025,1 – Agitation / Calme ; Concentration / Dispersion ; Indignation ; Vagabondage

– Le zapping permanent n’apporte rien. Tout faire, tout essayer, c’est au final, n’arriver à rien. Ne pas se disperser dans des activités, des contacts, des efforts multiples et changeants, au moins continuellement et sur de longues périodes.

– Laisser mûrir (une nuit, deux jours…) les idées d’initiatives évite tellement de mécomptes dus à l’impulsivité.

– Agité(e), indigné(e) : Personne mobilisée de jour comme de nuit dés le premier coup de sifflet sur toute question qui ne la concerne pas. Se contente souvent d’une posture avantageuse pour sa réputation. De là le nombre de ces personnes parmi celles dont la réputation conditionne justement la fortune mais qui laisse leurs cerveaux au repos et surtout leurs finances intactes, ou indirectement accrues par la sainte notoriété ainsi acquise.

Le sage maître Zen recommanderait à ces personnes d’aller d’abord « laver leur bol. »

-Il suffit que quelqu’un ne pisse pas droit pour que l’on voit nos gouvernants se précipiter sur les lieux la larme à l’œil. Tout ça pour se montrer et afficher leur sollicitude. Comme s’ils ne pouvaient pas mieux gérer les affaires de leur bureau. Comme s’il ne serait pas plus profitable à tous d’avoir des gouvernants un peu moins incultes, prenant le temps de lire, et pas n’importe quoi (c’est-à-dire pas les médias aussi incultes et vains qu’eux-mêmes),  et ainsi de connaître au moins un peu leur époque et les populations qu’ils prétendent diriger, au lieu de s’agiter par pure démagogie et incapacité de rester discret et efficace.  « Le danger des démocraties nouvelles, c’est la difficulté croissante … d’échapper à l’obsession de l’agitation fascinatrice. » (Gabriel Tarde) –Déjà, à la fin du XIX° siècle

– Anecdotique : il y a quelques années, un chef d’état, vieux renard, répondit à quelqu’un qui lui demandait ce que faisait alors son Premier ministre répondit « il s’agite » ; appréciation lapidaire et pertinente sur ce pitre. C’était bien vu. Tout était dit sur l’individu en question, démagogue invétéré, à l’écoute de n’importe qui, adepte du n’importe quoi, excepté de lucidité, de continuité, de réflexion comme de courage – tout se tient, toujours, et qui a évidemment fait unee carrière politique longue à défaut d’être brillante ; devinez qui. 

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« Ce n’est qu’aussi longtemps qu’ils échappent à la bousculade incessante de relations où ils donnent et prennent, discutent et exécutent des projets, disposent des choses et exercent des fonctions, qu’il reste entre les hommes assez d’espace pour l’écheveau délicat des fils qui les relient les uns aux autres. » (Theodor Adorno)

« Les Anciens cherchaient le loisir, la dignité du repos. Les modernes vantent l’activité et la peine. Cette ambition a sa grandeur. Encore ne faut-il pas se proposer pour dernier exemple la vie du cheval de fiacre ou l’agitation moderne de la machine. » (Lucien Arréat)

« Dans un monde qui ne semble jurer que par l’instantanéité et l’ubiquité, où le mot d’ordre est de se nourrir rapidement et d’avaler sans y penser … l’existence paradoxale des bistrots peut passer pour une forme de résistance. » (Marc Augé – Eloge du bistrot parisien)

« L’âme s’est embarrassée dans toutes les choses qu’elle aime. » (saint Augustin)

« N’use point ta part de vie à te faire des idées sur ce que font les autres. Que les choses à venir ne te tourmentent point. Tu les affronteras, s’il le faut, muni de la même raison dont maintenant tu te sers dans les choses présentes. Ne te laisse point prendre au tourbillon ; mais, dans tout élan, propose-toi le juste et, dans toute représentation, sauvegarde ta faculté de comprendre. Efface l’imagination. Arrête cette agitation de pantin. Circonscris le moment actuel. Comprends ce qui t’arrive. Distingue et analyse, en l’objet qui t’occupe, sa cause et sa matière. » (Marc-Aurèle)

