-dessous, quelques aperçus des caractéristiques de ce qu’on appelle Propagande. Les expressions retenues ne sont pas des citations, mais des phrases condensées, sans déformation j’espère. Aussi je cite leur source, le livre de Jacques Ellul : Propagandes

 . La propagande appartient à l’univers technicien, elle doit être efficace.  « Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour obtenir un certain effet. »  (Goebbels)

. Adapter l’individu à une société, à une consommation, à une activité : il convient de le conformiser, d’amener l’homme à obéir de bon gré.

. S’adresser en même temps à l’individu et à la masse (l’auditeur de radio quoique isolé fait quand même partie d’un ensemble, et il le sait). Personnaliser, mais ne pas prendre l’individu dans son individualité, mais dans ce qu’il a de commun avec les autres. Annihiler les micro-groupes afin que l’individu ne trouve plus de défenses, de facteur d’équilibre et de résistance dans le groupe auquel il appartient. La propagande ne peut agir que sur l’individu  dégagé des groupes locaux, laissé à lui-même, sans défense, mais regroupé en entités ‘regroupables’ et ayant une certaine unité psychologique.

. Ne pas partir de rien, s’accrocher à un sentiment, à une idée, à un fondement préexistant chez l’individu (charité, partage, humanité, justice, intérêt, frustration…). Ne pas chercher à faire avaler des pilules amères, à rebours de l’opinion, à attaquer des idées unanimement acceptées, indiquer des  solutions de fait acceptables, des réformes souhaitables. « Le difficile n’est pas de faire boire son cheval, mais de le conduire à la buvette. »

. Founir à la fois un système global d’explication du monde et des motifs immédiats d’action simples, adaptées au milieu, à l’évolution de l’état d’esprit ; pour cela s’appuyer sur les groupes activistes suscités naturellement par toute propagande..

. Totale : exclure la contradiction, la discussion, coaguler une quasi unanimité (pas d’opposition audible). Mais même une propagande basée sur l’éducation ne peut pas se passer de la Terreur (méthode dure : camps divers – méthode douce : mise à l’écart, lois répressives pour forcer la pensée unique, insultes par les média, poursuites en justice et ruine). Pour arriver à l’entière cohésion de propagande il faut éliminer les 7% d’irréductibles.

. La propagande apporte une vérité qui ne saurait être controversée. Elle s’exprime sans nuances, elle cloisonne le groupe des ‘bons’ et les autres, les ‘méchants’, elle agit par choc émotionnel plutôt que par conviction. La réponse est par oui ou par non.

. Une propagande directe, tendant à modifier des opinions et des attitudes, doit être précédée d’une propagande à caractère sociologique, lente, générale, cherchant à créer un climat, une ambiance, des pré-attitudes favorables ; sans attaquer directement une opinion bien établie. Jouer sur la discontinuité entre opinion et action mais sans exiger de cohérence (le grand  propriétaire qui vote communiste).

. Faire vivre l’individu dans un univers particulier, sans points de référence à l’extérieur (impossibilité de se situer par rapport à elle).

. Continuité et durée, action continue, sans faille, sans interruption (la constance de la propagande l’emporte sur l’attention épisodique de l’homme et lui fait suivre tous les virages de celle-ci). Donc ne pas procéder par à coups.

. Renforcer sa crédibilité par le poids des faits : organisation, bureaucratie, puissance, manifestations de masse, exemples externes ou historiques de réussite… Mais la crédibilité est par terre s’il existe des voix discordantes, des faits marquants révélant autre chose que le discours officiel, elle suppose l’unanimité.

. Le propagandiste doit être convaincu de la cause, pas de l’argument qu’il sert (pour pouvoir en changer, virer de bord, s’adapter à son public). Le rôle du propagandiste l’amène au cynisme, à l’incroyance, au doute, à l’insoumission, au mépris des hommes même. Il est préférable qu’il ne s’adresse pas à des proches (les chirurgiens, les magistrats n’aiment pas opérer sur ceux-ci).

 . Séparation des propagandistes, sujets, et des propagandés, objets ; cadres et adhérents des partis politiques.

.  Coût des moyens de propagande, donc compromissions financières.

. Le but de la propagande moderne n’est plus de modifier des idées, mais de provoquer une action, plus d’amener à un choix, mais de déclencher des réflexes. Faire participer (pour empêcher de revenir en arrière), ne pas créer des sages et des raisonnables, mais des militants. Les individus étant préalablement rendus mobilisables par la propagande continuelle sociologique créatrice de climat (cf plus haut.)

