600,3 – Avancée – Transhumanisme

– Mot fétiche des syndicats roses et rouges. En matière sociale, expression magique des éternels insatisfaits. Vers quoi ? Plus de droits, plus de réclamations et lamentations, plus de privilèges, plus de consommation et de pollution, plus d’agitation et de dépression, renforcement des castes… Usuellement, vers n’importe quelle nouvelle mesure aboutissant à séparer les gens, à augmenter la fraude, à mener à la ruine, à accroître la confusion et le bordel général, l’envie généralisée et la lutte de tous contre tous, pour s’apercevoir l’année suivante que ce n’était qu’une ânerie de plus.

– Être parent 1 ou parent 2, ça vous fait rêver ? Pourtant voilà une belle avancée !

Il est possible de faire avaler n’importe quoi, notamment en matière de prétendue avancée sociétale, à des jeunes (par définition sans expérience ni beaucoup de raisonnement), sous prétexte de nouveauté, de modernité, de soi-disant progrès… C’est là, la raison principale de la propagande obsessionnelle pour ce qu’on appelle le Jeunisme

– Tout le monde (sauf les hystériques de vocation) sachant ou pressentant que certaines mesures ne sont là que pour accomplir un pas de plus vers le pourrissement complet de la société, on n’ose même plus, à leur propos et depuis quelque temps, employer le  terme sinistre d’avancée sociétale.

On pourra voir aussi la rubrique Progrès, 600, 1

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« Comme le disait avec humour l’informaticien américain Joseph Weuzenbaum, à propos des progrès de l’informatique pour gérer la société : ‘rien ne sert de tomber plus vite au fond du puits’. » (Cité par Philippe Breton)

« Dans nos sociétés de grande vulnérabilité, tout est toujours possible, surtout le pire. Le risque est partout … Nous savons que nos avancées se paient de reculs terrifiants, que chaque conquête est un terrain perdu, que chaque démonstration de force est un aveu de faiblesse ; et que l’humanité va simultanément et d’un même pas vers le meilleur et vers le pire. » (Pascal Bruckner)

« Ce qui fédère les hommes maintenant c’est un même malaise devant leur identité, une même doléance devant les injustices du sort puisqu’ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes de leur infortune. Même triomphant l’homme aime à se penser vaincu. Dans sa victoire, il soupçonne que quelque chose d’essentiel a été perdu, la chaleur matricielle de la tradition, la tutelle protectrice de la collectivité. Sa détresse est le résultat d’une avancée et non d’une défaite et il voudrait, vainqueur, continuer à être vu comme un persécuté. » (Pascal Bruckner)

« Les vagues se mettraient-elles à réfléchir, elles croiraient qu’elles avancent, qu’elles ont un but, qu’elles progressent, qu’elles travaillent pour le bien de la mer, et elles ne manqueraient pas d’élaborer une philosophie aussi niaise que leur zèle. » (Emil Cioran)

«  L’homme s’attache – en ‘envieux’ – à  l’idée d’évolution, comme si le  fait d’avancer devait nécessairement le porter au plus haut degré de perfection. A vouloir être autre, il finira par n’être rien; il n’est déjà plus rien. Sans doute évolue-t-il, mais ‘contre’ lui-même, aux dépens de soi, vers une complexité‚ qui le ruine … Devenir et progrès sont notions en apparence voisines, en fait divergentes …Tout change, c’est entendu, mais rarement, sinon jamais, pour le mieux … S’il continue à se cramponner (au savoir qui mène à la puissance) point de doute que l’homme n’entre alors dans une carrière de dieu risible ou d’animal démodé. » (Emil Cioran)

« Mot-clé du jargon professionnel journalistique désignant la destruction bienvenue de tous les cadres anciens de l’existence : nation, famille, ville, école… Du point de vue du journalisme le passé est forcément condamnable et l’avenir nécessairement désirable. » (Philippe Cohen et Elisabeth Lévy)

« Les classes populaires ne sont plus rejetées, moquées, dédaignées, en raison de leur vulgarité … mais pour des raisons idéologiques ; elles ralentissent les avancées du progrès. » (Chantal Delsol) – Il est vrai aussi  que la vulgarité a atteint les classes dominantes, et avec quelle intensité !

