725,2 – Atrocités

– De tout temps, en tout lieu, spécialité des vaincus. En convenant d’ailleurs qu’ils en auraient été parfaitement capables, question de moyens.

– Certes les camps de concentration, entre autres amabilités. Mais aussi Hiroshima, Tokyo, Hambourg, Dresde, soit la décision des alliés (prise en 1942) d’utiliser la force aérienne directement contre les populations civiles (millions de morts atroces… femmes, enfants). Rien qu’en France, cependant épargnée, des dizaines de milliers  ; et aussi le charnier stalinien  de Katyn… « Baby is born » (télégramme envoyé au président Truman pour l’informer de l’anéantissement d’Hiroshima – cité par Nancy Huston). -Le cynisme da la barbarie anglo-saxonne,  américaine comme britannique, avant tle même traitement pour  Nagasaki, après avoir brûlé vifs  au phosphore les enfants d’Hambourg, de Berlin, de Dresde et de Tokyo, entre autres.  Cela vaut bien l’Arbeit macht frei de l’entrée d’Auschwitz.  Suivant leurs propres termes les alliés ne faisaient, gentiment, que saper le moral de l’ennemi en incendiant des villes entières au phosphore.

– L’atroce est, et sera, toujours prêt à survenir (ceux qui ont vu des révolutions ou des libérations le savent) ; la révolution culturelle de l’ignoble Mao, les Khmers rouges et le génocide cambodgien, le Rwanda, l’Afrique parfois, l’île de Nossi-Bé (Madagascar) le rappellent hélas  aux égoïstes aussi optimistes que bien-pensants qui ne veulent rien savoir.

– Quant à nous, Français, et sans vouloir cracher sur notre propre pays suivant la mode, mais parce qu’en ce qui nous concerne nous oublions un peu facilement, nous savons aussi bien occuper et humilier savamment une population (nous savons même aussi bien fusiller que les autres, en Rhénanie et dans la Ruhr que nous occupions dans les années 1920, préparant ainsi l’hitlérisme). De Gaulle, associé aux communistes auxquels il avait livré le pays pour opérer l’épuration (nécessaire, mais sauvage et souvent barbare, et toujours intéressée ; indignité nationale : confiscation des biens, quelle tentation !), qui renvoyait à Staline quelques 100.000 Russes qui savaient ce qui les attendait, qui ordonnait la répression de Sétif le 8 mai 1945, préparant ainsi l’insurrection algérienne 10 ans après, comme ses successeurs en 1947 avaient la main aussi lourde à Madagascar, De Gaulle qui trahit ouvertement les Algériens qui avaient fait confiance à la France (les harkis) et les laissât massacrer, en emprisonnant (ou faisant assassiner, plus ou moins légalement) les officiers qui protestaient contre cette trahison . Moins de bonne conscience et un peu de pudeur nous honorerait.  

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« Si bon nombre d‘Allemands étaient certainement au courant, en 1942, du sort fait aux Juifs (et autres tziganes…), qui évoque la décision de Londres et de Washington de ‘mettre l’embargo’ sur les révélations et de les tenir rigoureusement secrètes ? Roosevelt, qui avait déjà, avant la guerre, refusé de signer la loi Wagner-Roger autorisant dix mille juifs allemands à entrer aux USA en plus des quotas d’immigration, était en effet plus soucieux que jamais d’empêcher les Juifs d’Europe de demander asile aux Alliés et d’affluer chez eux … Les atermoiements et les refus que Roosevelt et Eden ne cessèrent d’opposer, jusqu’à la fin de la guerre, aux négociations d’évacuation toujours possibles … Refus d’évacuation par navires américains à partir de Marseille alors encore en zone libre, demandées par Pierre Laval au chargé d’affaires américain … Décision commune de Londres et Washington de tenir secrètes toutes les informations concernant les camps nazis afin d’éviter l’exode vers les USA. des Juifs d’Europe centrale et des Balkans  encore libres. » (Raymond Abellio – Sol invictus, P 111 – reprenant les explications détaillées de l’écrivain Saul Friedlander) – Des informations qui nuisent au vainqueur, jamais. En histoire, s’il y a des criminels avérés, personne n’est tout à fait blanc. Et c’est au pape que l’on reproche son silence !

