015,1 – Affirmation, Certitude / Contradiction, Incertitude, Opposition, Anti, Négation ; Doute, Scepticisme, Cynisme

– C’est aux contradictions qu’il est capable d’assumer paisiblement qu’on reconnaît un esprit libre. La dialectique, marche du raisonnement fonctionnant par confrontation de contradictions surmontées (thèse, antithèse, synthèse), peut aider – malgré ce qu’en pense le cardinal de Lubac (voir ci-dessous) et la divertissante moquerie de Lucien Jerphagnon : thèse, antithèse, foutaise.

– Le processus global de négation, destruction dit de Déconstruction permet « sans trop d’efforts intellectuels, de transformer tous les scrupules éthiques possibles en autant de tabous arbitraires et historiquement déterminés. » (Jean-Claude Michéa). Issu de Heidegger et des travaux de Jacques Derrida, son utilisation vulgaire et sauvage par trop répandue, (dans le cadre du politiquement correct actuel et des lynchages médiatiques) consiste à expliquer toute prise de position, écrite ou orale, qui ne convient pas à l’idéologie totalitaire (plus par son auteur que par son contenu, celui-ci fût-il irréprochable) par des postulats sous-entendus, des non-dits pensés, des intentions camouflées et perverses. Il se transforme en soupçon généralisé et en trahison des textes ou paroles tels qu’ils ont été formulés, en instrument, sous prétexte scientifique, de la police de la pensée.

-Le confort moral que recèle toute attitude critique.  

– « Le deuil des certitudes. » (?) – Professionnelles, familiales, d’avenir, idéologiques, existentielles. Dépression.

– « Je n’ai fondé ma cause sur rien. » (Max Stirner – sa fameuse phrase – L’Unique et sa propriété) – L’Être, l’Unique, ennemi de l’éternel et de toute chose. Rejet de toutes les abstractions : Athéisme, Nihilisme, Individualisme forcené, Existentialisme, Anarchisme…. ? Cette phrase célèbre de Stirner était la devise des lansquenets.

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«  Woody Allen n’a que deux certitudes dans la vie «  les impôts et la mort. »

« La dose d’incertitude est top importante pour notre cerveau. » (Christophe André)

« Pourquoi contredire une femme. Il est plus simple d’attendre qu’elle change d’avis. »(Jean Anouilh)

« Se rappeler que, souvent par habitude, nous trouvons plus d’excitation, plus d’intensité et nous nous sentons alors plus unis en nous-mêmes dans la contradiction que dans l’harmonie, dans la joute que dans l’entente. » (Thomas d’Ansembourg)

« Je connais des gens qui sont nés avec la vérité dans leur berceau, qui n’ont pas avancé d’un pas de toute leur vie, puisqu’ils étaient arrivés quand ils avaient encore la morve au nez. Ils savent ce qui est bien, ils l’ont toujours su … Ce que j’ai appris m’a coûté cher, ce que je sais, je l’ai appris à mes dépens. Je n’ai pas une seule certitude qui ne me soit venue autrement que par le doute, l’angoisse, la sueur, la douleur de l’expérience. » (Louis Aragon)

« Rien n’exalte les esprits  comme la conviction que leurs vœux sont sanctionnés par la science. » (Raymond Aron)

« Nous partons d’idées dont nous avons hérité à partir d’un tas de circonstances … Le plus souvent nous n’avons pas trouvé de raisons de contredire de telles idées. Ni même de les mettre en doute. Nous avons trouvé au contraire des raisons de les affirmer. Voilà l’origine de la plupart des croyances et des certitudes que nous pouvons avoir. ‘Toute vérification de ce qu’on admet comme vrai, toute confirmation ou infirmation prennent déjà place à l’intérieur d’un système. » (Henri Atlan – citant Ludwig Wittgenstein)

« C’est une erreur constante et propre à l’entendement humain d’être mis en branle davantage par les affirmatives que par les négatives, alors que, en bonne règle, il devrait se prêter également aux deux. » (Francis Bacon – Novum organum)

« Cette fable donne à voir le principal carburant des polémiques : la contradiction. En opposant frontalement leurs visions, et d’entrée de jeu, le coq et l’oie se sentent tous deux incompris et attaqués. L’échange devient rapidement une bataille d’egos, et n’aboutit à rien. Cette fable exhibe aussi un formidable extincteur de polémiques : l’approbation temporaire. Cette disposition intellectuelle consiste à taire votre propre point de vue et à adopter, aussi longtemps que nécessaire, le point de vue adverse. Pourquoi donc ? Comme le conseille la pintade, il s’agit alors d’amener votre interlocuteur à préciser le plus clairement possible les contours et les implications de son point de vue. Car ainsi, deux issues se dessinent. Soit le point de vue adverse finit par s’effondrer de lui-même, sous le poids de ses propres incohérences, confusions ou vices. Soit, le point de vue adverse révèle, à vous-même et peut-être même à votre interlocuteur, une pertinence, un intérêt ou une justesse insoupçonnée. Dans un cas comme dans l’autre, la discussion offre à chacun la possibilité de faire évoluer ses conceptions, en toute dignité. Cet exercice a vocation, bien entendu, à s’appliquer aussi à votre propre point de vue. Il s’agit là d’un type de raisonnement. En mathématiques, on appelle cela le raisonnement par l’absurde : pour rejeter un énoncé A, on admet d’abord qu’il soit vrai, et on décline ses conséquences jusqu’à – le cas échéant – aboutir à une impasse logique. Pour éviter les guerres de tranchées, et l’usure qu’elle installe dans nos sociétés, voilà un type de raisonnement qui mériterait d’être mobilisé plus souvent. » (Adam Baïz – s’inspirant d’une fable de basse-cour –  sur les polémiques stériles et trop souvent haineuses des discussions  – n’appelons pas débats ces foires d’empoigne où s’épanouit la haine féroce des censeurs-animateurs-bornés   – à la télévision notamment).

« Dans la contradiction, c’est moins la raison que l’humeur qui parle. » (Anne Barratin)

« La contradiction éthique, c’est-à-dire, l’inadéquation entre la vie et la pensée. » (Georges Bastide)

« L’incertitude est synonyme de peur. Rien d’étonnant à ce que nous rêvions si souvent d’un monde dénué de hasard, d’un monde régulier, d’un monde prévisible, d’un monde fiable, sur lequel on puisse compter. » (Zygmunt Bauman)

« Le mode de mouvement de la technologie a le même effet que le mode de progression de la globalisation : il grossit l’incertitude … Faire sans cesse apparaître de nouveaux problèmes, des problèmes sans précédent, des problèmes auparavant inimaginables, tel est le véritable point fort de la technologie … Accroître  le nombre de questions en suspens et le volume d’incertitude globale. » (Zygmunt Bauman) – Et l’impuissance corrélativement ressentie, et in fine, l’angoisse.

« ‘Être contre’ réunit bien plus sûrement qu’être pour’ … Cela permet de s’épargner l’incertitude de construire soi-même. Mais à une condition : accepter que ce soit l’ennemi qui vous définisse, ordonne votre vie … Le fameux ‘quand on aura gagné’, faisant ainsi miroiter le futur, permet surtout  d’oublier le présent, la vie. S’affronter au ‘mal’ suffit, pense-t-on, à fournir un sens à ce que l’on fait et le bien ne pourra qu’advenir … Les meilleurs pour chasser le mal deviennent les pires sitôt la victoire célébrée. » (Miguel Benasayag, Florence Aubenas)

« La lutte des contraires est le principe de tout devenir … La pensée de la table rase, du ‘plus jamais ça’, est toujours à l’origine, au mieux, d’une certaine impuissance, au pire, de davantage de barbarie. » (Miguel Benasayag, Angélique del Rey)

« Si la liberté est reine, pourquoi suis-je tenu de respecter l’égalité ? » (Philippe Bénéton) – Et on pourrait enfiler ainsi des dizaines de contradictions similaires. Les énoncés dogmatiques ayant pour seul but d’enfumer le Gogo.