« La distinction entre les races, à l’origine du nazisme, tenait sur le critère de l’avancée civilisatrice. C’est le même critère qui aujourd’hui soutient la distinction des classes (attardés, frileux, repliés…). » (Chantal Delsol)

« Plus les télescopes seront perfectionnés et plus il y aura d’étoiles. » (Flaubert)

« La globalisation identifiée au cosmopolitisme libéral … Le féminisme et Wall Street, parfaitement incarnés par la personne d’Hillary Clinton … Le néolibéralisme progressiste représente une alliance des principaux mouvements sociaux (féminisme, antiracisme, multiculturalisme, défense des droits LGBT) et des secteurs de pointe à forte valeur ajoutée des industries de la  finance et des services (Wall Street, Silicon Valley et Hollywood). Cette alliance est effectivement celle des forces progressistes et  des forces du capitalisme cognitif … Les premières ayant contribué … au renforcement des secondes en leur prêtant leur aura (et les secondes ayant remboursé cette aide bienveillante et bienvenue en finançant les lobbies et leurs leaders) … L’assaut mené contre la sécurité de l’emploi fut recouvert d’un vernis pseudo-émancipatoire emprunté à la rhétorique des mouvements sociaux … Tandis que les régions industrielles étaient littéralement ravagées, l’Amérique bruissait de délicieux babils au sujet de la ‘diversité’, de ‘l’autonomisation des femmes’ et de la ‘lutte contre les discriminations’ … Les partisans de l’émancipation pactisèrent avec les partisans de la financiarisation faisant dès lors équipe. » (Nancy Fraser)  – « … Les élites urbaines amasser des richesses et défendre les droits des minorités sexuelles et culturelles … Le monde ouvrier a été détruit par le capitalisme financier et a été dévalué par les élites culturelles progressistes. » (Eva Illouz)

« Chaque modification législative est évidemment présentée comme une avancée incomparable : comment a-t-on pu vivre sans jusqu’à présent ? » (Christian Godin)

« La technoscience nous aura fait avancer vers… on ne sait quoi, mais qui ne saurait être que meilleur, le temps n’ayant qu’un sens. » (Alain Gras) – L’établissement idéologique de ce sens unique obligatoire, expression et arme du progressisme et de ses policiers.

« Peut nous arriver : ce qui est arrivé à tant d’autres espèces animales d’un type différent, aux insectes par exemple ; l’activité cérébrale prendra de plus en plus le caractère instinctif, réflexe, automatique, mécanique, et deviendra de moins en moins consciente. » (Alexandre Herzen, neurophysiologiste – cité par Marcel Gauchet) – Quel avenir brillant. L’humain automatiquement adapté et augmenté est à la portée de nos biotechnologies. Tout ce qui est faisable, sera fait.

« L’idée s’est-elle répandue que tout pas en avant crée plus de problèmes, en raison des effets secondaires, qu’il n’en résout. » (Albert Hirschman) – Comme tous les stupides changements.

« L’immobilisme est en marche, et rien ne l’arrêtera. » (un humoriste)

« Les progressistes ont tendance à haïr tout ce qui renvoie une image de force, d’habileté et de réussite … Le progressiste est anti-individualiste et procollectiviste … Il n’a pas confiance en ses propres capacités à résoudre ses problèmes et à satisfaire ses besoins. Il est opposé à la notion de compétition parce que, dans le fond, il se sent minable … Son sentiment d’infériorité est tellement ancré qu’il ne peut pas s’imaginer fort et doté d’une valeur propre. Cela explique son goût pour le collectivisme : il se sent fort uniquement en tant que membre d’une grande organisation ou d’un mouvement de masse … Ni la compassion ni les principes moraux ne suffisent à expliquer l’activisme des progressistes. L’agressivité et le goût du pouvoir sont des composantes bien trop importantes de leur comportement. Nombre de leurs actions ne sont d’ailleurs pas calculées rationnellement en vue d’aider les gens qu’elles sont censées soutenir … Les problèmes (raciaux)  leur servent de justification pour exprimer leur propre agressivité et leur désir frustré de pouvoir … S’il n’y avait plus de problèmes sociaux, les progressistes en inventeraient afin d’avoir un prétexte pour faire du foin … Le progressisme est en contradiction avec la nature sauvage et la liberté humaine … Collectiviste, il cherche à faire du monde entier un tout unifié … Quand les progressistes étaient en minorité dans les universités, ils s’étaient faits les ardents défenseurs de la liberté d’expression, aujourd’hui qu’ils ont imposé leur mode de pensée, à l’exclusion de tout autre, c’est le ‘politiquement correct’ … Ils ont la conviction que leur idéologie est moralement juste et que c’est un devoir de l’imposer à tous … Idéologie totalitaire de caractère quasi religieux (ce qui est contraire incarnant le péché) cherchant à envahir tout recoin de la vie privée et à modeler toute pensée … instinct de puissance … Ce sont en général les assoiffés de pouvoir qui parviennent à la tête des mouvements progressistes … Le progressiste aime à aligner les poncifs de gauche, ‘racisme’, ‘sexisme’, ‘homophobie’, ‘capitalisme’, impérialisme’, ‘néocolonialisme’, génocide’ (‘féminicide’ ?), ‘progrès social’, ‘justice sociale’, ‘citoyenneté’, etc. » (Théodore Kaczynski – La société industrielle et son avenir – considérations éparses sur cette espèce redoutable, le progressiste)