« La constance qu’ils mettent à ne pas parler des coupables, à taire que l’événement a été causé par des hommes ; à ne pas nourrir le moindre ressentiment bien qu’ils aient été victimes du plus grand des crimes … De la catastrophe, ils parlent constamment comme d’un tremblement de terre, comme d’un tsunami ou d’un astéroïde … Cela passe l’entendement. » (Günther Anders – visite à Hiroshima) – Pas de reproches, pas de récriminations, pas de lamentations, pas de pleurnicheries, pas d’exigence de repentance, pas de demande de fric. Comparons et admirons.

« Pour paralyser une gare, on écrasait un quartier, pour faire sauter un pont, on éventrait ses deux rives, on taillait large comme disent les chirurgiens … Quand l’ennemi était responsable, c’était une atrocité, quand c’était nous, c’était une nécessité. » (Maurice Bardèche –  à propos des bombardements alliés) – Il est d’ailleurs curieux que les exactions commises par un petit groupe de soldats soit qualifiées d’atrocités (souvent à juste titre) et que des bombardements  massifs,  soit aveugles, soit visant expressément les populations civiles, ne rentrent pas du tout dans cette catégorie. Ne serait-ce pas parce qu’historiquement les grands bombardiers ont été en général vainqueurs ?

« L’exhibition des atrocités commises par les vaincus est usuelle après toutes les guerres modernes. » (Maurice Bardèche)

« L’injustice et la cruauté, inséparables de la victoire, changeait de camp avec elle.  Après avoir découvert chez ceux dont on était séparé des sadismes déconcertants, il fallut bien reconnaître qu’ils se manifestaient de même chez ceux auxquels on se trouvait lié. » (Emmanuel Berl – sur la libération) 

« Je pense … que si un jour les méthodes de destruction … finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction … ni les représailles et la vengeance qu’elle s’attire… mais la docilité, l’absence de responsabilité de l’homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public … Les horreurs, passées et à venir, ne signalent pas que les rebelles, les insubordonnés, les réfractaires sont de plus en plus nombreux dans le monde, mais plutôt qu’il y a de plus en plus d’hommes obéissants et dociles. » (Georges Bernanos)

« Vous auriez demandé à un compagnon de Pizarro, ou à Pizarro lui-même, s’il se sentait capable d’égorger dix petits enfants, il aurait peut-être répondu par l’affirmative. Mais vingt ? Mais cent ? A défaut d’attendrir leurs cœurs, cette boucherie aurait probablement révolté leurs estomacs ; ils auraient fini par vomir sur leurs mains rouges. Ce vomissement plus ou moins tardif aurait marqué, pour eux, la limite de cruauté qu’on ne saurait dépasser sous peine de devenir un monstre irresponsable, un fou. Le premier venu, aujourd’hui, du haut des airs, peut liquider en vingt minutes des milliers de petits enfants avec le maximum de confort, et il n’éprouve de nausée qu’en cas de mauvais temps, s’il est, par malheur, sujet au mal d’avion (Georges Bernanos –  La France contre les robots) – A propos des bombardements atomiques et conventionnels lors de la deuxième guerre dite mondiale, distraction préférée des Anglo-saxons. Rien qu’en France, relativement épargnée, les bombardements des dits alliés on fait plus de morts que tout le reste (campagne de 39/40, combats et répression allemande… 300.000, affiche officielle au musée de l’air, retirée depuis) – « La  brutalité de l’emploi des forces aériennes des pays démocratiques contre les populations civiles d’Allemagne … n’avait guère de justification technique ou stratégique … comme d’ailleurs Hiroshima, Nagasaki, et Tokyo auparavant … Consignes données aux pilotes de la RAF : saper le moral de l’ennemi grâce à des bombardements de zone et l’emploi de techniques permettant d’incendier rapidement et systématiquement des quartiers entiers dans les centre-villes … Plus d’un demi-million de victimes civiles (enfants brûlés vifs). » (Philippe Breton)