. Créer des réflexes conditionnés par dressage, qui en présence de certains mots, signes, symboles, personnes, faits… provoquent des réactions immanquables. Créer des mythes positifs qui répondent au sens du sacré de l’homme : race, prolétariat, homme nouveau, nouvelle société, culte de la personnalité, progrès, productivité, égalité, droits de l’homme…

. Ne pas donner l’impression de régresser, évoquer l’avenir, mais se rapporter à l’actualité (à laquelle seule le public est sensible, ne serait-ce que parce qu’il ne peut pas se disperser).

. Situer la propagande, ses exemples, les idées, solutions à l’intérieur d’un champ délimité par les centres d’intérêt collectif (le niveau de vie intéresse tout le monde, même les éternels indécis, pas la religion – sauf si on en fait un épouvantail, une institution à craindre).

. Ne pas mentir sur les faits qui peuvent être découverts (effet boomerang), plutôt les taire ou les déconnecter de leur contexte (chiffres sans aucune référence comparative), mais sur les intentions et interprétations (la bonne volonté chez l’autre, c’est de la faiblesse, l’autorité, c’est de l’agressivité).

. Propagande d’agitation (le plus souvent subversive ou d’opposition, sauf campagnes de mobilisation, type bond en avant, tension guerrière) et propagande d’intégration, d’adhésion, de conformisation – transformer les révolutionnaires en constructeurs… La campagne autour du Stakhanovisme correspondait aux deux types : agitation forcenée, intégration.

. Propagande verticale (part d’en haut) et horizontale (part du groupe, même si elle est inspirée d’en haut : révolution culturelle, dynamique de groupe).

. L’homme quelconque doit se reconnaître dans le chef, l’expert.

. Suppose : média concentrés et diffusés ; niveau de vie moyen et culture moyenne chez le propagandé ; information existante (fût-elle tronquée, fausse, mais pour rattachement du propagandé à la réalité actuelle, pour élévation de son problème personnel à la dignité de problème social).

 . S’il y a nécessité de propagande pour tout pouvoir qui ne peut plus gouverner sans opinion publique, sans appui populaire, sans provoquer la volonté du peuple, on ne peut pas saisir par la propagande celui qui n’a pas besoin de ce qu’elle lui apporte, si elle ne satisfait pas un besoin inconscient, celui de disposer d’information, de positions, de jugements de valeur (donner une signification aux impôts !), si elle ne fournit pas synthèses, explications, raisons. « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. » De plus, l’homme moderne est vide, vacant, solitaire, il a besoin de partage, minorisé  il est valorisé qu’on s’adresse à lui. La propagande lui fournit des passions (positives ou négatives), parfois une libération de ses instincts, souvent une échappatoire à son angoisse, une justification, une rationalisation de ses errements (en lui restituant un monde unitaire, en lui fournissant des principes collectivement partagés, une atmosphère fusionnelle, un fil  conducteur), elle réduit ses tensions en figeant son esprit, en le sécurisant (plus l’individu est pris par la propagande, plus il en redemande). Ceci au prix de l’aliénation de l’être, de la disparition de l’esprit critique, de la surexcitation périodique, du choc psychologique destructeur induit par les violentes propagandes opposées qui cherchent à capturer l’être (y inclus, peut-être même surtout, en régime démocratique), de la perte d’intérêt pour les affaires personnelles et familiales.

. Si ce sont les Etats totalitaires qui ont utilisé à fond la propagande, la démocratie, ne serait-ce  qu’en raison du multipartisme (sans compter l’obligation de faire semblant de faire participer  le peuple) suppose la propagande, et cela se vérifie historiquement. La grande propagande a  commencé du côté des Alliés en 1914 (l’organisation de l’enthousiasme).