« La contradiction est le moteur même de la vie ; le désir de la faire disparaître, la paix universelle,  est un désir de mort. » (Alain de Benoist – sur l’abolition des conflits de la société chrétienne finale, comme de la société marxiste sans classe.)

« Pour se faire un nom elle a dû souvent dire ‘oui’. » (Tristan Bernard – sur une actrice)

« Contester n’est pas nécessairement réfuter et innover ne signifie pas toujours progresser. » (Alain Besançon)

 « Si l’on se dérobe à la contradiction, par un désir mal placé de décence, ce n’est pas le silence qui s’établit, mais au contraire le bavardage envahissant de la langue de bois, qui veut faire croire que la contradiction est levée, le conflit résolu, et substitue ses automatismes à l’effort vivant de la pensée. » (Alain Besançon) – Ambiance des sociétés de lâches qui tombent dans la stupidité du politiquement correct.

« Absurdité : affirmation manifestement incompatible avec sa propre opinion. » (Ambrose Bierce)

« Le recours au tribunal est devenu le réflexe premier et la menace ultime parce que la pauvreté des esprits et du langage ne s’accommode plus d’une contradiction ouverte et spontanée. » (Philippe Bilger) – Et aussi parce que nous sommes devenus une société de minables.

« Aujourd’hui,  l’idée n’est plus ce qui doit être discuté, ce qui se doit d’être contredit, mais une coulée tiède obligatoire où la moindre et plus sereine dissidence est contrainte de se  justifier … En même temps est baptisé ‘clash’ toute contradiction un peu vigoureuse, ce qui stérilise. » (Philippe Bilger) – Unanimisme, conformisme, lâcheté…

« La vérité est devenue le cadet de nos soucis. On ne se demande plus si un propos est vrai, mais s’il est décent. On ne nous questionne plus sur l’authenticité ou non de nos affirmations mais sur notre droit à les formuler, sur notre légitimité à participer aux échanges… » (Philippe Bilger) – Les inquisiteurs veillent. 

« Le Bourgeois profère à son insu, continuellement et sous forme de lieux communs, des affirmations très redoutables dont la portée lui est inconnue et qui le feraient crever de peur, s’il pouvait s’entendre lui-même. » (Léon Bloy)

« L’homme ne possède que deux certitudes absolues : le plaisir et la douleur. » (Gustave Le Bon)

« Le besoin de certitude a toujours été plus fort que le besoin de vérité. »(Gustave Le Bon)

« Incapable de vivre sans certitudes, l’homme préférera toujours les croyances les moins défendables aux négations les plus justifiées. » (Gustave Le Bon)

« Illusoires ou réelles, les certitudes sont génératrices d’action. » (Gustave Le Bon)

« Chez les foules, les idées les plus opposées peuvent coexister et s’accorder entre elles sans qu’un conflit résultât de leur contradiction logique. » (Gustave Le Bon)

« La seule critique réellement acceptable est celle dont on peut être certain a priori qu’aucune conséquence sérieuse n’aura besoin d’être tirée. » (Jacques Bouveresse – résumant Karl Kraus) – Que ce soit vis-à-vis du pouvoir ou des média. Vrai à Vienne dans les années 1900, encore plus vrai à Paris un siècle après.

 « L’intraitable manie qui consiste à ramener l’inconnu au connu, au classable, berce les cerveaux. Le désir d’analyse l’emporte sur les sentiments … le rationalisme absolu qui reste de mode ne permet de considérer que des faits relevant étroitement de notre expérience. Les fins logiques, par contre, nous échappent. L’expérience même s’est vue assigner des limites. Elle tourne dans une cage … Elle s’appuie, elle aussi, sur l’utilité immédiate, et elle est gardée par le bon sens. Sous couleur de civilisation, sous prétexte de progrès, on est parvenu à bannir de l’esprit tout ce qui se taxe à tort ou à raison de superstition, de chimère, à proscrire tout mode de recherche de la vérité qui n’’est pas conforme à l’usage. . » (André Breton – sur la littérature – Manifeste 1 du surréalisme )

« En l’absence de tics contractés au commerce des autres, l’homme peut spontanément se prononcer sur un petit nombre de sujets ; il n’a pas besoin pour cela de  ‘tourner sept fois sa langue’ ni de se formuler à l’avance quoi que ce soit. Qui a pu lui faire croire que  cette faculté de premier jet n’est bonne qu’à le desservir ? … Il n’est rien sur quoi il devrait se refuser à parler, à écrire. S’écouter, se lire, n’ont d’autre effet que de suspendre l’occulte … Je ne me hâte pas de me comprendre. Si telle ou telle phrase de moi me cause une légère déception, je me fie à la phrase suivante pour racheter ses torts, je me garde de la recommencer ou de la parfaire. Seule la moindre perte d’élan pourrait m’être fatale … Ce n’est pas à moi de favoriser des mots aux dépens d’autres. C’est à une mystérieuse compensation d’intervenir, si elle intervient. » (André Breton – Manifeste 1 du surréalisme )

« La défection consiste, lorsque l’on n’est pas satisfait d’une situation , à la quitter sans revendiquer, ni prendre la parole pour manifester ne serait-ce que son désaccord … Aller voir ailleurs, zapper … stratégie de l’évitement, du déni, du ‘laisser tomber’ … Ce qu’on appelle ‘voter avec ses pieds’. » (Philippe Breton)

« Quand on s’assoit sur des certitudes c’est que la tête n’est pas solide. » (Albert Brie)

« J’ai des certitudes branlantes et des doutes robustes. » (Albert Brie)

« La démarche d’infirmation de la croyance vient assez peu spontanément à l’esprit de l’homme de tous les jours … Appétence pour la confirmation … Vivre dans le doute permanent, remettre tout en question, empêcherait de passer à l’action … Nous cherchons en général des informations pour affermir une croyance. » (Gérald Bronner)

« Face à l’offre pléthorique d’informations, à l’espace sauvagement concurrentiel qu’organise la révolution du marché cognitif, l’individu peut être tenté de composer une représentation du monde commode mentalement plutôt que vraie. » (Gérald Bronner)

«  Le biais de confirmation : ‘Les hommes, infatués des apparences vaines, prêtent attention aux événements, quand ils remplissent leur attente ; mais, dans les cas contraires, les plus fréquents, ils se détournent et passent outre’ … Nous cherchons en général des informations pour affermir une croyance … Beaucoup de nos idées fausses nous paraissent confirmées par notre expérience … Nous ne cherchons pas à tester ces idées en recueillant des contre-exemples, mais nous captons et mémorisons facilement tout ce qui affermit nos croyances … qui nous apporte un confort cognitif … D’autant plus si nous y avons intérêt … Lorsque vous êtes en quête de signes ils finissent toujours par arriver. »  (Gérald Bronner – citant Francis Bacon et le Novum Organum)  – Connu aussi comme biais d’exposition sélective. Tendance à ne retenir que les informations qui confirment une idée préconçue.