« Communisme et nazisme ont atteint l’un et l’autre des sommets absolus dans la barbarie. Mais il faut reconnaître cependant, qu’ayant sévi beaucoup plus longtemps, le communisme l’emporte dans l’horreur, du strict point de vue quantitatif du moins … On ne peut donc se dispenser de se demander pourquoi, aujourd’hui, on peut avoir été communiste et rester respectable, alors qu’on ne peut pas rester respectable  lorsqu’on a été nazi. » (Raymond Boudon)  – La réponses est simple. Parce que les vainqueurs étaient communistes donc ont imposé leur vision, et qu’en plus celle-ci arrange toute la classe dominante. On ne peut pas bénéficier de deux boucs émissaires (ce qui n’excuse pas le nazisme).

« L’histoire contemporaine nous enseigne qu’il suffit d’un malade mental, de deux idéologues et de trois cents assassins pour s’emparer du pouvoir et bâillonner des millions d’hommes. » (Kazimierz Brandys – cité par Simon Ley, à propos des Khmers rouges, mais pas seulement) –  A la chute du régime de Pol Pot (encouragé par Kissinger et l’administration Carter, encensé par les média et les intellectuels occidentaux et français, comme toujours au premier rang dans l’abjection (la révolution khmère est la plus belle et la plus pure), le Cambodge avait perdu plus d’un quart, près d’un tiers de sa population (et dans quelles conditions atroces !) – On nous parle encore d’Auschwitz, très bien, déjà moins du Goulag, et plus du tout de l’horrible révolution culturelle de Mao, des pénitenciers cambodgiens de torture et de mort, de Tuol Sleng… Il est vrai que média et intellectuels jouissent toujours à communiser.

« Ce devrait être un signe de décence pour un homme, que d’être honteux d’avoir vécu au XX° siècle. » (Elias Canetti) – Cependant vraisemblablement moins que dans le siècle qui commence.

« Ce n’est pas lors de la prise de la ville que se manifestent les hommes les plus hideux, c’est le lendemain. » (André Chamson)

« Nuit noire à Nagasaki : l’homme et l’enfant se tenaient par la main, Près du parc, Lorsque l’éclair blanc si pur imprima, A mille cinq cent mètres du point d’impact, Leurs deux silhouettes sur le mur. » (Maurice G. Dantec) – Que ne ferait-on pas pour la liberté, n’est-ce pas ?

« En l’espace de trois jours, les vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale avaient ouvert une ère dans laquelle la puissance technique des armes de destruction massive rendait inévitable que les guerres devinssent criminelles au regard des normes mêmes qu’ils étaient en train d’édicter … Le 8 août 1945, le tribunal de Nuremberg s’accordait la capacité de juger les crimes de guerre allemands, alors que, deux jours auparavant, le 6 août, la bombe atomique annihilait la ville d’Hiroshima et, obstination absurde dans l’infamie, que le 9 août Nagasaki était frappée à son tour. » (Jean-Pierre Dupuy – « Ironie monstrueuse » selon Günthers Anders. Belle illustration de l’hypocrisie anglo-saxonne.