« C’est dans les périodes agitées qu’il est le plus difficile de rester intelligent. » (Ferdinand Bac)

« Qui ne fut jamais une course vers quelque chose, mais une fuite vers ailleurs. » (Maurice Barrès – sur sa propre agitation)

« Les Anciens cadençaient le mouvement ; nous, nous l’affolons. » (Anne Barratin)

« Les gens ont tendance à croire que ce qu’ils désirent vraiment c’est la tranquillité, mais ils se trompent : ce qu’ils recherchent vraiment c’est l’agitation. Ce qu’ils désirent véritablement c’est de chasser le lièvre, non de l’attraper. Le plaisir est dans la chasse non dans la proie. … Selon Kierkegaarde, le plaisir de Don Juan n’est pas  la possession des femmes, mais leur séduction. » (Zygmunt Bauman) – Reprise d’une pensée de Pascal ?

« L’absolu d’aujourd’hui n’est plus quiétude, mais agitation. » (Julien Benda)

« Que Kant n’ait pour ainsi dire pas bougé de Königsberg, on le comprend. A quoi bon ? … Une ville de province enfermant le tout de l’humaine condition, ses ressorts et ses maux, ses travaux, son espérance … Si grande était sa ponctualité que les ménagères réglaient sur son passage leurs préparatifs de cuisine … La vie de Kant participe du temps d’avant, de la durée immobile des lieux étroits et clos, les seuls qui soient congrus à notre finitude … Affranchie des anciennes limitations spatiales et mentales par le développement des transports et des communications de masse, impatiente et désabusée, la première génération du XXI° siècle habite le ‘non lieu’ (expression de Marc Augé) qui est en passe de couvrir toute la surface du globe. » (Pierre Bergounioux) –  La sédentarité calme et réglée d’Emmanuel Kant est  célèbre.

« Entre l’idée de repos et l’idée de déplacement, il n’y avait pas de lien, jusqu’à la diffusion de l’automobile. » (Emmanuel Berl)

« Le but final, quel qu’il soit, n’est rien ; le mouvement est tout. » (Edouard Bernstein) – Voilà bien l’idée d’un socialiste. Les nôtres ont progressé, ils se préoccupent quand même du but : tout démolir.

« Ce qui signale l’homme moderne est cette volonté de toujours se fuir. C’est la fuite en avant dans les mirages d’un avenir  radieux, mais c’est aussi la fuite latérale grâce à tous les instruments d’abrutissement que nous savons inventer depuis la consommation des média jusqu’à celle des neuroleptiques. » (Jean-Michel Besnier)

« Ces mouvements hystériques, ces voyages permanents qui sont le symbole du rétrécissement de l’instant et du regard. » (François Bizot)

« L’expansion est tout  … Cette précipitation depuis deux siècles à vandaliser tut ce qui existait au monde, comme affranchie d’aucune considération morale ou de bon sens à violer tous les équilibres, toutes les tranquillités et habitudes, usages, mœurs singulières que la nature et l’homme s’étaient donnés … à tout profaner. » (Baudouin de Bodinat – Au fond de la couche gazeuse)

« Un homme perpétuellement ‘en situation’, comme le veut Sartre … n’est qu’un panier percé incapable de se cultiver, condamné à thésauriser les seuls acquis qu’aura validé le regard d’autrui. L’esclavage dont parlait Jünger n’est alors pas loin. » (Françoise Bonardel)

« Se cherchant elle-même, elle se trouvera elle-même. Mais en se trouvant ainsi elle-même … elle se perdra bientôt elle-même … transportée de son orgueil … Pour pouvoir dire : je veux être content de moi-même et me suffire à moi-même, il faut aussi pouvoir dire : je me suis fait moi-même ; ou plutôt : je suis de moi-même … Aussitôt qu’elle est seule avec elle-même sa solitude lui fait horreur, elle trouve en elle-même un vide infini … tourmentée par son indigence, l’ennui la dévore, le chagrin la tue ; il faut qu’elle cherche des amusements au dehors, et jamais elle n’aura de repos si elle ne trouve de quoi s’étourdir… » (Bossuet – sur l’âme) – Sorte de portrait de Narcisse.