« L’homme prétend chercher à marcher avec assurance en cette vie, à construire un monde d’où toute tension serait exclue, mais il multiplie les Contradictions. tranquillisants et les euphorisants chimiques tout en se livrant à une perpétuelle surenchère dans la littérature d’épouvante, les films apocalyptiques et les science-fictions dont l’horreur le fait agréablement frissonner … Il prétend se consacrer à la construction de la voie royale le long de laquelle serait bannies les contradictions et les aliénations, mais il célèbre le marginal, se voue aux extases vers le bas, cultive toutes sortes de délinquances, et affiche une boulimie enfiévrée pour les drogues puissantes. Il prétend qu’il faut ‘être de son temps’ mais il se passionne pour le ‘rétro’ et pour les romans d’anticipation. Il chante les vertus de la prospective et de la planification mais il recherche le ‘suspense’ et dépense des trésors d’ingéniosité à installer au-dessus de sa tête des épées de Damoclès de plus en plus nombreuses et menaçantes. Il a voulu faire de l’Egalité et de la Liberté les deux moteurs d’une Cité nouvelle, mais il ne veut pas voir  que la Liberté engendre l’Inégalité et que le règne de l’Egalité tue immanquablement la Liberté. » (Jean Brun) – Contradictions. Monde de fous.

« Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus comme contradictoires. » (Edmund Burke)

« Plus les images et les discours sur la sexualité deviennent envahissants et débridés, plus on légifère et punit ce qu’on estime encore déviant, pédophilie, et harcèlement notamment. » (Belinda Cannone) – Que notre époque pousse la contradiction  à son maximum, nul n’en doute.

« L’animal possède une imagination et une intelligence pratiques, tandis que l’homme seul a développé une fore nouvelle : une imagination et une intelligence symbolique … Nous vivons beaucoup plus tournés vers le futur … que dans les souvenirs ou l’expérience du moment …. Avec un élément d’incertitude étranger à toute autre créature … Il semble que l’homme serait plus sage et plus heureux s’il se délivrait de cette idée extravagante, du mirage du futur … La religion exhorte l’homme à ne pas se préoccuper du jour qui vient ; la sagesse humaine l’incite à jouir du moment présent … Mais l’homme n’a jamais pu suivre ce conseil. » (Ernst Cassirer)

« Un monde entièrement livré aux lumières, privé d’ombres et d’incertitudes, serait un monde terrible. Ceux qui, aujourd’hui encore, plaident la cause d’un tel monde le précipitent très sûrement dans un nihilisme redoutable … L’illusion du savoir total et des certitudes absolues ne vient pas à bout de la nuit, elle y précipite sans pitié. Les Lumières doivent donc continuer d’éclairer une nuit qui, si elle disparaissait, les rendrait d’ailleurs inutiles puisqu’elles n’auraient plus rien ni personne à éclairer. » (Catherine Chalier – La nuit, le jour

« La nuit qu’il faut étreindre en abandonnant tout ce qui, durant le  jour a contraint à des tâches sans contemplation, des tâches voués à l’affairement dans le souci de son individualité propre. » (Catherine Chalier)

« Comment vivre sans inconnu devant soi ? » (René Char)

 « La grandeur de l’homme c’est de vivre dignement dans l’incertain. » (Jacques Chardonne)

 « La société d’incertitude … Le risque est un aléa dont on peut définir la probabilité alors que l’incertitude caractérise les alternatives dont on ne peut pas ‘probabiliser’ les occurrences. On peut s’assurer contre le risque par une mise en commun des coûts correspondants ou par la mise en œuvre de stratégies … Face à l’incertitude, nous ne pouvons décider en connaissance de cause ; l’action relève inéluctablement du choix à l’aveugle, irrationnel … La société d’incertitude est beaucoup plus complexe, anxieuse … L’atomisation et le repli sur des stratégies égoïstes sont, en apparence du moins, une solution, en tout cas pour ceux qui en ont les moyens, la désespérance silencieuse de larges couches de la population étant le versant négatif de cette tendance. » (Louis Chauvel – sur la situation française)

« La franche incrédulité est un tribut plus loyal à la vérité que la réduction à une question de degrés par quelque métaphysique moderniste. » (Chesterton)

« L’homme ordinaire accepte la pénombre. Il a toujours un pied posé sur la terre, l’autre dans le royaume des fées. Il se réserve toujours la liberté de douter de ses dieux; mais aussi – au contraire de l’agnostique moderne – celle de croire en eux. Il est plus soucieux de vérité que de logique … Si l’homme sain voit deux vérités en apparente contradiction, il les adopte toutes deux avec leurs contradictions … (il admire la jeunesse parce qu’elle est jeune, la vieillesse parce qu’elle ne l’est pas) … C’est ainsi qu’il a toujours cru à quelque chose comme le destin et à quelque chose comme le libre arbitre. C’est cet équilibre entre d’apparentes contradictions qui donne à l’homme sain sa capacité de survivre. » (Chesterton)

« Quand on est sorti du cercle d’erreurs et d’illusions à l’intérieur duquel se déroulent les actes, prendre position est une quasi-impossibilité. Il faut un minimum de niaiserie pour tout, pour affirmer et même pour nier. » (Emil Cioran)

« Le faste de nos contradictions, nous ne pourrons le soutenir longtemps. Nombreux sont ceux qui s’apprêtent à vénérer n’importe quelle idole et à servir n’importe quelle vérité, pourvu que l’une et l’autre leur soient infligés et qu’ils n’aient pas à fournir l’effort de choisir leur honte ou leur désastre. » (Emil Cioran)

« Si nous démolissons les certitudes, ce n’est point par scrupule théorique ou par jeu, mais par fureur de les voir se dérober, par désir aussi qu’elles n’appartiennent à personne, dès lors qu’elles nous fuient et que nous n’en possédons aucune. Et la vérité, de quel droit les autres s’en prévaudraient-ils ? Par quelle injustice se serait-elle dévoilée à eux qui valent moins que nous ? » (Emil Cioran)

« N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi. » (Emil Cioran)  

« Quand l’homme se résoudra enfin à avoir pulvérisé son dernier préjugé et sa dernière croyance, ébloui et anéanti par son audace, il se trouvera nu face au gouffre qui succède à l’évanouissement de tous les dogmes et de tous les tabous. » (Emil Cioran) –Nous y arrivons. Merci les déconstructeurs.

« L’unique frénésie dont nous soyons encore capables est la frénésie de la fin. » (Emil Cioran)

« L’affirmation et la négation ne différant pas ‘qualitativement’ le passage  de l’une à l’autre est naturel et facile. Mais une fois qu’on a épousé le doute, il n’est ni facile ni naturel de revenir aux certitudes qu’elles  représentent. » (Emil Cioran)

« Je me réserve avec fermeté le droit de me contredire. » (Paul Claudel)

« On devine ce qui hante notre fuite du mot juste, de la nuance, des labyrinthes et  des doubles sens, notre quête éperdue du lisse, du simple et du slogan : la peur des secrètes contradictions, la phobie des négativités. Que chacun adhère à sa raison sociale et ne sorte pas de sa niche. » (Régis Debray) – Notre lâcheté !