« Il y a des lâches qui n’ont point combattu, et qui ont besoin de torturer les vaincus pour se persuader à eux-mêmes qu’ils sont vainqueurs. » (Alexandre Dumas) – « Outre le zèle faux et l’outrance du retardataire, les retardataires se rattrapent de leur ancienne faiblesse, de leur ancienne lâcheté, se défendent, se sauvent des reproches mérités qu’ils prévoient ou qu’ils entendent, compensent leur absence initiale en insistant sur leur nouveau rôle. » (Charles Péguy) – La horde des lâches, toujours présente, et au premier rang, dans les révolutions, les ‘libérations’, les victoires…

 « Nous avons même inventé en Vendée le premier génocide des temps modernes. Nous avons commencé ainsi à éclairer le monde. » (Claude Fouquet) – L’auteur oublie les exploits des armées de Louvois en Allemagne, pendant la guerre de trente ans et, entre autres, le sac du Palatinat.

« Il est beau qu’un soldat désobéisse à des ordres criminels. » (Anatole France) – Belle phrase d’une belle conscience bien au chaud, sans crainte d’être fusillée sur le champ. 

« C’est un aviateur qui est entré à la Trappe après avoir déposé sa bombe ; ceux qui la lui avaient fournie ne l’ont même pas accompagné jusqu’à la porte du couvent. » (André Frossard – sur Hiroshima)

« Des stratégies de terreur militaire comme les bombardements de Dresde ou d’Hiroshima qui auraient mérité le nom de génocides barbares aux époques antérieures. » (Francis Fukuyama) – Leur qualification n’est pas une question d’époque, beaucoup plus simplement, un vainqueur ne commet jamais d’atrocités.

« Car, pour en être capable, il suffit d’identifier son intérêt à la justice et au bien. Quiconque les menace ne peut appartenir alors qu’au parti de l’inhumain. » (Nicolas Grimaldi)

« Se rappeler l’historique de la brutalité de l’action des Etats-Unis … Jeune officier de la milice coloniale britannique, Georges Washington n’avait-il pas rasé des centaines de villages indiens des Appalaches, bien avant que le général Jackson n’acquière sa popularité en l’imitant un demi-siècle après plus à l’ouest ? » (Guy Hermet – L’hiver de la démocratie) – Les populations civiles des villes allemandes, celles de Tokyo, d’Hiroshima et de Nagasaki, du Vietnam de Serbie et  d’Irak ne font que suivre dans la liste des atrocités américaines.

« Le rituel post-attentat a repris avec ce refrain : ‘Il nous faut vivre comme avant’. Et si, justement, c’était l’erreur à ne pas commettre. Si, tout en refusant de se laisser terroriser par les terroristes, il nous fallait au contraire revoir le mode de vie aseptisée et vide de sens de nos sociétés occidentales. » (Antoine-Marie Izoard) – C’est l’évidence, mais – « Et si le peuple, plutôt confiant et clément, et occupé à cultiver son hédonisme, n’avait pas envie d’être dérangé ni que l’on puisse entamer son désir de jouir de l’instant présent. L’hédonisme, c’est l’opium des peuples occidentaux de notre époque … La poursuite de la satisfaction du bien-être personnel, un horizon indépassable. » (Malika Sorel-Sutter) – Ce que cache cette lâcheté, par ailleurs contre-productive, c’est que le bobo veut continuer à se vautrer aux terrasses des cafés, veut continuer à jouir stupidement de son vide. Fleurs et bougies suffisent largement. Belle illustration dans ce titre de livre : Vous n’aurez pas ma haine. Les terroristes ont dû être émus jusqu’aux larmes par une telle mansuétude !

« Ce génocide n’est pas un accident fortuit. Il est bien de notre époque, foncièrement intolérante, en proie à une logique opératoire, même si elle affirme le contraire. » (Claude Jannoud – sur la Shoa)

« Est-ce le rôle de la loi de dresser la liste, en fonction des groupes de pression correspondants, des crimes et atrocités de l’histoire de l’humanité ? » (Julien Landfried)

« Quand le crime est celui du plus grand nombre il est sûr de l’impunité. » (Lucain) – Du plus fort, soit du plus grand nombre ou des vainqueurs.