« Action calculée au départ de façon que : ou bien elle réussit, et l’on est satisfait des résultats concrets recherchés ; ou bien elle échoue, mais cet échec même est un excellent instrument de propagande pour la cause … Projet accepté et la gloire comme le profit en reviennent aux auteurs, projet rejeté, et celui qui le rejette est un fauteur de guerre qui refuse la collaboration, la coexistence … En présentant des exigences objectivement raisonnables mais inacceptables pour l’adversaire, la double possibilité d’exploitation permet de maintenir une attitude extrêmement intransigeante. Il n’importe pas vraiment d’aboutir à un résultat. On peut ne rien céder à l’adversaire, puisque  s’il refuse de céder, cela se retournera contre lui …Dans les deux cas, il perdra la face …  L’action porte en elle-même la propagande … Peu importe que l’action soit vraiment utile, ce qui compte c’est son utilisation dans cette ambiguïté … Tel est le calcul où les communistes sont passés maîtres …» (Jacques Ellul – se référant aux pourparlers d’armistice de Pan Mun Jon et surtout aux innombrables initiatives pour la paix de l’ex-URSS) – Les lobbies communautaristes, et subversifs, actuels ont retenu le procédé, d’autant plus efficace dans un monde ultra-médiatisé, stupidement émotif et larmoyant.

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– Ci-dessous, quelques petits extraits simplifiés de Noam Chomsky (le grand linguiste) sur les stratégies de manipulation, La fabrication du consentement et sur les Etats-Unis aussi rois de la fausse information qu’ils le sont de la simple publicité. Malgré la police de caractères, il s’agit plus loin de citations ou quasiment. Vous allez retrouver votre télévision et vos journaux.

« Le gouvernement Wilson était décidé à entrer en guerre (en 1917 contre l’Allemagne). Il a donc dû intervenir en ce sens. Il a créé une commission gouvernementale de propagande, la commission Creel, qui est parvenue en six mois à transformer un peuple pacifiste (le peuple américain) en une population hystérique et belliciste qui voulait détruire tout ce qui était allemand, mettre en pièces les Allemands, entrer en guerre et sauver le monde … Cela a très bien fonctionné, ce en attribuant aux ‘Boches’ des atrocités imaginaires comme le fait qu’ils auraient arraché les bras des bébés belges, etc. … Le chroniqueur Lippmann, membre de la commission, appelait cela ‘une révolution dans l’art d’exercer la démocratie’ (étroite parenté avec le marxisme-léninisme pourtant détesté !). Le même individu appelait aussi le public le ‘troupeau dérouté’ … Une bonne propagande crée un slogan que personne ne puisse contester et que tout le monde doit approuver tel que : ‘Soutenez-nos soldats’ ; afin de détourner l’attention de la question qui, elle, aurait un sens, telle que : ‘Approuvez-vous notre politique ?’ … Pour empêcher le troupeau de rugir et de tout piétiner, il faut le distraire (matchs de football et télévision stupide). Il faut aussi l’effrayer pour le mobiliser, car faute d’être hanté par toutes sortes de peurs et de démons, le troupeau pourrait commencer à penser, et il n’a aucune des compétences requises pour ce faire … Après l’épuisement du disque ‘les Russes arrivent’, il a fallu trouver de nouveaux diables dans la boîte à malice, d’où l’invention d’un Saddam Hussein, le nouvel Hitler qui allait conquérir le monde … Si aucune dissidence n’est permise (pensée unique et punitions pour infractions), puisqu’il n’existe aucun moyen de connaître et de rejoindre les individus qui partagent son point de vue, le ‘pas d’accord’ ne peut que se dire qu’il est un excentrique, une exception, un drôle d’oiseau. »

 « Il n’aura échappé à personne que le postulat démocratique affirme que les médias sont indépendants, déterminés à découvrir la vérité et à la faire connaître ; et non qu’ils passent le plus clair de leur temps à donner l’image d’un monde tel que les puissants souhaitent que nous nous le représentions, qu’ils sont en position d’imposer la trame des discours, de décider ce que le bon peuple a le droit de voir, d’entendre ou de penser, et de ‘gérer’ l’opinion à coups de campagne de propagande. »

 « On n’a jamais lu aucun éditorial ou reportage qui qualifiât la guerre des Etats-unis contre le Vietnam comme un cas d’agression, ce qui fut pourtant le cas. Contrairement à l’invasion de  l’Afghanistan par l’URSS, les Nations Unies ne condamnèrent jamais l’intervention américaine, pas plus qu’elles n’enquêtèrent pour dénoncer les crimes commis (bombardements de masse, armes chimiques, ‘charrues de Rome’ : énormes bulldozers pour raser les villages…) … La ‘décennie du génocide’ au Cambodge (quels massacres ont précédé ceux commis par Pol Pot ?, qui a d’abord soutenu les Khmers rouges ?)

 . N’admettre les témoignages que s’ils confortent le PVR (point de vue de référence).