« Aux utopies de nature sociale et politique ont succédé des utopies biotechnologiques comme le transhumanisme. » (Leszek Kolakowski)

« Les fantaisies sociétales que ‘boboland’ tient pour la substance même du progrès. » (Elisabeth Lévy) – Alors qu’elles ne font qu’instaurer plus encore de pourriture.

« De tout temps on s’est attendu à ce que l’un des bénéfices de l’abondance économique soit une manière de vivre tranquille et harmonieuse, une sorte d’Arcadie. Or ce que l’on observe est exactement le contraire. La cadence s’accélère, et nos vies deviennent, en fait, de plus en plus fiévreuses. » (Staffan B. Linder – cité par Jean-Pierre Dupuy)

« Le catéchisme contemporain nous dit sans cesse qu’il faut que ‘tout avance’. Les gens, les choses, même les villes doivent avancer. Pour aller où ? Personne ne répond. Personne ne pose même la question. Cet ‘avancisme’ est intransitif (comme on ‘se mobilise’, on ‘lutte’, on ‘se bat’, qui n’ont plus besoin de compléments d’objet) … Incroyables monstruosités ou invraisemblables clowneries généralement appelées ‘nouvelles avancées’. » (Philippe Muray)

« Une ère de barbarie commence, et les sciences seront à son service. » (Nietzsche) – « Nous découvrons avec étonnement que le progrès a passé alliance avec la barbarie. » (Sigmund Freud)  

« La théorie du genre est le produit d’une société dont l’objectif est de mener une guerre totale à la nature … Elle prépare le transhumanisme qui est l’objectif final du capitalisme. » (Michel Onfray)

« Il n’est pas vrai que de toute façon, l’on avance. Bien souvent, l’individu, comme les sociétés, régresse ou se détériore. » (Pier Paolo Pasolini) – Nos prétendues  avancées ne sont souvent que l’amorce de nouveaux désastres.

 « L’effacement des utopies politiques et sociales laisse la place pour les utopies biologiques. » (Robert Redeker – à propos du transhumanisme)

… Vivante biologiquement, cette humanité serait morte humainement. » (Robert Redeker – sur le transhumanisme)

« Depuis des millier d’années, l’homme avait appris à amalgamer, fondre, souder, forger et brûler la matière inanimée pour en tirer des objets utiles. Il apprend désormais à épicer, recombiner insérer et coller la matière vivante pour la transformer en marchandise … avec le code génétique … Pour la première fois nous appliquons les technique de l’ingénierie au tissu même de la vie  » (Jeremy Rifkin ) –  « Il en va de la matière animée comme du reste, c’est un fonds disponible. Il n’y a plus d’exception à la plasticité, à la manipulabilité, à l’opérabilité de l’être … … Nous sommes passés du psychorigide au psychofluide … Tout est mélangeable avec tout, faisant  de la transformation de n’importe quoi en n’importe quoi l’idéal de l’humanité … à la liquéfaction du monde. » (Alain Finkielkraut – reprenant Heidegger)

« Les cathédrales étaient déjà des ‘caps Canaveral’, mais vers l’autre monde. » (Dominique de Roux)

« La mémoire collective a raison de retenir le mois d’’août 1945 comme la date de l’apocalypse physique (bombardement atomique sur le Japon) et le mois de février 1997, où fut rendue publique l’existence du mouton cloné, comme la date d’une apocalypse biologique. » (Peter Sloterdijk)

 « Que valent tous ces verbiages à propos de ‘conquêtes impérissables’ ? » (Oswald Spengler) –Ils reflètent au moins la sottise d’une époque, la nôtre. 