« Le monde est entré dans une nouvelle phase … le changement est radical : il ne suffit plus de bouger une fois, de trouver une invention, d’engager une réforme, mais de bouger en permanence, de créer quotidiennement, de réformer les réformes, pour courir de plus en plus vite. » (Eric le Boucher – Le Monde, 22/10/2006 – cité par Pierre-André Taguieff) – Où court cet agité saisi par la danse de saint Guy ? A titre exceptionnel, normalement je vous épargnerai et m’épargnerai des citations de presse.

« Le loisir moderne : l’art de brasser du vent travesti en surmenage. » (Pascal Bruckner)

« L’excès d’impression est une maladie du siècle et l’un des éléments de la stupeur qui nous menace, c’est aussi le moyen de nous réduire en servitude et de nous faire assentir tous à ce qu’on nous impose, par une lassitude où nous réduit le papillotement de ces images et le fourmillement des sensations … Un homme ne supporte qu’un nombre limité de sons et de couleurs, de chocs et de lumières. » (Albert Caraco)

« Des observations incomplètes, hâtives, le passage rapide d’une impression à l’autre, la multiplicité des images, l’absence de règle et d‘effort, empêchent le développement de l’esprit. » (Alexis Carrel)

« Agitation, illusion d’action. » (Paul Carvel)

« Remplissez de votre mieux votre tâche terrestre, non par doctrine, mais parce que là vous trouverez un soutien … La vie ne supporte pas les raccourcis ; aux évaporés elle ne donne rien. » (Jacques Chardonne)

« Toute forme de hâte, même vers le bien, trahit quelque dérangement mental. » (Emil Cioran)

« Suivant une légende hindoue, Shiva, à un moment donné, se mettra à danser, d’abord lentement, puis de plus en plus vite, et il ne s’arrêtera pas avant d’avoir imposé au monde une cadence effrénée, en tout point opposée à celle de la Création … L’histoire a pris à tâche d’illustrer le bien-fondé de la légende. » (Emil Cioran) – Notre fébrilité révélatrice et masque de notre angoisse.

« Les vagues se mettraient-elles à réfléchir, elles croiraient qu’elles avancent, qu’elles ont un but, qu’elles progressent, qu’elles travaillent pour le bien de la Mer et elles ne manqueraient  pas d’élaborer une philosophie aussi niaise que leur zèle. » (Emil Cioran)

« Tout est calculé pour provoquer une sensation qui est remplacée par une autre précisément au moment où elle allait se transformer en pensée. Le travail de la cervelle est réduit à la perception pure. L’image à peine née avorte. » (Paul Claudel) – Tel est l’effet, recherché, du déluge continuel d’informations. Tel est le rôle, et l’objectif, de l’inflation médiatique. L’abrutissement continuel et général.

« Comment se fait-il qu’à restreindre de bon gré les dimensions de son univers, le nombre de ses gestes et presque celui de ses pensées, l’homme diminué, immobile et reclus soit souvent plus libre et heureux que l’homme qui s’agite ? » (Christian Combaz)

« Ne cherchez pas à vous immiscer dans des affaires dont vous n’avez pas la charge. » (Confucius)

« Si l’homme s’agite pour trouver la perfection,

« En un instant il se détruit. » (texte égyptien ancien – cité par Marie-Madeleine Davy)

« Le ‘princeps’ démocrate doit descendre dans le cirque et payer de sa personne, toujours plus fort. Séduire à mort … L’arène est bondée … chanteurs, gladiateurs, promoteurs, guérisseurs, grands témoins et saints laïques, quel boucan. Dans ce capharnaüm désobligeant, comment se faire remarquer ? Quel coup fumant pourra encore toucher nos yeux et nos oreilles blasés ? »  (Régis Debray) – Le martyre de nos politiques. En plus il faut éviter les terrains risqués, soit la vraie politique, d’où le penchant vers le sport, l’art, l’humanitaire… Le meilleur des coups, monter une expédition humanitaire, en emmenant un bon cameraman, émotion, larmes, générosité garantis…