. Stratégie de la distraction ou de la diversion : détourner et mobiliser l’attention grâce à un  déluge continuel d’informations insignifiantes, garder le public occupé par des futilités (foot,  jeux olympiques, Johnny Machin et Sylvie Chose, petites phrases…) ; excellent moyen pour  maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise sans qu’il s’en aperçoive.

 . Créer des problèmes puis offrir des solutions : créer un problème pour susciter une réaction prévue, automatique ; une bonne dispute avec l’extérieur, ou mieux un conflit, entraîne le  soutien automatique du troupeau.

 . Stratégie de la dégradation : pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de  l’appliquer progressivement, en différé, sur dix ans ; d’autant plus qu’on espèrera toujours y échapper demain ou en remplaçant Pierre par Paul qui a promis que…

 . S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge : adressez-vous à une personne comme à un enfant de dix ans, elle répondra très vraisemblablement au même niveau.

 . Faire appel à l’émotionnel, jamais à la réflexion et à la raison : c’est élémentaire. Un autre avantage de cette technique de base c’est qu’elle fait passer l’émetteur de l’information pour un personnage au grand cœur, et non pour la petite crapule qu’il, ou qu’elle, est  vraisemblablement. Dans ce contexte, ne parler que des détails puis passer directement aux grands mots pour midinettes ou bourgeoises avancées : liberté, égalité, solidarité…

 . Encourager le public à se complaire, à se vautrer, dans la médiocrité, et même la saleté : par exemple, trouver cool le fait d’être bête, vulgaire et inculte. La télévision et une sélection rigoureuse des présentateurs et présentatrices est indispensable pour donner le ton (l’émission dite des Guignols est un bon exemple de cette technique).

. Remplacer la révolte par la culpabilité, l’important étant toujours de détruire l’individu : Machin a retrouvé du travail, par exemple en faisant des grimaces dans le métro, faites comme lui, Cosette a trouvé le grand amour en … faites comme elle.

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Ci- dessous extraits de l’ouvrage de Jean-Léon Beauvois, Les influences sournoises, privé de ses nombreux exemples.

Note : Que les auteurs soient Jean-Léon Beauvois seul ou  associé à Robert-Vincent Joule : Les influences sournoises (rubrique 435, 2 Désinformation) – Deux ou trois choses que je sais de la liberté rubrique 475, 1 Liberté) – Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens (rubrique 195,1 Décision)  – La soumission librement consentie (rubrique 005,2  Engagement) – Soumission et idéologies, psychosociologie de la rationalisation (rubrique 140, 1 Comportement), les sujets abordés sont très proches et souvent se recoupent ; il s’agit de, succinctement formulé,   comment et pourquoi nous agissons, sous quelles influences. Il faudra donc naviguer si on veut disposer d’une vue à peu près complète (du moins selon ce que j’ai compris et retenu).

« Distinguer les idées et les comportements … On peut influencer quelqu’un quant à ses idées ou jugements sans affecter ses comportements. Et inversement, quoique ce soit moins fréquent … Le refus des influences licites (‘Nous devons-nous faire nos opinions par nous-mêmes’) ouvre la porte aux influences invisibles …Procédés de la ‘propagande glauque’ (produisant des connotations émotives positives ou négatives qui s’attachent à certains concepts) :  – Le ‘conditionnement évaluatif’ par association avec un contexte porteur : image, musique, suggestion (‘nous qui avons la chance de posséder un tel musée’) ou à l’inverse dévaluant – L’amorçage par question A modifiant l’appréciation sur la question suivante B – L’effet de simple exposition par présentation répétée et comme par hasard d’un objet, d’un lieu – Le modelage par présentation de stéréotypes (‘vrai mec’, ‘vraie femme’, dans les séries, tenues, croyances des héros sympathiques, opposées à celles des vilains)…Seule la pratique du débat démocratique, de l’argumentation et de la contre-argumentation prémunit … des influences inconscientes … Les médias fournissent au citoyen ce que Walter Lippmann appelle un ‘pseudo-environnement cognitif’, notamment par le vocabulaire utilisé (valeur du mot ‘réforme’), les intonations et mines des journalistes et des invités soigneusement sélectionnés, Evidemment l’exclusion de tout sujet pouvant se situer en contradiction avec la doxa puisque les ‘vérités’ n’ont pas à être débattues … Lequel ‘pseudo-environnement’ ne trouve plus de limites dans les relations sociales, les gens étant conditionnés à n’accepter plus que leur statut d’individus ‘se faisant leur opinion eux-mêmes’ … Plus les gens sont déclarés et se sentent libres, plus on obtient d’eux ce qu’on souhaite obtenir … Rationalisation, processus sociocognitif par lequel une personne se dote d’idées, d’opinions ou de valeurs nouvelles qui justifient un comportement qu’elle vient de réaliser et qui n’ont donc pas été en jeu pour la réalisation de ce comportement (‘ce n’est finalement pas idiot de faire ce que j’ai fait’). »

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Ci- dessous extraits  d’un livre d’Elodie Mielczareck, Déjouez les manipulateurs, l’art du mensonge au quotidien.