« Qu’est-ce donc qui pourra être estimé véritable ? Peut-être rien autre chose, sinon qu’il n’y a rien au monde de certain … Qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est-ce qu’une chose qui pense ? Une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent. » (Descartes)

« Ce que Jean-François Lyotard appelle un ‘différend’, soit un malentendu … entre des réclamations rédigées dans des idiomes hétérogènes … Vu de France, la politique révolutionnaire (de 1789…) est par définition celle de la liberté pour tous les êtres humains … Mais, vue de l’étranger, la politique révolutionnaire de la France est la politique de puissance d’un peuple turbulent. » (Vincent Descombes) – Ce type de différend : innombrables cas d’incompréhension.

« Tout homme qui craint l’angoisse préfère n’importe quelle certitude, même illusoire, à la réalité,, qui, elle, ne représente jamais la certitude mais, tout au plus, une probabilité ou une plausibilité. » (Georges Devereux – cité par Roland Jaccard) – D’où le succès de toutes les utopies.

« Nous vivons dans une phase intellectuelle où il devient étrange et presque obscène d’affirmer quoi que ce soit. » (Jean-Marie Domenach)

« Nous sommes environnés d’intelligences imperturbables … On dirait que leurs erreurs ne les concernent pas ; quand ils se trompent, c’est que l’Histoire est moins intelligente qu’eux. Cette prétention de l’esprit cache une anxiété profonde. Si l’on se gave ainsi de certitudes, c’est pour tenir la vie à distance, et les autres, et soi-même … Pensée totalisante, réfractaire à l’objection, à l’autocritique et même au questionnement, solidifiée comme une banquise … Trop de gens prennent des systèmes comme on prend des tranquillisants. » (Jean-Marie Domenach)

« Après avoir affolé quelques politiciens paternalistes, la ‘crise de la jeunesse’ est devenue une composante de l’organisation, intégrée aux circuits du marché et canalisée par eux. Le communisme réprimait toute contestation. Le capitalisme la met en scène. Il s’en nourrit. » (Benoît Duteurtre)  – La contestation est même un des moteurs du capitalisme.

« Si la compétition (sportive) possède une fonction, c’est d’afficher des résultats incontestables dans un monde où tout est matière à contestation puisqu’il n’y a plus de point de vue unique … Elle est une leçon imaginaire de réalisme que Montherlant a parfaitement résumée : ‘Voici ce que je peux et voici ce que je ne peux pas. Voici X. qui m’est inférieur et voici Y. qui m’est supérieur … Voici ce que je dois atteindre : ceci et non autre chose et non au-delà. Voici un univers extrêmement net, et coupant, et pur, et intelligible.’ » (Alain Ehrenberg)

« De notre temps comme par le passé l’homme, tout homme, a besoin d’une certitude absolue, d’une connaissance irréductible, et cherche hors de lui-même l’appui qu’il sait bien ne pas pouvoir trouver en lui. Et Dieu est mort. Il n’y a plus de certitude éternelle, il n’y a plus d’absolu métaphysique, il n’y a plus de connaissance révélée ; il faut donc absolument que l’homme trouve ailleurs ce qui lui est refusé ici … un substitut à la révélation … un succédané d’absolu, une raison dernière, une connaissance parfaite. Et tout, autour de lui, se trouve mouvant, fluent, sans raison ni racine, tout est soumis au cours de l’histoire. Tout, sauf la mathématique ! » (Jacques Ellul)

« Une sotte persévérance dans la même pensée est la manie des petits esprits (petits politiques, petits philosophes, petits maîtres, petits artistes…). Une âme grande ne s’en inquiète pas … Dites ce que vous pensez aujourd’hui en termes forts ; et demain faites de même, quoique vous puissiez vous contredire d’un jour à l’autre. » (Emerson – sur le critiquable esprit de suite)

« L’homme, à l’état brut, est un nœud féroce de contradictions. » (Pierre Emmanuel)

« Que votre oui soit un oui et votre non un non. » (Evangiles) – Ce qui exclut le : En même temps d’Emmanuel Macron ou le : Je sais bien mais quand même…

« L’avenir appartiendra à ceux qui auront le courage d’adopter une attitude radicale, celle des ‘négations absolues’ ou des ‘affirmations souveraines’. » (Julius Evola – citant Donosio Cortès)

« En allant droit devant soi on ne peut aller bien loin. » (Saint-Exupéry)

« Rien n’est plus néfaste que l’illusion de la clarté. Nulle ivresse n’est aussi aveuglante que la certitude absolue. » (Alain Finkielkraut)

« Quelle que soit la pente et l’inclination – Dont l’eau par sa couse l’emporte – L’esprit de contradiction – L’aura fait flotter d’autre sorte – Cet homme se raillait assez hors de saison – Quant à l’humeur contredisante – Je ne sais s’il avait raison – Mais, que cette humeur soit, ou non – Le défaut du sexe et sa pente – Quiconque avec elle naîtra – Sans faute avec elle mourra – Et jusqu’au bout contredira – Et, s’il peut, encore par-delà. » (La Fontaine – La femme noyée)

« Il faut ne donner que la moitié de son esprit aux choses que l’on croit, et en réserver une autre moitié libre où le contraire puisse être admis s’il en  est besoin. » (Fontenelle)

« Nous nous croyons ouverts, accueillants, mais nous martelons du matin au soir qu’il y a une seule manière d’être qui vaille, la nôtre. » (Marcel Gauchet – sur l’hypocrisie de l’Occident)

« Je n’écris plus une phrase affirmative sans être tenté d’y rajouter : peut-être. » (André Gide)

« Pourquoi m’ôterait-on le plaisir de me contredire ? » (André Gide)

« Que de contradictions ! Eh, si je chargeais ma voiture tout du même côté je verserais. » (Rémy de Gourmont)

« Il faut loger dans l’hôtellerie de son cerveau des idées contradictoires … et leur imposer la paix. Pourquoi un être ne serait-il pas à la fois raisonnable et sentimental, religieux et antireligieux, moral et antimoral ? Il y a contradiction dans les mots, non dans les états, et les mots ne sont que des qualificatifs indigents… » (Rémy de Gourmont)

« Ni la contradiction n’est marque de fausseté, ni l’incontradiction n’est marque de vérité. » (Rémy de Gourmont – copiant Blaise Pascal ?)

« N’ayant plus d’incertitude nous n’aurions plus d’espérance. Le mot du philosophe : ‘Je vis par curiosité’ s’applique à toutes les vies. La certitude est un état d’anéantissement. » (Rémy de Gourmont)

« Savoir contredire. C’est une excellente ruse quand on le sait faire, non pas pour s’engager, mais pour engager. » (Baltasar Gracian)

Contradictions de notre temps. « Jamais les sociétés n’ont autant exalté le sexe, et rarement des radicaux (religieux et néo-féministes) n’avaient autant tenté de le réprimer. Depuis quelques années, la pornographie côtoie le désenchantement érotique. Le véganisme repose sur le même genre d’attraction-répulsion. Jamais nos sociétés n’ont autant célébré la nourriture, et jamais elles n’avaient promu des régimes alimentaires aussi stricts. » (Jérôme Blanchet-Gravel) – Sociétés schizophrènes.