« Les affaires extérieures, écrit Napoléon à un commis, sont des affaires qui doivent se traiter longuement ; vous devez toujours garder mes lettres trois ou quatre jours sous votre chevet avant de les faire partir … L’esprit de décision ne s’oppose pas à la lenteur de la conception, il la suppose. Plus longue la réflexion, plus prompte l’initiative … Aujourd’hui, la crise est du matin, l’échange téléphonique à midi, et l’arrivée sur place le soir, ce soir on improvise (Talleyrand mit huit jours pour rejoindre Vienne en septembre 1814) … La jet diplomaty est une diplomatie du spectacle, à l’estomac … la mobilité devient alors son propre motif … Se déplaçant pour un rien, il finit par se déplacer pour rien (le politique) … A la diffusion des communications correspond la multiplication des crises mondiales … Ce sont les immobiles, non les agités, qui mettent les hommes en mouvement. Bouddha est resté sept semaines assis sous son figuier … Accélération de la vie, pulvérisation des jours, désintégration de la personne ; l’aliénation n’est plus loin. » (Régis Debray – La puissance et les rêves)

« Vous êtes dans une ville de fous ici. Vous n’êtes pas au courant ? – Si, des bruits ont couru ! – Il y en a qui courent au plus pressé. D’autres qui courent après les honneurs. Celui-ci court pour la gloire. Celui-là court à sa perte ! – Mais pourquoi courent-ils si vite ? – Pour gagner du temps ! Comme le temps c’est de l’argent, plus ils courent vite, plus ils en gagnent !  – Et le reste du temps ?  – Ils courent faire leurs courses… au marché !» » (Raymond Devos)

« La pensée post-moderne délégitime tout ensemble l’idée de progrès et la vertu de prudence. Elle table sur le flux sans s’inquiéter de sa destination. Elle destitue le sens au bénéfice de la métamorphose. Elle veut le changement pour lui-même … cette pensée ludique s’enchante de la trépidation, célèbre l’ondoyante variété des arrangements sociaux, homologue sans se faire prier la malléabilité et la mobilité infinie de l’être. » (Alain Finkielkraut)

« Ainsi certaines gens faisant les empressés – S’introduisent dans les affaires. – Ils font partout les nécessaires – Et partout importuns devraient être chassés. » (La Fontaine – Le coche et la mouche)

« Comment réaliser d’où je viens et comprendre où je vais si je suis comme un fétu de paille, ballotté par le vent des réseaux sociaux et le tapage de la mondanité ? » (Inès de Franclieu) – Comment tout simplement Être ?

« C’est quand on se dit : ‘plus un jour à perdre’ qu’on emploie le plus stupidement son temps. Rien d’excellent ne se fait qu’à loisir. » (André Gide)

« Le bonheur n’a jamais été le lot de ceux qui s’acharnaient. » (André Gide)

« La survalorisation du mouvement en soi conduit à bouger pour bouger sans prendre garde que l’agitation frénétique abolit le mouvement et qu’à force de bouger sans direction on tourne en rond. Le mouvement des modes intellectuelles… est un mouvement circulaire qui réactualise le vieux temps cyclique de l’éternel recommencement. » (Henri Guaino) – Le bougisme de Pierre-André Taguieff.