 « Les mots et les gestes sont les indices manifestes d’une pensée latente … Le caractère redondant du vocabulaire, le lexique jargonneux sont des marqueurs de la manipulation (saturer  l’espace cognitif de l’auditeur) … Remplir l’espace sonore, répétition, reformulation – Diminuer sa responsabilité : usage et  abus des tournures impersonnelles, pronoms personnels au placard (Yaka, Fokon…), mais afficher son devoir (je dois)  – Montrer sa grandeur d’âme : valeurs abstraites et mots-fourre-tout (liberté, égalité, démocratie, solidarité…), plus c’est caricatural, mieux ça passe  – Noyer le poisson : tournures alambiquées, diarrhée verbale, abus d’adverbes (franchement, honnêtement, réellement, forcément…), ‘pour ma part’, ‘en ce qui me concerne’ – Faire croire à son implication : pronoms personnels (je veux, je réaliserai, moi je, moi président…),assortis d’un futur sans date, associer l’interlocuteur par un ‘nous’ – Faire diversion : détourner subtilement le sujet (parlant d’écologie, évoquer la météo, d’économie, évoquer la politique…), en dernier recours, attaque ‘ad hominem’ (démonter la cible) – Echapper à ses contradicteurs : Concéder en début de phrase et annuler par un ‘Mais’ en fin de phrase qui l’emportera sur le début (technique renouvelée avec le ‘en même temps’ macronien) … Dans la même phrase, poser une question directe dont on connaît seul la réponse (faire passer l’autre pour un idiot) – Faire voir la vie en rose : euphémiser, tout ce qui sonne mal, paroles douces et rassurantes en évitant les termes qui fâchent (‘gestion rigoureuse‘ est préférable au mot austérité…) – Légitimer sa prise de position : miser sur le sentimentalisme, émotion, pathos, appel à la pitié, appel à la peur ; généraliser (tous, aucun, personne, tout le monde, toujours, jamais…) – Conquérir les cœurs : user de la flatterie, de la louange, solliciter la collaboration – Paraître compétent : user du jargon, des proverbes, saturer l’espace cognitif de l’interlocuteur (personne n’ose dire : ‘répétez, je n’ai pas compris…’) – Rendre le discours impactant : user des superlatifs, des métaphores (souvent guerrière et sportive, déplaçant le propos dans un autre paradigme), grâce à elle tout s’éclaire …  La gestuelle rythmique du ‘corps de bois’, sorte de litanie rythmique, mouvements répétitifs, gesticulation, théâtralisation extrême et à l’opposé rigidité crispée … L’abus de gestes avoue au moins un manque de sureté de soi et de son argumentation (excepté pour certains méditerranéens). »

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– Ci-dessous, quelques extraits (très simplifiés) du livre La parole manipulée de Philippe Breton dont si les analyses et explications sont exactes, nous ne pouvons citer les exemples tant ils reflètent sa partialité, partialité qui confine à la servilité, dont les trois citations suivantes donneront quelque idée de la soumission, au moins intellectuelle.

« Lorsque la démocratie est menacée, est-il légitime d’utiliser des méthodes non démocratiques pour défendre la démocratie. La réponse est évidemment oui. » On peut faire confiance à l’oligarchie dominante, et à l’auteur, pour savoir quand la démocratie est menacée, et par qui. « Il serait indispensable de ne pas autoriser, dans l’espace public, certains discours … en fonction de leur caractère contraignant par ceux qui les reçoivent. La démocratie s’honorerait, et se protègerait d’établir des normes à ce sujet. » Ce qui suit, s’appelle comment ? « Ne pas autoriser à tout dire n’est pas forcément censurer. » – M. Breton peut être satisfait. La censure est là, les inquisiteurs, les dénonciateurs et les lyncheurs ont répondu présent.

