025,3 – Concentration / Dispersion

– Une girouette se croit libre à virevolter … En réalité elle est soumise au bon plaisir du vent.

– Il est plus facile de rectifier un geste qu’une pensée et la pratique habituelle des actes conscients, voulus et sentis amène à la concentration d’esprit.

– Surfer, zapper, jouer…

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« Je me suis recueilli, révisé, ramassé, concentré en moi-même, et cela est bien nécessaire contre la dispersion et la distraction qu’amènent les jours et les détails. » (Henri-Frédéric Amiel)

« On se cherche des retraites à la campagne, sur les plages, dans les montagnes. Et toi même, tu as coutume de désirer ardemment ces lieux d’isolement. Mais tout cela est de la plus vulgaire opinion, puisque tu peux, à l’heure que tu veux, te retirer en toi-même. » (Marc-Aurèle)

« Un éclectique est un navire qui voudrait marcher avec quatre vents. » (Baudelaire)

« Vous avez jeté votre personnalité aux quatre vents, et maintenant vous avez de la peine à la rassembler et à la concentrer. » (Baudelaire – Paradis artificiels)

« J’avais pris mon parti de ma propre multiplicité, je la préférais à l’unité fallacieuse que les compromis du langage et du comportement rendent facile aux mythomanes. » (Emmanuel Berl)

« Les hommes font trop de choses, ils les font trop vite, et sans bien savoir pourquoi. » (Emmanuel Berl)

« La disparition de l’attention et de la concentration ne trompe pas les psychiatres : ils y voient un signe de dépression. » (Jean-Michel Besnier – à propos d’internet, des jeux électroniques, des tablettes…) – Ces zombies hallucinés et hallucinants incapables de rester seuls, de ne rien faire un moment.

« Qu’en un lieu, en un jour, une seule intrigue… » (Boileau – consignes aux auteurs de pièces de théâtre, règle des trois unités)

« A peine savons-nous quels problèmes entendre, nous ne courons déjà plus à la brèche, sollicités par tant d’impressions, qui fondent littéralement sur nous, que nous ne sortons plus de notre incohérence, précipités de vues en vues comme de remous en remous, hors d’état de nous ressaisir et nous abandonnant à ce qui nous submerge. » (Albert Caraco)

« La page imprimée est un bouclier contre la distraction … Elle nous entraînait à contrôler notre attention. L’écran a l’effet inverse. Il nous bombarde de distractions et décourage l’attention requise pour la lecture profonde et d’autres pensées contemplatives. À cause du smartphone, nous vivons presque tous dans un état quasi permanent de distraction» (Nicholas Carr – Internet rend-il bête ?)

« Des observations incomplètes, hâtives, le passage rapide d’une impression à l’autre, la multiplicité des images, l’absence de règle et d‘effort, empêchent le développement de l’esprit. » (Alexis Carrel) 

« Les hautes constructions synthétiques sont hors de la portée de ceux dont l’esprit se disperse chaque jour dans la confusion des modes actuels de la vie. » (Alexis Carrel) – A-t-on jamais vu un savant, un vrai, pas un savant de plateau télévisé, s’agiter comme un adolescent perturbé ou un Bobo s’efforçant d’oublier son vide ?

« Pour toutes choses, en penser plusieurs mais en faire une seule. » (Miguel de Cervantès)

« La maladie du temps, c’est l’ailleurs. Toujours ailleurs. » (Jacques Chardonne)

« Remplissez de votre mieux votre tâche terrestre, non par doctrine, mais parce que là vous trouverez un soutien … La vie ne supporte pas les raccourcis ; aux évaporés elle ne donne rien. » (Jacques Chardonne)

« La parole était chose trop précieuse pour qu’on en usât sans absolue nécessité. Elle était, comme l’eau du puits une réserve cachée dans laquelle il fallait puiser avec discrétion.  … Seuls, les gens de la ville pouvaient se laisser aller à des débordements de mots. Parler leur était un gaspillage naturel, et leur vulgarité à nos yeux se mesurait à leur jactance. Ici, on se taisait, gardant les mots, en attendant le grand moment qui les ferait sortir. » (Jean Clair – sur la sobriété paysanne) – On était alors loin de la légèreté inconséquente, de la stupidité bruyante et incessante d’aujourd’hui.

« Tout est calculé pour provoquer une sensation qui est remplacée par une autre précisément au moment où elle allait se transformer en pensée. Le travail de la cervelle est réduit à la perception pure. L’image à peine née avorte. » (Paul Claudel) – Tel est l’effet, recherché, du déluge continuel d’informations. Tel est le rôle, et l’objectif, de l’inflation médiatique. L’abrutissement continuel et général.

« Celui qui disperse ses regards sur tout ne voit rien ou voit mal. » (Diderot)    

« Le grain pourrit quand on l’entasse et fructifie quand on le sème. » (saint Dominique – sur la nécessaire dispersion des frères prêcheurs)

« Il est très rassurant de ne devoir s’occuper que de ses affaires privées… Il est très fatigant, très mauvais pour l’esprit et le caractère de devoir s’adapter chaque année ou chaque mois à des façons d’être ou de penser inconnues précédemment, de honnir tout à coup ce qu’on était tenu d’acclamer la veille, de se contraindre sans relâche à marcher avec son temps. » (Jean Dutourd) – C’est tout l’intérêt des changements perpétuels imposés par les dominants et la technique ; occuper et épuiser les gens.

« Qui ne court après la Fortune ? – Je voudrais être en un lieu … – Et contre la Fortune ayant pris ce conseil – Il la trouve assise à la porte – De son ami plongé dans un profond sommeil. » (La Fontaine – L’homme qui court après la Fortune et l’homme qui l’attend dans son lit)

« Bien savoir et bien faire une seule chose procure un plus haut développement que d’en faire à demi une centaine. » (Goethe)

 « Le cavalier accompli marche au pas. » (Jean Guitton)

« La nuit où toutes les vaches sont noires. » (Hegel) – Désignant la confusion, l’indistinction, l’indifférenciation.