« Ce qui ajouta à la stupeur du XX° siècle, c’est qu’il ne résulta rien de politique, ni de religieux, ni de xénophilique, ni de national, ni d’international, de l’ouverture des camps de concentration et d’extermination … ni des massacres des bombardiers, ni du sadisme d’Hiroshima-Nagasaki … Les pogroms reprirent ; les camps essaimèrent ; la férocité multiplia son visage ; les procédés de la torture se perfectionnèrent ; la terreur s’amplifia. » (Pascal Quignard – Les ombres errantes) – Les boucheries n’ont servi à rien. Si ce n’est à inspirer Staline, le tortionnaire Che Guevara, les Khmers rouges, les Américains dans leurs meilleures formes, les fous de Dieu  et tant d’autres.

« La morale internationale est ainsi faite qu’il est interdit de soumettre, mais qu’il est permis de tuer, pourvu que ce soit fait discrètement et sans intention déclarée … L’élimination des indésirables s’est poursuivie jusqu’aux temps contemporains. Les Indiens des Etats-Unis, les aborigènes australiens … Aucun plan de massacres n’a été dressé, pas d’exécutions … Les dominants ont simplement organisé leur propre existence conformément à leurs intérêts …  Alors que ceux qui ont laissé vivre ou même favorisé la multiplication des populations soumises (cas des Français d’Algérie et des Blancs d’Afrique du Sud) sont allés au devant de sévères épreuves et ont subi la réprobation générale. » (Alfred Sauvy – Mythologie de notre temps) – Ce qui rappelle comment l’Europe est accusée de tous les maux de l’esclavage, alors qu’elle ne l’a pas inventé, l’a peu pratiqué par rapport à d’autres (indigènes  les premiers) et a été la première à le dénoncer et à l’abolir !

« Entre les colonnes infernales de Turreau, le goulag soviétique, les camps nazis, le laogaï chinois ou le génocide cambodgien existe une identité d’intention, au-delà des circonstances : le meurtre de masse, qui vise à régénérer l’humanité en la purifiant de ses éléments indésirables. » (Jean Sévillia)

« Staline a exigé qu’on lui livre tous les citoyens soviétiques qui refusaient de rentrer dans leur patrie. Les pays occidentaux ont ainsi rendu un million et demi de personnes … En s’en emparant de force … Le soldats anglais tuaient les Russes qui ne voulaient pas aller dans les prisons de Staline. » (Alexandre Soljénitsyne) – Pour l’immense majorité, prisonniers des Allemands. Je peux confirmer la lâcheté servile de l’Occident, je les ai vus  en France, embarqués de force dans des trains fermés et escortés.

« L’hallucinante profanation des tombes royales Saint-Denis en 1793, 94. On sortit de là tout le monde, un à un, on gifla des cadavres, on ouvrit le ventre de Louis XIV… » (François Taillandier) – Magnifiques révolutionnaires ! Là on ne ‘tua’ que des cadavres, la même année les mêmes crapules massacraient dans les prisons. Qui en parle ?

« Nous nous donnons à peu de frais bonne conscience en stigmatisant les horreurs du passé, ce qui nous permet de mettre entre parenthèses les horreurs du présent. » (Gustave Thibon) – Mais quand même pas les horreurs du passé  qui apparaîtraient comme politiquement incorrectes.

 « La Vendée doit être un cimetière national. » (général Turreau) et il a tenu parole appliquant avec zèle les consignes de la Convention – « Je vous ordonne de livrer aux flammes tout ce qui sera susceptible d’être brûlé et de passer au fil de la baïonnette tout ce que vous rencontrerez d’habitants sur votre passage. » (général Grignon, chef bleu en Vendée) –  « Purger entièrement le sol de la Liberté de cette race maudite. »« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants … Suivant les ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux et massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. Nous ne faisons pas de prisonniers. Il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n’est pas révolutionnaire. » (général Westermann – au comité révolutionnaire, sur un des massacres de Vendéens, à Savenay) – Le fameux humanisme des révolutionnaires de 89.  Il y a des documents authentiques plus atroces, on comprend qu’on ne parle pas dans nos livres d’histoire et lors de nos célébrations des atrocités commises par la Révolution, « Ils seront tous exterminés … La pitié n’est pas révolutionnaire… »  (la Convention) –  « Nous aurons le temps d’être humains quand nous serons vainqueurs » (Hérault de Séchelles)

« L’enthousiasme du carnage. » (?)