« Celles-ci (les techniques de manipulation) ne sont pas nées, contrairement à la croyance parfois répandue, au sein des régimes totalitaires … Il semble même qu’en la matière, les démocraties occidentales soient nettement plus prolifiques » – Nous avons déjà dit que les Américains étaient à l’origine de leur diffusion, sinon de leur invention.

« Travestir une information fausse en une information ‘vraie’ qui soit parfaitement crédible … »

« Suivant Jean-Marie Domenach : Simplification (personnification d’un ennemi unique) – Grossissement (défiguration des faits) – Orchestration (répétition, matraquage) – Transfusion (adaptation à différents publics) – Contagion (afin d’obtenir l’unanimité … Objectif : supprimer la liberté de choix ; créer un esprit de meute). »

La forme « et la manipulation des ‘Affects’, et même des passions : amalgame entre une opinion et un sentiment qui n’a rien à voir avec elle, ou bien l’utilisation de ‘l’effet fusionnel’ (proximité, complicité…). L’appel aux sentiments (séduction, esthétique, peur, le ‘bien parlé’, formules et mots chocs, format court, clarté, transparence, position d’autorité et de compétence, l’évidence par répétition, le tapage par unanimité, sonorités, couleurs, excitations lumineuses, la proximité entre locuteur et récepteur, voir le mythe du ‘Président normal’, le très efficace processus d’hypnose par le toucher, voir les ‘bains de foule’ ), la raison pour adhérer au message n’a rien à voir avec le contenu du message lui-même (c’est d’ailleurs comme cela qu’on peut reconnaître la manipulation). »

Le fond « et la manipulation cognitive : Le cadrage consiste dans une certaine manière d’ordonner les faits … Faire passer pour des faits bruts ce qui n’est que pures inventions, destinées à cacher les vraies informations … Le cadrage menteur, du vrai en faux et réciproquement – Le recadrage abusif, sur le sens des mots (les mots piégés : le milliardaire X, le terroriste Y, le fasciste Z…), fabriquer et obtenir l’appui, ou plus souvent, l’indignation par l’utilisation de ‘rails mentaux’ louangeurs, dépréciateurs, neutralisants, de justification, déresponsabilisants … Dissimuler le réel par des expressions choisies, souvent météorologiques, donc naturelles (la guerre devient ‘la tragédie vietnamienne’, le chômage devient une ‘catastrophe naturelle’, un ‘fléau’) – Le cadrage contraignant, ou le ‘pied-dans-la-porte’ des publicistes, obtenir le consentement sur une opinion ou un comportement qui ne pose aucun problème d’acceptation et s’en servir comme point d’appui pour en faire accepter une ou un autre (qui est censée en découler), classique … L’amalgame, absence de lien entre deux affirmations, mélange d’une opinion sans discussion de son contenu avec une opinion sans rapport mais des plus acceptable … L’utilisation de ce qu’on appelle des leviers, soit de vertu (démocratie, liberté, justice…), soit qualifiés de poisons (fascisme, immoral, guerre, mort…), soit d’autorité ou d’expérience (l’appui de personnes connues, promues comme respectées, réputées compétentes…)

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–  Quelques citations d’Antonio Gramsci  suivant les théories de cet intelligent révolutionnaire (conquérir l’hégémonie culturelle d’abord, le pouvoir tombera ensuite comme un fruit mûr), il s’agit de subvertir un état, une situation établie, par l’usage répété de termes, soit positifs, soit négatifs, chargés d’une forte connotation affective à l’usage des Gogos. Les expériences récentes de dictature de la pensée, de lois de persécution et d’asservissement des média prouvent que ça marche très bien, même et surtout dans les sociétés dites évoluées ; car, qui dit société évoluée dit citoyen crétin. On est proche des pratiques de propagande.

« La classe ouvrière doit faire d’abord comme fait son antagoniste : conquérir la direction des appareils d’hégémonie avant de s’emparer de l’appareil de contrainte, et afin de pouvoir s’en emparer. » – Qu’aujourd’hui, il ne s’agisse plus de la classe ouvrière ne change rien aux méthodes.