« L’action est le remède à l’angoisse de l’homme moderne, le fruit de sa liberté et son prix. La certitude s’accorde avec la contemplation, l’incertitude non. » (Henri Guaino)

« ‘Ce que l’on admet n’est jamais bien admis, mais ce que l’on rejette est toujours rejeté’. La négation est sans degrés, elle nous paraît plus proche de l’infini, elle donne d’emblée, alors que l’affirmation réclame effort, risque, incertitude. L’attitude de la révolte sur le plan de l’existence traduit l’attitude logique de la négation. Le oui et le non semblent symétriques. Mais dans la négation on atteint l’absolu d’emblée (néant, infini et suicide), dans l’affirmation on ne peut que monter par degrés vers cet infini, on peut oser nuancer, concéder, restreindre. La négation reflète une tendance au paroxysme. On met aisément zéro, jamais vingt. La haine est absolue et le plus fou des amours peut croître encore. La négation nivelle puisqu’elle ne dose pas … Il est difficile à l’homme de s’établir dans les régions intermédiaires. Le terrain de la probabilité n’est pas fait pour lui … Cela explique que les solutions négatives soient au début si rassurantes et même si exaltantes. » » (Jean Guitton – citant Charles Péguy) – « Ce qui se promet n’est jamais bien promis – Mais ce qui se refuse est vraiment révolu – Et ce qui se permet n’est jamais bien permis – Mais ce qui se défend est vraiment défendu – Car ce qui se soumet n’est jamais bien soumis – Mais ce qui se révolte est vraiment révolté – Car ce que l’on admet n’est jamais bien admis – Mais ce que l’on rejette est vraiment rejeté. » (Charles Péguy)

« Deux erreurs contraires qui limitent la vérité et qui aident à la définir ne doivent pas être mises au même niveau et sur le même plan. Elles n’ont pas le même poids et la même valeur. Il n’y a pas de véritable ‘via média’ entre les contraires bien que l’idée d’occuper une ‘via média’ soit très rassurante … (en matière d’éducation l’excès de sévérité est moins nocif qu’une liberté totale de type permissif) … L’opinion se rassure dans la ‘via média’ qui, condamnant également la droite et la gauche lui donne l’illusion d’avoir du génie. » (Jean Guitton) – Le centrisme, doctrine (ou plutôt, absence de) de la bourgeoisie-bobo, des impuissants.

« La contradiction est à la racine de tout mouvement et de toute manifestation vitale. » (Hegel – traitant de la dialectique)

« La crédibilité d’une affirmation n’a rien à voir avec sa véracité, et vice-versa. » (Robert Heinlein)

« La route qui monte et la route qui descend sont une seule et même route. » (Héraclite)

« L’homme a des ailes et des racines : toutes ses contradictions viennent de là. » (Victor Hugo)

« Aucune société humaine ne s’est trouvée empêtrée dans une contradiction aussi inextricable que la nôtre qui nie tranquillement la différence de sexes tout en l’exacerbant follement à travers les industries de la beauté et de la pornographie. » (Nancy Huston – Reflets dans un œil d’homme)

« Tous les chats sont mortels, Socrate est mortel, donc Socrate est un chat. »(Eugène Ionesco – ou le faux syllogisme)

« La certitude est l’aboutissement, mais le doute est la méthode. » (Gérard Israël) – Raisonnement de scientifique.

« Il faut laisser vivre les contradictions, et quand on a quelque chose d’important à faire, il faut d’abord le faire, même si on a l’air de se contredire soi-même … L’acte irrationnel par lequel on dit ‘non’ ressemble à un coup de hache ; cet acte est une passion, une violence tranchante qui ne s’organise pas toujours harmonieusement avec notre passé et notre contexte social et culturel … Le refus est un ‘geste gordien’, comme le geste d’Alexandre le Grand … Le refus est l’épée qui tranche tout d’un coup les arguties et les sophismes prometteurs en leur opposant la monosyllabe ‘non’. » (Vladimir Jankélévitch) – « Je ne serrerai pas la main de cet homme. C’est un malhonnête homme. Aussi comme je ne peux pas refuser ma main à un officier français devant les indigènes, je m’en vais. » (Charles de Foucauld s’éloignant de son ermitage de Tamanrasset)

« Les gens qui ont des certitudes sont sûrs de se coucher le soir aussi cons qu’ils se sont levés le matin. » (Lucien Jerphagnon)

« N’épluchons pas ce qui n’est pas douteux. » (Joseph Joubert) – Stop aux complications inutiles.

« Il n’est pas honnête de contredire les gens dans leur maison. Ainsi chaque homme a le droit d’être maître absolu dans sa maison, d’y vivre en roi, et d’y être heureux même par son amour-propre. C’est là qu’il est comme permis à ses infirmités et à ses défauts d’être à l’aise. Il est chez lui. Quiconque y vient entre dans un empire étranger. » (Joseph Joubert)

« Le droit de se contredire est chez Nietzsche comme chez Simone Weil la condition indispensable de la recherche de la vérité … Des êtres qui vont au bout d’eux-mêmes sans souci de se contredire ou de se survivre, qui de notre humanité fatiguée nous offrent une version élargie, radicalement nouvelle, suprahumaine. » (Jacques Julliard)

« Ce qu’on appelle la globalisation/mondialisation change radicalement les conditions du négatif, cette logique de scission/opposition qui se manifestait, jusqu’à récemment, sur le mode de l’extérieur, de l’autre. Il y avait auparavant, de façon effective, l’autre camp, l’autre classe. Il y avait un extérieur à soi, celui de la lutte des classes, celui de la guerre froide, qui pouvait se laisser désigner par son extériorité … Ce qu’on entend aujourd’hui par globalisation supprime cette extériorité avec laquelle l’histoire travaillait … Par exemple, on ne peut pas concevoir le terrorisme sur un modèle anecdotique ou sur un mode moral. Il a à voir avec le fait que s’il n’y a plus de négatif au-dehors, celui-ci s’intériorise et travaille au-dedans … Aujourd’hui la démocratie patine parce qu’il n’y a plus d’autre constitué … Pour qu’il y ait démocratie, il faut qu’il y ait opposition, discours contre discours … Il n’y a plus de négatif constitué ; la démocratie, d’une certaine façon, l’impliquait. » (François Jullien)

« Est sage qui a dépassé les contradictions, qui n’exclut plus … Il ne prend pas plaisir à chercher (la vérité, le bonheur…), comme le philosophe ; cette tension est brimante … Il ne s’agit pas de résoudre la contradiction en dialectisant les deux termes de l’opposition pour leur découvrir une catégorie supérieure (procédé de la dialectique) où retrouver leur unité, mais de ne se laisser accaparer par aucune des deux thèses en présence, de façon à pouvoir évoluer librement entre elles, sans être inféodé d’aucun côté … Il n’y a pas de promotion d’unité supérieure, mais affranchissement intérieur par absence de parti pris. » (François Jullien – Le sage est sans idée – sur la sagesse chinoise)

« … D’innombrables angoisses. Elles provoquent cette incertitude qui met toute son espérance en la personne des médecins, des sauveurs, des thaumaturges. Signe avant-coureur du naufrage, plus lisible que tout danger matériel. » (Ernst Jünger)

« L’incertitude est le pire de tous les maux, jusqu’au moment où la réalité nous la fait regretter. » (Alphons Karr)

« L’homme ne saurait revenir sur l’opposition entre le oui et le non, le vrai et le faux, le bien et le mal, sous peine de devoir renoncer à lui-même. » (cardinal Walter Kasper)

« Quiconque exclut catégoriquement toute certitude première se trouve en contradiction avec soi-même et se fabrique une immunité on ne peut plus primaire, contre toute critique. L’homme ne saurait revenir sur l’opposition entre le oui et le non, le vrai et le faux, le bien et le mal, sous peine de devoir renoncer à lui-même. » (cardinal Walter Kasper)

« La soi-disant liberté de l’esprit a misérablement échoué, car elle ne nous a donné aucune certitude en remplacement de la vérité antique, elle n’a su créer que des principes. » (Hermann von Keyserling – à propos de  l’ère libéralo-démocratique) – La liberté de l’esprit au temps de la dictature  des média et du politiquement correct, rigolade ! 