« Le caractère le plus visible de l’époque moderne : besoin d’agitation incessante, de changement continuel, de vitesse sans cesse croissante … C’est la dispersion dans la multiplicité, et dans une multiplicité qui n’est plus unifiée par la conscience d’aucun principe supérieur … morcellement indéfini, désagrégation, inaptitude à la synthèse, impossibilité de toute concentration … Mouvement et changement étant véritablement recherchés pour eux-mêmes, et non en vue d’un but quelconque … L’agitation brouillonne qui caractérise l’Occident. » (René Guénon)

« Le mouvement continu entrave la possibilité de réflexion, l’éventualité de l’hésitation, la possibilité de mise à distance, les processus d’élaboration des perceptions à partir des sensations. » (Claudine Haroche)

« La vie, mouvante en soi, de ce qui est mort. » (Hegel) – Notre agitation.

« Ne pas confondre mouvement et action. » (Ernest Hemingway)

« Ne voyez-vous pas que c’est précisément l’action qui précipite le pays dans l’ornière. » (Stéphane Hoffman – sur la gouvernance et la démence activiste)

« Les impies sont comme une mer agitée qui ne peut se calmer. » (Isaïe) – Lisons : les agité(e)s

« L’homme qui croit se précipiter à corps perdu, la tête la première en direction du futur cherche l’oubli de l’irréversible … Et comme le rythme fou du cinéma ou du magnétophone accélérés transforme la succession en bafouillage inintelligible et en désordre innommable, ainsi l’extrême vitesse brouille le passé et le futur et fait bredouiller le tempo du temps … L’homme emporté par le tourbillon n’a plus le temps de comparer, de ruminer, de se remémorer. » (Vladimir Jankélévitch)

« La quête infinie qui aboutit à l’échec infini. » (Hans Jonas – sur notre fébrilité moderne)

« Les esprits qui ne se reposent jamais sont sujets à beaucoup d’écarts. » (Joseph Joubert)

« Plus les individus sont désagrégés les uns par  rapport aux autres, moins ils sont enracinés dans des relations stables, plus il sont susceptibles de se raccrocher à l’organisation étatique, plus celle-ci peut se densifier et vice versa. » (Carl Jung)

« De tous les ridicules de ce monde, le plus grand est d’être affairé, d’être un homme pressé d’agir. » ( Kierkegaard )

« Une occasion manquée peut se retrouver, tandis qu’on ne revient jamais d’une démarche précipitée. » (Pierre Choderlos de Laclos)

« L’une des pires conséquences de l’agitation nourrie par l’angoisse, est l’incapacité manifeste des hommes modernes à rester seuls en face d’eux-mêmes, ne serait-ce qu’un moment. » (Konrad Lorenz)

« Il n’est rien en tant que tel et par conséquent, ce qui lui facilite la vie, n’a qu’à penser et à juger, cet esprit qui toujours court, est toujours au courant de ce qu’on doit faire maintenant pour être ‘dans le vent’. » (Thomas Mann) – « Le flot des spots publicitaires qui lui tiennent lieu de pensée. » (Max Picard) – Sur l’homme d’aujourd’hui.

« Tocqueville a le premier attiré l’attention sur le ‘mouvement perpétuel’ qui règne au sein des démocraties et qui tend à modifier sans cesse la forme de la langue comme le contenu des pensées … Toutes les sociétés démocratiques qui … ‘aiment le mouvement pour lui-même’ … Cette ‘agitation générale’. » (Jean-François Mattéi – s’inspirant de et citant Tocqueville)

« La précipitation gâte plus d’affaires que la précaution et la diligence n’en font réussir. » (chevalier de Méré)

« C’est n’être en aucun lieu que d’être partout. » (Montaigne)

« L’événement sera notre maître intérieur. » (Emmanuel Mounier)

« Le collectivisme festif. » (Philippe Muray) – Grande spécialité de la mairie de Paris pour soigner son électeur, le Bobo, celui qu’il faut animer, et en groupe.