« La production du ‘consensus’ des grandes masses aux formes de vie, modes de comportement et de pensée, aux pratiques institutionnelles imposées par le groupe dominant comme autant de formes de direction. »

« Il est important et utile que dans la masse des intellectuels se détermine une rupture de caractère organique … que se forme comme formation de masse une tendance de gauche. » – C’est fait depuis 1945 et la conquête des média concédée alors par de Gaulle (avec la culture, l’Education, l’Université…), tous cadeaux faits aux communistes avec le monopole de l’Epuration…

« Conserver l’unité idéologique dans tout le bloc social qui, précisément par cette idéologie déterminé est cimenté et unifié. La force des religions et surtout de l’Eglise catholique a consisté et consiste en ce qu’elles sentent énergiquement la nécessité de l’union doctrinale de toute la masse et qu’elles luttent afin que les couches intellectuellement supérieures ne se détachent pas des couches inférieures. L’Eglise romaine a toujours été la plus tenace dans la lutte visant à empêcher que se forme officiellement deux religions, celle des intellectuels et celle des ‘âmes simples’. » – Gramsci écrivait dans les années 1920, et cite l’Eglise en exemple à suivre pour la subversion révolutionnaire, lutte contre les hérésies, lutte contre les ‘déviations’, sachant bien que les motivations et objectifs de l’Eglise sont, étaient, tout autres que les siennes. Il ne considère que l’organisation.

« L’unité organique n’est possible que si entre les intellectuels et les simples existe la même unité que celle qui doit unir théorie et pratique, pour constituer un bloc culturel et social. »

« Ne jamais se fatiguer de répéter ses propres arguments : la répétition est le moyen didactique le plus efficace pour agir sur la mentalité populaire. »

« Un des traits caractéristiques les plus importants de chaque groupe qui cherche à atteindre le pouvoir est la lutte qu’il mène pour assimiler et conquérir ‘idéologiquement’ les intellectuels traditionnels, assimilation et conquête qui sont d’autant plus rapides et efficaces que ce groupe donné élabore davantage, en même temps, ses intellectuels organiques. »

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– Extraits tirés du livre d’Edward Bernays, neveu de Sigmund Freud et qui est considéré comme le principal fondateur de ce qu’on appelle les Relations publiques, Propaganda, comment manipuler l’opinion en démocratie. L’ouvrage est de 1928 analyse les mécanismes de la fabrique du consentement et se présente plutôt comme une justification du conseiller en relations publiques et de la propagande, phénomène encore relativement embryonnaire alors, malgré la guerre de 1914. Ce qui explique sa benoîte franchise. Bernays a publié et travaillé aux Etats-Unis, milieu qu’il décrit. On croirait lire du Alain Minc, l’arrogant et méprisant inventeur du cercle de la raison. 

« Lorsque le gouvernement des Etats-Unis décide d’entrer en guerre, le 6 avril 1917, la population est largement opposée à cette décision, et c’est avec le mandat explicite de la faire changer d‘avis qu’est créée par le président Wilson, le 13 avril 1917, la ‘Commission on Public Information’, souvent appelée ‘commission Creel’ du nom du journaliste qui l’a dirigée … Véritable laboratoire de la propagande moderne, ayant recours à tous les moyens de diffusion d’idées … bureaux dans plus de trente pays … milliers de communiqués de presse … millions de posters … nombre incalculable de tracts, d’images et de documents sonores … Sitôt la guerre terminée, le considérable succès obtenu par la commission inspirera … l’idée d’offrir la nouvelle expertise d‘engénierie sociale développée en temps de guerre aux clients susceptibles de se la payer, entreprises, pouvoirs politiques … La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays … La minorité a découvert qu’elle pouvait influencer la majorité dans le sens de ses intérêts. Il est désormais possible de modeler l’opinion des masses … La propagande est l’organe exécutif du gouvernement invisible … Il est évident que les minorités intelligentes doivent, en permanence, soumettre à leur propagande … Seule l’énergie déployée par quelques brillants cerveaux peut amener la population tout entière à prendre connaissance des idées nouvelles et à les appliquer … Si, selon la formule consacrée, tel candidat à la présidentielle a été ‘désigné ‘ pour répondre à une ‘immense attente populaire’, nul n’ignore qu’en réalité son nom a été choisi par une dizaine de messieurs réunis en petit comité … On ne réalise pas à quel point les déclarations et les actions de ceux qui occupent le devant de la scène leur sont dictés par d’habiles personnages agissant en coulisse … Le dirigeant politique d’aujourd’hui devrait aussi bien maîtriser les techniques de la propagande que l’économie politique et l’instruction civique (aujourd’hui, il ne maîtrise et ne s’occupe que de cela, de sa propre propagande) … Notre démocratie ayant pour vocation de tracer la voie, elle doit être pilotée par la minorité intelligente qui sait enrégimenter les masses pour mieux les guider … Les esprits intelligents doivent comprendre que la propagande leur offre l’outil moderne dont ils doivent se saisir … pour créer de l’ordre à partir du chaos. » – Dés 1928, l’apparente démocratie s’orientait vers ce qu’elle est devenue maintenant.