« Le vrai  problème est de savoir s’il faut persister dans certaines recherches, si la société et l’esprit humains, à leur stade actuel d’évolution,  pourront supporter les vérités à venir … des réalités contraires à notre équilibre mental et à nos maigres réserves morales (pressentiment de Edmund Husserl dès les années 1930). » (George Steiner) – Mais qu’importe, faisons du fric et préparons la société et l’esprit humains à s’accommoder du n’importe quoi jusqu’au feu d’artifice final. 

« Pour les seigneurs de la guerre économique, de la ‘disruption’, qui est un phénomène d’accélération de l’innovation, il s’agit d’aller plus vite que les sociétés pour leur imposer des modèles qui détruisent les structures sociales et rendent la puissance publique impuissante. C’est en quelque sorte une stratégie de la tétanisation de l’adversaire. Aller plus vite que toute volonté. » (Bernard Stiegler – Dans la disruption, comment ne pas devenir fou – raisonnant notamment sur l’invraisemblable explosion de l’ère numérique en moins de dix ans, et sur les NBIC qui vont surgir bousculant tout) – Il est vrai que les tenants de la puissance publique, élus, sauf exception, grâce à ces magnats, n’ont nullement envie de les contrer.

« L’envie d’avancer, les Français veulent aller de l’avant, la reconquête de l’espérance, préparer l’avenir, le goût de l’avenir, les désirs d’avenir, s’adapter au monde qui bouge, comment faire bouger la France, comment faire avancer les choses … Echantillons du code culturel progressiste dans lequel puisent notamment les professionnels de la politique pour confectionner leurs messages minimalistes. » (Pierre-André Taguieff) – Et les journalistes stupides et serviles.

« ‘Personne ne peut souhaiter‘ a dit Gregor Puppinck le 6 octobre, devant le Sénat, être né d’un inconnu qui se masturbe devant un film porno dans une banque de sperme‘. On sait tous que la PMA avec tiers donneur est, pour tous les couples, de la marchandisation. » (Marie-Hélène Verdier)

« S’imaginer qu’à force d’avancer, on s’élèvera dans les airs. » (Simone Weil – sur le progressisme)

« On compte sur la croissance scientifique et technicienne pour porter sur ses épaules tout ce qui reste de l’espérance humaine. » (?) – Pour nous mener où ? à la PMA, à la GPA, à l’Euthanasie, au transhumanisme (l’être réparé, refabriqué), au clonage ?

– Pendant longtemps, il convenait d’adapter le monde à l’homme, et c’est ce qu’ont fait la science et la technique jusqu’à récemment. Depuis peu, comme tout s’est emballé et est passé hors contrôle, les bons esprits ne parlent plus que d’adapter l’homme au monde devenu fou. Cela s’appelle le Transhumanisme.

Ci-dessous, extraits simplifiés et remaniés de l’excellent ouvrage d’Olivier Rey, Leurre et malheur du transhumanisme