« L’homme est celui qui avance dans le brouillard. » (Milan Kundera) 

« Le plaisir étrange issu de la certitude qu’il n’y a pas de certitude. » (Milan Kundera)

« Mes contradictions n’autorisent pas les autres à penser que je suis d’accord avec eux. » (Grégoire Lacroix)

 « On peut discuter avec une opinion : une conviction, mieux vaut la tuer. » (T. E. Lawrence – Les sept piliers de la sagesse)

« Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou, tenter de glisser un doigt de contradiction, ou plus grave encore, d’ironie est plutôt périlleux. » (Elisabeth Lévy) – Sur les temps d’émotion obligatoire et les hurlements de la meute médiatique soumise aux lobbies, féministes notamment.

« Chez la plus grande partie des hommes, l’incrédulité est une chose qui se fonde sur la croyance aveugle en une autre. » (Georg Christoph Lichtenberg)

« Contredites quelqu’un, quelque obligation qu’on en ait, on oublie tout. » (prince de Ligne)

« C’est de plus en plus l’outrance, la fuite en avant, l’hypertrophie qui apparaissent comme les principes organisateurs-désorganisateurs de notre monde, de notre hyperculture … Règne de l’universalité cosmopolitique, du changement perpétuel, du pléthorique … Tout dorénavant est en surabondance et en surchoix dans la culture hypertrophique du toujours plus vite, toujours plus d’offres de nouveautés, d’informations et de communication … Désorganisation de notre être-au-monde, des consciences et des existences … Vies privées de coordonnées structurantes … Il en résulte un état d’incertitude et de désorientation sans pareil, généralisé, quasi-total. » (Gilles Lipovetsky)

« Quand il a l’intérêt pour complice, l’esprit n’est jamais embarrassé pour faire concorder n’importe quoi avec n’importe quoi. La dialectique moderne lui fournit dans ce sport une commodité de plus en lui permettant d’occuper sans gêne, tour à tour et presque simultanément, les positions les plus contradictoires. Voir ce qu’est devenue sa dialectique au XX° siècle doit être, j’imagine, le Purgatoire de Hegel. » (cardinal Henri de Lubac) – Le en même temps macronien.

« Les oppositions qui sont dans la pensée expriment la contradiction qui est dans l’étoffe même de la création, qui permet le mouvement de l’histoire et que ce mouvement a pour fin de surmonter – sans y parvenir jamais. » (cardinal Henri de Lubac)

« Il ne suffit pas à l’esprit de se réfugier dans une ‘absence de contradictions’ par une absence de pensée. » (cardinal Henri de Lubac) – Comme n’importe quel Bobo.

« Que serait l’homme, et que serait la société, si tout conflit s’en trouvait banni ? » (cardinal Henri de Lubac)

« Il y a un temps pour soutenir une thèse et un temps pour mettre en valeur la thèse complémentaire. Bien plus, il faudrait souvent les soutenir l’une et l’autre à la fois, dans le même temps. » (cardinal Henri de Lubac)

« Vous contestez ? On va vous faire taire en vous demandant : ‘Quelle alternative proposez-vous ?’ Vous aurez cinq secondes pour répondre et, si vous n’y parvenez pas en une phrase, ce sera la preuve que votre posture d’opposant n’est pas tenable. Vous serez mis K-O … Vous vous contentez de douter, c’est déjà trop, vous serez étiqueté populiste’. » (Corinne Maier)

« Quand il fait résider la philosophie dans l’art de dédaigner les objections, il définit sa propre méthode … Cependant, si outrée qu’elle semble, l’assertion ne laisse pas d’être vraie ou presque : qui défendrait une position, qui soutiendrait une idée s’il lui fallait multiplier ses scrupules, peser sans cesse le pour et le contre, conduire avec précaution un raisonnement ? Le penseur original fonce plutôt qu’il ne creuse … Pour émettre la moindre opinion sur quoi que ce soit, un acte de bravoure et une certaine capacité d’irréflexion sont nécessaires, ainsi qu’une propension à se laisser emporter par des raisons extra-rationnelles» (Emil Cioran – à propos de  Joseph de Maistre)

« Chercher les concordances plutôt que les oppositions, les fragments de vérité plutôt que les privations et les déviations, à sauver et à assumer plutôt qu’à renverser, à édifier plutôt qu’à disperser. » (Jacques Maritain)

« Il s’agissait pour nous de dire ‘non’ à tout. Un ‘à quoi bon ?’ réglait le compte universel des personnes, des choses et des idées. C’était le néant même, senti et vécu. » (Charles Maurras – sur l’atmosphère lors de son adolescence, fin du XIX° siècle) – Société prête pour 14-18.

« Il n’est pas exclu de connaître un jour à la fois la légalisation du cannabis et l’interdiction du tabac ; la pénalisation simultanée de l’homophobie et de l’islamophobie  (alors que l’homosexualité est considérée comme un crime par le Coran) ou encore l’interdiction de la prostitution et la proposition parallèle de créer un corps ‘d’assistantes sexuelles’ pour satisfaire la libido des personnes handicapées. » (Jean-Claude Michéa) – Les contradictions même pas perçues d’une société de dingues hystériques.

« Il est dans la nature de l’homme qu’une fois surpris et ébranlé dans ses attentes, par les changements sauvagement imposés, il ne revienne pas à l’état d’équilibre mais se trouve désormais en état de vacillation. L’instabilité s’installe … l’axe se brise … le périmètre disparaît, le centre est partout. La mesure et les proportions se dissolvent, les certitudes tombent en poussière. » (Thomas Molnar) – Tout politicien sait que promettre le changement et le poursuivre sert à fabriquer des hommes déboussolés et soumis,  les meilleurs laquais.

« A chaque opposition, on ne regarde pas si elle est juste, mais à tort ou à raison, comment on s’en débarrassera. Au lieu de lui tendre les bras, nous lui tendons les griffes. » (Montaigne)

 « Quittez avec les autres voluptez celle qui vient de l’approbation d’autruy. » (Montaigne).

« ‘Il n’y aurait pas d’ombres s’il n’y avait pas de lumière, et la lumière travaille sur de l’ombre‘… Les contraires se rejoignent et s’équivalent (mort/vie, ferveur/sensualité violence/charité, guerre/paix, bonheur charnel/ élévation spirituelle, construction/ destruction, oui/non… »  (Henry de Montherlant– par Alain de Benoist)

« Chaque fois que quelque chose ne peut plus être contredit, cette chose devient démence, et notre univers se remplit à toute allure de choses qui ne peuvent plus être contredites parce que tout le monde ou presque croit (ou feint de croire pour avoir la paix) qu’elles relèvent d’une positivité si indiscutable que celle-ci rejoint la notion de l’absolu. » (Philippe Muray) – Voir tout ce qu’interdit la féroce censure du politiquement correct.