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-Enfin, extraits de l’ouvrage de François-Bernard Huyghe, Fake news, la grande peur.

 « Le numérique facilite la fabrication du faux (montages aisés) et sa distribution … Nous ne distinguons jamais vraiment ce qui, chez les partisans de l’alternative, tient à l’adhésion à un contenu douteux ou au refus d’une oppression idéologique supposée … Sont-ils vraiment convaincus de leur vérité ? … La nouvelle douteuse attire positivement : elle confirme un biais idéologique, elle est gratifiante (savoir), elle renforce la solidarité entre ceux qui partagent les mêmes convictions … Tout ce qui touche à la post-vérité renvoie à un conflit social, idéologique et culturel entre deux camps qui ont chacun leur réalité … Le ‘fake’ révèle un conflit d’autorité, sa source non officielle et ses circuits le caractérisent sans doute autant que la contradiction avec les faits … Média classiques contre média sociaux … Opposition des périphériques et des exclus et de l’establishment qui ne propose qu’une version euphorisante ou politiquement correcte de la réalité … ll semblerait que les fausses nouvelles ne soient crues que par 8% de ceux qui en prennent connaissance et qui ont déjà une forte appétence pour ce type de nouvelles. Cela ne plaide pas pour l’efficacité de la dénonciation des ‘fake news’ … Elle pourrait même avoir un effet contre-productif en attirant sur ce qui semble gêner … L’épidémie de faux est surtout une épidémie de signalement des faux. II s’agit de ramener le peuple au cercle de la raison. … On interdit (chasse, repérage et dénonciation) au nom d’un système de liberté … Satisfaction narcissique ou financière de mettre en ligne la nouvelle la plus surprenante (sans compter les machinations économiques, boursières) … Davantage de fumisteries que de tentatives d’influence idéologiques (un bordel zoophile au Danemark, etc.) … Les campagnes anti intoxication peuvent servir à présenter toute information adverse ou toute critique de son propre discours comme une falsification délibérée (pratique largement utilisée en Ukraine contre les Russes, et ailleurs et de tout temps par les Américains) … L’explication par le pouvoir des réseaux ne doit pas occulter ce que nous avons vécu auparavant, les bulles idéologiques ou cognitives ne sont pas nouvelles (un lecteur du Figaro ou du Monde sont-ils davantage exposés à des  argumentations hostiles aux leurs ? (exemple : les choses hallucinantes, les flux d’hagiographie déversés sur le paradis maoîste – et les Khmers rouges – déversés par des auteurs et des éditeurs respectables et des média sérieux, dans des milieux cultivés ; délires alors parfaitement tolérés officiellement). »

Quelques exemples de mensonges éhontés émis par les dirigeants et diffusés par la presse aux ordres. Montée du cynisme et mesure de la pourriture de l’Occident. De la part des média mainsstream : mensonges, omissions, complaisances, choix orienté des sources et des documents, contribution servile à une hégémonie idéologique. Pourquoi des millions de  de gens sont devenus insensibles à  l’influence des mass-média ? Que de ‘fake’ parfaitement officiels et diffusés joyeusement par les média prétendus sérieux. Les ‘fake’ des réseaux n’étant souvent, aux yeux de ceux qui y adhèrent que des remèdes aux mensonges officiels. « Les incroyables bobards répandus par les Français (gouvernement et presse) de la guerre de 1914 (sur les atrocités ennemies, leurs armes inefficaces, leur infériorité mentale ou biologique, leurs projets démentiels…), les tromperies pendant la guerre américaine au Vietnam (mensonge initial dit du golfe du Tonkin), les faux charniers de Timisoara, les pseudo-camps d’extermination serbes, les fausses couveuses de Koweit City que les soldats irakiens débranchaient par sadisme, les armes de destruction massive en Irak et les bobards des deux guerres du Golfe, les mensonges occidentaux notamment au moment des ‘guerres  humanitaires’ qui ont suivi la chute de l’URSS (Bosnie, Yougoslavie, Kosovo…), l’espionnage électronique et la gigantesque désinformation, manipulation pratiquée par la CIA, actuellement la focalisation sur l’habituel suspect populiste poutinien, les innombrables mensonges et manipulations officiels destinés à fausser les référendums, les élections… »

 

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