« La perte de confiance dans le progrès doit être compensée par une inflation de ce qu’il est censé apporter. Plus le monde va mal et menace de s’écrouler, plus il faut abreuver les populations de promesses exorbitantes. Tel est le rôle du transhumanisme … ‘Pensez à tous les sermons, jeunes et disciplines astreignantes que les gens se sont imposés pour tenter d’ennoblir leur personne. Bientôt il sera possible d’atteindre  mieux les mêmes objectifs en avalant chaque jour un cocktail de comprimés’ (Nick Bostrom, président de la world transhumanist association) … Plus d’efforts … La stratégie transhumaniste (comme la stratégie de toutes les techniques qui font rêver d’innovations dites disruptives ou de rupture) rappelle l’histoire du chaudron que contait Freud : – L’emprunteur prétend qu’il a rendu le chaudron intact, – Puis que le chaudron était déjà percé, – Enfin qu’il n’a jamais emprunté de chaudron, (toutes justifications individuellement recevables, mais dont l’empilement est incohérent). On explique d’abord aux populations les avantages foudroyants, viennent les promesses mirifiques – Des inquiétudes se font jour. On avance qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, que la technologie concernée s’inscrit dans la continuité de ce qu’on a toujours fait (les chaussures étaient déjà des prothèses, la poterie ou la menuiserie sont des techniques comme l’industrie nucléaire) …  Promettons un changement et affirmons qu’il n’y a pas de véritable changement … – Enfin, dernier stade, inutile de discuter, l’évolution est inéluctable. Les progressistes, dispensateurs de tous biens l’ont toujours emporté sur les obscurantistes, rongés de peurs irrationnelles  … Le système économique ne saurait laisser perdurer l’insouciance. On nous prépare la préoccupation permanente, parfaitement contradictoire avec la véritable santé, que sera la pharmacisation tous azimuts de l’existence …. Viendra l’artificialisation de la production des êtres humains (avec dépendance des porteurs de ‘projets parentaux’ envers les détenteurs de la technologie) … Les instances dites de surveillance avalisent à peu près tout ce qui est technologiquement réalisable … Plus les choses tournent mal, plus il faut se confier à ce qui les fait si mal tourner … Ce sont les possibilités technologiques qui commandent, à charge pour les détenteurs du capital, de leur trouver des débouchés, c’est ainsi qu’a émergé le transhumanisme … découpage de la vie en fonctions, chacune susceptible d’être appareillée, ‘augmentée’ … La tyrannie exercée sur une nature objectivée tend inévitablement à inclure les êtres humains dans son orbe et menace en permanence de les soumettre aux mêmes procédures d’objectivation … Les dispositifs qui visaient à asservir la nature en viennent à s’appliquer à eux-mêmes. … Le manque de mesure dans l’exercice de la domination conduit à la destruction de ce qui est dominé, et le maître qui se veut absolu se retrouve maître d’un champ de ruines … Le transhumanisme ne peut que s’acharner à soumettre totalement la nature, jusqu’au saccage, ou s’évertuer à lui échapper totalement, jusqu’à l’anéantissement de ce que l’on est … ‘L’accélération continue est le propre des chutes plutôt que des ascensions.’ (Gustave Thibon). »

« L’individu contemporain est moins assuré de lui-même que l’ensemble de ses prédécesseurs. Sous  ses rodomontades, il est rongé par le sentiment de son insuffisance … ‘Ce que nous possédons, c’est uniquement notre pouvoir d’être livrés… La place que nous occupons dans l’histoire de la dignité humaine est misérable.’ (Gunther Anders) … Disproportion terrassante pour la personne entre ses facultés propres et celles du système … Placé en dehors du complexe économico–industriel, je ne serais même pas en mesure d’assurer ma propre survie, me nourrir, me vêtir, me protéger des intempéries ; mes compétences techniques personnelles sont largement inférieures à celles de l’homme de Néanderthal … Le rêve de s’augmenter par la technologie séduit des êtres préalablement rendus infirmes par cette même technologie … L’homme augmenté, c’est avant tout un homme plus compétitif, eugénisme et transhumanisme sont tous les deux l’émanation d’esprits obsédés par la compétition … Ils imaginent que la technologie les soustraira au chaos du monde alors que non seulement elle hâtera ce chaos, mais laissera sans défense ceux qui ont désappris à vivre sans elle. » (Olivier Rey)

« Plus la technologie est sophistiquée, plus la démocratie doit céder le pas à la technocratie … Prôner le développement technologique sans limite, tout en prétendant que la démocratie saura prévenir les dérives et veiller à ce que les avancées profitent à toutes-et-tous, est une plaisanterie sinistre. » (Olivier Rey)

« Se bercer de récits d’apothéose au moment où se propage la dévastation n’est pas faire preuve de bravoure mais de lâcheté. » (Olivier Rey)

« Le flot de promesses absurdes qui aggravent l’hébétude. » (Olivier Rey) – Au point où nous en sommes, est-il encore possible de l’aggraver ?

 

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