« Si Hegel a raison, si la contradiction est la base même de tout mouvement, si personne ne peut se mouvoir, vivre, agir quand il ne porte plus en soi la contradiction, alors c’est la contradiction qui est le réel même. Et sauver la contradiction … c’est sauver la réalité, c’est aussi préserver la vie, l’humanité. » (Philippe Muray)

« Les représentantes déclarées du grand banditisme féministe travaillent d’arrache-pied à éradiquer le principe de contradiction. » (Philippe Muray) – Tout sera lisse, inodore, incolore et sans saveur… 

« Sous le masque convenu de la guerre contre toutes les discriminations s’effectue la liquidation rapide de toute contradiction. » (Philippe Muray)

« L’incertitude est de tous les sentiments le plus difficile à supporter. » (Alfred de Musset)

« Elle s’en est allée aimant tout au passage :

« Aujourd’hui le beau temps,

« Demain, la pluie ; un jour, la chambre étroite et sage ;

« Un jour, les quatre vents,

« Un jour, les gens de bien, les maîtres véridiques,

« Les héros et les saints ;

« Un jour les têtes à l’envers, les hérétiques,

« L’objection, l’écart, la joyeuse méfiance, l’ironie sont des signes de santé ; tout absolu relève de la pathologie. » (Nietzsche)

« La force d’un homme se mesure à la somme d’incertitudes qu’il peut porter. » (Nietzsche)

« C’est la certitude et non le doute qui rend fou. » (Nietzsche)

« Les femmes et les artistes se figurent que, quand on ne les contredit pas, c’est par impossibilité de les contredire ; s’incliner pour dix raisons et désapprouver tacitement pour dix autres leur semble ne pas pouvoir s’accorder parce qu’ils ont des âmes d’un seul bloc. » (Nietzsche)

« Les fous, les assassins. » (Marie Noël) – « Le poète faisant l’unité de toutes les contradictions et en disant autant à sa manière que les philosophes à la leur. » (Montherlant)

« J’admire beaucoup les imbéciles qui ne doutent pas d’eux, qui avancent tout droit sans regarder ni à droite ni à gauche, enfermés dans leurs certitudes. » (Jean d’Ormesson) – Ils dorment bien.

« Nous sommes tous capables de croire à des choses que nous savons fausses et, lorsque nous avons finalement tort, nous déformons les faits sans vergogne pour montrer que nous avions raison » (George Orwell)

« Alors même que nous vivons sous l’empire d’une postmodernité qui a relativisé toutes les croyances et jusqu’à l’idée de norme sexuelle, voilà que nous absolutisons les droits de l’homme … Nous prétendons parler de la ‘dignité de l’homme’ au nom de l’humanité entière, sans nous rendre compte que nous avons évidé ce mot de dignité de tout contenu positif. » (Paul-François Paoli) – Suffit de voir à quel niveau de vulgarité et de bassesse sont parvenus nos média dits de divertissement, nos fêtes…  

« Il faut douter où il faut, assurer où il faut en se soumettant où il faut. » (Blaise Pascal – cité par Lucien Jerphagnon) – Se soumettre ? Allons ! Dans les temps obscurs du XVII° siécle, mais au XXI° !

« La source de toutes les hérésies est de ne pas concevoir l’accord de deux vérités opposées et de croire qu’elles sont incompatibles. » (Blaise Pascal)

« Ni la contradiction n’est marque de fausseté, ni l’incontradiction n’est marque de vérité. » (Blaise Pascal)

  « Ce que l’on admet n’est jamais bien admis, mais ce que l’on rejette est toujours rejeté. » (Charles Péguy).

« Incertitude, indécision et doute sont trois morceaux de la même croix. » (Georges Picard)

« La négation comme l’abolition des antinomies, le défi se faisant croyance. ‘Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement.’. La négation devient négation de la négation, de l’antinomie et même de la différence. Rechercher le lieu du non-contradictoire, y croire, coûte que coûte, tel est le programme proclamé. » (Jean-Bertrand Pontalis – citant le Second manifeste du surréalisme et André Breton)

« Notre siècle a renié Dieu, remis en question le bien et le mal, faussé l’honneur et la justice, nié la patrie ; mais il s’interdit de contester l’éminente dignité morale de la jeunesse et le caractère sacré de l’enfance. Ce n’est qu’une inconséquence de plus. Au fond, l’incrédulité moderne consiste à troquer les certitudes élevées contre des certitudes basses. » (Robert Poulet)

« Le droit de se contredire ? Mais c’est un devoir. » (Charles Régismanset)

« Contradiction des contemporains ; d’un côté, toutes les institutions leur deviennent insupportables, comme attentatoires à leur souveraineté individuelle, et spécialement celle qui,   aujourd’hui, est la plus ancienne de toutes, l’Eglise ; de l’autre, dans le champ de décombres qui en résulte, ils reprochent aux institutions de ne plus tenir leur rôle, d’avoir abandonné le terrain qu’ils leur réclamaient de céder. » (Olivier Rey) – Troupeau de schizophrènes braillards et pleurnichards.

« L’esprit ne demande pas des sensations, et les sens ne demandent pas de raisons. L’évidence suffit à l’un, et le sentiment aux autres. Sentiment et évidence sont donc les deux bases de toute certitude. » (Rivarol)

« Le goût de la certitude est souvent associé à un goût de la servitude … L’espoir du gain d’un peu de certitude obtenu en échange d’un aveu de soumission à l’égard de celui qui déclare se porter garant de la vérité … Incapables de tenir à quoi que ce soit pour certain, mais également incapables de s’accommoder de cette incertitude, les hommes préfèrent le plus souvent s’en remettre à un maître qui affirme être dépositaire de la vérité à laquelle ils n’ont pas accès eux-mêmes … Plutôt que d’assumer leur ignorance, ils préfèrent troquer leur liberté contre l’illusion que quelqu’un est là qui pense pour eux et sait ce qu’ils ne réussissent pas à savoir … Le fanatique ne croit lui-même à rien ; il croit en revanche à celui ou celle dont il pense confusément qu’ils croient à quelque chose. » (Clément Rosset)

« L’illusion d’une sorte de positivité fantomale … Le prestige fascinant et ambigu de ce qui n’est pas par rapport à ce qui est, de ce qui serait ‘autrement’ par rapport à ce qui est ainsi, de ce qui est ‘ailleurs’ par rapport à ce qui est ici … Comme si le fait de signaler que quelque chose n’est ni ici ni ainsi suffisait à établir que ce quelque chose existe ou pourrait exister. Cette illusion élémentaire qui fait la fortune des charlatans, fait aussi parfois celle des philosophes qui s’y laissent prendre … La force invulnérable de la pensée de l’ailleurs et de l’autrement consiste paradoxalement en son impuissance à se définir elle-même : à préciser ce qu’elle désire et ce qu’elle veut … Les notions négatives prospèrent à l’abri de leur propre vague … C’est pourquoi un propos contestataire est toujours, et par définition, incontestable … L’essence de la négativité n’est pas de dire non mais de ne savoir rien dire, pas même le non auquel elle aspire  » (Clement Rosset – Le philosophe et les sortilèges)

« La peur serait une forme particulière de crainte consistant en une appréhension insolite à l’égard non du réel, mais de l’irréel : crainte du surnaturel, des ombres, des fantômes … Mais il se trouve que la réalité est elle-même toujours insolite, et même la chose insolite par excellence …  Selon Pascal, le pouvoir de l’imagination de susciter une peur à partir de rien … Cet élément virtuellement terrifiant dans l’imagination est l’incertitude. » (Clément Rosset)