Ci-dessous, extraits du petit ouvrage de W. G. Sebald, De la destruction, comme élément de l’histoire naturelle, traitant de la dévastation des villes allemandes et des massacres systématiques de populations civiles dans les années 1943, 1945, par les Anglo-Américains.  Elles n’excusent ni Auschwitz et Treblinka, ni Oradour, mais atrocités poursuivies sciemment, systématiquement et totalement occultées évidemment par leurs auteurs puisque vainqueurs, elles témoignent que la barbarie anglo-saxonne  s’est aussi donnée libre cours sur toutes les villes allemandes, même moyennes, entre  Hambourg (été 1943), et Dresde (hiver 1945), mais depuis février 1942, avant Tokyo, Hiroshima et Nagasaki à l’autre bout du monde.                             J’ai eu un vieux camarade envoyé en Allemagne au titre du STO (service du travail obligatoire) qui m’a raconté qu’à Berlin, il a passé son temps à extraire des cadavres des décombres le matin après les raids. Si ci-dessous j’ai été un peu long dans mes citations c’est parce qu’on ne peut pas dire que la littérature abonde sur ce sujet savamment occulté.

Pour les curieux qui voudraient en savoir un peu plus sur les souffrances de la population allemande (qui n’était pas responsable des camps) dans les  années 1942 jusqu’aux années 1950 largement, dans les décombres, la faim, le froid et la mort, on peut consulter les romans d’Heinrich Boll : Le silence de l’ange, Les enfants des morts… que j’ai consultés mais non exploités par manque de citations généralisables.                                                     