« Notre siècle est agité ; c’est pourquoi il n’est pas passionné ; il s’échauffe sans cesse parce qu’il sent qu’il n’est pas chaud – au fond il gèle. » (Nietzsche)

« Le temps diminue chez nous l’intensité des plaisirs absolus, mais il paraît qu’il accroît les plaisirs relatifs ; je soupçonne que c’est l’artifice par lequel la nature a su lier les hommes à la vie, après la perte des objets ou des plaisirs qui la rendaient le plus agréable. » (Chamfort) – cité par Dominique Noguez)

« Agitation n’est pas action. » (Erik Orsenna)

« Tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre … Raison pourquoi on aime mieux la chasse que la prise … Les hommes qui sentent naturellement leur condition n’évitent rien tant que le repos, il n’y a rien qu’ils ne fassent pour chercher le trouble … De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés … L’homme, quelque plein de tristesse qu’il soit, si on peut le faire entrer dans quelque divertissement, le voilà heureux pendant ce temps là ; et l’homme, quelque heureux qu’il soit, s’il n’est diverti ou occupé par quelque passion ou amusement qui empêche l’ennui de se répandre, sera bientôt chagrin et malheureux. » (Blaise Pascal) – Le divertissement.

« Être empêché de songer à soi … Ils ne laissent pas d’être misérables et abandonnés, parce que personne ne les empêche de songer à eux … C’est être bien malheureux que d’être dans une tristesse insupportable, aussitôt qu’on est réduit à se considérer, et à n’en être point diverti. » (Blaise Pascal – sur le divertissement)

« Dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle et si misérable que rien ne peut nous consoler quand nous y pensons de près … De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés … De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement … Ils ne savent pas que ce n’est que la chasse et non la prise qu’ils recherchent … Ils croient chercher sincèrement le repos, et ne cherchent que l’agitation … on cherche le repos en combattant quelques obstacles, et, si on les a surmontés, le repos devient insupportable, par l’ennui qu’il engendre ; il en faut sortir et mendier le tumulte … Surintendant, chancelier, président… dans la disgrâce, renvoyés … dans leurs maisons des champs, ne manquant ni de biens ni de domestiques, ils ne laissent pas d’être misérables et abandonnés parce que personne  ne les empêche de songer à eux. » (Blaise Pascal) – Songeons à nos vieux chevaux de retour en politique qui n’ambitionnent que de revenir pour continuer à perpétrer leurs méfaits.

« Ceux qui sont affairés sans rien faire. » (saint Paul)

« Les batailles se perdent dans la précipitation. » (Daniel Pennac)

« Agir et s’agiter ne sont pas la même chose, certains s’y trompent cependant. » (Charles Régismanset)

« Quand on ne trouve point son repos en soi-même, il est inutile de le chercher ailleurs. » (La Rochefoucauld)

« J’aime les enthousiastes, les exaltés me font peur. » (Père Joseph Roux)

« Le temps porte conseil. En général, celui de ne rien faire. » (Claude Roy) 

« Fleurir là où Dieu nous  a plantés. » (Saint François de Sales) – Contre toute agitation vaine et fébrile, suivre notre condition, notre état, notre environnement, notre lieu…

« L’ennui constitue plutôt pour moi un moyen d’user loyalement du monde, de m’en approcher, de m’en démettre, d’y goûter à nouveau pour mieux le savourer. » (Pierre Sansot)

« Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? » (Angelus Silesius – cité par Christiane Singer)

« Cette intensification de la vie des nerfs. » (Georg Simmel)

« Il ne s’agit pas d’acquérir, il s’agit de creuser. » (Marc de Smedt)

« Les chevaux qui piaffent le plus sont en général ceux qui avancent le moins. Il en est de même des hommes et on ne doit pas confondre cette perpétuelle agitation qui s’épuise en vains efforts avec l’activité qui va droit à son but. » (baron de Stassart)

« Doucement, je suis pressé. » (Talleyrand – à son cocher)

« Cours au bout du monde … cela ne te servira à rien … Cherche ce secours à l’intérieur, dans le fond. Cesse tes courses au dehors … Entrer dans son fond pour voir ce qui ne va pas et le retourner de fond en comble, tailler ses arbres, c’est-à-dire ses sens extérieurs. » (Jean Tauler)

« Qui trouble sa maison hérite le vent. » (Ancien Testament – Livre des Proverbes)

« ‘Qui trop embrasse, mal étreint’. Les réactions affectives d’un individu s’appauvrissent, se minimisent, dans la mesure où se multiplient, autour de cet individu, les excitations artificielles … La résonance est d’autant plus profonde que l’âme n’est pas encombrée … Il faudrait que l’équilibre s’établisse entre les dépenses causées par les excitations et les recettes de la vie intérieure. » (Gustave Thibon) – On rêve ! Fin de la cacophonie médiatique en tout genre !