« Certitude, servitude. » (Jean Rostand)

« Des contradictions dans ma pensée ? Bien sûr, mais beaucoup moins que dans le réel. » (Jean Rostand)

« Il est atteint de certitudes et d’arthrose de la pensée. » (Claude Roy)

« La contradiction doit éveiller l’attention et non pas la colère. » (marquise de Sablé)

« Je préfère le désespoir à l’incertitude. » (Jean-Paul Sartre)

« ‘L’homme complet’ peut n’avoir qu’une faible connaissance détaillée des faits et des théories … Mais il aura de solides attache avec le ‘centre’. Il ne doutera pas de ses convictions de base, de ses idées sur la signification et le but de sa vie. Il se peut qu’il ne soit pas capable d’expliquer cela avec des mots, mais sa conduite dans sa vie traduira une certaine assurance, résultant de ses certitudes profondes … Le ‘centre’ est l’endroit où l’homme doit se créer un système ordonné d’idées sur lui-même et sur le monde, un système capable d’ordonner la direction de ses divers efforts … Dans les vrais problèmes de la vie … il s’agit toujours de triompher des contraires ou de les concilier … Les problèmes divergents qu’on rencontre dans l’existence, la conciliation des contraires (exigences de la liberté et de la discipline dans l’éducation, etc.) forcent en quelque sorte l’homme à s’élever au-dessus de lui-même. Ils requièrent que l’on fasse appel à des forces d‘un niveau supérieur, faisant ainsi entrer amour, beauté, bonté et vérité dans notre existence … Ce n’est qu’avec le secours de ces forces supérieures que, dans la vie, les contraires peuvent être conciliés. » (E. F. Schumacher)

« Le présent, le nôtre, est une époque de l’ambiguïté historique. Il est typique qu’il ne puisse se décider entre la religion et l’irréligion pas plus qu’entre la proclamation et le désaveu du progrès. » (Peter Sloterdijk)

« Qui est privé de secousses, de refus, de remarques, de contradictions, de luttes, d’injustices, de ‘Non !’ irréversibles entre déjà dans le camp des perdants. » (Père Zanotti-Sorkine)

« On passe son temps à dire qu’il faut de la croissance et donc de la consommation, tout en clamant que la folie de la croissance est désastreuse pour tout le monde. » (François Taillandier) – Echantillon de nos contradictions.

« Dans un temps qui déclarait ‘interdit d’interdire’, il était déjà devenu infamant et grotesque de n’être pas d’accord sur tout. » (François Taillandier)

« Toute affirmation forte, en même temps qu’elle entraîne les esprits moyens et moutonniers, suscite quelque part dans un cerveau né rebelle, ce qui ne veut pas dire né inventif, une négation diamétralement contraire et de force à peu près égale. » (Gabriel Tarde)

Si X s’est tellement contredit « c’est qu’il n’a jamais cessé de travailler, c’est qu’il s’est sans cesse interrogé. » (Paul Thibaud)

« Aujourd’hui la vie et la mort, le bien et le mal ont perdu leurs arêtes vives, leurs propriétés opposées : on ne choisit plus entre ces deux breuvages, on les combine et on les brouille. L’homme, dans tous les domaines, passe sa vie à être malade. » (Gustave Thibon)

« Contradiction de notre temps. D’un côté, le soupçon, la démythification à l’égard des valeurs éternelles (Dieu, l’amour, la liberté…) ; de l’autre, la crédulité et la surenchère à propos de n’importe quelle nouveauté : ‘le livre du siècle’, un ‘tournant de l’histoire’… » (Gustave Thibon)

« J’ai peur de la certitude, de la route unie, de la mer trop calme, de tout ce qui va infailliblement à son but. » (Gustave Thibon – Vous serez comme des dieux)

« Comme les certitudes peuvent être une armure… » (Gustave Thibon)

« La valeur d’un homme se mesure à sa résistance aux chocs de l’imprévisible, c’est-à-dire à la somme des hasards qu’il peut intégrer dans sa destinée. » (Gustave Thibon)

« Nous ne vivons que de contradictions et pour des contradictions ; la vie est tragédie sans victoire et sans espoir de victoire ; elle est contradiction. » (Miguel de Unamuno)

« Pour Nietzsche, Dieu est mort signifie seulement qu’il n’y a pas de fondement ultime … C’est une signification analogue que revêt la polémique de Heidegger contre ce qu’il nomme la métaphysique (croyance en un ordre fondé, stable, nécessaire, objectivement connaissable de l’être) … Si Dieu est mort, c’est-à-dire si la philosophie a pris acte qu’elle ne peut saisir avec certitude le fondement ultime … L’existence d’un Dieu-Fondement ultime, c’est-à-dire la structure métaphysique absolue du réel ne peut plus être soutenue … Dans la Babel du pluralisme de la modernité tardive et de la fin des méta-récits, les récits sans centre ni hiérarchie prolifèrent. Aucune méta-narration directive, aucun méta-langage normatif n’est en mesure de les légitimer ou de les délégitimer. » (Gianni Vattimo) – La fin postmoderne des philosophies absolues, se réclamant d’un fondement. Nous sommes seuls dans un vide incompréhensible.

« La certitude est inquiétante, car incontrôlable. » (Bertrand Vergely)

« Une solution qui vous démolit vaut mieux que n’importe quelle incertitude. » Boris Vian)

« La fête est le point d’aboutissement d’un immense désir de non-contradiction, aux plans historique et social, et de négation de l’ambivalence, au plan moral … Le ‘dance floor’ crée l’unanimité, le stroboscope hache les différences. Dans la ‘night’ tout le monde s’éclate … La mentalité collective dominante postule que la fête devient la norme. L’incapacité de supporter les contradictions, la dialectique, la complexité, l’ambivalence, trouve dans la fête une terre d’accueil. » (Marin de Viry – s’inspirant de Philippe Muray) – Pour un instant le Surmoi va cesser de harceler le Moi.

« Chaque chose que nous voulons est contradictoire avec les conditions ou les conséquences qui y sont attachées, chaque affirmation que nous posons implique l’affirmation contraire, tous nos sentiments sont mélangés à leurs contraires. C’est que nous sommes contradiction, étant des créatures … La contradiction seule fait la preuve que nous ne sommes pas tout. » (Simone Weil)

« C’est l’incertitude qui nous charme, tout devient merveilleux dans la brume. » (Oscar Wilde)

« Qui n’est certain d’aucun fait ne peut non plus être certain du sens de ses mots. » (Ludwig Wittgenstein)

« Vous vous êtes mis en tête de tout garder sous votre contrôle, vous vous êtes déshabitués de l’incertitude. Et maintenant que l’incertitude revient par la fenêtre, elle vous fait beaucoup plus peur qu’auparavant, elle vous semble un monstre insupportable. » (?) – La crise, le terrorisme, les maladies…

« Dans la controverse, ce ne sont pas tant nos sentiments qui choquent les autres que la manière fière, présomptueuse, passionnée, méprisante, insultante avec laquelle nous les proposons. Il faudrait donc apprendre à contredire civilement. » (?)

« Seul point à peu près certain dans le naufrage général des certitudes, le point d’interrogation. » (?)

« Le totalitarisme est une tentative désespérée et contradictoire d’annuler l’incertitude qui est au cœur de l’expérience moderne. » (?)

« En même temps qu’on entonnera le discours de l’égalité des droits, on chantera les vertus de la compétition à outrance. » (?) – Contradiction ?

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