« Croyez bien que quand un homme sait qu’il va être pendu dans la quinzaine, il concentre merveilleusement son esprit. » (un nommé docteur Johnson – cité par John Galbraith) – Citation reprise par Churchill à la perspective de l’invasion allemande en 1940.

« Tout développement des forces vitales est fonction de leurs concentration … la concentration constitue la base technique de tout progrès … Une forte personnalité est plus tendue qu’une faible. Tous les progrès de la connaissance reposent sur l’intensification de l’attention … la concentration désigne le chemin de la perfection. » (Herman von Keyserling)

« Quand l’âme n’est pas ébranlée par un grand nombre de sensations, elle est bien plus propre à tirer parti des biens qui se présentent. » (madame de Lambert – retirée des agitations mondaines)

« Certains, étant possédés d’une curiosité inquiète, passent d’objets en objets sans s’arrêter à aucun. » (Mabillon)

« Les archers Zen se préoccupant moins de la cible que de leur équilibre intérieur ; le résultat leur étant donné de surcroît. » (Michel Maffesoli) – Un examen, un entretien… sont aussi des cibles …

« Celui qui habite partout n’habite nulle part. » (Martial)

« Tout ce qui est donné à l’extérieur est pris à l’intérieur. » (Montherlant)   

« L’essentiel est de fuir les occupations subalternes et d‘éviter de se disperser dans des plaisirs ou des obligations d’emprunt, et puis de se donner tout entier à ce qui sera l’œuvre d’une vie. Proust renonce aux chroniques du snobisme et des raouts dans le grand monde pour se claquemurer… » (Jean d’Ormesson)

« Si l’Un n’est pas, alors rien n’est. » (Platon)

« Si tu as plusieurs cordes à ton arc, elles s’embrouilleront et tu ne pourras plus viser. » (Jules Renard)

« Sans maîtrise des pensées, on ne peut maîtriser ses actes. » (Jean-François Revel)

– Être où nous sommes et non pas où (nous croyons) aller : « même quand nous sommes stoppés dans nos pieds, nous continuons à marcher dans nos têtes, nous les Occidentaux. » (Père Samuel Rouvillois)

« Il n’y a pas de bon vent pour celui qui ne sait pas dans quel port il veut aller. » (Sénèque)

« Tu ne cours pas à droite et à gauche, nulle bougeotte ne t’agite. Signe d’une âme malade que cette espèce de ballottement perpétuel ! La meilleure preuve d’un esprit équilibré, c’est … de savoir se poser pour demeurer avec soi-même. » (Sénèque)

« Plus je vais chez les hommes, plus j’en reviens inhumain. » (Sénèque)

« Le feu le plus concentré, le plus brûlant de tous. » (Shakespeare)

« Si papillonnages, éparpillements, voltiges et voltes ont leur magie, ils ont aussi leur temps … Trop longtemps pratiqué, le non-engagement (en amour, en métier, en chemin de vie) rend léger, de plus en plus léger, inconsistant. » (Christiane Singer)

« Il faut rassembler tout ce qui était dispersé, les choses unies étant plus fortes. Quand un archer veut atteindre une cible, il ferme un œil pour que l’autre vise plus exactement … Celui qui veut connaître une chose à fond y applique toutes ses pensées et les force à rentrer dans l’âme d’où elles s’étaient répandues au dehors … Si l’oreille est remplie d’un son, elle n’entend plus aucun autre son. Pour que l’on puisse recevoir, il faut être disponible, libre et dépouillé. » (Jean Tauler)

« Il y a quelque chose de plus opposé à la plénitude que le vide, et c’est l’encombrement. Et rien n’est plus vide qu’une âme ou qu’un esprit encombrés. »  (Gustave Thibon)

« Rien n’est plus nécessaire à la culture des sciences que la méditation, et il n’y a rien de moins propre à la méditation que l’intérieur d’une société démocratique. Chacun s’agite : les uns veulent atteindre le pouvoir, les autres s’emparer de la richesse. Au milieu de ce tumulte universel, de ce choc répété des intérêts contraires, de cette marche continuelle vers la fortune, où trouver le calme nécessaire aux profondes combinaisons de l’intelligence ? Comment arrêter sa pensée sur un point, quand autour de soi tout remue et qu’on est soi-même entraîné et balloté chaque jour dans le courant … Se livrant peu à la méditation il est naturel que les hommes des sociétés démocratiques aient peu d’estime pour elle. Les habitudes d’esprit qui  conviennent à l’action ne conviennent pas toujours à la pensée.  » (Alexis de Tocqueville)

« L’attention absolument sans mélange est prière. Toutes les fois qu’on fait vraiment attention on détruit du mal en soi. » (Simone Weil)

« Quand tu es assis, contente-toi d’être assis. Quand tu marches, contente-toi de marcher. Surtout ne tergiverse pas » (le maître Zen à son disciple).

« A courir deux lièvres à la fois on n’en attrape aucun. » (proverbe)

« Qui partout sème ne récolte nulle part. » (proverbe)

« Pierre qui roule n’amasse pas mousse. » (proverbe)

« On ne peut être à la fois au four et au moulin. » (proverbe)

« Qui hante toutes les eaux se noiera. » (proverbe)

« Faire quatre choses à la fois, c’est en manquer près de trois. » (proverbe)

« Arc trop tendu, tôt lâché ou rompu. » (proverbe) 

« Son centre de gravité était situé hors de lui-même. » (?)

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