« ‘Area bombing’ (pour les oreilles chastes) ; ‘moral bombing’ (pour les réalistes) … Six cent mille victimes civiles, sept millions et demi de personnes sans abri, des dizaines de mètres cubes de débris par habitant dans les principales villes … Une entreprise d’anéantissement jusqu’alors inédite dans l’histoire … menant à l’anéantissement matériel et moral d’un pays … Il y avait toujours  après 1950, dans des villes comme Pforzheim qui en un seul raid aérien perdit dans la nuit du 23 février 1945 près d’un tiers de ses soixante mille habitants, des croix de bois sur des monticules de décombres … ‘Une fois revenus les temps de paix et de sécurité, les bombardements étaient le chapitre de la guerre que nombre d’hommes politiques et de civils auraient préféré oublier’ (un Anglais – comme certains occupants, épouvanté à la vue de ce qu’ils avaient fait) … L’offensive aérienne avait acquis une dynamique propre excluant une baisse d’activité (au contraire) malgré ses piètres résultats sur la production allemande, ce surtout sous l’impulsion du ‘boucher’ que fut le maréchal de l’air Harris qui avait pris de l’ascendant sur Churchill lui-même … ‘Des équipages de bombardiers transformés en fonctionnaires de la guerre aérienne’ (Kluge) … ‘Les bombes embarquées étaient une marchandise chère. On ne peut tout de même pas les jeter sur des montagnes ou en rase campagne alors qu‘à la maison, leur production a coûté beaucoup d’efforts’ (interview du brigadier Anderson de la 8° flotte aérienne américaine) …  Les victimes ne sont pas sacrifiées en chemin au nom d’un objectif, mais au sens exact du terme, elles sont elles-mêmes l’objectif à atteindre’ (Elaine Scarry dans ‘Body in Pain’) … ‘Cologne en flammes était encore visible alors qu’au retour ils survolaient déjà la côte hollandaise’ (un mitrailleur) … ‘la lueur ne cessa de grandir et c’est tout le ciel au sud qui s’embrasa, parcouru d’éclairs rouges et jaunes’ (témoin à quinze kilomètres de Darmstadt)… Scellée en l’espace de quelques heures, l’agonie par le feu de toute une ville provoquait chez ceux qui avaient réussi à survivre une saturation et une incapacité à penser et à s’émouvoir … Dès le 28 juillet 43, lors  du grand bombardement de Hambourg, selon une méthode éprouvée ce sont d’abord toutes les fenêtres et les portes qui furent défoncées et arrachées de leurs cadres à l’aide de bombes explosives, puis de petites charges incendiaires mirent le feu aux greniers tandis que dans le même temps des bombes pesant jusqu’à trente livres pénétraient aux étages inférieurs. En quelques minutes, sur une surface de quelque vingt kilomètres carrés, des incendies s’étaient déclarés partout, qui se rejoignirent si vite qu’un quart d’heures après le largage des premières bombes tout l’espace aérien aussi loin qu’on pouvait voir n’était qu’une mer de flammes, un brasier inimaginable. Le feu qui montait maintenant à deux mille mètres dans le ciel aspirait l’oxygène avec une telle puissance que l’air déplacé avait la force d’un ouragan et bruissait comme de gigantesques orgues … la tempête balayait les gens transformés en torches vivantes, d’autres s’enfonçaient avec des contorsions grotesques dans l’asphalte fondu qui éclatait en grosses bulles … les flammes hautes comme des maisons se répandaient dans les rues à une vitesse de cent-cinquante kilomètres à l’heure … Dans certains canaux l’eau brûlait … Le lendemain dans des amas de pierres fumantes chauffées au rouge, sur certains corps effroyablement mutilés brûlaient encore des flammèches de phosphore, d’autres rouges pourpres calcinés étaient réduits à un tiers de leur taille … carbonisés, réduits en cendres par des braises qui avaient atteint mille degrés et plus … Dans cette cave, un groupe est mort grillé parce que les portes s’étaient coincées, ‘la chaleur des murs les avait repoussés au centre de la cave. C’est là qu’on les a retrouvés entassés, leurs corps gonflés par la chaleur’ (Nossack) … Anecdote sinistre, confirmée comme non exceptionnelle par d’autres témoignages recueillis ailleurs ; ‘Dans un train, loin d’Hambourg, en Haute-Bavière, d’une valise en carton tombée sur le quai tombe des jouets et, pour finir, le cadavre d’un enfant calciné et réduit à la taille d’une momie, que la femme à moitié folle avait transporté avec elle’ (Friedrich Reck) … Le grand  frère, de quelques 10,11 ans, qui assis sur un tas de décombres reste pour veiller sur son petit frère enseveli dessous … De ceux qui fuyaient Hambourg ‘C’était un torrent, presque silencieux, mais inlassablement il inondait tout, et s’infiltrait jusque dans les villages les plus écartés’ (Nossack) … Des foules innombrables qui étaient en mouvement (plus de sept millions de sans abri) … ’Après le dernier grand raid sur Munich, sur l’autoroute, toute proche circule un flot ininterrompu de réfugiés, des vieilles femmes brisées qui portent sur leur dos, au bout d’un long bâton, un balluchon contenant le maigre avoir qui leur reste. De pauvres créatures errantes aux vêtements rongés par les flammes et dans les yeux desquels se lit encore l’effroi des feux tourbillonnants et des explosions qui ont tout déchiqueté, l’angoisse de mourir d’une mort pitoyable, ensevelies, asphyxiées dans une cave’. (Friedrich Reck) …  Ce qui frappe, c’est le silence qui règne sur les ruines. ‘Il flotte sur la ville une odeur de brûlé tenace’. ‘Le soleil pèse sur la ville, il n’y a plus d’ombre’. L’odeur de pourriture et de décomposition était partout. A travers les terrains couverts de décombres, des sentiers se forment spontanément par piétinement et viennent se connecter à l’ancienne voirie effacée. Des zones puent. Les rats et les mouches étaient les maîtres de la ville (des villes !). Les essaims de mouches étaient encore plus répugnants que les gros rats, mouches grosses et verdâtres comme on n’en avait encore jamais vu, des larves longues comme le doigt … Au milieu des ruines, on ne savait pas où les gens trouvaient refuge, même si à la tombée de la nuit des lumières dans les ruines trahissaient les endroits où ils avaient établi leur campement, nécropoles d’un peuple étrange, incompréhensible, régressant à l’état de tribus itinérantes en haillons, tous portant des cartons et des ballots informes, la nourriture sale, infecte, le froid, la fumée, la faim qui règnent dans ces grottes souterraines, les enfants qui toussent et pataugent avec leurs chaussures éculées dans l’eau stagnante … ‘Dans les décombres de nos villes, les rats  s’engraissent de cadavres’ (Thomas Mann). »