« Rien n’est plus importun et tapageur qu’une âme malade. » (Gustave Thibon)

« Nul objet extérieur n’est capable de retenir l’homme qui court après lui-même. » (Gustave Thibon)

« Voici des gens pendus à toutes les radios, avides de toutes les nouvelles, réceptifs à toutes les idées. On appelle cela sensibilité, ouverture. C’est une qualité que je n’envie pas. Je serais plutôt porté à considérer comme un signe de santé et d’unité intérieures l’existence de larges zones d’indifférence. Une réceptivité universelle implique, exception faite de quelques esprits extraordinaires, une passivité dangereuse. » (Gustave Thibon)

« Rien n’est plus nécessaire à la culture des sciences que la méditation, et il n’y a rien de moins propre à la méditation que l’intérieur d’une société démocratique. Chacun s’agite : les uns veulent atteindre le pouvoir, les autres s’emparer de la richesse. Au milieu de ce tumulte universel, de ce choc répété des intérêts contraires, de cette marche continuelle vers la fortune, où trouver le calme nécessaire aux profondes combinaisons de l’intelligence ? Comment arrêter sa pensée sur un point, quand autour de soi tout remue et qu’on est soi-même entraîné et balloté chaque jour dans le courant … Se livrant peu à la méditation il est naturel que les hommes des sociétés démocratiques aient peu d’estime pour elle. Les habitudes d’esprit qui  conviennent à l’action ne conviennent pas toujours à la pensée.  » (Alexis de Tocqueville)

« Les échanges trop rapides sont fièvres, la vie devient dévoration de la vie. Secousses perpétuelles, nouveautés, nouvelles ; instabilité essentielle, devenue un véritable besoin, nervosité généralisée par tous les moyens que l’esprit a lui-même créé. On peut dire qu’il y a du suicide dans cette forme ardente et superficielle d’existence du monde civilisé. » (Paul Valéry) – Tout le monde le sait, mais il est interdit de le dire pour laisser la minorité privilégiée se goinfrer tranquillement encore quelque temps.

« Soyez gaie, acquiescez aux événements contrariants, adorez la Providence, suivez-la, ne l’enjambez pas. » (saint Vincent de Paul)

« Un rien m’agite, rien ne m’ébranle. » (Louise Weiss)

« On ne bâtit pas de palais sur la mer. » (un poète persan)

« Puisses-tu vivre une époque intéressante. » (malédiction chinoise – impliquant la crainte de l’agitation en général)

« Que chacun s’occupe de ses affaires et les vaches seront bien gardées. » (proverbe)

« On ne peut à la fois courir et sonner du cor. » (proverbe)

« On ne peut sonner les cloches et aller à la procession. » (proverbe)

« Plus me hâte, plus me gâte. » (proverbe)

« Le onzième commandement : mêlez-vous de vos affaires. » (proverbe)

« Agitation, illusion d’action. » (proverbe)

« Qui se presse trop trébuche à la fin. » (proverbe)

« Qui sème le vent récolte la tempête. » (proverbe)

« Si la chance est avec toi, pourquoi te hâter ? Si la chance n’est pas avec toi, pourquoi te hâter, » (proverbe afghan)

« Nous sommes passés du temps de l’Histoire au temps du chronomètre. » (?)

« Nous raisonnons espace, déplacement, transport et nous avons même oublié le mot de ‘lieu’. » (?)

« Volant de distraction en distraction, ils oublient d’être eux-mêmes ; heureux lorsqu’ils n’ont pas organisé leur distraction pour être plus sûrs de s’oublier ! » (?)  

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