Ci-dessous, résumés très  simplifiés et très remaniés (les expressions non en italiques ne sont pas, directement au moins, telles que rapportées, des auteurs)  de l’ouvrage de Serge Halimi et Dominique Vidal, L’opinion ça se travaille, sur l’immonde opération de l’Occident sur  la Serbie en 1998-99   

 « Pour les bavures, nous avions une technique assez efficace. Le plus souvent nous connaissions les causes et les conséquences exactes de ces erreurs. Mais afin d’anesthésier les opinions publiques, nous disions que nous menions une enquête et nous ne révélions la vérité que quinze jours plus tard, quand elle n’intéressait plus personne. L’opinion, ça se travaille comme  le reste. » (un général de l’OTAN, cité par Serge Halimi)  –« D’ailleurs il suffit d’annoncer au conditionnel pour ne pas être accusé de mentir. » (Serge Halimi)

 «Un troupeau lobotomisé par la propagande, endormi par les images et les témoignages d’une usine à émotions manipulée …  La bonne propagande de guerre, ce n’est plus la vieille censure, c’est de savoir appâter les caméras devant des images irrésistibles et manichéennes, devant des scènes qui charrient une émotion mille fois plus ductile que l’intelligence … Nous sommes si bons … ‘Frappe’ ou ‘intervention’, les mots sont  modernes ; celui de bombardement, démodé, est impopulaire (il dit trop bien  ce qu’il veut dire) … ‘Bombardement donne un poids de chair et de sang à la question qui est posée. Un autre sondage introduit le mot frappe à la place de bombardement, c’est plus chirurgical et aseptisé. Le résultat est donc tout différent’ (un sondeur) … ‘Ce n’est pas une guerre. Ce sont des frappes menées au nom du droit’ (Lionel Jospin, alors premier ministre), on conviendra que çette aimable affirmation change tout pour les ‘frappés’ (bombardés) … Des médias (réputés sérieux par les Bobos, le N-Y Times, TF1…) se sont laissés aller à parler de 350 ?000 morts , entre 100.000 et 500.000 (tous évidemment exécutés par les vilains serbes, les si gentiment ‘frappés’), des dizaines de charniers, autour desquels les soi-disant bourreaux jouaient au football avec les têtes des morts, etc L’ignominie et la servilité médiatiques s’en donnèrent à cœur joie, le mensonge éhonté précédent (le prétendu charnier roumain de Timisoara fut dépassé par le goût  du sang des journalistes) … Evidemment nul n’évoquât les 31.000 obus à  uranium appauvri largués (et à durée de vie indéterminée), comme les bombes à fragmentation … Des militants kosovars albanais, des organisations humanitaires (elles aussi adorent le sang), l’OTAN et les médias se sont alimentés les uns les autres pour donner crédibilité aux rumeurs de génocide. »  Abjection de l’Occident.

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